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La IVe république française

 

vue par André BARBAULT

"la recherche d'un commencement..."

Les phases du cycle Jupiter Neptune

Le thème de la IVe république

Données de naissance des chefs d'états étrangers

Bibliographie sommaire

vue par Didier GESLAIN

les hommes politiques de la 4e République

Dictionnaire détaillé et illustré

 

 

La IVe République française pose, d’emblée, le problème de la recherche d’un commencement. Au moins, c’est clairement que nous savons que, dans l’après-midi du dimanche 4 septembre 1870 à Paris, on est passé, à chaud et en un tournemain, du Second Empire à la IIIe République. Mais, à quelle date précise peut-on situer la naissance de la IVe République ?

 

Si l’on bute à cette question fondamentale, en revanche, c’est très précisément que le parcours historique de celle-ci est jalonné par un grand cycle planétaire, celui de Jupiter-Neptune qui en situe le champ de sa conjonction de 1945 à la suivante de 1958 ; ce qui sert de référence au sommet pour notre recherche. Mais un premier commencement s’impose.

           

Le 25 août 1944, après une occupation militaire allemande qui a duré quatre années, commence un nouveau chapitre de l’histoire de France, avec l’arrivée du général Charles de Gaulle à Paris, symbole d’une libération du territoire en cours : « La France rentre à Paris, chez elle … » proclame-t-il. Il s’agit là du temps, très fort, d’une journée historique dont se souviennent tous ceux qui l’ont vécue. C’est le tournant premier.

Depuis le 3 juin (conjonction Soleil-Uranus), un Comité de la France libre l’a proclamé « chef du gouvernement provisoire de la République ». A son arrivée, après que le général Leclerc lui eut rendu compte de la reddition parisienne du général von Choltitz, il se rend au Ministère de la guerre, rue Saint-Dominique. Il y reconnaît les lieux qui n’ont pas changés depuis son départ de 1940 : « Rien n’y manque, excepté l’Etat. Il m’appartient de l’y remettre. Aussi, m’y suis-je d’abord installé. » (Mémoires, t. II).

 

Peu après 7 heures du soir, il est reçu en grandes pompes à l’Hôtel de ville : acclamation d’une foule immense, honneurs d’un détachement des Forces françaises de l’intérieur, du Comité parisien de la libération, du Conseil national de la Résistance … Dans un climat aussi passionné que la liesse populaire du 4 septembre 1870. Par la voix de Georges Bidault, au nom de ces organismes, il est carrément sollicité de proclamer solennellement la République. La réplique – qui fait bon marché du régime de Vichy qui vient de s’effondrer – est inattendue : « La République n’a jamais cessé d’être. Pourquoi irais-je la proclamer ? ». Même si, parce que tenant à tout prix à sa légitimité, il n’a pas joué les Lamartine en 1848 ni les Gambetta en 1870 au balcon de l’Hôtel de ville, le climat est celui d’une consécration virtuelle. Il vaut d’avoir sous les yeux la figure céleste de cette mémorable journée pour l’heure approximative de cette déclaration qui est un implicite moment fondateur de notre IVe République.

Sortant du semi-sextil involutif, Jupiter s’approche à 26° de Neptune. Non seulement le Soleil est en conjonction de  Jupiter et au semi-sextil de Neptune, mais encore, les trois rapides Mercure, Vénus et Mars, s’incorporent aux deux lentes, avec sortie de conjonction Vénus-Jupiter et conjonctions de Mercure et Mars à Neptune. Nul doute que nous soyons au temps le plus fort d’une manifestation du cycle Jupiter-Neptune. Certes, la conjonction de ces deux lentes n’aura lieu que le 22 septembre 1945, mais celle-ci entre effectivement en orbe de 9° entre décembre 1944 et février 1945.

 

La IVe République est déjà en gestation, même si l’Etat n’a pas encore de statut légal. Car, et même à un train d’enfer, tout commence dans l’urgence de la complète restauration d’un pays en plein chaos (amas de six astres sur 30°), avec, déjà, une autorité déterminée (conjonction Soleil-Jupiter au sextil de Saturne). C’est une véritable révolution économique et sociale qui s’engage. En décembre 1944, une ordonnance nationalise les Houillères du Nord et du Pas-de-Calais, et en février 1945 sont créés les Comités d’entreprise. Le 2 mars, le général de Gaulle annonce la nationalisation de toutes les sources d’énergie et celles du crédit, la nation s’accaparant les grands moyens de production monopolisés ! « Production plus large et plus rationnelle ; il faut voir grand et viser haut. » Bref, un considérable élan vital de début de cycle est déjà à l’œuvre : l’amas en question représente un énorme renouveau cyclique. Terni, certes, par une inflation (sacrifice de P. Mendès-France au ministère des finances) qui va s’installer comme une maladie de langueur de la République ; mais que va honorer, en octobre, l’institution de la Sécurité sociale avec les allocations familiales, cette « Sécu » qui est l’acquis le plus populaire de la démocratie sociale naissante. Le Commissariat au Plan de Jean Monnet se met en place, à qui l’on attribuera unanimement le prodigieux essor français. Tout ceci à l’actif de la IVe République avant sa naissance officielle.

 

La diplomatie va également bon train, notamment avec la signature de l’acte de reddition inconditionnelle de l’Allemagne le 7 mai 1945 à 2 h 41 à Reims. Et puis, le 9 juillet (conjonction Soleil-Saturne), le gouvernement décide de s’en remettre au peuple pour la constitution du pays. Le référendum du 21 octobre 1945 est le second moment fort qui parachève celui du 25 août 1944 : de l’un à l’autre, nous passons d’ailleurs d’une conjonction Soleil-Jupiter à la suivante. Ce jour-là, 80 % des Français votent et le référendum apporte un premier « oui » massif de 96 %, suivi d’un second de 66 %, avec élection d’une assemblée constituante à la souveraineté non absolue, telle étant la volonté populaire. Nous n’aurons jamais plus un si grandiose consensus électoral . La IVe République s’est taillée sa dimension populaire.

