Astrologie Mondiale (Pratique)

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LA   Ve  REPUBLIQUE

Il est plutôt fâcheux que les astrologues français ne sachent pas vraiment eux-mêmes à quel moment précis se situe la naissance de leur Ve République ! Dans « The Book World Horoscopes », Nicholas Campion ne donne pas moins de quatre versions différentes possibles. Cette interrogation de base a déjà fait l’objet de débats qu’il faut reprendre pour s’approcher d’une solution, en soumettant à la confrontation les propositions avancées.

Pour le principe, il faudrait prendre en considération première l’acte officiel fondateur de cette Ve République, selon ce qu’a déclaré à Solange de Mailly Nesle un avisé connaisseur du droit constitutionnel : la déposition de la signature du général de Gaulle, alors Président du Conseil de la IVe République, sur le texte de la Constitution votée précédemment le 28 septembre 1958, signature effectuée à Paris dans l’après-midi du 6 octobre suivant, l’heure précise de cet acte en étant inconnue, tournant autour de 16 h 30. Ce même jour, c’est dans la 18ème heure que le garde des Sceaux, Michel Debré, apposa le sceau de l’Etat sur ce même texte constitutionnel. Aux « Cahiers astrologiques » n°  77 (novembre-décembre 1958), Edouard Symours, traitant la question, déclare d’entrée de jeu : « Nous savons que les sceaux ont été apposés le 6 octobre 1958, à 18 h 21 à Paris, sur la nouvelle constitution votée le 28 septembre. »  Cette  entrée en matière cavalière du fondateur du C.I.A., sans nulle citation de source, a été contrée par une nouvelle version de 18 h 43 m, déclarée donnée officielle, source échappant à mon contrôle. On a le choix entre un AS à 15° et un autre à 25° du Bélier. Ce qui peut être à retenir, c’est que cette position d’AS voisine avec celle de la Lune du soir du 28 septembre. Pour plus d’information, on peut consulter, au site de Charles Ridoux : « A propos du thème de la Ve République ».

L’objection de fond n’a pas manqué : l’événement ne s’assimile-t-il pas à une déclaration d’acte de nouveau né à l’état civil, ladite constitution ayant déjà été adoptée par le pays ? Ici se débat l’importance psychosociologique de l’acte solennel de cette cérémonie officielle. Autour du garde des sceaux qui scelle la constitution sont groupés, de Gaulle excepté, les personnages principaux de l’Etat : vice-président du Conseil d’Etat (R. Cassin), président du Comité  consultatif constitutionnel (P. Reynaud), directeur du Cabinet du général de Gaulle (G. Pompidou), ministre de l’information (J. Soustelle) et une dizaine d’autres personnages. Toute la famille est réunie autour de l’exemplaire original, comme à un acte de baptême auquel j’assimile l’événement, le « né » n’étant-il pas déjà une créature symbolique déjà engendrée le 28 septembre ? Il n’en est pas moins permis de prendre en considération les astralités de ce nouveau moment historique, susceptibles de livrer des informations.

Mais il faut, de toute façon, en venir à l’acte premier qui a valeur de commencement (conception si l’acte du 6 octobre est tenu pour une naissance) : le référendum du dimanche 28 septembre précédent qui est l’acte historique fondateur. Ce jour-là, véritablement capital, c’est à une écrasante majorité que le peuple français ratifie le projet de constitution de cette Ve République, qui tranche sur les institutions de la IVe à l’agonie. La participation au vote est, au surplus, la plus forte qui ait été enregistrée depuis les élections du Front Populaire en 1936, avec un taux d’abstention minimum de 15 % en métropole, le « oui » rassemblant 79,25 % de suffrages exprimés et l’emportant dans tous les départements ! Résultat exceptionnel cautionnant le principe fondamental de cette constitution : à savoir que le suffrage universel est la source du pouvoir. Le poids de l’événement est donc immense et nul doute que le fait s’impose. Ces dates de calendrier tombent – rythme solaire évident - dans le sillage des naissances de la 1e République le 21 septembre 1792, au lendemain de Valmy  - « De ce lieu et de ce jour, date une nouvelle époque dans l’histoire du monde et vous pourrez dire : j’y étais » (Goethe) -, de la IIIe République le 4 septembre 1870 et de la IVe République le 30 octobre 1946.

Quant à savoir quel moment particulier de la journée il convient d’adopter, l’incertitude est totale. Par convention, la préférence a naturellement été donnée à l’heure de la fermeture des bureaux de vote, les bulletins ayant été définitivement déposés dans les urnes (22 h selon Patrice Petitallot, avec un Ascendant à 24° des Gémeaux). Outre que l’horaire  est variable de la métropole (plus de 26 millions d’inscrits) aux territoires d’outre-mer (plus de 14 millions). Et ne faudrait-il pas recourir au moment où le « oui » dans les urnes a franchi la barre des 50 % de votants, la partie électorale étant alors jouée ? Mais le mystère entoure ce moment fatidique. Faute de mieux, ne doit-on pas, dans ce cas, se rabattre sur le moment existentiel vécu à chaud où le résultat des suffrages exprimés tombe à la connaissance du  public, le « oui » livré à la  population française sur les ondes de la  radio nationale  ? L’interrogation demeure …

De toute façon, même avec la précision manquante qui serait dévoilée, il n’est pas sûr que l’on sache bien traiter le ou les deux thèmes concernant une telle institution de longue durée, déjà cinquantenaire, livrée à une infinité de situations diverses, seule étant parlante sa conjonction Jupiter-Neptune en un défilé cyclique tout au long de son histoire (il ne semble pas que l’on puisse aller bien loin à relever le semi-carré Jupiter-Saturne concernant la relation avec l’Europe et le semi-carré Saturne-Neptune vis-à-vis du communisme) . Nous manquons d’autre fil conducteur pouvant nous introduire sur quelque piste historique précise, ce qui n’est décelable seulement que dans le cas d’un régime de courte durée affecté à un but précis. .Exemplaire du genre étant, par exemple, la venue au pouvoir d’Hitler en Allemagne sous un Saturne culminant conjoint au Soleil, cette  culmination saturnienne tragique ayant été une signature généralisée aux chefs nazis (Hitler, Goering, Himmler) et aux constitutions universelles ( ingrès et lunaisons de 1939).

 

CONFIGURATIONS  MAJEURES

 

Avisons-nous de comparer les  ciels du 28 septembre et du 6 octobre en les soumettant à l’épreuve des configurations les plus fondamentales, outre qu’elles sont les mieux assurées de toute notre pratique : les rares transits des astres les plus lents en conjonction même de leurs primordiaux luminaires.  Exemplaire du genre, par exemple, est le rappel du cas jumelé de l’Union Soviétique au Soleil du 8 novembre 1917 (prise du pouvoir) à 15° du Scorpion, avec celui de la constitution de l’URSS (30 décembre 1922) à 8° du Capricorne, en 1989 (la chute du mur de Berlin et l’effondrement du communisme qui suivit), le premier y ayant reçu alors le transit de Pluton et le second, celui de la conjonction Saturne-Neptune elle-même renouvelée, répétant l’initiale de 1917.

Le Soleil du 28 septembre à 5° de la Balance a d’abord été transité par Uranus en 1969 et celui du 6 octobre l’a été à son tour en 1971. Nul doute : s’il y a eu une surprise, un choc, une coupure, c’est bien le départ du pouvoir de de Gaulle en 1969, surtout que le régime avait paru à l’époque ne pas pouvoir survivre à la disparition de son fondateur. A cette désolarisation présidentielle s’ enracine  la succession de Georges Pompidou, mais le « pompidolisme» gommant le gaullisme  n’émerge toutefois seulement qu’à partir de 1971.

Quant à Pluton, en 1974, il transite le premier Soleil : n’est-il pas illustratif, à son tour, d’une nouvelle désolarisation avec le décès à l’Elysée de ce second Président de la République ? Par contre, c’est en 1977 qu’il est  passé sur le second Soleil ;  mais ici, rien de  frappant historiquement ne paraît se présenter.

Autre donnée : le printemps 1981 marque un tournant historique de l’institution. Pour la première et unique fois jusqu’à ce jour, la gauche politique s’empare  pleinement du pouvoir avec l’élection à la présidence de François Mitterrand et la venue d’un gouvernement socialo-communiste. Or, en avril de cette année, une conjonction Jupiter-Saturne transitait le Soleil du 5° de la Balance : re-solarisation du pouvoir d’un autre genre. Ce n’est qu’à l’automne de cette année que ces deux transiteurs allaient passer sur le second Soleil, ce qui en atténue la valeur, le reléguant plutôt au second plan.

Arrivons-en à la Lune du 28 septembre qui passait en fin de journée à 15° du Bélier. Les trois super-lentes ne l’ayant pas encore transitée, cela nous rabat sur Saturne, mais avec une double observation de  transits de conjonction sur ce luminaire.

C’est en avril 1968 qu’il passe pour la première fois sur cette Lune, et pour une mise à mal populaire du régime, on est gâté avec mai 68 ! Puis le phénomène s’est répété  aux élections législatives anticipées et ratées du 25 mai 1997, où le Président Jacques Chirac a perdu sa majorité, la droite parlementaire atteignant le plus bas niveau depuis le début de la Ve République (ce qui installe la gauche plurielle au pouvoir).

 Quant à la Lune du 6 octobre, à 20° du Cancer en IV, elle a reçu un premier transit saturnien, proche en novembre 1974 (stationnement à 18°), puis en juin 1975. Il semble judicieux, par la spécificité de l’événement, de rapporter la première échéance au vote le 20 décembre 1974 de la loi sur l’interruption volontaire de grossesse, autorisant l’avortement dans les dix premières semaines. Un second transit eut lieu autour d’août 2004 et de mars-avril 2005. Le passage gouvernemental de Raffarin à Villepin en mai 2005 ne constitue pas un indice évident.

Sortons des luminaires pour le même examen de transit de conjonction des lentes, cette fois, sur la conjonction Jupiter-Neptune fondatrice de cette république.

Après avoir transité d’abord Pluton , en un passage de III à IV (version 28 septembre), en 1962 où nous arrive un million de rapatriés d’Algérie, celui d’Uranus s’effectue en 1975 et mi-1976. A ce phénomène peut se rattacher la « chiraquisation » du mouvement gaulliste fondateur mué en R.P.R. De Gaulle entendait que la Ve République fonctionnât au-dessus des partis, affranchie de leur tutelle. En décembre 1974, Jacques Chirac prend le contrôle de l’U.D.R. de V. Giscard d’Estaing en devenant son secrétaire général. Pour la première fois, le Premier ministre est un chef de parti, se heurtant bien vite à la méfiance puis à l’hostilité de ses alliés, situation inconfortable qui le conduira à démissionner avec fracas le 25 août 1976. Après l’o.p.a. à la hussarde de ce « poulain » sagittarien de Pompidou, on n’aura pas fini d’entendre parler à son sujet – manière uranienne de Ve République – de « l’Etat-RPR ».

 Saturne a transité la même position en 1983. Ce qui tombe sur la pire année du premier septennat de François Mitterrand : hausse de l’endettement de 52 % avec trois dévaluations du Franc en dix-huit mois ; crise monétaire avec un second plan de rigueur du 3 janvier ; grèves et manifestations avec élections municipales (mars) et sénatoriales (septembre) perdues pour la gauche.

Avec le transit de Pluton sur la même conjonction en 1984-1985,  typique se présente la vague du terrorisme, bien oubliée, qui s’abat sur la France de 1982 à 1986, où l’on compte une vingtaine d’interventions. Cela commence sous la conjonction Saturne-Pluton de 1982 avec une bombe dans le train Paris-Toulouse le 29 mars, une voiture piégée rue Marbeuf à Paris le 22 avril, un attentat rue des rosiers le 9 août avec de nombreuses victimes, un colis piégé avenue de La Bourdonnais le 21 août. Puis un attentat à Orly-sud le 15 juillet 1983. Ce terrorisme reprend de plus bel avec deux attentats au Printemps et aux Galeries Lafayette le 7 décembre 1985, suivis en 1986 de trois bombes (Claridge, Gilbert-jeune, Fnac-sport) les 3 et 5 février , avec une bombe au TGV Paris-Lyon le 17 mars ; puis le 20, à la galerie Point-Show des Champs-Elysées. Ensuite, six attentats parisiens du 4 au 17 juillet …Et puis, les choses se sont calmées, mais notre pays a vécu dans une certaine terreur !

Ce n’est pas tout. Alors que le transit uranien avait radicalisé à droite la formule de la Ve République, ce transit plutonien fait se lever son ennemi fondamental avec l’arrivée du Front national sur la scène de la vie politique. Ce courant était encore inexistant à l’élection présidentielle d’avril-mai 1981 où Jean-Marie Le Pen (qui a sa conjonction Mars-Jupiter à l’opposition de la conjonction Jupiter-Neptune) ne parvient pas à recueillir les 500 signatures d’élus nécessaires pour poser sa candidature. C’est en septembre 1983 qu’il fait sa première percée, exploitant le thème de l’immigration et de l’insécurité, en gagnant l’élection municipale partielle de Dreux. Arrivent en juin 1984 les élections au parlement européen : c’est là qu’avec 11 % de voix (score du P.C.) que le F.N. devient une puissance nationale, obtenant ensuite 35 députés aux législatives de mars 1986. Puissance devenant vite diabolique par contagion compromettante de la droite française.

Outre le terrorisme et le lepénisme, on peut aussi incorporer à ce même double transit si critique une détérioration générale de la situation du pays : hausse du chômage de 16 % en 1983, dépassant la barre de deux millions et demi de chômeurs. En 1984 surgit la crise qui conduira la Nouvelle Calédonie à se détacher de la métropole, ainsi que celle du projet Savary sur l’enseignement supérieur (défilé d’un million de personnes à Paris le 24 juin) qui conduira le 17 juillet à la démission du gouvernement Pierre Mauroy.

Observons, pour finir, les transits des trois super-lentes sur Saturne du Sagittaire au semi-carré de la conjonction Jupiter-Neptune, exprimant surtout des résistances religieuses ou raciales de notre population exogène, forces rebelles à l’assimilation des valeurs de la république ; ce qui est encore plus sensible dans une version horaire possible  (celle de Symours) plaçant ce Saturne en IX.

Le premier, de Neptune , se présente en 1980-1981. On peut lui rattacher la première révolte urbaine de l’été 1981 avec l’affrontement des Minguettes entre les jeunes Beurs et les policiers. Et c’est au cours de ces années (12 attentats en 1980 pour commencer !) – outre l’attentat à la synagogue de la rue Copernic le 3  octobre 1980 - que la Corse commence à s’enflammer ; ce qui fait que l’opposition de droite se découvre un nouveau cheval de bataille en faisant campagne sur le thème de l’insécurité, voire de l’immigration.

C’est en 1986 qu’à son tour Uranus a transité Saturne. Il y aura, là aussi, une crise publique avec, cette fois, la spectaculaire contestation étudiante entraînant la démission du ministre de l’Education  nationale, Devaquet (également peut s’associer une valeur de IXe), engendrant le recul du pouvoir.

Enfin, Pluton a transité Saturne en 2004. Depuis le 11 septembre 2001, parallèlement à une islamisation dévoyée des nationalismes arabes, s’est progressivement aggravé l’échec de l’intégration de la population musulmane au sein du pays, notamment ici à propos du foulard islamique, avec ses émeutes de banlieue. En particulier le « mai 68 urbain » du 27 octobre au 10 novembre 2005, à Clichy-sous-bois, puis un peu partout, jusqu’au recours à l’état d’urgence et à l’instauration du couvre-feu, cette guérilla d’une vingtaine de jours,  qui a ébranlé le pays, laissant sept mille voitures incendiées, outre des bus et bâtiments publics détruits, avec de nombreuses arrestations.

Risquons-nous, cette fois, à l’appoint du pronostic, quoi qu’il en pût coûter avec la pierre tombale du fiasco prévisionnel, la mise en demeure de faire valoir sa transcendance étant le fin mot de la vérité. La prochaine grande configuration à venir sera le transit d’Uranus sur la Lune du Bélier qui s’annonce pour 2014-2015, Uranus étant en orbe de carré avec Pluton, outre que se produira l’opposition Jupiter-Neptune de l’été 2015 au printemps 2016. Il serait étonnant que la France ne soit pas alors au cœur d’une grande tourmente populaire (à moins que la configuration ne s’exprime en une autre sorte d’épreuve publique).

 

Le cycle Jupiter-Neptune.

