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astralités de la parenté

 

 

Il est permis de dire que le « père » de ce qu’on appelle, depuis lui d’ailleurs, la formule lui revenant, « l’hérédité astrale », est Paul Choisnard. Ce sujet d’étude s’étale sur la majeure partie de ses nombreux ouvrages, où il revient comme un leitmotiv : pour tout dire, c’est la pièce maîtresse de son œuvre.

 

Son thème en témoigne d’une façon éloquente : maître du Milieu du ciel, le Soleil forme une triple conjonction avec Mercure et Jupiter en secteur IV, trio qui reçoit un trigone de l’Ascendant et dont le maître, Uranus, est en Cancer. Et tandis que cette hérédité astrale est actuellement définitivement acquise, Uranus transite cette conjonction.

 

C’est en 1900 que Choisnard publie son premier livre : Influence astrale (Chacornac), composé d’une série d’articles parus depuis deux ans dans diverses revues, le chapitre IV, de 14 pages, étant entièrement consacré à l’ « atavisme astral ». Il reconstituera d’ailleurs cette entrée en campagne en première page de son livre intitulé : La Loi d’Hérédité Astrale (Chacornac, 1919) : C’est en 1900 que j’écrivis mes premières notes sur cette question nouvelle de « l’hérédité astrale » ; mon but principal était alors de montrer, par des exemples frappants, les ressemblances curieuses de beaucoup de ciels de naissance entre parents. Quand je donnai mon Etude nouvelle sur l’hérédité (Chacornac) en 1903, de nombreux exemples m’avaient déjà porté à conclure que la « naissance normale tend à s’effectuer, non pas sous un ciel quelconque, mais sous un ciel d’une certaine analogie avec celui des parents », ce qui montrait à priori une liaison entre l’hérédité et le ciel de naissance, c’est-à-dire une « influence astrale » (ou du moins exprimée par les astres) qui est réelle pour l’homme.

 

A partir de quoi Choisnard campe le décor d’un sujet exemplaire quant à l’impartialité du choix. Quand on se rappelle les « magouilles » autour de la sélection des champions sportifs, il n’a pas tort : Or, chacun peut constater que le « choix » ne saurait offrir plus de garantie d’impartialité que lorsqu’il s’agit d’envisager, comme ici, des comparaisons héréditaires vis-à-vis des père, mère, frères et sœurs. Et il insiste à plusieurs reprises sur ce choix non suspect des cas à soumettre, (…), à l’abri de toute accusation de sélection suspecte. Et encore : Le grand avantage ici de la statistique est qu’elle porte sur des individus dont la sélection est sans ambiguïté et d’ordre impersonnel.

 

Choisnard en vient à la mise en scène des configurations qui contribuent aux ressemblances astro-héréditaires, qu’il compare aux ressemblances physiques des visages observées  entre parents. C’est d’ailleurs un coup d’œil physionomique des cartes du ciel qui s’impose bien souvent : la similitude de traits communs des deux figures astrales qui se rapprochent, s’apparentent, ont « un air de famille ». Il s’agit presque de réplique partielle. Choisnard en arrive à dire : Je dois ajouter aussi que, non seulement ces ressemblances (astro-héréditaires) sont encore plus frappantes que celles des visages humains, mais qu’elles ont l’avantage de comporter une appréciation plus précise au sujet de la valeur démonstrative des éléments de détail. Pour celui qui est familiarisé avec les figures de nativité, celles-ci arrivent à prendre, par la coordination de leurs éléments variables, une véritable « physionomie très nette », bien plus caractéristique que l’expression physique des traits du visage.

 

Dans cet ouvrage de 1919, on voit que c’est ce « regard » qui s’impose : Aussi, les 40 cas environ, qui composent jusqu’ici la liste du recueil que je continue de publier, sont-ils donnés à titre « d’exemples » plutôt que de « preuves », bien que plusieurs d’entre eux (correspondant à des maximums de ressemblance exceptionnelle) représentent déjà à eux seuls de véritables résultats de statistiques.

L’exemple I, présenté dans Influence astrale, est celui du couple Napoléon III (Paris, 20 avril 1808, 1 h) et son fils (Paris, 16 mars 1856, 3 h 15). Aussitôt de constater les Ascendants à 12° du Capricorne, avec Jupiter en Poissons côte à côte, une commune conjonction  Mercure-Vénus, des positions en II …

On le voit, c’est l’ensemble des trois registres de facteurs qui entrent en piste : positions zodiacales, positions en maisons et aspects. De là une mise en équation statistique de chacun de ces facteurs. Car son but est là : comparer au cas général des nativités quelconques, le cas des nativités de parents proches pour voir si les analogies visées sont manifestement plus  fréquentes dans le second cas que dans le premier.

 

Parmi les pièces à conviction, il présente la Lune au même lieu du zodiaque, élément indicateur partiel d’hérédité et en même temps de faculté innée, et il ajoute la position du Soleil semblablement (page 46), un pourcentage supérieur en ayant été obtenu.

L’ouvrage s’achève sur une galerie de cas – extraits des recueils de ses deux études précédentes – qui constituent un véritable cabinet des merveilles, un vrai jardin des délices astrologiques.

