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Bilan des cycles planétaires |
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LE CYCLE SATURNE-NEPTUNE
RAPPEL GENERAL
Le cycle planétaire est une ligne d’univers : de temps, d’espace, de mouvement et de substance, à laquelle participe ici-bas une histoire d’amplitude égale et d’évolution parallèle ,en une interaction entre permanence d’une structure et fluidité du changement. La conjonction en est le moment fort et c’est en son temps que s’inscrivent préférentiellement les plus grandes pages de notre histoire. Toutefois, un point de chute historique tombant avec une grande conjonction n’implique pas une nécessaire liaison entre eux, une autre configuration accompagnatrice pouvant en rendre compte. Ce qui garantit une corrélation est le suivi d’une durée. Le lien est fondé par une continuité, assuré par le déroulement d’un cours de tendance, à la fois à l’intérieur du cycle, d’un aspect à l’autre de ses phases, et, extérieurement, d’une conjonction à une autre du cycle suivant ; dans l’enchaînement du tout et de la partie au long d’un fil continu où se tissent les métamorphoses de l’histoire.
L’unité cyclique implique que ce qui est conçu ou ce qui naît à la conjonction, trébuche dans un désordre de différenciation préalable au semi-carré, pour disparaître ou survivre. Prend pied ou prend corps au sextil, s’implantant dan ses premières réalisations. Connaît au carré une crise intérieure par différenciation de ses deux facteurs ; divergence créant un climat de rupture, de déviation, de transformation. Dépasse cette tension au trigone : phase associative ou coopérative, porteuse de succès, chargée de réalisations, temps d’essor. Croissance qui s’essouffle ou s’affronte à des problèmes mineurs au sesqui-carré. Point culminant du cycle basculant sur la décroissance, l’opposition est le temps fort d’un conflit majeur qui, interne, dissocie le courant, engagé sur un déclin, ou, externe, franchissant un Rubicon, permet un dépassement dans un affrontement. Sur la voie plus passive du retour, le sesqui-carré amène souvent une retombée négative de la phase précédente. Avec le trigone se retrouve un climat d’accord, de coopération, dans un champ d’épanouissement, à tendance néanmoins défensive, conservatrice. Au carré, l’entente conçue à l’aspect précédent est remise en question ; sinon, climat de tension, de rupture, de transformation. Au sextil, les dégâts sont réparés ; nouveau resserrement des forces. Le semi-carré installe souvent une crise latente qui traîne plus ou moins jusqu’à la conjonction qui a valeur de bilan : finale de l’aventure, relance à un niveau supérieur ou encore, déplacement du processus historique.
C’est la nature des deux astres composant le cycle qui détermine la substance de la manifestation cyclique. Le courant neptunien est en résonance avec un climat public, l’idéologie d’une population, la foi collective d’un peuple. Celui de Saturne place celui-ci sur le registre de la condition prolétaire. Si Jupiter incarne le capital, Saturne représente le travail, la vie laborieuse et âpre des miséreux. Le courant neptunien saturnisé tend donc à prendre un caractère « sauvage » en se durcissant, en libérant une puissance concentrée, radicale, systématique ou extrémiste. Il est donc naturel que la conjonction de ces deux planètes puisse escorter des poussées collectives révolutionnaires, finissant par s’assimiler en particulier aux manifestations d’une extrême-gauche.
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CONJONCTION DE 1773 (21° Vierge)
La Boston Tea Party des 16-17 décembre 1773 (conjonction à 5° d’orbe recevant l’opposition de Jupiter et le carré du Soleil) est le point de départ d’une révolte des treize colonies anglaises de l’Amérique du Nord, qui va conduire à l’Indépendance des Etats-Unis en 1776. Evénement mondial capital : c’est la première libération coloniale.
CONJONCTION DE 1809 (6° Sagittaire).
Ce qui s’est produit en Amérique du Nord se passe, à son tour, en Amérique du Sud. Un soulèvement général éclate dans les colonies espagnoles de l’Amérique latine en 1810 : Venezuela, Argentine, Chili, Mexique …, qui conduira à l’indépendance de l’ensemble du continent au bout de longues luttes (à partir de celle du Venezuela en 1811). Par ailleurs, en Europe, le branle-bas des campagnes napoléoniennes sort les peuples de leur torpeur. Ceux-ci, blessés dans leurs traditions et leurs instincts, élèvent une hostilité sourde (la guérilla espagnole …) à la France conquérante, et de ces luttes nationales surgit un nationalisme européen, que l’on retrouvera plus actif que jamais à la prochaine conjonction. Aussi lointains l’un de l’autre et différents de nature qu’ils soient, ces deux épisodes sont liés : l’émancipation des colonies portugaises et espagnoles a résulté de l’occupation de la péninsule ibérique par les années napoléoniennes (Joseph Bonaparte sur le trône espagnol, Junot au Portugal), l’absence de souverains avec une vacance du pouvoir ayant amené les colonies à s’administrer elles-mêmes, Hidalgo et Morales donnant en 1810 le signal de l’indépendance.
CONJONCTION DE DECEMBRE 1846 (26° Verseau).
Naissance du marxisme. En 1847 ont lieu la création de la « Ligue des communistes », son premier congrès, et le lancement du Manifeste des communistes de Marx et Engels. En outre, 14 mois après la conjonction (14° d’orbe), mais sous la traversée qu’y fait le Soleil, en février 1848, un mouvement révolutionnaire s’empare du continent européen, à tendance tout à la fois patriotique, unitaire, libérale et prolétarienne. En deux semaines, ce mouvement embrasse et embrase presque tous les pays de l’Europe : la France, l’Allemagne, l’Italie, l’Autriche, la Hongrie, la Bavière, les duchés danois, l’Angleterre : soulèvements, pétitions, cortèges, agitation publique et ouvrière … En France, une insurrection parisienne renverse le roi Louis-Philippe (22/25 février) et proclame une seconde République, riche d’une idéologie humanitaire et de style prolétarien.
CONJONCTION DE 1882 (16° Taureau).
Naissance des partis socialistes européens. Après divers premiers pas, le premier groupe marxiste : « Libération du travail », est fondé en Russie en 1883 par Plekhanov, Lavrov, Axelrod. En France, en 1879-1880 se constitue un parti marxiste, le Parti ouvrier français, avec Jules Guesde et Paul Lafargue. En Angleterre est créé en 1882, par Henry Mayers Hyndman, un parti socialiste, la Fédération social-démocrate, parallèlement à la mise sur pied de la Société fabienne, dirigée par Sydney Webb et Bernard Shaw ; le futur Parti travailliste commencera à s’élaborer dans les années suivantes. A partir de 1880, le mouvement coopératif est dans une nouvelle phase de progrès en France et la première loi importante sur les assurances sociales est votée en 1883. En 1879 s’était formé le Parti socialiste belge, et en Allemagne, avec une certaine avance, s’était déjà constitué un Parti socialiste ouvrier qui avait obtenu un premier succès électoral en 1877. Ces divers partis font une entrée en scène sur les vies politiques nationales de notre continent. Dans Le XIXe siècle (Le Seuil-Histoire, 1974), René Rémond résume ainsi cette étape : « Dans les années 1880, en Italie, en Espagne, en Belgique, aux Pays-Bas, en Scandinavie, surgissent des partis socialistes qui se réclament du marxisme. »
CONJONCTION DE 1917 (4° Lion).
La révolution russe. Prise du pouvoir en Russie le 7 novembre 1917 par le parti bolchevik, inaugurant le régime des Soviets. Année des mutineries dans les armées en guerre. Eveil révolutionnaire de l’Amérique latine autour de la conjonction, du Congrès des Socialistes des Chiliens de septembre 1915 à la Conférence socialiste et ouvrière pan-américaine de Buenos-Aires d’avril 1919.
CONJONCTION DE 1952-1953 (21-22° Balance).
La mort de Staline en mars 1953 tourne une page nouvelle de l’histoire soviétique. Le communisme gagne du terrain en soutenant la cause de la décolonisation en cours et des nationalismes afro-asiatiques, brisant son isolement avec l’apparition du Tiers-monde. Première révolution ouvrière d’Amérique latine en Bolivie en 1952-1953.
CONJONCTION DE 1989 (10° Capricorne).
La chute du mur de Berlin le 9 novembre 1989 est suivie de l’effondrement immédiat des « démocraties populaires » de l’Europe de l’Est, aboutissant à la disparition de l’U.R.S.S. elle-même en décembre 1991. C’est là l’effondrement de tout un empire.
L E S C Y C L E S
CYCLE 1846-1882 : De la naissance du marxisme à la création des partis socialistes.
Sous la conjonction, c’est tout à la fois la doctrine du communisme qui fait son apparition et l’Europe qui est embrasée par une tempête révolutionnaire qui en ébranle les assises.
En 1849-1850, le mouvement est étouffé, mais le feu couve sous la cendre. Il faut attendre le trigone pour voir réapparaître le mouvement ouvrier (poussée de grèves), à la faveur de la crise économique de 1857.
L’opposition se présente de novembre 1862 à septembre 1863. La classe ouvrière passe par une phase de tension de 1862 à 1864. En 1863, Lassalle jette les bases de l’ »Association générale des ouvriers allemands ». La même année surgissent des associations ouvrières à Paris et pour la première fois, une liste ouvrière se présente aux élections de mai. En juillet, les signataires d’un Manifeste proposent aux chefs trade-unionistes d’organiser une association internationale ; ainsi naît en septembre 1864 la Première Internationale.
Cette Internationale devient une puissance attractive à partir du trigone de 1869, avec une montée en flèche des mouvements ouvriers en 1869-1870 et de premières élections de républicains. Des syndicats féminins font leur apparition.
Arrive le carré en 1873 : déchirée par des divisions intestines, l’Internationale éclate au congrès de septembre 1872, avec les exclusions de Bakounine et de James Guillaume, et ne devient plus que l’ombre d’elle-même.
Au sextil de 1876, une renaissance se prépare. Depuis l’année précédente, la Russie fait ses premiers pas révolutionnaires en fondant une « Union des ouvriers de la Russie méridionale ». En Allemagne, des groupes fusionnent en un Parti socialiste ouvrier, avec Liebknecht et Bebel. En France, un congrès parisien redonne un certain élan, mais la classe ouvrière ne compte pas encore sur le terrain politique.
Son réveil se produit à la venue de la conjonction de mai 1882 où vont se constituer les grands partis socialistes dans le monde. Déjà, en 1879 se forme à Bruxelles un « parti socialiste belge » et un Parti socialiste espagnol voit le jour. En France, un congrès ouvrier à Marseille en octobre 1879 commence à imposer la personnalité de Jules Guesde, sous laquelle va se constituer un parti socialiste français régulier. En Grande-Bretagne, Hyndman fonde en 1881 la Democratie Federation, d’inspiration marxiste, tandis qu’en 1883 naît le groupe « fabien », comprenant des célébrités intellectuelles, qui étudie les applications du socialisme. Déjà, en 1878, un parti communiste mexicain fait son apparition, mais surtout, le 15 novembre 1881 se crée à Pittsburgh une organisation syndicale décisive, la Fédération américaine du travail. Et surtout, en Russie (ou à Genève), Plekhanov fonde en septembre 1883 le premier groupe marxiste : « Libération du travail », d’où sortira le socialisme russe.
CYCLE 1882-1917 : Des partis socialistes européens à la révolution russe.
Au départ de ce cycle, les grands pays occidentaux ont leur parti socialiste et leur organisation syndicale. Une force nouvelle qui tend à intervenir activement dans l’exercice de la vie politique. Leur pression sur le pouvoir donne le départ à la législation sociale et à l’organisation du travail : protection légale des femmes et des enfants, surveillance des industries dangereuses … Dès les années 1880 s’édifie en Allemagne l’organisation d’assurances sociales que d’autres pays adoptent.
C’est au sextil de 1887-1888 que le mouvement socialiste et syndical prend définitivement corps. En 1889, les socialistes de tous les pays fondent à Paris la IIe Internationale. Le 1er mai 1886, la Fédération américaine du travail avait déjà imposé les huit heures aux employeurs, ce qui va devenir un objectif du mouvement européen. Ce courant prend toute sa force au trigone de 1892-1893. En France, des élections de 1893 envoient quarante députés à la Chambre et Jaurès s’impose comme tribun ; la même année, un congrès de la Fédération des Bourses à Toulouse donne le point de départ à la création de la C.G.T. (Confédération générale du travail), définitivement constituée en 1895. Depuis 1890, trente-cinq socialistes siègent au Reichstag. En 1892, un premier candidat travailliste entre à la Chambre des communes et joue un rôle décisif dans la fondation, l’année suivante, du Parti travailliste. C’est aussi en 1893, qu’arrivant à Saint-Pétersbourg, Lénine entame sa carrière politique.
Sous l’opposition de 1899, l’idéologie socialiste se fractionne, se fragmente. En France, l’entente est rompue l’année même avec l’entrée du socialiste Millerand dans le ministère Waldeck-Rousseau : c’est la scission entre Jaurès et Guesde. Un mouvement « révisionniste » du marxisme se déclare avec la parution du Socialisme évolutionniste de Bernstein. En Russie, libéré de Sibérie en 1900, Lénine prend la tête du mouvement révolutionnaire russe pour le durcir, et fonde en décembre, avec Plekhanov et Martov, son journal l’Iskra. Il entre aussitôt en conflit avec Plekhanov, ce qui devient la scission entre bolcheviks et mencheviks.
La période du trigone de 1906-1907 (sous pleine opposition Uranus-Neptune que franchit Jupiter) est un temps fort de luttes et d’avancées sociales. En Russie, manifestations sanglantes, grandes grèves, Douma, soviets. En France, en 1906, le mouvement syndicaliste fixe au congrès d’Amiens les principes de son action, et aux élections, radicaux et socialistes emportent une victoire. En Grande-Bretagne, 1906 est l’année où se forme le Labour Party, qui obtient vingt-neuf sièges aux élections. Les socialistes emportent également bon nombre de sièges en Autriche-Hongrie aux élections de 1907. Et c’est en 1906 qu’est fondée la C.G.T. italienne.
Sous le carré de 1909-1910, le syndicalisme français entre en crise (démission de Griffuelhes en 1909) et de grands, mais difficiles, combats ouvriers ont lieu un peu partout (les postiers en France, les dockers en Angleterre). Au sextil de 1912, le parti allemand devient le groupe le plus puissant du Reichstag, tandis que les élections de la quatrième douma donnent une victoire bolchevique.
Quand arrive la conjonction de 1917, l’Europe éprouve une grande fatigue de la grande guerre ; des mutineries, avec fraternisations des tranchées, éclatent dans les armées, un vent de révolte soufflant sur les combattants. Et en Russie, c’est la révolution qui donne le pouvoir aux mains des bolcheviks.
CYCLE 1917-1953 : De la révolution russe à la fin de l’ère stalinienne.
Conjonction (août 1917) : La révolution d’octobre. En Russie, les soviets s’emparent du pouvoir et instaurent la dictature du prolétariat sous la direction du parti bolchevik avec Lénine et Trotsky. Le pays est en proie à la guerre civile, doublée d’une intervention d’armées étrangères, restant isolé du monde. C’est la situation critique du « communisme de guerre ».
Semi-carré (octobre 1921) : Le chaos et la N.E.P. 1921 est l’année chaotique la plus critique. Outre le typhus qui se répand, la famine règne, qui frappe des millions de personnes, et les productions agricoles et industrielles tombent au niveau le plus bas. En mars se produit l’insurrection de Cronstadt, qui ébranle un pouvoir qui se cherche encore, et, peu après, une série de décrets consacrent la « nouvelle économie politique » (N.E.P.) qui est un retour au libéralisme capitaliste pour apprendre la pratique du pouvoir.
Sextil (décembre 1922-septembre 1923) : L’U.R.S.S.. Ayant triomphé du chaos et de la guerre, le nouveau régime entre dans une phase de stabilisation. Les frontières du pays fixées, le 30 décembre 1922 est signé le traité de l’Union des Républiques socialistes soviétiques (U.R.S.S.), qui forme un Etat fédéral dont le régime est défini par la Constitution de juillet 1923. Dans le même temps, le régime est reconnu par de nombreux Etats : Angleterre, Italie, France, Japon, tandis que les conférences de Gênes et de La Haye (1922) marquent l’entrée des Soviets dans la vie internationale.
Carré (janvier-novembre 1926) : La dictature stalinienne. La mort de Lénine en 1924 suscite des affrontements autour du pouvoir, en particulier le conflit Trotsky-Staline. De 1925 à 1927, une lutte serrée s’engage entre ces rivaux qui aboutit à l’exclusion et l’exil de Trotsky et à la dictature de Staline qui se soumet les notables du régime.
Trigone (mars-décembre 1929) : Le plan quinquennal. En 1928, la Russie est d’un niveau plus bas que l’Angleterre du début du XIXe siècle. Staline entreprend une grandiose construction d’économie industrielle. Un premier plan quinquennal est mis à exécution à partir d’octobre 1928. Des travaux gigantesques sont entrepris : industrialisation poussée, massive collectivisation agricole. Ces énormes efforts de développement des moyens de production permettent de rattraper en quelques années un retard séculaire. Cette « construction socialiste » permet à l’U.R.S.S. de devenir une puissance nouvelle sur les marchés mondiaux, au tournant même où la crise économique sévit partout dans le monde.
Sesqui-carré (février-décembre 1931) : Difficultés paysannes. La collectivisation des campagnes entre dans une phase critique. 1931 est une année de mauvaises révoltes et devient celle de la lutte contre les koulaks, de l’organisation de sovkhoz et de kolkhov. La révolte paysanne impose le recul de la réforme agraire.
Opposition (mars 1936-janvier 1937) : Procès de Moscou, Pacte antikomintern, révolution espagnole. Si le second plan quinquennal (1933-1937) permet à l’U.R.S.S. d’atteindre le troisième ou quatrième rang parmi les puissances industrielles du monde, le régime entre en crise. Une lutte secrète se déchaîne au sein du parti, où les vieux bolcheviks sont acculés à une opposition clandestine. La « vieille garde » communiste est décimée avec les procès de Moscou où comparaissent seize accusés devant le tribunal militaire suprême le 19 août 1936 (Zinoviev, Kamenev, Smirnov …). Le 23 janvier 1937 s’ouvre le second procès de Moscou qui, avec Rykov et Boukharine, liquide le haut commandement militaire (avec Toukhatchevski, sept maréchaux et généraux). Dans le monde, la classe ouvrière connaît un réveil important. Entre 1934 et 1938 s’ébranle un grand mouvement de masse aux Etats-Unis, et en mai 1936 éclate le Front Populaire en France. Mais aussi s’édifie un barrage contre le communisme avec la contre-révolution espagnole de Franco en juillet 1936 et le Pacte antikomintern (Allemagne-Japon-Italie) signé le 25 novembre 1936.
Sesqui-quarré (mai 1940-mars 1941) : La guerre. Malgré ses efforts pour échapper à la menace virtuelle du pacte antikomintern, l’U.R.S.S. est agressée le 22 juin 1941 par l’Allemagne nazie et sa coalition européenne.
Trigone (juillet 1941-avril 1942) : Résistance militaire et alliance anglo-américano-soviétique. La guerre-éclair engagée par le Reich contrer l’U.R.S.S.échoue. La réorganisation de la puissance soviétique, assistée de l’aide anglo-américaine, l’emporte dans la bataille. La résistance puis bientôt la victoire de l’Armée rouge sur la Wehrmacht vont faire le prestige de l’U.R.S.S. qui sort grandie de l’épreuve.
Carré (juillet 1944-avril 1945) : Fin de la solidarité alliée et climat de crise révolutionnaire. La guerre terminée se rompt la solidarité des Alliés. Dès le début de 1945, les premiers conflits apparaissent avec l’avance de l’Armée rouge en Europe de l’Est qui y installe des autorités pro- communistes. En particulier, les Soviétiques imposent aux Alliés un gouvernement provisoire en Pologne,qui s’établit à Varsovie le 18 janvier 1945, puis exercent une forte pression sur la Turquie. Par ailleurs, avec la libération se produisent des mouvements révolutionnaires en Grèce, en Belgique, en Yougoslavie, en Italie, mais, de ces tentatives communistes, seule réussira celle de Yougoslavie.
Sextil (juillet 1947) : Restauration économique et formation du Kominform. Le quatrième plan quinquennal, de restauration de l’économie, est appliqué de 1946 à 1949 : les innombrables dévastations d’une guerre impitoyable sont effacées. En outre, les pays de la zone soviétique évoluent du régime de gouvernement de coalition à celui de gouvernement communiste, pour aboutir à un bloc soviétique. Tandis que le Kominform se constitue le 22 septembre 1947, des « démocraties populaires » s’installent de l’automne 1947 au printemps 1948 : Bulgarie, Roumanie, Allemagne orientale, Tchécoslovaquie, Pologne, Yougoslavie, Hongrie. C’est la mainmise des Soviétiques sur l’Europe centrale et orientale. Dans un climat de victoire communisme de Mao Zedong en Chine.
Semi-carré (août 1948) : La crise yougoslave et le blocus de Berlin. Première fissure du bloc soviétique. Dans ce nouveau front uni, la Yougoslavie de Tito refuse d’entrer comme pays « satellite ». La résistance à Staline aboutit à une rupture entre Moscou et Belgrade le 29 juin 1948. L’unité du monde communiste est brisée. Ce même mois commençait le blocus de Berlin, qui devait durer près d’un an. C’est aussi le temps de l’affaire Lyssenko et de la mort de Jdanov. (A la sortie d’une conjonction Soleil-Vénus-Jupiter, le 14 février 1950 sera signé un Traité d’amitié, d’alliance et d’assistance entre l’U.R.S.S. et la Chine nouvelle, pacte liant les deux grandes patries du communisme : Saturne est à 17° de la Vierge, entre Pluton à 16° du Lion et Neptune à 17° de la Balance, de sorte que s’y unissent un semi-sextil Saturne-Neptune à un semi-sextil Saturne-Pluton).
Conjonction (novembre 1952-juillet 1953) : La mort de Staline le 5 mars 1953.
CYCLE 1953-1989 : De la déstalinisation à la chute de l’U.R.S. S.
Conjonction :
La mort de Staline.
Disparition du dictateur absolu
de la seconde puissance
mondiale, au pouvoir depuis
quasi trois décennies, la mort
de Staline est une coupure
historique majeure, que le monde
entier ressent comme la fin d’un
temps et l’entrée dans une
Semi-carré (décembre 1957) : Epuration. En juin 1957, Khrouchtchev est mis en minorité au praesidium. Le renversement de la situation en sa faveur conduit à l’expulsion de la direction soviétique du « groupe anti-parti » (Molotov,Malenkov, Kaganovitch …) ; c’est ensuite, à l’automne, le limogeage de Joukov. Ainsi se produit l’élimination de presque tous les hommes de la vieille garde stalinienne. En outre, la déstalinisation écartèle la politique soviétique entre le « révisionnisme » yougoslave (la réconciliation avec Tito ayant eu lieu) et le « dogmatisme » chinois, les premières divergences entre Moscou et Pékin se faisant jour à la conférence des Douze à Moscou en novembre 1957. Nous sommes aussi au temps du durcissement de l’affaire du prix Nobel Pasternak.
Sextil (mars-décembre 1959) : Essor et coexistence. En cette fin de décennie, le potentiel économique du pays s’accroît dans tous les domaines à un rythme accéléré, la production industrielle devenant deux fois et demie supérieure à celle de 1950. Cette puissance nouvelle de l’U.R.S.S. s’affirme particulièrement depuis 1958, avec sa supériorité technologique, en devenant première dans la course à l’espace. Parallèlement s’améliorent les relations internationales depuis la Conférence de Genève du 13 juillet 1959. En septembre suivant, fait inédit, le N° 1 soviétique rend une visite officielle aux Etats-Unis. Les entretiens de Camp David marquent une étape nouvelle : c’est le début d’une longue négociation et d’un rapprochement diplomatique entre l’U.R.S.S. et les U.S.A., ouvrant la perspective de la coexistence pacifique.