 

La sensibilité du peuple français au cycle de ces deux planètes remonte au temps même de la fracture historique de la Révolution française, où, à la suite de 1789 et sous une conjonction jovi-neptunienne, avec la victoire populaire de Valmy dans un « Vive la Nation », le 20 septembre 1792 naquit la Ie République française, laquelle dégénéra malheureusement en tyrannie, signature d’ une opposition saturnienne dévoreuse de ses propres enfants (duel des Girondins et des Montagnards).  Si c’est sous une conjonction dure Saturne-Neptune que naquît et vécut la prolétarienne IIe République de février 1848, et si ce n’est seulement qu’un sextil évolutif qui accompagna la venue de la IIIe République le 4 septembre 1870, la France ayant déjà basculé du côté républicain à la conjonction de 1869 où des élections consacrèrent l’Empire libéral, du moins,  la IVe République du 30 octobre 1946 - toujours dans les mêmes semaines - épousa-t-elle  pleinement le cycle entier de 1945-1958, pour laisser la place à notre Ve République, laquelle entre dans son cinquième cycle. Adossons-nous  maintenant à ce pilier de voute de cette institution cyclique pour en suivre les épisodes successifs.

Le premier auteur qui en ait fait état d’une façon significative est Jean Barets en présentant ce tableau dans le n° 5 (1er trimestre 1969) de  « l’astrologue ». On y voit une formulation graphique d’aspects échelonnés sur la ligne du cycle : naissance de la République à la conjonction, émeutes d’Alger au semi-carré, oui au référendum sur l’Algérie au sextil, putsch militaire d’Alger au carré … jusqu’au carré involutif de mai 68.

Si le ciel natal de cette Ve République demeure, par son heure imprécise, une donnée en suspens, comme le chapiteau manquant d’un édifice,  du moins nous offre-t-elle très généreusement la piste somptueuse de ce grand cycle. Après avoir fait état d’une bonne partie de ses configurations en chronique de textes et de notes dans la même revue, avec accompagnement de pronostics divers, en voici un déroulement général, de phase en phase (négligence est faite des étapes mineures du semi-sextil, du quinconce, du quintile) et d’un cycle à l’autre sur toute la continuité de leur parcours, déjà semi-séculaire. Gaston Bachelard préconisait de géométriser sa pensée : nous n’avons pas devant nous meilleure pente naturelle nous inclinant au fil d’un devenir aussi rigoureusement rythmé, en perpétuel recommencement, et quel historien peut présenter une meilleure lecture structurale de l’histoire ?

 

Cycle 1958-1971.

Conjonction : 1958. La naissance de la Ve République est portée par le souffle charismatique de la stature présidentielle du général de Gaulle. A la faible souveraineté parlementaire de la défunte IVe fait place un pouvoir d’Etat entre les mains du nouveau président, assisté de son Premier ministre par la montée en puissance de la haute administration (l’ENA va monopoliser les postes les plus importants) et en dialogue direct avec le peuple par l’audiovisuel, les conférences de presse, les voyages, les mains serrées aux foules. Et porteur de grands desseins : indépendance-souveraineté nationale, restitution du rang de la France sur la scène internationale, décolonisation… Le 9 janvier 1959 à 17 h 30, Michel Debré est reçu à l’Elysée et devient Premier Ministre, poste qu’il gardera trois ans à Matignon.

Semi-carré : janvier 1960. Accroc à l’autorité restaurée : le 24 janvier 1960 ont lieu des émeutes à Alger. C’est la « semaine des barricades » : le commandant du corps d’armée, le général Massu, est relevé de sa fonction. Il s’agit d’un premier avertissement de ce qui se passe en Algérie où pourrit une guerre colonialiste.

Sextil : décembre 1960. Le régime prend pied. La France tourne la page de l’ère coloniale africaine. Au long de l’année 60, la communauté de ces pays, devenant indépendants, est libérée sur un fond d’accords de coopération. En outre, le 8 janvier 1961, la politique algérienne du général est massivement approuvée par référendum (75 %). La normalisation du régime est acquise.

Carré : mai 1961 § janvier 1962. Menace contre l’Etat. Le 22 avril 1961 (carré à 5° d’orbe ramené à 1° fin mai) a lieu le putsch des généraux d’Alger, tentative de renversement du régime qui échoue. Suivi du contre-courant à la politique gouvernementale de l’O.A.S. (Organisation armée secrète) avec ses attentats (dont, plus tard, celui du Petit-Clamart du 22 août 1962 contre la personne du Président).

Trigone : juin 1962 à février 1963. La consolidation du régime. Les accords d’Evian de février 1962 ayant mis fin à la guerre d’Algérie, le chef de l’Etat renouvelle Matignon en faisant appel le 14 avril suivant à Georges Pompidou qui va rester pendant 7 ans son Premier Ministre. Il stabilise les institutions en organisant le 28 octobre un référendum au « oui » massif (62 %) sur l’élection du Président de la République au suffrage universel. Consécration suivie d’une victoire de l’UNR le 25 novembre aux législatives, lui donnant une majorité absolue à l’Assemblée. Le chef de l’Etat se consacre alors à ses grands desseins : indépendance et grandeur nationale. Et surtout, après un voyage en R.F.A. en septembre 1962,, réalisant un dialogue avec Konrad Adenauer, il aboutit à une historique réconciliation franco-allemande que consacrera le traité ratifié à Paris le 22 janvier 1963 (trigone à 2° d’orbe, lié par sextil et semi-sextil à un quinconce Saturne-Pluton, cycle de notre pays voisin d’alors, la R.F.A..

Sesqui-carré : avril 1963. Depuis le 1er mars, une importante grève de tout le bassin  mineur sévit jusqu’à la fin avril, les mines de charbon devant – dure épreuve - être dorénavant abandonnées.

Opposition : juin 1964 à mars 1965. Le déclin du gaullisme avec l’émergence d’une opposition. Le général est opéré de la prostate le 17 avril 1964 et va subir une tentative d’attentat au Mont Faron le 15 août suivant. En mars 1964, les élections cantonales glissent à gauche avec un succès des listes du Front populaire et un MRP centriste de Jean Lecanuet qui passe à l’opposition, l’UNR, battue à Lyon et à Marseille, n’obtenant pas la majorité absolue à Paris. Et pour la réélection présidentielle du 5 décembre 1965, de Gaulle, accusé de « pouvoir personnel », est mis en ballottage par François Mitterrand. Une opposition politique au régime avec un leader prend tournure, annonce d’un « après-gaullisme ». Au surplus, le 30 juin 1965, la France suspend sa participation aux organisations communautaires, pratiquant 7 mois durant la politique de la chaise vide à Bruxelles, et ce sera son retrait de l’O.T.A.N. le 7 mars 1966. A ces conflits s’ajoute la fameuse « affaire Ben Barka », enlèvement parisien du chef de l’opposition marocaine. Depuis quelques années, l’économie est en essor, le progrès de l’époque étant pour le couple d’avoir frigidaire, aspirateur,  machine à laver, téléphone et automobile, dans une progression des cols blancs sur les cols bleus. A cette page de l’opposition, l’économie marque un temps d’essoufflement.

Sesqui-carré : mai-juin 1966. Aspect qui n’est pas loin du retrait de la France de l’OTAN du 16 mars et qui tombe sur une grève générale le 17 mai, assortie d’une  formulation de « contre-gouvernement Mitterrand ».

Trigone : juillet 1966 à avril 1967. Avec sa première bombe nucléaire le 2 juillet 1966, c’est une France prospère en plein essor. En témoigne, en particulier, l’expansion scolaire passée de 75 000 bacheliers annuels en 1963 à 130 000 en 1967. « Détente, entente, coopération », telle est la devise de la diplomatie gaullienne qui prend tout son envol. Si au trigone précédent a été scellée l’historique réconciliation franco-allemande, alors présentement réactivée, à celui-ci s’opère la percée à l’Est : voyage du  chef de l’Etat français en URSS en juin 1966, suivi de la visite de Kossyguine en France en décembre suivant : pour une « Europe de l’Atlantique à l’Oural ». Et la même démarche se mondialise : reconnaissance de l’ isolée Chine de Mao et rapprochements avec l’Amérique latine, le Vietnam et le Moyen-Orient. La pleine forme du régime est confirmée aux élections législatives de mars 1967 maintenant une majorité absolue à l’Assemblée avec 247 sièges.

Carré : juin 1967 et stationnement à 1° d’orbe en mars-avril-mai 1968. La grande crise. Une agitation estudiantine à Nanterre dégénère en manifestation d’un million de personnes le 13 mai 68, avec affrontements et grève générale installée (6 millions de grévistes le 20 mai) ! Le pays est immobilisé et le régime est ébranlé. Le 10 juillet, Pompidou démissionne et est remplacé par Maurice Couve de Murville.

Sextile : octobre 1968 – juin 1969. Le relais. Après la secousse historique de mai 68, ayant lancé un défi  aux  notables politiques avec son projet de la participation, lâché par la droite (le « oui mais » de V. Giscard d’Estaing) et battu à son référendum du 27 avril 69, le « non » l’emportant à 52 %, de Gaulle quitte le pouvoir le lendemain 28 avril. Pour comprendre ce sextil, il faut rappeler que le régime passait pour ne pas survivre à son départ, alors que s’opère ici une succession. Après un intérim du président du Sénat, Alain Poher, et beaucoup d’agitation politique, Georges Pompidou est élu Président de la République le 15 juin, et son élection n’est pas encore de celles qui marquent le début d’une nouvelle ère : elle trace une continuité institutionnelle qui impose le maintien de la pratique gaullienne de 12 années de cycle jupitérien (de 6° Balance à 22° Balance, avec son arrivée au pouvoir jusqu’à son départ), ses héritiers proches et lointains gouvernant maintenant en infléchissant toutefois sa politique à droite.

Semi-carré : septembre 1969. Chargé d’assumer la continuité, le Premier ministre de la nouvelle  présidence, le « baron du gaullisme » Jacques Chaban-Delmas,  lance le 16 septembre son programme de « la nouvelle société », lequel va oeuvrer en dissonance avec le climat conservateur du Président.

 

Cycle 1971-1984.

Conjonction : février-septembre 1971. Fin de l’ère gaulliste. Nouvelle personnalisation du pouvoir : le pompidolisme, avec la création de l’Union de la gauche. La statue du Commandeur de Gaulle se brise quand l’homme meurt à Colombey le 9 novembre 1970. La reprise en main du pouvoir présidentiel s’annonce au remaniement gouvernemental du 7 janvier 1971. Désormais, réduisant le secteur d’intervention de son Premier ministre comme une peau de chagrin, c’est un Président-Premier ministre qui gouverne. Et plus encore, à partir du 5 juillet 1972, avec son nouveau Premier ministre, Pierre Messmer, haut-fonctionnaire à son service. Mais aussi, d’un autre côté se constitue l’amorce d’une relève du pouvoir. En juin 1971 a lieu le congrès d’Epinay qui donne naissance au Parti socialiste où François Mitterrand est élu premier secrétaire et qui opte pour un programme commun de gouvernement de la gauche, élaborant une conquête du pouvoir.

Semi-carré : Janvier 1973. Aux élections législatives du 4 mars 1973, l’Union de la gauche l’emporte avec 46 % de suffrages contre 42 % à la majorité.

Sextil : avril à novembre 1973. « L’ordre pompidolien » règne avec le second gouvernement Messmer du 5 avril 1973, sa prospérité symbolisée par l’essor de l’automobile et de la communication (la conjonction Lune-Jupiter en III du Président).

Carré : avril à décembre 1974. Crise de personnel. Georges Pompidou meurt à l’Elysée le 2 avril 1974. Intérim du président du Sénat, Alain Poher. Aux élections présidentielles du 5 mai, F. Mitterrand devance V. Giscard d’Estaing (43 % contre 32 %), celui-ci l’emportant néanmoins au second tour de l’élection du 19 mai, à 50,66 contre 49,33, le « jeune loup » pompidolien, Jacques Chirac, devenant Premier ministre le 27 mai.

Trigone : mai 1975 et décembre (3° d’orbe). N’est retenu ici que le plein exercice du gouvernement Chirac, lequel s’est emparé en décembre précédent de l’UDR.

Sesqui-carré : juillet 1975 – mars 1976. Premier-ministre et chef de parti, exposé à la méfiance puis à l’hostilité croissante de ses alliés, J. Chirac claque la porte de Matignon le 25 août 1976. « Chevalier de l’austérité », Raymond Barre  le remplace  dans un climat de «ratatouille politicienne», tandis que les partis de gauche font bloc pour les prochaines municipales.

Opposition : Juin 1977 à mars 1978 (8° d’orbe). Rupture de la majorité : l’alternance s’annonce. Le 5 décembre 1976, sous la baguette de J. Chirac, le parti gaulliste UDR se transforme en  RPR (Rassemblement pour la République). Dans la division de la droite, la gauche l’emporte les 13 et 20 mars 1977 aux élections municipales et devient majoritaire dans le pays (32 villes de plus de 30 000 habitants), alors que J. Chirac devient maire de Paris.

Sesqui-carré : septembre 1978 – juin 1979. Tandis que s’affrontent François Mitterrand et Michel Rocard au parti socialiste, Jacques Chirac lance son « appel de Cochin » le 6 décembre 1978 qui condamne la politique du Président et annonce la présentation d’une liste personnelle pour les élections européennes du 10 juin 1979.

Trigone : août 1979. Les premières élections à l’Assemblée européenne au suffrage universel des 7/10 juin 1979 confortent le pouvoir en marquant un recul de la gauche au profit du centre et de la droite pro-européenne, avec une progression de l’UDF aux dépens du RPR.

Carré : septembre 1980 § mai-juin 1981 (6° d’orbe). L’alternance : après 23 années dans l’opposition, la gauche arrive au pouvoir le 10 mai 1981 avec l’élection de François Mitterrand : 15 541 905 voix contre 14 219 051 à son rival Valéry Giscard d’Estaing. Le 21 mai, Pierre Mauroy est nommé Premier Ministre en pleine situation critique (chute du franc à son cours-plancher …), mais les élections du 21 juin installent une majorité de 269 députés socialistes avec 44 communistes et 6 divers gauches !

Sextil : octobre 1981 § juin 1982 (5°). L’état de grâce P.S. En un style nouveau, lancée des réformes socialistes : programme de progrès social,  nationalisation, décentralisation, libération des ondes, abolition de la peine de mort …

Semi-carré : février à septembre 1982. La panne. Le rêve socialiste se brise sur les réalités d’une pleine crise mondiale du capitalisme qui contraignent en mars 1983 à une politique de rigueur, devant l’ampleur des déficits publics, sous la menace d’un contrôle de la France par le FMI. Depuis le printemps 1982, les mécontents l’emportent sur les satisfaits et cela aboutira à un effondrement aux municipales du 11 septembre 1983.,

 

Cycle 1984-1997.

Conjonction : janvier 1984 et septembre 1984 (5°). Une année sépare la conjonction Jupiter-Uranus (1983) de celle-ci, les deux lentes s’approchant d’un demi-signe, proximité contribuant à une coexistence emmêlée des deux pôles de la société. A ce croisement nouveau où échoue  l’expérience socialiste, le Président Mitterrand touche le fond de l’abîme en novembre 1984 (26 % de satisfaits). Aux élections européennes de juin 1984, la gauche fait le plus mauvais score depuis 1969 avec 39 % de voix, et le 24 juin (opposition solaire à la conjonction), un million de mécontents sont dans la rue, mettant fin à l’ère de Mauroy qui démissionne le 17 juillet. Arrive à Matignon le 19 juillet, avec le départ des communistes, Laurent Fabius qui rééquilibre la situation. Au positif du tournant, la diplomatie éclairée du président : « Les pacifistes sont à l’ouest et les missiles à l’est » (Bruxelles, octobre 1983).

Semi-carré : janvier 1986. Basculement à droite. A la suite des législatives perdues par la gauche, avec une majorité de droite de 573 sièges, le 20 mars s’installe la première cohabitation du régime avec Jacques Chirac Premier ministre.

Sextil : mars 1986. L’accord électoral RPR-UDF qui a permis ce redressement octroie au nouveau gouvernement le pouvoir de détricoter : passage des nationalisations aux privatisations en une bonne gestion, etc, malgré l’ affrontement politique des deux pouvoirs obligés de coopérer diplomatiquement en nécessaire entente.

Carré : avril 1987. La dyarchie fait office de division affaiblissante du pouvoir, et en juin éclate une tension Chirac-Léotard au bord d’une crise gouvernementale. Ce carré accompagne toutefois surtout l’arrivée du Front national sur la scène politique avec le lancement de Le Pen dans une campagne présidentielle, ce qui provoque un malaise profond dans la majorité, une fois de plus divisée, son affaiblissement allant peser lourd à la prochaine élection présidentielle.

