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Bilan des cycles planétaires

 

LE  CYCLE  SATURNE-NEPTUNE

 

RAPPEL  GENERAL

 

 

Le cycle planétaire est une ligne d’univers : de temps, d’espace, de mouvement et de substance, à laquelle participe ici-bas une histoire d’amplitude égale et d’évolution parallèle ,en une interaction entre permanence d’une structure et fluidité du changement.

La conjonction en est le moment fort et c’est en son temps que s’inscrivent préférentiellement les plus grandes pages de notre histoire. Toutefois, un point de chute historique tombant avec une grande conjonction n’implique pas une nécessaire liaison entre eux, une autre configuration accompagnatrice pouvant en rendre compte.

Ce qui garantit une corrélation est le suivi d’une durée. Le lien est fondé par une continuité, assuré par le déroulement d’un cours de tendance, à la fois à l’intérieur du cycle, d’un aspect à l’autre de ses phases, et, extérieurement, d’une conjonction à une autre du cycle suivant ; dans l’enchaînement du tout et de la partie au long d’un fil continu où se tissent les métamorphoses de l’histoire.

 

L’unité cyclique implique que ce qui est conçu ou ce qui naît à la conjonction, trébuche dans un désordre de différenciation préalable au semi-carré, pour disparaître ou survivre. Prend pied ou prend corps au sextil, s’implantant dan ses premières réalisations. Connaît au carré une crise intérieure par différenciation de ses deux facteurs ; divergence créant un climat de rupture, de déviation, de transformation. Dépasse cette tension au trigone : phase associative ou coopérative, porteuse de succès, chargée de réalisations, temps d’essor. Croissance qui s’essouffle ou s’affronte à des problèmes mineurs au sesqui-carré. Point culminant du cycle basculant sur la décroissance, l’opposition est le temps fort d’un conflit majeur qui, interne, dissocie le courant, engagé sur un déclin, ou, externe, franchissant un Rubicon, permet un dépassement dans un affrontement. Sur la voie plus passive du retour, le sesqui-carré amène souvent une retombée négative de la phase précédente. Avec le trigone se retrouve un climat d’accord, de coopération, dans un champ d’épanouissement, à tendance néanmoins défensive, conservatrice. Au carré, l’entente conçue à l’aspect précédent est remise en question ; sinon, climat de tension, de rupture, de transformation. Au sextil, les dégâts sont réparés ; nouveau resserrement des forces. Le semi-carré installe souvent une crise latente qui traîne plus ou moins jusqu’à la conjonction qui a valeur de bilan : finale de l’aventure, relance à un niveau supérieur ou encore, déplacement du processus historique.

 

C’est la nature des deux astres composant le cycle qui détermine la substance de la manifestation cyclique. Le courant neptunien est en résonance avec un climat public, l’idéologie d’une population, la foi collective d’un peuple. Celui de Saturne place celui-ci sur le registre de la condition prolétaire. Si Jupiter incarne le capital, Saturne représente le travail, la vie laborieuse et âpre des miséreux. Le courant neptunien saturnisé tend donc à prendre un caractère « sauvage » en se durcissant, en libérant une puissance concentrée, radicale, systématique ou extrémiste. Il est donc naturel que la conjonction de ces deux planètes puisse escorter des poussées collectives révolutionnaires, finissant par s’assimiler en particulier aux manifestations d’une extrême-gauche.

 

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CONJONCTION DE 1773 (21° Vierge)

 

La Boston Tea Party des 16-17 décembre 1773 (conjonction à 5° d’orbe recevant l’opposition de Jupiter et le carré du Soleil) est le point de départ d’une révolte des treize colonies anglaises de l’Amérique du Nord, qui va conduire à l’Indépendance des Etats-Unis en 1776. Evénement mondial capital : c’est la première libération coloniale.

 

CONJONCTION DE 1809 (6° Sagittaire).

 

Ce qui s’est produit en Amérique du Nord se passe, à son tour, en Amérique du Sud. Un soulèvement général éclate dans les colonies espagnoles de l’Amérique latine en 1810 : Venezuela, Argentine, Chili, Mexique …, qui conduira à l’indépendance de l’ensemble du continent au bout de longues luttes (à partir de celle du Venezuela en 1811). Par ailleurs, en Europe, le branle-bas des campagnes napoléoniennes sort les peuples de leur torpeur. Ceux-ci, blessés dans leurs traditions et leurs instincts, élèvent une hostilité sourde (la guérilla espagnole …) à la France conquérante, et de ces luttes nationales surgit un nationalisme européen, que l’on retrouvera plus actif que jamais à la prochaine conjonction. Aussi lointains l’un de l’autre et différents de nature qu’ils soient, ces deux épisodes sont liés : l’émancipation des colonies portugaises et espagnoles a résulté de l’occupation de la péninsule ibérique par les années napoléoniennes (Joseph Bonaparte sur le trône espagnol, Junot au Portugal), l’absence de souverains avec une vacance du pouvoir ayant amené les colonies à s’administrer elles-mêmes, Hidalgo et Morales donnant en 1810 le signal de l’indépendance.

 

CONJONCTION DE DECEMBRE 1846 (26° Verseau).

 

Naissance du marxisme. En 1847 ont lieu la création de la « Ligue des communistes », son premier congrès, et le lancement du Manifeste des communistes de Marx et Engels. En outre, 14 mois après la conjonction (14° d’orbe), mais sous la traversée qu’y fait le Soleil, en février 1848, un mouvement révolutionnaire s’empare du continent européen, à tendance tout à la fois patriotique, unitaire, libérale et prolétarienne. En deux semaines, ce mouvement embrasse et embrase presque tous les pays de l’Europe : la France, l’Allemagne, l’Italie, l’Autriche, la Hongrie, la Bavière, les duchés danois, l’Angleterre : soulèvements, pétitions, cortèges, agitation publique et ouvrière … En France, une insurrection parisienne renverse le roi Louis-Philippe (22/25 février) et proclame une seconde République, riche d’une idéologie humanitaire et de style prolétarien.

 

CONJONCTION DE 1882 (16° Taureau).

 

Naissance des partis socialistes européens. Après divers premiers pas, le premier groupe marxiste : « Libération du travail », est fondé en Russie en 1883 par Plekhanov, Lavrov, Axelrod. En France, en 1879-1880 se constitue un parti marxiste, le Parti ouvrier français, avec Jules Guesde et Paul Lafargue. En Angleterre est créé en 1882, par Henry Mayers Hyndman, un parti socialiste, la Fédération social-démocrate, parallèlement à la mise sur pied de la Société fabienne, dirigée par Sydney Webb et Bernard Shaw ; le futur Parti travailliste commencera à s’élaborer dans les années suivantes. A partir de 1880, le mouvement coopératif est dans une nouvelle phase de progrès en France et la première loi importante sur les assurances sociales est votée en 1883. En 1879 s’était formé le Parti socialiste belge, et en Allemagne, avec une certaine avance, s’était déjà constitué un Parti socialiste ouvrier qui avait obtenu un premier succès électoral en 1877. Ces divers partis font une entrée en scène sur les  vies politiques nationales de notre continent. Dans Le XIXe siècle (Le Seuil-Histoire, 1974), René Rémond résume ainsi cette étape : « Dans les années 1880, en Italie, en Espagne, en Belgique, aux Pays-Bas, en Scandinavie, surgissent des partis socialistes qui se réclament du marxisme. »

 

CONJONCTION DE 1917 (4° Lion).

