Astrologie Mondiale
(Pratique)

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LE CHAMP DE MARS

avec le concours de Didier GESLAIN

Sommaire

 

Mars et le destin guerrier

Les guerres de la Révolution française et de l'Empire

     La tournée des ennemis

      Les compagnons de lutte de l'empereur

Les autres prestigieux militaires de l'Histoire

Les grands vaincus

La Première Guerre Mondiale

     Les hommes d'Etat

     Les militaires

          du côté allemand

          du côté français

La Seconde Guerre Mondiale

     Les hommes d'Etat

          Côté allemand

          Côté français

     Les militaires

          Côté allemand

          Côté français

Note finale

Horizons nouveaux

Conclusion

+ les 100 derniers maréchaux de France

 

Est-ce simplement le  plaisir de s’offrir une leçon d’histoire qui a poussé Didier Geslain et moi à entreprendre ce travail sur les militaires ?  Il a suffi, en tout cas, qu’il m’ait présenté une liste de maréchaux de France pour que, spontanément, nous soit venue la même idée : recueillir aux Archives du Château de Vincennes où sont déposés leurs dossiers l’ensemble de leur données natales. Et aussitôt d’attaquer …  En élargissant, chemin faisant, l’enquête aux gloires de l’armée : généraux légendaires de la Révolution Française et de l’Empire ; noms flamboyants illustrant tant de boulevards, d’avenues, de places, de squares … Si, à Paris, vous montez l’avenue des Champs- Elysées ou l’une des voies voisines – la Grande Armée, Friedland, Hoche, Iéna, Kléber, Marceau, Wagram – qui convergent sur l’Arc de triomphe de la capitale, c’est comme un rendez-vous que vous avez, le sachant ou non, avec le lieu symbolique d’un zodiaque géographique où Napoléon est un dieu solaire auréolé des rayons de ses grands soldats.

Panorama martial : nous entrons dans l’univers de la planète rouge qui préside aux combats, Mars étant depuis toujours associé au dieu de la guerre, Paris ayant son Champ de Mars face à l’Ecole militaire et non loin de l’Hôtel des Invalides.

 

Autant Vénus est au diapason des émois du cœur, source de bonheur, des joies comme des plaisirs de l’existence, dont la paix, à la contribution de  laquelle elle prête son concours à Jupiter, est le plus sûr garant, autant avec Mars – toutefois dans ses états dissonants – l’homme se retrouve animal de combat, à la merci de sa violence naturelle. Ainsi, l’astre est-il jugé traditionnellement « maléfique ». Vocable désuet autant que primaire, soit, mais la guerre est intrinsèquement « mauvaise » avec les fureurs de la soldatesque, faisant toujours le malheur d’un pays : n’est-elle pas d’ailleurs tenue comme l’un des cavaliers de l’Apocalypse, avec la famine et les épidémies qu’elle engendre trop souvent, derrière les catastrophes naturelles ?

 

Feuilletons seulement un court instant, en compagnie de Pierre Dominique, l’album des Misères de la guerre de Jacques Callot, dont la plus connue de ses planches exhibe deux douzaines de pendaisons à un arbre géant : Le blessé meurt lentement sur le champ de bataille, mêlé aux morts ; les survivants pillent, férocement. Le grand graveur ne les ménage pas : et point là d’exagération. (…) Voici la ferme occupée : supplice des hommes, viol des femmes. Une mère se précipite la bourse à la main, ce n’est pas un peu d’argent qu’on veut, c’est tout. Tonneaux défoncés, armoires vidées et le maître suspendu par les pieds à la crémaillère, au-dessus du feu de bois dont l’étouffante fumée le fera parler. Plus loin, une ville flambe, les chariots sont chargés, car généraux et officiers s’en donnent à cœur-joie ; les religieuses sont groupées « qu’ils osent enlever pour être violées » ; elles se débattent en vain. Plus loin, voilà le village occupé. Hommes, femmes, bétail, tout est enlevé et poussé à la pointe de la hallebarde tandis que les toits flambent. Cependant les déserteurs forment des bandes qui arrêtent les voyageurs. On est obligé de monter des expéditions contre eux et de les ramener enchaînés. Alors commencent les supplices. L’estrapade (une place de Paris en porte encore le nom…), etc… ».

 

Atrocités d’un autre âge ? Allons donc ! Ce qui s’est passé notamment au Kossovo en 1999, pour pointer l’Europe elle-même, n’a rien à envier à la sauvagerie qu’aucune civilisation ne parvient jamais à éradiquer, la barbarie martienne revenant périodiquement sur cette malheureuse Terre où sévit toujours et partout son lot de cruauté quotidienne. De sorte que se répète le scénario martien d’un astrologue à un autre, à l’exemple de ce résumé de Morin de Villefranche (on n’a pas toujours sous la main à s’offrir un professeur de mathématiques du Collège de France !) , extrait du livre XXV de son Astrologia Gallica  (1661) consacré à l’astrologie mondiale. Avec Mars quand il domine : Pour l’humanité, ce seront des guerres extérieures accompagnées de troubles intérieurs, des captivités, des carnages, des insurrections et des morts soudaines et imprévues, conséquences de ces désordres. En outre, des fièvres tierces, des hémorragies, suivies de morts douloureuses, frappant surtout les jeunes gens. Des violences, des incendies, des rapines, des homicides, des brigandages. On est servi, le rapport prédateur-proie prévalant, soudard ou non.

 

Certes, il y a du meilleur et du pire au sein de toute entité planétaire, mais ce qui fait la différence, c’est qu’il  est plus difficile de bien vivre sa condition martienne. Si pour le Soleil le monde est ma volonté de puissance, comme il en est pour Vénus de mon plaisir de vivre ou pour Jupiter du profit de ma prospérité, … pour Mars, il est d’abord mon adversité. Les premières manifestations martiennes de l’être humain dans l’enfance sont déjà l’exercice du dur. La conquête de ses mouvements physiques volontaires : intervention active exposée aux heurts, coups et bosses avec l’apprentissage de la marche, acquisition faite d’affrontements et départ de son affirmation dans le monde. Effet moteur rude. Avec le temps préalable et accompagnateur de la plus ou moins douloureuse et coléreuse acquisition de la dentition, prélude des futures rages de dent. On passe, dans le règne animal , de l’ère de l’alimentation liquide, reçue, du lait sucré, à celle préhensile et conquérante du sang âcre de la proie. Le jeu dentaire du bébé s’entraîne à mordre, broyer, déchiqueter et détruire – le stade sado-oral freudien – l’enfant apprenant parallèlement à dire « non », à opposer de la résistance, à faire front dans la colère. Ainsi se font jour nos pulsions agressives, « fond baptismal » qui fait le lit de la guerre sous toutes ses manifestations possibles. En accompagnement de cela étant – dans le cas de dominante planétaire -  un tempérament « bilieux » ardent, vigoureux, entreprenant, énergique, combatif …qu’accréditent les bilans statistiques des Gauquelin sur les grands du sport, de l’armée, ainsi que sur des fondateurs d’entreprises connus.

 

Le ton est donné et en notes fortes. Mais sur un fort large éventail de possibilités, tellement riche en est le clavier analogique. Si l’agressivité offensive ou défensive est le  mot-clé majeur de son verbe, combien diversifiée en est la manifestation, tant il est de manières de se défendre ou d’attaquer, qu’il s’agisse de combattre sportivement, de ferrailler à l’arme blanche ou de rivaliser avec d’autres armes, sinon sur d’autres terrains, de fustiger un adversaire par la plume ou le crayon, en joute oratoire, etc …, l’acte militaire lui-même n’étant que l’un des modes de l’exercice martien, ce choix du terrain échappant d’ailleurs généralement à notre investigation comme s’il était notre espace de liberté. Mais Clausewitz ne dit-il pas lui-même que les guerres ne sont que la continuation de la politique par d’autres moyens et Napoléon n’estimait-il pas que une révolution est une opinion qui trouve des baïonnettes ?

 

De plain-pied, le langage astral nous introduit dans la substance vivante du flux de la tendance. D’une pureté de symbole  est l’idéogramme de Mars : un cercle originel (la vie) duquel s’élance une flèche dextre ascendante. Peut-on mieux camper, tel un fer de lance, l’être en projection dynamique, tous muscles bandés, en saillie dans le feu de l’action, ramassé dans son acte, vivant sa pulsion où il se donne tout entier ? Son but n’en étant pas moins le propre des circonstances du milieu ou le choix libre d’une élection personnelle, domaine existentiel échappant à l’astrologue.

 

Convoquons une célébrité de l’histoire française : le cardinal  de RICHELIEU, né à Paris le 9 septembre 1585 à 9 h 34 mn. On fait confiance au confrère Morin de Villefranche, consulté par ce grand homme d’Etat, à propos de son thème et de qui l’on doit cette version horaire (voir son thème ci-dessous extrait de son Astrologia Gallica). Un Mars en Scorpion se pointe à l’Ascendant. Or, ce n’est point un militaire, mais un cardinal Premier ministre. N’empêche que la touche d’agressivité est au fond de lui, estime Emmanuel Le Roy Ladurie dans son ouvrage : L’Ancien Régime. Lequel ajoute : Richelieu aurait pu dire comme Clémenceau : « Je fais la guerre » ; mais plus encore que l’illustre président du Conseil, il se donne les moyens de concrétiser cette maxime. Et ce « dur » sera d’ailleurs le plus grand décapiteur de gentilshommes français après Louis XI, mais de très loin derrière Saint-Just. La même évocation était d’ailleurs venue de soi à leur cours d’histoire (XVIIe et XVIIIe siècles) lorsque Malet-Isaac avaient ainsi commenté le célèbre portrait du cardinal fait par Champaigne, exposé au Louvre : « Il est superbement drapé dans sa robe rouge de cardinal. Mais la barbiche, la moustache aux pointes retroussées, le nez fortement busqué, le regard froid et ferme, toute cette physionomie hardie font penser à un soldat plus qu’à un prêtre, et sur ses longs cheveux on voit mieux un casque que la barrette rouge des cardinaux. »

 

  Ainsi, la tendance martienne s’investit-elle au-delà du champ militaire qui n’est qu’une de ses affectations spécifiques avec le sport, sorte de sublimation de la guerre, etc… et, réciproquement, le milieu de l’armée est ouvert à d’autres signatures planétaires. D’ailleurs, un maréchal de France ou d’Empire n’est pas forcément un gaillard de sang et de muscles répondant à l’appel mystérieux des armes, costaud doublé d’un chevalier faisant triompher la force dans la grandeur ! Cette idéalisation tranche au regard de certains bidasses galonnés qui jalonnent le répertoire du maréchalat.

 

Une première question s’impose avant tout : qu’est-ce que le maréchalat et comment devient-on maréchal de France ? Le titre de maréchal, s’il est toujours conféré à un militaire, n’est cependant pas un grade suprême de la hiérarchie militaire, mais le lustre d’une dignité civile conférant un rang à la cour ; en quelque sorte, une faveur quand ce n’est pas un mérite récompensant la valeur militaire. Au surplus, ce fut longtemps une affaire de choix familial entre l’état ecclésiastique, l’armée et les affaires publiques. L’héritier d’un grand nom devait défendre l’honneur de son sang, s’il le fallait par l’épée à la main, et une tradition familiale destinait le cadet au séminaire et l’aîné à l’armée, sans s’embarrasser des goûts et aptitudes du fils. Il n’est donc pas étonnant qu’il y  eut de grandes familles de maréchaux se succédant de génération en génération : les Montmorency battent un record en en comprenant jusqu’à onze dont trois en succession au XVIe siècle. On compte jusqu’à quatre d’Harcourt, trois d’Ornano, trois d’Estrées et trois de Broglie se succédant de père en fils, que le tempérament martial y fût de la partie ou non.