 

 

Il est bon d’en dresser le thème pour la sortie des urnes de ce référendum, à la fermeture des bureaux de vote de 18 heures. C’est là une démarche qui n’a pas été faite, alors qu’elle se justifie. Ce qui l’accrédite est d’ailleurs qu’on y trouve la conjonction Jupiter-Neptune à 5° d’orbe, qui vient de recevoir le passage du Soleil et reçoit à son tour celui de Vénus, maîtresse du signe où elle se loge. Ce référendum est d’ailleurs suivi de la nomination à l’unanimité de Charles de Gaulle président d’un gouvernement provisoire, lequel est le premier dont la légitimité soit certaine depuis 1940 (les élections sous Pétain, cherchez-les ...).

 

Ce qui confirme cette figure – outre que le trio Soleil-Mercure-Vénus renouvelle son cycle avec le cycle Jupiter-Neptune -  est la déplorable déficience du pouvoir, l’impuissance à gouverner d’un Soleil en chute frappé du carré d’une conjonction Mars-Saturne, eux-mêmes en débilité, et en opposition de la Lune. Outre que le maître du MC est Saturne en exil, au carré du Soleil en VI et affecté par la conjonction de Mars Nous sommes au temps d’un quintile Saturne-Neptune : à ces élections exceptionnelles du 21 octobre, les communistes – « médaillés » de la Résistance à  un ennemi vaincu surtout par une Armée rouge glorifiée – et les socialistes ont ensemble la majorité absolue des suffrages (303 députés sur 586) et peuvent à eux seuls gouverner. Mais les seconds préfèrent s’en tenir à une formule tripartite incluant les démocrates chrétiens du MRP (Mouvement républicain populaire). Le 13 novembre, les trois groupes élisent à l’unanimité le général de Gaulle président du gouvernement provisoire.

 

Mais la déficience solaire, que renforce ce MC éprouvé, éclate aussitôt. Avec 26 % des suffrages, le groupe communiste dominant réclame les postes importants du gouvernement auxquels il pourrait prétendre s’il n’était pas inféodé à l’Union soviétique. Il faudra déjà 17 jours de débats afin de parvenir à une solution acceptable pour tous. Enfin, le premier gouvernement légitime de l’après-guerre, sous la présidence de de Gaulle,  voit le jour le 21 novembre 1945 à 14 h 15, consacré par l’Assemblée le 23 novembre (le Soleil au trigone de la conjonction Mars-Saturne). Mais le climat qui règne – au problème communiste se mêlant l’hostilité d’anciens de la IIIe République – est si détestable pour le général de Gaulle que le 20 janvier 1946 à midi, celui-ci donne sa démission avec fracas ! Du trigone, le Soleil est passé à l’opposition de la conjonction Mars-Saturne et au carré de Jupiter. Certes, le général a « réinstallé l’Etat » comme il s’était promis de le faire, mais il se trouve exclu de cette IVe République mise sur son rail. Comme si, avec ce Soleil déplorable – et c’est là son premier « méfait » – il ne pouvait y avoir place à sa haute stature.

 

Lui parti, s’installe aussitôt le ménage à trois du « tripartisme » : communistes-socialistes-républicains populaires, avec la désignation, le 23 janvier, de Félix Gouin à la tête du gouvernement provisoire de la république.

 

La déficience solaire du pouvoir est déjà là : son instabilité est aussitôt en route, puisque Gouin démissionne le 12 juin, car le projet de constitution proposé par son gouvernement est rejeté au référendum du 5 mai, et aux élections du 2 juin, le MRP devient le plus grand parti de France. Le 25 juin, Georges Bidault succède à Gouin, qui cède ensuite la place à Léon Blum le 28 novembre (le PC est redevenu le premier parti aux élections du 10) ; lequel remettra le 10 janvier 1947 la démission de son gouvernement au soir de l’élection présidentielle de Vincent Auriol. Soit déjà, avec de Gaulle, 4 ministères en 13 mois .25 gouvernements vont ainsi se succéder en 12 ans et 5 mois ! « Les crises ministérielles étaient provoquées par la conjonction de deux oppositions extrémistes qui étaient bien capables de renverser un gouvernement mais bien incapables d’en constituer un autre. Les trois cabinets qui se succèdent de 1956 à 1958 ont tous été mis en minorité par l’addition des communistes et des modérés. Faciles à provoquer, les crises étaient difficiles à résoudre ; les deux dernières de la IVe République ont duré 1 mois ou plus. (…) On l’a dit, ce n’est pas le dernier gouvernement qui a abandonné le pouvoir. C’est le pouvoir qui l’a abandonné. » (Jacques Fauvet). Cette débilité fondamentale du pouvoir est déjà toute dans la charge de dissonance solaire-MC du 21 octobre 1945.

 

Après le rejet, par 53 % des voix, du projet constitutionnel socialo-communiste du 5 mai, le gouvernement Bidault (« se proposant de faire une politique de gauche avec des électeurs de droite, tout en siégeant au centre » J.F.) fait retourner les électeurs aux urnes le 13 octobre 1946 pour une constitution de compromis, retour au parlementarisme IIIe République. Cérémonie morne, conduisant à une approbation de minorité, avec 9 millions de « oui » contre 8 millions de « non » et autant d’abstentions.

 

Ce nouveau « oui », vécu dans une indifférence presque générale, ne pouvant se comparer à celui du 21 octobre 45 porté par un 96 % intensément désiré, n’en marque pas moins un nouveau temps fort qui s’inscrit au semi-sextil Jupiter-Neptune. Et avec lui, trois conjonctions Soleil-Jupiter successives scandent le berceau de cette République, derrière l’arrivée historique de de Gaulle à Paris en 1944 et ce « oui » massif de 1945 où les Français ont voté comme un seul homme. Ici, en effet, le Soleil (19° Balance) sort de Neptune (8° Balance) pour se joindre à Jupiter (3° Scorpion). Outre qu’on retrouve la même concentration planétaire du 25 août 1944. Mais alors qu’à cette grande fête parisienne la conjonction Soleil-Jupiter était au sextil de Saturne, ici, c’est  un Jupiter au carré de Saturne et au sesqui-carré d’Uranus, ces deux derniers en semi-carré, que rejoint le Soleil. Le provisoire finit dans la dissonance générale.

