Astrologie Individuelle
(Théorie)

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Spéculum Astrologiae


L'ASTROLOGUE
Rédacteur en Chef:
André BARBAULT
13eme Année
-1980 - 3e Trimestre       N° 51

En cet été 1980 paraît au « Laboratoire d'Etude des relations entre rythmes cosmiques et psychophysiologi­ques », une plaquette de Françoise Gauquelin : Tradi­tional symbolism in Astrology and the Character traits method, qui, bien que de seulement une cinquantaine de pages et pas même écrite en langue française, mérite, par son importance première, plus qu'un simple compte rendu.

 

En effet, pour la première fois, un auteur s'y livre à une confrontation directe entre l'acquis statistique et l'astrologie des astrologues. Jusqu'ici, les Gauquelin avaient traité les planètes en soi, assortissant leurs résultats de commentaires divers quant à leur valeur proprement astrologique. On n'a pas oublié les prises de position de Michel Gauquelin dans ses premiers ouvrages, lorsqu'il déclarait que non seulement ses résultats d'effet plané­taire n'avaient rien à voir avec l'astrologie, mais encore qu'ils contribuaient à la ruiner. Certes, sur son parcours et non sans avoir en vain discutaillé, il avait assoupli sa critique, dans une affectation de surprise innocente ou feinte, et en était arrivé dans ses derniers ouvrages à flirter véritablement avec la gueuse. Peu importe d'ailleurs ce comportement, puisque l'homme en arrive à s'effa­cer derrière ce qu'il laisse parler. Nous en étions donc là, sachant encore que son épouse et collaboratrice, Fran­çoise, en restait, elle, à une opinion beaucoup plus réser­vée, sinon franchement sceptique.

 

Comme si elle avait voulu tout de même en avoir le cœur net, Françoise, donc, entreprit de savoir ce que valait en réalité le symbolisme planétaire traditionnel et moderne de l'astrologie, objet de nature psychologique constituant le patrimoine propre des astrologues.

Profitant du concours de l'équipement électronique de l'Américain Neil Michelson, il lui était possible de tester celui-ci : par la méthode des traits de caractère appliquée dans les volumes 2 à 5 de la série C de leur œuvre (revoir les comptes rendus de ces ouvrages dans les nos 24, 27, 28 et 39 de « L'Astrologue »). Quatre catalogues de mots-clé y furent établis sur la base des traits de caractère (décernés par des spécialistes, des psychologues et un public cultivé) reconnus à un ensemble de notabilités pré­sentant une forte agglomération de positions de Lune, Mars, Jupiter et Saturne au lever et à la culmination, et aboutissant à la composition d'un  « tempérament-type » de ces catégories planétaires. Véritable répertoire de plus de cinquante mille traits, donc testés en fonction de la coexistence chez ces personnes de telle angularité astrale et de tel trait parti­culier.

 

Dès lors, il convenait de procéder à la même opération, mais en s'y prenant d'une façon diamétralement inverse, c'est-à-dire en vérifiant quelle pouvait être la présence ou l'absence de ladite angularité astrale en fonction des listes de traits de caractère décernés par les astrologues eux-mêmes à leurs types astraux. Confrontant en somme la tradition astrologique avec les milliers de traits de ce répertoire en testant ceux que nous attribuons aux pla­nètes dominantes de la naissance, il s'agissait de vérifier si nos mots-clé propres produisaient ou non cet « effet planétaire ».

 

Pour le savoir, Françoise Gauquelin s'adressa à dix œuvres représentatives :

La Tétrabible de Ptolémée (traduction de Pingré).

The Principles of Astrology, de Charles E.O. Carter (1925).

The Modern Textbook of Astrology, de Margaret Hone (1951).

Défense et illustration de l'Astrologie, d'André Barbault (1955).

Astrological Keywords, de Manly Palmer Hall (1958).

Teach yourself Astrology, de Jeff Mayo (1964).

Dictionary of Astrology, de Dal Lee (1968).

Keywords, de Paul Grell (1970).

The Study of Astrology, de Henry Weingarten (1977).  

The Round Art, de A. T. Mann (1978).