 

Derrière cette sélection familiale vient surtout, sinon essentiellement, la faveur du pouvoir : le charme personnel, la sympathie, cela peut suffire à hisser un incapable à la suprême promotion du maréchalat.

 

Voici le cas exemplaire du  maréchal François de VILLEROI, lyonnais du 07/04/1644. 

Jupiter et Vénus en Taureau sont probablement autour du Fond du ciel en raison de la complaisance royale qui l’a accompagné depuis sa naissance. Elevé avec Louis XIV qui se rappellera toujours ce lointain passé commun, Villeroi se fait connaître par les agréments de sa personne, son extrême élégance et ses succès auprès des dames qui l’appellent le « charmant ». D’honorables services militaires se profilent derrière ses aventures galantes. Le roi l’incorpore comme un courtisan à une promotion de sept maréchaux en 1693, commettant ensuite l’imprudence de lui confier l’armée des Pays-Bas à la mort du grand homme de guerre Luxembourg. Cachant sa nullité sous un faux air de grandeur, ce vénusien qui n’est pas à sa place cumule les défaites et ses campagnes se résument à une succession d’échecs : la Flandre espagnole est perdue. Louis XIV lui garde néanmoins son amitié, et, par sa grâce, il sera même gouverneur de Louis XV. Saint-Simon l’a savoureusement croqué en courtisan vénusien : … un galant de profession, parfaitement au fait des intrigues galantes de la cour et de la ville, dont il savait amuser le roi, qu’il connaissait à fond, et des faiblesses duquel il sut profiter ; glorieux à l’excès par nature, bas aussi à l’excès pour peu qu’il en eut besoin, et à l’égard du roi et de Madame de Maintenon, valet à tout faire. C’était un homme fait exprès pour présider à un bal, pour être le juge d’un carrousel, et, s’il avait eu de la voix, pour chanter à l’opéra les rôles de roi et de héros ; fort propre encore à donner les modes et rien du tout au-delà. Non moins drôlement, Le Roy Ladurie le résume en général d’opérette. Ce  présumé vénusien jupitérisé était d’autant plus marginalisé de sa fonction militaire que son Mars à 0° des Poissons était au double carré d’une opposition Neptune-Pluton à 3° Sagittaire-Gémeaux, trio au surplus en dissonance d’une conjonction Soleil-Saturne à 18°-11° du Bélier !

 

En passant de Louis XIV à Napoléon, c’est une loterie différente qui préside à la sélection des maréchaux de l’Empire. Quand, le 23 mai 1804, dix-huit grands officiers accèdent ensemble à la dignité suprême du maréchalat, ce n’est pas tant pour leur valeur militaire qu’ils sont élus qu’en considération de ce qui sert les intérêts de celui qui leur accorde cette faveur, et un large éventail de points de vue y pourvoit. Il faut songer d’abord à remercier les services rendus pour ne pas décevoir celui dont on peut encore avoir besoin et s’attacher mieux encore les meilleures volontés, la priorité revenant aux complices et artisans du 18 Brumaire : Berthier, Murat, Lefebvre, Lannes, Sérurier et Bessières. Moncey n’est pas non plus oublié pour avoir déjoué les conspirations contre le Premier Consul. D’un autre côté, il faut aussi neutraliser les adversaires potentiels, les désarmer ou tenter de se les gagner : le véritable rival Bernadotte, l’insoumis Augereau, Masséna et Ney, peu sûrs … Impossible d’éviter un ancien qui le voit de haut, Kellermann, symbole du triomphe des armées républicaines, sauveur de la révolution. Il faut aussi faire la part du coup de pouce de la famille : Davout, beau-frère de Pauline Bonaparte ; Suchet, le plus jeune de la promotion, presque inconnu, en parenté conjugale avec le grand frère Joseph, etc …Il y aura plus tard ceux qui seront faits maréchaux sur le champ de bataille : Oudinot, Macdonald. Mais le comble de l’arbitraire tombera sur Gouvion-Saint-Cyr qui devra sa promotion à un besoin de publicité. Il avait gagné une bataille à Polotsk sur Wittgenstein ; de cette petite rencontre, Napoléon en fait un combat de géants méritant le bâton pour le vainqueur, rendant ainsi plus spectaculaire ce succès des aigles impériales …

 

Leroy de Saint-Arnaud, Magnan, Canrobert et Forey : rien de moins que quatre maréchaux sortiront parmi les artisans du coup d’Etat du 2 Décembre 1851, le neveu Napoléon III récompensant aussi largement les siens, la politique passant en priorité dans cette promotion. On voit à quoi tiennent les lauriers de la gloire militaire …

 

Au palmarès des élus contre-nature se présente Jérôme BONAPARTE, intervenu lui aussi au 2 Décembre, que son neveu bombarde maréchal en 1850. A sa naissance culmine une conjonction Lune-Vénus : un concentré aux antipodes de la vertu martiale ! On a plutôt envie de lui glisser une mandoline entre les mains. Le dernier frère de Napoléon, le « petit » Jérôme, enfant gâté de la famille, n’a cure de devenir un conquérant et un héros sur le champ de bataille, les galons  de son uniforme qu’impose le grand aîné venant comme des cheveux sur la soupe. Avant de le traiter plus tard de « polisson », celui-ci le fait entrer dans la marine : il déserte en 1803, abandonnant même son navire à la Guadeloupe. L’empereur persiste ensuite en lui donnant des responsabilités militaires : il laisse prendre les villes par ses subordonnés, distribue les légions d’honneur et mène galante vie, actrices et danseuses faisant son ordinaire. A la campagne de Russie, commandant un corps de 80.000 hommes, ses fautes s’accumulent et ses initiatives tournent à la catastrophe, jusqu’à ce qu’il déserte une nouvelle fois. A la campagne de France, au Conseil de Régence, il s’enfuit de Paris et, pour finir, on le voit, indigne, entrer en contact avec l’ennemi à l’écroulement de l’Empire ! Levons l’équivoque relative à la présence en VIII de son trio Mars-Mercure-Soleil en Scorpion : sous la coupe de sa signature luni-vénusienne, cette instance psychique tourne carrément le dos à la vaillance militaire en devenant un foyer de pur abandon anarchique à ses pulsions érotiques. On retient finalement de lui le tableau d’une guerre en cotillon de maréchal d’opérette que harcèle une meute de créanciers.

 

Mais le phénomène inverse existe aussi : à savoir qu’on peut se dépenser agressivement en se présentant au service de  la paix, comme en témoigne le cas de la baronne Bertha von SUTTNER née à Prague le 9 juin 1843 à 19 h 15 m (Astro-Forschungs-Daten), ce premier prix Nobel de la paix 1905 ayant Mars conjoint à l’AS et, au surplus, en opposition du Soleil, derrière cette dominante se présentant toutefois, en Verseau, une conjonction Jupiter-Neptune, l’AS-Mars étant en Sagittaire. Son Soleil avec son maître Mercure en VII y étant pour quelque chose, Alfred Nobel avait proposé à cette romancière le mariage qu’elle avait refusé, mais le prétendant avait ouvert sa pensée au problème de la paix dans le monde. Voilà, dès lors, cette femme virile, sûre d’elle et d’une énergie écrasante, fréquentant « la haute », lancée dans le pacifisme, organisant à Vienne et à Berlin des branches très actives de l’ »Association internationale pour la paix », avec ouvrages, dont son populaire : Die Waffen nieder (Bas les armes !). Henri Dunant dira : «Ce prix est votre œuvre car c’est grâce à vos exhortations que Nobel est devenu promoteur de votre mouvement pacifique ». En bref, cette femme s’est battue pour la paix ! Hélène Deutsch, qui l’a connue, l’a trouvée « agressive, ambitieuse et ne s’accordant aucun répit. (Elle) ne ressemblait en rien à l’image que l’on pouvait se faire d’une femme douce et éprise de paix, bien qu’un examen psychanalytique de sa personnalité montre que sa lutte pour la paix était une formation réactionnelle de sa propre agressivité. (…) elle ne reconnut ni ne respecta jamais les combats héroïques des femmes qui oeuvraient pour la paix mondiale au sein du mouvement socialiste. Préoccupée par ses propres ambitions, elle ignorait l’existence de Rosa Luxembourg, bien qu’elles eussent toutes deux vécu à Vienne pendant le même temps. Ce cas symptomatique d’une destination contre-nature de la tendance méritait d’être relevé, son verbe tournant le dos à la nature de l’objet visé.

 

Et la tendance elle-même n’a pas qu’un plat champ d’horizon, son élan vertical existant aussi, en s’élevant de l’action à la pensée créatrice, jusqu’à la conquête scientifique. Témoin le cas du Bélier artificier  Werner von BRAUN (Wirsitz, Pr. or., 29 mars 1912, 9 h 15, e.c. Hans Schwarz, Kosmicher Beobachter, avril 1858) qui, après avoir doté l’armée allemande des fusées V1 et  V2, est devenu le père du premier satellite américain, ayant un Mars des Gémeaux à l’Ascendant et en conjonction de Pluton. Dans un registre voisin d’intellectualisation de l’action militaire se présente, avec un Mars en conjonction d’Uranus en Gémeaux, Karl von CLAUSEWITZ (Burg/Magdebourg, 1er juin 1780), général prussien que l’ouvrage  De la guerre situe au sommet des théoriciens militaires, sa conception uranienne de la « guerre totale » ayant inspiré les chefs guerriers du siècle dernier. Mais on ne sort pas pour autant de la même famille.

 

On le voit, le verbe martien ne s’interdit nul champ d’investissement. Il est aussi présent partout où s’exprime la sensibilité. Dans les lettres : le Mars maître d’AS et quasi-culminant de Frédéric NIETZSCHE (Röcken, Thuringe, 15 octobre 1844, 19 h 30 m, acte baptismal écrit par son père le pasteur) : « Je suis de la dynamite, la plus dangereuse qui soit … ». Le Mars en Scorpion au MC (avec conjonction Soleil-Pluton) de Henri BARBUSSE ( Asnières, Seine, 17 mai 1873, 23 h, e.c.) : L’Enfer, Le Feu, journal d’une escouade dans la fournaise du front de la Grande Guerre. En peinture : le Mars conjoint à Mercure en III (avec conjonction Soleil-Pluton) de Auguste RAFFET (Paris, 2 mars 1804, 1 h, e.c.) avec ses dessins et lithographies  de scènes militaires de la Révolution Française et de l’Empire ; comme les vastes toiles de batailles et massacres de Edouard DETAILLE (Paris, 5 octobre 1848, 17 h, e.c.), dont le Mars est conjoint au Soleil et en opposition d’Uranus du Bélier en I. Outre même le Mars au MC du Bélier Vincent VAN GOGH (Groot Zundert, Pays Bas, 30 mars 1853, 11 h, e.c.), qui sent en lui « un feu que je ne puis éteindre », lequel embrase ses tableaux. En musique aussi : le flamboiement sonore, les éclatantes sonorités des Mars culminants de Richard WAGNER (Leipzig, 22 mai 1813, lever du soleil, chronique de l’époque) et de Giuseppe VERDI (Roncole, Italie, 10 octobre 1813, 20 h, e.c.), etc …

 

Mais on en revient toujours à cette réalité première : la bonne fortune est d’épouser les affinités électives de son tempérament. Face au vénusien séducteur mal loti sur un champ de bataille, rien de tel qu’un martien pour avoir dans le sang le désir de se battre, et, du même coup, son métier militaire dans la peau.

 

Ainsi repasse-t-on par la référence tempéramentale. Rappelons ici les résultats du test obtenu par le couple Michel et Françoise Gauquelin avec 3142 chefs militaires européens : la surfréquence aux angles du ciel (Ascendant et Milieu du ciel, principalement) de Mars, escorté de Jupiter, s’agissant de gradés de l’armée ; double surfréquence accompagnée d’une sous-fréquence aux mêmes lieux de la Lune. De même qu’ils relèveront chez 2202 champions sportifs, surmartiens, seulement 130 levers lunaires au lieu de la moyenne attendue de 183.