 

 

  

 

 D’ailleurs, une grande cérémonie suit l’événement. Le 30 octobre 1946 à 15 h 30 à Versailles, M. Teitgen, Garde des Sceaux, appose le sceau de la France (non utilisé depuis le traité de Versailles de 1919) sur le document de la nouvelle constitution, que signent tous les ministres présents. Cette consécration impressionne le milieu astrologique qui adopte ce moment initial, laquelle, pourtant, ressemble plus à la déclaration d’un nouveau né à l’Etat civil qu’à sa naissance proprement dite.

D’ailleurs, une conjonction Soleil-Jupiter à 1° d’orbe en VIII, à la fois au trigone de l’AS-Poissons et au sextil de la Lune (il est vrai dissonante, on vient de le voir) ne cadre nullement avec la valse des ministères du régime déjà commencée : rien que de 1947 à 1950 défilent à Matignon Paul Ramadier, Robert Schuman, André Marie, Robert Schuman, Henri Queuille, Georges Bidault, Henri Queuille, René Pleven, avec des investitures ratées de Jules Moch et René Mayer …

 

Déjà installé aussi est le tracé économique, depuis le ministère Blum et sa mission du printemps 1946 avec Jean Monnet aux Etats-Unis. Pour une aide financière urgente, politiquement contraignante et sans échapper à l’ornière de l’inflation (ce qui tourne le dos à la conjonction jupitérienne en VIII qui devrait, au moins, signifier une maîtrise de l’économie).

 

Il y a, au surplus, un troisième facteur spécifique du destin de la IVe République, apparu également bien avant la cérémonie versaillaise et tournant également le dos à une conjonction Mercure-Vénus du Sagittaire en IX, qui va cruellement frapper son sort : sur la pente d’une décolonisation universelle. Cette Marianne IV naît avec la révolte sanglante de Sétif en mai 1945, est défaite dans la guerre d’Indochine et succombe avec la guerre d’Algérie. C’est presque  l’empire national, appelé l’ »Union française », dans son ensemble qui disparaît !

 

La première crise de décolonisation éclate d’ailleurs très tôt. Après un coup de force japonais contre les troupes françaises  le 9 mars 1945, une indépendance du Viet-nam est proclamée par Bao-Daï le 11 mars (Soleil et Mercure à l’opposition de Jupiter-Neptune), suivie, le 2 septembre, par une proclamation communiste de Viet-nam indépendant venant de Ho Chi-Minh. Le 6 mars 1946, un accord, signé à Hanoï par le commissaire Jean Sainteny et Ho Chi-Minh, reconnaît la République du Vietnam. Après une mission du général Leclerc, cet accord franco-vietnamien aboutit déjà à la constitution le 26 mars d’un gouvernement provisoire de la République de Cochinchine. Puis tout se gâte le 23 novembre 1946 quand, à l’insu du général Morlière, l’amiral Thierry d’Argenlieu fait tirer le Suffren de tous ses feux sur le quartier viet-namien de Haïphong, bombardement faisant des milliers d’innocentes victimes (entrée en conjonction Soleil-Mars), en réplique, 40 Français étant massacrés à Hanoï le 19 décembre suivant. « Sept ans plus tard, ce sera le désastre de Dien-bien-phu. La IVe République n’aura su ni éviter, ni arrêter, ni gagner la guerre. Elle en souffrira comme d’un cancer rongeant ses finances, sa politique étrangère, les cadres de son armée. Elle en périra. » (J.F.).

 

Il faut traquer cette tragédie majeure du destin de notre IVe République dans la cascade de ses échecs – de l’insurrection de Madagascar à l’estocade finale d’Alger en révolution, en passant par Dien bien-Phu, l’humiliation de l’intervention de Suez, l’abandon de la Tunisie et du Maroc – aboutissant à la désagrégation de l’empire et à la chute du régime. On ne peut avoir affaire qu’à une configuration critique de gros calibre. Certes, un indice apparaît bien dans la première figure d’une France qui se reprend en main ce soir parisien du 25 août 1944, avec une Lune du Scorpion en IX qui livre le lieu de son « ventre mou », mais il ne fait pas le poids, et aucun des autres thèmes ne décèle rien de plus. C’est finalement une pièce inédite qui va nous éclairer. Le devenir de Marianne IV est si bien parti sur un triple renouveau annuel autour de la conjonction Jupiter-Neptune, et si bien moulé dans l’intégralité de son histoire comme on le verra, que s’impose le thème de sa conjonction du 22 septembre 1945 à 9 h 01, pour Paris. Et là, on  trouve largement son compte avec la convergence en secteur IX d’un trio Mars-Saturne-Pluton ! D’autant plus que Pluton est maître d’AS, conjoint au MC, au carré de l’AS et au semi-carré du Soleil ; que Saturne y est en « exil » et que Mars, en « chute » est en double carré de la Lune et de la conjonction Jupiter-Neptune. Pouvait-on trouver conjoncture plus dissonante ?

 

 

Ce qui renforce cette interprétation en la doublant, en quelque sorte, c’est que le phénomène concerne aussi bien notre pays voisin, le Royaume uni, qui vit alors une histoire parallèle à la nôtre. Discréditée par la déconfiture du régime de Vichy, la droite française est balayée par la gauche socialo-communiste à la Libération, et la gauche modérée va dominer sur toute la phase ascendante-évolutive du cycle. Avec l’opposition, la droite revient au pouvoir aux élections de juin 1951 et l’investiture d’Antoine Pinay le 8 mars 1952. Le même processus se présente en Grande-Bretagne : la guerre finie, Winston Churchill est remercié par les électeurs et les Travaillistes avec Clément Attlee prennent le pouvoir (comme en France, ils nationalisent les ressources économiques et développent l’assistance sociale) qu’ils conserveront également jusqu’à l’opposition avec le retour de Churchill.

 

Or, cette présence du trio dissonant Mars-Saturne-Pluton en IX dans le thème de la conjonction Jupiter-Neptune elle-même du 22 septembre 1945 à 09 h 01 TU, condamne à la fois les deux empires de ces deux pays. Au lendemain de l’armistice, chacune de leurs colonies respectives frappe, tour à tour, à la porte de la décolonisation qui s’engage. En quelques années, les Anglais auront habilement lâché bride en abandonnant l’Inde, en émancipant Ceylan, le Pakistan ; tandis que les Français se seront accrochés puis enlisés jusqu’à leur perte.