 

Cela commence sur un trente-deuxième exemple, qui est celui d’hérédité collatérale de deux cousins germains issus de pères qui étaient frères et de mères qui étaient sœurs. L’un né à Amiens le 14 juin 1865 à 19 h 45, et l’autre à Alger le 5 juin 1866 à 14 h 15.. Deux thèmes remarquablement ressemblants. Presque des copies conformes : Il serait impossible de trouver, dans les 365 jours de l’année 1866, une autre journée aussi nettement favorable que le 5 juin aux analogies visées.  

 

Son trente-troisième exemple (exposé déjà dans Preuves et bases de l’astrologie scientifique, Chacornac,1908) est celui d’Alphonse XIII (Madrid, 17 mai 1886, midi) et de son fils, le Prince des Asturies (Madrid, 10 mai 1907, 12 h 35) ; il bat un record de superpositions : mêmes Ascendant, Soleil, Mercure, Vénus, avec répétition de deux mêmes aspects et d’une liaison Vénus-Jupiter-Uranus.

 

Son trente-quatrième exemple (figurant préalablement dans Influence astrale de janvier 1913) est celui de Charles-Quint (Gand, 24 février 1500, ancien style, 4 h 34) et de son fils, Philippe II (Valladolid, 21 mai 1527, a.s., 14 h 48). On est aussitôt frappé par le retour d’une quintuple conjonction des mêmes planètes, un commun Saturne au Fond du ciel et une répétition d’aspects : trigone Mars-Neptune, sextil Mercure-Saturne, liaison Lune-Vénus …

Son trente-cinquième exemple (repris d’Influence astrale de mai 1913) est celui d’Edmond Rostand (Marseille, 1er avril 1868, 17 h) et de son fils, le comédien Maurice Rostand (Paris, 26 mai 1891, 19 h). Il reproduit 9 aspects semblables, 3 planètes dans les mêmes maisons et 2 planètes dans les mêmes signes, outre Jupiter angulaire et une superposition horizon-méridien. Le père d’Edmond (Marseille, 23 juin 1843, 10h) avait comme son propre fils l’Ascendant en Vierge et Jupiter également angulaire au Descendant.

 

Son trente-sixième exemple traite des similitudes des deux petits-fils de Guillaume II (Potsdam, 4 juillet 1906, 9 h 15, et Potsdam, 9 novembre 1907, 9 h 30) entre eux et avec leur père, le kronprinz (Potsdam, 6 mai 1882, 20 h), puis la famille de l’empereur d’Allemagne.. Quant au dernier de cette série, il se consacre à la famille Romanov en signalant, en particulier que le père, Alexandre III (Saint-Pétersbourg, 10 mars 1845, 17 h) et le fils, Nicolas II (Saint-Pétersbourg, 18 mai 1868, midi), ont ensemble la superposition d’une conjonction Lune-Jupiter en Bélier, outre que la mère, l’impératrice Marie Feodorowna (Copenhague, 26 novembre 1847), en a une en Cancer. Entre mère et fils se reproduit un carré de Vénus à conjonction Lune-Jupiter, et plus largement, Uranus participe à cette dissonance commune et sur des positions communes Bélier-Cancer.

 

Pour revenir aux premiers exemples de sa série (Influence astrale), son n° 3 est celui d’Ampère le savant (20 janvier 1775) et de son fils le littérateur (12 août 1800), chez lesquels se reproduit un trigone de Mercure à une conjonction Lune-Mars, triangulé l’un à l’autre, outre une commune conjonction Soleil-Vénus. Le n° 4 est celui d’un père né le 9 août 1787 et d’un fils du 17 août 1817, avec cinq semblables positions du Soleil, de Mercure, de Vénus, de Mars et de Saturne.. Et  son n° 5 est celui d’une famille de dix enfants, avec mère née au lever du Soleil et père né au coucher du Soleil, six enfants étant nés au soleil levant et un autre au soleil couchant. Etc …

 

Choisnard continuera de présenter d’autres exemples (on a l’embarras du choix) comme, dans Les Preuves de l’Influence astrale sur l’homme (Chacornac, 1927), les thèmes de Maurice Sand (Paris, 30 juin 1823, 3 h) et de ses deux filles, Aurore (Nohant, 10 janvier 1866, 3 h) et Gabrielle (Nohant, 11 mars 1868, 23 h), aux ressemblances spectaculaires. En y joignant d’autant plus la grand-mère, George Sand (Paris, 1er juillet 1804, 15 h), dont, avec le fils, le Soleil, Mercure et Vénus sont conjoints. Outre la répétition de l’Ascendant à la mi- Scorpion chez la grand-mère et les deux petites filles.

Au fur et à mesure que les années passent, notre initiateur nourrit son dossier. Dans L’Astrologie et la Logique (Chacornac, 1922), il évoque la similitude de la position zodiacale de la Lune, ou encore du Soleil, ou bien des diverses planètes, à partir d’une fréquence générale de (20/360 ou 1/18) 5,5 % - conjonction à 10° d’orbe – en comparaison de ciels quelconques. En relevant ainsi les similitudes sur 130 groupements de familles distinctes formant un ensemble de plus de mille comparaisons héréditaires, je suis arrivé, au lieu de 5,5 %, à une fréquence qui tend à se stabiliser entre 9 % et 11 %, et qui se vérifie facilement, par  statistiques progressives, dès les premières centaines de comparaisons. Les statistiques comparées portaient – je dois le dire – sur des nativités presque toutes françaises contemporaines et de milieux les plus divers.