 

Ce qui rejoint Ptolémée lorsqu’il associait déjà Mars à la réussite « par la conduite des armes » et Jupiter à « l’art de gouverner » , Mars soldat ayant besoin du bâton de Zeus dans sa giberne pour imposer la prestance et l’autorité de sa personne.

 

Cette alliance Mars-Jupiter est une signature typique de force vive, la puissance vitale se libérant en extraversion chaude, en réalisme vigoureux, en affirmation expansive, en énergie exubérante, en visée conquérante. A la souche de Mars est l’élément Feu et l’on ne peut s’étonner que ce mot revienne constamment en charge sous la plume du chroniqueur militaire : la première fois qu’on se bat, on fait le baptême du feu, de même qu’on ouvre le feu et qu’on évalue la puissance du feu ; on se brûle la cervelle tout comme on parle des bouches à feu de la bataille, d’être au milieu du feu, ou encore de la fournaise du combat, outre les foudres de guerre. C’est aussi le mot final pour le condamné  mis en joue au peloton d’exécution … Il faut entendre l’admiration rétrospective de Napoléon, parlant à Montholon, des charges des Béliers Murat et Lannes, et de quelques-autres de ses maréchaux : « Ils étaient bien beaux au feu ! ». Et il s’y entendait lui qui, au château de Finkenstein en 1807, se levait souvent la nuit pour tisonner la cheminée : « J’aime à voir le feu. » Et l’on a parlé de l’éblouissement du feu d’artifice de l’Empire. Quant au concours de Jupiter, c’est son souffle aérien amplificateur qui vient oxygéner, vivifier et épanouir cette puissance vitale, essor ressenti surtout chez les entraîneurs d’hommes qui ont un pouvoir naturel de commandement, devenant de véritables flambeaux de l’armée, dans l’envol de l’Aigle.

 

Le dégagement de ce mixte planétaire est tel qu’il a valeur d’antenne. En certaines circonstances, son signalement peut suffire à reconstituer, avec une forte présomption, un thème natal dont l’heure est inconnue. Ainsi, parmi les maréchaux de l’Empire, on a tout lieu de croire que MURAT, ce solide gaillard sur la croupe de son cheval, devenu un sabreur inégalé sur les champs de bataille, est né sur les 16 heures, alors que Mars culmine et que Jupiter se lève. La même double angularité est non moins probable chez AUGEREAU, cet archétype du troupier empanaché et fanfaron (Mars en Lion), ce qui le fait naître autour de 7 heures du matin, c’est-à-dire à un horaire convenant au fait qu’il a été baptisé le jour même de sa naissance. C’est toujours la même double angularité de même nature qu’on est tenté d’attribuer à BERTHIER, à LEFEBVRE et à OUDINOT. Comme, à l’inverse, le lever de Mars et la culmination de Jupiter chez DAVOUT. Ou encore, avec MASSENA, un trigone Mars-Jupiter du Fond-du-ciel au Descendant, d’autant qu’ici un Saturne en X sied à cet orphelin de rapace oralité Taureau, qui prendra sa revanche d’abandonné – le pillard partait en guerre avec un train de fourgons qu’il ramenait pleins ! – par ses razzias en territoire ennemi, jusqu’à ce que Napoléon le destitue pour ses déprédations. En face de ces maréchaux se présentant non moins –  adversaire dont l’ heure natale soit connue – le « duc de fer » WELLINGTON, avec Jupiter au MC et Mars au DS.

 

Elargissons maintenant cette exploration en y incluant le monde des souverains de l’époque. De la phalange patriotique victorieuse de Valmy en 1892 à la capitulation de Paris en 1815, une grande guerre européenne surplombe le destin de la Révolution française et de l’Empire, et au banquet de ce fracas des armes à épisodes successifs, rois et empereurs se présentent, tels en un même habit de cérémonie, sous une étonnante constellation martienne. LOUIS XVI ouvre le bal avec Mars à l’AS ; serrurier à ses heures (Mars en Vierge en I), c’est sur sa proposition perverse (il souhaitait une remise au pas de la nation française par la victoire des armées ennemies) que la guerre est déclarée à nos ennemis le 20 avril 1792. Il est vrai que, nouvellement installé sur le trône des Habsbourg, jeune prince « militaire dans l’âme et absolutiste », FRANCOIS II venait d’user d’un ultimatum à une France devenant belliqueuse. Or, François II a également Mars à l’AS. De l’Autriche à la Prusse, même décor : si FREDERIC-GUILLAUME III a Mars au MC, la reine-amazone LOUISE l’a aussi à l’AS. Pareillement, en passant de la Prusse à la Russie avec, d’abord, PAUL Ier qui a Mars au MC, et surtout son fils successeur, ALEXANDRE Ier, qui l’a lui-même à l’AS. Enfin, derrière le décor continental des combats se profile une Angleterre qui tire les ficelles en finançant la bagarre, dont le trône est occupé par un roi dérangé, GEORGE III, qui a un Mars du Bélier au MC ! Le tableau est complet, à l’exception de NAPOLEON lui-même dont le Mars est en X, certes, mais éloigné du MC. Etait-il le plus agressif de la compagnie ? Il avait souhaité la paix pour que son règne dure : il  aurait pu y avoir un moyen de s’entendre avec lui, pour éviter tout ce bain de sang versé. Mais, chez ces souverains empestait une forte odeur de la poudre.

 

Effectuons encore un périple parmi les douze maréchaux du XXe siècle dont les heures natales sont connues.

 

Ceux-ci sortent carrément du creuset des deux guerres mondiales qui les ont engendrés. Certes, la Franc-Maçonnerie a été pour quelque chose dans la nomination inattendue de l’obscur Joffre au poste de Chef de l’Etat-major le 28 juillet 1911, mais , d’un autre côté, le catholicisme de Foch ne l’a-t-il pas aussi servi ? En réalité, ces généraux n’échappent pas totalement à la faveur de leur milieu, mais ce n’est guère qu’en sourdine que le favoritisme du pouvoir est pour quelque chose dans la promotion de leurs feuilles de chêne. Manifestement, c’est sous la pression de l’histoire, parce que jetés au plus profond de la tragédie de ces deux guerres mondiales, qu’ils doivent leurs bâtons. Les cas sont donc plus purs.

 

Le passage régulier d’un astre à un angle du ciel octroie une chance sur dix-huit pour une angularité à 10° d’orbe et une chance sur douze avec l’orbe  de 15°. Chez nos douze maréchaux, Jupiter au MC apparaît quatre fois selon l’orbe premier : chez de LATTRE DE TASSIGNY, JUIN, MAUNOURY et JOFFRE, et une cinquième fois chez LYAUTEY avec l’orbe second. Mars au MC apparaît deux fois : chez FRANCHET D’ESPEREY et PETAIN, tandis que Mars à l’AS est présent une fois dans l’orbe premier (de LATTRE DE TASSIGNY) et trois autres fois dans l’orbe second (KOENIG, JUIN et FOCH). Quant à la double angularité Mars-Jupiter, elle est observable chez : KOENIG, DE LATTRE, JUIN et FRANCHET D’ESPEREY ; voire à la limite chez MAUNOURY et PETAIN !

 

A ce lot, joignons les deux grands politiques français des deux grandes guerres : George CLEMENCEAU et Charles DE GAULLE, le premier ayant une conjonction Mars-Jupiter au Descendant et le second en ayant une au Font du ciel.

 

On peut encore élargir la perspective en rappelant, relativement à la Première Guerre mondiale, le Mars au MC de l’empereur d’Allemagne, GUILLAUME II, le Mars au DS de l’empereur d’Autriche-Hongrie, FRANCOIS-JOSEPH II, le Mars au MC de son successeur de 1916, CHARLES Ier, le Mars à l’AS de la tsarine ALEXANDRA DE RUSSIE, le Mars au FC du roi de Belgique, ALBERT Ier, et le Mars à l’AS du Président de la République française, Raymond POINCARE ! Pour achever le tableau, il manque seulement à l’appel un Mars angulaire chez le monarque britannique GEORGE V ( son opposition Jupiter-Uranus du MC au FC était aussi dangereuse), tandis que nous ignorons l’heure natale de son Premier Ministre, Herbert H. Asquith.

 

Bien qu’une conjonction Mars-Jupiter s’approche de l’AS à la naissance de Winston CHURCHILL et une autre du FC à celle de Hermann GOERING ; que le Mars d’Adolf HITLER arrive au DS, outre que celui de Franklin D. ROOSEVELT culmine, c’est davantage d’un alignement de Saturne au MC (chez Hitler, Goering, Himmler, Daladier, et dans les constitutions universelles de l’entrée en guerre) que relève la signature de la Seconde Guerre mondiale.

 

Il est vrai que Mars n’a pas le monopole en la partie, c’est-à-dire le privilège d’une exclusivité dans l’ordre du tragique, pas plus qu’il ne se laisse enrégimenter d’office dans le destin guerrier où composent plus largement les pulsions de mort.

 

Une incursion parmi les souverains les plus célèbres nous apprend que Mars à l’AS accompagne EDOUARD III d’Angleterre qui lance son pays dans la guerre de Cent ans, et CHARLES VII qui boute les Anglais hors de France ; ainsi que le grand capitaine GUSTAVE-ADOLPHE de Suède  et le roi guerrier CHARLES XII de Suède.  Et retenons comme une valeur archétypique le roi soldat HENRI IV de France, avec Jupiter à l’AS et Mars au FC. N’oublions pas le Mars du Lion à l’AS de CHRISTIAN X de Danemark : roi courageux devenu symbole de la résistance (se promenant dans les rues de Copenhague avec une étoile jaune cousue sur son uniforme). Et finissons avec le Mars au MC de OLAV V de Norvège, qui commanda les troupes norvégiennes durant le dernier conflits mondial, puis  convertit ultérieurement son Mars au sport de grande classe : ski, yachting …

 

 

MARS  ET  LE  DESTIN  GUERRIER

 

L’idée va tellement de soi qu’elle s’impose d’emblée : le signifiant de la configuration martienne du soldat reflète son aventure militaire, naturellement dans le contexte général de son thème qui en situe le cadre.

 

La meilleure sinon la seule façon d’en juger est de se référer à des modèles historiques exemplaires en se livrant aux comparaisons les plus contrastées de leurs destins guerriers, entre les extrêmes opposés de victoires éclatantes et de  défaites désastreuses, la grandeur renvoyant à la déchéance, les palmes au déshonneur.

 

Pour commencer, une référence suprême s’impose : personnage hors du commun et pour cette raison même vénéré par les uns et honni par les autres, le grandiose NAPOLEON (Ajaccio, 15 août 1769, vers 11 h 30 mn). L’importance de la place qu’il occupe dans l’histoire est unique, comparable seulement à Jésus-Christ dont il partage une égale notoriété, des dizaines de milliers d’ouvrages lui ayant été consacrés et aucun jour ne se passant  dans le monde sans que paraisse un ouvrage ou un texte le concernant ! Si bien même que son seul cas suffit à trancher du sort de l’astrologie : ou son thème est banal, tout à fait quelconque, et c’en est fini de l’illusion astrologique, ou, en revanche, il livre d’exceptionnelles configurations. Or, la figure présente suffit déjà amplement à nous interpeller, qui classe royalement son Mars, astre  souverainement posé comme la voûte d’un temple temporel, pouvant tout à fait rendre compte du  génie militaire de ce prodigieux chef de guerre d’une vertigineuse épopée.

Pour une interprétation élaborée du bloc pentagonal, triangle isocèle surplombant un  triangle équilatéral, au sommet du fronton triangulé duquel Mars est hissé, je renvoie  le lecteur au texte : « Astralités de Napoléon ». Contentons-nous, ici, d’un résumé.