 

 

les Phases du cycle Jupiter Neptune

 

Maintenant, c’est à travers le parcours des phases du cycle Jupiter-Neptune que l’on va pouvoir le mieux suivre l’évolution historique de cette IVe République.

 

LA  CONJONCTION 

Nous avons déjà aperçu l’étape première de la conjonction avec la naissance de cette République, et même dans l’encadrement de ses deux semi-sextils. En franchissant l’étape suivante, on rejoint le parcours général dépeint par Jacques Fauvet : « La IVe République s’est d’abord cherchée, avec puis sans de Gaulle, de 1944 à 1947. Elle s’est ensuite trouvée, sans et même contre de Gaulle, de 1947 à 1952. Elle s’est perdue enfin lorsqu’elle a dû affronter le soulèvement du Maghreb, s’usant en Tunisie puis au Maroc et s’affrontant en Algérie jusqu’à se rendre à de Gaulle. Son histoire s’inscrit ainsi entre deux retours du Général à Paris : 1944-1958. »

 

LE SEMI-CARRE

L’année critique 1947 est dominée par le semi-carré Jupiter-Neptune qui, en triplé, s’étale de février à octobre. Le 16 janvier, à 16 h 45 m, Vincent Auriol avait été élu Président de la République et fait venir à Matignon le 22 Paul Ramadier. Les deux « partis frères » communo-socialiste font bon ménage, y compris avec les démocrates chrétiens du MRP et les radicaux modérés de la « IIIe ». Un trimestre plus tard arrive le divorce.

 

La canonnade de l’amiral Thierry d’Argenlieu ayant enfoncé le pays dans la guerre indochinoise, déjà, le 19 mars, le Comité central du PCF se montre rétif à voter des crédits militaires pour la poursuite de la guerre au Viet-nam, et une insurrection à Madagascar (plusieurs milliers de morts, sinon bien plus) le 29 mars aggrave la tension au sein du gouvernement où participent des communistes. C’est toutefois la situation internationale qui provoque le choc final. L’échec d’une conférence à Moscou le 24 avril déclenche la rupture entre l’Est et l’Ouest, accompagnée du départ des communistes des gouvernements d’Europe occidentale (Belgique, Danemark, Italie). C’est le 4 mai 1947 (Vénus et Mars, derrière Mercure, sont à l’opposition de Neptune, tandis que le Soleil entre en opposition de Jupiter) qu’à Paris se consomme la rupture : désormais, les communistes s’installent dans l’opposition au régime. L’unité de la résistance est rompue, le tripartisme a vécu.

Plus encore, le 14 avril, le général de Gaulle a  créé le Rassemblement du peuple français (RPF) qui, aux élections municipales  du 19 octobre, va recueillir – une lame de fond - 38 % de voix.

 

Ainsi, le régime est désormais flanqué, sur sa gauche et sur sa droite, de deux adversaires politiques qui n’hésiteront pas à s’unir pour renverser les gouvernements. A l’alliance initiale des trois partis  succède, face à ces adversaires des deux bords, une « troisième force » intermédiaire, ainsi prise en tenaille, qui ressemble à la coalition instable de partis affaiblis.

 

Ce dernier trimestre 1947 est particulièrement critique : le ravitaillement n’a jamais été aussi mauvais, l’inflation est galopante et le pays est au bord de la faillite, outre que trois millions de travailleurs lui font vivre la vague de grèves la plus forte de l’histoire de cette République.

 

LE SEXTIL

Si le propre du semi-carré est d’éliminer les forces inaptes à s’intégrer au système, celui du sextil est de rassembler celles qui le constituent en vue de lui donner son élan décisif. Avec le nôtre qui a lieu en décembre 1947, le régime s’installe dans sa condition définitive. En cette fin d’année, son personnel se formule dans une « troisième force » élargissant ses coudes de part et d’autre des oppositions PCF – RPR, en ralliant déjà une partie des parlementaires gaullistes, puis poujadistes, et en constituant une majorité politique. A une semaine d’une conjonction Soleil-Jupiter en Sagittaire se forme, le 24 novembre 1947, un grand ministère Robert Schuman : tableau d’une grande famille républicaine comprenant à lui seul onze futurs grands personnages du régime, dont sept présidents du Conseil. La diplomatie française décolle avec la trinité Schuman-Gaspéri-Adénauer, posant les jalons d’une union européenne. En outre, la France s’installe dans l’assistance économique du plan Marshall (janvier 1948), qui va permettre à la production d’atteindre un maximum au printemps 1949, et dans la sécurité du pacte d’assistance européen du traité de Bruxelles (mars 1948). « A partir de 1948, le pire est passé : le pays pénètre dans des eaux plus calmes et connaît une relative accalmie. L’économie se redresse, les conflits sociaux s’apaisent, le moral se relève. Après dix ans d’épreuves, la France reprend son souffle et les Français commencent à entrevoir un avenir plus riant. » (René Rémond).

 

LE CARRE

C’est en janvier 1949 que nous passons au carré Jupiter-Neptune. Le 11 septembre 1948, Henri Queuille devient à son tour président du Conseil. Enfanté par la IIIe République (22 fois ministre), cet augure du parti radical-socialiste est « le docteur tant mieux, le président « pas de problème » (J. F.). On lui prête cette formule de gouverner : « Il ne s’agit pas, en politique, de résoudre les problèmes, mais de faire taire ceux qui les pose. » Et son ministère, qui va durer jusqu’au 6 octobre 1949, conduit le régime à l’immobilisme. Sa pose est d’autant plus mal venue qu’aux élections de novembre 1948 pour le renouvellement du Conseil de la République, le RPR a remporté 123 sièges, étant devenu le groupe le plus nombreux de la seconde Assemblée et faisant peser le poids de sa force coercitive dans la balance parlementaire, condamnée à l’inertie.