 

La révolution russe. Prise du pouvoir en Russie le 7 novembre 1917 par le parti bolchevik, inaugurant le régime des Soviets. Année des mutineries dans les armées en guerre. Eveil révolutionnaire de l’Amérique latine autour de la conjonction, du  Congrès des Socialistes des Chiliens de septembre 1915 à la Conférence socialiste et ouvrière pan-américaine de Buenos-Aires d’avril 1919.

 

CONJONCTION DE 1952-1953 (21-22° Balance).

 

La mort de Staline en mars 1953 tourne une page nouvelle de l’histoire soviétique. Le communisme gagne du terrain en soutenant la cause de la décolonisation en cours et des nationalismes afro-asiatiques, brisant son isolement avec l’apparition du Tiers-monde. Première révolution ouvrière d’Amérique latine en Bolivie en 1952-1953.

 

CONJONCTION DE 1989 (10° Capricorne).

 

La chute du mur de Berlin le 9 novembre 1989 est suivie de l’effondrement immédiat des « démocraties populaires » de l’Europe de l’Est, aboutissant à la disparition de l’U.R.S.S. elle-même en décembre 1991. C’est là l’effondrement de tout un empire.

 

 

 

L E S      C Y C L E S

 

CYCLE 1846-1882 : De la naissance du marxisme à la création des partis socialistes.

 

Sous la conjonction, c’est tout à  la fois la doctrine du communisme qui fait son apparition et l’Europe qui est embrasée par une tempête révolutionnaire qui en ébranle les assises.

 

En 1849-1850, le mouvement est étouffé, mais le feu couve sous la cendre. Il faut attendre le trigone pour voir réapparaître le mouvement ouvrier (poussée de grèves), à la faveur de la crise économique de 1857.

 

L’opposition se présente de novembre 1862 à septembre 1863. La classe ouvrière passe par une phase de tension de 1862 à 1864. En 1863, Lassalle jette les bases de l’ »Association générale des ouvriers allemands ». La même année surgissent des associations ouvrières à Paris et pour la première fois, une liste ouvrière se présente aux élections de mai. En juillet, les signataires d’un Manifeste proposent aux chefs trade-unionistes d’organiser une association internationale ; ainsi naît en septembre 1864 la Première Internationale.

 

Cette Internationale devient une puissance attractive à partir du trigone de 1869, avec une montée en flèche des mouvements ouvriers en 1869-1870 et de premières élections de républicains. Des syndicats féminins font leur apparition.

 

Arrive le carré en 1873 : déchirée par des divisions intestines, l’Internationale éclate au congrès de septembre 1872, avec les exclusions de Bakounine et de James Guillaume, et ne devient plus que l’ombre d’elle-même.

 

Au sextil de 1876, une renaissance se prépare. Depuis l’année précédente, la Russie fait ses premiers pas révolutionnaires en fondant une « Union des ouvriers de la Russie méridionale ». En Allemagne, des groupes fusionnent en un Parti socialiste ouvrier, avec Liebknecht et Bebel. En France, un congrès parisien redonne un certain élan, mais la classe ouvrière ne compte pas encore sur le terrain politique.

 

Son réveil se produit à la venue de la conjonction de mai 1882 où vont se constituer les grands partis socialistes dans le monde. Déjà, en 1879 se forme à Bruxelles un « parti socialiste belge » et un Parti socialiste espagnol voit le jour. En France, un congrès ouvrier à Marseille en octobre 1879 commence à imposer la personnalité de Jules Guesde, sous laquelle va se constituer un parti socialiste français régulier. En Grande-Bretagne, Hyndman fonde en 1881 la Democratie Federation, d’inspiration marxiste, tandis qu’en 1883 naît le groupe « fabien », comprenant des célébrités intellectuelles, qui étudie les applications du socialisme. Déjà, en 1878, un parti communiste mexicain fait son apparition, mais surtout, le 15 novembre 1881 se crée à Pittsburgh une organisation syndicale décisive, la Fédération américaine du travail. Et surtout, en Russie (ou à Genève), Plekhanov fonde en septembre 1883 le premier groupe marxiste : « Libération du travail », d’où sortira le socialisme russe.

 

CYCLE 1882-1917 : Des partis socialistes européens à la révolution russe.

 

Au départ de ce cycle, les grands pays occidentaux ont leur parti socialiste et leur organisation syndicale. Une force nouvelle qui tend à intervenir activement dans l’exercice de la vie politique. Leur pression sur le pouvoir donne le départ à la législation sociale et à l’organisation du travail : protection légale des femmes et des enfants, surveillance des industries dangereuses … Dès les années 1880 s’édifie en Allemagne l’organisation d’assurances sociales que d’autres pays adoptent.

 

C’est au sextil de 1887-1888 que le mouvement socialiste et syndical prend définitivement corps. En 1889, les socialistes de tous les pays fondent à Paris la IIe Internationale. Le 1er mai 1886, la Fédération américaine du travail avait déjà imposé les huit heures aux employeurs, ce qui va devenir un objectif du mouvement européen. Ce courant prend toute sa force au trigone de 1892-1893. En France, des élections de 1893 envoient quarante députés à la Chambre et Jaurès s’impose comme tribun ; la même année, un congrès de la Fédération des Bourses à Toulouse donne le point de départ à la création de la C.G.T. (Confédération générale du travail), définitivement constituée en 1895. Depuis 1890, trente-cinq socialistes siègent au Reichstag. En 1892, un premier candidat travailliste entre à la Chambre des communes et joue un rôle décisif dans la fondation, l’année suivante, du Parti travailliste. C’est aussi en 1893, qu’arrivant à Saint-Pétersbourg, Lénine entame sa carrière politique.

 

Sous l’opposition de 1899, l’idéologie socialiste se fractionne, se fragmente. En France, l’entente est rompue l’année même avec l’entrée du socialiste Millerand dans le ministère Waldeck-Rousseau : c’est la scission entre Jaurès et Guesde. Un mouvement « révisionniste » du marxisme se déclare avec la parution du Socialisme évolutionniste de Bernstein. En Russie, libéré de Sibérie en 1900, Lénine prend la tête du mouvement révolutionnaire russe pour le durcir, et fonde en décembre, avec Plekhanov et Martov, son journal l’Iskra. Il entre aussitôt en conflit avec Plekhanov, ce qui devient la scission entre bolcheviks et mencheviks.

 

La période du trigone de 1906-1907 (sous pleine opposition Uranus-Neptune que franchit Jupiter) est un temps fort de luttes et d’avancées sociales. En Russie, manifestations sanglantes, grandes grèves, Douma, soviets. En France, en 1906, le mouvement syndicaliste fixe au congrès d’Amiens les principes de son action, et aux élections, radicaux et socialistes emportent une victoire. En Grande-Bretagne, 1906 est l’année où se forme le Labour Party, qui obtient vingt-neuf sièges aux élections. Les socialistes emportent également bon nombre de sièges en Autriche-Hongrie aux élections de 1907. Et c’est en 1906 qu’est fondée la C.G.T. italienne.

 

Sous le carré de 1909-1910, le syndicalisme français entre en crise (démission de Griffuelhes en 1909) et de grands, mais difficiles, combats ouvriers ont lieu un peu partout (les postiers en France, les dockers en Angleterre). Au sextil de 1912, le parti allemand devient le groupe le plus puissant du Reichstag, tandis que les élections de la quatrième douma donnent une victoire bolchevique.

 

Quand arrive la conjonction de 1917, l’Europe éprouve une grande fatigue de la grande guerre ; des mutineries, avec fraternisations des tranchées, éclatent dans les armées, un vent de révolte soufflant sur les combattants. Et en Russie, c’est la révolution qui donne le pouvoir aux mains des bolcheviks.

 

CYCLE 1917-1953 : De la révolution russe à la fin de l’ère stalinienne.