 

Il y a d’abord le fond du grand trigone Uranus-Neptune-Pluton qui est une pièce unique du millénaire écoulé ! La conjonction de ces trois astres remonte à la seconde moitié du VIe siècle avant J.-C. (575-570 av. J.-C.) , temps de l’avènement des religions orientales dont la foi est encore vivante, ainsi que du rationalisme grec, germe de notre civilisation moderne. Or, au cours du cycle planétaire, le passage de l’état de conjonction à celui de trigone inscrit la distance évolutive d’un départ à une arrivée, d’une naissance à une maturité, comme du grain au fruit. Ici donc, nous vivons un plein déploiement du même élan vital. Sa manifestation essentielle est le départ de la révolution industrielle qui va métamorphoser la vie du monde  : le trigone est en signes de Terre et il s’agit de l’entrée dans la démultiplication du pouvoir de l’homme sur la matière grâce à l’énergie du machinisme ; avec comme accompagnement la levée d’une génération prodigieuse, sortie des rangs de géants accomplissant une transition entre l’Ancien régime et les temps nouveaux.

 

De cette initiale centration triangulée des trois astres les plus lents, nous passons à un polygone à cinq côtés avec l’immixtion de la coupe transversale d’un trigone Vénus-Jupiter, perpendiculaire au trigone Uranus-Pluton. Du fait de cette diagonale enchâssée de ces deux nouveaux astres , les particules fondamentales du noyau triangulaire sont chauffées, dilatées, amplifiées par le souffle aérien de ce duo planétaire, lui-même en essor, sa dynamique étant ainsi propulsée en manifestations spectaculaires. Dans la succession des quatre sextils qui ramifient l’ensemble, on voit ainsi un grand rectangle surmonté d’un triangle isocèle, somptueux édifice où la position centrale est occupée par Neptune, grand collecteur du tout. On peut y percevoir un plasma humain chargé d’un grand rêve commun, évasion collective d’âmes portées par une haute marée passionnelle, emportées dans le tourbillon d’une grandiose aventure historique.

 

Or, devenant une valeur d’étalon suprême, Mars vient coiffer la voûte de ce temple ! Dôme d’un édifice de douze harmoniques majeures qui est le point de convergence de cinq martiennes, la conjonction neptunienne dans l’ensemble en faisant partie, outre encore la sixième d’un sextil de l’astre avec l’AS ! Si bien que cette configuration du Mars de Napoléon est – on en aura la confirmation - unique en son genre et se hisse à un sommet. Ce qui justifie que son génie militaire en ait fait l’émule d’Alexandre, d’Hannibal, de César, et que, en dépit du réalisme des horreurs de la guerre, l’histoire de sa Grande Armée parcourant l’Europe ait été saisie avec le recul des générations comme la plus prodigieuse chanson de geste de l’histoire moderne. Il n’en demeure pas moins que son épopée militaire a fini tragiquement.

On comprendra largement par la figure qui suit le pourquoi de la défaite napoléonienne. N’empêche que la grandeur du chef de guerre s’observe d’un bout à l’autre de son itinéraire militaire. Si l’empereur perd finalement la partie à la « bataille des nations » de Leipzig, c’est qu’il n’a plus les moyens de combattre devant la coalition européenne, mais, de l’avis unanime des experts en la matière, avec les moyens qui restent à sa disposition, la campagne de France de 1814 reste un chef d’œuvre de l’art militaire, avec encore des succès locaux . Aucune défaillance non plus à Waterloo où il est victime d’un retard d’intervention de Grouchy qui créé l’événement de la défaite, mais il fallait bien qu’il y eut tôt ou tard un raté quelque part pour en finir avec l’homme d’Etat rejeté au ban de l’Europe par le concert des dynasties régnantes. Le prestige du chef de la Grande Armée reste donc intact, aussi bien pour le populaire qui retient surtout le panache de ses exploits que pour les experts militaires qui le tiennent toujours pour le plus grand capitaine de l’histoire. Outre que ses vainqueurs, victimes de l’esprit nouveau véhiculé par ses armées sur le continent, sont appelés à une prochaine disparition.

 

Or, c’est l’homme d’Etat qu’il faut interroger pour comprendre l’effondrement de son empire. Et sous cet angle, nous retrouvons une souveraine configuration qui relève - elle aussi de l’ultime - avec un Soleil du Lion culminant, croisé avec le face à face d’un lever de Jupiter et d’un coucher d’Uranus ; tricéphale nature campant une personnalité surdimensionnée, comme habitée par un empire céleste, s’apparentant au gigantisme. Mais en champ de dissonances, cette fois, de la volonté de puissance d’un homme dévoré par le démon de l’ambition, son expansionnisme aboutissant à l’éclatement de son œuvre, ce héros d’épopée finissant victime de son gigantisme .

 

Mais, revenons à notre propos martien. Ce qu’il importe, c’est de confronter ce Mars napoléonien aux Mars de tous les autres grands chefs militaires qui ont fait parler d’eux, ceux qui ont été mêlés à ses campagnes, aussi bien ses propres maréchaux et généraux, que ceux du camp d’en face, ses adversaires ; puis les autres. Rappelons que, pour la documentation, Didier Geslain a fait un gros effort de rassemblement des personnages français en s’adressant aux sources directes de la pièce de naissance, excepté quelques cas sans réponse où a été retenue la donnée d’une bibliographie française : Dr. Hoefer, Michaud … Occasionnellement, j’ai fais appel à plusieurs autres confrères : Luc de Marré, Michaël Mandl (Répertoire de Données de naissance), Grazia Bordoni (Date di nascita interessenti), Loïs M. Rodden (The American Book of charts). Oliver Spranger … Sans oublier le Dr Walter Koch pour les données de naissance d’état civil de l’ensemble des personnages allemands du IIIe Reich. Pour ce qui est des personnalités étrangères, il a fallu se contenter aussi des ouvrages généraux : Der Grosse Brockhaus, Neue Deutsche Biographie, The New Encyclopaedia Britannica, Collier’s Encyclopedia ... Google ayant été l’ultime recours.

 

LES GUERRES DE LA REVOLUTION FRANCAISE ET DE L’EMPIRE

 

Abordons d’abord le monde des chefs militaires qui combattirent au cours de la Révolution française et du Premier Empire. Mars est considéré avec le Soleil.

 

La tournée des ennemis

 

Le général autrichien Dagobert Sigmund  von WURMSER, né à Strasbourg le 7 mai 1724. Une carrière de succès qui s’achève par les défaites de Castiglione, de Bassano et par la capitulation de Mantoue en février 1797. Mars est au double sextil d’un trigone Mercure-Pluton, mais avec un Soleil dissonant.

 

Le général autrichien Michael MELAS, né à Radeln b. Schässburg le 12 mai 1729. Il est le vaincu de Montebello et surtout de Marengo en juin 1800. Son Mars à 15° du Taureau, conjoint au Soleil à 21° du signe, est à l’opposition de la Lune autour du milieu du Scorpion, et à la limite d’Uranus  à 26° du signe.

 

Le général autrichien Karl von MACK, né à Neunslingen, Bavière, le 24 août 1752. Il est l’infortuné vaincu d’une campagne de quatorze jours où il s’est laissé prendre au piège par Napoléon, encerclé et condamné à la reddition de son armée à Ulm le 20 octobre 1805. Son Mars à 11° de la Vierge (sur celui de l’empereur) est accolé à un triangle dissonant Soleil-Uranus-Pluton 1° Vierge-2° Poissons-3° Sagittaire.

 

Le feld-maréchal prussien Friedrich Ludwig  von HOHENLOHE est né à Ingelfingen, Würtemberg, le 31 janvier 1746. Commandant une armée de chefs arrogants qui tiennent »Bonaparte indigne d’être caporal de l’armée prussienne » ! Laquelle est écrasée à plate couture à Iéna le 14 octobre 1806, Berlin investi se rendant le 28 de ce mois. Après une débâcle effroyable au bout d’un mois de campagne, il ne restait plus rien de l’armée prussienne. Mars à 8/9° des Poissons (en face du Mars de l’empereur) est au carré de Jupiter à 11° du Sagittaire, forte dissonance que ne rattrape pas son trigone à Neptune à 16° du Cancer, probablement expressif de la foi naïve qui baignait l’atmosphère de ses hommes avant le combat.

 

Le duc Charles Guillaume Frédéric de BRUNSWICH est né à Wolfenbüttel le 9 octobre 1735.  L’auteur du fameux « Manifeste » du 25 juillet 1792 menaçant les Français, inspiré des émigrés de Coblence, est d’abord vaincu à Valmy (20 septembre 1792) comme chef des armées austro-prussiennes. Puis, commandant d’une armée prussienne, il subit une double défaite à Iéna et à Auerstädt, le 14 octobre 1806, où, blessé gravement, il perd la vie. Son Mars à 2° de la Balance compose un triangle dissonant par carré à Jupiter à 5° du Capricorne et semi-carré à Vénus à 19° du Scorpion, une conjonction Soleil-Pluton aggravant cette dissonance.

 

L’archiduc CHARLES, frère de l’empereur d’Autriche François, est né à Florence le 5 septembre 1771 à « quatre heures moins le quart du soir », selon trois sources concordantes, dont la Gazeta de Madrid du 1/10/1771 et le Mercurio Historico-Politico d’octobre 1771 (information de Oliver Spranger). Napoléon le considère comme le seul homme de guerre de l’Autriche et, de tous les chefs militaires auxquels il s’affronte, il est, de son propre avis, celui qu’il a le plus de mal à vaincre et qui lui inflige d’ailleurs sa première défaillance à Essling, village pris et repris neuf fois au cours des onze heures de bataille du 22 mai 1809. Et à Wagram, le 6 juillet suivant, si ce rival connaît la défaite en douze heures, c’est de justesse et son armée désorganisée se retire en bon ordre vers la Bohème. Ultérieurement, il ne sera pas battu. Le Mars de cet homme, conjoint à Mercure, ne reçoit pas de dissonance, et ce Mercure est maître d’un Soleil exceptionnellement propice, puisque sur le grand trigone Uranus-Neptune-Pluton avec quatre trigones et un sextil. Un Soleil qui défie le Mars de l’empereur.

 

Le feld-maréchal autrichien duc Karl Philippe SCHWARZENBERG est né à Vienne le 15 avril 1771. Son itinéraire est à double face, d’abord de vaincu et ensuite de vainqueur. Il subit les défaites de Hohenlinden (1800), d’Ulm et de Dresde (1813). Puis la victoire lui sourit comme général en chef à Leipzig et c’est sous son commandement que les armées alliées envahissent la France en 1814. Ayant eu le dernier mot, il est vrai non seul, il n’est pas étonnant que son Mars fasse trois harmoniques majeures : trigone à Vénus avec sextils à Uranus et Neptune.

 

Le feld-maréchal russe Mikhaïl KOUTOUZOV est né à Saint-Pétersbourg le 16 septembre 1745, les encyclopédies ne précisant pas le calendrier. En ancien style, rien ne convient mieux qu’une conjonction Soleil-Saturne (3-4° Balance) – mais elle existe aussi, autrement, à 10° d’orbe - au sextil de Mars 2° Sagittaire et au trigone d’Uranus (1° Verseau) pour symboliser en sa personne le « général hiver » de la campagne de Russie, qui replie en bon ordre son armée, abandonnant le terrain à l’ennemi et usant celui-ci dans l’épreuve de la retraite de la Grande Armée, jusqu’à lui donner l’estocade,  mais il mourra de maladie avant d’assister à la défaite française.

 

Le général russe Levin BENNIGSEN est né à Brunswich, Basse Saxe, le 10 février 1745. Il est le grand opposant de la terrible bataille d’Eylau du 8 février 1807 où la Grande Armée vacille, sans victoire, au point que cet adversaire se l’accapare. Les pendules sont remises à l’heure le 14 juin suivant à Friedland où ce chef militaire rencontre son maître. Effacée un moment par le rôle de Koutouzov, sa carrière reprend après la bataille de la Moskova pour se clore à la victoire alliée de Leipzig. Son Mars se tient : certes, en conjonction de Saturne, mais au trigone de Mercure et de la Lune.