Trigone : avril 1988. Nouvelle onction populaire. Au renouvellement de l’élection présidentielle du 8 mai 1988, François Mitterrand est réélu, son rival Jacques Chirac battu lui remettant le 10 sa démission de Premier Ministre. Il sera remplacé le même jour par Michel Rocard. Au surplus, la nouvelle assemblée, élue en juin, donne une majorité  à la gauche avec l’appoint des centristes. Accord immédiat conclu sur la Nouvelle Calédonie, mettant fin à une longue crise.

Sesqui-carré : juin 1988 et janvier 1989. Atténuation de victoire. Second gouvernement Rocard le 28 juin 1988, élargi vers le centre et la « société civile » (26 PS sur 49 membres), formule interrogative mi-socialiste - mi-centriste.

Opposition :  juin 1990. La division socialiste, le glas du parti. Dans un désaccord Mitterrand malade – Rocard au pouvoir, au congrès du PS de Rennes des 14/18 mars 1990, les délégués des fédérations socialistes se déchirent dans un concert pitoyable, outre un climat de scandales (affaires Péchiney, Pelat). Le parti en sort mutilé, et si, parallèlement, le communisme s’effondre depuis la chute du mur de Berlin, la tendance socialiste dégénère de plus en plus en dubitative social-démocratie.

Sesqui-carré : septembre 1991 – avril 1992. Michel Rocard est congédié le 15 mai 1991 par le Président  qui confie Matignon à Edith Cresson ; laquelle, dans son échec gouvernemental « … la Bourse je n’en ai rien à cirer … »), lui remettra sa démission le 2 avril 1992.

Trigone : août 92.  Expérience du gouvernement de Pierre Bérégovoy, le «père la rigueur »,  nommé Premier Ministre le 2 avril 1992, lequel fait, le 20 septembre, ratifier par référendum le « oui » de la France à Maastricht.

Carré : septembre 1993. Nouvelle cohabitation. Aux élections législatives du 28 mars 1993 (carré à 9° d’orbe), la droite remporte la plus large victoire depuis 1958, cette très forte majorité imposant une nouvelle cohabitation avec, le lendemain, la venue à Matignon d’Edouard Balladur. Nouvelle alternance où celui-ci prend en charge une France d’alors qui bat un record de 3 millions de chômeurs, avec une gauche minée par la division et gâchée par les affaires, ainsi qu’une droite contaminée par le lepénisme..

Sextil : octobre 1994. Le 4 novembre 1994, Jacques Chirac annonce sa candidature à l’élection présidentielle, bien parti pour vaincre son adversaire socialiste Lionel Jospin.

Semi-carré : janvier – septembre 1995. Bien qu’élu avec 52 % de suffrages le 7 mai 1995, le nouveau président, sur cette fin de cycle, se présente devant une France à recomposer, comme un élu fragile à la réussite aléatoire, à qui incombe de gouverner avec une vraie majorité. L’installation à l’Elysée est suivie de la nomination, le 17 mai, de Alain Juppé au poste de Premier Ministre, puis, signature martienne, d’un nouvel essai d’explosion nucléaire le 5 septembre.

 

Cycle 1997-2009.

Conjonction : janvier 1997. Nouvelle alternance : le gouvernement de la gauche plurielle. Le précaire président prend la décision d’effectuer des élections anticipées, afin de s’octroyer la majorité parlementaire nécessaire à bien gouverner. Réaction : le désaveu aux urnes du 25 mai, le plus bas niveau depuis le début de la Ve République. Sanction accompagnée de la démission du Premier ministre Alain Juppé et suivie le 1er juin par la venue nouvelle de la gauche au pouvoir (PS : 246 sièges, plus 29 sièges de divers gauches et 8 Verts), dirigée par Lionel Jospin. Appelé à diriger le troisième gouvernement de cohabitation, mais cette fois, c’est le Président qui est de droite et le Premier ministre qui est de gauche. Parti depuis la conjonction et porté par l’élan de toute la phase montante du cycle, cela fera le plus long gouvernement de gauche de toute l’histoire française (5 années), record de la cohabitation.

Semi-carré : avril 1998 (2° en novembre). Rien de bien observable à mentionner.

Sextil : juillet 1998 (2°) et février 1999. Le 12 juillet 1998, la France est pour la première fois championne en finale de la Coupe du Monde de football, victoire rassemblant le soir un million de personnes aux Champs Elysées pour fêter l’équipe « black-blanc-beur » gagnante. Et le 7 avril 1999, promulgation du PACS en grand succès.

Carré : juillet 1999 – mars 1990. Alors que le Soleil sort de l’opposition à Jupiter et du carré à Neptune , début novembre 1999, Dominique Strauss-Kahn quitte le gouvernement. Mais surtout, accroc politique national   de première grandeur, le 19 janvier 2000 est annoncé l’ajournement (renoncement similaire à une impuissance politique) du congrès de Versailles pour la réforme constitutionnelle de la magistrature, qui devait se tenir le 24 : un échec commun pour le Président et pour le Premier ministre. Et l’application de la loi des 35 heures a du mal à passer, en particulier dans certaines sphères de l’administration.

Trigone : juillet 2000 – avril 2001. Selon l’Ined, la natalité a connu en France en l’an 2000 « la plus forte hausse enregistrée depuis vingt ans » (779 000 naissances, 35 000 de plus qu’en 1999), plaçant celle-ci en tête des pays de l’Union européenne ; « mini-baby-boom » qui s’est poursuivi au même niveau durant les six premiers mois de 2001. Euphorie imputée à l’embellie économique, au championnat mondial du foot 1998 suivi de l’Euro 2000 faisant souffler un renouveau de fierté nationale, favorisant l’intégration des émigrés, la croissance de la production, la diminution du chômage, avec un budget en expansion, des prix stables, un commerce extérieur excédentaire et une consommation record. La France est annoncée pour cette année 2000 comme la locomotive économique de l’Europe.

Sesqui-carré : juin 2001. Cette prospérité s’effrite au cours de l’année 2002, la loi des 35 heures elle-même étant de plus en plus contestée ; remontée du chômage, recrudescence de la délinquance, tension Elysée-Matignon et détérioration des liens de la majorité plurielle, ce déclin allant conduire à l’échec final.

Opposition : septembre 2002 – juin 2003. Rien de plus naturel : le gouvernement était né à la conjonction : il est renversé à quelques mois de l’opposition, dans un nouveau basculement de gauche à droite. Aux élections présidentielles de mai 2002, Jospin est doublé par Le Pen, second face à un Chirac redevenu Président en passant, du premier tour au second, de 19 à 82 % de suffrages. Outre la campagne de dénigrement subie par le pays pour s’être dignement tenu à l’écart de l’intervention anglo-américaine en Irak, la France  ayant même été, en climat de conflit, le premier porte-parole du camp hostile à cette intervention injustifiée.

L’enchevêtrement d’un sesqui-carré entre septembre 2004 et juin 2005 (6°) avec un trigone en décembre 2004 et août 2005 situe mal cette période d’une France qui rejette le projet de Traité constitutionnel européen au référendum du 29 mai 2005 et effectue de courageuses réformes d’un pays qui s’endette. Puis arrive l’ébranlement des vingt jours d’émeutes de novembre 2005, à Clichy-sous-bois et un peu partout,  guérilla urbaine aux sept mille voitures incendiées, avec bus et bâtiments publics détruits, inaugurant le carré de janvier à septembre 2006, le pouvoir s’enlisant dans un climat d’impuissance gouvernementale.

Sextil : avril (1°) – octobre 2007. Aux élections présidentielles de mai 2007, le pays prend un nouveau départ avec l’entrée à l’Elysée du nouveau président, Nicolas Sarkozy.

Semi-carré : janvier 2008. Crise de représentation présidentielle du nouvel élu qui n’en a pas encore revêtu la tenue, ses mots et improvisations suscitant un trouble populaire profond avec un sévère effondrement de sa cote dans les sondages.

Conjonction : mai-décembre 2009. Cette configuration s’étendant jusqu’à la mi-2010, il est prématuré d’en formuler un bilan.

 

Les  Hommes  d’Etat

 

Si les forces motrices de l’histoire ont un caractère supra-personnel, ces puissances n’en agissent pas moins par le truchement individuel des acteurs de la scène politique. Il y a toutefois, à leur propos, un risque énorme à présager en traduisant le vécu subjectif de l’homme au pouvoir qu’exprime sa configuration, en représentation objective de son destin politique.. Du moins peut-on, prudemment, espérer en recueillir la signalétique d’un climat.

Passons donc maintenant en revue les personnages qui ont gouverné cette Ve République en nous limitant à la présentation des six Présidents successifs qui se sont succédés à l’Elysée jusqu’à ce jour, ainsi qu’à l’évocation de leurs quinze Premiers ministres.

Rappelons  brièvement la parenthèse d’Alain POHER, né à Hablon-sur-Seine, S.M., le 17 avril 1909 à 8 h. e.c.,  Président du Sénat depuis le 3 octobre 1967, qui a tenu l’intérim de la présidence entre le départ du général et l’élection de son remplaçant, cette vacance du pouvoir ne justifiant pas du titre présidentiel attribué uniquement à l’élu de la nation. Il n’en est pas moins intéressant de retenir que cet épisode singulier et fugitif est dans le ton de la Lune du Bélier du 28 septembre, sur laquelle s’applique  un concentré Saturne-Mercure-Vénus-Soleil (14° -  26° Bélier) du sénateur, point commun que Saturne transita justement lors de cette crise.

 

Charles DE GAULLE

 

Naissance à Lille le 22 novembre 1890 à 4 h (e.c.). Je n’ai pas lieu de revenir sur l’analyse de fond du thème du personnage, en ayant déjà fait l’exposé dans le texte : « Les hommes d’Etat de la Seconde Guerre mondiale ».

Que je rappelle seulement l’édifice configurationnel que représente le concert des passages communs de Mars-Jupiter du Verseau au FC, conjonction de surpuissance dopant un lever d’Uranus, sa conjonction à l’AS se doublant d’un carré au MC ; lequel,  à son tour, compose un triangle équilatéral avec le trigone des luminaires ! Comment ne pas voir là une possibilité de grandiose accomplissement de la trempe d’un grand homme ? Dans un style inédit supra-uranien et sur la toile de fond d’une tension extrême que dresse l’alignement oppositionnel de sa conjonction Soleil-Mercure à la conjonction Neptune-Pluton, impliquant à la fois le Scorpion et le secteur VIII, la grandeur allant de pair avec le drame, dans la tragédie de la guerre … En particulier sur le mode uranien de l’homme prophétique seul, lançant de Londres en 1940 à son pays brisé par la défaite et occupé par l’ennemi, son illustre « appel du 18 juin »  (l’heure natale étant arrondie, Pluton de la VIII devait alors transiter son MC à l’entrée du Lion) !

Son itinéraire national est scandé par le rythme duodécimal de Jupiter. A 26° de la Balance, mais au carré de Saturne entrant en culmination, il transite son AS lorsque, le 21 janvier 1946, Président du Gouvernement provisoire de la République, il donne sa démission et se retire de la vie politique. 12 ans plus tard, Jupiter est revenu à 22° de la Balance, cette fois au sextil de Saturne, lorsque, le 2 juin 1958, élu dernier Président du Conseil de la IVe République (avec l’appoint d’un transit d’Uranus sur son MC à l’entrée du Lion, outre que Neptune a transité son Uranus) allant fonder la Ve République. Enfin, ce premier Président bouclera quasiment le nouveau cycle jupitérien au cours de l’exercice de son pouvoir, puisque l’on trouvera Jupiter non loin à 27° de la Vierge  lorsque, le 28 avril 1969, il donnera sa démission, quittant définitivement la vie publique, hormis la publication de ses « Mémoires ». Ainsi peut-on résumer l’évolution  chronologique de son histoire politique.

Sa mort surviendra le 9 novembre 1970, en un hommage universel à sa mémoire, sous transit de Neptune (venu du secteur VIII et conjoint à Pluton) à son Soleil du Scorpion, opposé à ceux-ci.

 

Premiers Ministres

 

Michel  DEBRE :

Naissance à Paris le 15 janvier 1912 à 23 h, e.c. Capricornien par Mercure en III et par une conjonction Soleil-Uranus triangulée à Mars en Taureau, duquel Saturne envoie un sextil au MC, et en conflictualité d’opposition Uranus-Neptune de IV à X, on comprend cet homme sec, exigeant, rigoureux, intègre, au service d’un Etat monstre froid. Prisonnier de guerre évadé et lancé dans la Résistance avec un patriotisme absolu. Le Conseil d’Etat, administrateur établissant le statut de l’E.N.A. ; puis garde des sceaux, avant de devenir le premier Premier ministre de la nouvelle république le 8 janvier 1959, à 20 h 15 selon la presse (Uranus passe au trigone de sa Lune et Neptune au trigone de son MC), poste qu’il occupera jusqu’au 14 avril 1962  (Neptune venu  de X passe alors à l’opposition de son Saturne, recevant lui-même un carré de Saturne céleste). On conçoit qu’il ait pu être l’homme de nécessaires cures d’austérité, essuyant les plâtres d’une politique ingrate. On note un chassé-croisé de son Jupiter à 7° du Sagittaire  conjoint au Soleil du général et de son Soleil-Uranus à 24°-29°  du Capricorne, conjoint à son Jupiter. : interférences d’affinités à la manière d’arcs entrecroisés, moulage de l’homme devenu l’ombre du général..

 

Georges  POMPIDOU :

J’ai déjà traité les « Astralités de Georges Pompidou » dans le numéro 7 (3e trimestre 1969) de « l’astrologue », natif de Montboudif, Cantal, le 5 juillet 1911 à 7 h 30 (e.c.). Aux antipodes du sec, froid et étroit sinon roide Debré, l’homme est chaud et a le charme détendu d’un humide et large luni-jupitérien, avec la souple et savoureuse conjonction de ces astres au FC, sur fond cancérien. Outre une Vénus du Lion qui s’approche du lever, il se conçoit avant tout comme un heureux vivant, appréciateur des bonnes choses et tout à un facile épanouissement vital. N’est pas non plus négligeable le pouvoir de l’amitié d’un Soleil maître d’AS en XI, entouré de trois planètes, leur maîtresse-Lune étant en III, unie à Jupiter, le fil de son histoire étant que, devenu d’abord une plume d’agrégé de lettres au service du général chef de l’Etat, il allait gagner sa faveur jusqu’à devenir son Premier ministre le 14 avril 1962, vers 12 h 30 selon la presse (conjonction d’Uranus à sa Vénus maîtresse du MC avec trigone de Neptune au Soleil). Cela durera jusqu’à la crise de mai 68 et sa démission le 10 juillet à 16 h 30 (la presse), Saturne transitant son Mars en sortie de culmination.

 

Maurice COUVE DE MURVILLE :

Il est né à Reims le 24 janvier 1907 à 13 h. (e.c.) et est appelé à succéder au poste de Premier ministre ce 10 juillet 1968, à 18 h 16 (la presse). Sur le fond d’une conjonction Soleil-Verseau/Mercure-Capricorne (maître d’AS) en IX, on a l’heureuse représentation d’un ambassadeur de France et ministre des Affaires étrangères durant une décennie, accédant au pouvoir  avec le transfert en X de Saturne des Poissons carré à l’AS. Se dresse ainsi la silhouette d’homme d’une distinction retenue, comme effacée, impersonnelle, dans une impression de vivre sa lourde condition de Premier ministre, quasi-missionné jusqu’au sacrifice auprès du géant dans la grandeur de sa tâche. C’est d’ailleurs  un transit de Neptune ( à sa naissance conjoint à Jupiter et maître de X ) à son Mars du Scorpion en VI  - n’était-il pas « un grand serviteur de l’Etat, un grand commis » ? - qui caractérise cette épreuve parfaitement accomplie, depuis sa nomination le 10 juillet 1968 à sa démission du 22 juin 1969 avec la disparition du général. Le Soleil à 3° du Verseau de ce Premier ministre se superposait au Jupiter du Président

 

POMPIDOU  PRESIDENT

 

Le devenir de cette république puise aux sources de la conjonction Jupiter-Neptune à 3° du Scorpion, qui prend racine sur le primordial Uranus à 0° du signe du général, en conjonction de son AS et dynamisé par son athlétique conjonction  Mars-Jupiter du FC. A l’exception de Pompidou, de Giscard d’Estaing et de Chaban Delmas, Présidents et Premiers ministres portent une signature d’aspect de ce cycle. Du Président fondateur à son successeur direct devait s’opérer une greffe afin que s’établisse le relais premier d’une succession. Ce qui est précisément le cas avec la conjonction Lune-Jupiter à 4° du Scorpion de Georges Pompidou, à la fois sur la conjonction Jupiter-Neptune de l’institution et sur l’Uranus du général fondateur, outre que se répète de l’un à l’autre un Jupiter du FC.