 

 Conjonction (août 1917) : La révolution d’octobre. En Russie, les soviets s’emparent du pouvoir et instaurent la dictature du prolétariat sous la direction du parti bolchevik avec Lénine et Trotsky. Le pays est en proie à la guerre civile, doublée d’une intervention d’armées étrangères, restant isolé du monde. C’est la situation critique du « communisme de guerre ».

 

Semi-carré (octobre 1921) : Le chaos et la N.E.P. 1921 est l’année chaotique la plus critique. Outre le typhus qui se répand, la famine règne, qui frappe des millions de personnes, et les productions agricoles et industrielles tombent au niveau le plus bas. En mars se produit l’insurrection de Cronstadt, qui ébranle un pouvoir qui se cherche encore, et, peu après, une série de décrets consacrent la « nouvelle économie politique » (N.E.P.) qui est un retour au libéralisme capitaliste pour apprendre la pratique du pouvoir.

 

Sextil (décembre 1922-septembre 1923) : L’U.R.S.S.. Ayant triomphé du chaos et de la guerre, le nouveau régime entre dans une phase de stabilisation. Les frontières du pays fixées, le 30 décembre 1922 est signé le traité de l’Union des Républiques socialistes soviétiques (U.R.S.S.), qui forme un Etat fédéral dont le régime est défini par la Constitution de juillet 1923. Dans le même temps, le régime est reconnu par de nombreux Etats : Angleterre, Italie, France, Japon, tandis que les conférences de Gênes et de La Haye (1922) marquent l’entrée des Soviets dans la vie internationale.

 

Carré (janvier-novembre 1926) : La dictature stalinienne. La mort de Lénine en 1924 suscite des affrontements autour du pouvoir, en particulier le conflit Trotsky-Staline. De 1925 à 1927, une lutte serrée s’engage entre ces rivaux qui aboutit à l’exclusion et l’exil de Trotsky et à la dictature de Staline qui se soumet les notables du régime.

 

Trigone (mars-décembre 1929) : Le plan quinquennal. En 1928, la Russie est d’un niveau plus bas que l’Angleterre du début du XIXe siècle. Staline entreprend une grandiose construction d’économie industrielle. Un premier plan quinquennal est mis à exécution à partir d’octobre 1928. Des travaux gigantesques sont entrepris : industrialisation  poussée, massive collectivisation agricole. Ces énormes efforts de développement des moyens de production permettent de rattraper en quelques années un retard séculaire. Cette « construction socialiste » permet à l’U.R.S.S. de devenir une puissance nouvelle sur les marchés mondiaux, au tournant même où la crise économique sévit partout dans le monde.

 

Sesqui-carré (février-décembre 1931) : Difficultés paysannes. La collectivisation des campagnes entre dans une phase critique. 1931 est une année de mauvaises révoltes et devient celle de la lutte contre les koulaks, de l’organisation de sovkhoz et de kolkhov. La révolte paysanne impose le recul de la réforme agraire.

 

Opposition (mars 1936-janvier 1937) : Procès de Moscou, Pacte antikomintern, révolution espagnole. Si le second plan quinquennal (1933-1937) permet à l’U.R.S.S. d’atteindre le troisième ou quatrième rang parmi les puissances industrielles du monde, le régime entre en crise. Une lutte secrète se déchaîne au sein du parti, où les vieux bolcheviks sont acculés à une opposition clandestine. La « vieille garde » communiste est décimée avec les procès de Moscou où comparaissent seize accusés devant le tribunal militaire suprême le 19 août 1936 (Zinoviev, Kamenev, Smirnov …). Le 23 janvier 1937 s’ouvre le second procès de Moscou qui, avec Rykov et Boukharine, liquide le haut commandement militaire (avec Toukhatchevski, sept maréchaux et généraux). Dans le monde, la classe ouvrière connaît un réveil important. Entre 1934 et 1938 s’ébranle un grand mouvement de masse aux Etats-Unis, et en mai 1936 éclate le Front Populaire en France. Mais aussi s’édifie un barrage contre le communisme avec la contre-révolution espagnole de Franco en juillet 1936 et le Pacte antikomintern (Allemagne-Japon-Italie) signé le 25 novembre 1936.

 

Sesqui-quarré (mai 1940-mars 1941) : La guerre. Malgré ses efforts pour échapper à la menace virtuelle du pacte antikomintern, l’U.R.S.S. est agressée le 22 juin 1941 par l’Allemagne nazie et sa coalition européenne.

 

Trigone (juillet 1941-avril 1942) : Résistance militaire  et alliance anglo-américano-soviétique. La guerre-éclair engagée par le Reich contrer l’U.R.S.S.échoue. La réorganisation de la puissance soviétique, assistée de l’aide anglo-américaine, l’emporte dans la bataille. La résistance puis bientôt la victoire de l’Armée rouge sur la Wehrmacht vont faire le prestige de l’U.R.S.S. qui sort grandie de l’épreuve.

 

Carré (juillet 1944-avril 1945) : Fin de la solidarité alliée et climat de crise révolutionnaire. La guerre terminée se rompt la solidarité des Alliés. Dès le début de 1945, les premiers conflits apparaissent avec l’avance de l’Armée rouge en Europe de l’Est qui y installe des autorités pro- communistes. En particulier, les Soviétiques imposent aux Alliés un gouvernement provisoire en Pologne,qui s’établit à Varsovie le 18 janvier 1945, puis exercent une forte pression sur la Turquie. Par ailleurs, avec la libération se produisent des mouvements révolutionnaires en Grèce, en Belgique, en Yougoslavie, en Italie, mais, de ces tentatives communistes, seule réussira celle de Yougoslavie.

 

Sextil (juillet 1947) : Restauration économique et formation du Kominform. Le quatrième plan quinquennal, de restauration de l’économie, est appliqué de 1946 à 1949 : les innombrables dévastations d’une guerre impitoyable sont effacées. En outre, les pays de la zone soviétique évoluent du régime de gouvernement de coalition à celui de gouvernement communiste, pour aboutir à un bloc soviétique. Tandis que le Kominform se constitue le 22 septembre 1947, des « démocraties populaires » s’installent de l’automne 1947 au printemps 1948 : Bulgarie, Roumanie, Allemagne orientale, Tchécoslovaquie, Pologne, Yougoslavie, Hongrie. C’est la mainmise des Soviétiques sur l’Europe centrale et orientale. Dans un climat de victoire communisme de Mao Zedong en Chine.

 

Semi-carré (août 1948) : La crise yougoslave et le blocus de Berlin. Première fissure du bloc soviétique. Dans ce nouveau front uni, la Yougoslavie de Tito refuse d’entrer comme pays « satellite ». La résistance à Staline aboutit à une rupture entre Moscou et Belgrade le 29 juin 1948. L’unité du monde communiste est brisée. Ce même mois commençait le blocus de Berlin, qui devait durer près d’un an. C’est aussi le temps de l’affaire Lyssenko et de la mort de Jdanov. (A la sortie d’une conjonction Soleil-Vénus-Jupiter, le 14 février 1950 sera signé un Traité d’amitié, d’alliance et d’assistance entre l’U.R.S.S. et la Chine nouvelle, pacte liant les deux grandes patries du communisme : Saturne est à 17° de la Vierge, entre Pluton à 16° du Lion et Neptune à 17° de la Balance, de sorte que s’y unissent un semi-sextil Saturne-Neptune à un semi-sextil Saturne-Pluton).

 

Conjonction (novembre 1952-juillet 1953) : La mort de Staline le 5 mars 1953.

 

CYCLE 1953-1989 : De la déstalinisation à la chute de l’U.R.S. S.