 

Pour la justification de son choix (après explications, notamment de n'avoir pu y inclure Rudhyar [1], certains manuels n'énumérant pas de mots-clé suffisamment clairs et simples dans leurs descriptions), l'on peut dire qu'elle a fait raisonnablement de son mieux. Une réserve peut toutefois être formulée relativement aux deux derniers auteurs dont les œuvres sont parues bien après les paru­tions des volumes 2/5 de la série C, qui datent de 1973 à 1977 : ceux-ci eussent pu, connaissant les résultats obtenus par les Gauquelin, confectionner leurs types pla­nétaires « sur mesures statistiques », ou du moins en être inconsciemment influencés.

 Je passe sur l'exploitation statistique des données qui fait l'objet d'une soigneuse application: fréquences obser­vées, fréquences attendues, tests statistiques, niveau de si­gnification, les Gauquelin n'ayant jamais été pris en défaut sur ce plan technique. Dans ce traitement, chacun des traits testés du catalogue est associé à un groupe de nota­bilités auxquelles leurs biographes ont décerné ce trait une ou plusieurs fois. Ainsi,  « aime le passé » se rapporte à 5 écrivains, 2 acteurs et 1 scientifique ; « instinctif » se rattache à 14 écrivains et 5 acteurs ; en corrélation avec le lever et la culmination de la Lune. Qu'en était-il donc de cette corrélation avec, cette fois, les attributions carac­térielles des dix auteurs ?

 Le premier tableau résume les résultats obtenus pour chacun d'eux. Si les mots-clé de l'astrologue produisent un résultat positif avec la position de l'astre à son lever ou à sa culmination, la fréquence observée excédant d'une manière significative la fréquence attendue, c'est un signe + qui apparaît dans le carré central de la dia­gonale ; un signe - y apparaissant si, à l'inverse, la fré­quence observée est d'une manière significative inférieure à la fréquence attendue, le carré vide signifiant naturel­lement absence de signification.

Les résultats en question montrent que leurs valeurs varient de plus du simple au double d'un astrologue à l'autre et davantage encore d'une planète à l'autre.

 

Ainsi, pour ce qui est des auteurs, si l'on met de côté le Soleil dont nous situerons plus loin le cas parti­culier, sur l'ensemble des 9 planètes, les résultats positifs conformes au bilan statistique varient de 7 à 2, la moyenne de 4 cadrant avec le tableau de Ptolémée. En ce qui concerne le clavier planétaire, l'oscillation est totale : aucun auteur n'a obtenu de résultat positif avec Mercure et Uranus. Par contre, tous ont unanimement marqué un but avec Mars et Saturne. Vénus vient en seconde position avec 9 résultats sur 10 et la Lune en troisième avec 7 +, Neptune et Pluton n'en fournissant que 2 et - stupéfaction ! - Jupiter un seul (la description classique de Ptolémée n'y parvient pas, outre que deux auteurs « décrochent » un -).

 

   Ces mêmes résultats sont maintenant présentés d'une façon globale dans les deux tableaux suivants qui établissent pour chaque corps céleste la distribution de l'astre dans ses positions en mouvement diurne, obtenue en fonc­tion de la somme des résultats fournis par les listes grou­pées des mots-clé des 10 auteurs.

         

En ce qui concerne le premier tableau rassemblant les répartitions de Lune, Venus, Mars, Jupiter et Saturne,

 la similitude des résultats obtenus avec ceux des bilans statistiques anté­rieurs des Gauquelin (voir Série C, volumes 2-4) est particulièrement remarquable. On relèvera essentiellement les deux pointes de concentration de Mars et Saturne, au lever et à la culmination (outre pour le premier une angularité également prononcée aux deux autres angles), puis la pointe du lever de Venus et celle de culmination de la Lune. Pour ce qui est de Jupiter toutefois, mince est le résultat, bien que le gros de la concentration tombe à l'approche de la culmination. On peut, au passage, arrêter cette lec­ture et se donner le temps d'apprécier...

 

Avec la distribution des cinq autres astres du tableau suivant, le ton change ;

 

 ici, le résultat ne s'impose pas de lui-même : il faut chercher, interpréter.

 

L'on note pour les quatre planètes des fréquences d'angularité légèrement au-dessus de la moyenne. Il faut passer au quatrième tableau, qui rassemble les répartitions de Mercure, Uranus, Neptune et Pluton, pour constater que leur addition montre une fréquence positive à la culmination, résultat propre à retenir l'atten­tion.