Quand Pompidou devient Président de la République, contre Alain Poher, le 15 juin 1969, Saturne à 5° du Taureau transite son MC  Configuration ordinairement lourde, d’accès à une culmination plus ou moins coûteuse, sinon de vivre un sommet plus ou moins éprouvant, ou , dans le négatif, d’échec  sinon de chute. D’autant que ce Saturne transitant est en orbe de sesquicarré à Pluton. Il ne pouvait monter plus haut, la médaille ayant aussi son revers.

 C’est peu de temps après que cet astre allait revenir sur sa position natale et confirmer le dramatique d’un Saturne en X chez un homme d’Etat vivant une épreuve du pouvoir. Ce retour allait se produire entre juin 1970 et mars 1971, et c’est au cours de l’année 1970 que le Président apprit qu’il était atteint d’une sorte de leucémie : malade gonflé, au visage boursouflé, qui allait décéder le 2 avril 1974, Saturne atteignant son Pluton. Selon la presse, il avait été proclamé président le 19 juin 1969 à 17 h 13 et s’était installé à l’Elysée le 20 à 11 h.

 

Jacques CHABAN – DELMAS :

Paris le 7 mars 1915 à 23 h 40 (e.c.). Relais évident : derrière de Gaulle et Pompidou, lui aussi a Jupiter au FC. Un Jupiter (maître d’une Lune qui va se lever) conjoint à Mars en III et au Soleil en IV. Le champion sportif et résistant de la première heure, compagnon de la Libération et même général à vingt-sept ans,  lancé dans la  politique ; en particulier maire de sa bonne ville de Bordeaux (FC) ; en personnage sympathique, brillant causeur avec onze années de présidence au « perchoir » du Palais-Bourbon sous la IVe (IIIe secteur occupé) ; ambitieux à la souple échine d’un appréciateur de la vie. Promu Premier ministre au transit de Neptune (maître de sa conjonction Soleil-Jupiter) à  l’AS le 20 juin 1969 (ministère constitué le 22 à 18 h 33 selon la presse), la relation entre Matignon et l’Elysée n’échappe pas à la tension d’un effort d’adaptation. Au surplus, le projet de « nouvelle société » de ce Poissons de large ouverture ne pouvait qu’accroître le décalage le séparant de sa majorité, son expérience du pouvoir allait être de courte durée (il n’en aura pas moins, exprimant son Soleil-Poissons en IV, créé un « ministère de l’environnement chargé de protéger la nature ») avec son départ le 5 juillet 1972 (Saturne carré Soleil et opposition Lune).

 

Pierre MESSMER :

Vincennes, 20 mars 1916, 6 h 15 (e.c.). Avec lui, nous passons maintenant d’une conjonction Soleil-Jupiter à une autre et d’un Jupiter-FC à un Jupiter-AS, outre une Lune également angulaire. Se distingue surtout le Jupiter-Bélier en I au trigone de Mars-Lion que l’on peut reconnaître en cet homme de grand courage, lancé dans la guerre en 1940 : campagnes d’Afrique (Bir-Hakeim), d’Italie, de France et d’Allemagne, puis du Tonkin …, pour devenir Gouverneur général de la France d’Outre-Mer (Soleil-Poissons), puis ministre des armées et, enfin, Premier ministre le 6 juillet 1972, alors que Jupiter transite son MC. Janus caractéristique de l’opposition de la Lune de la Balance au coucher à la virile conjonction soli-jupitérienne du lever : le soldat baroudeur dans toute sa puissance combative et conquérante, cède la place au politique aligné, grand commis de l’Etat au service d’un président à part entière qui va bientôt disparaître.

 

Valéry  GISCARD   D’ESTAING

 

Coblence, 2  février 1926, 21 h 20, e.c.) et 21 h 30, renseignement personnel a-t-on dit. La signature change, malgré la répétition d’une troisième conjonction Soleil-Jupiter avec une Lune qui entre en conjonction de l’AS, car, cette fois, c’est Uranus qui se distingue par sa présence au DS et chargé de sa maîtrise de la conjonction solaire, un Uranus au carré de Mars au FC et au sextil de Saturne, lui-même en aspect de l’AS. Cette signature sèche et étroite, virgo-urano-saturnienne de longiligne rétracté, s’accorde avec la froide ambition d’un esprit supérieur de style technocrate (grand argentier), coiffé par Polytechnique et l’ENA ; cérébral d’une haute distinction, non sans une pointe de modernité (le pull-over, l’accordéon …), son conservatisme étant éclairé. La note martienne rappelle le tout jeune Giscard frotté à la Résistance, participant aux combats de la libération de Paris et aux campagnes militaires en conducteur de char (croix de guerre) ; et, devenu président, passant le gros de ses loisirs à la chasse, outre ses joutes avec ses Premiers ministres.

J’ai déjà consacré quelques pages à : « De Georges Pompidou à Valéry Giscard d’Estaing » dans le n° 26 (2-1974) de  « l’astrologue », Menant sa carrière de main de maître, il est député à 29 ans, et à 36 ans déjà ministre (de l’économie et des finances, son Saturne en II) ; en avril 1962, alors que, derrière Jupiter, Saturne transite sa conjonction Soleil-Jupiter. Et c’est au retour de Jupiter sur la même conjonction qu’il sera élu Président de la République le 19 mai 1974. Son septennat, porté par un programme de « Démocratie française » réalisera un ensemble de grandes réformes justifiées et appréciées du populaire. Avec son Pluton en X, il n’en devait pas moins subir une épreuve du pouvoir, venue avec la crise économique dès son arrivée à l’Elysée, laquelle affecta son bilan présidentiel. Se représentant pour un second mandat, il sera battu par François Mitterrand au second tour des élections présidentielles du 10 mai 1981 (51.76 contre 48, 24) : l’homme subissant alors ses  deux transits critiques d’Uranus/Saturne et de Neptune/Mars, le délogeant une fois pour toutes du pouvoir.

 

Jacques CHIRAC :

Paris, 29 novembre 1932, 12 h (e.c.). Elément nouveau du personnel de la Ve République, natif de conjonction Jupiter-Neptune, le premier porté par un Soleil du Sagittaire culminant avec la Lune et Mercure dans le signe en X, et le second vitalisé par une conjonction de Mars en VII, lequel est en plein carré du Soleil-MC. Type Mars-Jupiter accompli (modulé en Jupiter-Mars avec les années) révélé par ses propres affiches électorales : « le courage, l’ardeur, la volonté », mais aussi par son jeu de « jeune loup pompidolien » aux rudes manœuvres pour en arriver à « l’Etat R.P.R. ».

Déjà député de la Corrèze en 1967 (Uranus/Jupiter) et aux Accords de Grenelle de mai 68 (Pluton/Jupiter) aux côtés de Pompidou son protecteur (sa Vénus est à 3° du Scorpion), il est Ministre de l’agriculture en 1972 (sortie de culmination jupitérienne), pour devenir ensuite Premier ministre le 27 mai 1974, sous le couronnement du transit de Neptune à son Soleil du MC. Assez vite, la tutelle du Président Giscard d’Estaing va lui peser, jusqu’à en arriver à démissionner de son poste avec fracas le 26 juillet 1976, pour aboutir à la fondation de son parti personnel, le « Rassemblement pour la république » (R.P.R.) le 5 décembre 1976 (Neptune/Mercure en X). Devenu maire de Paris le 20 mars 1977 (Neptune/Mercure maître de IV), en posture de représentation à la candidature de la présidence de la république  de 1981, et dénonçant le « marxisme » de la gauche et le « socialisme rampant » du giscardisme, il se campe comme l’équivalent de Margaret Thatcher et de Ronald Reagan. En 1983, il enlève brillamment la totalité des arrondissements de Paris, en devenant son Maire tout puissant, Jupiter et Uranus transitant alors son Soleil-MC.

François Mitterrand ayant pris la succession de l’Elysée mais se trouvant en minorité parlementaire, fait appel à Jacques Chirac qui redevient Premier ministre le 20 mars 1986. Cette fois, c’est Saturne qui transite son Soleil-MC, avec Uranus passant sur son Mercure en X, astre que l’on sait en débilité en Sagittaire et rétrograde. Il s’agit de l’épreuve du pouvoir de la première cohabitation de notre Ve République, le Premier ministre défaisant ce que le Président venait de faire. Il convient de préciser qu’entre eux allait se jouer le rapport d’inimitié d’une superposition  Mars/Soleil (il en avait existé une entre de Gaulle et Mitterrand). Ce duel devait se repositionner aux élections présidentielles du 2 mai 1988, mettant les deux hommes face à face, avec la victoire de Mitterrand II. Saturne et Uranus transitaient la Lune du vaincu.

 

Raymond  BARRE :

La Réunion, 12 avril 1924, 6 h 30 (e.c.).  On conçoit que cet universitaire, considéré comme « le meilleur économiste français » (V.G.D.) soit passé à la vie politique de notre république avec son trigone Jupiter-Neptune bombardé en grand trigone par un Soleil-AS. Non sans la cohabitation d’un visage poupin de Lune du Cancer au FC (l’homme porté ou soumis chez lui sans doute) et d’un caractère abrupt aux formules cinglantes de Mars du Capricorne au MC et au carré du Soleil-Bélier-AS.

Il avait d’abord commencé par être, de 1959 à 1962, directeur de cabinet du ministère de l’Industrie ; puis affecté aux Commissions européennes de 1967 à 1972 où se révéla sa grande compétence. Le 25 août 1976, année où un trigone Jupiter-Neptune se forme sur son trigone natal Soleil-AS/Jupiter, succédant à J. Chirac dans un climat de «ratatouille politicienne », il devient Premier ministre avec l’entière conviction de résoudre la crise économique avec son lot d’inflation et de chômage, ce qu’il  n’aura pas réussi à obtenir à l’arrivée de Mitterrand au pouvoir.

 

François  MITTERRAND

 

Jarnac, Charente, 26 octobre 1916, 4 h (e.c.).  Il est si simple de vivre l’unité d’une conjonction Soleil-Jupiter, foyé d’autorité comme l’ont Giscard d’Estaing, Chaban-Delmas, Messmer et Balladur, plutôt que d’être intérieurement divisé par une opposition de ces astres, en configuration de Janus. Et sa cohabitation est ici d’autant plus écartelée qu’une telle opposition se triangule en double carré avec une conjonction Saturne-Neptune entrant dans le secteur X, où figure en plus un carré Jupiter-Neptune, cycle vécu sur le mode conflictuel. Ajoutons à cette conflictualité que Pluton culmine, triangulé cette fois en mode harmonique au Soleil du Scorpion et à Jupiter du Taureau. Nous avons bien là la configuration d’un personnage ténébreux-enténébré, homme-Sphinx complexe, mystérieux, avec  une note vénusienne-Balance qui n’en fait pas moins un grand charmeur, séducteur à « la rose au poing ».

Sa vie commence vraiment dans le drame plutonien d’un prisonnier de guerre réussissant sa troisième tentative d’évasion du centre de l’Allemagne, ce qui le fait déjà participer au premier conseil de gouvernement de la France du 27 août 1944, comme secrétaire général aux Prisonniers de guerre (Saturne passe au MC). A la trentaine en 1947, il est Ministre des Anciens Combattants (retour saturnien en X). Puis il sera une autorité politique au cours de la IVe République, ministre de divers ministères (Ramadier, Mendès-France, Mollet). Sa personnalité politique se façonne définitivement le 13 mai 1958 lorsqu’il prend position contre le « coup de force » de l’investiture de de Gaulle. Nous entrons au temps de la conjonction Jupiter-Neptune où l’on passe de la IVe à la Ve République, configuration transitant précisément son Soleil à l’opposition de Jupiter. Tournant qui l’esquisse comme l’opposant n° 1 du nouveau régime, et cela sera concrétisé aux élections présidentielles de décembre 1965 (sortie d’opposition Jupiter-Neptune) où le candidat Mitterrand mettra le général en ballottage. A la crise de mai 68, sous le carré Jupiter-Neptune en résonance avec le sien, le pion s’avance qui découpe déjà la silhouette du concurrent de gauche.. Le tournant décisif se passera à la nouvelle conjonction Jupiter-Neptune de 1971, lorsqu’au congrès d’Epinay de la SFIO du 11 juin de cette année, les socialistes l’éliront Premier Secrétaire du P.S. – nouveau venu y faisant son nid, lui qui n’est point du parti, autre ambiguïté de son opposition, et l’on apprendra plus tard que cet homme, initialement de droite, fut en coquetterie avec le régime de Vichy  – pour avoir préconisé le programme commun d’une union de la gauche.

Il avait déjà, sous sa seconde culmination de Saturne, tenté en vain de s’affronter à Valéry Giscard D’Estaing à l’élection présidentielle du 19 mai 1974. Et c’est au transit d’une conjonction Jupiter-Saturne sur son AS que se produisit l’alternance du pouvoir du 10 mai 1981, l’homme devenant le quatrième Président de la République.

L’expérience du pouvoir présidentiel allait se passer sous les présences en X de Pluton harmonique et d’une conjonction Saturne-Neptune dissonante. La France n’ayant pas été gouvernée à gauche depuis si longtemps, on imagine le feu d’artifice populaire de cette secousse historique,  semant par contre la panique en face. Il y aura un bouquet pour la population laborieuse, mais vite s’imposera l’impuissance du gouvernement. Si avec son Pluton en X, son prédécesseur avait essuyé le début de la seconde grande crise économique du siècle dont il ne s’est pas relevé, c’est cette fois au creux de sa vague 1982-1983 que le nouveau président allait la subir. Tour à tour, Uranus transitait son Mars au cours de ces deux années et Saturne son Soleil au long de 1983. Viendra ensuite Pluton, transitant à son tour le Soleil dans les années 1985-1986. L’épreuve du pouvoir de Mitterrand est double : elle est celle d’un président qui en est dessaisi pour deux ans par les élections du 16 mars 1986, le basculement à droite du pays imposant le 20 un gouvernement Chirac -  Saturne transite alors à la fois le Mars du Président et le Soleil du Premier Ministre, illustration de cette superposition dissonante – mais rien n’est plus symbolique de cette cohabitation que l’opposition Soleil-Jupiter affrontant pouvoir et contre-pouvoir, Elysée et Matignon ! Quant à l’autre épreuve du pouvoir – qui n’est pas sans rappeler le cas du Saturne en X de Pompidou - elle est d’ordre privé : le Président apprend dès 1982 qu’il est atteint d’un cancer de la prostate déjà métastasé aux os, au traitement nécessitant une perfusion journalière, puis la surveillance permanente  (opérations le 11 septembre 1982 et le 16 juillet 1984) : secret total dont le masque est élevé à la hauteur d’une institution (avouons que pour un Scorpion avec Pluton en MC …)  et mal de ce résistant coriace qui sauve les apparences sans échapper à la ruine de sa  santé, au point de finir son second septennat souvent couché.

N’empêche que le destin de l’homme a de la ressource. Quand se renouvellent les élections présidentielles des 24 avril et 8 mai 1988, les deux mêmes hommes se retrouvent face à face, l’un pour un nouveau mandat, l’autre pour une culmination de carrière. Le premier devait avoir le dernier mot, alors qu’Uranus et Neptune passaient à la fois au sextil de son Soleil et au trigone de son Jupiter que l’astre céleste venait de transiter. Au cours de son second septennat, le Président-Phénix allait encore subir une seconde cohabitation à la suite d’une nouvelle alternance venue des élections législatives du 28 mars 1993, lui imposant le lendemain un gouvernement d’Edouard Balladur (cette fois, carrés d’Uranus et de Neptune à sa Lune). Ministère ayant le dernier mot pour avoir duré jusqu’à la nouvelle élection présidentielle du 7 mai 1995, installant Jacques Chirac à l’Elysée. François Mitterrand aura tenu jusqu’au bout de son second mandat, non sans avoir traîné douloureusement comme un homme accablé par sa maladie, et qui disparaîtra d’ailleurs peu de temps après l’entrée à l’Elysée de son successeur.

 

Pierre MAUROY :

Cartignies, Nord, 5 juillet 1928, 3 h (e.c.). La puissance d’une culmination lunaire portée par une quadruple conjonction Soleil-Mercure-Vénus-Pluton du Cancer. Voilà un homme du peuple par excellence, le familier et populaire Pierrot, à la rondeur chaleureuse dans toute sa simplicité. Venu déjà aux Jeunesses socialistes à seize ans, il gagne la faveur de ses proches qui fait de lui naturellement le maire de Lille et le patron du Conseil régional du Nord-Pas-de-Calais. Montée discrète d’un homme qui n’en a pas moins, avec une conjonction Mars-Jupiter du Taureau et un Saturne angulaire, de la poigne et du sérieux, incarnation d’une tradition gestionnaire.