Carré (février 1963) : La crise des fusées de Cuba et le schisme Moscou-Pékin. Fin octobre 1962 éclate l’affaire des missiles soviétiques livrées à Cuba, Washington et Moscou étant au bord d’une troisième guerre mondiale. En outre, depuis l’automne 1962, le conflit frontalier sino-indien précipite la scission entre Moscou et Pékin. Après une lettre soviétique du 30 mars, suivie d’une réponse chinoise du 14 juin, la rupture est consommée aux pourparlers de Moscou du 6 au 20 juillet 1963. Le mouvement communiste mondial devient bicéphale, la Chine communiste constituant un second front révolutionnaire.
Trigone (juin 1965-novembre 1966) : La coexistence pacifique. La nouvelle équipe Brejnev-Kossyguine, au pouvoir depuis octobre 1964, confirme la politique de détente et d’entente amorcée par Khrouchtchev. C’est l’U.R.S.S. qui réconcilie l’Inde et le Pakistan à Tachkent en janvier 1966. Un voyage de de Gaulle chez les Soviétiques en juin est suivi d’une visite de Kossyguine en France en décembre 1966, croisement à effet de rapprochement entre l’Est et l’Ouest. Courant général qui aboutit en janvier 1967 à la signature du Traité universel (signé par 107 nations) sur la démilitarisation de l’espace (Jupiter se triangule au trigone). A l’intérieur, le XXVIIIe congrès du PCUS d’avril 1966 se consacre au relèvement général du niveau de vie, à l’amélioration des produits de consommation et à la construction des logements. L’économie soviétique est prospère, tandis que souffle un vent de libéralisation du camp socialiste européen.
Sesqui-carré (mai 1967-mars 1968 : Fausses notes. Cet essor prend un caractère de débordement avec la présence de la flotte soviétique en Méditerranée, un début d’engagement dans le conflit du Moyen-Orient et une intrusion pernicieuse dans le « printemps de Prague ». Outre que la révolte « gauchiste » de 68 marginalise le socialisme soviétique.
Opposition (juin 1971-avril 1972) : Du plein de la puissance au déclin du régime. L’U.R.S.S. est à son sommet. Au temps d’un expansionnisme qui étend sa zone d’influence du Caire (Traité d’amitié soviéto-égyptien du 27 mai 1971) à Hanoï en passant par Delhi (Traité d’amitié soviéto-indien du 9 août 1971), la flotte soviétique sillonnant tous les océans et l’armée rouge n’ayant jamais été aussi grande. Mais l’ombre du déclin commence sa montée. Déjà, avec l’odyssée lunaire du 20 juillet 1969, les Américains viennent de supplanter les Soviétiques dans la course à l’espace, symbole d’un dépassement technologique prometteur de supériorité économique. De même que, depuis 1968 où La Havane devient la patrie idéale des intellectuels de gauche, le flambeau de la révolution mondiale abandonne le modèle soviétique, dessaisi de sa mission idéologique, au profit du maoïsme, Pékin devenant la Mecque du communisme pur et dur. Mais surtout, accompagnant une dégradation de l’économie soviétique qui va être continuelle depuis 1970, l’opposition monte au sein du régime, l’ennemi intérieur prenant nom de dissident. André Sakharov fonde en 1970 un comité de défense des droits de l’homme. Prix Nobel la même année, Soljenitsyne fait entendre sa voix terrible dans le monde : le Goulag s’inscrit dans la conscience collective pour devenir une contre-vérité du marxisme qui fait sauter les illusions des idéaux progressistes. D’ailleurs, déjà, aux portes de l’Etat soviétique se soulèvent les ouvriers polonais de la Baltique en décembre 1970 …
Sesqui-carré (juillet 1975-mai 1976) : Le « compromis historique ». Le temps du « compromis historique » de la diversification du mouvement communiste international. Avec à sa tête l’Italien Enrico Berlinguer et l’Espagnol Santiago Carrillo, l’affirmation de l’eurocommunisme, à la conférence paneuropéenne de Berlin des 29-30 juin 1976, est une nouvelle atteinte à l’hégémonie soviétique et au centralisme communiste.
Trigone (septembre 1976-juin 1977) : Dernier essor. L’U.R.S.S. poursuit une paisible expansion sur le continent africain. Fidel Castro y fait un long voyage au début de 1977 et les « conseillers » cubains s’y investissent dans de nombreux pays. Ainsi, après l’Angola, l’Ethiopie et le Yemen du Sud passent pacifiquement dans le camp soviétique. Bilan toutefois maigre pour un tel aspect.
Carré (septembre 1979-juin 1980) : L’Afghanistan, les SS 20 et Solidarnosc. L’armée rouge envahit l’Afghanistan (appel du régime communiste de Kaboul à l’U.R.S.S. contre une insurrection) le 24 décembre 1979 (conjonction Soleil-Neptune), début d’une guerre longue et infructueuse. Au cours de l’année 1979, les Soviétiques installent en Europe de l’Est des missiles SS 20, stratégie « au bord du gouffre », commencement de la crise gravissime des euromissiles. Le 30 août 1980, à la suite d’une série de grèves, l’Etat polonais reconnaît le syndicat « Solidarnosc » de Walesa ; décision suivie, le 5 septembre, de la démission de E. Gierek, premier secrétaire du PC polonais. La révolte populaire a le dessus et ce consentement au syndicalisme libre ébranlant les assises des régimes communistes des démocraties populaires.
Sextil (octobre 1982-juillet 1983) : On peut apercevoir ici un temps d’endiguement de la désagrégation du bastion soviétique et plus précisément un paravent au danger du « bord du gouffre » européen. Le 30 novembre 1981 (sextil à 5° d’orbe) s’ouvre à Genève une conférence sur les euromissiles qui font trembler la population du continent, conduisant, le 29 juin 1982, à l’ouverture des conversations START (réduction d’armements). Succédant à Léonid Brejnev, disparu le 11 novembre 1982, Youri Andropov conforte la voie diplomatique, mais l’U.R.S.S.ne bouge plus que par sa force d’inertie.
Semi-carré (janvier-septembre 1984) : La nouvelle dérive du communisme prend l’aspect premier du décès d’Andropov le 8 février 1984, et de son successeur, Konstantin Tchernenko, en mars 1985. Le rôle en sera tenu, ensuite par la tentative pathétique de réformes entreprises par leur successeur, Mikhaïl Gorbatchev.
Conjonction (mars-novembre 1989 – 11°-10° Capricorne) : En cette année 1989, un vent de révolution souffle sur le monde. Cela a commencé avec le coup de tonnerre du « printemps de Pékin ». Une manifestation d’étudiants engagée le 17 avril à Pékin est interdite les 25-26, provoquant le lendemain le défilé d’un million d’étudiants dans la capitale chinoise. Dès lors, les cortèges ne vont pas cesser d’affluer sur la grande place Tiananmen. La visite de Gorbatchev le 15 mai amplifie le mouvement auquel se joint l’ensemble de la population et la proclamation de la loi martiale provoque un défi : chaque jour, un million de Pékinois contrôlent la ville et empêchent l’armée d’appliquer la loi martiale, jusqu’au massacre de la nuit du 3 au 4 juin. C’est aussi par millions que l’on défile par solidarité à Canton, Shanghaï, Hongkong, avec au surplus des manifestations de soutien par dizaines ou centaines de milliers, de Moscou aux différentes capitales d’Europe. Rien ne sera plus comme avant en Chine avec ce craquement de l’édifice communiste. Particularité nationale : le parti communiste chinois naît le 30 juin/1er juillet 1921, sous une conjonction Soleil-Mars-Pluton à 7-8° du Cancer. Lorsque ce parti s’empare du pouvoir en instituant la République populaire chinoise le 1er octobre 1949, Uranus à 5° du Cancer transite cette conjonction initiale. Or, c’est à 5° du Capricorne – à l’opposition du même point – qu’il stationne en avril 1989, Saturne venant également de faire le même transit. En ce même printemps, on voit poindre également une agitation nationaliste en Géorgie, en Lituanie, en Moldavie, dans les Balkans, tandis que – mais c’est tout un ensemble qui s’anime – pour la première fois en U.R.S.S., les Soviétiques ont élu leurs députés au Congrès en donnant l’avantage aux réformateurs. La Pologne ouvre la voie en avril, Solidarité arrachant des accords grâce auxquels elle sera dotée le 12 septembre d’un premier gouvernement non communiste. La brèche est ouverte. La Hongrie emboîte le pas en obtenant le 13 juin un résultat semblable et en démantelant le « rideau de fer » qui la sépare de l’Autriche. C’est ce qui va déclencher au cours de l’été un exode massif des Allemands de l’Est, ceux qui ne partent pas se mettant à manifester dans d’impressionnantes descentes de rue. L’écroulement du régime de la R.D.A. est précipité par la visite de Gorbatchev le 7 octobre : lâché par les Soviétiques, Erich Honecker se retire du pouvoir le 18. C’est ensuite l’effondrement du mur de Berlin le 9 novembre. Point de non retour : la Bulgarie, la Tchécoslovaquie, la Yougoslavie suivent le pas, et finalement la Roumanie elle-même, avec la disparition du couple Ceaucescu le 25 décembre. A l’exception de l’Albanie, tout le bloc communiste des « démocraties populaires » de l’Europe de l’Est a disparu ! Mais encore, en cette même fin d’année, avec un P.C. lituanien qui fait sécession, des manifestations en Mongolie, en instance de sécession elle aussi, et une guerre civile en Azerbaïdjan, c’est déjà l’ombre de « l’empire éclaté » qui se profile à l’horizon. L’estocade finale attendra le putsch raté de Moscou du 19 août 1991, provoquant l’écroulement du KGB et du PCUS, avec déboulonnage-dynamitage des statues du régime et course aux indépendances des provinces de l’U.R.S.S., le tout proclamé comme fin du communisme (quadruple conjonction Soleil-Mercure-Vénus-Jupiter au sesquicarré de Neptune). A la suite de quoi fera place, après constitution d’une Communauté des Etats slaves (8 décembre), une Communauté des Etats indépendants (C.E.I.) le 13 décembre 1991. Saturne s’est déjà éloigné de 18° de Neptune, mais c’est ce tout historique que contient le phénomène de cette grande conjonction.
LE NOUVEAU CYCLE 1989-2026 CONCERNE-T-IL LA C.E.I. ?
La principale charge dynamique de cette révolution mondiale s’est consommée alors que Jupiter franchissait l’opposition à la conjonction Saturne-Neptune, accompagnée d’Uranus à l’automne 1989, et sa turbulence a fait le reste en été 1991, Jupiter passant, cette fois, au sesquicarré d’Uranus et Neptune conjoints. Dans le n° 95 (3e trimestre 1991) de L’astrologue, j’avais rendu compte du putsch du 19 août en le liant précisément à cette dissonance nouvelle. Et j’ajoutais : « La structure contrapuntique des rythmes cycliques où nous voyons s’accompagner deux figures parallèles (les deux sesquicarrés) nous conduit à rendre compte du passage suivant de Jupiter au trigone de la même conjonction Uranus-Neptune de novembre 1991 à août 1992 : attendons une sortie du chaos actuel, l’émergence d’une situation nouvelle où cet immense espace géographique retrouve une identité qui lui soit propre et se reconfigure par rapport à l’Occident. »
L’empire soviétique européen ayant volé en éclats, la Communauté des Etats Indépendants (C.E.I.) remplace ainsi formellement l’U.R.S.S. disparue le 26 décembre 1991. Mais, est-ce à dire que le relais effectué en mode substitutif enchaîne la nouvelle communauté au devenir du cycle recommencé ? Pour le principe, il y a lieu d’en douter, compte tenu de l’intervention de Jupiter dans l’aboutissement de l’opération, et de la rupture idéologique de tout un courant historique justificateur. Néanmoins, le dernier mot revient à la vérification. , Plusieurs évolutions successives se superposant pourraient donner corps à une corrélation. Sous le semi-carré (avril-novembre 1994), où Boris Eltsine a laissé l’Etat se déliter sans construire aucun système institutionnel de rechange, laissant s’instaurer une société anarchique de corruption, les troupes russes entrent en Tchétchènie le 11 décembre 1994, alors que, sous le sextil (juin 1995-mars 1996), le 27 mai 1996, Eltsine entame une négociation qui aboutira le 23 novembre à la fin de la première guerre entre ces deux pays. De même qu’au cours d’un voyage en Chine les 24-26 avril 1996, il noue un « partenariat stratégique pour le XXIe siècle » entre les deux pays, que concrétise aussitôt l’installation d’un « téléphone rouge » entre Moscou et Pékin. Au carré (juin 1998-avril 1999), la Russie est l’homme malade du continent ; le pays se débat dans d’immenses problèmes : économiques, sociaux, territoriaux. En 1998, on craint même, à Moscou, que la Finlande revendique une partie de la Carélie. Dans un plongeon économique (croissance – 5 en 1998, avec chômage et inflation accompagnateurs), 20 à 30 % de la population vit au-dessous du seuil de pauvreté, Américains et Européens renflouant les caisses de l’Etat pour éviter le pire. L’arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine le 26 mars 2000 va apporter, au temps du trigone (juin 2001-avril 2002), un véritable redressement national général. Le bien public prime sur les intérêts privés des pilleurs de l’épave soviétique et de la mafia ; une stabilité politique s’impose avec une consolidation du pouvoir. C’est aussi le temps du décollage économique (croissance + 9 en 2000). Ce sont aussi les traités de « bon voisinage, d’amitié et de coopération » avec la Chine (16 juillet 2001), de « partenariat stratégique » avec l’Inde (4 octobre 2001), et des accords divers en mai 2002 (Etats-Unis, Otan, U.E.), embellie économique accompagnatrice, la Russie devenant l’ »Arabie Saoudite du gaz » …
Il n’est pas impossible, non plus, que la naissance de Vladimir Poutine (Saint-Pétersbourg, le 7 octobre 1952) sous quadruple conjonction Soleil-Mercure-Saturne-Neptune, soit le signe du pouvoir d’un homme d’Etat puissamment incarné dans le processus de ce grand cycle.
Tout cela ne suffit pas, pourtant, à une confirmation de la corrélation. On en saura davantage avec la venue de l’opposition Saturne-Neptune d’août 2006 à juillet 2007, et en particulier à l’automne 2006 lorsque Jupiter passera au double carré de cette opposition. La Russie ou la CEI passera-t-elle par une crise majeure, affectant en particulier l’autorité de Poutine, la dissonance en question frappant son carré Jupiter-Pluton ? Selon la réponse, il y aura là, de quoi être édifié.
UNE RELEVE REVOLUTIONNAIRE
A propos de cette même conjonction Saturne-Neptune, il faut aussi relever une autre corrélation possible. Derrière le Hamas palestinien qui a vu le jour en 1987 sont apparus en 1989 le Front islamique du salut algérien et Al-Qaida d’Oussema Ben Laden, la mouvance islamique pouvant être sensible à cette grande conjonction, d’ailleurs présente à l’apparition de l’Islam en 622. Cette même année 1989, au surplus, le 15 février, l’Armée rouge se retirait sans gloire de l’Afghanistan, au terme de huit années guerrières, face aux combattants d’un jihad assisté par les monarchies de la péninsule arabique, sous l’égide des Etats-Unis pourvoyeurs d’armes. Mais c’est une boite de Pandore qui s’ouvrait à ceux-ci, car dès 1990, le jihad se retournait contre l’Occident, les Talibans s’emparant de Kaboul en septembre 1996 et installant un « Emirat islamique d’Afghanistan ».
Il convient de rappeler que la précédente grande conjonction de 1953 avait accompagné l’éveil du Tiers monde en mouvement de libération décolonisatrice et d’émancipation socio-économique. Et maintenant, quelque chose de parallèle s’observe dans le ton de la tendance du cycle. La souche saturnienne de celui-ci concerne la population pauvre de l’humanité, la misère du monde, doublée de la tendance neptunienne communautaire. Sur le parcours du communisme, cela s’adressait à la classe laborieuse des prolétaires, aux travailleurs « damnés de la Terre ». Avec le Tiers monde, cela s’est déplacé aux pays sous-développés, aux peuples démunis, au niveau de vie misérable. Maintenant, nouvelle déviance, on voit le terrorisme plonger ses racines dans un autre état de dénuement. Le Hamas, par exemple, est surtout le produit du désespoir d’une communauté privée d’une patrie confisquée, les autres motivations venant derrière cette réalité de fond essentielle. Avec la neptunienne « nébuleuse Ben Laden » le discours de l’intégrisme islamique se réclame des pauvres et des déshérités, avec le ressentiment de laissés pour compte de la société occidentale, exclus du monde de la prospérité, que marginalise de la mondialisation, au surplus, un inepte esprit de « croisade » nullement mérité par la majorité de la population arabe. Ainsi se présente, maintenant, la nouvelle version explosive d’un dangereux divorce entre la pauvreté et la richesse.
On ne peut donc pas exclure que cette conjonction Saturne-Neptune et son cycle aient leur part dans un terrorisme qui s’est globalisé. Part auxiliaire derrière une signature plutonienne qui prévaut avec la clandestinité de ses réseaux activistes, son nihilisme foncier (les Talibans détruisant les statues de Bouddhas …) et ses kamikazes signant la mort de leurs suicides … S’il en est ainsi, on pourrait être fixé jusqu’à un certain point, quant à cette participation, en appréhendant une plus ou moins haute marée de terrorisme à l’automne 2006, Jupiter se joignant par double carrés amplificateurs à l’opposition Saturne-Neptune qui s’étale d’août 2006 à juillet 2007. Il n’en reste pas moins que le débordement populaire d’un courant de révolte dans le monde puisse éclater alors, sans terrorisme, en marge de la mouvance islamique. Entre l’un et l’autre, attendons la surprise de l’histoire.
Paris le 20 mai 2004.
LE CYCLE JUPITER – NEPTUNE
Tout est dit, du moins pour l’essentiel, de la conjonction Jupiter-Neptune, en rappelant que celle-ci revient tous les 13 ans environ, en se déplaçant généralement d’un signe à un autre (saut de 28° ½) : en 1907 en Cancer, en 1919 en Lion, e n 1932 en Vierge, en 1945 en Balance, en 1958 en Scorpion, en 1971 en Sagittaire, en 1984 à l’entrée du Capricorne et en 1997 à la fin du même signe.
Son « principe actif » fait prévaloir le courant neptunien : puissance de communauté, unifiant, globalisant, fusionnant, selon un mode jupitérien souple et modérateur, à finalité de solidarité, d’union, de détente et d’entente sur le plan diplomatique, et politiquement à tonalité de « gauche » : mouvement collectif de tendance libérale, démocratique, socialiste, voire révolutionnaire. A disposition également bienfaitrice et humanitaire, de défense des valeurs universelles. Voici, en file indienne, l’observation de sa série cyclique depuis la fin du XVIIIe siècle.
CONJONCTIONS JUPITER-NEPTUNE
1792 : La Première République française (1792).
1804 : Fin de cette république, mais le Premier Empire qui lui succède (conjonctions uraniennes de 1803 et 1805) exporte sur le continent l’esprit de la Révolution française.
1817 : La politique réactionnaire de la Sainte-Alliance donne l’éveil à un mouvement libéral qui prend son départ.
1830 : Mouvement révolutionnaire européen de 1830 (France, Belgique, Pologne, Allemagne, Italie). Premières victoires libérales : indépendance de la Grèce (1829) et de la Belgique (1830). Majorité du parti whig et grande réforme électorale britannique (1830-1832). La France et l’Angleterre donnent le pouvoir à une nouvelle classe sociale : la bourgeoisie ; début du régime parlementaire en France. Aux Etats-Unis, avec la présidence d’Andrew Jackson (1829) se présente le tournant décisif d’une Amérique démocratique.
1843 : Agitation chartiste en Angleterre en 1842 ; première grève générale étendue à la moitié du pays et départ des trade-unions en 1844 avec l’Association des équitables pionniers de Rochdale. Fondation en 1843 des « Annales franco-allemandes », lien de relations révolutionnaires. Diffusion abondante d’écrits révolutionnaires en Autriche à partir de 1843 et troubles ouvriers en Bohème à partir de 1844. Naissance d’un comité central clandestin polonais à Posen en 1843. En France,, lancement de La Réforme de Ledru-Rollin. C’est aussi en 1843 que se crée le Risorgimento, mouvement en faveur de l’unité italienne. Avec, aussi, depuis 1843, un début d’ »entente cordiale » qui dresse une coalition libérale franco-anglaise, nous avons le prélude annonciateur de l’explosion (Saturne-Neptune) de 1848.
1856 : En Allemagne, la pression de la bourgeoisie aboutit au renouvellement du Zollverein qui devient, à partir de 1856, une agitation dont la réalisation économique prépare la réalisation politique. En Russie, Alexandre II amorce en cette même année une évolution libérale : il ouvre les frontières et les prisons en entame le processus conduisant à la suppression du servage. L’année 1856 est aussi celle du Traité de Paris, victoire du libéralisme franco-anglais réglant divers problèmes européens : Mer noire, Danube, empire ottoman, et jetant les bases du droit maritime international (conjonction en Poissons).
1869 : Avec les lois sur la presse et les réunions publiques, et le rétablissement des pratiques parlementaires, le succès, cette année-là, du Parti républicain (plus de trente élus) – lequel, avec Gambetta, établit un programme qui sera pendant quarante ans celui du Parti radical – fait passer la France de l’Empire libéral à la IIIe République l’année suivante. En Angleterre, majorité libérale d’esprit radical en 1868, avec réforme électorale en Ecosse et en Irlande. En Allemagne, la social-démocratie donne des signes de vie à partir de 1869 : création, cette même année, du Parti social-démocrate avec Bebel et Liebknecht. En 1968 : révolution japonaise, constitution serbe et ouverture du Canal de Suez. Et en 1869, apparition du syndicalisme américain (Knights of Labor)
1881 : Constitution d’une entente européenne en 1881-1882 – la Triple Alliance – Allemagne-Autriche-Italie – qui recueille l’adhésion de la Roumanie, de la Serbie, et, en partie, de la Grèce, de la Turquie, de l’Espagne et de la Suède. Les années 1881-1882 marquent le développement de la législation sociale en Allemagne, et, en France, celui de la liberté de la presse et de réunion, ainsi que la naissance de l’enseignement primaire gratuit, laïque et obligatoire de la IIIe République.
1894 : En France, élections de 1893 avec poussée à gauche (40 députés socialistes élus, parmi lesquels l’orateur Jean Jaurès) et naissance de la Confédération Générale du Travail (C.G.T.) en 1895. En Russie, Lénine fonde, au début de 1895, l’Union de lutte pour la libération de la classe ouvrière.
1907 (sous opposition Uranus-Neptune) : Formation de la Triple Entente (Angleterre-France-Italie). En Grande-Bretagne, les libéraux, écartés du pouvoir depuis une décennie, redeviennent majoritaires (1906). A la Chambre des communes, le parti travailliste (Labour Party), qui, avec Ramsey Mac-Donald, occupe 29 sièges, fait voter en trois ans une série de lois ouvrières (journées de 8 heures dans les mines en 1908, etc.). En France, les élections de 1906 assurent la victoire des radicaux et des socialistes, tandis que la C.G.T., au congrès d’Amiens, fixe un programme offensif (grèves de 1907-1908). Partout, la lutte s’engage contre le capitalisme. En Autriche-Hongrie, l’agitation socialiste conduit le gouvernement à instaurer le suffrage universel, et les élections de 1907 donnent 86 sièges au socialistes. L’Espagne est également agitée avec, en 1908, une grève générale à Barcelone, des émeutes anticléricales, une action antimilitariste. En Russie, l’agitation s’amplifie en 1906 et 1907 : conflit entre la Douma et le gouvernement, grèves générales, insurrections, unification du parti bolchevik. Les Etats-Unis connaissent aussi un virage démocratique à partir de 1908. L’année 1907 est également celle d’une conférence de la Paix à La Haye pour tenter de réduire les risques de guerre.
1919-1920 : Fin de la Première Guerre mondiale avec victoire des Alliés (novembre 1918) ; Traité de Versailles, fondation de la Société-des-Nations (S.D.N.) ; création de la IIIe Internationale
1932 : Sous l’égide de la S.D.N., conférence du désarmement à Genève, aboutissant à l’échec de la sécurité collective (conjonction en Vierge, exil de Neptune et chute de Jupiter). Relais pris par un Pacte à quatre de Rome avec un regroupement diplomatique renforcé par l’Union soviétique, gagnée à la cause des démocraties contre le fascisme (1932-1933). République espagnole en 1931. En novembre 1932, victoire des démocrates aux Etats-Unis avec l’élection présidentielle de F. D. Roosevelt et l’expérience du New Deal..