 

Conjonction : La mort de Staline. Disparition du dictateur absolu de la seconde puissance mondiale, au pouvoir depuis quasi trois décennies, la mort de Staline est une coupure historique majeure, que le monde entier ressent comme la fin d’un temps et l’entrée dans une nouvelle ère. (L’Yonne Républicaine du 10 mars 1953.)  Fracture éprouvée déjà par un ébranlement intérieur, avec un nouveau pouvoir qui se cherche dans une direction collégiale pour desserrer l’étreinte de la dictature, sans qu’attende, en juin, l’éclatement d’une mini-révolution : troubles en Tchécoslovaquie, émeutes en Pologne et insurrection à Berlin-est (réprimée par des tanks et deux divisions motorisées soviétiques), appels  divers à une libéralisation. Et, parallèlement, nécessité extérieure de baisser la pression d’une guerre froide à sa culmination. C’est, après des tâtonnements, l’émergence de Nikita Khrouchtchev avec ses premières mesures de dégel : amnistie, ouverture, détente, amorçant une « déstalinisation » (confirmée au semi-sextil avec son « rapport » du 15 février 1956), orageuse en Pologne et en Hongrie. S’ajoute l’apparition (déjà en 1954, mais plus encore depuis la Conférence de Bandoeng d’avril 1955) d’un mouvement révolutionnaire avec la venue de l’idéologie du « Tiers-monde » (ses leaders étant Nasser-Nerhu-Sukarno-Tito). Troisième force internationale consacrée à la décolonisation (ce qui rappelle les conjonctions de 1773 et 1809). Front neutraliste, mais qui, par sa solidarité, sert les intérêts et relance la cause du communisme.

 

Semi-carré (décembre 1957) : Epuration. En juin 1957, Khrouchtchev est mis en minorité au praesidium. Le renversement de la situation en sa faveur conduit à l’expulsion de la direction soviétique du « groupe anti-parti » (Molotov,Malenkov, Kaganovitch …) ; c’est ensuite, à l’automne, le limogeage de Joukov. Ainsi se produit l’élimination de presque tous les hommes de la vieille garde stalinienne. En outre, la déstalinisation écartèle la politique soviétique entre le « révisionnisme » yougoslave (la réconciliation avec Tito ayant eu lieu) et le « dogmatisme » chinois, les premières divergences entre Moscou et Pékin se faisant jour à la conférence des Douze à Moscou en novembre 1957. Nous sommes aussi au temps du durcissement de l’affaire du prix Nobel Pasternak.

 

Sextil (mars-décembre 1959) : Essor et coexistence. En cette fin de décennie, le potentiel économique du pays s’accroît dans tous les domaines à un rythme accéléré, la production industrielle devenant deux fois et demie supérieure à celle de 1950. Cette puissance nouvelle de l’U.R.S.S. s’affirme particulièrement depuis 1958, avec sa supériorité technologique, en devenant première dans la course à l’espace. Parallèlement s’améliorent les relations internationales depuis la Conférence de Genève du 13 juillet 1959. En septembre suivant, fait inédit, le N° 1 soviétique rend une visite officielle aux Etats-Unis. Les entretiens de Camp David marquent une étape nouvelle : c’est le début d’une longue négociation et d’un rapprochement diplomatique entre l’U.R.S.S. et les U.S.A., ouvrant la perspective de la coexistence pacifique.

 

Carré (février 1963) : La crise des fusées de Cuba et le schisme Moscou-Pékin. Fin octobre 1962 éclate l’affaire des missiles soviétiques livrées à Cuba, Washington et Moscou étant au bord d’une troisième guerre mondiale. En outre, depuis l’automne 1962, le conflit frontalier sino-indien précipite la scission entre Moscou et Pékin. Après une lettre soviétique du 30 mars, suivie d’une réponse chinoise du 14 juin, la rupture est consommée aux pourparlers de Moscou du 6 au 20 juillet 1963. Le mouvement communiste mondial devient bicéphale, la Chine communiste constituant un second front révolutionnaire.

 

Trigone (juin 1965-novembre 1966) : La coexistence pacifique. La nouvelle équipe Brejnev-Kossyguine, au pouvoir depuis octobre 1964, confirme la politique de détente et d’entente amorcée par Khrouchtchev. C’est l’U.R.S.S. qui réconcilie l’Inde et le Pakistan à Tachkent en janvier 1966. Un voyage de de Gaulle chez les Soviétiques en juin est suivi d’une visite de Kossyguine en France en décembre 1966, croisement à effet de rapprochement entre l’Est et l’Ouest. Courant général qui aboutit en janvier 1967 à la signature du Traité universel (signé par 107 nations) sur la démilitarisation de l’espace (Jupiter se triangule au trigone). A l’intérieur, le XXVIIIe congrès du PCUS d’avril 1966 se consacre au relèvement général du niveau de vie, à l’amélioration des produits de consommation et à la construction des logements. L’économie soviétique est prospère, tandis que souffle un vent de libéralisation du camp socialiste européen.

 

Sesqui-carré (mai 1967-mars 1968 : Fausses notes. Cet essor prend un caractère de débordement avec la présence de la flotte soviétique en Méditerranée, un début d’engagement dans le conflit du Moyen-Orient et une intrusion pernicieuse dans le « printemps de Prague ». Outre que la révolte « gauchiste » de 68 marginalise le socialisme soviétique.

 

Opposition (juin 1971-avril 1972) : Du plein de la puissance au déclin du régime. L’U.R.S.S. est à son sommet. Au temps d’un expansionnisme qui étend sa zone d’influence du Caire (Traité d’amitié soviéto-égyptien du 27 mai 1971) à Hanoï en passant par Delhi (Traité d’amitié soviéto-indien du 9 août 1971), la flotte soviétique sillonnant tous les océans et l’armée rouge n’ayant jamais été aussi grande. Mais l’ombre du déclin commence sa montée. Déjà, avec l’odyssée lunaire du 20 juillet 1969, les Américains viennent de supplanter les Soviétiques dans la course à l’espace, symbole d’un dépassement technologique prometteur de supériorité économique. De même que, depuis 1968 où La Havane devient la patrie idéale des intellectuels de gauche, le flambeau de la révolution mondiale abandonne le modèle soviétique, dessaisi de sa mission idéologique, au profit du maoïsme, Pékin devenant la Mecque du communisme pur et dur. Mais surtout, accompagnant une dégradation de l’économie soviétique qui va être continuelle depuis 1970, l’opposition monte au sein du régime, l’ennemi intérieur prenant nom de dissident. André Sakharov fonde en 1970 un comité de défense des droits de l’homme. Prix Nobel la même année, Soljenitsyne fait entendre sa voix terrible dans le monde : le Goulag s’inscrit dans la conscience collective pour devenir une contre-vérité du marxisme qui fait sauter les illusions des idéaux progressistes. D’ailleurs, déjà, aux portes de l’Etat soviétique se soulèvent les ouvriers polonais de la Baltique en décembre 1970 …

 

Sesqui-carré (juillet 1975-mai 1976) : Le « compromis historique ». Le temps du « compromis historique » de la diversification du mouvement communiste international. Avec à sa tête l’Italien Enrico Berlinguer et l’Espagnol Santiago Carrillo, l’affirmation de l’eurocommunisme, à la conférence paneuropéenne de Berlin des 29-30 juin 1976, est une nouvelle atteinte à l’hégémonie soviétique et au centralisme communiste.

 

Trigone (septembre 1976-juin 1977) : Dernier essor. L’U.R.S.S. poursuit une paisible expansion sur le continent africain. Fidel Castro y fait un long voyage au début de 1977 et les « conseillers » cubains s’y investissent dans de nombreux pays. Ainsi, après l’Angola, l’Ethiopie et le Yemen du Sud passent pacifiquement dans le camp soviétique. Bilan  toutefois maigre pour un tel aspect.