Conjonction de leurs Jupiter à 0°-5° du Taureau, c’est lui que choisit comme Premier ministre François Mitterrand, abordant le 21 mai sa lourde tâche sans se départir d’une démarche assurée et tranquille d’homme qui s’est fait lui-même. Et si la conjonction Jupiter-Saturne du moment transite l’AS du Président, elle est au trigone de sa Lune culminante, ainsi qu’au quinconce de son Jupiter. Porté par le raz de marée socialiste des élections législatives du 14 juin, amplifiant le fait présidentiel, il se doit de ne pas décevoir une population néo-Front populaire en attente de nouveautés : avec  l’impôt sur les grandes fortunes,  relèvement du Smig, des allocations familiales comme de la vieillesse, travail hebdomadaire de 39 heures et retraite à 60 ans, outre une cinquième semaine de congés payés ; avec les nationalisations, etc. Mais la crise mondiale à son plus bas (31 millions de chômeurs à l’OCDE) a raison des mesures prises contre le sous-emploi et la misère, la population, en dénatalité et de nouveau lassée, délaissant le pouvoir aux élections européennes du 17 juin 1984. Plus encore, le peuple de droite défend l’école privée : le 24 juin suivant, près d’un million de gens défilent dans Paris pour refuser le projet gouvernemental sur l’enseignement. A la suite de quoi, le 12 juillet, le Premier ministre remettra sa démission, le temps étant venu pour lui du transit d’Uranus sur son Saturne.

 

Laurent FABIUS :

Paris XVIe, 20 août 1946, 9 h (e.c.). Un Soleil du Lion accompagné d’autres positions en XI, cela nous a, comme avec Pompidou, un parfum de pouvoir de l’amitié, chez ce nouveau Premier ministre du 17 juillet 1984. Déjà était-il le « favori » d’un Président estimant qu’il traduisait le mieux sa pensée, pour avoir confié ce propos dès octobre 1981 : « Pas la moindre feuille de papier à cigarette ne peut se glisser entre la pensée du Président de la République et la  façon dont je l’applique ». Ce qui rejoint aussi la superposition particulièrement chargée de l’ensemble AS-Mars-Neptune-Vénus-Jupiter en Balance de ce P.M. au trio AS-Mercure-Lune en Balance du P.R., son Jupiter à 23° de la Balance s’unissant même à la Lune 23° Balance et même au Soleil 2° du Scorpion de celui-ci ! Cela ne soustrait pas pour autant l’excellence personnelle d’un superbe triangle reliant par sextils ce Soleil du Lion au puissant trigone Jupiter-Uranus de I à la culmination, outre Mars en conjonction de Neptune entrant en conjonction de l’AS.

 Ce fils du XVIe aux brillantes études a tout le profil d’un homme d’Etat capable de bien tenir les rênes du pouvoir. Il était déjà en place comme ministre dès mai 1981, la conjonction Jupiter-Saturne transitant parallèlement son AS comme celui du Président Et si son prédécesseur a eu le désavantage conjoncturel d’accéder à Matignon à l’épuisement du cycle Jupiter-Neptune, lui bénéficie de son renouveau. L’entrée qu’il y fait se passe alors que Neptune sort d’un trigone et d’un  sextil à son sextil Soleil-Jupiter. On tourne la page : fini l’épisode d’un Front populaire bis. Les communistes, bien que respectables à leurs fonctions, décampent, le pouvoir socialiste cédant la place à une formule libérale de social-démocratie. L’expérience prendra fin le 16 mars 1986, son Jupiter recevant alors les dissonances d’un carré Jupiter-Saturne, les élections de ce jour ayant redonné une faible majorité à la droite.

 

Jacques CHIRAC :

L’Etat RPR contre les réformes socialistes ! Le 20 mars 1986, Jacques Chirac revient à Matignon : là commence le premier épisode de cohabitation de la V’ République. On ne saurait avoir meilleur symbole : cette fois, c’est Saturne (au surplus au carré de Jupiter) qui passe à la fois sur le Mars du Président et sur le Soleil-MC du nouveau Premier ministre ! L’inimité est patente malgré la tenue : ce que le premier a fait, le second le défait, après les nationalisations, les privatisations, etc, chacun d’eux tirant l’autorité de son côté. Cette expérience tendue du pouvoir, où le Président vit l’écartèlement de son opposition Soleil-Jupiter en Janus  Elysée-Matignon, le Premier ministre la vit pleinement à travers le carré de son Soleil-MC à Mars conjoint à Neptune en VII ; duo pouvoir-guerre qui s’achève avec le retour aux urnes pour le renouvellement du septennat présidentiel des 24 avril et 8 mai 1988 où les deux adversaires s’affrontent, Mitterrand l’emportant, son axe soli-jupitérien bénéficiant alors de sextils et trigones d’Uranus et Neptune.

 

François  MITTERRAND   Phénix

 

Après la série de transits critiques subits au cours de son premier septennat (Uranus et Saturne sur Mars, ainsi que Pluton sur le Soleil avec ses trois dissonances majeures), le Président est encore un Janus homme double : puissant politiquement en dépit d’une nouvelle cohabitation, affirmant même une belle présence de la France dans le monde, bien que de plus en plus rongé par sa maladie. Il en sortira à la limite de ses forces, abattu par son ennemi intérieur, déplacement d’une sorte de névrose  d’auto-culpabilité punitive à un obsédant tête-à-tête avec la mort qui surviendra le 8 janvier 1996, cette fois au transit de Pluton sur son Mars.

 

Michel ROCARD :

Courbevoie, Hts de Seine, 23 août 1930, 9 h (e.c.). Avec la personnalité de Mars et Jupiter culminant qu’accompagne un Mercure de la Vierge à l’AS non loin d’une conjonction Soleil-Neptune, s’imagine la dynamique d’esprit de cet homme, sa raison et sa morale au service de son humanisme. Convergence d’un point commun : le même AS à l’entrée de la Balance de Mitterrand, Fabius et lui, les réunit au pouvoir au même transit du printemps 1981 Et le tournant décisif de sa carrière viendra au double trigone de Saturne et Uranus à son Soleil, lorsque le 10 mai 1988, il deviendra le Premier ministre du second septennat mitterrandien.

Aussitôt se met en place pour cet homme de grandes espérances une situation restrictive symbolisée par l’opposition à son Jupiter en X de Saturne lui-même :  aux élections législatives du 12 juin qui suivent, le PS et ses alliés n’ont pas de majorité au parlement. D’où, en dépit du désir de nouvel ancrage à gauche comme en 1981, et bien que jugeant toute « dérive centriste » de résurrection de « troisième force », la nécessité d’une « ouverture » affaiblissante du pouvoir. On gouvernera donc avec les moyens du bord, ce qui n’empêchera pas, notamment, d’éteindre aussitôt l’incendie de la Nouvelle-Calédonie. Viendra ensuite le terrible Congrès socialiste de Rennes de mars 1991. Son expérience du pouvoir se sera déroulée, sous le passage de Saturne-Uranus en conjonction de son propre Saturne, de leurs trigones au Soleil avec l’installation à Matignon, à maintenant leurs oppositions à son Jupiter : c’est dans le sentiment d’une œuvre inachevée et d’un bilan mitigé que Rocard , en quelque sorte limogé, est conduit à donner sa démission le 15 mai 1991.

 

Edith CRESSON :

Boulogne-sur-Seine, Hauts-de-Seine, le 27 janvier 1934 à 17 h 10 (e.c.). Dans notre France républicaine, pas une seule femme n’était venue au pouvoir : ne fallait-il pas que la première fut pourvue de configurations d’exception ? De fait, et son heure natale déclarée n’est pas arrondie, Edith Cresson n’a pas moins de sept positions angulaires (un record dans cette collection d’hommes d’Etat) ! Parmi lesquelles, avec le coucher du Soleil maître d’AS, trône une opposition de Jupiter au FC à Uranus du Bélier au MC ! Au surplus, un Jupiter de 23° de la Balance  sur la Lune à 23° Balance du Président Mitterrand et voisin de son Soleil à 2° du Scorpion, outre que le Jupiter présidentiel à 0° du Taureau tombe sur le MC à 27° du Bélier de la nouvelle élue ! Et c’est un triangle angulaire Mars-Jupiter-Uranus qui signe cette « dame de fer » comparée exagérément à l’époque à Madame Thatcher (voir étude la concernant à « l’astrologue » n° 94),  dont la nomination à la tête du gouvernement a éclaté d’ailleurs comme un coup de tonnerre (Uranus-Bélier au MC, maître de 5 astres en Verseau).

La voici devenue Premier ministre le 15 mai 1991 : Saturne stationne sur son Soleil et Jupiter est sur le point de transiter son AS. Si le thème natal est à proprement parler éclatant, au point d’en arriver à cette promotion encore unique, c’est là, par contre, une piètre configuration accompagnatrice pour une si haute nomination, d’autant que, bientôt, la conjonction Uranus-Neptune va passer au carré de son opposition Jupiter-Uranus au méridien. Diverses circonstances ont contribué au pénible fonctionnement de son ministère, le principal ayant été la difficile acceptation d’une femme à la tête de Matignon par un milieu professionnel masculin misogyne, outre ses propres maladresses de pionnière. Record d’impopularité également battu. Sous le même transit Saturne/Soleil, Chirac avait connu en 1986 l’épreuve de la cohabitation, un pouvoir lui aussi glacé. Et bref séjour à Matignon. Le 2 avril 1992 met fin au chemin de croix de son ministère, retour saturnien sur sa position natale.

 

Pierre BEREGOVOY :

Déville-les-Rouen, Seine maritime, 23 décembre 1925, 10 h (e.c.). Dans ce milieu où l’on sort des grandes écoles se distingue cet autodidacte, ouvrier-ajusteur, puis cheminot et gazier gravissant les échelons, tout en militant pour la cause ouvrière. Silencieusement, il grimpe dans la voie politique, à l’ombre du capricornien Mendès-France, sa figure politique étant celle d’un gestionnaire sérieux qui inspire le respect, se voyant attribué les titres de « Béré-la-vertu » de « Père la rigueur », devenu même « Pinay de gauche » (également capricornien comme eux) gagnant l’estime de la droite. Chez lui, un Jupiter du Capricorne où le Soleil est présent vient de se lever, triangulé par sextils à une conjonction Mars-Saturne du Scorpion qui vient de culminer, au trigone d’ Uranus des Poissons maître de l’AS-Verseau où Vénus se lève.

C’est en mai 1981 que commence sa carrière au pouvoir en devenant Secrétaire général de l’Elysée, et l’année suivante il devient Ministre des Affaires sociales et de la solidarité nationale (transit d’Uranus sur Mars-MC). Puis il succède à Jacques Delors au ministère de l’Economie le 19 juillet 1984, année du passage de Neptune sur son Soleil. Après l’épisode de la cohabitation, il revient aux Finances comme Ministre d’Etat dans le gouvernement Rocard en 1988 , la conjonction Saturne-Uranus de cette année-là transitant son Soleil. Arrive ce 2 avril 1992 où il devient à son tour Premier ministre : ici, Pluton transite son Saturne (dispositeur du couple Soleil-Jupiter). Evidente expérience saturnienne, douloureuse mais noble. Il aura été, dans sa longévité à la tête des finances du pays, le seul de la Ve République à ne pas avoir dévalué le franc et en contribuant à réintégrer économiquement la France à l’Europe, outre le « oui » du pays à Maastricht. Quand il doit remettre sa démission avec la nouvelle alternance du 29 mars 1993, Pluton transite son Mars.

Si cette conjonction Mars-Saturne du Scorpion qui culmine dans son thème est puissamment élévatrice, elle n’en est pas moins sinistre. Il est significatif que ce soit sous son ministère que le Sida ait fait son apparition, et l’on songe à la disparition tragique de cet homme de grand mérite.

 

Edouard BALLADUR :

Smyrne, 2 mai 1929, 10 h 30, acte de baptême. Est-il cliché plus parfait d’homme d’Etat qu’une conjonction Soleil-Jupiter en X, et à plus forte raison en compagnie de Vénus sa maîtresse en X près du MC qu’entoure également Uranus, Mars leur maître étant à son lever ; outre  que le Soleil pourrait être maître de l’ AS ? On a là aussi le style du personnage, de distinction soignée, d’aucuns l’ayant affublé des manières de marquis. En tout cas, sa physionomie de Jupiter-Taureau est bien celle d’un homme de belle étoffe, tout en épanouissement tranquille, en paisible bienveillance, en agréable présence.

Pas étonnant non plus que cet ancien conseiller de Georges Pompidou, au MC sur son Soleil, ait mis les pieds dans la politique en mai 68. Ni qu’il ait été, en bon Taureau, un économiste et homme de grandes affaires : Alcatel- Alsthom, la Cofremi, Chirac en faisant son Ministre des finances dans son gouvernement du 20 mars 1986 (Uranus trigone à Vénus maîtresse de X en X).

Son heure personnelle arrive le 29 mars 1993 où il devient à son tour Premier ministre, son Jupiter recevant  cette fois les trigones d’Uranus et de Neptune. Dans une nouvelle alternance du pouvoir avec le Président Mitterrand dont l’axe soli-jupitérien tombe sur son propre Soleil, sa cohabitation est menée en souplesse : on coexiste gentiment ; d’ailleurs, en bon manœuvrier, on gouverne au centre, avec prudence, en bourgeois libéral.. Il en sera ainsi jusqu’au renouvellement électoral de mai 1995, Neptune étant, cette fois, au carré de Vénus et Saturne au semi-carré du Soleil.

 

Jacques  CHIRAC :

 

Au second tour des élections présidentielles du 7 mai 1995, ayant battu son adversaire Lionel Jospin arrivé en tête au premier tour, Jacques Chirac est élu Président de la République. Les configurations qui accompagnent ce couronnement de carrière sont particulières. Certes, on est au temps où Jupiter en Sagittaire culmine sur son trio MC-Soleil-Mercure, mais il est au carré de Saturne et Uranus transite son Saturne ; ce qui n’est assurément pas joyeux. D’ailleurs, sa majorité parlementaire est fort parcimonieuse, si bien qu’après son appel à Alain Juppé, il prend le risque d’un recours à de nouvelles élections législatives qu’il perdra avec la nouvelle alternance du retour de la gauche au pouvoir dont il sera privé durant cinq années..

 

Alain JUPPE :

Mont-de-Marsan, Landes, 15 août 1945, 4 h (e.c.). Comme Chirac qui le fait venir au pouvoir, il est l’homme d’une conjonction Jupiter-Neptune (celle de la IVe République), laquelle est au FC – ce qui va au parfait maire de Bordeaux – et les Jupiter de l’un et de l’autre sont conjoints, la filiation étant ainsi bien assurée.  S’ajoute une conjonction AS-Vénus-Saturne, doublée d’une conjonction Mars-Uranus sur un fond léonien (l’homme « bien dans ses bottes ») .Ce normalien agrégé de lettres est l’auteur d’un mémoire sur « L’influence de la cosmologie chez les poètes de la première moitié du XVIIe siècle ». L’inspection des finances de son esprit puissant répond à son Soleil du Lion en II et quand il sera au pouvoir, l’objectif de son ministère sera un plan de réduction des déficits publics. Il entre en politique lorsque Jacques Chirac  le charge de mission à son ministère en  1976, ce qui le conduira à  faire de ce frais député un ministre au budget auprès de Balladur à son gouvernement du 20 mars 1986 (Uranus trigone au Soleil).

C’est le 17 mai 1995 que Juppé devient à son tour Premier ministre : non seulement Uranus et Neptune sont au trigone de son Jupiter, mais encore, Saturne passe sur son MC. Il est vrai que le courageux programme saturnien de ce jovi-saturnien de s’attaquer aux déficits publics et notamment de la Sécurité sociale, n’est pas une sinécure. Très vite, une partie du secteur public s’embrase, et devant les grèves et manifestations  qui immobilisent le pays, le gouvernement fait machine arrière à la fin de l’année. A la suite des élections anticipées du 25  mai 1997 décrétées par Chirac, où la droite parlementaire fait un bouillon sans précédent, Alain Juppé doit abandonner ses fonctions, alors que Jupiter stationne pile en pleine opposition de son Soleil.