1945 : Fin de la Seconde Guerre mondiale avec la victoire des Alliés (mai et août 1945). Fondation de l’Organisation des Nations Unies (O.N.U.) en juin 1945. Marée de gauche de la « Résistance » en Europe au lendemain de la guerre : Gouvernement travailliste en Angleterre, IVe République en France …Décédé le 12 avril 1945, Roosevelt, élu à trois reprises, aura tenu la présidence américaine tout au long du cycle 1932-1945.
1958 : En France, avec le retour de de Gaulle au pouvoir, passage de la IVe à la Ve République (octobre 1958) et révolution à Cuba avec Fidel Castro au pouvoir (janvier 1959). Détente américano-soviétique, les deux Etats suspendant leurs essais nucléaires en mars 1958, avec, l’année suivante, visites du vice-président Nixon à Moscou et de Khrouchtchev aux Etats-Unis.
1971 : Tournant de détente générale Est-Ouest avec cette conjonction qui s’étale sur toute l’année 1971. Réalisation par le Chancelier Willy Brandt de l’Ostpolitik : rapprochement avec le bloc communiste, déjà préparé par un pacte germano-soviétique (août 1970), élargi à un pacte germano-polonais en novembre 1970, et complété par un accord quadripartite sur Berlin en septembre 1971. Outre que ce courant de détente réchauffe la négociation entre les deux Grands sur les armements stratégiques, un traité SALT 1 sur leur limitation aboutissant peu après en mai 1972. Mais encore, détente en Asie avec, en août 1971, une prise de contact sino-américaine finissant sur l’admission de la Chine populaire à l’ONU en octobre 1971, avec l’appui des Etats-Unis, suivie en février 1972 du voyage du président Nixon à Pékin. Si à la conjonction précédente, Castro s’est emparé du pouvoir à Cuba, c’est à celle-ci que, le 24 octobre 1870, Salvador Allende accède à celui du Chili. En 1971, Bernard Kouchner fonde « Médecin sans frontières » et « Greenpeace » voit le jour, devenu au cycle suivant la première organisation écologique du monde..
1984 : Le chemin de la paix. Au bord du gouffre avec les euromissiles mis en place dans un climat de primauté militaire (la « guerre des étoiles » des U.S.A. programmée), les deux Grands ressentent le besoin de négocier : proposition Tchernenko (20 mai 1984) de conversation que concrétisent des conversations à Washington en septembre. Mais le tournant historique a lieu quand le Soleil passe de la conjonction de Neptune (22 décembre 1984) à celle de Jupiter (14 janvier 1985), avec la venue du n° 2 soviétique Mikhaïl Gorbatchev mi-décembre à Londres, où il fait bonne impression, et les rencontres des 7-8 janvier 1985 des ministres des Affaires Etrangères, Schultz et Gromyko, renouant un dialogue interrompu depuis quatorze mois de réarmement européen et amorçant un véritable dégel, Gorbatchev devenant en mars le numéro 1 soviétique. S’ajoute une visite du président Reagan en Chine en avril 1984, en réponse à celle de Tchao Tseu-yang en janvier aux Etats-Unis. Ve République : après une chute de la représentativité gouvernementale aux élections européennes du 17 juin 1984, suivie le 24 d’un défilé d’un million et demi de gens à Paris pour refuser un programme gouvernemental sur l’enseignement (oppositions Soleil-Mercure-Vénus à Jupiter-Neptune), le 17 juillet suivant, Laurent Fabius succède à Pierre Mauroy au gouvernement. Courant de troisième chance de la démocratie en Amérique latine de 1983 à 1985 : Argentine, Uruguay, Brésil.
1997 : Il s’agit d’une conjonction particulière, parce que adossée à une conjonction Jupiter-Uranus, les deux se succédant à un mois d’intervalle, à 8° l’une de l’autre, le tout justifiant une interprétation particulière. A la première peut correspondre proprement – en résonance avec Médecin sans frontières et Greenpeace – suite à des sessions préparatoires de 1995-1996, la Convention des Nations-Unies sur les changements climatiques, qui s’est tenue à Kyoto en décembre 1997, le « protocole de Kyoto » devenant le plan d’application de mesures gouvernementales internationales visant à réduire le réchauffement climatique de la planète. En Europe, après une ère thatchérienne, les élections générales d’avril 1997, triomphales pour le New Labour, amènent Tony Blair au pouvoir en Angleterre, tandis qu’en France, des élections anticipées en mai 1997 font revenir la gauche, le Premier ministre Alain Juppé cédant la place à Lionel Jospin. Coup de barre à gauche élargi à l’Allemagne avec la venue les mois suivants de Gerhard Schröder au pouvoir.
Ces 17 dernières conjonctions Jupiter-Neptune prises à la queue leu leu forment manifestement une série homogène au long de laquelle, tous les 13 ans, se renouvelle un processus – de commencement ou de fin sinon de relance – d’ordre collectif : libéral, démocratique, socialiste, voire communiste, à visée internationaliste ; sinon de nature associative, pacifique ou humanitaire.
Les enchaînements sont décelables de diverses manières. D’une conjonction à l’autre se déroule une expérience de sa naissance à sa disparition : la Première république française, la S.D.N. (à la limite), l’expérience Roosevelt, la IV ème République française. Ce sont là les expériences d’un seul cycle. Sinon, un courant prend naissance à une conjonction et se développe au cycle suivant : le mouvement libéral européen, qui prend corps à la conjonction de 1817, accède au pouvoir à la suivante de 1830, puis domine avec « l’entente cordiale » à celle de 1843. Le départ politique de Lénine à la conjonction de 1894 est consacré à la suivante avec la première révolution russe de 1907. Après la Triple Alliance, venue à la conjonction de 1881, on voit la Triple Entente formée à celle de 1907, ou ce qu’il en reste du moins, gagner la guerre à la suivante de 1919 Sans oublier, dans le discontinu, les séries du même : 1e, IVe et Ve Républiques françaises ; les grandes édifications et détentes internationales, les fins des deux guerres mondiales s’alignant sur une série humanitaire : Traité de Paris 1856, Conférence de La Haye 1907, S.D.N. 1919, Conférence de la paix ratée en 1932, O.N.U. 1945, détente générale de 1971, puis de 1984 et Convention de Kyoto en 1997.
CYCLES JUPITER-NEPTUNE
Si la périodisation des temps forts d’un même type de série cyclique invite à retenir une filiation historique par bonds successifs, encore faut-il, remplissant les intervalles vides d’un point à un autre, que celle-ci s’observe dans la continuité en un enchaînement du tout et de la partie au long du cycle lui-même et selon l’ordre de ses propres étapes. Contentons-nous de présenter seulement quelques histoires représentatives.
Cycle 1919-1932 : La Société des Nations.
Conjonction (septembre 1919 – 10° Lion) : La naissance. Sous l’initiative du président américain Wilson, dans le cadre de la conférence de la paix à Versailles, est fondée le 10 janvier 1920 la Société des Nations (SDN), missionnée pour la paix, point de départ d’une expérience inédite de sécurité collective et première organisation réunissant la plupart des pays du monde.
Sextil (décembre 1921-août 1922) : La conférence de Washington. Ouverte le 28 octobre 1921, la conférence de désarmement de Washington, à laquelle participent toutes les grandes puissances, aboutit à des accords sur la limitation des armements navals, le règlement des problèmes d’Extrême-Orient et la révision de problèmes économiques. Bien que hors du champs de l’ONU, cette conférence est le premier pas accompli dans la marche vers la sécurité collective.
Carré (janvier-octobre 1923) : La crise de Corfou. Suite à une tension entre l’Italie et la Grèce, l’île de Corfou est bombardée et occupée par les troupes italiennes en août 1923. Mussolini entend régler ce problème en dehors de la SDN, à laquelle il refuse toute compétence et dont l’intervention est inefficace. En outre, la politique turque de Mustapha Kemal met à mal le traité de Sèvres (1920), remplacé par celui de Lausanne du 23 juillet 1923.
Trigone (mars-novembre 1924) : Le protocole de Genève. Pour la première fois depuis la naissance de l’institution, les chefs des gouvernements anglais et français se rendent en 1924 à l’Assemblée de Genève, pour en faire « l’instrument de la restauration européenne ». De simple grande espérance, la SDN se convertit en réalité politique. Genève devient le centre de la vie internationale. C’est de ce temps que date réellement l’expérience européenne d’établissement d’un règlement Genevoix des conflits entre Etats. Signé le 1er octobre 1924 par les représentants de quarante-sept nations, le protocole de Genève condamne tout recours à la guerre et proclame le principe de l’arbitrage obligatoire devant la Cour permanente de justice internationale, affirmant la nécessité de sanctions pour tout Etat qui refuserait cet arbitrage.
Opposition (avril-décembre 1926) : L’Allemagne à la SDN. L’Assemblée du 8 septembre 1926 se prononce pour l’admission de l’Allemagne (jusque là exclue) à Genève. Le Reich entre donc à la SDN, issue du traité de Versailles qui avait condamné ce pays. Bien qu’il soit le résultat d’un naturel et nécessaire esprit de collaboration, ce revirement historique – passage de pile à face - implique un effort d’intégration, le dépassement d’une contradiction radicale, cette étape contenant en germe le déclin des institutions genevoises.
Trigone (mai-décembre 1928) : Le pacte de Paris. Les démocraties en arrivent à la mise hors la loi de la guerre. Soixante nations s’engagent solennellement à ne plus avoir recours à l’usage des armes pour faire prévaloir leur politique. Le pacte Briand-Kellogg est signé à Paris le 27 août 1928. Comprenant alors toute l’Europe (hormis l’U.R.S.S.), toute l’Afrique, et s’étendant à une partie de l’Amérique, la SDN est à l’apogée de son prestige. Elle fait figure de « Parlement du monde » et ce pacte engendre la croyance en une nouvelle ère de concorde universelle et de paix éternelle.
Carré (juin 1929-janvier 1930) : Echec de projet fédératif. En septembre 1929, Briand lance l’idée d’ une « solidarité des puissances européennes », jusqu’à publier en mai 1930 un programme « d’union fédérale européenne ». Projet prématuré qui se heurte au refus des chancelleries.
Sextil (juillet 1930) : Vers le désarmement. La commission préparatoire de la conférence du désarmement termine ses travaux en été 1930 et publie un projet de convention de désarmement destiné à être traité à la conférence.
Conjonction (septembre 1932 – 8° Vierge, signe de débilité des deux planètes) : l’échec du projet de sécurité collective. La conférence du désarmement qui s’ouvre le 2 février 1932 et à laquelle participent soixante-deux nations ne parvient à aucun résultat. Après avoir repoussé un projet de désarmement, le Japon notifie son retrait de la SDN le 27 mars 1933, suivi par le départ à son tour de l’Allemagne nazie le 21 octobre suivant. Dès lors s’évanouissent définitivement les possibilités d’arbitrage et de sécurité collective que la SDN s’était fixées comme but.
Cycle 1932-1945 : De la faillite de la S.D.N. à la naissance de l’O.N.U.
Conjonction : Renouvellement genevois. Ce renouveau cyclique est le théâtre d’un radical basculement diplomatique, aux retraits du Japon et de l’Allemagne succédant l’appoint de l’Union Soviétique. Pour l’U.R.S.S., jusqu’en 1932, les ennemis extérieurs étaient les agents du Quai d’Orsay et de l’Intelligence Service, au service du capitalisme occidental. Désormais, Hitler devient l’adversaire n° 1 : l’Union Soviétique passe ainsi dans le camp des démocraties occidentales et se range parmi les tenants de la sécurité collective. Le Kremlin donne aussitôt une impulsion nouvelle à la diplomatie française, le combat anti-allemand passant par Paris et Moscou, qui s’entendent dès novembre 1932.
Semi-carré (octobre 1934) : L’assassinat de Barthou. Celui-ci est le principal artisan de la politique française d’unité européenne contre Hitler. Le 9 octobre 1934, il trouve la mort dans un attentat, avec le roi Alexandre de Yougoslavie, alors que l’Allemagne revendique un réarmement qu’elle imposera à partir d’avril 1934.
Sextil (décembre 1934-juillet 1935) : L’URSS à Genève et Stresa. Le 18 septembre 1934, les Soviets sont admis à Genève. Leur entrée à la SDN inaugure une ère nouvelle relançant la sécurité collective, dont ils deviennent les principaux représentants.. Devant les premières menaces du IIIe Reich, la coopération européenne se renforce et les accords se multiplient autour du front de Stresa dressé contre la nouvelle Allemagne à la Conférence de Stresa des 11/14 avril 1935 : accords franco-italiens du 7 janvier 1935, pacte franco-soviétique du 2 mai, traité soviéto-tchécoslovaque du 16 mai, et rapprochement en février de la Grande-Bretagne vers cette politique d’accords.
Carré (janvier-septembre 1936) : Déconfiture générale. 1936 voit se multiplier les crises : occupation de la Rhénanie, guerre italo-éthiopienne, guerre sino-japonaise, guerre d’Espagne. A la suite des sanctions impuissantes de la SDN contre elle, l’Italie se sépare de la France et de l’Angleterre pour se rapprocher de l’Allemagne. Le front de Stresa est brisé et, à l’inverse, c’est un « axe Rome-Berlin », proclamé le 1er novembre 1936, qui s’impose.
Trigone (février-octobre 1937) : Apaisement. Dans cette Europe bouleversée, 1937 apporte seulement un répit. Si aucun redressement n’est possible, du moins apparaissent des éléments positifs : accord anglo-italien pour le statu quo en Méditerranée, accord franco-yougoslave, rapprochement franco-britannique, gentleman’s agreement de l’entrée de 1938. Mais le sesqui-carré n’est pas loin, qui fait aussitôt penser à l’orage de Munich.
Opposition (avril 1939) : La défection soviétique et la guerre. Depuis les accords de Munich, la diplomatie ambiguë de Londres et de Paris s’aliène l’assistance de Moscou, froidement exclu de ce démissionniste « pacte à quatre ». Amorcé en mars et confirmé en août 1939, c’est un revirement à 180° qui s’opère relativement à la conjonction de 1932 : face après pile, l’URSS quitte le camp démocratique pour conclure le pacte germano-soviétique et nous entrons dans la Seconde Guerre mondiale qui consacre l’échec définitif de l’institution de Genève.
Trigone (mai 1941) : La Charte de l’Atlantique. En l’absence d’organisme international approprié, la solidarité se recompose dans une coopération des démocraties en guerre, et le relais est assuré par les Etats-Unis, en raison de la venue à la Maison Blanche du président démocrate F.D. Roosevelt à la conjonction de 1932, poste qu’il occupera jusqu’à la suivante de 1945. Si, au temps de l’opposition, les Etats-Unis s’étaient isolés en proclamant le Neutrality Act le 5 septembre 1939, tout change, ici, avec la loi prêt-bail du 11 mars 1941. Dès lors, ceux-ci deviennent l’arsenal des démocraties en fournitures militaires considérables aux alliés. De plus, le 14 août 1941 est signée par Roosevelt et Churchill la Charte de l’Atlantique, base d’une nouvelle coopération économique et politique des Etats démocratiques. Au surplus se tient à Moscou le 29 septembre 1941 une conférence tripartite qui met au point l’assistance anglo-américaine à l’URSS.
Carré (mai 1942) : L’entrée en guerre. Le 7 décembre 1941, Pearl Harbor précipite les Etats-Unis dans la guerre et la campagne commence par sa série de défaites.
Sextil (juin 1943) : Les premières victoires. 1943 est l’année du renversement des forces, les armées alliées passant de la défensive à l’offensive. En novembre 1942 a eu lieu le débarquement en Afrique du Nord, prélude à l’attaque de la « forteresse européenne ».
Conjonction (septembre 1945 – 5° Balance) : l’Armistice, la victoire allée et l’O.N.U.. Le 8 mai 1945, l’Allemagne nazie capitule, suivie par le Japon le 2 septembre. Roosevelt est mort le 2 avril, auquel succède Harry Truman. La guerre terminée, les Etats-Unis sont à la tête des Etats pour réorganiser le monde. Leur principale initiative immédiate est la reconstitution d’une instance internationale de sécurité collective, avec la création de l’Organisation des Nations Unies.
En prolongation de ce texte, se reporter à l’étude du « Destin de l’Organisation des Nations Unies ». Une suite à cette série cyclique est programmée dans le cadre d’études sur la IVe République (un résumé en est donné pages 104-105 de « Introduction à l’Astrologie mondiale » et la Ve République françaises.
Les essais prévisionnels.
Il n’est pas déplacé de rappeler l’expérimentation prévisionnelle faite à deux reprises sur les conjonctions de 1971 et 1984.
J’eus l’occasion de traiter la première lors d’une interview à la revue italienne Nova dans son dernier numéro de 1970, titrée : L’anno dei grandi negoziati diplomatici, son texte finissant sur cette phrase : « L’année des grandes négociations et de la liquidation des guerres existantes. Depuis 25 ans, l’Europe n’avait pas beaucoup bougé : elle peut se métamorphoser complètement en une douzaine de mois ; tandis que les extrêmes de notre société mondiale, les U.S.A. et la Chine populaire, peuvent prendre le chemin d’un rapprochement plus ou moins significatif ».
Certes, cette prévision globale contenait l’erreur concernant la guerre du Viêt-nam qui se poursuivit, bien qu’une mise en place de sa solution y vit le jour. Mais l’exceptionnel festival diplomatique de l’année 1971 devait hautement la confirmer : admission de la Grande-Bretagnre au Marché commun, annonce-surprise de la visite de Nixon à Pékin, amorçant le dégel sino-américain, traité d’amitié indo-soviétique, rencontre Brandt-Brejnev,, entrée de la Chine communiste à l’O.N.U., voyage international de Kossiguine, venues de Brejnev en France et de Tito aux Etats-Unis ; et surtout – tournant historique capital – aboutissement de la conférence européenne sur la sécurité, sur la lancée des traités germano-soviétique et germano-polonais de 1970, avec – après 10 mois de négociations et 21 rencontres – l’Accord sur Berlin entre les deux Allemagnes (11 décembre 1971) complétant le préalable Accord sur Berlin entre les Quatre Grands (3 septembre 1971), résultat de 33 séances d’une négociation de 17 mois, leur bilan étant la disparition sur la carte du monde de son point stratégique numéro un : Berlin ; page tournée de 25 années d’histoire de l’Europe d’après-guerre.
Je devais naturellement m’impliquer de nouveau à l’égard de la « bénéficité » de la conjonction suivante de 1984, dans les n° 62 (2e trimestre 1983), et 65 (1er trimestre 1984) de L’Astrologue. On en était alors au temps de la menaçante conjonction Jupiter-Uranus, notre continent étant sous la pression d’un grave danger. Un sommet à Williamburg les 27-29 mai 1983 rassemblant USA-Europe-Japon avait abouti à la décision d’un déploiement d’euromissiles à l’Ouest, provoquant une riposte soviétique d’implantation de sites nucléaires à l’Est. Et le 24 novembre, les pourparlers américano-soviétiques de Genève sur le désarmement allaient se rompre. Ainsi s’alignaient de part et d’autre du rideau de fer Pershing et SS20, derniers pas d’une marche au bord du précipice nucléaire, qu’aggravait encore la décision américaine de se lancer dans une « guerre des étoiles »..
Dans un tel climat, la seule interprétation obligée de la conjonction Jupiter-Neptune ne pouvait être qu’un « passage de la tension à la détente » et le texte premier finissait sur un calendrier de la paix programmé sur le rythme du cycle Soleil-Jupiter, de sa conjonction du 14 décembre 1983 à la suivante du 14 janvier 1985. En fait, la situation était si alarmante qu’elle appelait un apaisement, apporté par une conférence internationale à Stockholm en janvier 1984. Mais ce n’est qu’à la conjonction soli-jovienne suivante que vînt le déclic de la détente avec l’entrée sur la scène de l’histoire de Mikhaïl Gorbatchev. Elle survint avec la venue à Londres, à la mi-décembre 1984, du n° 2 soviétique (le 11 mars suivant, il sera le numéro un) où il fit grande impression. Ce qui fut suivi par la rencontre à Genève, les 7-8 janvier 1985, des ministres des Affaires Etrangères américains et soviétiques (entretiens Schultz-Gromyko), renouant pour de bon un dialogue interrompu pendant 14 mois de réarmement européen, amorce d’un dégel. Le doigt était mis dans l’engrenage d’un processus de détente qui allait s’amplifier au long du cycle.
L’attente du sextil (mars 1986) n’est pas vaine. Autour de la nouvelle conjonction soli-jovienne du 18 février 1986 se concrétisent deux épisodes diplomatiques : le 11 février, un important échange d’espions entre Américains et Soviétiques, accompagné de la libération du dissident Anatoly Tchtcharanski, et, le 22, un échange entre les deux partenaires de proposition d’élimination des fameux euromissiles, sur une voie de désarmement. La nouvelle conjonction Soleil-Jupiter du 27 mars 1987 accompagne la relance d’un programme ambitieux : l’option « double zéro » de destruction respective des missiles. A l’approche du trigone (à 6° d’orbe) et sous une conjonction Soleil-Vénus au trigone de Jupiter, le 26 août 1987, Helmut Kohl engage la R.F.A. à démanteler les 72 fusées Pershing installées sur le territoire de l’Allemagne de l’Ouest, principal obstacle qui se dressait devant un accord entre les deux Grands sur le désarmement et concrétisation effective de la détente. Le même jour, dans des messages séparés, Reagan et Gorbatchev conviennent de conclurer un accord, option double zéro, qui sera effectivement conclu le 7 décembre 1987 : destruction de toutes les armes nucléaires avant l’an 2000. Jupiter s’est approché à 6° du trigone de Neptune en août 1987 et franchit l’aspect en avril 1988. Temps même d’une nouvelle avancée pacifique, localisée autour de la nouvelle conjonction soli-jovienne du 2 mai 1988. Le 14 avril, un accord est signé à Genève consacrant le retrait militaire de l’Union soviétique de la guerre en Afghanistan (rappelant le retrait américain du Viêt-nam à la conjonction de janvier 1973), la première évacuation d’un contingent de soldats s’opérant dès le 15 mai. Désinvestissement majeur d’un conflit installé depuis 8 ans instaurant, au sommet Reagan-Gorbatchev de la fin du mois à Moscou, un climat de réconciliation entre les deux Grands. La porte est désormais ouverte pour mettre fin au long affrontement Est-Ouest qui a dominé sur la seconde moitié du XXe siècle.
Quand viendra l’opposition Jupiter-Neptune (septembre 1989-juin 1990), on en sera à l’épilogue de dernières négociations avec une Union soviétique en voie de disparition. Cette configuration s’intègre à trois oppositions jupitériennes à une triple conjonction Saturne-Uranus-Neptune. Conjoncture exceptionnelle du tournant historique de 1989-1990. Le mieux est de rappeler, ici, le texte d’une note : Orages sur 1989-1990, du n° 85 de L’Astrologue (1er trimestre 1989), se rapportant en particulier à notre configuration : « Mais surtout, il faut retenir que Jupiter passera à l’opposition de la conjonction Saturne-Neptune dans cette même période de septembre 1989 à juillet 1990. Configuration qui se prête à une double interprétation. D’une part, cela pourrait signifier un temps d’extraversion de courants révolutionnaires jusqu’à l’éclatement, ce qui promettrait des débordements populaires, massives descentes de rue avec risque de renversements de pouvoir. On songe à la possibilité de coups d’éclat de ce genre pour des pays qui étouffent comme la Roumanie, des pays d’Europe de l’Est maintenus sous le carcan comme la Tchécoslovaquie. D’autre part, il vient à l’esprit que ce phénomène oppositionnel puisse se traduire par une menace de renversement de Gorbatchev en Union soviétique, son Jupiter à 10° du Cancer étant directement touché. Souhaitons-lui, dans ce cas, que les trigones et sextils à son Soleil lui permettent de triompher de ce contre-courant jupitérien au processus de renouveau engagé par la conjonction Saturne-Neptune. »
Gorbatchev allait être le héros ambivalent d’une mutation historique salvatrice qui n’en devait pas moins se retourner contre sa propre cause et entraîner sa chute. Mais, ici, c’est le premier volet de l’interprétation qui nous intéresse, et ce qui apparaît, c’est, tel un cyclone populaire, le souffle d’une masse publique qui se déchaîne en emportant tout sur son passage. Car, c’est bel et bien ce torrent de la rue déferlant dans les villes de l’Allemagne de l’Est, puis dans les pays voisins, qui fut le moteur de l’histoire avec la chute du mur de Berlin et l’effondrement des « démocraties populaires », la révolte publique s’étant alors retournée contre le communisme lui-même (voir « Histoire d’une prévision »).