 

Dans L’Influence astrale et les Probabilités (Félix Alcan, 1924), il consacre le chapitre VII à « La loi d’hérédité astrale » en s’attachant à la similitude des heures de naissance. Après avoir obtenu 10,5 % sur 1000 comparaisons, il déclare : Je suis arrivé à admettre que les similitudes d’heures des naissances étaient plus fréquentes entre parents qu’entre individus sans parenté ; en d’autres termes que la position du Soleil par rapport au méridien (ou distance angulaire entre ces deux positions) constituait un facteur d’hérédité et par suite d’innéité.

 

Tout cela le conduit, naturellement, à des conclusions logiques qu’il exprime de différentes façons. Retenons celle de La Loi d’hérédité astrale : Dans la disposition des astres des ciels de naissance, les ressemblances sont beaucoup plus fréquentes entre parents qu’entre individus sans lien de parenté, ce qui revient encore à dire que la nature tend à faire naître le nouveau-né sous un ciel d’une certaine analogie avec ceux de ses parents. Plus loin, il ajoute : Les influences qu’expriment les astres sont donc liées en partie à l’hérédité, y voyant une preuve de correspondance positive entre les astres et l’homme.

 

Dans Influence astrale, il avait déjà exprimé ce point de vue : La naissance normale ne s’effectue donc pas à n’importe quel moment, mais sous un ciel d’une certaine analogie avec celui des parents ; ce qui prouve a priori une liaison entre l’hérédité et le ciel de naissance, et, par suite, une correspondance réelle entre les facultés de l’homme et le ciel sous lequel il est né. Il est d’ailleurs facile d’écarter ici, avec le secours des statistiques et du calcul des probabilités, l’objection de la coïncidence fortuite.

 

Il reprend ce propos dans Essai de Psychologie astrale (Félix Alcan, 1925) : A ce sujet, il ne faut jamais perdre de vue qu’on n’a pas seulement telles dispositions parce qu’on naît sous tel ciel, mais qu’en même temps on naît sous tel ciel parce qu’on a telles dispositions ébauchées déjà d’après l’hérédité et la gestation. Du moins, c’est l’interprétation la plus juste que je connaisse, si l’on tient compte des résultats déjà acquis à l’expérience. Ces deux phénomènes biologiques concordent et sont vraisemblablement liés, surtout dans le cas normal. Car, à bien considérer la chose, on ne peut envisager l’un sans l’autre, étant donné la loi d’hérédité astrale. Si, en effet, les astres à la naissance n’exerçaient pas d’influence et d’orientation sur le nouveau né, la tendance qu’a la nature à faire naître l’homme sous des aspects astraux analogues à ceux de ses parents n’aurait aucun sens.

 

On le verra encore se répéter différemment dans Les Objections contre l’astrologie (Ernest Leroux, 1927) et dans Les Preuves de l’influence astrale sur l’homme (Félix Alcan, 1927) : L’homme ne naît pas normalement sous n’importe quel ciel ; il tend à venir au monde sous un ciel d’une certaine analogie avec celui de ses parents, en dépit des circonstances diverses qui peuvent faire varier l’instant de la naissance, d’ailleurs, souvent difficile à préciser. Cela montre que le ciel de naissance est déjà un indicateur au moins partiel de notre innéité.

Dommage que Choisnard n’ait pas pu apporter la preuve de sa découverte par ses sondages manifestement insuffisants. Il devait mourir quelques années plus tard, néanmoins convaincu de sa véracité.

 

DE  PAUL  CHOISNARD  A  KARL  ERNST  KRAFFT

 

La palme de la flèche dans le mil revient à Krafft en matière d’attaque du sujet.. On ouvre son Astrobiologie et, passée son introduction, son premier chapitre s’intitule : L’Hérédité astrale, et il concerne « l’hérédité de la date de naissance » :

 

Le premier problème que nous ayons abordé est celui de la coïncidence des dates de naissance que l’on constate si souvent pour les membres d’une même famille. Ces coïncidences, qui se rapportent au mois aussi bien qu’au jour, se rencontrent beaucoup trop fréquemment pour être attribuées à l’effet du hasard.

 

Suit à titre d’exemple un agenda familial où cette hérédité de la date de naissance semble particulièrement bien marquée ; exemple exposé lors d’une conférence en 1923 et déjà publié en 1927.

Entre les deux générations se remarquent les coïncidences des dates suivantes :

                                   17, 18 et deux fois le 19 mars,

                                   24 et 27 juin (mais.jumeaux)

                                   10, 12 et 14 octobre.

 

Suit une figure zodiacale de répartition solaire d’une même famille de 14 membres.

 Voici l’expression de ce fait sous forme d’un graphique obtenu comme suit :


Exemple d’hérédité de la position solaire

 Ont été inscrites les positions du soleil
pour le jour et l’heure de la naissance
des 14 membres d’une même famille

Après la présentation d’une répartition semblable du nœud lunaire dans une famille de 18 membres, puis de Mars en position topocentrique (16 fois au-dessus de l’horizon et 3 fois au-dessous) chez 19 membres d’une même famille, viennent deux exposés de figures de père-mère-enfant, présentant plusieurs facteurs communs.

 

Dès cette entrée en matière, Krafft formule sa loi d’hérédité : L’homme ne vient pas au monde sous n’importe quel ciel, mais sous un ciel qui montre une ressemblance très marquée avec le ciel de naissance d’autres membres de sa famille.