 

LE TRIGONE

Cet aspect se présente en février 1950. C’est sur sa lancée qu’on voit poindre la métamorphose d’une France en pleine modernisation, en particulier avec les entrées en scène décisives de Jean Monnet et de Robert Schuman, le pays s’engageant enfin sur le chemin de la prospérité (le début français des « trente glorieuses » économiques) et amorçant un rapprochement franco-allemand. Le plan Schuman du 9 mai aboutit à la première institution supra-nationale : le « pool charbon-acier » groupant la France, l’Allemagne de l’Ouest, l’Italie et les trois pays du Bénélux.

 

LE SESQUI-CARRE

Entre avril 1950 et janvier 1951, cette dissonance pourrait rendre compte du refus, le 2 juin, de la Grande-Bretagne de participer à ce pool. En tout cas, on voit s’y caser une longue crise ministérielle de 20 jours entre la chute du deuxième et dernier gouvernement Bidault le 24 juin et l’investiture du suivant de René Pleven le 13 juillet.

 

L’OPPOSITION

Après s’en être approchée de 3° en août 1951, l’opposition est atteinte en mars 1952. La Résistance avait lancé cette République sous la pression des partis politiques de gauche. Basculement : ces partis nés de la Résistance cèdent ici la place aux forces conservatrices et les vichyssois sortent de leur silence. La nouvelle Assemblée nationale du 17 juin 1951 passe à droite. Né sous la conjonction, le MRP s’effondre au profit du RPF gaulliste prédominant (117 élus, premier groupe de l’Assemblée nouvelle). Certes, il y a bien encore  5 mois de gouvernement René Pleven puis un mois de cabinet Edgar Faure, mais avec la droite Antoine Pinay arrive au pouvoir le 6 mars 1952 : amnistie fiscale, emprunt, blocage des prix, arrêt de l’inflation. Nous entrons au temps des grands conflits qui «  affaibliront le régime et conduiront par une série de réactions en chaîne à son effondrement.

 

C’est alors que commence secrètement, mais organiquement, le déclin de la IVe République. » (J. F.) Le pays est divisé, à la fois par la loi Barangé sur l’enseignement qui disloque la « Troisième force », et sur la CED (Communauté européenne de défense), une formule américaine de réarmement allemand refusée. Se déchaîne également, au cours de cette même année 1952, une politique de répression vis-à-vis de la Tunisie et du Maroc, accompagnée d’un déferlement de terrorisme. La chute du régime est déjà engagée.

 

LE SESQUI-QUARRE

Printemps 1953. Pendant au sesqui-carré précédent, nous tombons sur une crise ministérielle de 37 jours, du départ de René Mayer le 21 mai à l’investiture de Joseph Laniel le 28 juin. La machine s’enraie.

 

LE TRIGONE

L’aspect se pointe d’août 1953 à avril 1954, avec toujours l’orbe en plus. Le plan d’expansion portant ses fruits, c’est le début d’une phase d’essor économique. « Puis à partir du printemps 1954 le plan d’expansion commence à porter ses fruits, la production se développant,, notamment dans les secteurs pilotes de l’automobile et de la sidérurgie, le chômage reculant et la durée du travail progressant, les salaires augmentant  sans que les prix suivent, le déficit commercial diminuant et la balance extérieure s’équilibrant, même avec la zone dollar grâce il est vrai à une aide américaine encore substantielle. Bref, l’âge d’or, c’est-à-dire l’augmentation lente mais continue du pouvoir d’achat commençait … » (J. F.). C’est aussi sur l’élan d’une conjonction Soleil-Jupiter que, le 18 juin 1954, Pierre Mendès-France entre à Matignon. Dien-bien-phu venait de tomber le 7 mai et il soulagea le pays en concluant la paix indochinoise le 21 juillet, et en engageant aussitôt la voie devant conduire à la paix tunisienne.

 

LE CARRE

Sous cet aspect de septembre 1954 à mai 1955, le pays plonge dans les conflits. Malgré la pression américaine, la C.E.D. aboutit à un dénouement critique avec le rejet de son traité par la France ; rejet considéré comme un crime par les « Européens », qui condamnent l’expérience Mendès-France à travers la machination d’une affaire de « fuites » militaires. Nous sommes aussi dans le cycle infernal de l’Union française avec l’éclatement de la guerre d’Algérie le 1er novembre 1954 et l’intensification des crises marocaine et tunisienne.

 

LE SEXTIL

L’aspect va de novembre 1955 à juin 1956. Après un retour de Bourguiba à Tunis le 21 juin 1955 qui commence à détendre les relations franco-tunisiennes, le retour, le 16 novembre 1955, du sultan Mohammed ben Youssef à Rabat solutionne les relations franco-marocaines avec l’indépendance du Maroc. Après une dissolution de l’Assemblée Nationale, le 8 décembre 1955 est constitué un Front républicain (Mollet, Mendès-France, Mitterrand, Chaban-Delmas) qui l’emporte aux élections législatives du 2 janvier 1956, l’arrivée de Guy Mollet à Matignon le 2 février portant une dynamique nouvelle. Le taux de croissance élevé de l’économie s’accompagne d’une étendue des congés payés de deux à trois semaines.

 

LE SEMI-CARRE

L’aspect tombe en septembre 1956. L’expérience du Front républicain tourne court (démission de Mendès-France le 23 mai) et débouche, à travers diverses complications (capture de Ben Bella et de ses compagnons FLN en octobre) sur l’intervention de Suez : campagne militaire franco-anglaise à Port-Saïd pour contrer l’assistance militaire de Nasser au FLN ; laquelle tourne le 5 novembre 1956 à un catastrophique fiasco (ultimatum soviétique et pression américaine). L’échec de cette politique de force précipite la crise algérienne.

 

LA CONJONCTION

Elle survient le 24 septembre 1958 à 16 h 15 m au 3e degré du Scorpion. Née à la conjonction, la IVe République atteint le terme de son histoire. Après 35 jours de délibérations pour en arriver à son  ministère le 6 novembre 1957, Félix Gaillard donne sa démission le 15 avril 1958, à 4 jours d’une éclipse solaire à l’opposition de Jupiter. C’est le désarroi. Le 13 mai éclate l’insurrection d’Alger, les autorité militaires rompant avec le pouvoir parisien, tandis qu’est élu président du Conseil, Pierre Pflimlin, livré à l’impuissance. Le  Président de la République fait alors appel au général de Gaulle qui reçoit l’investiture le 1er juin : la IVe République cède la place à la Ve République.