La dernière conjonction Jupiter-Neptune de 1997 fera l’objet d’une interprétation particulière, car c’est le tout d’une triple conjonction Jupiter-Uranus-Neptune qu’il faut prendre en compte.
Il reste à rendre compte de la dernière opposition Jupiter-Neptune qui se produisit entre septembre 2002 et juin 2003. Elle aussi a accompagné un phénomène populaire semblable à celui de la précédente de 1989 (l’opposition faisait semi-carré et sesquicarré à Saturne). Ce fut alors l’intention anglo-américaine d’intervenir militairement en Irak qui, dans une véritable fièvre populaire, fit descendre des populations du monde entier dans la rue. L’opinion internationale s’enflamme précisément au passage du Soleil sur cette opposition. Le 15 février 2003, 10 millions d’individus défilent sur le continent, surtout en Angleterre, en Espagne et en Italie, contre leurs gouvernements alignés sur le bellicisme des apprentis sorciers du Pentagone ou de l’entourage du problématique président George W Bush. Ils sont encore 5 millions à défiler à la fin de la semaine suivante, et autant encore à la fin du mois, cette fois en Asie et en Amérique latine ! Le déferlement de telles marées populaires dans le monde ne pouvait, justement, être comparé qu’à la tourmente de 1989.
Dans un véritable effet de condensation, la configuration a touché deux entités relevant du même cycle : l’O.N.U. et la France.
Si l’O.N.U. s’est trouvée impliquée dans la guerre contre l’Irak à la précédente opposition de 1990, cette fois, à l’inverse, c’est à son insu que s’est faite la seconde guerre à ce pays, reléguée en la circonstance à l’inutilité. Les U.S.A. se sont passés de son mandat en se lançant en mars 2003 dans une guerre dite préventive, devenant une illégitime agression anglo-américaine : défaite morale du primat de la force sur le droit international dont l’O.N.U. demeure l’essentiel foyer de légalité. Démonstration de violence d’autant plus injustifiée qu’on ne trouvera aucune trace des fameuses « armes de destruction massive » (ni de connivence entre Ben Laden et Saddam Hussein), prétexte de l’entrée en guerre, outre que cette campagne a tourné à une déconfiture politique, non sans engendrer, au surplus, des éclaboussures d’attentat, alors qu’on prétendait combattre un terrorisme, finalement relancé.
Quant à la France, partisane d’une poursuite pacifique du désarmement de l’Irak qui était en cours, elle s’est trouvée en tête d’un clan de nations refusant l’intervention militaire, vilain canard faisant l’objet de mesures punitives du clan américain. Outre qu’en mai 2003 éclatait dans le pays une grave crise sociale avec ses descentes de rue, devenue une sévère épreuve du pouvoir et de la situation économique.
Il est vain, maintenant, de deviser de la prochaine conjonction Jupiter-Neptune qui se produira de mai à décembre 2009, de 24 à 26° du Verseau et au semi-sextil d’Uranus. On l’a vu ici, c’est en fonction du contexte historique du moment qu’elle s’exprime et il est trop tôt pour en percevoir le cadre. Tout au plus peut-on estimer que, ramifiée au semi-sextil Uranus-Neptune, elle puisse faire espérer une avancée d’humanité dans l’édification en cours de la mondialisation. En s’interrogeant non moins si, étant suivie aussitôt du chambardement des dissonances de 2010, ses acquis ne puissent pas être remis en question dans la crise attendue, sinon s’y révéler inopérants. Aussi proche qu’elle soit déjà de nous, cette conjonction-Sphinx est comme plongée dans l’obscurité d’une nuit des temps, ne devant se révéler qu’au dernier moment, et même quand l’histoire se dévoile. Comme toujours …
Paris, le 6 juillet 2004.
LE CYCLE SATURNE – URANUS
C’est à la cadence d’un intervalle de 45,36 ans que se succèdent les conjonctions Saturne-Uranus. Observons-en l’échelonnement depuis le milieu du XVIIe siècle, embrassant ses neuf dernières figures.
1625 (mi-Lion) : Avènement du cardinal de Richelieu en France, qui, avec Louis XIII, installe la toute puissante autorité royale française (1624). Résultat à l’opposition de 1648 (et sous conjonction Uranus-Neptune) : avec les traités de Westphalie et de Munster (1648), la suprématie des Habsbourg est brisée, la Hollande et la Suède accèdent au rang de grandes puissances, et la France devient la première nation d’Europe. A la même conjonction de 1625, début de l’émigration anglaise en Amérique et peuplement de la Nouvelle-Angleterre, .
1670 (début Poissons) : Conjonction adossée au Traité d’Aix-la-Chapelle (2 mai 1668) avec Saturne à une quinzaine de degrés entre Neptune qu’il quitte et Uranus auquel il approche. Traité qui met fin à la première guerre de Dévolution entre l’Espagne et la France. L’affirmation monarchiste française en Europe, créée par Richelieu et complétée par Mazarin, atteint les limites de son expansion. Posé au centre du monde, Louis XIV dans son omnipotence s’installe en 1672 au château de Versailles, tout en se heurtant, à partir de la même année, à la coalition de la Grande-alliance de La Haye : Provinces unies-Suède-Angleterre. (alors qu’à l’opposition de 1690, la grande guerre de la ligue d’Augsbourg, coalition européenne dressée contre le roi-soleil, conduira à l’épuisement des adversaires). Autour de cette conjonction, on assiste à un éveil des impérialismes français (création de la Compagnie française des Indes en 1665) et anglais (implantation à New York et sa région de 1664 à 1674).
1714 (mi-Vierge) : Avec la fin du long règne de Louis XIV – il meurt en 1715, de sorte que le cycle 1670-1714 aura donc été celui du château de Versailles - viennent les Traités d’Utrecht (11 avril 1713) et de Rastatt (6 mars 1714), conclusion de la guerre de la Succession d’Espagne. La France cède à l’Angleterre les abords du Canada (Terre-Neuve, Acadie, territoires de la baie d’Hudson) et l’Espagne lui cède Gibraltar. Ainsi commence la prépondérance maritime et coloniale de la Grande-Bretagne. La même année 1714, la dynastie hanovrienne des George accède au trône d’Angleterre, George 1er (qu’assiste Walpole) étant lié familialement à l’Electeur brandebourgeois Frédéric-Guillaume, premier roi de Prusse depuis 1713. Renouvellement monarchiste significatif : tandis que s’efface la Hollande des affaires du continent et que recule la France, avec la décadence de la Régence, c’est à la fois l’avènement de la Prusse sur la scène européenne et le début de la suprématie anglaise en Europe. A l’opposition suivante de 1740 se présentant le grand affrontement franco-anglais de la guerre de Succession d’Autriche, escorté de l’invasion de la Silésie par Frédéric II.
1761 (début-Bélier) : Cloturant une longue époque d’histoire européenne, le 10 février 1763 (Saturne 20° Bélier, Uranus 10° Bélier et Jupiter 4° Taureau), mettant fin à la guerre de Sept ans, est signé le Traité de Paris. Il consomme la ruine de l’empire colonial français de l’Amérique du Nord et des Indes, cinq comptoirs exceptés : l’Angleterre devient la première puissance maritime et coloniale, consacrant l’impérialisme britannique. C’est à l’opposition de 1782 que son pouvoir expansionniste atteindra ses limites avec, en octobre 1781, la capitulation de son armée américaine, consacrant l’indépendance des Etats-Unis.
1805 (mi-Balance) : Le Premier Empire en France (18 mai 1804 : Saturne 24° Vierge, Uranus 13° Balance, Jupiter 27° Balance). Napoléon tente d’organiser l’Europe sous sa dynastie impériale, formant la Confédération du Rhin (1806) et plaçant les membres de sa famille sur les trônes d’Europe.
1852 (entrée-Taureau): Le Second Empire de Napoléon III en France. Le prince Bonaparte, président de la Seconde République, impose le coup d’Etat du 2 décembre 1851 et se proclame empereur Napoléon III le 2 décembre 1852. Les années 1850/1852 sont dominées par les répressions des souverains autocrates contre le mouvement révolutionnaire européen de 1848 : Hongrie, Italie, Allemagne, Autriche … Plein épanouissement de l’économie capitaliste.
1897 (fin-Scorpion): Essor des impérialismes. C’est à la fin de ce siècle que ceux-ci se précisent brusquement : ce ne sont plus des colonies mais des empires qui se forment. Depuis 1895, la Russie est engagée dans l’aventure d’Extrême-Orient et cherche à dominer la Mandchourie, tandis que l’impérialisme nippon surgit de son côté. Le panbritannisme est en marche avec Joseph Chamberlain et Cecil Rhodes (expansion en Afrique australe :le chemin de fer du Cap au Caire) La France annexe Madagascar (1896) et Delcassé, au Quai d’Orsay (1898), veut « refaire l’Europe », tandis que naît « L’Action française » qui alimente, et pour longtemps (jusqu’à la conjonction suivante) une idéologie d’extrême-droite en France. L’Italie intervient en Abyssinie (Ethiopie). Le pangermanisme prend tout son essor avec l’inauguration du canal de Kiel (1895) et Bülow (1897) lance le projet du chemin de fer de Bagdad au Golfe Persique pour l’exploitation de l’Asie mineure. Quant au panaméricanisme, il se pose définitivement avec la présidence de William Mac Kinley (1897) : guerre hispano-américaine (1898), annexion d’Hawaï, de Wake, des Philippines ; intervention au Panama.. Les rivalités de ces impérialismes font déjà surgir divers conflits : Fachoda (1898), guerre entre la Turquie et la Grèce (1897) …
1942 (fin-Taureau): La Seconde Guerre mondiale. Aboutissement pangermaniste : Hitler impose la dictature du IIIe Reich à l’ensemble du continent européen. Tandis que, par réaction, un souffle nouveau est donné au panaméricanisme, à intention démocratique : entrés en guerre en décembre 1941 ; les Etats-Unis y sont amenés à prendre la direction des affaires du monde.
1988 (fin-Sagittaire) : Promotion du numéro un mondial. Phénomène accompagnateur de l’effondrement du mur de Berlin en 1989, entraînant avec la disparition de son empire européen celui de l’Union soviétique. Ce qui inaugure un monde unipolaire où les U.S.A. deviennent l’unique superpuissance mondiale, leadership omniprésent et exerçant un poids décisif dans la vie internationale, jusqu’à un unilatéralisme contesté. L’impérialisme américain est sans doute au sommet de sa suprématie historique, au cœur de ce cycle 1988-2032. Révolution technologique d’un néocapitalisme.
Résumons : Depuis plusieurs siècles, on voit clairement les successifs anneaux de cette chaîne coïncider avec les étapes les plus représentatives des rivalités d’intérêt entre les grandes puissances : après avoir supplanté la domination habsbourgeoise, ambitions françaises supplantées à leur tour par les ambitions britanniques, et à nouveau relancées par Napoléon. Par la suite, affirmation des impérialismes mondiaux, avec une explosion pangermanique et un panaméricanisme triomphant. Au surplus, il n’est pas d’étapes historiques où l’Europe ait connu d’aussi manifestes « mises au pas » totalitaires que celles de Richelieu, des deux Napoléon, de la Sainte-Alliance des autocrates européens et de Hitler, quelles que soient les différences qualitatives de ces affirmations. Ce qui se dégage de la ligne de cette série, à travers diverses variantes, est la manifestation uranienne d’une affirmation aventureuse d’intérêts, que sous-tend une avidité saturnienne ; ambition sèche et dure, concentrée dans ses objectifs, à tonalité de jusqu’auboutisme et d’extrémisme
CYCLES SATURNE – URANUS
Cycle 1805-1852 : La territorialité des Etats-Unis.
Dans son Histoire des Etats-Unis (P.U.F. – Que sais-je ?), René Rémond consacre un texte du chapitre IV à ses agrandissements territoriaux successifs (1803-1853), qui vont « de l’achat de la Louisiane à la France en 1803 à l’annexion d’une bande de terre allongée au sud du Nouveau-Mexique et à l’ouest du Rio Grande (traité Gadsden, 1853) » … »achevant de donner au territoire fédéral ses contours définitifs. (…). En un demi-siècle exactement, de 1803 à 1853, les Etats-Unis avaient plus que triplé leur superficie ».
Cycle 1852-1897 : Du capitalisme à l’impérialisme.
Après la tourmente révolutionnaire de 1848 et l’échec des mouvements libéraux et démocratiques exprimés, l ‘Europe revient à la Sainte-Alliance, du moins à une nouvelle réduite qui se réfère aux traités de 1815 : la réaction est triomphante partout.. Mais surtout, à ce cap du milieu du siècle, la révolution économique et industrielle en cours prend tout son essor. Le capitalisme triomphe.
C’est de la conjonction au sextil de la décennie 1850-1860 que se produit le grand élan de construction du capitalisme moderne. Critère significatif, les voies ferrées dans le monde passent de 38.000 à 108 000 kilomètres ; les réseaux nationaux sont constitués dans leurs traits essentiels ; les grandes voies traversent l’Europe de part en part et le trafic international fait son apparition. Le volume des transports devient impressionnant ; les services réguliers des grandes compagnies modernes et des messageries voient le jour, l’hélice régnant sur les océans. La découverte des mines d’or en Californie, en Australie et en Nouvelle-Zélande, de 1848 à 1853, apporte un afflux sans précédent de ce métal et donne une impulsion aux affaires. Londres et Paris s’érigent en banquiers des industries naissantes de l’Europe. C’est de ces mêmes années que date la création du crédit et des établissements bancaires (en France, Crédit Foncier, Crédit Mobilier, Comptoir d’Escompte, et bientôt, Crédit Lyonnais et Société Générale). Cette révolution de la monnaie fait de ces années une « fête financière » (conjonction à l’entrée du Taureau), qu’accompagne un essor sans précédent de la richesse foncière, les villes vivant une révolution du bâtiment avec la construction de superbes édifices et de massifs pâtés de maisons en pierre de taille. De nouvelles techniques industrielles conduisent à une production considérablement accrue et une consommation en conséquence (apparition des grands magasins : à Paris, le Bon Marché, Le Louvre …). L’Angleterre est à la tête de cette envolée de créations, suivie par la France, le Second Empire étant le règne d’une grande prospérité, étendue sur tout le parcours de la phase évolutive du cycle. Pour l’Allemagne, c’est un départ : en ces mêmes années éclosent les grandes industries du bassin rhénan-westphalien et de la Sarre. Le commerce mondial triple presque durant cette décennie et en ces mêmes années, l’Europe, en soudain accroissement de population, devient un énorme foyer d’émigration qui inaugure une européanisation du globe. Et c’est à ce milieu du siècle que grossit, sans cesse, en un flot torrentiel, l’immigration aux Etats-Unis, apport qui dynamise le pays, au point que celui-ci s’extériorise dans une politique du Pacifique (la population aura triplé dans la seconde moitié du siècle). De 1851 à 1853, les côtes chinoises sont explorées, au point qu’en 1858 les Européens imposeront à la Chine des traités leur ouvrant les ports d’Extrême-Orient. Et pour la France, l’Algérie devient le point de départ de la conquête de l’Afrique occidentale …
Sous le carré de 1861-1862, les Etats-Unis sont gravement entravés dans leur développement par l’antagonisme des Etats du Nord avec les Etats du Sud, qui provoque la longue guerre de Sécession (jusqu’au trigone), Napoléon III allant au surplus s’engager dans la malheureuse aventure du Mexique (1863).
L’opposition s’étale de 1873 à 1875. Certes, c’est là un plein de croissance pour les Etats-Unis qui y construisent en quelques années autant de lignes de chemin de fer que la Grande-Bretagne en une quarantaine d’années. Mais une formidable poussée spéculative s’empare du monde : de 1871 à 1873, le mouvement de création industrielle et bancaire s’accélère prodigieusement, accompagné d’une hausse massive des prix ; ceux-ci doublent dans beaucoup de marchés ; l’inflation entraîne une fièvre d’opérations et d’investissements. Sauf depuis l’aventure de Law – la banqueroute célèbre de 1720 - on n’avait pas vu une telle effervescence (le scandale Grant aux Etats-Unis). Ainsi éclate la crise économique de 1873 – la plus grande du siècle - avec ses processus classiques : chute verticale de toutes les valeurs, faillites, chômage
Jusqu’à l’opposition, la courbe du développement économique et financier n’avait cessé sa marche ascendante. La brutalité de la crise, surtout en Europe centrale et aux Etats-Unis, provoque un revirement de la tendance générale : à la vive hausse des prix succède la baisse dans une dépression prolongée. En outre, la cote de l’argent métal fléchit, tandis que l’or devient le métal-étalon de la plupart des Etats, parcours significatif de la conjonction à l’opposition. De même, l’Allemagne qui, à la première, a commencé à prendre son élan économique, et, à la seconde, est devenue politiquement une puissance. Mais aussi, les Etats-Unis, enrichis de l’immigration européenne au premier temps, qui, au second, sont devenus une grande puissance économique. Mais encore, sous cette même opposition, l’Europe de 1874 tremble devant le danger d’une nouvelle guerre franco-allemande et « l’alerte de 1875 » est chaude. Des luttes s’esquissent pour la domination de terres d’outre-mer ; les empires britannique et russe commencent à se heurter ; on pressent déjà l’affrontement des grands Etats.
Dans la phase involutive, la conquête colonialiste de l’Europe se poursuit. En 1878, un dixième seulement du continent africain est conquis par les puissances européennes, alors qu’à la fin du siècle, celles-ci en possèdent les neuf dixièmes. C’est autour du trigone (1881-1883) que cet essor nouveau se produit. Disraeli, au pouvoir en 1874-1880, engage la mainmise de l’Angleterre sur l’Egypte. En 1880, Jules Ferry construit en quelques années un nouvel empire français (Tunisie, Tonkin, Madagascar). De son côté, Bismarck devient « colonial » à partir de 1884. Mais, sous le carré (1885-1887) les rivalités s’affirment : germano-américaine et germano-britannique dans le Pacifique, anglo-russe en Asie ; et en Europe avec une crise bulgare et les menées italiennes de Crispi. Au sextil (1888-1889), la détente prévaut avec la brillante exposition universelle de Paris.
Quant arrive la conjonction en 1897, les compétitions coloniales sont plus vives que jamais. C’est l’époque héroïque de l’impérialisme proclamé comme une grandeur nationale ; on ne rêve partout que prestige et expansion, la colonie visant à se muer en empire. Une brutale politique d’expansion déchaîne des impérialismes militants et envahisseurs. Et si à l’opposition de 1873 avait commencé une ère de dépression économique, à partir de 1895 repart un cycle de hausse et de prospérité qui se prolongera jusqu’au lendemain de la Première Guerre mondiale, soit jusqu’à l’opposition du cycle suivant.
Cycle 1897-1942 : De l’impérialisme au fascisme.
Conjonction : La venue en 1895 des Tories au pouvoir avec Joseph Chamberlain lance l’Angleterre dans un panbritannisme agressif, son interventionnisme – les Boers, la jonction du Cap au Caire …- l’exposant dorénavant à des affrontements dans presque toutes les régions du globe.. Tandis que pointe la rivalité anglo-russe, la Russie est au surplus lancée dans une aventure en Mandchourie, la guerre sino-japonaise en cours faisant surgir un impérialisme nippon. L’Italie joue son avenir colonial en Abyssinie, tournant court en 1896 dans le désastre d’Adoua. En France, Delcassé au Quai d’Orsay en 1898 prône aussi l’aventure, en résonance avec le parti nationaliste naissant, « l’Action française », militant pour un gouvernement fort et une France souveraine. Du côté allemand, l’ouverture du canal de Kiel en 1895 révèle la voie maritime d’un pangermanisme dont le but est défini par Fritz Bley en 1897 et qui devient vite frénétique : le nouvel empire prend pied en Chine et tente d’établir sa domination économique sur l’Asie Mineure (le chemin de fer de Bagdad). A l’ancien antagonisme austro-russe se superpose dans le Proche-Orient une rivalité russo-allemande doublée d’une rivalité anglo-allemande. Cet expansionnisme européen tous azimuts atteint ses limites avec la laborieuse conquête anglaise du Transvaal à l’entrée de l’an 1900. Pour les Etats-Unis, en revanche, c’est l’éveil d’un panaméricanisme qui commence avec la guerre hispano-américaine de 1898 et ses conquêtes latérales, et par l’inauguration, avec Théodore Roosevelt, d’une politique étrangère prenant sa place sur la scène internationale, l’Europe restant encore, avec Londres et Paris, le centre de l’économie mondiale.
Semi-carré (1903) : Guerre russo-japonaise. Une crise économique passagère sévit en 1903 et en février 1904 se présente le premier affrontement impérialiste avec la guerre russo-japonaise, la rivalité anglo-allemande s’aggravant.
Sextil (1905-1906) : Entente cordiale et essor américain. En ces années, l’essor économique s’affirme partout, surtout en Europe occidentale qui connaît un accroissement accéléré de la richesse. La rivalité anglo-allemande rapproche la France et l’Angleterre qui scellent déjà en avril 1904 une « Entente cordiale » qui va tracer l’avenir de l’Europe. Aux Etats-Unis, Théodore Roosevelt élargit la sphère d’influence de la grande république à la solidarité entre les Etats du continent, affirmant la doctrine panaméricaine.
Carré (1909-1910) : Entrée dans les guerres européennes. L’Europe entre en fièvre. En 1908-1909 éclate la crise bosniaque, suivie en 1910 de l’agitation en Macédoine qui met le feu dans les Balkans, outre l’affaire d’Agadir, l’année suivante, qui tient toutes les chancelleries en haleine. C’est le prélude aux guerres balkaniques inaugurant la Première Guerre mondiale.
Trigone (1912-1913) : .En 1913, le monde libéral est à son apogée. Aux premiers coups de canon, l’énorme machine industrielle des belligérants se lance à corps perdu, pour les besoins du combat, à un déluge de production de guerre. Les impérialismes se déchaînent pour affirmer leur domination, l’économie s’en trouvant considérablement déployée. L’été 1914 lui-même, où la grande guerre éclate, tombe au sesqui-carré.
Opposition (1918-1920) : Renversement des rapports économiques entre l’Europe et l’Amérique. Si l’entrée en guerre (6 avril 1917) des Etats-Unis tombe sous le quinconce, ce n’en est pas moins à l’entrée de l’opposition que les troupes américaines du général Pershing reçoivent le baptême du feu en engageant leurs premières offensives en Argonne l’été 1918. Avec la fin de la guerre se produit un déplacement capital du centre de gravité de l’économie mondiale. De débiteurs de l’Europe, les Etats-Unis deviennent le grand pays créditeur qui commence à jouer le rôle de banquier du monde, les pays européens épuisés et désargentés contractant des emprunts aux banques américaines. En outre, comme sous l’opposition précédente, les prix connaissent une hausse vertigineuse, suivie au milieu de 1920 d’un effondrement brutal, prélude à une crise monétaire européenne. Alors que les Etats-Unis, où la guerre a provoqué un rapide développement de production, accèdent à un niveau supérieur de vie et de domination économique. Par contre, avec l’échec du président Wilson d’imposer une paix honorable à la Conférence de la paix de Versailles, l’Amérique se replie sur elle-même. En novembre 1919, le Sénat américain refuse de ratifier le traité de Versailles et de participer à la SDN. La victoire des Républicains en 1920 confirme ce gel : neutralité diplomatique, protectionnisme douanier, restriction de l’immigration, climat de Ku Kux Klan, d’Amérique puritaine
Trigone (1925-1927) : Redressement et prospérité. En 1924, le redressement monétaire est accompli (plan Dawes, réformes en Europe centrale, retour de l’Angleterre à l’étalon-or). En 1926, les régions dévastées par la guerre sont reconstruites. A partir de 1925, l’activité économique s’accélère. Le vieux continent affirme sa pleine vitalité, jouit de la prospérité et paraît avoir effacé toutes les traces de la dernière guerre. L’expansionnisme économique et financier est général, l’Amérique connaissant notamment une prospérité fabuleuse.