 

Au cours de l’ouvrage, il réévoque (pp. 103/105) l’hérédité de la date de naissance, aborde une exploration sur 700 membres de 52 familles. Il en retient un indice chiffré qui « ne laisse subsister » aucun doute sur l’existence d’une loi réglant les dates de naissance des enfants d’une même famille avec prédilection marquée du même jour. Et aux pages 146/151, il se livre à des « coupures suggestives dans des arbres généalogiques » où se répètent les phénomènes : mêmes concentrations, mêmes ensembles d’aspects …

 

Didier Castille va apporter une confirmation de cette prodigieuse « hérédité de la date de naissance », en particulier du même jour.

Ici, en revanche, Michel Gauquelin est déplorablement désavoué. Dans son Influence des astres (1955), il avait fait deux déclarations malheureuses portant sur le même sujet. A l’égard de Choisnard et à propos de « l’hérédité de la position du Soleil dans l’écliptique chez les parents proches » : Conclusion : Ici encore, malgré les affirmations de l’auteur, il n’existe aucune hérédité de la position solaire entre parents proches ; pas plus que pour la Lune. Et à l’égard de Krafft, toujours à propos de son « exemple d’hérédité d’un signe particulier » : Voilà tout ce qui concernait « l’hérédité astrale ». Concluons : Pour ce qui est du matériel présenté par Krafft, il n’existe absolument aucune preuve d’une influence des astres. Il est prouvé, au contraire, qu’il n’existe aucune relation « astrobiologique » quelconque dans ce domaine. Il estimera en avoir apporté une confirmation avec 3924 comparaisons dans un article du numéro 98 (mai-juin 1962) des Cahiers astrologiques et reconfirmera sa négation dans le n° 113 de la même revue.

 

MICHEL ET FRANCOISE GAUQUELIN

 

Après Les Hommes et les astres (1960), Michel Gauquelin publiait en 1966 (Présence Planète)  L’Hérédité planétaire. Il y présentait une statistique du même type que les précédentes, portant cette fois sur 16.037 comparaisons de 32.074 naissances de parents et enfants. Et il obtenait un résultat concluant : un père ou une mère né(e) au lever ou à la culmination d’une planète, tend à avoir une descendance présentant le même indice astral. Ce phénomène de transmission s’observe indifféremment  pour chaque enfant, mâle ou femelle, aîné ou puîné,, et passe en intensité du simple au double lorsque les deux géniteurs présentent une commune angularité planétaire.

Une restriction devait être observée. Gauquelin a comparé les résultats obtenus sur le groupe des naissances naturelles avec ceux du groupe des naissances provoquées, survenues dans des cliniques où les accouchements se font sur rendez-vous et aux « heures ouvrables ». Résultat surprenant : les corrélations d’astralités semblables de parents à enfants, frappantes dans le cas du premier groupe, tombent dans celui du second ! Les naissances provoquées, c’est-à-dire artificiellement venues, tendent à se faire « au hasard » et ne présentent plus, ou presque plus, la corrélation de la répétition du lever ou de la culmination de la même planète ; la « chute » des résultats est frappante dans un relevé ce 1.440 comparaisons à partir d’accouchements par césarienne ou forceps.

 

Un troisième bilan intéressant a concerné le classement de 16.000 naissances d’enfants en vue de les comparer avec l’agitation du magnétisme terrestre. 16.000 jours de naissance testés en fonction de la cotation de celle-ci, avec la constatation que la corrélation d’hérédité observée est plus accentuée les jours magnétiquement  perturbés que les jours calmes.

 

 

Une deuxième enquête a été effectuée par Michel et Françoise, dont a rendu compte, à leur « Laboratoire » en 1977 Replication of the Planetary effect in heredity  (Confirmation de l’effet planétaire en hérédité). Sur un total de 37.112 naissances représentant  18.556 comparaisons entre parents et enfants.  

 

 

 

 

 

 

Le premier tableau reproduit, pour chacune des expériences de 1966 et de 1976 ainsi que pour leur addition, un résultat comparatif obtenu, d’abord lorsqu’un seul des parents a la planète angulaire (ligne pointillée), et ensuite lorsque le père et la mère ont ensemble la même angularité (ligne pleine). Or, manifestement, le doublement de résultat dans le second cas prend un sens évident.

 

 

 

 

 

 

 

 

Les deux tableaux suivants exposent les résultats obtenus pour chaque planète lors de cette expérience nouvelle, puis dans l’addition des deux expériences. Ces résultats sont impressionnants pour les cinq astres concernés. Nul doute, ici, qu’une signature planétaire de type tempéramental a tendance à se transmettre de parent à enfant.

 

 

Peu avant sa disparition, Gauquelin a effectué une statistique sur 50.000 cas qui s’est révélée négative, ce qui a ébranlé la conviction de l’intéressé, sans pour autant l’astreindre à passer d’un tout à un rien, compte tenu de l’acquis antérieur épaulé des deux bilans sur les groupes professionnels et les mots-clés, la logique de ce résultat, à situer dans l’ensemble corrélationnel déjà obtenu, devant se comprendre comme seulement une atténuation de la valeur des résultats précédemment acquis en hérédité astrale .

 

Reste la question à se poser : l’absence des autres astres, muets, exclus comme inexistants. Le Soleil d’abord, qui doit sans doute son éclipse au fait de se fondre dans son signe. Mercure, Arlequin équilibriste dont l’école buissonnière relève peut-être de sa mutabilité. Et les trans-saturniennes, plus impersonnelles.