 

Le feld-maréchal Mikhaïl BARCLAY DE TOLLY est né à Luhde-Grosshoff, Livonie, le 27 décembre 1761, également sans précision de calendrier. Dans un cas comme dans l’autre, ce capricornien symbolise lui aussi le « général  hiver ». C’est lui qui, en tant que Ministre de la Guerre, fait adopter à Alexandre 1er le plan défensif de repli des armées, consistant à laisser venir l’ennemi au cœur de la vaste Russie en faisant le désert autour de lui. Ce qui va aussi à son Mars de la Balance. Koutouzov disparu, il contribue à la victoire de Leipzig, fait capituler Paris le 30 mars 1814 et commande les troupes d’occupation russes en France

 

Le général prussien Gebhard Leberecht von BLUCHER est né à Rostock, Mecklembourg, le 16 décembre 1742. Terrible soldat à la trempe animale, rude, brûlant et glacé,  généralement battu, mais qui, à soixante-et-onze ans (son Soleil pourrait être en IV) joue son grand rôle de vainqueur à la « bataille des nations » de Leipzig qui le fait feld-maréchal. A la campagne de 1814 où il est le plus audacieux des chefs alliés avec une ardeur à marcher au canon, ce vieil homme qui voit à peine et qu’il faut hisser sur son cheval se cramponne comme « un vieillard assoiffé de revanche ». L’affaire d’une conjonction Mars-Saturne accolée à Jupiter.

 

La fortune avait plus fait pour lui qu’il n’avait fait pour elle, estimait Napoléon à propos de Arthur Wellesley duc de WELLINGTON, né à Dublin au minuit du 1er au 2 mai 1759, selon les confrères britanniques de l’époque (Raphaël’s Manual, 1848). La fortune en question, c’était d’avoir eu une configuration natale d’une espèce supérieure à celles des autres. Mais, comparativement à la sienne, moins grandiose : le triangle angulaire d’une conjonction Soleil-Uranus au FC avec Jupiter au MC et Mars au DS, son Mars plafonnant parmi les militaires ennemis avec quatre harmoniques majeures (MC, Soleil, Uranus et Neptune) ! Après ses succès à la campagne du Portugal, en tant que commandant en chef des armées alliées à Waterloo, c’est lui qui recueille les lauriers de la victoire, sa réputation mondiale devenant celle du « vainqueur de Napoléon ».

 

Les compagnons de lutte de l’empereur

 

Tournons-nous, maintenant, du côté des compagnons d’armes de l’empereur, la haute société militaire de ses maréchaux et généraux. Leurs éclatants faits d’armes sous les étendards de l’aigle impérial devraient nous valoir une brassée de beaux Mars. Gageons que nous eussions trouvé l’astre angulaire chez beaucoup d’entre eux. Hélas, à l’exception de Mortier au Jupiter au méridien, leurs heures de naissance nous font défaut. Mais, pour revenir à la comparaison initiale que nous faisons, de Mars à Mars avec leurs aspects respectifs, pas plus que chez aucun de ses adversaires , nous ne trouvons parmi eux l’exceptionnel éclat martien de l’empereur . Aucun de ceux-ci n’a une configuration martienne qui fasse le poids comparativement à celle de leur chef, et s’ils sont si brillants, c’est parce qu’ils sont sous ses ordres, soulevés à hauteur de ses ailes d’aigle. La Grande Armée, instrument de sa puissance prodigieuse, est le produit de son génie. Il mène à la grandeur militaire de magnifiques soldats dont la bravoure au feu est exemplaire. Ceux-ci se montrent à la hauteur de leur tâche dans l’élan conquérant de l’Empire. Viendra ensuite le temps où – Napoléon s’étant montré à leur égard d’une folle prodigalité – gorgés de gloire et de fortune, gavés de biens (notamment les plus somptueux hôtels de Paris et les plus beaux domaines et châteaux de France) et comblés de titres de nouvelle noblesse, l’ardeur à se battre baissera jusqu’à la fatigue, au dévouement faisant place la défection, rançon fatale de cette coupe de jouissance. Pour finir se présenteront les scènes tragiques de l’abandon de 1814.

 

Parmi ceux qui ne méritaient nullement le bâton orné d’abeilles se présente MARMONT dont le Mars, fainéant et comme faisandé, subit un triangle dissonant par sa conjonction à Vénus, en opposition à la Lune et au double carré d’ une conjonction Saturne-Neptune. S’il jouissait de cette dignité, qu’il ne reçut d’ailleurs que tardivement, c’est surtout que, marié sous le régime de la communauté de biens avec la fille du banquier Perregaux, allié au banquier Laffitte, il disposait d’un énorme capital – il devrait avoir un axe II-VIII dominant, sans doute, à partir d’un Jupiter du Taureau en VII, l’axe Lune-Vénus-Mars – s’offrant ainsi le luxe de prêter des capitaux à l’Empire et aux Etats satellites, tenant donc la dragée haute à l’empereur. Celui-ci l’avait ainsi bombardé de titres tout en le considérant comme « le plus médiocre » de ses généraux et en fermant les yeux sur ses tripotages mercantiles. C’est d’ailleurs surtout pour de basses raisons d’intérêt financier que Marmont est soupçonné d’avoir trahi son ancien compagnon et ami de jeunesse (conjonction Saturne-Neptune dissonée probablement en XI) : c’est en l’hôtel de Raguse où le banquier Laffitte avait alors reçu les agioteurs et « supporters » des Bourbons (en compagnie de Talleyrand), que fut signée la reddition d’avril 1814, objet d’une vaste spéculation financière (une rente passée en quelques jours de 45 à 66 francs). Aussi bon prince que tyran, Napoléon lui pardonna même ses défaites, bien qu’il lui eut dit à Wagram qu’il avait manœuvré « comme une huître », en quelque sorte en cancérien qu’il était, et il avait jugé « indigne » sa conduite aux Arapiles. Mais l’homme avait une opposition tranchée du Soleil à Pluton, probablement maître d’AS, et, avec Napoléon, il bascula des extrêmes du blanc au noir. Culbute qui le souilla à tout jamais, le personnage étant désormais perçu partout comme un misérable traître, et il allait être, à son insu, tout aussi décevant pour les Bourbons lorsque Charles X le chargea – choix fatal - de mater les émeutiers parisiens des trois glorieuses de 1830, surexcités par cet individu.

 

Un autre Mars, non plus dissonant, certes, mais médiocre avec seulement un sextil et un semi-carré, est celui de BERNADOTTE. Mais est-il tellement un soldat, bien qu’engagé à dix-sept ans et devenu général de division à trente-trois ans ? Cet homme qui avait les visées de l’ambition à hauteur de son intelligence et de ses capacités civiles – il se montrera un grand roi – était déjà, avant Brumaire et l’arrivée de Bonaparte, un ministre de la Guerre, plus politique que militaire. Il se pourrait bien, cependant, que son Mars des Poissons se lève à sa naissance, suivi de Uranus puis de Saturne du Bélier en I (son Uranus étant au sextil d’une conjonction Soleil-Mercure en Verseau ; positions accompagnées d’un Pluton culminant en trigone équilatéral d’une trigone Jupiter-Neptune). En lui paraît primer une pulsion de conquête d’oiseau de proie (il en a le profil et l’expression morphologiques), mais à la manière feutrée de Mars en Poissons. L’écho de son nom transparaît à l’occasion de quelque complot anti-bonapartiste, et sur le champ de bataille, il se bat ou il ne se bat pas pour le Corse qu’il déteste, que cela compromette ou non l’opération en cours. Il sait se battre, comme à Fleurus, à Austerlitz et en d’autres circonstances. Mais à Auerstädt, il n’arrive sur la scène des combats qu’une fois tout terminé, comme à Wagram où sa défaillance faillit tout compromettre. Peu après, il se brouille avec Napoléon et son destin chavire dans une noire grandeur en s’illustrant comme prince de Suède à Leipzig par le concours décisif qu’il apporte aux alliés dans le désastre de l’armée française et la défaite de notre pays, outre cette invite perverse qu’on lui prête sur le champ : Encore quelques coups de mitraille contre ces Français que j’aime tant ! (général Thiébault). Illustration, ici, d’un Janus d’une terrible ambivalence : ce très probable Pluton au MC, richement triangulé, est à l’opposition d’une Lune au FC : l’homme héritier d’une dynastie en extinction, tournant le dos à ses origines, sa patrie, sa famille (Joseph Bonaparte, son beau-frère) en combattant ses anciens compagnons de lutte, lui-même devenant la souche d’une nouvelle dynastie.

 

Par contraste, distinguons les Mars les plus prometteurs.

 

Nous avons celui de DAVOUT, excellent tacticien que Napoléon tient pour un grand homme de guerre, le meilleur de ses lieutenants. C’est lui-même qui fait la victoire à Auerstädt, contre un adversaire prussien trois fois plus nombreux et il est aussi en première position à celle d’Eckmühl. Il se bat de la campagne d’Egypte à celle de Russie et est ministre de la guerre aux Cent-Jours. Son Mars, probablement au lever, est l’aile d’une figure de cerf-volant qui le ramifie positivement au Soleil, à la Lune, à Mercure et à Saturne – quatre harmoniques ! - outre que le Soleil est posé sur le grand trigone Uranus-Neptune-Pluton. Un tout représentatif. La seule note négative est une opposition lunaire à sa conjonction solaire, et l’on peut entendre ici  la voix d’une épouse qui, au moment final, pousse le soldat à la désertion en refusant la lutte contre l’envahisseur.

 

Jumeau astral de Robespierre qui est né le même jour que lui à 2 heures avec un trigone de Mars-Jupiter/Pluton du DS au MC, MASSENA , d’heure natale inconnue, a tout lieu d’avoir ce même double trigone du FC au DS : soit un Mars inséré dans un puissant trigone par conjonction à Neptune et trigone à Jupiter-Pluton (trois harmoniques). Ce fils de vigneron sans instruction, qui deviendra maréchal et pair de France, est un intense à l’œil vif, au geste impératif, à la parole brève, au mot saillant, à la répartie rapide, à l’audace provocatrice comme à la dignité imposante : un Mars du Lion au carré du Soleil avec une Lune en Bélier. Engagé dans l’armée à dix-sept ans et général de division à trente-cinq ans, il s’impose comme un grand guerrier, excellent manœuvrier au feu et sachant commander une armée. Le bruit du canon, disait-on, éclaircissait ses idées. De 1796 à 1799, il se couvre de gloire à la campagne d’Italie, sauvant la France d’une invasion et faisant presque mordre la poussière à l’invulnérable Souvorov. Devenu l’un des plus utiles lieutenants de Napoléon, il se place aux grands commandements presque tout au long de l’empire. Homme d’un rare courage et d’une ténacité si remarquable, dont le talent croissait par l’excès de péril ; qui, vaincu, était toujours prêt à recommencer comme s’il eut été vainqueur  (Napoléon).