 

Carré (septembre 1979-juin 1980) : L’Afghanistan, les SS 20 et Solidarnosc. L’armée rouge envahit l’Afghanistan (appel du régime communiste de Kaboul à l’U.R.S.S. contre une insurrection) le 24 décembre 1979 (conjonction Soleil-Neptune), début d’une guerre longue et infructueuse. Au cours de l’année 1979, les Soviétiques installent en Europe de l’Est des missiles SS 20, stratégie « au bord du gouffre », commencement de la crise gravissime des euromissiles. Le 30 août 1980, à la suite d’une série de grèves, l’Etat polonais reconnaît le syndicat « Solidarnosc » de Walesa ; décision suivie, le 5 septembre, de la démission de E. Gierek, premier secrétaire du PC polonais. La révolte populaire a le dessus et ce consentement au syndicalisme libre ébranlant les assises des régimes communistes des démocraties populaires.

 

Sextil (octobre 1982-juillet 1983) : On peut apercevoir ici un temps d’endiguement de la désagrégation du bastion soviétique et plus précisément un paravent au danger du « bord du gouffre » européen. Le 30 novembre 1981 (sextil à 5° d’orbe) s’ouvre à Genève une conférence sur les euromissiles qui font trembler la population du continent, conduisant, le 29 juin 1982, à l’ouverture des conversations START (réduction d’armements). Succédant à Léonid Brejnev, disparu le 11 novembre 1982, Youri Andropov conforte la voie diplomatique, mais l’U.R.S.S.ne bouge plus que par sa force d’inertie.

 

Semi-carré (janvier-septembre 1984) : La nouvelle dérive du communisme prend l’aspect premier du décès d’Andropov le 8 février 1984, et de son successeur, Konstantin Tchernenko, en mars 1985. Le rôle en sera tenu, ensuite par la tentative pathétique de réformes entreprises par leur successeur, Mikhaïl Gorbatchev.

 

Conjonction (mars-novembre 1989 – 11°-10° Capricorne) : En cette année 1989, un vent de révolution souffle sur le monde.

Cela a commencé avec le coup de tonnerre du « printemps de Pékin ». Une manifestation d’étudiants engagée le 17 avril à Pékin est interdite les 25-26, provoquant le lendemain le défilé d’un million d’étudiants dans la capitale chinoise. Dès lors, les cortèges ne vont pas cesser d’affluer sur la grande place Tiananmen. La visite de Gorbatchev le 15 mai amplifie le mouvement auquel se joint l’ensemble de la population et la proclamation de la loi martiale provoque un défi : chaque jour, un million de Pékinois contrôlent la ville et empêchent l’armée d’appliquer la loi martiale, jusqu’au massacre de la nuit du 3 au 4 juin. C’est aussi par millions que l’on défile par solidarité à Canton, Shanghaï, Hongkong, avec au surplus des manifestations de soutien par dizaines ou centaines de milliers, de Moscou aux différentes capitales d’Europe. Rien ne sera plus comme avant en Chine avec ce craquement de l’édifice communiste. Particularité nationale : le parti communiste chinois naît le 30 juin/1er juillet 1921, sous une conjonction Soleil-Mars-Pluton à 7-8° du Cancer. Lorsque ce parti s’empare du pouvoir en instituant la République populaire chinoise le 1er octobre 1949, Uranus à 5° du Cancer transite cette conjonction initiale. Or, c’est à 5° du Capricorne – à l’opposition du même point – qu’il stationne en avril 1989, Saturne venant également de faire le même transit.

En ce même printemps, on voit poindre également une agitation nationaliste en Géorgie, en Lituanie, en Moldavie, dans les Balkans, tandis que – mais c’est tout un ensemble qui s’anime – pour la première fois en U.R.S.S., les Soviétiques ont élu leurs députés au Congrès en donnant l’avantage aux réformateurs.

La Pologne ouvre la voie en avril, Solidarité arrachant des accords grâce auxquels elle sera dotée le 12 septembre d’un premier gouvernement non communiste. La brèche est ouverte. La Hongrie emboîte le pas en obtenant le 13 juin un résultat semblable et en démantelant le « rideau de fer » qui la sépare de l’Autriche. C’est ce qui va déclencher au cours de l’été un exode massif des Allemands de l’Est, ceux qui ne partent pas se mettant à manifester dans d’impressionnantes descentes de rue. L’écroulement du régime de la R.D.A. est précipité par la visite de Gorbatchev le 7 octobre : lâché par les Soviétiques, Erich Honecker se retire du pouvoir le 18. C’est ensuite l’effondrement du mur de Berlin le 9 novembre. Point de non retour : la Bulgarie, la Tchécoslovaquie, la Yougoslavie suivent le pas, et finalement la Roumanie elle-même, avec la disparition du couple Ceaucescu le 25 décembre. A l’exception de l’Albanie, tout le bloc communiste des « démocraties populaires » de l’Europe de l’Est a disparu !

Mais encore, en cette même fin d’année, avec un P.C. lituanien qui fait sécession, des manifestations en Mongolie, en instance de sécession elle aussi, et une guerre civile en Azerbaïdjan, c’est déjà l’ombre de « l’empire éclaté » qui se profile à l’horizon. L’estocade finale attendra le putsch raté de Moscou du 19 août 1991, provoquant l’écroulement du KGB et du PCUS, avec déboulonnage-dynamitage des statues du régime et course aux indépendances des provinces de l’U.R.S.S., le tout proclamé comme fin du communisme (quadruple conjonction Soleil-Mercure-Vénus-Jupiter au sesquicarré de Neptune). A la suite de quoi fera place, après constitution d’une Communauté des Etats slaves (8 décembre), une Communauté des Etats indépendants (C.E.I.) le 13 décembre 1991. Saturne s’est déjà éloigné de 18° de Neptune, mais c’est ce tout historique que contient le phénomène de cette grande conjonction.

 

LE NOUVEAU CYCLE 1989-2026 CONCERNE-T-IL LA C.E.I. ?

 

La principale charge dynamique de cette révolution mondiale s’est consommée alors que Jupiter franchissait l’opposition à la conjonction Saturne-Neptune, accompagnée d’Uranus à l’automne 1989, et sa turbulence a fait le reste en été 1991, Jupiter passant, cette fois, au sesquicarré d’Uranus et Neptune conjoints. Dans le n° 95 (3e trimestre 1991) de L’astrologue, j’avais rendu compte du putsch du 19 août en le liant précisément à cette dissonance nouvelle. Et j’ajoutais : « La structure contrapuntique des rythmes cycliques où nous voyons s’accompagner deux figures parallèles (les deux sesquicarrés) nous conduit à rendre compte du passage suivant de Jupiter au trigone de la même conjonction Uranus-Neptune de novembre 1991 à août 1992 : attendons une sortie du chaos actuel, l’émergence d’une situation nouvelle où cet immense espace géographique retrouve une identité qui lui soit propre et se reconfigure par rapport à l’Occident. »

 

L’empire soviétique européen ayant volé en éclats, la Communauté des Etats Indépendants (C.E.I.) remplace ainsi formellement l’U.R.S.S. disparue le  26 décembre 1991. Mais, est-ce à dire que le relais effectué en mode substitutif enchaîne la nouvelle communauté au devenir du cycle recommencé ? Pour le principe, il y a lieu d’en douter, compte tenu de l’intervention de Jupiter dans l’aboutissement de l’opération, et de la rupture idéologique de tout un courant historique justificateur. Néanmoins, le dernier mot revient à la vérification.