 

 

 

Cette rétrospective cyclique ne nous console pas de rester orphelin du thème de la IVe République. Parmi le trop plein de ces quatre versions exposées – auxquelles s’ajoute celle que propose Nicholas Campion dans son Book of World Horosocopes : 28 octobre 1946, 0 h, entrée en fonction de la constitution – laquelle mérite enfin d’être retenue ? Pour ma part, mon siège est fait.

 

Pour qui a vécu, comme ce fut mon cas, la journée parisienne du 25 août 1944 – mes devanciers l’ont ignorée – , nul doute qu’il s’y soit passé un pur et entier recommencement historique : son déroulement est même celui d’un grandiose re-départ à zéro. Finie l’interminable et écrasante occupation de l’ennemi. En une magistrale récupération du territoire – en trois semaines, l’armée allemande est refoulée sur 700 kilomètres, presque à la frontière est – c’est la France qui se reprend en mains, qui redevient souveraine, à nouveau maîtresse de ses destinées ! Sorties de la clandestinité et rejointes par les armées alliées, les forces combattantes nationales s’emparent aussitôt du pouvoir vacant dans la capitale. C’est la fin d’une longue nuit. Rien, nullement, ne pouvait être plus fort, historiquement, que ce moment particulier de pointe où, entourées du peuple de Paris dans la rue, les autorités de la Résistance réunies à l’Hôtel de ville, recevant l’homme de Londres tout frais arrivé, l’appellent – répétition des gestes fondateurs de la IIe et de la IIIe Républiques – à proclamer solennellement la république. On connaît déjà la réplique du Général : « La République n’a jamais cessé d’être (…) Pourquoi irais-je la proclamer ? ».

 

Soit : il manque ici l’effet d’annonce d’une consécration verbale, mais la situation de l’acte fondateur est là, bien présente, et tout se passe comme si l’histoire repartait non moins entièrement, car c’est bien en cet instant que tout recommence, la retenue verbale d’une formulation refusée pouvant inconsciemment anticiper un départ prochain du général de cette IVe République. Ce n’était pas sa république et il n’avait pas lieu de la proclamer, mais ce n’en était pas moins cette IVe République, à-demi orpheline.

 

Ce point de vue général s’aligne sur le jugement de l’historien. Voici ce que déclare René Rémond dans Le XXe siècle : « Plus que la capitulation du Reich et la fin des combats en Europe, le 8 mai 1945 (…), c’est la libération du territoire qui fut pour les Français la véritable coupure (…). Aujourd’hui encore dans chaque chef-lieu, et du plus petit village jusqu’à la capitale, c’est l’anniversaire du jour où l’Allemand a été chassé qui est célébré. » Une libération qui s’est étalée, certes. Mais la majuscule du mot est chargée d’un contenu symbolique riche de signification : retour du drapeau tricolore et de la Marseillaise, des commémorations, outre le bouleversement de se ressentir enfin chez soi. « Aussi, la Libération s’est-elle confondue dans la mémoire collective avec la saison, empruntant ses couleurs aux ardeurs ensoleillées d’un très beau mois d’août. L’identification chronologique de l’événement avec le milieu de l’été a été authentifiée par les dates de la libération de la capitale : Paris se soulève au matin du samedi 19 août, l’avant-garde de la 2e D.B. pénètre au soir du jeudi 24 et fait sa jonction avec les F.F.I. ; la garnison allemande fait sa reddition le vendredi 25. C’est ce même jour que le général de Gaulle entre dans la ville et qu’il se rend à l’Hôtel de Ville … » (R.R.).

 

Unique moment de communion générale où le peuple parisien voit de ses propres yeux le pouvoir du pays se réincarner dans la réunion, à cet Hôtel de ville de sa capitale, de tous les politiques autour de de Gaulle, en un instant d’unanimité nationale. Le re-départ du changement de régime est bien là.

La réception du général est située peu après 7 heures du soir. Présentation au Conseil national de la Résistance et au Comité parisien de la libération, puis brève allocution de Georges Bidault avec demande de proclamation. Dans ses Mémoires de guerre, tome II, de Gaulle rapporte sa réponse : « La République n’a jamais cessé d’être. La France libre, la France combattante, le Comité français de libération nationale l’ont, tour à tour, incorporée. Vichy fut toujours et demeure nul et non avenu. Moi-même suis le président du gouvernement de la République. Pourquoi irais-je la proclamer ? ».

 

Passons sur une annulation cavalière d’un régime qui n’en a pas moins bel et bien existé pour retenir le fil que l’intéressé noue lui-même entre la IIIe République décédée et la IVe République naissante, et que justifie un relais significatif de transmission cyclique : l’ancienne était née un 4 septembre et la nouvelle est du 25 août, et leurs Soleils (11° Vierge et 2° Vierge) sont conjoints à 9°. Une telle filiation, à la manière de l’hérédité astrale, livre passage à une continuité démocratique de la France, enchaînement enjambant la parenthèse accidentelle de Vichy.

 

On s’en est rendu compte, d’ailleurs, au dernier moment. A la liquidation du régime du maréchal Pétain, Laval a tenté de faire réunir la Chambre des députés par Herriot et le Sénat par Jeanneney, pour que Paris, ville ouverte, reçoive les successeurs sous un gouvernement Herriot. Peine perdue. Mais le quasi-anniversaire commun des deux républiques se retrouve avec une continuité d’identité républicaine. Ce que confirme bien vite la formation le 9 septembre d’un nouveau gouvernement « d’unanimité nationale », de la droite démocratique aux communistes, aussitôt lancé dans l’immense besogne d’une restauration générale d’un pays à relever et à refonder. Filiation encore plus significative : avec le départ de de Gaulle, la nouvelle institution allait d’autant plus se mouler dans le passé de son aînée, au point d’en être presque devenue une reconduction, une IIIe bis.