 

C’est aussi une très belle position martienne que celle de NEY : l’astre s’intègre au grand trigone Uranus-Neptune-Pluton, avec même l’assistance de Mercure. Ce roux (surnommé le « lion rouge ») fils de tonnelier, engagé à dix-huit ans, général de division à trente ans, est le brave des braves de Napoléon, intrépide et infatigable au combat en même temps que vigoureux meneur d’hommes, bien qu’il soit un capricornien renfermé. Dans la tonalité de son opposition saturnienne, sa grandeur fut au-dessus d’elle-même dans la défaite de la Grande Armée infligée par le « général hiver », à la campagne de Russie où il dirige la retraite à l’arrière-garde, le fusil à la main, ainsi qu’à Waterloo. Contraste frappant de cette opposition de Saturne à sa conjonction Soleil-Pluton du Capricorne, celui qui avait gagné tant de batailles pour la France se verra condamné à mort sous l’accusation de haute trahison par la Chambre des pairs de la Restauration ! Aux Cent-Jours, n’avait-il pas juré à Louis XVIII de ramener dans une cage de fer l’usurpateur revenu de l’île d’Elbe et n’était-il pas retombé sous l’emprise magique de l’empereur ? Et pourtant, il avait déjà oscillé : à Fontainebleau le 4 avril 1814, c’est lui qui demande à l’empereur d’abdiquer. De telles volte-faces font penser que cette opposition est angulaire, avec probablement le Soleil en X et Saturne en IV, Mars étant à son lever.

 

Et parmi ses plus grands, Napoléon a aussi MURAT, à la signature Bélier typique – il en a la tête aux cheveux crépus – signe occupé par le Soleil et une conjonction Mercure-Vénus-Uranus, tout cela derrière un Mars du Taureau fonceur au sextil du Soleil, au trigone de la Lune et au carré de Neptune, ce Mars ayant toute chance de culminer en compagnie d’un lever de Jupiter. Un soldat-né, au courage indomptable, cavalier fougueux fait pour les charges de cavalerie qu’il même tambour battant et sabre au clair, à la tête de ses escadrons lancés en ouragan sur les masses ennemies, en véritables  chevauchées fantastiques ! Napoléon a dit qu’une bataille engagée avec à sa tête Murat et Lannes (cet autre Bélier) était gagnée d’avance.

 

Mais bien d’autres maréchaux de l’Empire n’ont pas de Mars impressionnants : il est vrai que leurs heures de naissance nous font défaut.

 

 

LES AUTRES PRESTIGIEUX MILITAIRES DE L’HISTOIRE

 

Sortons du microcosme de l’Empire pour inspecter plus largement les grands noms de ceux qui se sont illustrés dans l’art militaire. Puisons parmi les 100 derniers maréchaux de France dont Didier et moi avons, pièce après pièce, recueilli les documents originaux de naissance aux Archives du château de Vincennes. Et joignons-y d’abord deux personnages qui ont joué un rôle important.

 

Michel LE TELLIER : Paris le 12 avril 1603, 21 h 36 m ( !) (le 13 à 9 h 36 de nos horaires) selon les confrères de l’époque : thème n° 36 de la  Pratique abrégée des jugements astronomiques sur les nativirés du comte Henry de Boulainviller (1717). Chancelier de France, il occupe le Ministère de la Guerre de 1645 à 1678 sous le règne de Louis XIV. Aidé par son fils, Louvois, qui continuera cette fonction jusqu’en 1691, il fonde véritablement l’armée de Louis-le-Grand, lui octroie la première puissance militaire de son temps, jusqu’à tenir tête aux coalitions européennes. Ce fondateur pouvait-il avoir une plus représentative configuration que sa conjonction Soleil-Mercure-Mars (avec Pluton) en Bélier et en X ?

 

François Michel Le Tellier, marquis de LOUVOIS : Paris le 18 janvier 1639, 11 h 30, selon toujours les confrères du temps : information émanant d’une recherche de Edouard Sanchez, probablement chez Bouillaud, consulté par lui. La mort de Turenne en 1675 et la nomination de son père chancelier en 1677, font de lui le maître absolu des choses de la guerre. Il est le véritable créateur de l’armée royale permanente et il institue l’ordre du tableau. Son Mars s’intègre à un trapèze harmonique porté par le Soleil du Capricorne en X avec Jupiter et Pluton.

 

Le plus ancien maréchal dont on ait les données natales entières est Henri duc de MONTMORENCY  qui a sans doute intéressé les confrères de l’époque pour avoir été décapité le 30 octobre 1632, sanction d’un complot contre Richelieu. A la page 401 du liber decimus  de son Astrologia Gallica, Morin de Villefranche présente son thème dressé pour Chantilly le 30 avril 1595 à 22 h 10 m, avec un MC à 10°  de la Balance et un AS à 13° du Sagittaire. Hélas, dans sa Pratique abrégée des Jugements astronomiques sur les nativités , Boulainviller reproduit une version de 8 h 15 m avec MC 9° Vierge et AS 21° Scorpion, ce qui laisse le cas en suspens.

 

Parmi les plus anciens maréchaux de France illustres, Maximilien de Béthune duc de SULLY reçoit ce titre à soixante-quatorze ans, en raison de travaux d’ingénieur militaire et comme grand maître de l’artillerie. Ce qui n’empêchait pas le conseiller-ministre de Henri IV d’être un pacifique protecteur de l’agriculture : Labourage et pâturage sont les deux mamelles de la France. Il est né à Rosny près de Nantes, le 13 décembre 1559. Belle association : sa conjonction Mars-Jupiter (avec Pluton) en Poissons est au sextil de sa Vénus du Capricorne, à 9° du Soleil entré dans le signe. 

 

Avec Henri de La Tour d’Auvergne, vicomte de TURENNE, né à Sedan le 11 septembre 1611, c’est par la vertu de conjonction que Mars se distingue, l’astre étant uni au Soleil et à Mercure sous le sextil de la Lune en Scorpion. En bon virginien, cet habile tacticien, l’un des meilleurs de son siècle et tenu comme le plus grand homme de guerre français avant Napoléon, réduit la conduite de la guerre à quelques principes : éviter les sièges, gagner une suite de petits combats plutôt que de risquer une grande bataille, épargner le sang des troupes. Avec lui, a dit Napoléon, l’audace avait crû avec l’expérience et il en montrait plus en vieillissant qu’à son début. Ceci à l’inverse – contraste de la Terre et du Feu – de Louis II de Bourbon dit le grand CONDE (Paris le 8 septembre 1621, 10 heures du matin, selon un thème d’époque dont j’ai égaré la source (Bouillaud ?), sa naissance ayant été annoncée avec la même heure dans le Mercure Français), militaire tout en éclairs de génie, à la fougue irrésistible, qui, lui, a jeté tout son talent à l’entrée de sa carrière pour ensuite le gaspiller : avec AS en Scorpion, Mars du Sagittaire opposé à la Lune, carré au Soleil et trigone à Uranus au MC

 

De l’ensemble des chefs militaires français et étrangers examinés, le Mars le plus dignifié (hors domification) par ses aspects, pouvant prendre place derrière l’astre de Napoléon, est, en compagnie de Wellington et de Davout, celui de François Henri de Montmorency-Bouteville duc de LUXEMBOURG, né à Paris le 7 janvier 1628. Le Mars de ce maréchal reçoit quatre trigones de Soleil-Lune-Mercure-Vénus ! Fleurus, Steinkerque, Nerwinden … une carrière remplie de victoires qui en font l’un des plus grands. Il rapporte à Paris tant de drapeaux ennemis que le prince de Conti le surnomme le tapissier de Notre-Dame, devenant lui-même drapé dans les plis de la gloire !

 

L’amiral comte de TOURVILLE, né au château de Tourville, Normandie, baptisé le 24 novembre 1642, n’a  pas un Mars significatif, mais ce maréchal géant de la flotte française, triplement sagittairien, bénéficie d’une conjonction Soleil-Neptune, 1° Sagittaire-29° Scorpion, au quinconce de Mars 2° Taureau, avec un Jupiter en Poissons.

CATINAT, VILLARS, SAXE, le duc de RICHELIEU et SOUBISE sont dans une moyenne martienne.

 

Une mention à part, parmi les maréchaux, revient au marquis de VAUBAN, né à Saint-Léger, Yonne, le 1er mai 1633. Mars en Bélier est proche de son Soleil du Taureau, signe où Mercure est entouré de Pluton et Jupiter au trigone d’Uranus. Les guerres de Louis XIV sont avant tout des guerres de siège. Dans la ligne du signe fixe du Taureau qui a valeur de puissance statique de masse, de résistance, cet ingénieur du génie est preneur de citadelles et surtout le grand constructeur de fortifications, couvrant le pays de monumentales forteresses. Il est significatif qu’on nommera «Vauban des temps modernes » le maréchal Guillaume Dode de la Bonnerie, né en 1775 à un jour de son anniversaire, le 30 avril, outre que, dans un tout autre genre, Pétain du 24 avril sera le soldat défenseur du bastion de Verdun à la Première Guerre mondiale.

 

En passant maintenant aux grands capitaines de l’étranger, nous en venons à « l’as » Alexandre SOUVOROV né à Moscou le 13/24 novembre 1729. Avouons notre déception de ne pas rencontrer un Mars exceptionnel – en Vierge, il est à la fois au trigone de la Lune et au carré de Mercure – chez ce feld-maréchal de Catherine II qui lui  doit la conquête de la Russie méridionale, et qui collectionne les victoires militaires, à l’exception de la campagne d’Italie (1798-1799) où le septuagénaire, tenu en échec par Massena, sauve de justesse son armée dans une retraite militaire épuisante dont il sort effondré. Mais son génie – porté par la réception mutuelle d’un trigone du Soleil-Sagittaire à Jupiter-Lion – puise au pouvoir étonnant d’éclairs d’improvisation  d’une conjonction solaire à Uranus du Scorpion que rejoint le trigone Lune-Mars.

 

Bien plus significatif est le Mars du prince EUGENE né à Paris le 18 octobre 1663 à 10 h ½, version de Sandor Belcsak, Meridian 6/1986, malheureusement sans précision de source. Son Mars en Lion fait un quadruple trigone à l’AS, Vénus, Jupiter et Saturne, outre un sextil au MC ! Il avait souhaité servir le roi-soleil, mais Louis XIV fit l’erreur de le détourner de sa personne. C’est ainsi qu’il devînt le feld-maréchal de l’empereur d’Autriche. Par ses successives victoires, en particulier contre les Turcs, il allait être le véritable conquérant-fondateur du grand empire austro-hongrois. Sa défaite devant Villars à Denain fait exception à ses nombreux succès.

 

Se rapproche du cas de Turenne le duc de MALBOROUGH, né à Ashe, Devonshire, le 26 mai 1650, vers 1 heure du matin selon un biographe auquel se réfère Alan Léo. Le vainqueur des maréchaux français Tallard, Villeroi et Vendôme, a Mars, qui serait maître d’AS, en conjonction du Soleil et de Mercure, la Lune arrivant également à sa conjonction. Un Mars très entouré !

 

Tous les cas ne sont pas aussi tranchés, certains nous laissant dans l’incertitude d’un bilan contradictoire. Il en est ainsi avec GUSTAVE-ADOLPHE de Suède, né à Stockholm le 9/19 décembre 1594 à 7 h 13 m selon Morin (figure jointe de son même ouvrage) qui déchiffra son thème à Richelieu auquel il annonça, selon lui, sa mort tragique au temps où elle arriva. On ignore comment il avait obtenu son heure de naissance, mais à l’époque, cela se propageait. La figure du grand soldat est aussitôt campée par un lever de Mars en Scorpion que renforce un trigone lunaire, mais l’astre est aussi et surtout au double carré d’une opposition Jupiter-Saturne de II à VIII. Or, ce grand capitaine aux illustres campagnes victorieuses contre Tilly et Wallenstein, parvenu même à soumettre l’Europe de la Vistule et du Danube au Rhin,  meurt à la bataille de Lützen, que pourtant il avait gagnée, à l’approche de ses trente-huit ans.

 

Roi soldat, comme Henri IV né avec Mars au FC  et comme Gustave-Adolphe né au lever de Mars, CHARLES XII de Suède, né à Stockholm le 17/27 juin 1682 à 3 h ( thème n° 67 du traité de Boulainviller) a, quant à lui, le sien au lever, au carré de la Lune des Poissons  et au trigone de Neptune du Verseau en X : ce cancérien était hanté par le mythe d’Alexandre le Grand. Sans doute est-ce à la présence de Saturne du Lion près du FC que ce héros chimérique et halluciné s’ est enfoncé au cœur de l’hiver russe où il finit par se perdre jusqu’à se condamner à une demi-captivité.