 

Lionel  JOSPIN :

Meudon, Hauts-de-Seine, 12 juillet 1937, 23 h  10 (e.c.). Le thème d’une symphonie hexagonale où règne un grand trigone Jupiter-Uranus-Neptune, lequel s’individualise par une conjonction Lune-Neptune passant au DS, tandis que l’AS-Poissons recueille la convergence harmonique d’un grand rectangle de trigones Soleil-Mars et Jupiter-Uranus. Un joli capital pour qui s’emploie à le magnifier. C’est à lui-même que, par ses qualités propres, Lionel Jospin doit d’être parvenu – il était préalablement devenu le n° 2 du PS au congrès de Metz du parti le 2 avril 1979, sous transit de sextil Jupiter-Saturne à son sextil Soleil-Lune -  au poste de Premier ministre le 1er juin 1997 : alors que Neptune sort de son transit à Jupiter.

Un signe qui se répète : une même opposition Soleil-Jupiter faisant suite à celle de Mitterrand et l’homme se trouve de nouveau au pouvoir en cohabitation dans le rapport inverse, cette fois, de Premier ministre face au Président. L’état de grâce de sa configuration hexagonale pouvait susciter quelques faveurs de l’histoire, outre la durée de son ministère et malgré une réduction hebdomadaire du travail qui passe mal,  ainsi que fut en 1998 le climat euphorisant de la victoire française de la Coupe du monde du football, et en 1999, la promulgation du Pacte civil de solidarité (PACS), améliorant l’existence  dans le cadre d’une mondialisation en route. Son ministère allait s’achever au renouveau des élections présidentielles de 2002 où la chance devait basculer en sa défaveur, Jospin s’y étant présenté contre Chirac, dépassé même par Le Pen au premier tour du  5 mai 2002, une opposition Saturne-Pluton près de son méridien frappant son AS.

 

Jean-Pierre RAFFARIN 

Poitiers, 3 août 1948, 3 h (e.c.). Jacques Chirac inaugure son second mandat présidentiel en faisant venir à Matignon Jean-Pierre Raffarin, le sillage du premier au second étant la présence du Jupiter de celui-ci à  19° du Sagittaire, au centre du thème de l’homme à l’Elysée. C’est d’ailleurs sous le transit de Pluton à ce Jupiter qu’il accède à cette promotion, auquel se joint le passage de Jupiter sur son AS et sa Lune. Cette Lune, maîtresse de l’AS qui se lève et au trigone du MC, n’est pas sans lui donner un cachet de petit homme tranquille de la politique, modeste élu provincial, mais que dynamise en effet de surprise Uranus qui se lève également et en compagnie de Vénus. Sans oublier une conjonction Soleil-Pluton-Saturne du Lion au trigone de son Jupiter. Le 6 mai 2002 à 11 h 30, le Président réélu l’accueillait à l’Elysée par ces mots : « J’ai décidé de te nommer Premier ministre. »

Autre relais : Chirac et lui ont en commun une conjonction Mars-Neptune et si celle du nouveau Premier ministre est au carré de son AS-Lune, l’on sait celle du Président être en VII au carré de son Soleil au MC. De fait, l’exercice de ce ministère est une longue lutte qui sera sensible à partir du printemps 2003, sous l’opposition Jupiter-Neptune : manifestations et grèves de mai sur les retraites et l’enseignement avec une réforme des retraites sacrificielle ; raté du Conseil français du culte musulman, grève des intermittents du spectacle avec annulation des grands festivals de l’été ; hécatombe de vieillards sous la canicule ; chute de la production et de la consommation avec remontée du chômage, explosion du déficit public (4 %), trou record de l’assurance maladie … L’autorité gouvernementale sort affaiblie de ce ensemble de perturbations, si bien que le gouvernement donnera sa démission le 31 mai 2005.

 

Dominique de VILLEPIN :

(Rabat, 14 novembre 1953, 13 h 35 (e.c. acte 1342). Ici, c’est un MC à 5° du Sagittaire qui se superpose au Soleil-MC du Président. Au surplus, le Soleil et Mercure, à 21° et 22° du Scorpion, n’en sont pas si éloignés, en sortie de culmination et portés par un trigone d’Uranus maître d’AS. Si le prédécesseur de Matignon avait la Lune à l’AS : la sienne s’y retrouve aussi, triangulée à  un trigone Jupiter-Neptune.

Il entre à Matignon au début de juin 2005, alors que Neptune passe sur son AS et que Jupiter va faire une série de transits en 2006-2007, notamment sur le Soleil et le MC. Point faible de la partie : le ministère se présente comme une équipe Villepin-Sarkozy, alors que le Mars du premier à 8° de la Balance est en opposition du Mars du second, conjoint à la Lune, à 8-9° du Bélier, source d’hostilité perturbatrice. L’un et l’autre seront d’ailleurs candidats du même bord à l’élection présidentielle du 29 avril 2007, alors que Pluton était à l’opposition du Jupiter et Saturne au carré du Soleil de notre Premier ministre.

 

Nicolas SARKOZY

 

(Paris XVIIe, 28 janvier 1955, 22 h (e.c.). Comment un impérieux désir de magistrature suprême ne  se serait-il pas imposé à cet avocat venu à la politique, pourvu d’une conjonction Jupiter-Uranus en X, à la fois maîtresse de Soleil-Mercure-Vénus et ramifiée à ceux-ci ainsi qu’à l’AS, outre une cuisante conjonction Lune-Mars du Bélier ? . Astralités positives de style bonapartiste, risquant toutefois de friser la comédie à la de Funès. Toujours est-il qu’un tel relief configurationnel pousse à aller jusqu’au bout du possible. Nicolas Sarkozy y est parvenu le 6 mai 2002, alors qu’il entrait dans la tranche de l’une des plus puissantes configurations de réussite de sa vie, avec le passage d’Uranus au triple trigone de son trigone lourd Saturne/Jupiter-Uranus.

Le nouvel occupant de l’Elysée allait attaquer son quinquennat dans le style uranien personnalisé de la surprise et de l’impromptu, dans une fièvre de renouveau. Dans le temps actuel de cet écrit qui est celui d’une nouvelle conjonction Jupiter-Neptune, il est trop tôt pour savoir si ce président réussira l’entrée du cap de ce nouveau cycle de la Ve République, sous lequel devrait s’esquisser un renouveau historique de cette Ve  République.

 

François FILLON :

Le Mans, 4 mars 1954, 21 h 15 (e.c., acte n° 583 D.G.). Le Président-Premier ministre en place, quotidiennement en spectaculaires manifestations publiques,  s’est adjugé le concours d’ un Premier ministre idéal, ultra-Poissons, homme enclin à l’effacement personnel, se fondant dans ce qu’il fait et où il se donne, tel un personnage occulte, outre que l’un et l’autre ont en commun la même double culmination Jupiter-Uranus. C’est lorsqu’Uranus, venu du MC, a transité son Soleil entouré de Mercure, Lune et Vénus de 7° à 22° du signe, qu’il est entré à Matignon en  mai 2006. Alors que le passage de Saturne a l’opposition de cet amas, qui m’avait fait penser à un possible départ du pouvoir, s’est apparemment soldé par une saison de lumbago.

 

Aperçu global :

Pour peu que l’on veuille bien s’y prêter, au long de cet exposé, on n’aura pas manqué de relever la répétition de configurations que l’on s’attendait à rencontrer. Ainsi, la fréquence des positions angulaires, en particulier celles retenues par Gauquelin chez les politiques. En particulier les angularités de Jupiter (de Gaulle, Chaban-Delmas, Messmer, Rocard, Cresson, Bérégovoy, Juppé) et de la Lune (Couve de Murville, Chaban-Delmas, Messmer, Giscard d’Estaing, Barre, Mauroy, Jospin, Raffarin), outre quelques conjonctions Soleil-Jupiter (leurs aspects aussi, trigones et oppositions) et avec également une forte présence martienne, notamment aux angles. De même, sur le champ des transits, pour l’accès au pouvoir, la fréquence de ceux reçus par le Soleil (en répétition de conjonction chez Chirac et Bérégovoy) et Jupiter avec le MC ou son maître, conjonctions et trigones surtout. Ainsi que les conjonctions et dissonances, cette fois,  frappant le Soleil, Jupiter, Saturne et Mars dans les déconvenues et dépossessions du pouvoir. Tout autant se perçoit le réseau interne des liens entre ces personnages qui cohabitent et se succèdent au pouvoir. Maillon de positions communes avec embranchements et ramifications en une filiation qui se transmet de Président à Premier ministre, l’artère collatérale qui revient le plus de l’inter-connexion étant le contact direct (conjonction) inter-jupitérien ou soli-jupitérien, sinon celui du MC avec l’un ou l’autre ... C’est à travers tout cet ensemble que se lit en continuité une reconstitution historique de cette V’ République. Mais encore, il est d’autres signes qui se prêtent à la lecture.

 

CALENDRIER  SOLAIRE

 

Nul doute que les passages des astres lents sur les positions du Soleil et de la conjonction Jupiter-Neptune à 3°- 4° du Scorpion ont scandé les temps les plus forts de cette république. Procédons maintenant à l’inverse en observant ce qui se passe lorsque c’est le Soleil qui transite annuellement cette grande conjonction, ce qui survient autour des 26-28 octobre, conjoncture annuelle fondatrice (sauf dissonance solaire), ainsi qu’au front négatif que l’opposition dresse autour des 23-25 avril.

L’exemple significatif est l’abandon du pouvoir par de Gaulle le 28 avril 1969. Passage souligné du fait que c’est une endeuillée conjonction Soleil-Saturne qui s’y produisait : la mort du père. Faisons entrer dans la danse le corps à corps des configurations interpersonnelles, à la manière de l’opposition Soleil-Jupiter de Mitterrand qui, d’une part, applique à l’Uranus-AS du général ainsi qu’à la conjonction jovi-neptunienne de notre république, et, d’autre part, s’y oppose en antagoniste : parfaite ambivalence d’un adversaire qui n’en continue pas moins la prolongation de l’œuvre.

Jean-Marie Le Pen (La Trinité-sur-Mer, Morbihan, 20 juin 1928, 3 h, e.c.) a son Jupiter à 3° du Taureau, flanqué par conjonction d’un agressif Mars de fin-Bélier. On comprend qu’il puisse être l’ennemi politique n° 1 du régime et que le transit solaire à sa puissante conjonction le serve. Aux élections présidentielles de 1974, son médiocre score n’atteint pas le 1 %, mais c’est un 5 mai. L’effet de surprise survient aux présidentielles de 1988 où il obtient 14, 39 % de voix : cette fois, elles ont lieu le 24 avril, au Soleil se joignant Mercure et Jupiter sous les trigones de Saturne-Uranus. Puis il obtient 15,1 % aux suivantes du 23 avril 95. Enfin, le Soleil est à 1° du Taureau le 20 avril 2002 quand, atteignant 17 % de suffrages, Le Pen dépasse Jospin au point de se représenter au second tour face à Chirac ! Nous avons ici une répétition significative :

22 avril 1961 : putsch des généraux d’Alger.

17 avril 1964 : de Gaulle opéré de la prostate.

27 avril 1966 : Affaire Ben-Barka à l’ordre du jour.

26 avril 1967 : L’Etat réclame des pouvoirs spéciaux.

21/27 avril 1968 : début de la crise de mai 68.

27 avril 1969 : départ de de Gaulle.

28 avril 1970 : J.P. Sartre à « La Cause du peuple ».

26 avril 1971 : Grève d’enseignants contre la loi Debré.

25 avril 1972 : La CGT décrète une grève générale.

25 avril 1974 : Important meeting unitaire de la gauche.

21 avril 1976 : Lecanuet président des centristes.

26 avril 1981 : Mitterrand talonne Giscard d’Estaing.

25 avril 1984 :Un million de personnes dans la rue.

28 avril 1985 : Mitterrand refuse de démissionner.

26 avril 1987 : Le Pen candidat à la présidentielle.

24 avril 1988 : Réélection de Mitterrand.

1er mai 1993 : suicide de P. Bérégovoy.

19/21 avril 1995 : Mouvement de grèves.

Etc … (Documentation de « La Cinquième République 1958-1995 » du Monde).

 

Naturellement, à l’inverse se présentent les temps forts de notre Ve République aux passages solaires sur la grande conjonction elle-même qui tombent autour des 26/28 octobre. Le cas le plus représentatif est le référendum du 28 octobre 1962 où l’élection présidentielle au suffrage universel est massivement votée, accompagnée d’un raz de marée gaulliste de 233 UNR (plus 36 Républicains démocrates), la République gaullienne du Président étant puissamment instituée, et c’est .le 4 novembre 1965 que le  général annoncera sa nouvelle candidature pour l’élection présidentielle du 5 décembre suivant où, après un ballottage, il sera reconduit pour un second quinquennat.

 

L ‘ ESSAI  PREVISIONNEL

 

Je reviens d’une longue randonnée d’observations de mondiale en ayant parcouru, au fil de ces années, déjà dans plusieurs ouvrages,  puis dans  « Les Cahiers astrologiques », mais surtout sur l’ensemble des numéros de « l’astrologue », les principaux aspects interplanétaires qui s’y sont déroulés. Naturellement, du même coup, la série de ses quatre cycles Jupiter-Neptune ; d’autant que – observation d’affinités -  mon Soleil personnel du 1er octobre est voisin de celui du 28 septembre, outre que mon Mercure à 2° du Scorpion est sur la conjonction Jupiter-Neptune de cette Ve République.

Par observation doit se comprendre la recherche engagée d’un lien entre fait astral et fait historique, dans la nécessité de savoir si ce lien est fondé. Simple devoir d’honnêteté intellectuelle, ce qui est advenu devant cautionner l’anticipation comme un rendu de vérité par effet miroir, et cela dans le cadre d’un exercice répétitif en série continue. Ici, il faut reconnaître qu’on est gâté pour le contrôle, puisque nous faisons passer le phénomène cyclique au tourniquet de la succession de ses mêmes phases, prévoyant globalement, outre le renouveau ou la relance à ses conjonctions, l’avancée de ses sextils, l’affirmation de ses trigones, ainsi que la crise de remise en question de ses carrés, et de ses renversements aux oppositions, clair contraste propre à dissiper les contrefaçons..

Contentons-nous ici d’enregistrer  seulement ce qui est à retenir de l’interprétation faite des carrés et des  oppositions Jupiter-Neptune à leurs successives tranches d’aspect.

Le premier texte est un chapitre intitulé : « France : la fin du gaullisme » paru dans « La crise mondiale de 1965 » (Albin Michel, 4e trimestre 1963). J’y fais état de la première opposition Jupiter-Neptune du régime : «C’est le reflux de l’U.N.R. et du gaullisme. En ces derniers mois de 1964 et surtout en ces premiers mois de 1965, le vent tourne en France, le gaullisme est en perte de vitesse ; le parti qui l’incarne s’effrite ou se fractionne et les partis d’opposition ont le vent en poupe. » Résumé des faits (revoir l’aspect) :  un front d’opposition au gaullisme se constitue alors, avec le centre compris, de Gaulle étant mis en ballottage par Mitterrand aux présidentielles de décembre 1965. La brisure est faite, mais mon erreur d’interprétation a été de croire au départ effectif du général de la présidence, limite qu’il ne fallait pas franchir. La reproduction du cycle qui accompagnait le texte montre que le carré suivant allait tomber sur « V-1968 ». En outre, rattrapage qui n’est pas dénué d’un encens de prophétisme dans la formulation de l’inconnu, le texte finissait sur cette citation symbolique, formulée cinq ans à  l’avance : « Mais le train Ve République ne risque-t-il pas de dérailler avant la fin du cycle, sous le coup de l’intrusion dans son circuit des facteurs groupés Uranus-Pluton de 1968-1969 ? »

Le carré suivant a fait l’objet d’une note du n° 25 (1er trimestre 1974) : «  Le cycle  Jupiter-Neptune de la Ve République va passer par la phase du carré qui se produira le 19 avril, le 27 octobre et le 2 décembre 1974. Phase annonciatrice d’un temps de crise pour le régime. Signalons que le climat de cette tendance pourra se faire remarquer plus particulièrement à l’une ou l’autre des étapes suivantes qui sont celles des relais solaires, mercuriens ou martiens à ce carré : autour des 16-19 mai, du 30 mai au 10 juin, des 16-21 octobre, du 2 au 8 décembre et de fin décembre. »  Georges Pompidou est mort le 2 avril, à 17 jours du carré, et à la première date de relais de l’aspect, le 19 mai, la France avait un nouveau président à l’Elysée, tandis qu’à la seconde, l’UDR n’était plus au pouvoir avec l’investiture du ministère Chirac.