Carré (1930-1931) : La crise économique. Tout est remis en question par la crise économique de 1929-1932 qui retentit sur toute la vie du globe (excepté l’URSS). Entre autres, avec l’abandon de l’étalon-or par la Grande-Bretagne. Les Etats-Unis sont les plus atteints : il y aura 11 millions de chômeurs en octobre 1932 (1/10e de la population totale) et la production industrielle, au plus bas, sera au-dessous de la moitié de son niveau de 1929 (carré à 6° d’orbe).
Sextil (1934-1935) :Redressement. A travers différentes expériences nationales (les cent jours du New Deal aux Etats-Unis) s’amorce à partir de 1933 une reprise générale qui va s’affirmer les deux années suivantes.
Semi-carré (1937). Fléchissement. Climat général d’essoufflement, de ralentissement, de déflation, de dévaluation.
Conjonction (mai 1942 – 29° Taureau) : Le fascisme et la Seconde Guerre mondiale. Le monde est plongé dans une nouvelle conflagration mondiale. Le pangermanisme, qui avait pris un brillant départ à la conjonction et qui s’était effondré à l’opposition, est triomphant : l’Allemagne impose à l’Europe la dictature fasciste.
CYCLE 1942-1988 : L’américanisation du globe.
Conjonction :Les U.S.A., superpuissance militaire et politique. Parallèlement au processus qui module le cours de la puissance allemande se profile celui des Etats-Unis. A la conjonction de 1897, le panaméricanisme prenait son départ ; à l’opposition de 1919, il devenait la première puissance économique mondiale, tout en opérant un repli sur soi diplomatique et politique. Mais d’isolationnistes à l’opposition de 1920, ils basculent dans un engagement total sur la scène internationale. A la présente conjonction, voici les U.S.A. lancés dans la guerre mondiale. Ce qui implique un investissement total de toute la puissance des Etats-Unis, en faisant bien vite d’eux une superpuissance sur la scène internationale. Au poids de leur force militaire bientôt supérieure s’adjoint une autorité politique qui prend déjà pied avec l’établissement de la Charte de l’Atlantique (26 août 1941) par Roosevelt et Churchill, suivie de la « Déclaration des Nations unies » (1er janvier 1942), pour asseoir une nouvelle organisation du monde. Les conditions sont remplies pour que s’accomplisse au cours du cycle une américanisation du globe.
Semi-carré (septembre 1946-juillet 1947) : Entrée en guerre froide. La guerre mondiale terminée, d’ancienne alliée, l’URSS devient nouvel adversaire. Entre elle et les USA, la tension est croissante au cours de 1946, jusqu’à en arriver à une fracture avec l’adoption de la doctrine Truman d’aide militaire à la Grèce et à la Turquie (12 mars 1947), suivie de celle du plan Marshall (5 :juin 1947) d’assistance économique à l’Europe de l’Ouest. Le monde se divise en deux blocs hostiles, outre que cette entrée en « guerre froide » (tension idéologique et conflits par pays interposés) se double d’un malaise au sein de l’union panaméricaine, le programme Marshall mécontentant les Etats de l’Amérique latine. Entrée en scène du maccarthysme avec le FBI et sa chasse aux sorcières.
Sextil (septembre 1948-juin 1949) : L’Alliance Atlantique (OTAN). Un système de défense s’organise entre les Etats-Unis et l’Europe occidentale. Le 4 avril 1949 est signé le Pacte Atlantique réunissant 12 pays à l’O.T.A.N. Préalablement s’était affirmée la notion de panaméricanisme à la Conférence intéraméricaine de Bogota où, le 30 avril 1948, les 21 républiques américaines avaient signé la charte de l’organisation des Etats américains. Ainsi, la défense contre la subversion communiste place le « bloc de l’Ouest » sous l’hégémonie des U.S.A.
Carré (décembre 1951-octobre 1952) : La guerre de Corée. Au cours de cet aspect se déroule la guerre de Corée, l’agression de la Corée du Nord contre la Corée du Sud, le 25 juin 1950, entraînant aussitôt l’intervention américaine sous mandat de l’ONU. Episode chaud de la guerre froide, où une importante participation chinoise risque d’entraîner une généralisation du conflit, l’armistice de Pan Mun Jon du 27 juillet 1953 y mettant fin en un match nul. En outre, en voulant renforcer leurs alliances, les Etats-Unis sont conduits au réarmement de l’Allemagne de l’Ouest, la « Communauté européenne de défense » (1952) provoquant une crise européenne et divisant le bloc de l’Ouest. Déstabilisation en Iran (nationalisation des pétroles par Mossadegh), en Egypte (révolution) …
Trigone (janvier 1956-octobre 1957) : La doctrine Eisenhower. L’aspect approche à 3° d’orbe en février 1955 lorsque le Pacte de Bagdad est signé (24 février 1955), clé de système de défense USA renforçant le Pacte Atlantique, institué au sextil. Tandis qu’un climat de détente pointe à l’horizon avec une conférence des quatre Grands à Genève en juillet suivant, épisode de dégel. En juillet 1956, à Panama, les présidents de 18 républiques américaines (sur les 21) confirment une étroite solidarité de leurs pays dans les affaires mondiales. En janvier 1957, la « doctrine Eisenhower » implante la puissance USA au Moyen-Orient, confirmée à la crise de Suez (intervention franco-anglaise stoppée de novembre 1956) où convergent les intérêts des deux Grands.
Opposition (avril 1965-janvier 1967) : La guerre du Vietnam et les émeutes raciales. En février 1965, les USA interviennent dans la guerre du Vietnam par des bombardements militaires, puis en juin par des engagements de Marines sur le terrain, intervention qui ira jusqu’à dépasser un demi-million d’hommes en 1968. Guerre qui va durer 8 ans, guerre perdue faisant 57.000 morts et 30 000 blessés et entamant profondément le moral du pays. Guerre extérieure également accompagnée d’un climat de guerre civile, avec la vague des émeutes urbaines de l’été 1965. Bon nombre de villes américaines, déchirées par des manifestations raciales, brûlent, sont pillées ou ensanglantées, dans une radicalisation sans précédent du mouvement noir (Stokely Carmichael, Malcolm X). 43 émeutes raciales se sont produites en 1966 et 164 au cours des 9 premiers mois de 1967, la contestation du monde étudiant prenant le relais. Outre qu’au surplus, les Etats-Unis ont alors à faire face, en Amérique latine, à la contagion révolutionnaire de la « tricontinentale » de Che Gévara.
Sesquicarré (Juillet 1970-mai 1971) : Enfermement dans la guerre du Vietnam en un élargissement de l’intervention militaire américaine, sans résultat, au Cambodge en avril 1970 et au Laos en août 1970 puis en février 1971. Tension américano-européenne et crise monétaire qui éclatera en août 1971.
Trigone (juillet 1972-mai 1973) : détente générale. Venue sous l’opposition, la guerre du Viêt-nam s’éteint au trigone, entraînée dans un courant général de détente. C’est d’abord la grosse pièce de l’accord quadripartite sur Berlin signé en septembre 1971 (6° d’orbe). Vient ensuite la visite du président Nixon à Pékin en février 1972, pour faire la paix avec la Chine, impliquée dans le conflit vietnamien. Puis sa visite à Moscou en mai, où il signe une charte de la détente (accord SALT 1) ; ce qui aura comme réplique le voyage de Brejnev aux Etats-Unis du 18 au 23 juin 1973. Entre-temps auront été signés à Paris le 27 janvier 1973 les accords mettant fin à la guerre américaine au Viêt-nam.
Carré (octobre 1975-juillet 1976) : Déficience. Avec Gérald Ford, héritier affaibli du Watergate, auquel succède (1° d’orbe) le moraliste et pacifiste Jimmy Carter, flanqués l’un et l’autre d’un Congrès frileux – climat de ralentissement de croissance, d’inflation, de balance commerciale fortement déficitaire et de crise de confiance – l’URSS saisit ce fléchissement pour investir massivement en Afrique avec la libération des colonies portugaises et intensifier la pression du Pacte de Varsovie sur l’Europe de l’Est.
Sextil (septembre 1979-juillet 1980) : Réveil. Derrière l’officialisation des relations diplomatiques avec la Chine communiste le 15 décembre 1978 (5° d’orbe), le 18 juin 1979 est signé entre les deux superpuissances (USA-URSS) un deuxième accord sur la limitation des armements stratégiques (SALT 2), dans la lignée de l’accord SALT 1 du 26 mai 1972, signé sous le trigone. En réaction à l’invasion soviétique de l’ Afghanistan en décembre 1979, l’embargo américain sur les ventes de blé à l’Union soviétique en janvier 1980, suivi du boycottage des Jeux olympiques de Moscou en juillet, accompagnent une mobilisatrice campagne de Ronald Reagan qui va s’installer à la Maison Blanche en prônant une politique efficace.
Semi-carré (octobre 1981-juillet 1982) : Crise économique et euromissiles. La croissance et la productivité sont au plus bas. Dans ce climat de récession (sans précédent depuis la crise des années trente), une conférence sur les armements, ouverte à Genève le 30 novembre 1981, aboutit à un échec qui va ouvrir la voie à la dangereuse installation des euromissiles. Le premier semestre 1982 connaît aussi une crise inter-occidentale, le gazoduc eurosibérien et l’acier européen faisant l’objet d’une guerre économique américano-européenne.
CYCLE 1988-2032 : La civilisation américaine.
Conjonction (février-octobre 1988) : A la charnière de conjonctions Saturne-Uranus et Saturne-Neptune s’ouvre un tournant capital de l’histoire avec la chute du mur de Berlin suivie de l’effondrement de l’empire soviétique. Fini donc le règne de la bipolarité mondiale qui a dominé le demi-siècle précédent : seul reste en lice celui des deux qui fait figure de vainqueur. La situation nouvelle en question est donc surtout l’avènement d’un unique leadership planétaire : les Etats-Unis, le monde allant évoluer sous pavillon étoilé. Et si le communisme disparaît de l’histoire, un néo-capitalisme y triomphe souverainement. On voit d’ailleurs se lever en même temps une grande marée de croissance économique américaine, et des négociations commerciales multilatérales s’instaurent qui visent à contribuer aux progrès du développement mondial.
Semi-Carré (mai 1994-février 1995) : En décembre 1994, le Mexique est au bord de la faillite nationale. Cette crise du peso fait vaciller le système monétaire international.
Sextil (mai 1996-mai 1997) : Substituée au GATT, l’OMC (Organisation mondiale du commerce) tient sa première conférence ministérielle à Singapour en décembre 1996, qui obtient certains résultats immédiats. Notamment un accord abolissant les droits de douane sur les produits des technologies de l’information (300 produits). Accord resté ouvert à la signature jusqu’en mars 1997 et impliquant 39 pays. Accord renforcé par celui du 15 février 1997 sur la libéralisation des services de télécommunication (téléphones, télex, fax, câbles), signé par 69 pays, les signataires représentant 93 % du chiffre d’affaires mondial.
Carré (juillet 1999-mai 2000) : On attendait ici (voir « Le carré Saturne-Uranus », L’astrologue n° 128, 4e trimestre 1999) « l’intrusion d’une première crise de cette domination exclusive (américaine), contestation de cette hégémonie dans un passage de l’unique à la division » et « les discussions qui s’engagent cet automne à l’O.M.C.pourraient dévoiler cet affrontement … ». Ce qui eut lieu avec le fiasco du « sommet » de l’O.M.C. de Seattle (30 novembre-3 décembre 1999). La surprise, c’est que ce ne fut pas une rivalité annoncée USA-Europe, « véritable duel du dollar et de l’euro » attendu, mais la division Nord-Sud redevenue centrale dans le débat sur la gouvernance de la mondialisation en cours. Pour la première fois, les délégués des pays du Sud ont utilisé à leur profit la règle du consensus, devenant partenaires de plein droit pour l’avenir. Cette réunion a permis à un grand nombre de pays en développement de faire entendre leur voix. Et derrière eux se profile la montée d’une force nouvelle avec – pendant à une réunion de l’OMC à Davos – le premier Forum social mondial, à Porto Alegre au Bresil, du 25 au 30 janvier 2001 (carré à 4° d’orbe, que frappe un carré Mercure-Mars sous conjonction Soleil-Neptune au trigone de Jupiter). Ainsi est né le contre-pouvoir d’un mouvement altermondialiste, faisant office d’internationale nouvelle face aux nouveaux maîtres du monde. Typique nouvelle dialectique Uranus-Neptune, confrontant individualisme et communautarisme. D’un côté, le club fermé d’une petite élite d’hommes d’affaires (blancs pour la plupart) réunis à huis-clos, représentant le grand capital (Banque mondiale, Fonds monétaire international, O.M.C.). De l’autre, la protestation citoyenne d’organisations non gouvernementales (O.N.G.), représentant le plus vaste horizon de sociétés civiles venues des quatre coins de la planète, débattant en public une mondialisation des peuples, défendant avec l’écosystème, les droits et valeurs de l’humanité. Il faut ajouter au bilan de ce carré un arrêt de la croissance économique mondiale amorcée depuis la conjonction, avec l’éclatement de la bulle Internet de mars 2000.
Trigone (août 2002-juin 2003) : La conférence ministérielle de l’OMC de Doha, du 9 au 13 novembre 2001 (approche de 6° d’orbe du trigone) concrétise l’importante adhésion de la Chine à cet organisme et le lancement d’un nouveau cycle de négociations appelé « cycle du développement », privilégiant les intérêts des pays en développement. Thème de développement qui a donné lieu à une succession de réunions internationales sous l’égide de l’ONU (Monterrey en mars 2002, Johannesburg en été 2002), contribuant à l’aide publique au développement. Relance allant de concert avec une reprise économique américaine en 2003-2004. Le temps de ce trigone est aussi celui où la puissance américaine impose au monde, par-dessus l’ONU et en dépit de l’opinion internationale, une guerre en Irak, campagne militaire expéditive de deux à trois semaines, suivie d’une occupation qui la discrédite.
Sesqui-carré (août 2004-juin 2005) En cet été 2004, nous entrons dans la phase du sesquicarré dont on présume la traversée porteuse de dégradation de puissance américaine, sans doute en Irak, le géant y perdant prise, comme dans son absurde combat contre le terrorisme ; voire ailleurs, avec un éventuel regain de contestation altermondialiste.
Opposition (novembre 2008-septembre 2009) : Dans la mesure où ce qui s’est souverainement renouvelé à la conjonction a été l’accès des USA à l’unique domination mondiale, et comparativement au parallèle observé entre l’Europe et les Etats-Unis à l’opposition de 1920, ainsi qu’à l’aventure du Vietnam qui fut un échec à la précédente de 1965, ce qui peut le plus trancher à celle-ci – chargée à l’extrême par le passage qu’y fait Jupiter avec sa conjonction à Uranus et son opposition à Saturne, de mai 2010 à mars 2011 – est un tournant décisif de leur puissance : à la fois parvenue au faîte de leur domination et basculant sur leur déclin. Déclin qui pourrait venir d’une cause interne, comme, par exemple, une super crise économique. Sinon du dehors : venant derrière la conjonction Jupiter-Neptune de 2009, susceptible de représenter une haute marée de la mouvance altermondialiste avec un progrès de l’humanisation de la mondialisation, cet alignement jovi-saturno-uranien pourrait ouvrir la voie à un début de nouvelle gouvernance mondiale.
Les Evaux, juillet 2004.
LE CYCLE JUPITER – URANUS
LA CONJONCTION JUPITER-URANUS DE 1983
Le phénomène astronomique ponctuel dominant l’année 1983 sera le renouvellement du cycle Jupiter-Uranus. Leur conjonction héliocentrique se produira le 12 juin à la longitude 247° 17’. En positions géocentriques, elle se formera trois fois : le 18 février dans la 22e heure à 248°51’, le 14 mai dans la 20e heure à 247°41’ et le 25 septembre sur la 14e heure à 245°47’.
Les données cosmographiques essentielles de ce cycle sont bien connues. La révolution synodique de ces deux planètes est de 14 ans et, au rythme de leurs déplacements respectifs, leurs conjonctions successives se décalent d’environ une 60e de degrés, de sorte que leur chapelet inscrit sur le cercle zodiacal une étoile à 6 branches au bout de 83 ans, en fin de révolution sidérale. C’est ainsi qu’il se produisit une conjonction Jupiter-Uranus à 14° du Sagittaire en 1817, une suivante à 10° du Sagittaire en 1900, comme il s’en produira une à l’entrée du même signe en 2066, celle de cette année s’étendant donc de 5 à 8° du Sagittaire.
Le déchiffrement de cette configuration suit la procédure d’analyse habituelle consistant tout d’abord à dégager la signification intrinsèque d’une telle rencontre astrale, à savoir quelle tendance se répète toutes les 14 annuités de sa reproduction, puis ensuite à cerner les particularités de celle-ci : conditions de la rencontre, apport de la position zodiacale et interactions au sein de la polycyclicité du système solaire.
Une configuration dangereuse.
L’histoire des civilisations peut sommairement se synthétiser par un rapport dialectique de puissances de création, oeuvrant généralement en faveur de l’ordre, de la paix, de la prospérité, et de puissances de destruction, les principaux agents du cycle de leurs manifestations étant la guerre, la tyrannie, la famine, les épidémies et les catastrophes naturelles.
Il n’est pas de configuration tout blanc ou tout noir, d’autant que rien ne se laisse moins qualifier qu’une situation historique, la même étant généralement jugée différemment par les hommes, outre que ce qui est estimé bon sur le champ peut être considéré mauvais en conséquences ultérieures. En valeur intrinsèque, la conjonction Jupiter-Uranus est propre aussi bien à servir les puissances de création que celles de destruction, ce qui la caractérise le plus étant qu’elle est sujette au meilleur dans les périodes où la société se fait comme au pire lorsque celle-ci se défait.
Dans la croix du cycle diurne, c’est à l’angle de la culmination que, par analogie, figurent ces deux planètes. Lieu des états de déploiement extraverti, de chaude expansivité, d’intensité et d’éclat des manifestations. Aussi, leur rencontre est-elle la conjugaison du besoin d’une affirmation volontaire dans une tension impérieuse suscitant la puissance, l’ambition, l’audace, le risque, l’excès, l’exploit, l’aventure. Démesure ou extrémisme qui, en phase constructive, constitue le plus puissant agent de changement et de progrès qui soit, mais qui, au sein d’une société en crise, fait plus ou moins soudainement éclater les situations, trop souvent dans un climat de catastrophe.
C’est dans ce dernier cadre que cette conjonction de 1983 se révèle particulièrement dangereuse, surtout par son pouvoir « belligène ».
Le danger de la guerre. Il n’est pas des plus aisés de faire la part exacte revenant à chaque configuration dans la « production » des guerres. Pour s’en convaincre, il suffit d’appliquer cette recherche à la liste des 366 conflits armés majeurs recensés de 1740 à 1974 par l’Institut français de polémologie, que présentent et commentent Gaston Bouthoul et René Carrière dans Le Défi de la Guerre (PUF, 1976).
La première enquête effectuée en la matière émane d’un polytechnicien, ingénieur en aéronautique équipé d’un ordinateur, Pierre Cormier, qui en a présenté les résultats dans un ouvrage passé inaperçu du milieu astrologique auquel il est étranger (c’est d’ailleurs à peine si le mot astrologie figure dans le livre), publié en 1980 aux Editions Arcturus (7, rue d’Alsace-Lorraine, 31000 Toulouse) : Après le temps des prophètes.
Procédant à une recherche historique générale portant sur plusieurs millénaires et s’y appliquant dans un esprit de synthèse, ce n’est pas une configuration particulière qui a fini par être remarquée par cet auteur, mais un état global du système solaire. Bien que n’ayant ni délibérément programmé ni même seulement évoqué l’indice cyclique ( !), c’est pourtant le processus essentiel incarné par celui-ci qu’il retient : la répartition des corps célestes et l’impact de leur rassemblement comme temps de crise, c’est-à-dire la concentration des planètes, soit les minima de cet indice cyclique ; outre qu’il envisage l’ordre de leurs combinaisons par trigrammes et hexagrammes. Voici ses conclusions chiffrées relatives à nos années critiques : Je crois pouvoir diagnostiquer 7 chances (entendues par risques) sur 10 pour qu’un conflit majeur éclate dans les années 80. C’est le résultat d’une étude de 366 conflits du monde entier répertoriés par les polémologues (…). Il y a 2 chances sur 3 pour que le germe de ce conflit soit déjà né (p. 17). Outre qu’il situe entre septembre 1982 et juin 1983 le risque d’un conflit armé qui tend à se mondialiser (p. 251).
Cette évaluation quantitative à 70 % des risques de guerre généralisée ou engendrant de nombreuses victimes, procède de l’état du système cyclique entier, sommet que qualifie toutefois la base de chaque cycle isolé, la grappe tenant du grain.
Mes recherches antérieures sur les 60 principales déclarations de guerre et ouvertures d’hostilités, présentées dans Les Astres et l’Histoire, m’avaient déjà conduit à la conclusion que celles-ci dépendent d’un large éventail de configurations, chaque conflit étant le produit d’une donnée spécifique, neptuniennes étant plus particulièrement les guerres intérieures et révolutionnaires, uraniennes les interventions de caractère impérialiste. Or, dans ce cadre de la donnée ponctuelle, on ne saurait dire que la conjonction Jupiter-Uranus passe inaperçue au calendrier des événements militaires de l’histoire mondiale.
Cela est moins perceptible sur le parcours du XIXe siècle qui est à dominante de grands cycles ascendants, particulièrement du cycle Uranus-Neptune de l’évolution croissante de la société capitaliste moderne, triomphe mondial du modèle de l’Europe occidentale. Pour notre continent, c’est l’essor généralisé. D’abord démographique : en ce siècle, la population européenne passe de 180 à plus de 400 millions d’habitants. Et c’est par millions que ces Européens vont peupler les pays d’Outre-mer et de tous les continents, à travers la conjugaison de divers processus : révolution technique, croissance industrielle, dynamisme économique et expansionnisme impérialiste.
C’est précisément autour des conjonctions Jupiter-Uranus de 1845, 1858 et 1886 que s’observent plus particulièrement les expéditions et conquêtes coloniales par lesquelles s’achève l’européanisation du monde, toutefois dans l’ultime aboutissement d’une future confrontation inter-impérialiste.
Par contraste, en ce XXe siècle où nous sommes passés à une dominante de cycles descendants, signe du reflux de la puissance de cette Europe occidentale, la corrélation est frappante. Déjà, à la conjonction de 1900, malgré la création du Commonwealth australien qui poursuit l’histoire du siècle achevé, les Boers et les Boxers agressés font entendre un « ras de bol » anti-colonialiste. Puis il y a à la suivante de 1914 l’immense explosion de la Première Guerre mondiale. Et si la troisième de 1927-1928 ne fait qu’accompagner l’installation de dictatures européennes (Pologne, Lituanie, Portugal, Yougoslavie) dans la foulée d’une « droite » belliciste qui gagne dans tous les pays, avec une guerre civile en Chine, c’est à la quatrième de 1941 – car 1939-1940 n’est encore qu’une guerre européenne – qu’interviennent les trois géants extra-européens – U.R.S.S., U.S.A. et Japon – dans la Seconde Guerre mondiale. Bien que moins spectaculaire, la cinquième de 1954-1955 nous situe au cœur des guerres de décolonisation, entre le feu d’artifice de la chute de Dien Bien Phu et l’apparition de la douloureuse guerre d’Algérie (250 000 morts) ; entre la Conférence de Bandoeng qui groupe le Tiers-monde, unanime à condamner le colonialisme, et la nationalisation du canal de Suez par Nasser déstabilisant le Moyen-Orient. Quant à la sixième et dernière de 1968-1969, elle est parfaitement évocatrice (en marge de la prouesse technologique de la venue de l’homme sur la lune) tout à la fois de la révolte estudiantine mondiale, expression d’une mise en cause de notre société par la jeunesse, de l’intervention des forces du Pacte de Varsovie en Tchécoslovaquie, une page sombre de l’histoire européenne, de l’apparition des troubles en Irlande du Nord qui se poursuivent encore, et des violents accrochages de 40 000 combattants à la frontière sino-soviétique de l’Oussouri, outre l’apparition du terrorisme qui va se mondialiser (encore qu’ici se manifeste plutôt la conjonction Jupiter-Pluton voisine, avec l’arrivée de Kadhafi en Libye).