 

Dans cette nouvelle étude, le non-résultat des accouchements provoqués est renouvelé. Aucun effet planétaire n’est observé dans le cas de 1270 césariennes, et dans celui de 2830 accouchements aux forceps, l’effet ne disparaît pas mais est décalé en avant comme si la venue au monde était hâtée d’une heure environ. En outre, l’effet de l’agitation géomagnétique observé dix ans plus tôt se renouvelle.

 

Les Gauquelin signalent également, enfin, un décalage de l’effet d’une génération à la nouvelle, qui peut être la conséquence d’une meilleure préparation de la mère à l’accouchement naturel comme de l’usage de médicaments qui stimulent ou relaxent le muscle utérin. On observe ainsi une modification de la courbe nycthémérale des naissances (en haut), accompagnée (en bas) d’un effet qui rapproche l’astre de son lever et de sa culmination, de l’Ascendant et du Milieu du ciel..

 

Vient enfin l’interprétation de tous ces résultats. Dans son Hérédité planétaire, Gauquelin en arrive à la conclusion suivante : L’astre influence-t-il l’enfant à sa naissance en lui imprimant l’empreinte d’un caractère ? Non, l’effet planétaire déclencherait simplement la naissance à un moment donné, en fonction d’une sensibilité génétique que l’enfant hériterait de ses parents. L’influence astrale qui se révèle ainsi pendant la crise de la naissance n’est qu’un témoin du type de tempérament de l’enfant.

 

On revient ici au débat classique sur l’astre cause ou signe, agent actif, artisan du tempérament, ou simplement pur témoin accompagnateur de ce qui se fait sans lui ; sur le thème créateur ou seulement révélateur, celui-ci n’étant que le thermomètre de notre fièvre, se contentant de rendre compte de notre température. Choisnard a opiné en ce sens : L’enfant n’a pas tel caractère parce qu’il naît à tel moment, mais il naît à tel moment parce qu’il a ou aura tel caractère de par son hérédité (…) On naît surtout sous tel ciel parce qu’on a déjà tel caractère héréditaire. Selon ma propre formule : on n’est pas comme on naît, mais on naît comme on est, ce qui n’est pas sans poser un sacré problème ! En finale, Choisnard et Gauquelin se rejoignent. Et, au regard de l’incidence géomagnétique entrevue, il vaut de relire ce que le premier disait déjà en 1922 dans L’Astrologie et la Logique : Le rapprochement sexuel entre l’homme et la femme a ses lois d’harmonie. Les rapports d’influence astrale entre la conception et la naissance furent discutés jadis par Ptolémée et beaucoup d’autres astrologues, sans preuve peut-être, mais non sans vraisemblance. La « gestation magnétique » s’opère probablement de concert avec la gestation physique ; et la nature tend à faire naître le nouveau-né, si l’on peut dire, sous une ambiance de vibrations astro-magnétiques la plus conforme à l’aimantation héréditaire qu’il tient de la mère directement et du père indirectement. On voit ici à quel point la lecture de Choisnard n’est pas épuisée, justifiant l’intéressant article d’Yves Lenoble du n° 131 de L’Astrologue : « Paul Choisnard, son influence cent ans après chez les astrologues ».

 

LE  RETOUR  DU  ZODIAQUE  ET  DU  SOLEIL

 

On ne le sait que trop, ni le Soleil ni le zodiaque n’ont trouvé grâce auprès de l’impitoyable machinerie statistique des Gauquelin. Ceux-ci ont rendu compte de ces infortunes dans deux plaquettes de leur Laboratoire : Diurnal Positions of Sun, Mercury, Uranus, Neptune, Pluto (1978) et Zodiac and Character Traits, 1981

 

Dans la première, 15.560 notabilités sont testées par groupes de douze catégories professionnelles : dans aucune d’elles ne ressort d’angularité significative de l’un ou l’autre de ces astres, Soleil compris. Même résultat négatif pour l’hérédité, y-compris les jours d’agitation magnétique. Dans le second, l’enquête est la suivante : Tous les mots-clés décrivant l’influence des 12 signes furent tirés de 8 manuels astrologiques. Puis une comparaison fut faite entre les traits de caractère attribués aux sujets (testés) et le signe prédominant dans leurs horoscopes, c’est-à-dire le signe où se situaient à leur naissance le Soleil, la Lune et l’Ascendant. Bilan : résultat négatif, qu’il s’agisse du zodiaque tropique ou sidéral. Il faut reconnaître, ici, qu’on sent passer le vent du boulet ; mais, et si l’on avait toutefois vanné du vent ?…Pour notre part, nous nous demandons comment l’Horoscope lui-même pourrait survivre à une si fatale explosion ? Mais les Gauquelin ont ici un sérieux problème de logique à résoudre, se trouvant devant un bilan partiel bancal où, monstrueusement, tandis que des planètes parlent et que d’autres se taisent, le principal concerné, le Soleil, fait le mort. Aussi convenait-il de chercher la bonne manière de s’y prendre, accordée à la virtualité normalement présumée d’une continuité de résultats. Ne convenait-il pas plutôt – j’y reviens – de tester le Soleil angulaire signe par signe ? Et en cas de non résultat, de chercher encore une autre voie avant de se prononcer ?