 

Toutefois, la principale concentration (due surtout à Uranus et Neptune) tombe après le lever, relativement loin au point d'être presque à équidistance du lever et de la culmination (centralisation que j'avais personnellement observée d'une façon significative pour Uranus dans un groupe de pionniers de l'aviation). Naturellement, cet état de cho­ses impose la réserve mais encourage l'espoir de voir un jour se constituer un bilan décisif relativement à ces planètes ; on ne peut en dire plus sans forcer les chiffres.

 

Après ce sondage global, Françoise Gauquelin s'est avisée de confronter un par un les mots-clé des astro­logues avec les mots-clé les plus fortement confirmés par la statistique en fonction du nombre de leurs attributions aux notabilités testées.

 

Ainsi, les mots-clé « courageux » et « actif », faisant prévaloir l'angularité de Mars se sont retrouvés respectivement chez 376 et 357 personnages, et sont apparus pour cet astre chez 8 et 6 astrologues. Mais cette confrontation s'est faite, du même coup, avec les antonymes de ces traits typiques, eux-mêmes les plus représentatifs. Ceci du moins pour le groupe des quatre astres testés par les Gauquelin : Lune, Mars, Jupiter et Saturne (Vénus  étant encore trop «expérimentale» pour se prêter au test). Or, il s'est avéré que les similitudes l'emportaient nette­ment sur les différences : les pourcentages des cohérences de liste à liste se sont révélés être respectivement de 59 % pour Jupiter[2], de 64 % pour Mars, de 71 % pour la Lune et de 75 % pour Saturne, la moyenne étant de 68 %.

Allant plus loin encore, l'auteur s'avisa de sonder les anciens, joignant à Ptolémée, Maternus, Ibn Ezra, Rantzau et Morin, afin de comparer les résultats entre les auteurs traditionnels et les contemporains. Ses constatations furent que, pour tous, le symbolisme de Jupiter est le moins bien décrit et celui de Saturne le mieux décrit, et qu'entre eux et les contemporains le résultat est meilleur pour les « modernes » que pour les « anciens » qui n'aboutis­sent qu'à un pourcentage de cohérence de 53 % (alors qu'aucun progrès n'est enregistré de Ptolémée à Morin).

 

Au bout de cette enquête, c'est un cycle qui se boucle pour les Gauquelin, parvenus finalement à des conclu­sions positives : « Pour la première fois, la preuve scien­tifique de l'existence d'une certaine réalité astrologique, les symboles planétaires, est clairement donnée (...). Le symbolisme planétaire, fermement ancré dans nos esprits, déjà décrit il y a vingt siècles, par Claude Ptolémée, est plus qu'une image : une réalité. Les gens nés sous Saturne sont réellement saturniens, sous Mars, réellement marsiens, sous Jupiter, réellement Jupitériens...  Par ailleurs, négatifs étant les résultats obtenus pour le Soleil et encore incertains,   pouvant   laisser   sceptique,   ceux   du   groupe Mercure, Uranus, Neptune, Pluton.

Après tant de critiques, merci quand même pour le cadeau...

 

DE LA DEMONSTRATION A L'HEURISTIQUE :

 

II valait le coup de s'arrêter au résultat obtenu, mais ce travail va bien au-delà de la pure démonstration, car il constitue, à certains égards, un miroir qui renvoie une image de l'astrologie, sinon un miroir où l'astrologue peut se regarder, état particulièrement propice à la prise de conscience de ses problèmes et à l'enrichissement de sa condition, acceptation faite de l'autocritique, mais aussi distinction perçue du relatif et des limites de ce miroir, voire de ses déformations.

 

Préalablement, convenons de ne pas attacher une grande importance aux inégalités des résultats obtenus entre astrologues. Une part de chance intervient dans le jeu du choix des mots qui fait tomber sur l'un plutôt que sur l'autre, son voisin, moins bien coté statistiquement. Ainsi, dans le cadre de l'analyse séparée du trait isolé le plus vérifié, un chiffre record de 647 notabilités est derrière le trait saturnien « simple », comme il y en a 478 pour « modeste » et 474 pour « laborieux » ; or, vous tomberez pile sur ces traits si vous vous rappelez la relation de ce type avec le Flegmatique (non émotif actif secondaire) de la Caractérologie ; autrement, vous ris­quez simplement de ne pas y pensez ; il n'en faut pas plus pour pouvoir changer de cotation. Sans parler du pro­blème de terminologie, les langages pouvant différer d'un clavier à un autre (ainsi, les mots-clé de mon « Traité » auraient donné des résultats moindres que ceux de « Dé­fense et illustration »).