 

Avec notre thème premier, on en est encore au semi-sextil involutif du cycle Jupiter-Neptune finissant. Néanmoins, la présence de la quadruplice Soleil-Mercure-Vénus-Mars intermédiaire entre Jupiter et Neptune est un trait d’union qui suractive le cycle. Il faudra même attendre le semi-sextil évolutif du nouveau cycle, avec le baptême du 30 octobre 1946, pour que le régime soit assis définitivement ; mais la IIIe République avait bien attendu cinq ans pour avoir sa constitution. Qu’importe le prolongement du régime de gouvernement provisoire, car l’aventure de Marianne IV s’incarne autour de la conjonction elle-même, le pouvoir en place prenant d’emblée à bras le corps l’héritage des années tragiques : gagner une guerre qui se poursuit, rapatrier les prisonniers et déportés, restaurer l’Etat, remettre l’économie en route, faire les réformes de structure .

 

Aussitôt, d’ailleurs, sous ce renouveau de cycle neptunien s’imprime un fort accent de la gauche : pour l’unique fois de son histoire, la France électorale du 21 octobre 1945 donne 5 millions de voix (26,1 % de suffrages exprimés) au parti communiste dominant, et à eux seuls, communistes et socialistes ont la majorité absolue. Avec sa conjonction Mercure-Mars-Neptune, la France s’engage dans une véritable révolution pacifique. Un vent de nationalisations souffle sur le pays de décembre 1944 au printemps 1946 (charbon, gaz, électricité, crédits, transports de l’Etat), tandis que des comités d’entreprise font participer les syndicats renaissants aux conseils d’administration des entreprises nationalisées. Outre que s’engage l’œuvre de Jean Monnet dont le commissariat général au Plan d’équipement et de modernisation va renouveler le pays.

 

En outre, le 4 octobre 1945, déjà, une ordonnance met sur pied l’institution de la Sécurité sociale avec les allocations familiales. Création prodigieuse ! Il faut savoir – on l’a naturellement oubliée – quelle misère régnait auparavant, surtout dans les familles nombreuses nécessiteuses. Or, cet avènement n’est pas seulement dans la tonalité démocratique de style humanitaire propre au cycle Jupiter-Neptune. Il s’inscrit plus particulièrement dans la conjonction Soleil-Jupiter de la Vierge, et au sextil de Saturne du Cancer en VI  de cette république. Se traduisant dans l’amélioration du sort des travailleurs et de la population laborieuse. La santé publique s’en est vite ressentie : avec une mortalité infantile en forte régression, la durée de la vie s’allonge d’une dizaine d’années, avec départ d’un «  baby-boom ». Visage positif d’une démocratie sociale.

 

Puisque nous saisissons là le bilan le plus heureux de cette IVe République à travers sa meilleure configuration, venons-en à sa principale dissonance et à ses conséquences : l’effondrement de l’Union française (Indochine et Maghreb) qui entraîne la perte du régime. Ici, du Soleil, nous passons à la Lune du Scorpion en IX avec ses ramifications : chargée de la chute saturnienne dans son signe et en VI et exposée au choc des conflits par la présence de son maître en VII, outre la résonance de deuil de quatre astres en VIII.

 

Pour autant que ce thème soit évident, il ne fait toutefois pas taire la ratification populaire quasi-unanime du 21 octobre 1945, laquelle souligne la terrible déficience solaire du pouvoir ; ni la constitution retenue du 13 octobre 1946, entre harmonique et dissonance. Reste l’acte solennel du 30 octobre suivant qui officialise Marianne IV, les hommes du pouvoir s’y livrant à une célébration évocatrice d’une famille rassemblée autour de fonts baptismaux.

 

Il existe d’ailleurs une trame commune aux trois pièces et j’ai déjà relevé une similitude des trois figures de 1944, 1945 et 1946, sous l’aspect d’un enchaînement annuel où les astres rapides rejoignent le couple Jupiter-Neptune autour de sa conjonction. De même, une coordination d’ensemble prévaut dans la superposition, à la fois, de la Lune à 17° du Scorpion du thème initial de 1944, de Mercure à 10° du même signe du thème de 1945, et de Mercure-Mars à 8°-13°, toujours du même signe, du thème de 1946, l’acte de baptême encadrant le tout avec Soleil, Jupiter et Mars entre 6° et 24° du Scorpion.

 

Du coup, il est naturel que les cinq passages les plus critiques de l’histoire du régime soient tombés sous les transits solaires de conjonction et d’opposition à ces concentrations. Le 4 mai 1947 – 13° Taureau – quand les quatre ministres communistes sont révoqués : c’est la fin du tripartisme, le PC, alors dominant, passant à l’opposition au régime. Le 7 mai 1954 – 16° Taureau – jour de la chute de Dien-bien-phu, défaite militaire irréversible de la France en Indochine. Le 1er novembre 1954 – 8° Scorpion – alors qu’éclate la guerre d’Algérie. Le 6 novembre 1956 – 14° Scorpion – fiasco de l’intervention militaire de Suez. Et le 13 mai 1958 – 22° Taureau – lorsque la révolte militaire d’Alger, menaçant Paris, précipite la liquidation du régime.

 

Avisons-nous, maintenant, de comparer les grands transits survenus à chacune de nos figures, lors de ces cinq épisodes dramatiques. Le 4 mai 1947 se brise définitivement l’unité du départ MRP-PS-PC, les communistes devenant les adversaires du régime, auxquels s’ajoute le RPF gaulliste constitué le mois précédent. Dans le thème premier, rien de plus significatif que le transit d’Uranus sur Pluton en VII, alors que rien d’évident ne se signale dans les deux autres thèmes. Le 7 mai 1954 est donc la défaite de Dien-bien-phu, déconfiture de la guerre d’Indochine : Saturne stationne à 9° du Scorpion depuis un trimestre, au carré de Pluton en VII dans le même thème ; outre que dans le second, Uranus transite Mars, et Saturne le Jupiter du troisième thème. Puisqu’il s’agit de cette guerre, relevons pour l’armistice qui lui met fin le 21 juillet 1954, que Jupiter à 13° du Cancer s’apprête à transiter le Descendant du premier thème, ainsi que le Mars du second thème, l’astre faisant des trigones aux positions respectives des trois thèmes. A l’explosion algérienne de la Toussaint 1954, Saturne à 11° du Scorpion frappe le même alignement de ces positions respectives, Uranus rejoignant aussi le Saturne du second thème. Arrive le 6 novembre 1956 le coup de barre soviéto-américain nous faisant capituler devant Nasser : Jupiter à 25° de la Vierge, au semi-carré d’Uranus à 6° du Lion, se superpose au semi-carré de Mercure-Mars à Pluton du premier thème ; et si le second thème est défaillant, au troisième, Uranus transite Saturne. Enfin, avec le coup de grâce de la révolte des généraux d’Alger du 13 mai 1958 où sonne le glas du régime, il n’y a pas mieux, avec le premier thème, que le transit de Pluton rejoignant le Soleil du 25 août 1944 (le second thème ne répond pas, le troisième ayant toujours le transit Uranus/Saturne).