 

Il vaut la peine de repasser par un nouvel examen des diverses statistiques zodiacales dont a rendu compte l’ouvrage de Geoffrey Dean, paru en 1977 sous l’égide de l’Astrological Association de Londres : Recent Advances in Natal Astrology. La première grande enquête, qui a fixé le jugement de nos adversaires, émane de E. Huntington, professeur à l’Université de Yale : Season of Brith (New York, 1938). Ce sont près de 300.000 naissances qu’il a testées sur une soixantaine de catégories de personnes. Rien d’édifiant n’en est sorti, encore qu’il y ait lieu de s’interroger sur la valeur de certains résultats. Ainsi, 14.774 ingénieurs ont un minimum de naissances autour de mai et un maximum en août-septembre. De même que 5364 industriels, 6876 médecins, 7038 clergymans ayant le même déficit autour de mai, mais un maximum en février-mars. Et si la triplicité Eau ne répond pas à 2050 officiers de marine, pas plus que la triplicité Air chez 5486 aviateurs pilotes de l’air, du moins le Verseau vient-il en tête avec ceux-ci. Une enquête de Recent Advances, rassemblant la somme de 24.267 cas du monde musical, fait manifestement prévaloir une dominante Verseau-Poissons significative Il y a donc à boire et à manger … Une autre volumineuse enquête, portant sur plus de deux millions de naissances, faite par A. Smithers, de l’Université de Manchester, dont a rendu compte The Guardian du 19 au 22 mars 1984 (« The Zodiac Test »), a livré certains résultats, mais que n’a pas manqué de contester Skeptical Inquirer en 1985. Bref, le zodiaque est encore un bazar statistique, aussi bien pour l’astrologue que pour l’adversaire. N’avais-je pas raison de répéter inlassablement que la planète est au signe ce qu’est le chiffre premier  au chiffre après la virgule ?

 

Toujours est-il que, condamné à ce prétoire statistique, le zodiaque revient en force, d’une façon inattendue, détournée, grâce au résultat obtenu par Ciro Discepolo. Car, entendons-le bien, s’il existe une tendance à ce que le parent transfère son signe solaire à l’Ascendant de sa progéniture, ce n’est pas du vide qui se véhicule : par obligation, le contenu de ce signe commun est chargé de signification, celle d’une valeur héréditaire transmise. Nous voici donc au début d’une nouvelle histoire du savoir astrologique.

 

En même temps, après n’avoir été qu’un abominable trou noir, maître Soleil nous revient. Sans lui, rien de décisif n’était possible. Or, voici que Sa Majesté pointe à l’horizon astrologique, sous la pression de l’immensité d’une population française, comme nous le dévoile Didier Castille. Et sa corrélation est d’une portée considérable : elle touche à la fois l’accouplement et l’engendrement, le mariage et les enfants. Revoyez cette crête étroite des conjonctions solaires d’où s’éloignent les deux pentes descendantes, au long desquelles se distendent de plus en plus les faits matrimoniaux, les unions conjugales d’un côté, et de l’autre, l’enfantement de ces époux, leur progéniture. Nous sommes là à un tournant décisif, ce double résultat solaire – hyménée et génération -  se présentant comme un verdict inexorable qui rend dorénavant irrévocable la cause astrologique ! Et à une telle échelle, il serait grotesque de le nier. Pour nous, Mercure est – enfin – aussi de la partie...

 


Gravure du Cabinet des Estampes

 

Une belle illustration française de ce tout solaire couple-enfants nous est fournie au cœur de la généalogie des bourbons par le Roi-Soleil (qui porte d'autant mieux son titre)


LOUIS XIV en soleil.
Costume du Ballet du 2 mai 1651

 

Qu’on en juge : ses parents, Louis XIII et Anne d’Autriche, sont du 27 et du 22 septembre ; leurs enfants, Louis et Philippe, du 5 et du 21 septembre ; et l’aîné, devenu Louis le Grand, n’est qu’à 16 jours du 21 septembre, anniversaire de Marie-Thérèse d’Autriche. Ce genre de rapprochement m’avait personnellement intrigué depuis longtemps. J’ai déjà dit ne pas avoir été insensible au fait que le Verseau était à la fois le signe solaire de ma mère et mon signe Ascendant, sans savoir s’il fallait s’y arrêter. Depuis, j’ai constaté que ma fille, Anne, a son Soleil de fin Capricorne conjoint au Soleil de ma mère, que ma nièce, Martine, a le sien en Verseau, comme d’ailleurs ses deux frères, Robert ayant le sien sur celui de sa grand-mère ; outre que ma petite-fille, Yanou, a son Soleil du Verseau sur mon Ascendant (et plus largement, une conjonction Soleil-Jupiter, en ayant une moi-même) … Je sais maintenant que ces similitudes ont le parler astrologique d’une évidente translation héréditaire.

 

En fait, si un but considérable est atteint, cette borne annonce aussi un nouveau départ, car tout commence vraiment pour faire enfin pleinement parler la consanguinité, en restituant à travers les similitudes ataviques les sagas familiales astrologiques. Chacun à son arbre astro-généalogique ! Je me souviens avoir d’ailleurs déclaré que lorsqu’une configuration de son thème s’observait également  dans un ou dans les deux thèmes de ses parents, celle-ci avait plus d’importance, de poids, par rapport aux autres ne présentant pas cette répétition.