Il suffit seulement que ces 6 positions alignent 1914, 1941 et 1968 pour que l’on soit manifestement en présence d’une configuration de poudrière, ces trois années ultra-critiques du siècle marquant les temps les plus forts qui ont conduit (avec aussi 1954) au renversement du mouvement historique du siècle précédent : la déseuropéanisation du monde.
L’opposition Jupiter-Uranus (une extraversion dans son extrémisme) confirme cette tendance, deux d’entre elles étant tombées sur un paroxysme de la tension entre les deux Grands : le blocus de Berlin en mars 1948, première grande épreuve de force de la « guerre froide », et la crise des fusées de Cuba en octobre 1962, où l’humanité a frôlé une troisième guerre mondiale. Quant à la dernière d’août 1975 (à 4°) et d’avril 1976, outre l’apparition de la guerre du Liban qui continue, elle a correspondu à un retour de la guerre froide, engendré par l’intervention soviétique, d’abord en Angola, puis à d’autres pays africains.
Evaluation d’une gravité du danger. Ce fondement typologique admis, quelle portée particulière peut avoir la conjonction nouvelle de 1983 qui nous interpelle ici ? Analysons les divers indices qui peuvent préciser cette évaluation.
Quelle importance donner, tout d’abord, au phénomène du triplement ? Alexandre Volguine avait déjà tenté de répondre à la question dans un article du n° 7 (janvier-février 1947) des Cahiers astrologiques : « Une conjonction triple est évidemment plus puissante qu’une conjonction simple du fait même du principe des rapports entre le temps et l’influence astrale, qui veut que plus une configuration est lente, plus ses effets sont durables. » Donnant plus loin cet exemple : « Celle de Saturne et de Pluton s’annonce comme la principale configuration de 1947 et intrigue tous les astrologues du monde entier, dont plusieurs se demandent avec angoisse si elle n’a pas le même rôle sinistre que la précédente rencontre de ces deux astres en 1914-1915, en oubliant que la dernière fois il y avait eu une triple conjonction, alors que cette année Saturne s’éloignera rapidement de Pluton. » Belle est la théorie, mais décevante la pratique : les conjonctions J-U de 1914 et de 1941 étaient uniques, alors que triples étaient celles de 1927-1928 et de 1954-1955, aux « effets » moins spectaculaires. Cet indice est donc très relatif.
Il faut également se résigner à n’attacher qu’une importance secondaire à la qualité formelle du phénomène en se référant au principe que celui-ci est d’autant plus percutant qu’il est parfait : lorsque la conjonction se double d’un parallèle, même déclinaison en même temps que même longitude ; plus encore si cette réunion ou cet alignement corporel s’effectue sur l’écliptique, c’est-à-dire sans latitude. Ainsi, au cours du siècle, c’est la troisième conjonction du 10 mai 1955 qui a été la plus serrée, seulement à 1’ près de déclinaison et ½ degré de latitude Nord. Venant derrière celle de 1914, avec une 10e de minutes, à ½ degré de latitude Sud. Tandis que celle de 1941 est pratiquement logée à la même enseigne que celles de 1900 et de 1928 : écarts de trentaine de minutes, éloignés de l’écliptique. C’est dire qu’on ne peut rien tirer de formel du fait que les nouvelles conjonctions J-U de 1983 se produiront avec des écarts de 26 à 48’, le parallèle de déclinaison Jupiter-Uranus se formant le 14 octobre à 21°20’ Sud, Jupiter franchissant l’écliptique le 27 juillet 1984 et Uranus en décembre suivant. Inutile de poursuivre en recourant aux autres données astronomiques : les périhélies et aphélies de ces planètes …
Guère plus significative est la référence aux valeurs de domiciliation planétaire. Ainsi, si l’on s’avise de valoriser la conjonction de 1914 parce qu’elle s’est produite en Verseau, signe uranien, que penser de celle de 1789 en Lion, exil uranien ? En matière d’impact historique, la Révolution française peut tenir la dragée haute à la Première Guerre mondiale, l’évaluation comparative étant d’ailleurs problématique.
Finalement, seul le contexte de la configuration est propre à nous apporter des informations en état de nous sortir d’une telle indifférenciation. Encore que le signe où se produit la conjonction ne fournit que des valeurs qualitatives. Ici, par exemple, l’on peut envisager un phénomène répétitif en analogie avec les valeurs du Sagittaire. Ainsi, la navigation à vapeur fait son apparition sur l’océan en 1819 et c’est au cap de 1900 que se produit une autre révolution des transports avec la naissance de l’aviation. Il y a donc lieu de formuler pour cette troisième conjonction dans ce même signe le pronostic d’un nouveau bond en avant de l’astronautique, cette grande aventure actuelle de l’homme dans l’espace.
Mais si l’on considère que le Sagittaire est aussi un signe des idéologies, de la foi et de la religion, n’est-il pas permis également de risquer une analogie entre la défense de la Sainte-Alliance (ligue des rois contre la vague du libéralisme révolutionnaire) dressée sous la conjonction de 1817 et l’engagement des Etats-Unis (historiquement sortis de la conjonction J-U de 1775, en face en Gémeaux) devant la menace de subversion de l’intégrisme religieux de l’ayatollah Khomeini, qui serait né sous la conjonction précédente de 1900 ? Deux conjonctions J-U en opposition l’une de l’autre ! Je dois ici rappeler qu’une triple conjonction Saturne-Uranus-Neptune (623/626) accompagna la naissance de l’Islam (622) et que cette triplice se reconstituera dans les années 1990, renouveau astral pouvant contribuer à un nouvel élan historique du monde islamique (600 millions d’individus disséminés du Maroc à l’Indonésie). Or, depuis la révolution iranienne, la perspective d’un raz-de-marée religieux d’un Islam fanatisé, au-dessus de l’océan de pétrole du Golfe Persique, a constitué une inquiète interrogation du monde, évoquée dans mon article : « Bilan historique de la conjonction Uranus-Pluton » du n° 50. Et si un tel spectre devait s’incarner, ce ne pourrait être qu’à cette conjonction de 1983.
Excepté le recours particulier à l’analyse du thème de notre configuration – travail qui ne s’improvise pas et qui est tout un chapitre de la pratique inédit que nous devons apprendre en étudiant des séries de cas – nous parvenons ici au dernier stade de l’interprétation qui consiste à situer le phénomène observé dans le contexte de la configuration générale du système solaire. Dans le cas présent, ce que nous cherchons consiste à intégrer cette conjonction JU de 1983 entre la conjonction Saturne-Pluton de 1982 et la conjonction Jupiter-Neptune de 1984, comme maillon d’une chaîne dont le tout s’ordonne en une concentration planétaire exceptionnelle : l’indice cyclique atteint la cote minimale de 309° à l’entrée de 1983, le plus bas depuis 5 siècles ! Mais si là, en ce champ de signes, est bien le trésor que nous cherchons, quel fin limier pourra le trouver ? Le suprême de la difficulté est en effet de faire parler un tel ensemble pour ce qu’il signifie au sommet de la pyramide, comme indicateur général d’une transformation profonde du monde.
L’astrologue n° 59, 3e trimestre 1982. (suite)
Ce n’est donc pas une banale conjonction Jupiter-Uranus que celle de 1983, pièce d’un exceptionnel rassemblement planétaire, encadrée par deux autres grandes conjonctions, cette triplice se déroulant sur 3 années successives. Sa signification ne peut manquer de prendre un certain relief, un bouleversement d’une grande ampleur pouvant en être attendu. Sous quelle forme et jusqu’à quel degré de gravité.
Vaste interrogation qui nous laissera sur notre faim, parce que l’histoire n’est pas le produit d’une pure récurrence, la similitude du répétitif s’y mariant à la diversité de l’unique, pour aboutir à l’original et déboucher sur des paysages mondiaux toujours nouveaux.
Le rythme binaire de cet ensemble qui se déchiffre le mieux est la succession des conjonctions Jupiter-Uranus et Jupiter-Neptune, laquelle se résume en un passage de la tension à la détente. Cette dernière conjonction, que nous étudierons ensuite, est annonciatrice d’un répit donné au sein de la crise générale en cours, dont l’effet devrait survenir en 1984. Bref, la solution succède à la crise.
Plus difficile à saisir est la combinatoire de la succession Saturne-Pluton – Jupiter-Uranus. En notre millénaire, leur plus ou moins proche coparticipation s’est présentée une dizaine de fois ; mais quelle leçon tirer d’une comparaison d’effets, du duo en question de 1016 par exemple, avec la société mondiale de notre époque ?
Que nous revienne cette évidence première : c’est l’état même de l’humanité telle qu’elle se présente lorsque va se produire la configuration qui détermine la façon dont celle-ci s’exprime, son « effet » étant fonction de ce terrain d’application. Ainsi qu’il en est avec un transit pour un humain. Or, nous sommes en crise mondiale et c’est à partir de celle-ci que s’impose l’interprétation de ce double renouvellement cyclique, ce qui implique qu’il peut en résulter un bouleversement nouveau, conséquence de l’état présent des choses.
La signification essentielle de la coexistence des deux conjonctions évoque un accouplement où la tendance saturno-plutonienne, sapant les bases profondes de la société, sert de caisse de résonance à la tendance jovi-uranienne à effet de secousse, de choc, d’éclatement, d’explosion. Ce qui s’est observé la dernière fois en 1914 avec l’irruption de la Première Guerre mondiale, abomination historique sans précédent où, à une guerre de mouvement foudroyante a succédé et s’est incrustée une guerre de tranchées immobilisante. C’est, précisément, cette antériorité qui, depuis longtemps, m’a fait craindre une troisième guerre mondiale pour l’échéance présente, la concentration planétaire commune en plus. Cette crainte n’était pas si absurde. Pour le sociologue, l’histoire montre que les économies capitalistes ne sont véritablement sorties de leurs grandes crises que par des guerres, et, récemment, Andrew Tylecote, de l’université de Sheffield, déclarait : « Le trou dans lequel le monde est en train de plonger sera d’autant plus profond que le boom précédent a été fort et long », en prévoyant pour les années immédiates une chaude température politique : « révolutions et guerres à leur point culminant ».
Or, il ne fait aucun doute que nous avons en cette configuration un très haut potentiel de violence qui, s’il devait s’exprimer en pures manifestations guerrières, constituerait une menace radicale pour l’humanité. Le seul facteur positif susceptible de constituer un contrepoids à un tel danger est la persistance du sextil évolutif Neptune-Pluton, cet aspect de notre plus grand cycle polarisant la tendance générale de l’évolution mondiale en direction de la construction d’une nouvelle humanité. Cet indice ultime n’est toutefois pas une certitude à laquelle on peut s’accrocher pour se permettre de dire que nous ne sommes pas menacés ; on peut tout au plus s’autoriser à croire en une alternance,, à savoir qu’il est susceptible de nous éviter le pire ou qu’à défaut, c’est-à-dire n’y ayant pas échappé, il nous met à l’abri de la guerre atomique absolue, l’atténuation d’une gravité du mal correspondant, au pire, à une guerre conventionnelle limitée. En réalité, tout ce que nous pouvons nous autoriser à dire, c’est que, pour la première fois depuis 1945, les conditions astrales sont réunies pour que l’événement puisse avoir lieu ; les indices suffisent en eux-mêmes, ce qui ne justifie pas qu’ils conduiront nécessairement – heureusement – au résultat historique. Espérons en la bouée de sauvetage …
Ce bilan est d’ailleurs celui d’une procédure d’analyse incomplète, qui traite seulement la corrélation entre astralités et guerres, sans avoir encore confronté les premières aux autres aspects essentiels de la vie de l’humanité.
La guerre ou la révolution.
Or, maints sociologues considèrent les guerres et les révolutions comme des maladies interchangeables de nos sociétés. Si bien que l’évaluation du danger de guerre est subordonnée à l’appréciation d’une possible substitution d’effet d’un genre à un autre : la guerre ou la révolution, la seconde prenant la place de la première. Par pure convention de l’esprit mais pour nous aider à raisonner, la notion économique d’un « principe actif » de la configuration, chargé ici d’un pouvoir de crise d’un potentiel élevé, nous aide à comprendre que ce « potentiel » critique, en disponibilité, mutable, peut aussi bien être affecté à une manifestation d’ordre révolutionnaire.
Que cette alternative soit réelle, il suffit, pour le constater, de remonter, au-delà de 1914, à la seconde étape antérieure de voisinage des deux conjonctions : la Saturne-Pluton de 1786 et la Jupiter-Uranus de 1789. Ici, nous avons l’exemple quasi-archétypique de la Révolution française, porteuse à la fois de l’effondrement d’une société traditionnelle et d’une dimension nouvelle de l’aventure humaine.
Or, ma lointaine crainte de troisième guerre mondiale pour ces présentes années – je reviendrai là-dessus – s’est peu à peu dissipée depuis deux ans pour laisser la place à l’appréhension d’une autre espèce de perturbation. Pure question d’appréciation du « terrain » de l’humanité actuelle, se prêtant plus manifestement à des troubles révolutionnaires – que fait craindre particulièrement dans l’axe Nord-Sud le divorce accru des pays nantis et des pays prolétaires – qu’à l’aventure militaire, en dépit d’une grande fragilité du rapport Est-Ouest avec la Pologne, devenue l’homme malade de l’Europe, et le Moyen-Orient.
Dans mon Astrologie mondiale, j’ai évoqué que la campagne menée par l’Allemagne nazie contre le bolchevisme et l’esprit de la Révolution française avait pu procéder, notamment, du transit de Pluton aux lieux longitudinaux de la conjonction Saturne-Neptune de 1917 et de la conjonction Jupiter-Uranus de 1789. Or, j’observe que cette conjonction de 1983 se produira au lieu de la conjonction Saturne-Neptune de 1809, en corrélation avec la révolution sud-américaine : le soulèvement autour de 1810 des colonies de l’Amérique latine (Venezuela, Argentine, Chili, Mexique, Colombie, Paraguay, Bolivie, Pérou, Uruguay, Equateur). Chacun sait que si l’indépendance nationale de ces pays a alors été acquise, le continent presque dans son entier (à quelques exceptions près comme le Mexique) n’en subit pas moins encore, par dictatures militaires interposées, une colonisation économique scandaleuse made in USA. Il est quelque peu intéressant d’observer que la conjonction S-N de 1809 à 6° du Sagittaire se forma à l’opposition de la conjonction J-U de 1775 à 3,5° des Gémeaux – configuration de la guerre d’indépendance des Etats-Unis – et que notre conjonction de 1803 vient se placer à l’endroit de la première et face à la seconde.
Dans la mesure où ce genre d’indice est susceptible de « fonctionner » (peu nombreux encore sont les cas observés), on peut se demander si un mouvement révolutionnaire ne peut pas secouer une partie sinon l’ensemble même du continent latino-américain, conduisant celui-ci à son affranchissement économique et politique des U.S.A., non sans une certaine déstabilisation diplomatique grosse de conséquences.
En l’état actuel des choses, rien n’est plus incertain qu’une telle prévision au regard du jugement de la plupart des historiens qui considèrent que l’Amérique latine est une société malade, enlisée dans un cercle vicieux condamnant le futur à ressembler au passé. Néanmoins, à quoi servirait l’information astrologique si, se contentant de prévoir ce qui est prévisible sans son concours, elle ne devait pas se risquer à anticiper dans l’ordre de l’improbable ?
Naturellement, d’autres possibilités de mouvements révolutionnaires dans ce monde en ébullition sont concevables, sur lesquelles il n’y a pas lieu de s’arrêter dans le cadre de cette étude générale.
De la révolution au chaos économique.
« Brusquement la société se trouve ramenée à un état momentané de barbarie ; c’est comme si une famine, une guerre de destruction venaient lui couper soudain les moyens d’existence. L’industrie, le commerce paraissent anéantis. » Campé par Marx et Engels dans leur Manifeste communiste, ce tableau des ruines de la dépression économique à son paroxysme paraît à peine exagéré aux historiens économistes d’aujourd’hui. C’est bien « l’existence de la société tout entière » qui y est mise en question, dans une pleine équivalence de ravages avec le bain de sang des guerres et la dévastation des révolutions. Voilà du coup une troisième alternance.
C’est une constatation effective que lorsque la dissonance jovi-uranienne ne s’exprime pas en flambée militaire ou en désordre révolutionnaire, elle se traduit en trouble économique.
En embrassant le sujet d’une façon générale, il est permis d’avancer que, pour l’essentiel, l’évolution économique de notre société relève des cycles conjugués de Jupiter et de Saturne avec Uranus, dans le cadre du grand cycle Uranus-Neptune. La relation des aspects du trio en question avec l’économie a déjà été perçue par Brahy en Belgique et Langham aux U.S.A. dès 1932 (voir Recent Advances … de Geoffrey Dean), comme je l’ai observée ponctuellement dans Les Astres et l’Histoire. La nouveauté, ici, est une saisie synthétique permettant une perception plus intégrale de la corrélation. Ainsi se présente le graphique de l’indice cyclique partiel de l’intercycle Jupiter-Saturne-Uranus pour les XIXe et XXe siècles. Leur tracé séculaire est fait d’une traversée de deux cycles Saturne-Uranus, entrecoupés des modulations du cycle Jupiter-Uranus avec ses pics (oppositions) et ses creux (conjonctions) qui se succèdent tous les 7 ans. Jusqu’où il correspond à la propre évolution de l’économie, nous allons le voir.
Les spécialistes s’étaient
habitués à penser celle-ci en
terme de cycles avec la
périodicité de la prospérité et
du marasme. Puis vînt cet
extraordinaire essor de l’après
guerre, sans précédent
historique : pendant une
trentaine d’années consécutives
(si l’on excepte une
« surchauffe »
Mais la crise est revenue et la vertu des cycles s’est rappelée à l’attention de nos économistes, lesquels ont fait récemment un retour en force à Kondratiev, ce soviétique qui découvrit dans les années d’avant-guerre un grand cycle économique avec deux phases alternées de hausse et de baisse, tout à la fois des prix, de la production et de l’emploi, d’une durée chacune de près d’un quart de siècle.
Or, le cycle de Kondratiev n’est autre que notre cycle Saturne-Uranus. En effet, pour l’ensemble de nos deux siècles, il y a concordance générale des temps et des phases. Ainsi ont été observées trois longues phases d’expansion économique : de 1848/1850 à 1872-1873, de 1896 à 1920, puis, à partir de 1940/1945 à 1974. En alternance avec trois autres longues phases inverses de repli économique : de 1817 à 1848, de 1873 à 1896, et de 1920 à la Seconde Guerre mondiale. Précisément, nous avons là l’alternance des phases ascendantes et descendantes du cycle Saturne-Uranus avec ses successives conjonctions de 1852, 1897 et 1942, ainsi que ses successives oppositions de 1874 et 1919. Sur sept points charnière observés, cinq concordent parfaitement. Il n’y a décalage que pour les deux autres. Ainsi, l’opposition de 1829 s’écarte du pic de 1817, tandis que la courbe ascendante commencée avec la dernière guerre mondiale se prolonge jusqu’en 1974, alors que la dernière opposition s’est produite en 1965. Mais, pour le cas dernier, par exemple, un clivage ne s’en opère pas moins au tournant de ce cette dernière année où une mini-crise se produit qui fait tomber la fièvre expansive. « La gloire s’arrête, selon nous, en 1965, année où commence le refus de l’enfant, le refus de la vie », déclare Alfred Sauvy dans L’Expansion n° 200. Ce cycle subit naturellement les interférences des autres grands cycles, de même que l’économie n’est pas étroitement prisonnière d’un carcan mécaniste. L’explication de l’influence du Kondratiev est que s’y associe un rythme parallèle d’inventions et d’innovations, incorporation du progrès technique contribuant au jaillissement de la productivité. Il y a eu, précisément, deux engendrements énergétiques autour des conjonctions de 1852 et de 1897, à la base de deux révolutions industrielles, la première du charbon et de l’acier, la seconde du pétrole et de l’électricité.
Au-delà de ce cycle, observable dans la ligne générale de montée et de descente des deux graphiques, vient s’enclaver la mouture du cycle Jupiter-Uranus, pouvant être éventuellement assimilable dans ses phases aux cycles mineurs dits de Kitchin (3-4 ans) et de Juglas (8 ans environ). L’impact en est assimilable dans la répartition générale des crises économiques de ces deux siècles : 1810, 1818, 1825, 1837, 1847, 1857,1866, 1873, 1882, 1890, 1900 ; 1907, 1913, 1920, 1929, 1937, 1974 (aux emplacements des astérisques dans les figures). On constate, en effet, que sur les 17 crises en question, 14 se localisent aux temps des phases majeures où le cycle change de sens ; 6 fois l’année même de l’aspect et pour le reste à 1 an ou 18 mois de sa formation.
La corrélation est patente, mais le phénomène n’est pas enchaîné à un mécanisme formel (raison pour laquelle la prévision échappe aux experts). Ainsi, il ne se produit pas automatiquement une crise à chaque phase nouvelle tous les 7 ans. En outre, il arrive qu’il s’en produise en marge de ces phases : par exemple, en 1930, c’est un triangle dissonant J-S-U (par opposition J-S au double carré d’U) qui escorta le déclanchement de la grande crise économique de l’automne 1929, au lendemain de la fiévreuse conjonction J-U de 1928. De la répétition du même triangle, j’avais annoncé dans une revue le retour d’une crise économique pour 1951. Prévision fausse : ce devait être la configuration de la guerre de Corée. J’ignorais à l’époque la conversion possible de la même configuration d’une espèce de crise à l’autre. Il fallut cet échec pour me mettre sur la voie de ce processus de substitution. C’est un triangle isocèle des mêmes qui se produisit en 1976, peu après l’apparition de la crise économique actuelle, mais, cette fois, sans surprise.
Voilà où nous en sommes dans nos observations. Dans l’état actuel de nos connaissances, l’on voit les experts aligner de plus en plus leur vision prospective sur le même schéma : la rupture de 1974 – déclare dans le récent n° 200 de L’Expansion Fernand Braudel, Professeur au Collège de France – « marque le début de la phase descendante d’un cycle de Kondratiev ; ces cycles de quarante à cinquante ans sont une respiration de la vie économique ». Et comme il ajoute que ce Kondratiev a pris son point de départ vers 1945, cette descension devrait atteindre son nadir entre 1985 et 1995. Plus précis est Philippe Lefournier qui, dans cette même publication, déclare que notre crise « devrait durer jusque vers 1990 ». Soit, précisément, au tournant de la prochaine conjonction Saturne-Uranus de 1988 ! L’horloge qui manque à nos experts économiques, c’est nous qui la détenons …
En attendant, que peut signifier la conjonction Jupiter-Uranus de 1983 ? Par inversion du mouvement linéaire provoquant une remontée de courbe, une pré-reprise de l’économie mondiale ? Sur la base de ce qui vient d’être observé, une telle interprétation serait plausible. Mais dans le contexte particulier où elle se produit, cette configuration fait plutôt craindre l’inverse, soit une tempête, un krach ou un effondrement de l’économie mondiale.
Ma prévision, pour la première fois formulée il y a 15 ans dans Les Astres et l’Histoire, - sur la base du phénomène de concentration planétaire résultant d’une dominante de phases cycliques descendantes – d’une crise générale de la société mondiale commençant en 1975 (ce fut à l’automne 1974) et s’aggravant d’année en année jusqu’à son point d’éclatement au creux ultime de 1983, s’est jusqu’ici ponctuellement réalisée.