 

Conclusion : sans doute peut-on se contenter du thème premier, mais l’appoint des autres n’est pas négligeable, comme un tout confortant l’essentiel.

 

 

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DONNEES DE NAISSANCE DES CHEFS D’ETAT ETRANGERS

  

U. S. A.

 

Harry S. TRUMAN (1945-1953) : Lamar/Miss., 8/05/1884, 16 h , selon lui-même.

Dwight  D. EISENHOWER. (1953-1961) : Denison/Texas, 14/10/1890, au coucher du soleil, déclaration publique.

John F. KENNEDY (1961-1963) : 29/05/1917, 15 h , selon la bible familiale.

Lyndon B. JOHNSON (1963-1969) : Jonhson City/Texas, 27/08/1908, « à la pointe du jour », selon l’agenda de sa mère.

 

U. R. S. S.

 

Joseph STALINE (jusqu’en 1953) : Gori/Géorgie, 06-18/12/1878.                

Gheorghi MALENKOV (1953) : Orenbourg, 08/01/1902.

Nicolas BOULGANINE (1955-1958) : Nijni-Novgorod, 11/06/1895.

Nikita KHROUCHTCHEV (1958-1963) : Kalinovka/Koursk, 17/04/1894.

Leonid BREJNEV (1963-1982) : Kamenskoe/Ukraine, 19/12/1906.

 

C H I N E

 

MAO  TSE TUNG : Shao-shan/Hunan, 26/12/1893, entre 7 et 9 h, déclaration publique.

 

ALLEMAGNE DE L’OUEST (R.A.F.)

 

Konrad ADENAUER (1949-1963) : Cologne, 5/01/1876, 10 h 30m.

Ludwig ERHARD (1963-1966) : Furth/Bav., 04/02/1897, 2 h 45 m.

Kurt Georg KIESINGER (1966-1969) : Ebingen/Würt, 06/04/1904, 20 h 15 m.

 

ALLEMAGNE DE L’EST (R. D. A.)

 

Wilhelm PIECK (1949-1960) : Guben/Brand., 03/01/1976, 8 h (à 2 jours d’Adenauer).

Walter ULBRICHT (1960-1973) : Leipzig, 30/06/1893, 13 h 20m.

 

ANGLETERRE

 

Clement ATTLEE (1945-1951) : Puthey/Londres, 03/01/1883, 10 h 30 m, source inconnue.

Winston CHURCHILL (1951-1955) : Palais de Bleinheim/Woodstock, 30/11/1874, 1 h 30 m, selon lettre du père écrite le jour même.

Anthony EDEN (1955-1957) : Durham, 12/06/1897, 8 h, selon la chronique familiale.

Harold MACMILLAN (1957-1963) : Londres, 10/02/1894, 23 h 20 m, selon une source privée.

Alexander DOUGLAS-HOME (1963-1964) : Londres, 02/07/1903, entre 7 et 8 h selon sa mère (Carter).

James Harold WILSON (1964-1970) : Huddersfield/York., 11/03/1916, 10 h 45 m, source privée selon Carter.

 

ALGERIE – Farhât ABBAS : Taher/Const., 24/08/1899, 1 h. Mohammed BEN BELLA : Marnia/Tlemsen, 25/12/1916. Houari BOUMEDIENNE : Guelma, 23/08/1932.

 

BELGIQUE – Paul-Henri SPAAK : Schaerbeck/Brux., 25/01/1899, 1 h.

 

EGYPTE – Gamal Abdel NASSER : Bani Murr/Assiout, 15/01/1918.

 

ESPAGNE – Francisco FRANCO : El Ferrol/Galicie, 4/12/1892, 0 h 30, bapt.

 

GRECE – Constantin CARAMANLIS : Serrai/Mac., 8/03/1907, début de la nuit (selon ses sœurs).

 

INDE – Jawâhariäl NEHRU : Allahâbâd, 14/11/1889 (« Ma vie et mes prisons »)/

 

INDOCHINE – HO CHI MINH : Nghê An, 19/05/1890.

 

INDONESIE – Achmed SOEKARNO : Sourabaya/Java, 6/06/1901.

 

ITALIE – Alcide de GASPERI : Pieve Tesino/Trento, 3/04/1881, 4 h.

 

MAROC : MOHAMMED V : Fez, 10/08/1909.

 

POLOGNE – Wladyslaw GOMULKA : Krosno, 6/02/1905.

 

PORTUGAL – Antonio de OLIVEIRA SALAZAR : Santa Comba/Lisb., 28 avril 1889, 14 h, r.p.

 

TUNISIE – Habib BOURGUIBA : Monastir, 3/08/1903, 5 h, e.c.

 

YOUGOSLAVIE – Josip Broz TITO : Kumrovech/Croatie, 25/05/1892 (Biog. Confirmé par lui-même).

 

 

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BIBLIOGRAPHIE SOMMAIRE

 

Jacques FAUVET : La Quatrième république ; Fayard, 1959.

Georgette ELGEY : La République des illusions 1945-1951 ; Fayard, 1965.

Charles DE GAULLE : Mémoires d’espoir ; Plon, 1970.

Jean-Pierre RIOUX : La France de la IVe République ; Seuil, 1980.

Sylvie GUILLAUME : La France contemporaine ; la IVe République ; Perrin, 1990.

René REMOND : Notre siècle 1918-1995 ; Histoire de France, tome 6 ; Fayard, 1996.

Michel WINOCK : La France politique XIXe-XXe siècle ; le Seuil, 1999.

André KASPI :La Libération de la France ; Perrin, 2004.

 

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Dictionnaire détaillé des hommes politiques de la IVe république

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