 

Ceci dit, dans la mesure où nous devons nous efforcer d'acquérir une vision d'ensemble vivante et bien actuelle de notre savoir au lieu de n'être faite que de lambeaux mal ajustés de traditions imprécises où l'authentique se mêle au trompe-l'œil, nous ne pouvons pas rester insensi­bles aux espoirs, formulés par les Gauquelin, que nous ferons l'effort nécessaire d'ajuster nos théories aux résul­tats de leurs enquêtes.

 

A commencer par le traitement du problème de l'angularité, du fait que celle-ci se révèle être beaucoup plus forte après qu'avant le passage de l'astre à l'angle. Remet­tons sur ce point les choses d'aplomb : ce n'est pas parce que la position des Maisons dépend de l'orientation angu­laire du thème qu'il faut confondre ce qui relève des premières et ce qui s'attache à la seconde, comme le font les Gauquelin. Car il est irrecevable de mélanger, mêler ou réunir une valeur purement qualitative et une autre non moins purement quantitative[3]. La tradition insiste sur la spécificité des quatre « centres » du cercle de la géniture : AS pour commencer, MC ensuite, puis DS et FC, et répète constamment qu'il faut donner une cotation plus élevée à la planète qui est sur ce centre ou à proximité de lui. C'est seulement à partir de là que flotte l'enseignement traditionnel. S'il y est clairement parlé d'une influence à l'Ascendant au-dessus et au-des­sous de l'horizon, encadrant le centre, diverses variantes se contredisent où se discute la portion qu'il convient d'attribuer à la part du dessus : selon les uns l'étendue principale, 10° selon d'autres, 5° seulement selon Ptolémée, maints « modernes » étant revenus à 10°. Peu importe d'ailleurs cette exégèse, qui n'est finalement pas au déshonneur de l'astrologie : les résultats statistiques sont là qui règlent la question en imposant un réajuste­ment, les astrologues n'ayant plus qu'à s'aligner. Il est triste que Françoise Gauquelin en soit encore à donner, là-dessus, une leçon d'astrologie...

 

Par contre, qu'on me permette plus de réserve quant à s'incliner inconditionnement devant tous les résultats des tests statistiques. Ainsi, si je trouve d'autant plus agréa­ble de « se soumettre » avec le mot saturnien « patient », confirmé par 122 notabilités, que 7 sur les 10 astro­logues avaient préalablement accordé cette qualité à la planète, comme d'admettre que « consciencieux » soit saturnien (303 cas) et « combatif » martien (171 cas)..., par contre, je n'accepte nullement, pour ma part, que le mot-clé « ambition » soit réservé exclusivement à jupiter. Car il n'existe pas qu'une motivation de l'ambition ni qu'une manière de l'être. Au contrôle monographique, qui doit compléter le contrôle statistique, l'ambition satur­nienne apparaît aussi évidente que l'ambition jupitérienne ; seulement, alors que celle-ci est spectaculaire, celle-là est par contre rentrée, silencieuse, secrète, et peut donc du même coup passer inaperçue. Pareillement, « senti­mental », repéré lunaire dans 75 cas, est susceptible de se partager avec Vénus ; de même que « religieux » n'est pas plus exclusivement lunaire que « réaliste » martien... Le trait de caractère est à la personnalité d'un être ce qu'est la fleur ou le fruit au végétal ; il faut remonter jusqu'aux racines pour être assuré de saisir dans sa trajectoire l'essence même de la tendance. Cela ne retire rien à l'inté­rêt vital de se nourrir à cette source d'information directe que constitue ce test, significatif lorsqu'il parle, trompeur au-delà, c'est-à-dire lorsqu'on veut lui faire dire ce qu'il ne dit pas.