 

Ici, les cancériens paraissent être particulièrement à l’honneur : Discepolo, Castille …Robert Gouiran aussi, qui paraît sensible à la pulsion de filiation ressentie au plus profond d’eux-mêmes. Dans « Chroniques d’une vie annoncée » (L’Astrologue n° 107), il définit comment une « géniture » s’exécute :  Au moment précis de la naissance, le thème astral s’engramme instantanément dans l’être en s’enroulant autour de son programme génétique selon un mutuel couplage indélébile. Et il y revient dans le n° 126, travaillé par l’inévitable filiation du thème natal en héritage

 

De la parenté génétique à la parenté spirituelle et à son mystérieux héritage transgénérationnel – comme celui que j’ai évoqué dans le n° 133 de L’Astrologue avec les cinq fondateurs de l’astronomie moderne, de Copernic à Newton – il n’y a qu’un pas. Comme s’il n’y avait pas de frontière entre le physique et le moral.

 

Ici, également, Choisnard fait œuvre de pionnier dès son Influence astrale de l’entrée du XXe siècle, où il nous livre un exemple qu’il traite en anticipant une hypothèse d’heure natale : Comme exemple, je citerai le cas de René Descharmes né à Charleville le 22 octobre 1881. Sachant qu’il avait commencé sa vie de littérateur à l’étude de Flaubert (né à Rouen le 13 décembre 1821 à 4 heures du matin), je fus curieux, ayant la date seule (sans heure) de Descharmes, de constater l’affinité intellectuelle qui pouvait être manifeste entre les deux écrivains. Ayant trouvé Mercure dans la même position zodiacale (ce qui déjà était d’un certain intérêt), j’en conclus que l’Ascendant devait être aussi le même chez les deux, ce qui devait donner pour Descharmes 7 heures du matin, comme moment de naissance. La mairie de Charleville devait confirmer son hypothèse, l’intérêt en la circonstance étant, ici, que Choisnard interprète ces affinités spirituelles de la même façon que les similitudes héréditaires.



Le Soleil dans sa course, d’après une gravure sur bois allemande du XVe siècle.
La tête auréolée de ses rayons, il conduit son quadrige évocateur
des quatre saisons de son cours annuel, le signe du Lion
qu’il gouverne constituant la roue de son char.

 

UN  PRECURSEUR :  KEPLER

 

Dans Les Preuves de l’Influence astrale sur l’Homme, Choisnard consacre un chapitre à « Kepler et l’hérédité astrale » :

 

J’avais prétendu jusqu’en 1927 qu’aucune œuvre astrologique ancienne n’avait fait mention de la loi d’hérédité astrale ; mais je m’étais trompé, car voici plusieurs extraits de Kepler qui y fait nettement allusion d’après ses observations personnelles.

 

Font suite ces citations que lui a fait parvenir son collègue luxembourgeois Ernest Hentgès :

 

… Je crois qu’à la naissance des enfants, surtout des premiers-nés (étonnant, non ?), les planètes ainsi que l’Ascendant et le Milieu du ciel se trouvent le plus souvent au même endroit du zodiaque ou en quadrature ou en opposition par rapport aux endroits occupés dans la nativité du père, et particulièrement dans celle de la mère ; je crois aussi que les mêmes aspects se reproduisent pour autant que cela est possible dans les quatorze jours les plus proches de la naissance et en tenant compte de la vitesse des astres. Je veux citer un exemple, quoique l’heure soit inconnue : à savoir le rapport qui existe entre l’empereur allemand Frédéric II et son petit-fils Konradin. Konradin est né en 1252 le 25 mars. A ce moment, le Soleil se trouvait avec Jupiter et Vénus au 13e degré du Bélier, Mercure au 15e degré du Bélier, Mars au 20e degré du Cancer, la Lune au 18e degré du Capricorne et Saturne au 28e degré du Sagittaire. Le grand-père, d’autre part, est né selon la tradition en 1193 le 26 décembre. A ce moment-là le Soleil était au 13e degré du Capricorne, Mercure et la Lune au 17e degré du Capricorne, Mars au 18e degré de la Balance et Saturne au 30e degré du Sagittaire.

 

Comme on le voit, il y a une remarquable concordance dans les quadratures, oppositions et conjonctions.

 

Autre exemple, moi je suis né quand la Lune s’approchait à 40° de l’opposition du Soleil. Chez mon fils aîné, il manquait à la Lune autant de degrés pour être en conjonction du Soleil. Chez mon deuxième enfant, la Lune avait dépassé pour autant de degrés l’opposition du Soleil ; chez mon quatrième enfant, la Lune était éloignée de 38° de l’opposition du Soleil ; chez mon troisième enfant enfin, la situation n’était guère changée, car la Lune était distante de l’opposition du Soleil de 40°, si l’on tient compte aussi du mouvement journalier de la Lune ; en effet on attendait la naissance un jour plus tôt. Je ne m’étends pas sur d’autres exemples.

 

D’après cela, je ne veux pas prétendre que tous ceux qui ont les mêmes constellations ou des constellations analogues soient parents ; je veux seulement dire que les parents ont le plus souvent des constellations semblables.

 

(De Stella nova, 1606, opera II, 611).