 

Aussi complexe est le cas de FREDERIC II de Prusse, né à Berlin le 24 janvier 1712 à 11 h 15 m, donnée d’époque rappelée par le confrère allemand Edmund Troinski dans Mensch im All d’octobre 1937. Non loin d’un Jupiter qui culmine, son Mars est, par conjonction, entouré du Soleil et de Mercure en X, mais sous l’opposition d’une conjonction Lune-Saturne (il subira l’affrontement d’une coalition féminine de Marie-Thérèse d’Autriche, Elizabeth de Russie, Mme de Pompadour). Alors que son armée est la meilleure du monde, la Guerre de Sept ans ne conduit pas moins le pays au bord du désastre, le vieux Fritz finissant amer et désabusé.

 

Mais il est un sujet carrément embarrassant : le feld-maréchal Helmuth von MOLTKE né à Parchim, Mecklembourg, le 26 octobre 1800, le créateur de la stratégie prussienne qui remporta les victoires contre l’Autriche (1866) et la France (1870) et fit alors de l’armée allemande la première du monde. Certes, la tendance martienne prime dans la toile de fond de son thème avec les présences de Soleil, Mercure, Vénus et Neptune en Scorpion, mais Mars s’y trouve dans un champ de dissonances, ce qui ne saurait s’expliquer : il y a là, manifestement, un cas d’exception qui requiert une recherche particulière. La date de naissance serait-elle fausse ? …

 

 

LES  GRANDS  VAINCUS

 

La comparaison étant ici l’essentiel, après ce tour d’horizon des grands vainqueurs, passons maintenant au panorama des grands vaincus. De ceux-ci, nous devrions faire un relevé de configurations martiennes ou solaires inverses, c’est-à-dire négatives

 

Voyons d’abord le cas d’une défaite qui a revêtu une immense importance, parce qu’elle a changé le cours de l’histoire : celle qu’a subit le général anglais Charles Mann, marquis de CORNWALLIS, né à Londres le 31 décembre 1738. La capitulation de son armée, à Yorktown en Virginie le 19 octobre 1781 – la partie militaire étant définitivement perdue pour son pays – devant les troupes de Washington et de Rochambeau, aboutit à l’indépendance des Etats-Unis d’Amérique. Si le Mars du vaincu ne fait, pour tout aspect, qu’un semi-carré à Jupiter, par contre, son Soleil (9° Capricorne) est au cœur d’une dissonance majeure, s’alignant sur la grande opposition d’Uranus (6° Capricorne) à une conjonction Saturne-Neptune (1°-5° Cancer), cette génération vivant alors une grande séparation continentale. En face, sans dissonance solaire, le seul aspect que fait le Mars du Scorpion de George WASHINGTON (Virginie, 22 février 1732, il serait au DS) est un trigone à Vénus des Poissons ; et celui en Taureau de ROCHAMBEAU (voir les maréchaux de France) fait un triangle harmonique avec un sextil de Saturne-Taureau à Lune-Jupiter-Poissons, son Soleil, fort bien aspecté, du 1er juillet 1725, allant rejoindre l’anniversaire du futur Etat américain.

 

Voyons maintenant l’échec militaire au chapitre napoléonien de l’histoire en retenant les deux défaites les plus retentissantes qui ont décidé de l’échec final de l’empereur : Aboukir et Trafalgar.

 

L’un des plus grands désastres inscrit dans nos annales maritimes nationales eut lieu le 1er août 1798 dans la rade d’Aboukir, Basse-Egypte, où l’amiral anglais Nelson détruisit une grande partie de la flotte française de l’expédition d’Orient, ruinant les projets de Bonaparte. Y a-t-il lieu de s’étonner d’une telle défaite quand on aperçoit Mars en conjonction étroite de Saturne, en opposition serrée de Jupiter, au carré de Vénus et au semi-carré du Soleil – huit dissonances dont quatre martiennes ! – chez celui qui commandait cette flotte, l’amiral François Paul de BRUEYS ? Outre qu’il fut frappé d’un boulet de canon et expira deux heures avant l’explosion de son vaisseau, l’Orient ! Il n’est pas facile de rencontrer une position martienne plus dissonante … Son acte baptismal le fait naître à Uzès dans la matinée du 11 février 1753. Il ne serait pas impossible, qu’ au surplus, né autour de 8 heures, sa conjonction Mars-Saturne fût en secteur X, la version la plus probable pouvant être un MC au milieu du Sagittaire, recevant justement ce 1er août 1798 le double carré d’une opposition Mars-Uranus de mi-Poissons à mi-Vierge, expressive de ce duel maritime et affectant le Mars de Napoléon à 12° de la Vierge.

 

C’est ensuite l’illustrissime défaite de Trafalgar du 21 octobre 1805, tournant maritime retentissant qui assure à l’Angleterre une absolue maîtrise de la mer et détruit tout danger de sa possible invasion par la Grande Armée. Auteur d’une mauvaise manœuvre en infraction avec les ordres de l’empereur, le grand vaincu qui ruine ainsi la flotte française est l’amiral Pierre Charles de VILLENEUVE né à Valensoles, B. P., le 31 décembre 1763. A moins d’un degré d’orbe, son Mars est en pleine opposition de Saturne et au sesquicarré d’Uranus ; à quoi s’ajoute un carré de Vénus en une composition d’ensemble de six dissonances, l’opposition saturnienne à Mars étant chargée par sa maîtrise capricornienne d’une noire conjonction Soleil-Pluton. Capturé par les Anglais avec dix-sept navires ( !), il est relâché en 1806, ne devant pas être considéré par ceux-ci comme un adversaire bien redoutable. Craignant les foudres d’un Napoléon furieux contre lui, il se suicide le 22 mai 1806. Etant baptisé le jour de sa naissance, on peut supposer celle-ci de la matinée, ce qui situe sa Lune à la fin du Scorpion, là précisément où Mars rejoint Neptune sous le ciel de Trafalgar. Sous la noirceur du trio Soleil-Mercure-Pluton du Capricorne et de Saturne opposé à Mars, on imagine Villeneuve grand anxieux, paralysé par la peur dans la situation où il se présente, Napoléon le poussant à l’audace alors qu’il ne peut vaincre ses inhibitions. Ainsi finit-il accablé par le remords de son échec : Je suis arrivé au terme où la vie est une opprobre et la mort un devoir … Leur vainqueur était le terrible Horatio NELSON  (Burnham Thorpe, Norfolk,  29 septembre 1758) que, sans citation de source, Pearce fait naître alors que se lève Mars en Scorpion (Wheel of Life, vol. II, d’Alan Leo), sextil à Vénus et carré à Neptune, assisté d’un harmonique Jupiter du Sagittaire en I et du Soleil en X.

 

            Sortons maintenant des catastrophes militaires précédentes pour entrer dans la grande déconfiture du Second Empire français, personnifiée par le  maréchal François-Achille BAZAINE, né à Versailles le 13 février 1811 à 12 h. e.c. (voir figure astrale dans « Le Second Empire »).

 

Son thème présente une frappante ressemblance avec le composé triangulaire dissonant de  Napoléon : un Soleil du MC (ici en exil) au double carré d’une opposition Jupiter-Uranus qui sort de l’horizon, ce qui en fait l’homme d’une ambition démesurée jusqu’à sa perte. Et Mars se joint à ce trio par conjonction à Uranus ! Soit un triangle rectangle de 9 dissonances majeures, dont 4 martiennes : il est difficile de trouver pire …

Cet homme de souche modeste, engagé volontaire à vingt ans, en veut et se hisse au maréchalat (5 septembre 1864) jusqu’à devenir le chef militaire français le plus prestigieux de son temps (il a aussi un grand triangle harmonique impliquant l’AS, le MC et les luminaires) . Nommé par Napoléon III à la tête du corps expéditionnaire au Mexique, l’ambition politique le gagne au point de manœuvrer derrière le dos de Maximilien imposé comme empereur, pour se tailler un empire personnel. Si bien que le commandement lui est retiré. A la guerre franco-allemande de 1870, devenu commandant en chef, il donne l’impression de préserver son armée et se laisse encercler par l’ennemi dans Metz. Napoléon III ayant capitulé, il ne reconnaît pas le nouveau régime républicain du 3 septembre et traite personnellement avec l’ennemi, justifiant une intention de pouvoir personnel. Il finit par capituler en se faisant prisonnier le 28 octobre 1870. D’où l’accusation de trahison faisant de lui une victime expiatoire de la défaite. Et le 10 décembre 1873, un Conseil de guerre rend son jugement en le tenant « coupable à l’unanimité » pour avoir « capitulé en rase campagne » et il est condamné « à la peine de mort avec dégradation militaire ». Gracié, emprisonné au fort de l’île Sainte-Marguerite, il s’évade dans la nuit du 9 au 10 août 1874. Finalement, après un exil misérable à Madrid, il meurt d’une congestion cérébrale le 23 septembre 1888. Mais -  quel désastre ! - pour avoir entraîné dans sa défaite fracassante 3 maréchaux, plus de 200  généraux, 6000 officiers et 173 000 soldats, avec l’abandon de 13 000 chevaux, 278 000 fusils, 1655 pièces d’artillerie, des tonnes de cartouches, outre les drapeaux…, jamais (hormis ce qui adviendra en 1940), la France n’aura connu dans son histoire une déchéance aussi grandiose, accordée à l’énormité de la dissonance soli-martienne de ce maréchal.

 

Poursuivons notre périple avec les grandes histoires militaires de notre temps.

 

LA  PREMIERE  GUERRE  MONDIALE

En présence d’une guerre locale limitée à l’affrontement de deux seuls adversaires, il est relativement simple de dresser le face-à-face des chances respectives des protagonistes. Mais il en va autrement lorsque la confrontation se généralise en guerre mondiale, impliquant l’ensemble de l’humanité, victoire et défaite finales des belligérants se diluant dans le collectif. Mais, dans un cas comme dans l’autre, c’est toujours d’abord au sommet du pouvoir, représenté par les personnages de l’Etat, qu’un premier jugement s’impose.

 

Les hommes d’Etat

 

A l’entrée de la Première Guerre mondiale, d’un côté se présentaient le président de la République française Raymond Poincaré, le roi d’Angleterre George V, le tsar Nicolas II, le roi des Belges  Albert 1er, ainsi que le roi Pierre de Serbie ; de l’autre coté, l’empereur d’Allemagne Guillaume II, l’empereur d’Autriche-Hongrie François-Joseph auquel succéda  Charles 1er et Ferdinand 1er de Bulgarie. La succession autrichienne suggère aussitôt que le thème de la guerre n’est pas le propos obligé de leurs configurations respectives, le premier allant mourir avant la fin de la guerre, de même que la révolution russe allait faucher la vie de Nicolas II. Néanmoins, cet affrontement militaire avec ses conséquences tragiques tend à passer au premier plan de ce qui peut être lu des configurations de chacun d’eux.

 

Raymond POINCARE (Bar-le-Duc, 20 août 1860, 17 h. e.c. Gouchon & L). Sa présidence française de 1913 à 1920 encadre cette Grande Guerre que reflète Mars du Capricorne à l’AS, maître du MC en Scorpion, outre la charge du secteur VII occupé par une dramatique conjonction Soleil-Saturne (celui-ci maître de Mars) en Lion et une positive conjonction Mercure-Jupiter dans le même signe. Un ensemble qui exprime un fond de lourde épreuve présidentielle (la guerre se déroule sur le territoire national,  occupé et ravagé,  la nation plongeant dans le deuil). Mars est sextil au MC, carré à la Lune et opposé à Vénus. Une issue de la guerre n’est pas vraiment décelable.