 

Là toutefois où nous pouvons davantage apprendre sur notre propre savoir, et éventuellement nous ressaisir, c'est en réexaminant les résultats du premier tableau. En marge de la diagonale de chaque carré apparaissent des signes + et - qui dénotent que des résultats signifi­catifs ont été obtenus hors de la planète testée. Ainsi, il n'est pas inintéressant de savoir, par exemple, que les mots-clé de Carter pour le Soleil (voir son carré à la pre­mière colonne de gauche) constituent des antonymes pour Saturne, Uranus, Neptune, Pluton, outre qu'ils ont produit une angularité significative de Jupiter (comme chez 5 autres astrologues), le voisinage de ces deux types étant bien connu (voir mon « Traité », p. 256).

 

Il est non moins remarquable que chez 8 des 9 confrères (Ptolémée extrait du groupe par nécessité), les mots-clé de Neptune aient déclenché une angularité lunaire significative (va­leurs aquatiques communes...). Ce même genre de réaction apparaît chez 4 confrères avec les mots-clé d'Uranus déclanchant un effet Jupiter ; ce qu'on comprendra parfaite­ment en se reportant au tableau de la structure planétaire (traité p. 121) qui rassemble le groupe Soleil Jupiter Uranus au plan des valeurs de culmination. L'impression dominante, ici, est que les humains ont un mode de sensibilité et de réac­tion plus direct et plus fort vis-à-vis de la Lune et des planètes extérieures traditionnelles (ce que Morin avait déjà dit) qu'à l'égard du Soleil et des transaturniennes.

 

Au surplus, il faut naturellement prendre autant en considération les résultats négatifs (-) qui constituent une information a contrario. Ainsi, il n'est pas indiffé­rent d'apprendre que chez 8 astrologues, aux mots-clé de Saturne a répondu une fréquence inférieure significative de la Lune ; ce qui peut être expliqué par le tableau des Chronocratories (Traité p. 71) où s'établit la plus extrême différenciation entre ces deux types (du bébé amorphe au vieillard apathique) ; et ce qui concorde avec le fait statistique de la sous fréquence de la Lune angulaire dans le groupe des savants saturniens au caractère typique. Pareillement, chez 8 astrologues, les mots-clé de Mars  ont déclenché un effet lunaire négatif ; or, il suffit de revoir ce même tableau des Chronocratories (ainsi que celui de la page précédente du même ouvrage, situant la réparti­tion planétaire dans l'ordre des Eléments et qualités élé­mentaires) pour constater que ces deux astres sont en face l'un de l'autre.

 

D'ailleurs, cet antagonisme Mars Lune[4] est fortement apparu, avec surfréquence martienne et sous-fré­quence lunaire, dans le groupe des champions sportifs au tempérament-type. Il allait de soi qu'apparaisse aussi le jeu +/- entrecroisé dans la dialectique des couples Venus – Mars et Jupiter – Saturne (dans mon carré propre, il a seule­ment manqué le - sous le + de Jupiter pour que l'alternance ait été complète) - revoir ces deux axes planétaires au tableau p. 121 du Traité et rappelons l'antagonisme Jupiter - Saturne dans les résultats statistiques chez les acteurs — cet ensemble cohérent de résultats constituant un tout qui en ordonne la valeur au regard de la gamme géné­rale du système solaire.

 

Au-delà chaque astrologue testé peut en apprendre sur sa propre configuration interprétative. Pourquoi les mots-clé de la Lune ont-ils produit un résultat négatif de Jupiter chez 6 astrologues ? Il y a là une vraie question. Très naturel­lement, je me suis particulièrement attaché à la lecture de mon propre test. Tout d'abord, je veux espérer que si je n'ai pas eu un résultat avec Uranus, je n'en ai pas été loin. Ensuite, le résultat obtenu avec Pluton apporte une cau­tion au clavier symbolique que je lui ai attribué (voisin de celui adopté par Weingarten) dans la ligne initiale de Brunhübner ; ce qui est d'intérêt compte tenu des signi­fications étrangères et même opposées qui lui ont été octroyées (en particulier par Volguine). Viennent en der­nier les cas particuliers. Pourquoi «mon» Neptune, en plus d'une réaction positive lunaire, a-t-il déclenché une réac­tion négative du couple Jupiter - Saturne? Sans doute ai-je plus que d'autres souligné le contraste de la marginalité neptunienne avec le classicisme jovi-saturnien. Pourquoi « ma » Vénus a-t-elle apporté un déclic lunaire positif ? Sans doute en raison d'une similitude des natures affec­tives et féminines de ces deux astres, fortement perçue mais insuffisamment différenciée. De même que la primarité commune (outre le voisinage dans l'ordre chronocratorique) est justificatrice de la réaction lunaire posi­tive à « mon » Mercure ... [5].