            Est-ce que, par exemple, ma mère a vu avec ses yeux les positions des étoiles, de sorte qu’elle savait que sa naissance avait eu lieu quand Mars, Vénus et Mercure formaient entre eux des sextils et des trigones et que par là elle mettrait au monde ses enfants, surtout moi, son aîné, intentionnellement à tels jours où se répétaient ces mêmes aspects autant que possible, surtout celui de Saturne et de Jupiter, ou à tels jours où la plupart des positions planétaires de sa nativité étaient reliées par des quadratures ou des oppositions et occupées par certaines planètes ? C’est ce que j’ai vu pourtant dans la plupart des exemples qui se sont présentés à moi jusqu’à ce jour.

 

(Astronomia nova, 1609, opera III, 319).

            … Remarque encore la ressemblance entre les nativités : tu as une conjonction du Soleil et de Mercure, ton fils l’a aussi. Vous deux avez Mercure placé derrière le Soleil. Chez toi Saturne est en trigone de la Lune et chez lui en sextil ; tu as presque un trigone entre Saturne et le Soleil, ainsi que lui. A la place de ton Saturne se trouvent chez lui le Soleil et Mercure. A la place de ta Lune se trouve ton Jupiter. Où chez toi se trouve Vénus, chez lui se trouve le nœud de la Lune (queue du Dragon). Ta Vénus et la sienne se trouvent en opposition. Chez toi Jupiter et Mars se trouvent ensemble et il en est de même chez lui. A la place de ton Jupiter se trouve presque son Mars.

 

En outre , je me souviens que pour la plupart des tiens, quelque chose est mal placé en maison VIII. C’est aussi le cas ici, car Mars est près de la VIII ème  maison.

 

Et maintenant l’exemple de mon fils : dans mon thème et dans le sien se trouve un trigone entre Jupiter et Saturne où Jupiter occupe les derniers degrés. Où se trouve mon Ascendant se trouve son Mars ; où se trouve ma Lune se trouve son Jupiter ; à la place de mon Mars est son Saturne. Mon MC correspond à la place de son Mercure. Moi, j’ai une quadrature imparfaite de Mars et de Mercure ; chez lui, on trouve un trigone imparfait entre les deux. On peut encore trouver beaucoup d’autres analogies.

 

 (Lettre de J. Kepler, du 15 mars 1598, à son maître et ami l’astronome Maestlin).

Dans son Kepler astronome astrologue (Gallimard, 1979), Gérard Simon fait allusion à deux reprises à cette découverte de l’hérédité astrale : …à plusieurs reprises, il commente son horoscope personnel. Dans le livre IV de L’Harmonie du monde (chap. VII), il se sert de son propre cas pour faire le départ entre ce qu’on peut et ne peut pas attribuer aux astres dans le déroulement d’une existence humaine ; et dans Sur l’Etoile nouvelle  (chap. X), il entend établir grâce à lui que les configurations qu’ils forment se retrouvent analogues lors de la naissance des enfants, en particulier du premier né, et des parents, tout spécialement de la mère. Il est si sûr de son fait … (p. 33). Puis à propos de la définition que Kepler donne de l’atavisme astral : A l’issue de la grossesse, la faculté vitale de la mère est incitée à déclencher l’accouchement lorsque les configurations qui sont en train de se former ressemblent à celles qui se sont imprimées en elle lors de sa propre naissance, ou encore (en raison de l’attirance des semblables) à celles du père.

 

C’est pourquoi les thèmes des enfants présentent si souvent tant d’analogies avec ceux des parents, et il est fructueux d’approfondir l’analyse d’un horoscope à l’aide de cette hérédité stellaire. (p. 222). Ainsi, le fondement naturel de l’hérédité astrale était déjà pour Kepler un mécanisme d’empathie astrale explicatif du déclenchement de l’accouchement, le fœtus sortant des flancs de sa mère les étoiles revenues aux lieux de l’engendrement paternel et maternel ou à une configuration pareille.

 L’éternel retour circulaire du même en un perpétuel recommencement dans le renouvelé.

 

En réalité, les prémices de la théorie de l’hérédité astrale nous sont livrées par Ptolémée lui-même, dès lors qu’il postule une similarité de conditions célestes entre les deux moments de la conception et de la naissance. Voici ce qu’il en dit, selon la traduction de Pascal Charvet dans Ptolémée, Le livre unique de l’Astrologie (Nil Editions) :

 

Et, s’il peut sembler que le ciel qui tout englobe ne contribue en rien à ce que le nouveau-né ait telle ou telle qualité au moment de la naissance, il contribue assurément à ce que le nouveau-né vienne au jour dans une configuration céleste  appropriée, car, une fois la formation du fœtus achevée dans toutes ses parties, la nature provoque la sortie du ventre de la mère dans des conditions d’un type analogue à celles qui modelèrent l’enfant dans le détail au moment initial. C’est donc avec raison que l’on pense que la configuration des astres au moment de la naissance est indicative de caractéristiques déterminées, non qu’elle en soit absolument l’agent créateur, mais en ce que, par une nécessité liée à la nature, elle est très similaire à ce pouvoir créateur. (Livre III –2).

 

Il suffisait de faire un pas de plus pour aboutir à la thèse de l’hérédité astrale, en germe au cœur du savoir traditionnel. La constatation en est aisée : la vieille guimbarde du corpus traditionnel mérite plus de considération que le sort dépréciateur qui lui est fait, ayant bourlingué longtemps à l’approche de plus de vérité qu’on imagine, et de l’affligeant bastringue de ses œuvres se détache cette pépite solaire qui est la plus riche mine de l’astrologie.

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