C’est au bord du gouffre qu’ont eu l’impression de se trouver récemment les experts à la dernière session annuelle du Fonds monétaire international de Toronto. Le monde occidental est arrivé à un état de crise dont on n’avait pas vu l’équivalent depuis les années trente et le malade continue d’empirer. On compte aujourd’hui 30 millions de chômeurs dans le club des pays nantis : les Américains s’approchent du record absolu des 13 millions de 1932 avec près de 11 millions ; les Anglais avec plus de 3 millions, Allemands, Espagnols, Français et Italiens en ayant chacun 2 millions. Partout depuis 1980 règne la stagnation, la récession : monde occidental, monde communiste, Tiers monde. Le taux de croissance des 24 pays de l’O.C.D.E. est tombé de moins de 2 à moins de 1 % ; de même que l’U.R.S.S. est passée de 1,5 à 0 % de 1981 à 1982. L’hydre inflationniste accompagne cet essoufflement qui se traduit par des hémorragies financières sans précédent de firmes internationales, la déroute de banques et des écroulements de géants. Ce sont maintenant des pays qui sont au bord de la faillite – une vingtaine, Mexique et Argentine en tête – et qui sont devenus insolvables tant s’élèvent leurs endettements. L’Establishment financier international ne peut plus couper les crédits sans risquer d’entraîner une série de faillites nationales ; par une réaction en chaîne, la banqueroute des emprunteurs entraînant celle des prêteurs et provoquant l’effondrement de tout l’échafaudage du crédit sans lequel l’économie ne peut survivre. Tout le reste risquant de s’écrouler derrière …
De là – d’autant plus que la reprise, plusieurs fois annoncée, n’est pas revenue – un pessimisme actuel qui se précise et se généralise. Récemment, le prix Nobel hollandais Jan Tinbergen déclarait : « J’ai peur que nous ne revenions aux années 30 à mesure que nos économies se contractent … Je vois des similitudes croissantes. » Et Fernand Braudel, procédant à la même sinistre comparaison, va jusqu’à dire : « La crise de 1929 correspondait à la fin d’un Kondratiev. C’était, si j’ose dire, moins grave en profondeur – malgré les conséquences humaines instantanées qui ont été dramatiques – que ce qui se passe aujourd’hui. »
On mesure maintenant toute la dimension de cette crise actuelle : à travers elle, c’est la société qui est entrée en mutation sous l’effet même du gigantisme de sa croissance et de sa super-prospérité, jusqu’à remettre en cause son propre système, tant qu’une nouvelle économie-monde ne se sera pas constituée autour d’un pôle central géographique nouveau.
Que sous la prochaine conjonction cette crise amorce un mouvement de repli à partir duquel le monde rentrerait bien gentiment dans les rangs de sa normalité serait une surprise singulière. Bien plutôt faut-il s’attendre, hélas, à ce que cette crise atteigne son apogée dans quelques fracas, au point qu’un renom historique particulier puisse s’attacher à cette année 1983.
L’astrologue n° 60 (4e trimestre 1982).
Ce pessimisme de fin de texte ne devait nullement s’inscrire dans les faits : ce fut seulement le creux de vague, conforme au graphique, suivi de la reprise économique de 1983, bien que cette crise ait laissé des traces profondes au point d’acculer plusieurs pays au bord de la faillite (déclarations d’insolvabilité de la Pologne, de la Turquie et du Zaïre en 1981, puis surtout de l’Argentine, du Mexique, du Brésil et du Chili en 1982-1983, qui prennent de court l’ensemble des institutions financières) .
AUTO-CRITIQUE PREVISIONNELLE
J’ai tenu à reproduire intégralement ces deux textes de cette année 1982 pour revenir sur une estimation prévisionnelle qui prête le flanc à la critique.
Lorsque, aux premiers pas de la découverte de l’indice cyclique (voir Introduction à l’astrologie mondiale), j’ai aperçu l’extrême affaissement de sa courbe aux années 1980-1984, je n’ai pu m’empêcher d’exprimer mon inquiétude particulière pour ce tournant. Le mieux est de reproduire le premier texte d’interprétation s’y rapportant : « La loi fondamentale de l’astrologie mondiale », L’astrologue n° 28, 4e trimestre 1974 :
Si une troisième guerre mondiale devait survenir d’ici à l’an 2000, il y a une grande probabilité pour qu’elle se situe entre 1981 et 1984, 1982 et 1983 se présentant comme les années les plus critiques du siècle ! (…) Rien ne permet toutefois de présenter là comme nécessaire une troisième répétition du fait guerrier international.(…) 1981-1984 risque d’être la troisième tache noire du siècle où la mort triomphera de la vie, quels que soient les aspects sous lesquels elle sévira.
C’est là mon seul épisode prévisionnel alarmiste de toute ma vie. On remarquera que la « troisième tache noire du siècle où la mort triomphera de la vie » n’est pas dispensée d’une nécessité d’expression guerrière. Au surplus, une note de rappel compare la conjoncture redoutée aux semblables de 1347, 1485 et 1493, lesquelles nous renvoient à des fléaux pandémiques : la peste noire, la suette anglaise et l’apparition de la syphilis. C’est ainsi que j’allais reformuler mon scénario prévisionnel dans « La nouvelle crise mondiale », Almanach Chacornac 1978, renouvelant le pronostic de danger de guerre mondiale :
Ce n’est assurément qu’un « si », même si l’on peut établir, pour cette période, la prévision quasi-certaine d’une recrudescence d’agitation guerrière et révolutionnaire dans le monde. Mais l’état de crise attendue peut aussi bien prendre le caractère d’une autre dominante : à défaut d’épidémie et d’invasion barbare, famines provoquées par l’explosion démographique, fléau climatique, déséquilibre écologique, crise technologique …
Or, la « tache noire » est bel et bien survenue avec l’apparition du sida. La figure présente, extraite de Ramses 2001, montre l’invasion de cette pandémie qui se poursuit encore à raison de 5 millions de contaminations par an, avec un chiffre estimé en 2004 à 45 millions de malades du Sida dans le monde.
Dans le texte, la formule de restriction : « à défaut » résulte d’un préjugé médical du temps. A sa rédaction, je sortais de l’écoute d’une sérieuse émission télévisée où un réputé professeur de l’Académie de médecine de Paris venait d’assurer que les épidémies étaient enfin vaincues, reléguées au passé. Mais ce « à défaut » n’en laissait pas moins la porte ouverte à la venue d’une pandémie, faisant des dizaines de millions de morts à l’instar d’une guerre mondiale..
« A défaut » aussi d’une « invasion barbare » … La même enquête du passé avait relevé également, pour le même type de configuration, la disparition de civilisations, comme celles de l’empire romain au Ve siècle, de Byzance et de l’Amérique centrale (les « barbares » étant ici européens). Certes, il n’y a rien de barbare à ce que des populations démunies et affamées viennent se réfugier dans nos pays occidentaux prospères, mais c’est un air d’invasion que n’en prend pas moins, à la longue autour de cette concentration planétaire du dernier quart du siècle dernier, un plein d’immigration européenne, notre continent faisant figure d’une presqu’île assiégée pour qui ne comprend pas que l’avenir du monde est en cours de devenir celui d’un brassage de toutes les races humaines.
La venue de ces deux phénomènes – substitués à une tragédie de guerre mondiale – n’a pas empêché la « recrudescence d’agitation guerrière et révolutionnaire ». Le ballet a été ouvert par la guerre Irak-Iran, commencée le 29 septembre 1980, qui a duré jusqu’en 1988, en faisant plusieurs millions de morts, et s’est poursuivi avec la guerre des Malouines, d’avril à juillet 1982, entre l’Argentine et la Grande-Bretagne : 7 bateaux anglais coulés (dont le croiseur Sheffield, frappé par un missile) et le navire argentin « Général Belgrano » torpillé avec ses 323 marins … Le 6 juin suivant, Israël pénètre au Liban (5e guerre israélo-arabe), ce qui entraîne le concours de forces multinationales d’intervention à Beyrouth. Engagement qui tourne au drame : après une escalade de tension internationale résultant de la destruction d’un Boeing sud-coréen le 31 août 1983 par la chasse soviétique, bombardements américains le 19 septembre aux côtés des forces libanaises avec arrivées d’un porte-avions, d’un porte-hélicoptères et d’un cuirassé. Puis encore, attentats terroristes à Beyrouth le 23 octobre contre les quartiers généraux américain (239 morts parmi les Marines) et français (58 morts), provoquant l’arrivée d’une armada américaine d’une trentaine de navires de guerre au large des côtes libanaises et suivie le 4 décembre de raids américains avec avion USA abattu …Le Golfe persique est en guerre : les 13/16 mai 1984, l’armée iranienne attaque 3 pétroliers saoudiens et koweitiens ; on enregistrera 6 navires coulés par l’Iran et 38 par l’Irak au cours de 233 attaques … Au surplus, le front de l’Amérique latine bouge. Au Nicaragua, la victoire du Front sandiniste en 1979 a progressivement évolué vers une formule marxiste que Washington a vite considérée comme un relais de Cuba, menaçant le Salvador, puis le Guatemala. Delà est née la « doctrine Reagan », intervenant dans la guérilla du Salvador, devenant en 1984 une vitrine « démocratique ». A quoi s’ajoute le débarquement américain, le 25 octobre 1983, de fusiliers marins dans l’île de la Grenade pour contrer une présence castriste. Bref, l’atmosphère générale est tendue.
Mais au-dessus de ces théâtres d’opérations, le point central du danger est l’affrontement diplomatique américano-soviétique. Le 22 mars 1983, Ronald Reagan lance l’initiative de défense stratégique IDS, dite « guerre des étoiles », qui est un programme de suprême affrontement technologique. Les 27/29 mai (revoir la figure première du présent texte, anticipant la situation), un sommet à Williamburg rassemble USA-Europe-Japon dans la décision du réarmement de notre continent ; arrêt qui provoque aussitôt un avertissement d’Andropov de riposte au déploiement d’euromissiles en Europe de l’Ouest par des implantations de sites nucléaires en Europe de l’Est. Le 23 novembre, les premiers Pershing sont déployés en Grande-Bretagne et en R.F.A. Le 24, Andropov annonce l’installation de nouveaux missiles tactiques en R.D.A. et en Tchécoslovaquie, avec le développement de nouveaux moyens dans les zones océaniques et maritimes ; ce qui est suivi aussitôt par la rupture des négociations de Genève. Ainsi s’installaient de part et d’autre du rideau de fer Pershing et SS-20, nouveau bond spectaculaire dans la marche au bord du précipice nucléaire. Depuis la crise des fusées de Cuba en octobre 1962, jamais nous n’avions frôlé d’aussi près le déclenchement d’une troisième guerre mondiale, et les archives dévoilées de l’ex- Union soviétique ont confirmé la gravité du danger. 1983 fut donc bien l’année d’une ultime menace de troisième guerre monde, qui ne se reproduisit plus ensuite. Elle n’eut, heureusement, pas lieu, mais, d’en avoir fût-ce seulement signalé le risque, devrait restituer sa dignité à l’interprète, du moment qu’il ne s’était pas enfermé dans cette seule perspective tragique.
Les Evaux, juillet 2004.
LE CYCLE SATURNE-PLUTON
LE CYCLE JUPITER – PLUTON
Parmi les 10 grands cycles, celui-ci est le duo de la planète la plus rapide et de la planète la plus lente, en une durée moyenne de 12,5 ans. C’est ainsi qu’au cours du XXe siècle ont défilé leurs conjonctions en 1906, 1918, 1931, 1943, 1956, 1968, 1981 et 1994. Et si la dernière eut lieu en décembre 1994 à 29° du Scorpion, la prochaine de notre nouveau siècle est annoncée pour décembre 2007 à 28° du Sagittaire.
Dans l’intrépidité de ma jeunesse, je m’étais hâté de caser deux cycles Jupiter-Pluton parmi l’assortiment des dix-huit cycles du n° 20 des Cahiers astrologiques, transcription d’une conférence que j’avais faite le 10 novembre 1948 au C.I.A. La fragilité de mon exposé me frappe, maintenant que je relis le contenu des petits casiers de chaque aspect, le cadrage événements-phases tenant trop de l’approximation. Nul doute, cependant, que je détenais là une authentique corrélation que je vais remettre en meilleur état. Une version plus élaborée, différente de celle qui suit, l’une et l’autre se complétant, en a d’ailleurs été donnée dans Les Astres et l’Histoire.
A la souche de l’immense tragédie du siècle dernier qu’est la Seconde Guerre mondiale, réside – comme un grand trou noir - une exceptionnelle dissonance plutonienne au cap de 1930-1931 : intégrale, puisque l’astre recevant simultanément un semi-carré de Neptune, un carré d’Uranus, une opposition de Saturne et la conjonction de Jupiter, donnant tout son lustre au déséquilibre généralisé. Et ce phénomène, annonciateur d’un retour à la barbarie et accompagnateur de l’irruption des hordes nazies dans l’histoire, est la charnière centrale des deux cycles Jupiter-Pluton entre leurs conjonctions de 1918 et de 1943, et à l’intérieur desquels, ou presque, vont se dérouler les douze années du IIIe Reich.
Cycle 1918-1931
Tout commence, précisément, à la conjonction de 1918. Ce qui germe ici naît de la douleur d’une guerre perdue suivie d’un traité de paix inique. C’est l’année suivante (conjonction à 2° d’orbe au premier trimestre 1919) que commence la carrière politique de Adolf Hitler. Le 12 septembre, chargé par une section de renseignement de l’armée de surveiller un petit parti ouvrier allemand, il adhère à ce groupuscule naissant de quelques centaines de membres, y ayant découvert son pouvoir vocal, son talent d’orateur.
A l’éclosion du sextil, en juillet 1921, il prend la direction de ce parti, que, déjà, il façonne (croix gammée, chemises brunes …) et en ayant satellisé autour de sa personne la première équipe du parti : Hess, Rosenberg, Röhm, Streicher, et bientôt Himmler, Göring, puis Goebbels ; ce qui devient le « parti du Führer ».
A l’épanouissant trigone, l’occupation de la Ruhr par l’armée française en janvier 1923 soulève une formidable fureur nationale qu’aggravent encore les conséquences de cette néfaste intervention : effondrement de la monnaie, misère noire … Le mouvement nazi s’enfle à plus de 50.000 membres et a ses antennes jusqu’à des personnages comme Ludendorff.
Au sesqui-carré se case le putsch raté de Munich du 8 novembre 1923 : procès, prison de Landsberg, incarcération de treize mois.
A la crête de l’opposition de 1925, malgré la parution de Mein Kampf qui pose le personnage politique de Hitler, le prestigieux compagnon d’armes Ludendorff prend de la distance et le parti est en crise. C’est même un vif déclin qu’accuse le mouvement nazi au cours des années suivantes. Hitler ne représente plus un danger. Aux élections du Reichstag du 20 mai 1928, son parti ne recueille que 2,6 % de suffrages et ne remporte que 12 sièges. C’est le temps du carré, il est vrai, suivi du sextil où lui arrivent les renforts de Hugenberg, patron de Krupp et magnat de la presse, ainsi que du baron von Papen, qui a l’oreille du président Hindenburg, lesquels vont lui mettre le pied à l’étrier.
Cycle 1931-1943
Avec la grande crise économique qui met l’Allemagne à bout de souffle (fermeture des banques le 13 juillet 1931…), la percée inattendue arrive et atteint son sommet en 1932. A la conjonction, Hitler est aux portes du pouvoir. Promotion suprême : sa candidature le 13 mars 1932 à l’élection présidentielle, face au président Hindenburg qu’il met en ballottage avec 37 % des suffrages de 13 millions d’électeurs. Et autant de voix le 31 juillet suivant qui lui donnent 230 sièges au Reichstag où son parti domine avec Göring à la présidence.
La plus grave crise économique du XXe siècle.
Au sextil, le voici chancelier du Reich le 30 janvier 1933, peu après midi (Mars se joignant au sextil), et il l’est pour 12 années de pouvoir. Et aussitôt s’est installé son règne : premier camp de concentration à Dachau, autodafé, culte du Führer (apparition du « Heil Hitler ») …
Au carré survient la grande purge de la « nuit des longs couteaux » : l’assassinat des chefs des SA (sections d’assaut), avec d’autres (83 morts) le 30 juin 1934 ; turbulente armée du parti dirigée par Ernst Röhm, son bras droit militaire qui lui échappait. Outre, le 25 juillet suivant (conjonction Soleil-Pluton), le putsch raté des SS autrichiens où est assassiné le président Dollfuss.
Le trigone de 1935 couvre le plébiscite du retour de la Sarre à l’Allemagne le 13 janvier, le coup de force du 16 mars où Hitler impose une nouvelle Wehrmacht de 36 divisions et impose le service militaire obligatoire, ainsi que l’accord naval anglo-allemand du 18 juin qui sape le Front de Stresa autour de la SDN (voir « Le Destin de l’Europe »).
L’année 1936 du quinconce, Hitler s’empare sans coup férir de la Rhénanie (7 mars), prenant le dessus sur la communauté européenne, constitue une association Rome-Berlin (11 juillet), son expansion diplomatique s’élargissant en fin d’année avec le pacte Antikomintern avec le Japon.
L’opposition plane sur l’ensemble de 1937 où la politique de « l’espace vital » s’empare du délire hitlérien. Rien ne peut plus arrêter le dictateur qui a déjà un pied dans la guerre en Espagne (Guernica : 26 avril). Un remaniement intérieur lui permet d’avoir enfin la haute main sur la Wehrmacht, tandis que son ministre des Affaires étrangères devient le belliciste Ribbentrop. C’est ainsi qu’il s’engage sur la pente de ses conquêtes : Autriche, Tchécoslovaquie, Pologne, France …
Il est concevable de mettre en parallèle le trigone de 1939 avec le pacte germano-soviétique et le carré de 1940 avec sa détérioration dès novembre. Il est, en tout cas, évident de lier la succession rapprochée du sextil de juin 1941 et du semi-carré de septembre 1941, au regard de la mutation de la guerre, notée dans son carnet par le général Halder, chef d’Etat major de l’armée de terre : « …la campagne de Russie a été gagnée en l’espace de deux semaines » (3 juillet). Compte-tenu de l’avance foudroyante de la Wehrmacht sur une grande étendue du territoire russe, des milliers d’avions détruits et des centaines de milliers de prisonniers, l’Armée rouge ayant donné l’impression d’avoir été déjà encerclée et défaite. Puis : « …il est de plus en plus clair que nous avons sous-estimé le colosse russes » (11 août). Prise de conscience douloureuse qui se traduisit en lourd pressentiment par une grave crise de dysenterie de Hitler dans la première semaine d’août (conjonction Soleil-Pluton). Et si le sextil avait été fugace, le semi-carré allait traîner jusqu’au printemps 1942.
La suite est précisément le tournant décisif de la guerre à la conjonction de 1943, dont le renversement de Mussolini en Italie, le 23 juillet – à quelques jours de la conjonction sur laquelle passe le Soleil – est le symbole : entrée dans la finale de l’anéantissement en cours du nazisme ; irrémédiable défaite de Stalingrad (2 février 1943), accompagnée de celle de l’Afrikakorp de Rommel le mois précédent, amorçant le repli général de la marée nazie, sa retraite jusqu’aux décombres de Berlin.
De fin 1942 à mi-1943, Jupiter est revenu sur les positions qu’il avait occupées en 1919, à l’apparition politique de Hitler, et en 1931, lorsque la marée noire campe la croix gammée à l’entré du pouvoir. Ici, en 1943, c’en était l’aboutissement en lugubre apocalypse. C’est sur le bouclage du cycle Jupiter-Neptune que, deux ans plus tard, devait finir la guerre. Hitler n’aura pas moins été 12 années au pouvoir, du sextil de 1933 à l’approche du semi-carré de 1945, mais sa puissance avait déjà été brisée à la conjonction de 1943, les Alliés étant déjà devenus partout les maîtres.
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Dans un article du n° 108 (4e trimestre 1994) de L’astrologue, consacré à « La conjonction Jupiter-Pluton », Charles Ridoux déclare que « le cycle Jupiter-Pluton fait quelque peu figure de parent pauvre dans les études cycliques menées depuis plus de cinquante ans par André Barbault ». Et de citer quelques-uns de mes textes s’y rapportant (n° 56, 82 et 84). J’acquiesce à cette carence de savoir, à laquelle il tente pour sa part de pallier, notamment à sa substantielle Evolution géophysique mondiale (Le Rocher, 2002). En ligne générale, n’avait guère été retenue du cycle que sa corrélation avec le Tiers-monde, affinité de l’astre avec le « primitif », le primaire, comme avec le chaos, sous toutes ses formes (dégénérescence, putréfaction, retour au néant), qui s’y rattache. Il faut revenir à la succession de ses conjonctions du siècle dernier pour en recueillir un contenu plus substantiel.
Déjà, la première de 1906 nous met la puce à l’oreille. C’est l’année où un personnage encore inconnu, un certain Gandhi, né sous la conjonction de 1869, commence une campagne de boycotts en Afrique du Sud pour faire respecter les droits de gens démunis et opprimés, en une révolte saine. Cette année-là, le nationalisme indien unifié réclame pour la première fois au Congrès l’indépendance de l’Inde. Revendication renouvelée de plus belle à la conjonction suivante, à la suite d’un choc : une foule non armée agressée par un général britannique (379 morts et 1200 blessés) le 13 avril 1919 à Amritsar au Pendjad. Dès lors, Gandhi fait prévaloir le contre-pouvoir de la désobéissance civile. C’est ainsi qu’à la conjonction suivante, à la conférence londonienne sur l’Inde de 1931, il est consacré dans son rôle de libérateur de son pays. Enfin, à deux pas de la conjonction suivante, en 1942, il convertit un Congrès, plus agressif avec la relève de Nehru, à cesser toutes négociations avec la Grande-Bretagne et à déclencher le mouvement de protestation : « Britanniques, quittez l’Inde ! », dans une pleine reprise de résistance non-violente. Si les dirigeants nationalistes sont alors emprisonnés, ils savent, à l’épreuve de la guerre en cours, qu’ils ont déjà gagné la partie. Cette série est expressive de la manifestation d’un pouvoir de la révolte, le verbe plutonien étant ici une manifestation du « non », que celui-ci soit éduqué comme présentement, ou tout bonnement sauvage.
Il faut aussi mettre sur le compte de la conjonction de 1918-1919, qui tombe en Cancer, la disparition des grandes familles régnantes du continent : après les Romanov (éliminés à l’entrée de Pluton dans le signe), Hohenzollern, Habsbourg, et autres princes de Bade, de Bavière, du Wurtemberg ….
De la conjonction de 1931, il paraît judicieux de rapporter les conséquences de la prohibition aux Etats-Unis, autour de cette année, le trafic clandestin de l’alcool aboutissant à une corruption qui gangrène les corps de l’Etat, érigeant dans ce grand pays le gangstérisme en une puissance criminelle publique.
Et pour la conjonction suivante de 1943 se propose comme l’état léonien d’une appropriation jupitérienne du pouvoir plutonien : le 15 mars 1943, Oppenheimer prend ses fonctions de directeur du centre Los Alamos, au milieu du désert du Nouveau Mexique, chargé de construire une bombe atomique où intervient le plutonium (elle éclatera sous les passages solaire et lunaire de Pluton semi-carré de Jupiter les 6 et 9 août 1945, sur Hiroshima et Nagasaki).
La conjonction du 2 novembre 1955 au 16 juin 1956, à la fin du Lion, paraît chargée d’enseignement au regard de ce qui s’y passe. Sans doute, la conjonction Saturne-Neptune de 1953 avait-elle nourri d’un climat révolutionnaire ce qui se préparait, mais c’est à l’approche de celle-là que l’histoire prend forme. Du 17 au 24 avril 1955, 29 pays nouvellement indépendants d’Asie et d’Afrique sont réunis pour la première fois en conférence dans la ville indonésienne de Bandoung. Cette célèbre conférence de Bandoung marque la naissance du mouvement neutraliste du Tiers-monde, troisième force internationale animée par Nasser, Nehru, Tito et Sukarno, condamnant le colonialisme et la ségrégation raciale. Le temps est d’ailleurs à l’ébranlement de la révolte pour la libération nationale. 1955 est l’année de la révolte des Noirs américains. En encourageant à défier des lois et habitudes injustes, le pasteur Martin Luther King réveille la conscience nationale et force les tribunaux à appliquer leurs lois pour mettre un terme à la ségrégation raciale aux Etats-Unis, une première victoire étant acquise en 1956 avec la ségrégation dans les transports urbains devenue illégale. 1956 est aussi l’année de l’émeute de Poznan (28 juin) inaugurant une déstabilisation de la Pologne, et du soulèvement de Budapest, la Hongrie étant à la fin-octobre en insurrection contre l’oppression du régime. Et puis encore, précédant la marée des indépendances des pays africains des années soixante, le Maroc et la Tunisie acquièrent la leur au printemps 1956, alors que depuis la fin de 1954, l’Algérie se bat pour conquérir la sienne, tout le Maghreb se reconstituant. 1956 est, au surplus, au cœur de quelques années où le rock, musique noire qu’exploitent des chanteurs blancs, déferle sur les Etats-Unis. Expression musicale sauvage, libératrice, d’une adolescence qui fait tomber les contraintes vestimentaires, moralisatrices et puritaines (en attendant la vague libératrice beaucoup plus hard de la prochaine étape).