Passons de l’opposition précédente à la suivante. Dans un texte du n° 26 (2e trimestre 1974), intitulé : « De Pompidou à Giscard d’Estaing », consacré au septennat de celui-ci, je terminais ainsi cet écrit  : « Nous arrivons à l’opposition Jupiter-Neptune en juin 1977. C’est à cette phase que peut le plus se faire le renversement de la tendance permettant à l’opposition de l’emporter et de prendre à la majorité un pouvoir acquis de justesse et désormais menacé. » Or, le seuil fatidique des 50 % est franchi par l’opposition de gauche, pour la première fois, aux élections municipales de mars 1977, tandis que la droite se divise avec la fondation du RPR par Chirac. 

De là nous passons au carré suivant, exact en septembre 1980 et reformé à 6° d’orbe en mai-juin 1981 J’en ai présenté une note dans le n° 48 (4/1979) :  « Le carré Jupiter-Neptune du 9 septembre 1980 : crise du régime en France ? Les 12-13 septembre 1980, le Soleil au centre d’un carré Vénus-Mars, passera en conjonction de Jupiter et au carré de Neptune. Dissonance constituant le relais majeur du carré Jupiter-Neptune. 12 ans plus tôt, sous la même phase involutive du cycle antérieur c’était mai 68. Pour cette mi-septembre, est-ce l’annonce d’une nouvelle crise grave de la Ve République ? Le pronostic mérite considération. » Certes, à l’état brut, il y a erreur sur le calendrier. Il ne s’est rien passé en cette mi-septembre de critique (hormis le franc-parler du Premier ministre Raymond Barre mettant à mal sa relation avec le Président Giscard d’Estaing) ; à moins, toutefois, de considérer une amorce de l’événement avec, le 20 septembre, une première rencontre au sommet PS-PC depuis 1978, les deux partis convenant de « favoriser les convergences qui pourraient se manifester sur le terrain ».

Néanmoins, ce qui venait de s’amorcer allait se cristalliser en choc avec  la première alternance au retour du carré en orbe (6°-7°) du printemps 1981 La répétition des deux figures présentes est significative à ce sujet, la première au cœur de la crise de mai 68 et la seconde aux élections législatives de juin confortant l’élection présidentielle de François Mitterrand.

La systématique de répétition du même a sa subtilité : le champ conjoncturel du moment en décidant, c’est toujours en fonction de la situation qui s’est présentée sous l’aspect précédant que se déchiffre celle de  l’aspect suivant. Au sextil qui précède le nouveau carré d’avril 1987, la gauche ne faisant plus face à la situation, un accord électoral RPR-UDR  redonne une majorité à la droite, la faisant revenir au pouvoir avec une cohabitation Mitterrand-Chirac de marche-arrière. De sorte qu’à ce carré de l’année suivante, c’est cette nouvelle équipe au pouvoir qui subit la dissonance avec l’arrivée inattendue d’une situation bouleversante : le poids nouveau du Front National avec le lancement de Le Pen dans une campagne présidentielle brisant, cette fois, le front de la droite. Ce qui fait qu’au trigone suivant accompagnant les élections présidentielles du 8 mai 1988, François Mitterrand sera réélu, la nouvelle assemblée législative de juin lui étant plus propice. Je n’avais donc pas réussi à donner un sens à la crise de ce carré.

Logique de la continuité : nous repassons à la nouvelle opposition en juin 1990, sans avoir non plus défini quelle en serait la manifestation critique. Ici s’est accompli le renversement du courant précédant avec la déconfiture du congrès du PS de Rennes, au surplus en climat de scandales divers. Avec un Président qui avoue enfin publiquement l’existence de son cancer et qui faillit démissionner cet été même, la gauche française s’effondre, le PC n’étant plus qu’un  parti mineur et la tendance socialiste se cherchant en interrogation social-démocrate.

A propos du carré suivant  de septembre 1993, je rappellerai seulement cette citation du n° 98 (2 – 1992), relative à Pierre Bérégovoy : « Avec le carré de Saturne à sa conjonction Mars-Saturne, février-mars 1993 situe le temps le plus critique de son expérience ministérielle. A 5° d’orbe se présente un carré Jupiter-Neptune , indice de tournant pour la Ve République. » Le 29 mars, celui-ci remettait la démission de son gouvernement au Président et, le soir même, Edouard Balladur devenait Premier ministre. Les élections législatives des 21 et 28 mars avaient provoqué un raz de marée sans précédent de la droite à la Chambre, avec l’effondrement des socialistes. Une fois de plus, nous avons donc une nouvelle alternance, et ce nouveau pouvoir va s’étaler sur le parcours de cet aspect.

Avec l’entrée de Jacques Chirac à l’Elysée sur la fin du cycle 1984-1997, j’allais prendre le risque d’un pronostic bien précis  Au n° 112 (4/1995), dans un texte intitulé : « De François Mitterrand à Jacques Chirac », après avoir situé un climat d’épreuve du pouvoir au nouveau président, j’aboutissais à cette conclusion : « Le tournant à venir de notre pays se pointe à la prochaine conjonction Jupiter-Neptune de l’entrée de 1997. Elections anticipées conduisant le nouveau président à vivre à son tour une cohabitation inverse à celle du duo antérieur Mitterrand-Chirac ? On se le demande. » A ce renouveau cyclique, et compte-tenu des dissonances frustrantes du Président, l’idée d’une cohabitation relevait du fait que Lionel Jospin avait, comme le Scorpion Mitterrand président-Janus, aigle à deux têtes, une opposition Soleil-Jupiter pouvant elle aussi réactiver le carré Soleil-MC/Mars-VII de Jacques Chirac, outre que la venue au pouvoir de celui-ci en fin de cycle l’avait installé dans la fragilité.

Au surplus, cela allait m’engager à formuler une ultime interprétation concernant l’opposition jovi-neptunienne de 2002, dans un texte du n° 118 (2/1997), intitulé : « D’Alain Juppé à Lionel Jospin » : « Et maintenant, que faut-il penser de ce renversement de situation ? Quelle perspective d’avenir ?

Il faut d’abord chercher la réponse au-delà des conjonctures personnelles, au-dessus des hommes. Le fait fondamental, c’est qu’à la berge de la conjonction s’engage une recharge d’histoire de ce que le cycle est censé véhiculer. Ici, avec la conjonction Jupiter-Neptune, la V’ République renaît avec la vitalité d’un recommencement en phase évolutive jusqu’à l’opposition Jupiter-Neptune de 2002. Ce courant part donc sur un élan prometteur, sur une forte lancée. Il va buter d’abord sur le semi-carré d’avril 1998 : une crise, un désaccord au sein de la nouvelle majorité ? C’est en février-mars 1999 que le sextil peut asseoir des résultats positifs, établir une situation meilleure. Plus difficile est le cap du carré de juillet 1999 à mars 2000 : une vraie crise ; un changement d’orientation avec une équipe nouvelle ? Vient le trtgone de juillet 2000 à avril 2001 avec ses promesses d’épanouissement, en attendant l’opposition.

En outre, ce processus cyclique spécifique bénéficie d’un heureux sinon exceptionnel encadrement. Cela rend inadéquate la comparaison de ce retour de la gauche avec sa première arrivée de 1981 : nous nous enfoncions alors dans les années les plus basses de l’indice cyclique, tandis que ce même indice repart et s’engage vers un sommet à l’entrée du nouveau siècle. Le cycle Jupiter-Uranus également renouvelé qui escorte parallèlement notre cycle national fait espérer que l’expérience socialiste puisse bénéficier de la condition indispensable d’une reprise économique européenne et générale, voire un retour à la prospérité, surtout à partir du sextil du printemps 1999. Au surplus, nous quittons le carré Jupiter-Saturne avec le drame des vaches folles et autres gâteries europessimistes, pour traverser cette année le sextil de ce cycle : et si s’aplanissait la montagne de difficultés que l’on se représente actuellement pour aboutir à la monnaie unique ? L’Europe européenne a de fortes chances d’être établie au renouveau de sa conjonction prochaine.

L’histoire ne se répète pas non plus avec les hommes. Il faut convenir qu’avec un Soleil en opposition de Jupiter et au carré d’une conjonction Saturne-Neptune, outre Pluton au MC, Mitterrand ne pouvait qu’avoir une expérience du pouvoir orageuse, tourmentée et dramatique. Rien de tel avec Lionel Jospin. Son puissant et solide Jupiter du Capricorne s’insère dans une harmonieuse structure hexagonale autrement rassurante : et si son expérience réussissait ? D’autant que son Jupiter harmonique est au trigone du Jupiter de Jacques Chirac : l’entente des deux hommes est fort probable, pouvant même se révéler excellente. L’épreuve du pouvoir s’annonce et jusqu’en mars-avril 1998, du fait du carré de Saturne à son opposition Soleil-Jupiter. Un bien meilleurs temps se signale avec la boucle du Jupiter sur son AS, de mai à décembre 1998, à l’approche du sextil du cycle. C’est là que nous devrions savoir si l’aventure socialiste n’était pas top utopique. »

Il n’est pas question ici de s’étendre sur le parcours du ministère Jospin, renvoyant au chapitre sur les aspects du cycle, mais d’évoquer sa durée. Il était né sous la conjonction du cycle et, dès ce départ, le pronostic de sa durée probable jusqu’ à l’arrivée de l’opposition était donc formulé. J’en ai fait un rappel dans mes Prévisions astrologiques pour le nouveau millénaire (Dangles, 1998) : «  … opposition d’août 2002 à juillet 2003 : ici, le vent tourne d’une façon significative, ce qui a un parfum de crise, de changement, d’arrêt ou de renouveau. Nous sommes entrés dans la phase involutive du cycle jusqu’à sa reconduite à la conjonction suivante de 2009. » Or, à un trimestre de là se produisit le tournant décisif des élections présidentielles : Jospin était éliminé au premier tour derrière Le Pen, avec Chirac II passant de 19 à 82 % des suffrages. De  la conjonction à l’opposition, la France   avait re-basculé de gauche à droite.

En ayant laissé de côté les interprétations des aspects harmoniques, comparativement positifs, tel est le bilan prévisionnel déposé dans la corbeille de ces quatre cycles Jupiter-Neptune. Si, de cette somme, l’on est loin d’aboutir à une reconstitution générale de l’histoire de notre Ve République avec ses principaux tournants critiques et changements significatifs, du moins devrions-nous en reconnaître une approche authentique.

 

La Ve République et l’astrologie.

 

Incontournables sont les rapports entre l’astrologie et le pouvoir, même s’il n’en subsiste que des incidences du fait que notre connaissance, en veilleuse ou désertée, n’a pas accès aux marches du palais.

Un rappel anodin en est donné à l’occasion du IIIe Congrès international d’astrologie de Düsseldorf en 1936, à l’ouverture duquel fut lu cet accueil de Adolf Hitler : « Je remercie cordialement les participants du IIIe congrès astrologique international et du 15e congrès allemand pour leurs vœux et je leur réciproque les miens et souhaite pleins succès à leurs travaux. ». Il n’y avait pas lieu d’y voir un signe particulier, tout congrès international, quel qu’il soit, étant salué par le chef de l’Etat ; lequel, d’ailleurs, imbu de la Providence, ne croyait pas à l’astrologie selon ses propres déclarations à son entourage ; occasion pourtant regrettable, en une ivresse du vide d’adversaires, d’inepte dénonciation de collusion sinistre, sinon maudite. D’autant plus que les collègues allemands ont payé très cher leur passion intellectuelle pour avoir été collectivement coffrés en camp de concentration au lendemain de l’évasion, aérienne en Angleterre de Rudolf Hess en mai 1941, pour la bonne raison que celui-ci aurait trafiqué avec l’astrologie.

Plus récemment, au début de 1988, la presse nous révéla que Nancy Reagan consultait régulièrement une astrologue de San Francisco, influençant son mari Ronald, alors président des U.S.A. Selon le « Philadelfia Enquirer », « c’est ainsi Madame Reagan qui aurait tenu à fixer à 13 h 30 l’heure de la signature du traité FNI par le président Gorbatchev en décembre dernier » (Le Monde, 5 mai 1988).. Et de moquer allègrement cet enfantillage présidentiel comme s’il était ridicule en soi de faire appel au système solaire lui-même pour information concernant la santé de notre planète, la bigoterie du rationalisme ne valant pas mieux que la croyance du chapeau pointu.

Les Reagan banalisent la généralisation d’une écoute honteuse de l’astrologie. Entouré d’experts trop souvent pris en défaut, l’homme d’Etat, même sceptique, sur qui pèsent de lourdes responsabilités, peut ne pas entièrement se fermer au savoir hétérodoxe, empruntant  précautionneusement la voie intermédiaire d’une oreille familière ou discrète. J’ai personnellement bien connu ce genre de consultation d’autorités françaises et même étrangères, secrètement recueillie d’une épouse ou d’un intime. Outre que, tout au long des trente-cinq années qui précèdent la chute du mur de Berlin et ses conséquences, la prévision à répétition de son tournant en était faite astrologiquement, alors que sur le champ, ce fut une surprise éclatante pour toutes les autorités !

Mais le rapport entre le pouvoir et l’astrologie n’en reste pas là, celle-ci étant bonne à tous les prétextes, intox comprise. Tel est le cas survenu au général de Gaulle à la sortie de la Seconde Guerre mondiale, en une pitoyable clownerie astrologique.

Ainsi s’est présentée la campagne de presse dirigée contre lui par  « L’Humanité » du 14 mai 1947, dans sa rubrique : « Le fer dans la plaie ». et titrée : « Le Scorpion de la République et le Soleil du général » ; prétendant que Rumélius (il s’agissait de mon frère Armand) était « astrologue patenté du R.P F. », « le fatalisme » étant la « dernière arme secrète de la Réaction » ; ceci pour discréditer le général « chouchou du zodiaque » ! Le 8 janvier 1948,  « Libération » annonce que « le ministère de l’Intérieur aurait bientôt sa section d’astrologie,  moins dans le but de connaître l’avenir, des services astrologiques existant à la Maison Blanche et au Kremlin  » ! Le 25 janvier suivant, le « Parisien libéré » présente Rumélius comme « l’astrologue officiel du ministère de l’Intérieur ». Puis le 20 février, « l’Humanité » expose en première page un article de Pierre Hervé intitulé : « Astroform contre Kominform », dans lequel il tente de discréditer Jules Moch, alors ministre de l’Intérieur, en le déclarant conseillé par Rumélius « spécialiste en sciences secrètes » ! La vérité est que mon frère fut seulement le conseillé d’une éminente personnalité du régime, mais à titre privé, sans plus.

S’il faut faire état d’un rapport direct entre le général et l’astrologie, c’est celui d’une lecture particulière. J’avais publié dans le n° 91 des « Cahiers astrologiques » (mars-avril 1961) un article intitulé : « Quand la guerre d’Algérie finira-t’elle ? », dans lequel j’avais situé la fin probable de cette guerre en février 1962 (accords d’Evian), soit seize mois avant qu’elle n’arrive réellement, en précisant que ce serait le fruit d’une négociation, alors non encore engagée. Or, à l’occasion de leçons que je lui donnais, j’avais fait part de ce texte à l’épouse d’un ministre en exercice, lequel s’avisa de le communiquer au chef de l’Etat : ainsi fut-il bel et bien lu, mais sans commentaire … On apprit plus tard que le général daignait prêter écoute aux informations prévisionnelles que lui fournissait un militaire astrologue de ses relations.

Nous devons cette information à un article de Josette Alia publié dans le Nouvel Observateur du 3 août 2000, intitulé : "L'astrologue de De Gaulle parle". Avec une interview du commandant Maurice Vasset, Résistant de la première heure (Bir Hakeim, Koufra... jusqu'à Toulon en août 1944). Après Salan, de Lattre de Tassigny et Valluy, c'est au Général qu'il remet son thème à la mairie de Toulon, document bien empoché, début d'une relation suivie : "Je ne peux rien divulguer parce que je suis doublement tenu au secret, en tant que militaire et en tant qu'astrologue. D'ailleurs, cette double casquette a facilité longtemps mon incognito. On me voyait parfois parler avec de Gaulle en tête à tête, mais qui aurait pu croire qu'il s'agissait d'astrologie ? Je peux seulement dire que j'ai eu avec le Général des relations suivies, que je lui ai fait part des informations que je voyais pour lui. Le 15 novembre 1944, au camp de Valdahon, dans le Doubs, en présence du Général de Lattre et de Winston Churchill, de Gaulle a d'ailleurs écrit au dos de sa carte du ciel : "Vasset, vous êtes un bon soldat mais aussi un bon astrologue". Un précieux autographe que j'ai fait authentifier ensuite par la commission des manuscrits. (...) Il tenait compte, parfois, me semble-t-il, de certains éléments que je lui avais indiqués. Mais après la crise de mai 68, quand je me suis rendu à l'Elysée où il m'a reçu, pour lui déconseiller d'organiser un référendum que je voyais perdu, il n'a pas voulu me croire. Il avait déjà décidé et rien n'aurait pu le faire changer d'avis."