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Plusieurs évolutions successives se superposant pourraient donner corps à une corrélation. Sous le semi-carré (avril-novembre 1994), où Boris Eltsine a laissé l’Etat se déliter sans construire aucun système institutionnel de rechange, laissant s’instaurer une société anarchique de corruption, les troupes russes entrent en Tchétchènie le 11 décembre 1994, alors que, sous le sextil (juin 1995-mars 1996), le 27 mai 1996, Eltsine entame une négociation qui aboutira le 23 novembre à la fin de la première guerre entre ces deux pays. De même qu’au cours d’un voyage en Chine les 24-26 avril 1996, il noue un « partenariat stratégique pour le XXIe siècle » entre les deux pays, que concrétise aussitôt l’installation d’un « téléphone rouge » entre Moscou et Pékin. Au carré (juin 1998-avril 1999), la Russie est l’homme malade du continent ; le pays se débat dans d’immenses problèmes : économiques, sociaux, territoriaux. En 1998, on craint même, à Moscou, que la Finlande revendique une partie de la Carélie. Dans un plongeon économique (croissance – 5 en 1998, avec chômage et inflation accompagnateurs), 20 à 30 % de la population vit au-dessous du seuil de pauvreté, Américains et Européens renflouant les caisses de l’Etat pour éviter le pire. L’arrivée  au pouvoir de Vladimir Poutine le 26 mars 2000 va apporter, au temps du trigone (juin 2001-avril 2002), un véritable redressement national général. Le bien public prime sur les intérêts privés des pilleurs de l’épave soviétique et de la mafia ; une stabilité politique s’impose avec une consolidation du pouvoir. C’est aussi le temps du décollage économique (croissance + 9 en 2000). Ce sont aussi les traités de « bon voisinage, d’amitié et de coopération » avec la Chine (16 juillet 2001), de « partenariat stratégique » avec l’Inde (4 octobre 2001), et des accords divers en mai 2002 (Etats-Unis, Otan, U.E.), embellie économique accompagnatrice, la Russie devenant l’ »Arabie Saoudite du gaz » …

 

Il n’est pas impossible, non plus, que la naissance de Vladimir Poutine (Saint-Pétersbourg, le 7 octobre 1952) sous quadruple conjonction Soleil-Mercure-Saturne-Neptune, soit le signe du pouvoir d’un homme d’Etat puissamment incarné dans le processus de ce grand cycle.

 

Tout cela ne suffit pas, pourtant, à une confirmation de la corrélation. On en saura davantage avec la venue de l’opposition Saturne-Neptune d’août 2006 à juillet 2007, et en particulier à l’automne 2006 lorsque Jupiter passera au double carré de cette opposition. La Russie ou la CEI passera-t-elle par une crise majeure, affectant en particulier l’autorité de Poutine, la dissonance en question frappant son carré Jupiter-Pluton ? Selon la réponse, il y aura là, de quoi être édifié.

 

 

UNE RELEVE REVOLUTIONNAIRE

 

A propos de cette même conjonction Saturne-Neptune, il faut aussi relever une autre corrélation possible. Derrière le Hamas palestinien qui a vu le jour en 1987 sont apparus en 1989 le Front islamique du salut algérien et Al-Qaida d’Oussema Ben Laden, la mouvance islamique pouvant être sensible à cette grande conjonction, d’ailleurs présente à l’apparition de l’Islam en 622. Cette même année 1989, au surplus, le 15 février, l’Armée rouge se retirait sans gloire de l’Afghanistan, au terme de huit années guerrières, face aux combattants d’un jihad assisté par les monarchies de la péninsule arabique, sous l’égide des Etats-Unis pourvoyeurs d’armes. Mais c’est une boite de Pandore qui s’ouvrait à ceux-ci, car dès 1990, le jihad se retournait contre l’Occident, les Talibans s’emparant de Kaboul en septembre 1996 et installant un « Emirat islamique d’Afghanistan ».

 

Il convient de rappeler que la précédente grande conjonction de 1953 avait accompagné l’éveil du Tiers monde en mouvement de libération  décolonisatrice et d’émancipation socio-économique. Et maintenant, quelque chose de parallèle s’observe dans le ton de la tendance du cycle. La souche saturnienne de celui-ci concerne la population pauvre de l’humanité, la misère du monde, doublée de la tendance neptunienne communautaire. Sur le parcours du communisme, cela s’adressait à la classe laborieuse des prolétaires, aux travailleurs « damnés de la Terre ». Avec le Tiers monde, cela s’est déplacé aux pays sous-développés, aux peuples démunis, au niveau de vie misérable. Maintenant, nouvelle déviance, on voit le terrorisme plonger ses racines dans un autre état de dénuement. Le Hamas, par exemple, est surtout le produit du désespoir d’une communauté privée d’une patrie confisquée, les autres motivations venant derrière cette réalité de fond essentielle. Avec la neptunienne « nébuleuse Ben Laden »  le discours de l’intégrisme islamique se réclame des pauvres et des déshérités, avec le ressentiment de laissés pour compte de la société occidentale, exclus du monde de la prospérité, que marginalise de la mondialisation, au surplus, un inepte esprit de « croisade » nullement mérité par la majorité de la population arabe. Ainsi se présente, maintenant, la nouvelle version explosive d’un dangereux divorce entre la pauvreté et la richesse.

 

On ne peut donc pas exclure que cette conjonction Saturne-Neptune et son cycle aient leur part dans un terrorisme qui s’est globalisé. Part auxiliaire derrière une signature plutonienne qui prévaut avec la clandestinité de ses réseaux activistes, son nihilisme foncier (les Talibans détruisant les statues de Bouddhas …) et ses kamikazes signant la mort de leurs suicides … S’il en est ainsi, on pourrait être fixé jusqu’à un certain point, quant à cette participation, en appréhendant une plus ou moins haute marée de terrorisme à l’automne 2006, Jupiter se joignant par double carrés amplificateurs à l’opposition Saturne-Neptune qui s’étale d’août 2006 à juillet 2007. Il n’en reste pas moins que le débordement populaire d’un courant de révolte dans le monde puisse éclater alors, sans terrorisme, en marge de la mouvance islamique. Entre l’un et l’autre, attendons la surprise de l’histoire.

 

Paris le 20 mai 2004.  

 

 

 

LE  CYCLE  JUPITER – NEPTUNE

 

 

 

Tout est dit, du moins pour l’essentiel, de la conjonction Jupiter-Neptune, en rappelant que celle-ci revient tous les 13 ans environ, en se déplaçant généralement d’un signe à un autre (saut de 28° ½) : en 1907 en Cancer, en 1919 en Lion,  e n 1932 en Vierge, en 1945 en Balance, en 1958 en Scorpion, en 1971 en Sagittaire, en 1984 à l’entrée du Capricorne et en 1997 à la fin du même signe.

 

Son « principe actif » fait prévaloir le courant neptunien : puissance de communauté, unifiant, globalisant, fusionnant, selon un mode jupitérien souple et modérateur, à finalité de solidarité, d’union, de détente et d’entente sur le plan diplomatique, et politiquement à tonalité de « gauche » : mouvement collectif de tendance libérale, démocratique, socialiste, voire révolutionnaire. A disposition  également bienfaitrice et humanitaire, de défense des valeurs universelles.

Voici, en file indienne, l’observation de sa série cyclique depuis la fin du XVIIIe siècle.

 

CONJONCTIONS JUPITER-NEPTUNE

 

1792 : La Première République française  (1792).

 

1804 : Fin de cette république, mais le Premier Empire qui lui succède (conjonctions uraniennes de 1803 et 1805) exporte sur le continent l’esprit de la Révolution française.