A l’étape suivante, il est malaisé de différencier la conjonction Jupiter-Uranus de la conjonction Jupiter-Pluton qui se côtoient, cette dernière ayant lieu le 13 octobre 1968 à 23° de la Vierge, et la première s’étalant de décembre 1968 à juillet 1969 à l’entrée de la Balance. Ce qui vaut comme conjonction Jupiter-Uranus sur Pluton, la tendance plutonienne étant livrée à une explosion spectaculaire. N’est-ce pas alors le monde entier qui éclate dans un défoulement sauvage à travers la nouvelle génération des étudiants occidentaux, outre les Noirs aux Etats-Unis, avec des manifestations de masse dans la plupart des grandes villes ; et un « mai 68 » que la France n’a pas oublié ? Et si, à l’étape antérieure, la Hongrie avait elle-même explosé, c’est au tour de la Tchécoslovaquie de vivre son « printemps de Prague » qui finit les 20-21 août par le choc des blindés du pacte de Varsovie. Plus sérieuse encore, une révolution fait venir le colonel Kadhafi au pouvoir le 8 septembre 1969 en Libye, qui institutionnalise un terrorisme d’Etat international ravageur. Et face à une idéologie naissante de cette terreur noire, qu’accompagne une table rase des tabous qui ne sera pas sans engendrer la réaction du fanatisme religieux, les vieux démons du sulfureux Pluton sortent du placard. Ainsi voit-on se faire jour une révolte de minoritaires en besoin de libération sexuelle. En juin 1969 à New York, pour protester contre une descente de police dans leur bar favori, les homos manifestent. Premier « coming out » collectif. Désormais, les gays vont défiler à visage découvert, et non sans pittoresque, dans une contestation des normes dominantes, jusqu’à une transgression des conventions de la famille traditionnelle, le Pacs n’étant plus très loin. Une révolution baignant dans un climat de contre-culture, de culture underground (souterrain) échappant à la censure, et aussi d’art brut, élémentaire, informel, finissant en «art poubelle ». Il n’est pas étonnant que l’on ait aussi, en même temps, la révélation de la pollution qui règne dans le monde, avec la prise de conscience soudaine d’une nature en danger qu’il faut sauver ; préoccupation nouvelle qui conduira à une première conférence écologique à Stockholm en 1972. En Egypte, le 3 février 1969, l’O.L.P. se fait reconnaître des pays arabes, à travers son président, Yasser Arafat.,
La conjonction du 2 novembre 1981 à 24° de la Balance voisine avec la conférence de Cancun (Mexique) des 21-23 octobre précédents (sous la traversée que venaient d’y faire le Soleil et Mercure du 14 au 20), chargée de relancer le dialogue Nord-Sud en renforçant l’aide à l’ancien Tiers-monde, maintenant dénommé « pays en voie de développement » (revoir le cycle Saturne-Pluton). Ce qui n’empêche pas l’affrontement Nord-Sud de la guerre des Malouines. Révolte nouvelle : cette fois, c’est la Pologne qui flanche, entrée en dissidence au point d’imposer un syndicalisme qui ébranle le pouvoir, Jaruzelski proclamant le 13 décembre 1981 « l’état de guerre » dans le pays. Jupiter ne blanchit pas Pluton pour autant ; il ne désarme pas son onde primitive de survie de l’homme des cavernes que réveillent sauvagement les bas-fonds de la misère humaine. Ainsi émerge en 1981, avec l’aide de l’Iran des ayatollahs, le fanatique Djihad islamique face au fanatisme religieux d’Israël, en une affreuse spirale de la haine. Plus modérément, la France a sa série d’attentats : rue Marbeuf, rue des Rosiers … S’adjoint encore la venue du sida au carrefour du trio Jupiter-Saturne-Pluton.
Il semble aller de soi que la dernière conjonction du 2 décembre 1994 à 28° du Scorpion accompagne le génocide du Rwanda. Le 6 avril 1994, l’avion qui transportait le président rwandais et le président burundais était abattu à Kigali. Ce devait être le déclenchement d’un génocide dont seront victime plusieurs centaines de milliers de Tutsis, ainsi que des Hutus de l’opposition modérée, en octobre-novembre, 700 000 réfugiés étant livrés à une guerre d’extermination. Sans doute faut-il accueillir comme un fait positif une promotion d’exclus : l’élection le 9 mai 1994 du premier président noir en Afrique du Sud, Nelson Mandela, et l’arrivée d’Arafat à Gaza en août 1994, en autorité palestinienne . Ce n’en est pas moins la relance du terrorisme, relevée par Charles Ridoux dans « Le temps des épreuves » (L’astrologue n° 112, 4e trimestre 1995) : « Les attentats de l’été dernier à Paris, au métro Saint-Michel et Place de l’Etoile, viennent confirmer, après le détournement de l’Airbus à la Noël 1994, l’intrusion de la nouvelle guerre d’Algérie sur le sol français. ». Au n° 101, il avait déjà invoqué la part du cycle au temps de la précédente conjonction dans la guerre en Yougoslavie, avec sa « purification ethnique ». Tito ayant disparu le 4 mai 1980, dès 1981, des émeutes d’Albanais au Kosovo commençaient à déstabiliser les Balkans. Climat de l’époque : à la suite de la sortie du film Jurassic Park de Steven Spieldberg en 1993, la folie des dinosaures s’empare de la planète, monstres préhistoriques et sauriens géants colonisant les écrans, les magasins de jouets et les confiseries. Adieu les Mickey, Barbies et autres sucreries de nos anciens chers petits …
Ne nous étonnons pas que l’attentat du 11 septembre 2001 soit survenu alors que Pluton était au plein d’une double opposition de Jupiter et Saturne : un summum du terrorisme international.
Si Arafat s’est installé à Gaza et Jérico en juillet 1994 à l’arrivée de la conjonction , c’est la guerre d’une seconde intifada qui a accompagné l’opposition de l’an 2000. Y aura-t-il un nouveau coup de balancier à la prochaine conjonction de 2007-2008 ?
Paris, septembre 2004.
LA TRIPLICE SATURNE-URANUS-NEPTUNE
C’est naturellement un tournant historique d’une ampleur première qu’incarne le carrefour de rencontre des trois géantes Saturne, Uranus et Neptune, fusionnant pour ainsi dire en un tout dans la succession des conjonctions Saturne-Uranus de 1988, Saturne-Neptune de 1989 et Uranus-Neptune de 1992-1993.
La trame première du phénomène, donnée cardinale, est l’état de conjonction d’astres réunis, revenus à une nouvelle unité, le monde repartant sur la base renouvelée d’un centre commun où tout converge.
Dans sa manifestation la plus spectaculaire, son immédiat aperçu est le tournant historique du passage d’un monde bipolaire, la société mondiale ayant été partagée en deux camps adverses, à un monde unipolaire. A l’automne 1989, avec le choc de la chute du mur de Berlin, les « démocraties populaires » du bloc européen de l’Union Soviétique s’effondrent, suivies de l’U.R.S.S. elle-même qui sombre, réduisant le communisme à néant. C’est la fin d’un vaste empire qui avait pris corps 75 ans plus tôt, et qui, dominant la surface du globe, s’était étendu du milieu de l’Europe à l’Océan Pacifique et du pôle Nord à l’Asie centrale. Du fait de cette immense disparition, les Etats-Unis se trouvent, du même coup, seuls à la tête des puissances mondiales, unique supergrand, leadership d’un nouvel ordre politique et économique international, dont le tissu sociétal ne peut que s’américaniser. Et la puissance de ce centre universel est, depuis, portée – en raison des phases ascendantes des cycles – par le souffle d’un essor économique prodigieux de longue durée, qui place les U.S.A. au sommet de leur prestige.
L’énormité de cette radicale métamorphose aperçue, enfonçons-nous, maintenant, à l’intérieur des manifestations de notre configuration, livrant la façon dont la même tendance première façonne de fond en comble notre monde actuel, dans un pouvoir fondamental de globalisation. Ce qui nous place au cœur de la conjonction Uranus-Neptune elle-même, sous le signe d’une société qui se mondialise, l’appoint de Saturne en situant un tournant fort.
« Dès la fin des années quatre-vingt dans le monde anglo-saxon, plus tardivement ailleurs, le thème de la globalisation a commencé à faire son chemin, indissociable de la poussée de l’idéologie néolibérale. Ce phénomène signifie, entre autres choses, le triomphe du capitalisme et du marché, la suppression des frontières pour les marchandises et les capitaux, la subordination du politique à l’économique. Mais pour beaucoup d’observateurs, il signifie aussi l’affaissement des nations et des Etats qui seraient de moins en moins capables de définir le cadre de la vie collective, que ce soit en termes politiques, économiques ou culturels. » (Michel Wieviorka : « Terrorismes, une rupture historique ? » ; Ramses 2003).
« Dès la fin des années quatre-vingt … » : on est bien là en ces années de triple rencontre planétaire où se localise ce tournant capital de l’histoire de notre société mondiale. Il est déjà symbolique qu’eut lieu, sous l’égide de l’O.N.U., un premier Sommet mondial de la Terre à Rio de Janeiro en juin 1992. Mais il est encore beaucoup plus significatif que nous puissions fixer le cap ultime de la révolution informatique, en 1989 aux Etats-Unis, avec le lancement par IBM du premier personnal computer, utilisable par tous à des fins personnelles ou domestiques. Et qu’à la suite de l’engouement du public pour cette naissance technologique révolutionnaire, se soit tenu, à la demande de l’ONU, à Genève en décembre 2003, un premier sommet mondial sur la société de l’informatique.
L’essentiel de cette mutation considérable s’est passé dans la dernière décennie du XXe siècle. En une généralisation foudroyante – outre que le téléphone portable s’empare du grand public des pays occidentaux – c’est la ruée sur l’ordinateur et l’ouverture sur l’Internet. Par le courrier électronique, chacun est relié quasi-instantanément au monde entier, la consultation de la « toile » lui ouvrant un dispositif illimité d’échanges, d’informations, d’acquisitions, d’expériences de toutes sortes. Derrière le téléphone, la radio, la télévision, arrive cet ultime outil de communication qui permet d’avoir une présence irradiée à perte de vue : c’est, en somme, l’avènement d’une mondialisation personnelle. On estime qu’en l’an 2000, Internet est un réseau planétaire qui relie déjà 150 millions d’ordinateurs dans le monde !
Voyons l’envers de la médaille. Dans son aspect général, la mondialisation en cours procède à une unification réductive. Dans toutes les sphères de la société, la Terre entière est assujettie à un processus unifiant, l’homogénéité de sa modernisation n’étant pas sans que s’affirme la contrainte de règles communes dans la platitude d’une uniformisation des modes de vie.
Ici s’affirment au surplus les valeurs dominantes du Capricorne où se tient la triple conjonction ; du même coup, au détriment des valeurs cancériennes. Ces dernières nous ramènent au principe matriciel, à la bulle du sein maternel, avec une frontière membraneuse à laquelle s’assimile l’enceinte du nid familial, avec l’enclos de la maison, du domicile, et, au-delà, l’adhésion au clan. Ce que nous retrouvons, collectivement, avec le nationalisme, le patriotisme de la « mère-patrie », à quoi sont sensibles les lunaires couches populaires. Bref, la société close. Or, le saut Internet passe par-dessus les frontières, efface les différenciations nationales, confisque les pouvoirs locaux, nationaux, prévalant même sur les instances internationales. La tendance capricornienne s’exprime en concentration, en réduction, en dépouillement, en uniformisation, non moins qu’en abstraction. Toutes valeurs qui s’accordent avec la cohésion numérique et le virtuel, en plein avenir. Ici, c’est un monde entièrement nouveau qui est engendré.
Et puis encore, bien que nous passions ici sur un tout autre terrain, il faut convenir que la « mère-nature » cancérienne se trouve comme en disgrâce avec – transgression aventureuse – l’apparition pharmaceutique d’organismes génétiquement modifiés (OGM) depuis le début des années quatre-vingt. Ainsi que la « mère-nourriture » avec les produits transgéniques dans l’alimentation, depuis le milieu de la dernière décennie…
Certes, il y a beaucoup plus à dire de notre configuration, mais un recul du temps plus prolongé est nécessaire pour mieux en embrasser la vision d’ensemble. Il y a quelques années, Charles Ridoux et moi nous interrogions sur le pourquoi d’une conjonction Saturne-Neptune qui avait si largement répondu à notre attente, alors que de la conjonction Saturne-Uranus elle-même nous ne savions que dire, comme si rien n’était venu d’elle. Il était trop tôt pour l’interroger. On comprend mieux, aujourd’hui, que la distance temporelle fasse partie des conditions de notre savoir. Prolongeons cette promenade du trio examiné en passant à l’espace astral du trio suivant.
Paris, septembre 2004.
« Au cours de la dernière décennie du XXe siècle, les entrepreneurs, les politiciens, les sociologues, les responsables locaux, les militants associatifs, les artistes, les historiens, et les citoyens ordinaires de tous les milieux ont progressivement compris qu’un nouveau monde était en train d’émerger – un monde transformé par de nouvelles technologies, de nouvelles structures sociales, de nouvelles règles économiques et de nouvelles pratiques culturelles. Le terme « mondialisation » a finalement prévalu pour résumer les changements spectaculaires, incroyablement rapides et apparemment irrésistibles qu’ont ressentis des millions de gens. »
Cette réflexion de Fritjof Capra dans son ouvrage : « Les Connexions invisibles » (Le Rocher, 2004), nous introduit dans le champ même – « au cours de la dernière décennie … » - de la triple conjonction Jupiter-Uranus-Neptune de 1997, le premier ayant rencontré Neptune à 27° du Capricorne, puis Uranus à 5° du Verseau, ces deux derniers en orbe de 7°. Trio planétaire qui succède au précédent, en un passage d’une intériorité saturnienne à une extériorisation franche.
L’effet de globalisation, en installation au trio précédent, se manifeste pleinement à celui-ci en maints domaines. Le 1er janvier 1994 (Soleil, Mercure, Vénus et Mars sont réunis autour d’Uranus-Neptune), un Accord de libre échange des Amériques (ALENA) voit le jour, dont bénéficieront le Mexique et le Brésil à la fin de la décennie. Le 1er janvier 1995 (Soleil, Lune et Mercure sont joints à Uranus-Neptune), à Genève est inaugurée l’Organisation Mondiale du Commerce (O.M.C.), substitut du GATT (Général Agreement on Tariffsand Trade) ; terrain de partenariat économique, en exercice depuis 1948, porté à une nouvelle dimension, qui comprend déjà 141 pays en 2001 et que rejoindra la Chine – appoint considérable – cette année même.
Mais il y a une convergence plus précise autour du trio astral, où se rassemblent deux phénomènes, liés entre eux, qui vont bouleverser la société : l’explosion d’Internet et l’émergence des Organismes non gouvernementaux (O.N.G.) sur la scène de l’histoire.
Le premier est le décollage du nombre d’hôtes Internet de 1997 à 2000 qui ont quadruplé, le chiffre enregistré passant de 46 à 168 pour 1000 habitants en Amérique du Nord, et de 23 à 82 au sein de l’OCDE (source : OCDE, 2001). A quoi l’on peut ajouter, pour ces même années, l’explosion de téléphone portable, la téléphonie étant passée en Chine de 6,6 millions en 1990 à 87,4 millions en 1998. En moins de trois décennies, Internet est passé d’un petit réseau expérimental (ce qui remonte à la conjonction Uranus-Pluton) desservant une douzaine d’instituts de recherches aux Etats-Unis, à un système mondial de milliers de réseaux individuels interconnectés, reliant des millions d’ordinateurs, leur expansion devenant majeure en ces dernières années du siècle qui s’est achevé. En France seulement, en 2003, on compte une vingtaine de millions d’internautes. On imagine alors l’immense réseau de communications qui couvre la planète !
Avec le second, cet outil inédit fait surgir le monde des O.N.G. Certes, celles-ci ne datent pas d’hier, la plus ancienne parmi elles étant la Croix Rouge, née sous la conjonction Soleil-Jupiter du Scorpion en 1863. Jusque là, chacune de ces sociétés vivait dans son propre coin, isolée des autres, cantonnée en tout cas dans sa propre sphère. Or, voici que ces sociétés, pour la plupart sans recherche de profit et tournées vers l’humanitaire, se font entendre devant la défaillance du pouvoir de l’O.N.U., au point d’en arriver à exprimer une opinion publique internationale. Jusqu’ici, il leur avait manqué de pouvoir agir directement sur la situation mondiale. Or – effet local de la mondialisation – les réseaux électroniques des nouvelles technologies de la communication font de ces entités isolées l’unité d’une société civile mondiale, érigée en nouveau pouvoir politique, occupant les terrains laissés vacants par l’ONU, les Etats, les partis, les syndicats Grâce à leurs propres sites web qui les relient entre elles en permanence, en réseaux sociaux omniprésents, les voici en mesure de faire face aux institutions établies.
1997 est précisément l’année de l’émergence de cette nouvelle société civile mondiale dans le débat de la mondialisation, un mouvement altermondialiste prenant corps. On y voit poindre, à propos d’un projet d’accord multilatéral sur l’investissement, une confrontation entre l’O.C.D.E. (Organisme de coopération et de développement économique) et une association de défense de consommateurs fondée par Ralph Nader, protestant contre une suprématie du grand capital sur la souveraineté des nations. La publication du débat sur Internet rencontre un tel écho de la part des ONG que l’OCDE suspend définitivement son projet. Première réussite de la société civile faisant reculer les institutions établies dans une négociation internationale où primait le règne de l’argent dans le marché mondial. Apparition première d’une nouvelle note neptunienne dans le concert de la vie mondiale.
Cette manifestation prend le caractère d’une révolution deux ans plus tard avec la réunion de l’OMC à Seattle en novembre 1999, temps du carré Saturne-Uranus. Le 30 novembre (simultanéité de conjonctions Soleil-Pluton et Mars-Neptune), 50.000 personnes appartenant à plus de 700 organisations participent à une manifestation non violente, qui change définitivement le paysage politique de la mondialisation. Hormis quelques échauffourées entre la police et une centaine d’excités, ce qu’on retient, c’est que ces imposantes manifestations font échouer la réunion de l’OMC, la coalition mondiale des ONG faisant entendre la voix de la société civile qui tient à ce que l’homme ne soit pas réduit à une marchandise. Résultat d’entretiens de plusieurs centaines d’organisations reliées électroniquement, tenant à une commune défense.
Puis, du 25 au 30 janvier 2001 se tient, à Davos en Suisse, un Forum économique mondial, consacré à la mondialisation et aux réponses à apporter à la contestation. Et, parallèlement, s’organise un premier Forum social mondial, à Porto Alegre au Bresil, pour une « autre mondialisation », avec une encore plus grande participation de la société civile. (conjonction Soleil-Neptune trigone Jupiter). D’une part, une totalité du pouvoir du grand capital avec les représentants serviteurs de la Banque mondiale, du Front monétaire international et de l’OMC. D’autre part, la pression communautaire de 12 000 femmes et hommes de toutes races, en hémisphère Sud, débattant en conférences publiques du sort que les premiers entendent leur réserver. La « coalition de Seattle » est ainsi rassemblée non pour entraver une mondialisation en cours inévitable et indispensable, mais pour débattre de scénarios alternatifs respectueux de l’écosystème, ainsi que des droits et valeurs de l’être humain, faisant entendre en cela la voix de toute la communauté internationale.
L’année 1997 est d’ailleurs aussi celle du Protocole de Kyoto. En décembre y est adopté un protocole qui fixe des objectifs chiffrés, juridiquement contraignants, de réduction d’émission de gaz des pays développés, malgré la réaction négative des Etats-Unis de George Bush. Pour la première fois, la communauté internationale se mobilise pour remédier au réchauffement climatique de la planète (revu à la hausse en ce début de siècle par les experts intergouvernementaux sur l’évolution du climat).
1997 marque aussi un tournant historique de la connaissance scientifique que consacre le clonage d’une brebis de sept mois le 7 mars à l’Institut Roslin d’Edimbourg, qui secoue le monde de la génétique : « Delly » était née d’un clone d’animal adulte ! Encore une révolution qui tourne le dos aux valeurs cancériennes. Après Delly, ce sera le tour de Marguerite, veau cloné du 20 février 1998. Nous sommes ici à un tournant historique du savoir des généticiens, certes porteur d’avenir pour le traitement des maladies génétiques, mais aussi ouvert à la mésaventure d’apprentis-sorciers.
On est toujours devant un résultat « contre-nature », à contre-pied des valeurs cancériennes, avec une biotechnologie parvenue depuis peu à transférer des gènes entre des espèces étrangères, implantant par exemple ceux d’un poisson dans une tomate ou une fraise, ce qui crée de nouveaux organismes, produits « transgéniques ». De là, au cours des années quatre-vingt-dix (cela peut remonter à la triplice précédente), le lancement d’une commercialisation d’applications médicales et agricoles de cette technologie génétique. Or, entre 1996 et 1998, la surface totale des cultures transgéniques dans le monde a décuplé, étant passée de 2,8 à 30 millions d’hectares. Ce devait être le départ d’une consommation de produits agricoles transgéniques, marchandise inédite dont la valeur propre se discute encore, l’homme s’aventurant dans l’inconnu … On apprendra aussi qu’en été 1999 est réalisée la transformation génétique d’une cellule normale en cellule cancéreuse ; et le bouquet sera l’an 2000 fêté comme l’année du génome, le déchiffrage international de l’ADN étant devenu alors un prestigieux objectif atteint.
Le domaine de l’énergie bouge à son tour. Dans les dernières années du siècle écoulé, précisément, le problème du combustible a trouvé une solution spectaculaire avec le développement des piles à combustible qui laissent augurer une nouvelle ère de la production d’énergie fondée sur l’hydrogène ; premier combustible propre appelé à prendre le relais du pétrole dans les prochaines décennies, résolvant le problème majeur de la préservation de l’environnement, la voiture propulsée par pile à combustible n’étant plus si lointaine.
Ainsi se métamorphose le monde sous notre trio astral, quant à ce qui est en éclosion dans le génie créatif de l’homme. Pour ce qui est de la nature, 1997 est entrée dans les annales météorologiques comme l’année la plus chaude du XXe siècle, voire depuis qu’existe le contrôle en la matière. Fièvre mise sur le compte (outre l’effet de serre) de l’anomalie climatique majeure d’El-Nino, phénomène de déplacement vers l’Est du réservoir d’eau chaude du Pacifique, exceptionnellement décalé, battant tous les records et entraînant des catastrophes : pluies torrentielles sur les côtes californienne et sud-américaine, déluge en Somalie, cyclones en Polynésie, au Mexique, aux îles Cook, typhon du siècle au Viet-nam, sécheresses dramatiques en Indonésie avec monstrueux incendies de forêt d’étendue continentale, recouvrant de suie et plongeant dans une demi-obscurité des villes comme Kuala Lumpur, avec le spectacle d’enfants des rues au nez bandé …
L’effet de concentration planétaire pourrait être en jeu car, jusqu’ici, c’est le cru 1982-1983 qui avait été considéré comme l’ « El-Nino du siècle », l’édition 1997 l’ayant dépassé en intensité, outre que c’est en décembre 1996 (concentration maximale) que le pic a été le plus prononcé.
Et dans l’ordre de l’immédiat perceptible, outre une restitution programmée de Hong Kong à la Chine, cette même année 1997, ambivalente en ce domaine économique (fin et renouveau cyclique), donne la vedette au krach boursier et monétaire de l’Asie du Sud-Est (qui fera tache d’huile sur la Russie en 1998 et le Brésil en 1999), tandis que la croissance mondiale atteint un sommet avec 3 %. Derrière ce chiffre global se perçoivent deux indications nouvelles : 1) la richesse a progressé plus rapidement que le peuplement des habitants de notre planète, le niveau de vie s’améliorant ; 2) l’OCDE n’est plus seule à prospérer ; pour la première fois de notre histoire, c’est l’ensemble de notre globe qui commence à accéder à la croissance économique. Après un sommet en 2000 et malgré un recul survenu depuis en ce monde fluctuant, c’est là une note d’espoir.
Paris, septembre 2004.
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