 

Nous en arrivons à Mercure qui est la véritable « note folle » de cette gamme planétaire et, avec lui, aux « trous » de ce test. Si aucun portrait mercurien des dix échantillons testés n'a décroché une angularité mercurienne signifi­cative, par contre, chacun d'eux a déclenché une réaction extra mercurienne diversifiée : 4 Pluton +, 3 Mars -, 1 Jupiter + et 1 Jupiter -, 1 Lune + et 1 Lune-, 1 Soleil +, 1 Saturne +, 1 Neptune -... Avec ce tout, n'est-ce pas là en revenir, à l'insu de l'inten­tion des fils d'Uranie, à la fameuse neutralité et conver­tibilité de cet astre qui prend la tonalité de son milieu, ceci au détriment de la stabilité et de l'originalité d'un type planétaire spécifique ? Sans doute ce Mercure a-t-il besoin d'un traitement statistique particulier, plus respectueux de la considération du contexte de sa configuration pla­nétaire, seule façon d'en dégager les propriétés intrin­sèques.

 

Quant au Soleil, ce n'est pas pourquoi n'a-t-il pas donné de résultats qu'il faut se demander, mais pourquoi en au­rait-il donné... Comment ne pas rappeler, en la circons­tance, ce texte de l'introduction de mon « Soleil & Lune en Astrologie » (1954), p. 10 :

 

Le Soleil et la Lune sont valorisés dans un thème et peuvent accéder au rang de « dominante » lorsqu'ils pas­sent à l'horizon ou au méridien. Il ne suffit cependant pas d'avoir le Soleil angulaire pour être un « type solaire » ; c'est une constatation. Le plus souvent, c'est le signe où se trouve le Soleil qui est plus valorisé que l'astre lui-même (ainsi, un Soleil Taureau à l'Ascendant fait plus souvent un type « taurien » qu'un type solaire), alors qu'il est de règle qu'une Lune angulaire fasse un type lunaire (dans le style du signe occupé par l'astre), comme cela arrive pour les planètes. Tout se passe comme si l'humanité solaire était difficile à atteindre et que les valeurs solaires se « décolorent » dans le signe. Il faut donc, sans doute, que l'ensemble du thème « soutienne » le Soleil pour avoir affaire à un « solarien »…

 

Le test sur le Soleil est donc quelque chose de particulier, et pour le bien mener, il faut le convertir en test zodia­cal. Est-ce que les Soleil Bélier angulaires « fournissent » un caractère Bélier, les Soleil Capricorne angulaires un caractère Capricorne ? Si les Gauquelin pouvaient nous dire ce que répond à ce sujet la statistique, ils fourniraient enfin une information zodiacale conforme à l'esprit de l'astrologie.

 

[1]  L’opération se passe aux U.S.A. et cela explique que ce sont essentiellement des astrologues anglo-saxons parmi les plus représentatifs qui sont testés,  mon cas faisant exception.

[2] Sous cet angle nouveau, les résultats généraux pour cette planète deviennent donc positifs.

[3] Etant entendu que l’astrologue a dépassé la vision naïve de l’astrologie divinatoire dans laquelle il y avait une maison du caractère (la I) de part et d’autre d’une maison des maladies et d’une autre de l’argent… on sait que la I ne représente qu’un angle de vue de la personnalité : l’être pour soi, senti de l’intérieur à travers un sentiment du Moi par une présence à soi-même.

[4]  Sans commentaires, la tradition dit que la Lune est « enne­mie » de Mars comme elle l'est aussi de Saturne.

[5]  Je note qu’à ma naissance (Yonne, 1er-10-1921, 17 h), Neptune est semi carré à Jupiter Saturne, la lune est dans un signe vénusien et Mercure en Scorpion trigone Pluton, mon Mercure ayant déclenché un effet Pluton.

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