 

1817 : La politique réactionnaire de la Sainte-Alliance donne l’éveil à un mouvement libéral qui prend son départ.

 

1830 : Mouvement révolutionnaire européen de 1830 (France, Belgique, Pologne, Allemagne, Italie). Premières victoires libérales : indépendance de la Grèce (1829) et de la Belgique (1830). Majorité du parti whig et grande réforme électorale britannique (1830-1832). La France et l’Angleterre donnent le pouvoir à une nouvelle classe sociale : la bourgeoisie ; début du régime parlementaire en France. Aux Etats-Unis, avec la présidence d’Andrew Jackson (1829) se présente le tournant décisif d’une Amérique démocratique.

 

1843 : Agitation chartiste en Angleterre en 1842 ; première grève générale étendue à la moitié du pays et départ des trade-unions en 1844 avec l’Association des équitables pionniers de Rochdale. Fondation en 1843 des « Annales franco-allemandes », lien de relations révolutionnaires. Diffusion abondante d’écrits révolutionnaires en Autriche à partir de 1843 et troubles ouvriers en Bohème à partir de 1844. Naissance d’un comité central clandestin  polonais à Posen en 1843. En France,, lancement de La Réforme de Ledru-Rollin. C’est aussi en 1843 que se crée le Risorgimento, mouvement en faveur de l’unité italienne. Avec, aussi, depuis 1843, un début d’ »entente cordiale » qui dresse une coalition libérale franco-anglaise, nous avons le prélude annonciateur de l’explosion (Saturne-Neptune) de 1848.

 

 

1856 : En Allemagne, la pression de la bourgeoisie aboutit au renouvellement du Zollverein qui devient, à partir de 1856, une agitation dont la réalisation économique prépare la réalisation politique. En Russie, Alexandre II amorce en cette même année une évolution libérale : il ouvre les frontières et les prisons en entame le processus conduisant à la suppression du servage. L’année 1856 est aussi celle du Traité de Paris, victoire du libéralisme franco-anglais réglant divers  problèmes européens : Mer noire, Danube, empire ottoman, et jetant les bases du droit maritime international (conjonction en Poissons).

 

1869 : Avec les lois sur la presse et les réunions publiques, et le rétablissement des pratiques parlementaires, le succès, cette année-là, du Parti républicain (plus de trente élus) – lequel, avec Gambetta, établit un programme qui sera pendant quarante ans celui du Parti radical – fait passer la France de l’Empire libéral à la IIIe République l’année suivante. En Angleterre, majorité libérale d’esprit radical en 1868, avec réforme électorale en Ecosse et en Irlande. En Allemagne, la social-démocratie donne des signes de vie à partir de 1869 : création, cette même année, du Parti social-démocrate avec Bebel et Liebknecht. En 1968 : révolution japonaise, constitution serbe et ouverture du Canal de Suez. Et en 1869, apparition du syndicalisme américain (Knights of Labor)

 

1881 : Constitution d’une entente européenne en 1881-1882 – la Triple Alliance – Allemagne-Autriche-Italie – qui recueille l’adhésion de la Roumanie, de la Serbie, et, en partie, de la Grèce, de la Turquie, de l’Espagne et de la Suède. Les années 1881-1882 marquent le développement de la législation sociale en Allemagne, et, en France, celui de la liberté de la presse et de réunion, ainsi que la naissance de l’enseignement primaire gratuit, laïque et obligatoire de la IIIe République.

 

1894 : En France, élections de 1893 avec poussée à gauche (40 députés socialistes élus, parmi lesquels l’orateur Jean Jaurès) et naissance de la Confédération Générale du Travail (C.G.T.) en 1895. En Russie, Lénine fonde, au début de 1895, l’Union de lutte pour la libération de la classe ouvrière.

 

1907 (sous opposition Uranus-Neptune) : Formation de la Triple Entente (Angleterre-France-Italie). En Grande-Bretagne, les libéraux, écartés du pouvoir depuis une décennie, redeviennent majoritaires (1906). A la Chambre des communes, le parti travailliste (Labour Party), qui, avec Ramsey Mac-Donald, occupe 29 sièges, fait voter en trois ans une série de lois ouvrières (journées de 8 heures dans les mines en 1908, etc.). En France, les élections de 1906 assurent la victoire des radicaux et des socialistes, tandis que la C.G.T., au congrès d’Amiens, fixe un programme offensif (grèves de 1907-1908). Partout, la lutte s’engage contre le capitalisme. En Autriche-Hongrie, l’agitation socialiste conduit le gouvernement  à instaurer le suffrage universel, et les élections de 1907 donnent 86 sièges au socialistes. L’Espagne est également agitée avec, en 1908, une grève générale à Barcelone, des émeutes anticléricales, une action antimilitariste. En Russie, l’agitation s’amplifie en 1906 et 1907 : conflit entre la Douma et le gouvernement, grèves générales, insurrections, unification du parti bolchevik. Les Etats-Unis connaissent aussi un virage démocratique à partir de 1908. L’année 1907 est également celle d’une conférence de la Paix à La Haye pour tenter de réduire les risques de guerre.

 

1919-1920 : Fin de la Première Guerre mondiale avec victoire des Alliés (novembre 1918) ; Traité de Versailles, fondation de la Société-des-Nations (S.D.N.) ; création de la IIIe Internationale

 

1932 : Sous l’égide de la S.D.N., conférence du désarmement à Genève, aboutissant à l’échec de la sécurité collective (conjonction en Vierge, exil de Neptune et chute de Jupiter). Relais pris par un Pacte à quatre de Rome avec un regroupement diplomatique renforcé par l’Union soviétique, gagnée à la cause des démocraties contre le fascisme (1932-1933). République espagnole en 1931. En novembre 1932, victoire des démocrates aux Etats-Unis avec l’élection présidentielle de F. D. Roosevelt et l’expérience du New Deal..

 

1945 : Fin de la Seconde Guerre mondiale avec la victoire des Alliés (mai et août 1945). Fondation de l’Organisation des Nations Unies (O.N.U.) en juin 1945. Marée de gauche de la « Résistance » en Europe au lendemain de la guerre : Gouvernement travailliste en Angleterre, IVe République en France …Décédé le 12 avril 1945, Roosevelt, élu à trois reprises, aura tenu la présidence américaine tout au long du cycle 1932-1945.

 

1958 : En France, avec le retour de de Gaulle au pouvoir, passage de la IVe à la Ve République (octobre 1958) et révolution à Cuba avec Fidel Castro au pouvoir (janvier 1959). Détente américano-soviétique, les deux Etats suspendant leurs essais nucléaires en mars 1958, avec, l’année suivante, visites du vice-président Nixon à Moscou et de Khrouchtchev aux Etats-Unis.

 

1971 : Tournant de détente générale Est-Ouest avec cette conjonction qui s’étale sur toute l’année 1971. Réalisation par le Chancelier Willy Brandt de l’Ostpolitik : rapprochement avec le bloc communiste, déjà préparé par un pacte germano-soviétique (août 1970), élargi à un pacte germano-polonais en novembre 1970, et complété par un accord quadripartite sur Berlin en septembre 1971. Outre que ce courant de détente réchauffe la négociation entre les deux Grands sur les armements stratégiques, un traité SALT 1 sur leur limitation aboutissant peu après en mai 1972. Mais encore, détente en Asie avec, en août 1971, une prise de contact sino-américaine finissant sur l’admission de la Chine populaire à l’ONU en octobre 1971, avec l’appui des Etats-Unis, suivie en février 1972 du voyage du président Nixon à Pékin. Si à la conjonction précédente, Castro s’est emparé du pouvoir à Cuba, c’est à celle-ci que, le 24 octobre 1870, Salvador Allende accède à celui du Chili. En 1971, Bernard Kouchner fonde « Médecin sans frontières » et « Greenpeace » voit le jour, devenu au cycle suivant la première organisation écologique du monde..