Quant à Georges Pompidou qui ne s’en est pas caché, avec l’esprit de curiosité amusée qu’on lui prête, on peut dire qu’il fut le premier client d’Astroflash. A l’ouverture même de cette innovation astro-informatique des Champs Elysées, deux motards étaient venus prendre possession du texte le concernant. J’ignore ce qu’il a pu penser de l’interprétation faite de son entrée à l’Elysée sous  la culmination de son Saturne et plus encore celle de son Saturne en X (revoir texte de « l’Astrologue » n°7, 1/1969).

On sait aussi – le sujet a été débattu dans le milieu qui tient au respect du secret de cabinet, dévoiler seulement le nom d’un consultant connu étant déjà une faute inadmissible, de goût en tout cas -  ce que furent les relations entre Elizabeth Teissier et François Mitterrand   (« Sous le signe de Mitterrand », Edition n°1 1997). Mais, en fait, ce rapport que nous traitons ici, dans le cadre de la Ve République est allé bien au-delà de l’entretien de consultation, ceci grâce à Maurice Druon ( 1918-2009), Secrétaire perpétuel de l’Académie Française (1986-1999, et qui fut Ministre des Affaires culturelles dans le deuxième gouvernement de Pierre Messmer en 1973. 

Maurice Druon « ne se donne nullement pour versé en astrologie dont il ne connaît que les rudiments. Mais il y a été rendu attentif par les circonstances de la vie et par les lectures, les voyages et les recherches qu’il a effectuées pour certains de ses ouvrages, notamment « Les Mémoires de Zeus » et » Alexandre le Grand » dont il a conté la vie sous la fiction des souvenirs de l’astrologue du conquérant, Aristandre de Telmessos. Il est convaincu qu’un jour la science expérimentale se penchera avec sérieux sur ce grand système de correspondances entre les révolutions des astres et le destin des humains qui était un des fondements de la pensée  des Anciens ».  Ainsi se présente-t-il dans le dernier texte « Sur la durée du mandat présidentiel » sur lequel je reviendrai tout à l’heure.

Son premier :  « Durée du mandat présidentiel et rythme historique du pouvoir » , a été présenté à la session de printemps de l’Académie du Royaume du Maroc et publié dans « La Revue des Deux Mondes » de juillet 1985, avec l’autorisation de le reproduire dans le n° 72 (4 – 1985) de  «  l’astrologue ».

Il commence sur le débat politique : « Quatre ans, c’est trop court. Sept ans, c’est trop long. Cinq ans, c’est boiteux … Dans les pays pourvus d’institutions démocratiques et où la fonction de chef de l’Etat est exercée, non par un souverain exerçant le principe de continuité, mais par un président élu, jamais, nulle part, et quelle que soit la constitution, on ne se dit satisfait de la durée du mandat présidentiel. Cette durée est objet de permanentes discussions. »

Ce débat y fait l’objet d’une argumentation détaillée qui l’amène à prendre en considération le rythme duodécimal du cycle de Jupiter, astre de l’autorité, du pouvoir. Non pas qu’il se contente d’une idée simple, ramassée dans les débris de la tradition, mais parce qu’il s’est engagé dans une recherche approfondie pour vérifier si l’histoire la justifiait. Or, le résultat de son exploration vaut absolument d’être connu. Il précise que « ce rythme semble ne jouer absolument pas pour les règnes infortunés et les princes médiocres. Rois faibles ou peu doués ; hommes d’Etat sans caractère et sans succès, accèdent au pouvoir, disparaissent, sont élus, s’effondrent, sans qu’on puisse relever aucune fréquence de cycle. C’est pour les grands règnes ou les règnes très longs, pour les magistratures suprêmes déterminantes, pour les hommes qui ont vraiment marqué l’Histoire (…) que l’on voit apparaître le cycle de douze ans, avec, chose également notable, des demi-cycles de six ans qui constituent une échéance intermédiaire. » Il est donc de première nécessité de prendre connaissance du bilan obtenu par Druon, assisté d’historiens. En voici la liste entière.

Clovis, fondateur de la dynastie mérovingienne, règne trente ans, c’est-à-dire deux cycles de douze ans et un demi-cycle de six ans.

Pépin le Bref, fondateur de la dynastie carolingienne, meurt dans la dix-huitième année de son règne.

Charlemagne disparaît à la fin du quatrième cycle duodécimal.

Robert le Pieux , dont la durée au pouvoir assura les débuts de la dynastie capétienne, régna trente-six ans, trois cycles.

Philippe 1er , son petit-fils, quarante-huit ans, quatre fois douze.

Louis IX ou Saint-Louis , connaît ses plus grands revers – il est fait prisonnier en Egypte – autour de ses vingt-quatre ans de règne.

Philippe le Bel  remporte son plus grand succès – l’installation de la papauté en Avignon en 1309 – après vingt-quatre ans de règne ; il meurt six ans plus tard : deux cycles, un demi-cycle.

Charles V le Sage , du début de la régence à la fin du règne :  vingt-quatre ans.

Louis XII meurt dans la dix-huitième année de pouvoir.

Henri II reste près de douze ans au trône et meurt accidentellement.

Louis XIV , qui a l’un des règnes les plus longs de l’histoire universelle, et qui est un des symboles du pouvoir triomphant, accomplit exactement six cycles, soixante-douze ans.

Louis XV , autre roi ayant longuement régné, disparaît en fin de son cinquième cycle, dans sa cinquante-neuvième année.

Louis XVI  dure dix-huit ans avec la fin tragique qu’on sait.

Louis-Philippe, dix-huit ans.

Napoléon III , dix-huit ans.

« Je dois reconnaître que quelques grands rois manquent, si je peux dire, à l’appel ; ce sont Philippe Auguste, Louis XI, François Ier – mais, peut-on, dans son cas, parler, sauf pour les arts, d’un grand règne ? – et Henri IV. Encore faudrait-il se livrer à une analyse fine des étapes et échéances les plus importantes de leur gouvernement. »

« La fréquence du rythme duodécimal, et semi-duodécimal, n’en est pas moins suffisamment évidente pour qu’on ne puisse pas ne pas s’interroger à son propos. »

« Faisons à présent quelques sondages à travers divers pays et périodes. Les conquérants, les fondateurs et restaurateurs d’empires, les dictateurs semblent illustrer l’existence de ce cycle jupitérien. »

« Toutes les expéditions, exploits, victoires, fondations d’Alexandre le Grand , qui reste à jamais l’archétype du conquérant, tiennent en moins de treize ans, le début de ses revers, et surtout de la perte du contrôle de soi-même, se plaçant dans la douzième année. »

Constantin le Grand , qui établit le christianisme dans l’empire romain et fonda Constantinople, a un règne de trente ans et quelques mois.

Timour Lenk (Tamerlan) disparaît dans la trente-sixième année de sa domination.

Mehemet II , qui prit Byzance et y installa la puissance de l’empire ottoman, accomplit deux cycles et demi : trente ans.

Charles Quint abdique trente ans après être devenu roi d’Espagne.

Philippe II occupe le trône d’Espagne quarante-deux ans ; trois fois douze plus six.

Le destin politique de Cromwell , entre son accession au Parlement et sa mort, se déroule tout entier en dix-huit ans.

Gustave Ier de Suède , fondateur de la dynastie Vava, règne trente-six ans et quelques mois.

Frédéric Guillaume , Grand électeur, organisateur de l’armée et de la puissance prussienne, quarante-huit ans.

Pierre le Grand , trente-six ans.

Alexandre Ier , vingt-quatre ans.

Nicolas Ier , vingt-quatre ans.

Pour Napoléon 1er , le cycle de douze ans est comme souligné par un tracé double : cycle du pouvoir réel, qui va du Consulat (1802) à l’abdication de Fontainebleau, douze ans ; cycle impérial, qui part du couronnement en 1804 et se termine après la défaite de Waterloo, dans la douzième année.

Mussolini meurt exécuté dans la vingt-quatrième année de sa prise de pouvoir..

Hitler s’écroule et se suicide dans la douzième année après être devenu chancelier du Reich.

Faut-il encore interroger les destins de très grands Premiers ministres ou chefs d’Etat élus ?

Richelieu reste dix-huit ans au pouvoir.

Mazarin , dix-huit ans également.

Pour Disraeli , qui fit couronner la reine Victoria impératrice des Indes, douze ans s’écoulent entre la formation de son premier ministère et la fin du second, lui-même mourant un an après.

Plus près de nous, je citerai :

De Gaulle , hors du pouvoir pendant douze ans, revenu au pouvoir pour le quitter au bout de onze ans, et mourir l’année suivante.

Georges Pompidou , Premier ministre en 1962, mort au début de 1964.

Caramanlis , qui connut onze ans d’exil, suivis d’un retour au pouvoir pour onze ans, et fut amené à démissionner dans cette dramatique douzième année.

Il n’est jusqu’aux régimes qui ne paraissent  être affectés du rythme duodécimal, comme si c’était non seulement les personnes qui exercent le pouvoir mais le pouvoir lui-même dans son principe qui se trouvait en cause.

La IIIe République en France – 1875-1940 – dure cinq cycles complets et tout près d’un demi-cycle, pour s’écrouler à l’orée de la soixante-sixième année.

La IVe République couvre exactement douze ans : 1946-1958.

On peut déjà relever des cycles dans l’histoire de la Ve République :

Première période, correspondant à la présidence du Général de Gaulle – 1958-1969 - : onze ans.

La seconde période que l’on peut dire, en gros, des continuateurs : 1969-1981 : douze ans.

La troisième période s’est ouverte en 1981. Attendons la fin du demi-cycle.

Mon confrère, le président Edgar Faure, m’a dit avoir été lui aussi frappé par la durée, tournant autour d’une douzaine d’années, qu’il a décelée dans la maturation des phénomènes révolutionnaires. De la guerre des farines – 1776 – sorte de répétition générale de la Révolution française, au début de celle-ci : un peu plus de douze ans. Et du dimanche rouge de Saint-Pétersbourg à la prise du Palais d’hiver. »

Ce texte s’achevait naturellement en faveur du choix préférentiel d’un mandat de six ans. Mais aussi, cette enquête historique conforte la pratique astrologique, car, pour peu qu’on veuille bien respecter son honnêteté intellectuelle, il est difficile de ne pas reconnaître de cet ensemble représentatif de cas, une évidente répétition du phénomène cyclique jupitérien.

Maurice Druon a remis cela, à l’occasion d’un nouveau débat national, avec un second article évoqué à l’entrée de ce texte et publié dans le n° 131 (3 – 2000) de « l’astrologue », lequel commence ainsi :

« Il y a des années que j’essaye d’en convaincre les responsables politiques. J’en avais parlé, déjà, à Georges Pompidou qui ne s’y était pas montré, féru d’histoire classique comme on le connaissait, complètement insensible. Dubitatif seulement, mais intéressé. C’était, hélas, dans les derniers mois de sa vie.

La meilleure durée du mandat présidentiel, celle qui peut ménager les échéances les plus favorables, soit dans la transmission, soit dans la reconduction, ce n’est ni sept ans ni cinq ans, mais six ans, et renouvelable.

Cette assertion ne s’appuie pas, j’en conviens volontiers, sur aucun argument rationnel. Mais les arguments avancés en faveur du septennat ou du quinquennat le sont-ils davantage ? En quoi l’âge de Mac-Mahon constitue-t-il une assise rationnelle de l’un ? Et en quoi la coïncidence entre mandat présidentiel et durée d’une législature aurait-elle valeur rationnelle, alors que cette coïncidence peut, ou bien être brisée par un accident du destin, ou bien obliger à une cohabitation permanente, paralysante pour l’exécutif ? ».

L’auteur élabore ensuite une justification cosmologique de cette corrélation, fondée par l’ accompagnement de l’ensemble des observations qu’il avait déjà recueillies et auxquelles il ajoute le cas nouveau de Hassan II qui a régné trente ans (1961-1991).

 Et l’on n’a pas de mal à allonger la liste : les 48 ans de Castro (1958-2006), les 36 ans de Salazar (1932-1968) et de Tito (1944-1980) : les 30 ans de Hafez el-Assad (1971-2001); les 24 ans de Staline (1929-1953) : les 18 ans de Kemal (1920-1938), de Brejnev (1964-1982) et de Honecker (1971-1989 ; les 12 ans de Roosevelt (1933-1945) et de Khrouchtchev (1952-1964), outre les 6 ans de Churchill, etc…

Les entretiens personnels que j’ai eu l’honneur d’avoir, à plusieurs reprises Quai de Conti, avec Maurice Druon, vivement intéressé en raison de son constat historique de durée du pouvoir à la remorque de Jupiter, et, parallèlement, de l’expérimentation prévisionnelle du cycle Jupiter-Neptune de la Ve République qu’il suivait de son côté, élargissent le champ de l’investigation astrologique. Il est naturel et il était même nécessaire de découvrir ce cycle jupitérien dans l’ordre de l’exercice général du pouvoir, cette révélation historique lui étant redevable. Il est non moins naturel que ce rythme ne s’observe qu’au niveau supérieur de sa manifestation ; de même que l’angularité au plan individuel des catégories sociales (Mars chez les sportifs, militaires …) n’est observable qu’avec les personnages les plus qualifiés. Mais aussi, dans le cadre de notre Ve République, l’observation des phases de conjonction et d’opposition des cycles Jupiter-Neptune successifs éclaire la dialectique du processus d’alternance thèse-antithèse à travers lequel l’histoire s’y déroule pour accéder à de successives synthèses renouvelées.

Arrivant maintenant au portail du nouveau cycle Jupiter-Neptune avec la relance de son actuelle conjonction jusqu’au versant de l’opposition de 2015, qu’au moins l’on en puisse tenter un aperçu prévisionnel.

La conjonction de 1971 a marqué la fin de l’ère gaulliste et la naissance de l’opposition mitterrandiste (congrès d’Epinay). La suivante de 1984 trace la chute de l’expérience socialiste du pouvoir, le court redressement social-démocrate de Fabius étant suivi (semi-carré) du retour de la droite au pouvoir. Et à la dernière de 1997 se reproduit une nouvelle alternance avec la venue de la gauche plurielle de Jospin à Matignon.

Il devrait ne pas faire de doute qu’à l’actuelle de 2009 (l’orbe s’étale jusqu’au printemps 2010), essence d’un recommencement, un champ politique nouveau se configure, mais de quel bord viendra cette transition  ? Ce peut être, comme en 1971 et 1997, une renaissance de la gauche, repartie sur de nouvelles bases, en promesse de conquête future du pouvoir, perspective d’alternance à venir, d’autant que le président actuel s’est installé à l’Elysée en fin de cycle, comme ce fut le cas pour Mitterrand en 1981 et Chirac en 1995. Sinon, le pouvoir présent n’est-il pas appelé à se métamorphoser, investissant  les valeurs incarnées par l’adversaire, pour reconduire nouvellement la marche de cette Ve République ? Si, avec ce « ou bien – ou bien » », la prévision reste inachevée, c’est déjà  quelque chose de sa part que d’ ouvrir une perspective en en fixant le jalon au pied de cette conjonction, telle la levée d’une graine promettant la venue d’une floraison au sextil suivant de 2011, etc...

Soit, on est loin d’arborer le triomphe d’une astrologie revêtue d’une parfaite parure de la cyclicité. Néanmoins, à avoir suivi pas à pas les successifs aspects de ce cycle Jupiter-Neptune sur déjà un demi-siècle, n’est pas sans rendre compte – et un ensemble prévisionnel en ayant témoigné – à la manière d’une plante qui croît sous nos yeux, de l’exercice fonctionnel d’un chef d’œuvre évolutif de la nature où se module le devenir historique, même si la prévision qu’on en tire n’est encore qu’un hors d’œuvre du repas du futur.

Un dossier de cette Ve République, avec ses notes déposées au gré de chaque rencontre et se frayant une voie malaisée, croupissait depuis plus de deux décennies dans un tiroir, et en étant loin de savoir quand je viendrais à bout de sa composition. Or, comme une bénédiction de son périple, il allait se produire que cet aboutissement survînt en ce temps de conjonction jovi-neptunienne  localisée précisément sur mon Ascendant. Certes, bien que je n’aie rien fait intentionnellement pour cela, cette observation ne vient pas ici pour y dresser une plaque commémorative. C’en est assez, seulement, de pouvoir penser d’elle que le moment devait être propice à bien mener cette tâche, en lui conférant une convenable finalité. Je l’espère en tout cas.

 

Paris le 7 décembre 2009.

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