 

1984 : Le chemin de la paix. Au bord du gouffre avec les euromissiles mis en place dans un climat de primauté militaire (la « guerre des étoiles » des U.S.A. programmée), les deux Grands ressentent le besoin de négocier : proposition Tchernenko (20 mai 1984) de conversation que concrétisent des conversations à Washington en septembre. Mais le tournant historique a lieu quand le Soleil passe de la conjonction de Neptune (22 décembre 1984) à celle de Jupiter (14 janvier 1985), avec la venue du n° 2 soviétique Mikhaïl Gorbatchev mi-décembre à Londres, où il fait bonne impression, et les rencontres des 7-8 janvier 1985 des ministres des Affaires Etrangères, Schultz et Gromyko, renouant un dialogue interrompu depuis quatorze mois de réarmement européen et amorçant un véritable dégel, Gorbatchev devenant en mars le numéro 1 soviétique. S’ajoute une visite du président Reagan en Chine en avril 1984, en réponse à celle de Tchao Tseu-yang en janvier aux Etats-Unis. Ve République : après une chute de la représentativité  gouvernementale aux élections européennes du 17 juin 1984, suivie le 24 d’un défilé d’un million et demi de gens à Paris pour refuser un programme gouvernemental sur l’enseignement (oppositions Soleil-Mercure-Vénus à Jupiter-Neptune), le 17 juillet suivant, Laurent Fabius succède à Pierre Mauroy au gouvernement. Courant de troisième chance de la démocratie en Amérique latine de 1983 à 1985 : Argentine, Uruguay, Brésil.

 

1997 : Il s’agit d’une conjonction particulière, parce que adossée à une conjonction Jupiter-Uranus, les deux se succédant à un mois d’intervalle, à 8° l’une de l’autre, le tout justifiant une interprétation particulière. A la première peut correspondre proprement – en résonance avec Médecin sans frontières et Greenpeace – suite à des sessions préparatoires de 1995-1996, la Convention des Nations-Unies sur les changements climatiques, qui s’est tenue à Kyoto en décembre 1997, le « protocole de Kyoto » devenant le plan d’application de mesures gouvernementales internationales visant à réduire le réchauffement climatique de la planète. En Europe, après une ère thatchérienne, les élections générales d’avril 1997, triomphales pour le New Labour, amènent Tony Blair au pouvoir en Angleterre, tandis qu’en France, des élections anticipées en mai 1997 font revenir la gauche, le Premier ministre Alain Juppé cédant la place à Lionel Jospin. Coup de barre à gauche élargi à l’Allemagne avec la venue les mois suivants de Gerhard Schröder au pouvoir.

 

Ces 17 dernières conjonctions Jupiter-Neptune prises à la queue leu leu forment manifestement une série homogène au long de laquelle, tous les 13 ans, se renouvelle un processus – de commencement ou de fin sinon de relance – d’ordre collectif : libéral, démocratique, socialiste, voire communiste, à visée internationaliste ; sinon de nature associative, pacifique ou humanitaire.

 

Les enchaînements sont décelables de diverses manières. D’une conjonction à l’autre se déroule une expérience de sa naissance à sa disparition : la Première république française, la S.D.N. (à la limite), l’expérience Roosevelt, la IV ème  République française. Ce sont là les expériences d’un seul cycle. Sinon, un courant prend naissance à une conjonction et se développe au cycle suivant : le mouvement libéral européen, qui prend corps à la conjonction de 1817, accède au pouvoir à la suivante de 1830, puis domine avec « l’entente cordiale » à celle de 1843. Le départ politique de Lénine à la conjonction de 1894 est consacré à la suivante avec la première révolution russe de 1907. Après la Triple Alliance, venue à la conjonction de 1881, on voit la Triple Entente formée à celle de 1907, ou ce qu’il en reste du moins, gagner la guerre à la suivante de 1919  Sans oublier, dans le discontinu, les séries du même : 1e, IVe et Ve Républiques françaises ; les grandes édifications et détentes internationales, les fins des deux guerres mondiales s’alignant sur une série humanitaire : Traité de Paris 1856, Conférence de La Haye 1907, S.D.N. 1919, Conférence de la paix ratée en 1932, O.N.U. 1945, détente générale de 1971, puis de 1984 et Convention de Kyoto en 1997.

 

CYCLES JUPITER-NEPTUNE

 

Si la périodisation des temps forts d’un même type de série cyclique invite à retenir une filiation historique par bonds successifs, encore faut-il, remplissant les intervalles vides d’un point à un autre, que celle-ci s’observe dans la continuité en un enchaînement du tout et de la partie au long du cycle lui-même et selon l’ordre de ses propres étapes. Contentons-nous de présenter seulement quelques histoires représentatives.

 

Cycle 1919-1932 : La Société des Nations.

 

Conjonction (septembre 1919 – 10° Lion) : La naissance. Sous l’initiative du président américain Wilson, dans le cadre de la conférence de la paix à Versailles, est fondée le 10 janvier 1920 la Société des Nations (SDN), missionnée pour la paix, point de départ d’une expérience inédite de sécurité collective et première organisation réunissant la plupart des pays du monde.

 

Sextil (décembre 1921-août 1922) : La conférence de Washington. Ouverte le 28 octobre 1921, la conférence de désarmement de Washington, à laquelle participent toutes les grandes puissances, aboutit à des accords sur la limitation des armements navals, le règlement des problèmes d’Extrême-Orient et la révision de problèmes économiques. Bien que hors du champs de l’ONU, cette conférence est le premier pas accompli dans la marche vers la sécurité collective.

 

Carré (janvier-octobre 1923) : La crise de Corfou. Suite à une tension entre l’Italie et la Grèce, l’île de Corfou est bombardée et occupée par les troupes italiennes en août 1923. Mussolini entend régler ce problème en dehors de la SDN, à laquelle il refuse toute compétence et dont l’intervention est inefficace. En outre, la politique turque de Mustapha Kemal met à mal le traité de Sèvres (1920), remplacé par celui de Lausanne du 23 juillet 1923.

 

Trigone (mars-novembre 1924) : Le protocole de Genève. Pour la première fois depuis la naissance de l’institution, les chefs des gouvernements anglais et français se rendent en 1924 à l’Assemblée de Genève, pour en faire « l’instrument de la restauration européenne ». De simple grande espérance, la SDN se convertit en réalité politique. Genève devient le centre de la vie internationale. C’est de ce temps que date réellement l’expérience européenne d’établissement d’un règlement Genevoix des conflits entre Etats. Signé le 1er octobre 1924 par les représentants de quarante-sept nations, le protocole de Genève condamne tout recours à la guerre et proclame le principe de l’arbitrage obligatoire devant la Cour permanente de justice internationale, affirmant la nécessité de sanctions pour tout Etat qui refuserait cet arbitrage.

 

Opposition (avril-décembre 1926) : L’Allemagne à la SDN. L’Assemblée du 8 septembre 1926 se prononce pour l’admission de l’Allemagne (jusque là exclue) à Genève. Le Reich entre donc à la SDN, issue du traité de Versailles qui avait condamné ce pays. Bien qu’il soit le résultat d’un naturel et nécessaire esprit de collaboration, ce revirement historique – passage de pile à face - implique un effort d’intégration, le dépassement d’une contradiction radicale, cette étape contenant en germe le déclin des institutions genevoises.