 

Georges CLEMENCEAU (Mouilleron-en-Pareds, Vendée, 28 septembre 1841, 21 h 30 mn, e.c. Ch.). Derrière le Président de la République, incarnation du pays, est apparu le 14 novembre 1917, comme véritable chef de l’Etat, celui que ses adversaires nommaient « le tigre » et que la nation appellera le « Père la Victoire ». Comme avec Churchill et de Gaulle à la guerre suivante, c’est le souffle d’une puissante conjonction Mars-Jupiter angulaire (en sortie du DS) qui le caractérise. Une conjonction quasi-unie à Saturne, ramifiée en tension de carré à une conjonction Lune-Uranus et épaulée par sextils à un trigone Mercure-Neptune. Plein de conviction dans sa détermination, Clémenceau le dur ira jusqu’au bout de ses ressources pour gagner cette guerre.

 

GEORGE V (Londres, 3 juin 1865, 1 h 18 mn ; biographie, Modern Astrology VII). Cette guerre traverse son règne de 1910 à 1936, conflit assorti à l’explosive opposition Jupiter-Uranus qu’il a sur son méridien. Ce souverain n’en a pas moins un Jupiter du Sagittaire au MC, soutenu par un sextil de Saturne, tandis que son Mars en Lion, maître d’AS est au trigone de celui-ci et au sextil de la Lune. La note globale est fortement positive.

 

NICOLAS II (Saint-Pétersbourg, 18 mai 1868 ; deux versions horaires circulent : « à midi » et « vers minuit »). L’une et l’autre alignent sur le méridien une opposition de Soleil-Mercure (27° Taureau et 1° Gémeaux) à Saturne (2° Sagittaire), ce qui constitue, assurément, une note particulièrement négative, que charge encore par semi-carré et sesqui-carré Neptune à 15° du Bélier, Mars étant à la fin du signe sans aspect. La note est franchement défavorable, mais cette conjoncture critique ne devait pas rendre compte du sort des armes.

 

ALBERT 1er (Bruxelles, 8 avril 1875, 16 h 50 mn, e.c. Moniteur belge). La guerre est l’événement majeur de son long règne de 1909 à 1934 : Mars est conjoint à son FC et au carré de son AS, mais c’est un Mars au sextil d’un trigone Jupiter-Saturne et au trigone de  Neptune (trois harmoniques), tandis que son MC reçoit les trigones de Jupiter et Saturne et le sextil de Neptune, son Soleil étant neutre. Nul doute que le « roi chevalier » portait en lui des signes bénéfiques assimilables à la victoire.

 

PIERRE Ier de Serbie (Belgrade, 12 juillet 1844). Il n’est pas étonnant que l’étincelle de la Première Guerre mondiale soit venue de Serbie avec l’assassinat à Sarajevo de l’archiduc héritier d’Autriche-Hongrie, François-Ferdinand , compte-tenu d’une  conjonction Soleil-Mars au carré de Pluton de ce roi. Lequel, du bon côté de la barricade – est-ce sa Vénus du Lion au trigone de sa conjonction Jupiter-Uranus du Bélier ? – deviendra en 1918 roi de Yougoslavie jusqu’à sa mort.

 

GUILLAUME II (Berlin, 27 janvier 1859, 15 h, source officielle). Ce qui domine au cours du règne trentenaire (1888-1918) du Kaiser est cette guerre, signifiée par un Mars au MC conjoint à Neptune en Poissons (il fait de son pays la seconde flotte de guerre du monde), ses trigones à l’AS et à la Lune avec un sextil à Uranus faisant aussi de son armée la plus puissante de l’Europe. Mais ce pouvoir martien est menacé par l’une des plus terribles oppositions qui soient : celle du Soleil en Verseau (exil) à Saturne en Lion (exil) ; laquelle reçoit au surplus un double carré de Pluton : or, ce trio ultra-dissonant se ramifie par semi-carrés et sesqui-carré à cette conjonction martienne ! Dès lors, comment ne pas soupçonner qu’en allant jusqu’au bout du pouvoir des armes, ce souverain finirait mal ? Typique est d’ailleurs le coup de balancier de son opposition Soleil-Saturne : trône-déchéance. En 1914, c’est sur le premier que transitait Uranus, alors que Neptune allait transiter le second en 1918.

 

FRANCOIS-JOSEPH (Vienne, 18 août 1830, 9 h 15 mn, source officielle, Knappich). Plusieurs guerres ont marqué son long règne (1848-1916) : son Mars du Bélier est au DS, fort affecté par une conjonction à Pluton qui s’insère dans le triangle dissonant d’un carré Jupiter-Pluton au double sesqui-carré d’une très pernicieuse triple conjonction Soleil-Lune-Saturne en Lion ! Après avoir été battu par les Prussiens à Sadowa, et s’être engagé dans la Grande Guerre, il s’éteint en novembre 1916, au bord d’un effondrement de son empire. Son successeur eut dû être l’archiduc François-Ferdinand (Graz, 18 décembre 1863, 7 h 15 m, pièce officielle). Mais, avec Saturne  au MC et le Soleil maître de VIII à l’AS, l’héritier du trône avait été assassiné à Sarajevo le 28 juin 1914.

 

CHARLES Ier (Persenberg, Basse-Autriche, 17 août 1887, 9 h 57 m, acte officiel). Vertu de relais de Soleils superposés : celui-ci enjambe le suicide de son cousin Rodolphe et de l’assassinat de son oncle François-Ferdinand. Apportant dans la corbeille du trône un Saturne au MC, lui aussi ; pire : une conjonction Mars-Lune-Saturne en conjonction du MC !  Comme conjoncture de désastre, cette fois, on ne pouvait pas trouver indice plus éclatant.

 

FERDINAND de Bulgarie (Vienne, 26 février 1861). Prince de Saxe-Cobourg-Gotha devenu roi des Bulgares en 1908, l’engagement de son pays au côté des empires centraux l’a conduit à l’abdication en faveur de son fils Boris le 3 octobre 1918. Effet d’alignement : si François-Joseph a une conjonction Soleil-Saturne et si le Kaiser a une opposition Soleil-Saturne, ce souverain ajoute au lot sa propre opposition Soleil-Saturne, aggravée dans son cas d’un double carré de Mars.

 

C’est en fonction de leur potentiel de réussite ou d’échec, ainsi que des circonstances, que les autorités s’entourent du personnel militaire chargé des opérations de guerre. Derrière leur champ de configurations au sommet participe donc la conjoncture de ceux qui se battent, eux mêmes au haut commandement.

 

Les militaires :

 

Du côté allemand

 

Alfred Von TIRPITZ (Küstrin, 19 mars 1849, 4 h 30 mn. e.c.). Ce créateur de la flotte de guerre allemande, parvenu à en faire la seconde puissance navale du monde, devenu Grand amiral ministre de la marine, assemble les valeurs océaniques des Poissons  (Soleil et deux planètes) au militarisme martien de l’astre à l’AS, que son opposition à Jupiter du Lion au DS convertit en pangermaniste forcené. Mais cette opposition exubérante converge par semi-carré et sesqui-carré sur une conjonction Soleil-Saturne  en écho aux dissonances soli-saturniennes des souverains, chargeant la pesanteur du destin. En prônant une guerre sous-marine à outrance pour précipiter la victoire, cet ambitieux excessif, avec le torpillage du Lusitania, contribua à faire entrer les Etats-Unis en guerre au côté des Alliés.

 

Alfred von SCHLIEFFEN (Berlin, 28 février 1833). Chef du grand état major de 1891 à 1906, ce feld-maréchal est l'auteur d'un plan de guerre qui porte son nom : il s'agit, en prévision d’une guerre sur deux fronts, de contenir la poussée russe pour porter le gros des forces à l’ouest, en  envahissant la Belgique afin d’encercler l’armée française sur sa gauche. Projet de guerre de mouvement rapide dans le style mercurien de son Mars à 10° des Gémeaux, sa guerre restant dans les cartons. « Nul ne peut être promu chef de guerre s’il n’en a pas le tempérament », affirmait-il. Son successeur, neveu de l’illustre vainqueur de Sedan, certes, ami du Kaiser et homme de culture, avait-il la trempe d’un commandant des armées ?

 

Helmuth von MOLTKE le neveu (Gersdorff, Meck., 25 mai 1848). Succédant en 1906 à la tête du G.Q.G., celui-ci reprend à son compte le même plan. Nul étonnement : son Soleil à 3 ou 4° des Gémeaux (avec Mercure 9° plus loin) sur le Mars de son prédécesseur a valeur d’effet de continuité. Néanmoins, c’est un Soleil dissonant qui vient s’y superposer : outre son carré à Neptune (2° Poissons), il focalise par semi-carrés le champ d’un brutal carré : celui d’Uranus (20° Bélier) à une conjonction Jupiter-Mars (20°-23° Cancer) . On a du mal à concevoir, dans ce cas, la réussite de l’application du plan Schlieffen par ses soins. Von Moltke va sombrer dans la bataille de la Marne de septembre 1914, laquelle brise le ressort de la machine de guerre allemande, lui-même s’effondrant dans la maladie avant de disparaître en 1916.

 

Alexander von KLUCK (Münster, 20 mai 1846). A 29° du Taureau, son Soleil s’aligne à la fois sur le Mars de von Schlieffen et le propre Soleil de von Moltke. C’est précisément sur ses épaules que repose en grande partie l’exécution de leur plan, comme chef de la 1e armée, aile extérieure (à gauche sur la carte des opérations) la plus mobile, atteignant à marche phénoménale en un mois la région parisienne, presque aux portes de la capitale ! Von kluck se voyant au bord d’une décision suprême, allant prendre en tenaille une armée française déjà à genoux. Il allait être furieux de voir la victoire lui échapper, l’adversaire se ressaisissant in extremis en attaquant le flanc droit de son armée,  contraignant celle-ci à reculer. Cette bataille de la Marne du 6/10 septembre 1914, stoppant la ruée à grande allure du « Nach Paris », devient sa défaite personnelle et six mois plus tard, une grave blessure de guerre le contraindra à la retraite. Sans harmonique, son Mars du Cancer est au carré de la Lune, tandis que sa conjonction Soleil-Jupiter est barrée par le carré d’une conjonction Saturne-Neptune. Le temps de l’éclatante guerre-éclair de la conjonction Jupiter-Uranus était clos.

 

Général Karl von BULOV (Berlin, 24 mars 1846). Ce chef de la 2e armée, chargé par Moltke de coordonner, avec Kluck, l’action de l’aile droite de l’armée allemande enveloppante, est aussi considéré comme l’un des responsables de la défaite de la Marne. Or, avec lui, c’est un Mars à 29° du Taureau, au double carré de Saturne et Neptune, qui vient se superposer aux Soleils de Moltke et de Kluck.

 

Erich von FALKENHAYN (Burg Belchau, Prusse, 11 septembre 1861). Celui qui, au 14 septembre 1914, prend les rênes de la direction de la guerre des Empires centraux, chargé cette fois de « tenir » à l’ouest en vue d’une solution militaire à l’est, est un ultra virginien sceptique qui, à l’inverse du jupitérien Joffre illusionné par son optimiste, croit justement à une guerre longue et prend aussitôt les mesures en conséquence pour tenir dans la durée. Précisément, la page de l’intense conjonction Jupiter-Uranus est tournée : nous entrons dans la tranche d’une sourde et lente conjonction Saturne-Pluton. Le cas du successeur est d’ailleurs un symbole : avec lui, Mars et Saturne sont alignés au même treizième degré de la Vierge, conjonction qu’entourent le Soleil et Jupiter ; mais cette quadruplice est stoppée par un carré d’Uranus. Voici précisément venu le temps de la guerre d’usure des tranchées, longs boyaux creusés dans la terre, au combat immobilisé de soldats cloués au sol, comme enterrés, dans la plus terrible misère qui soit. N’ayant pu empêcher l’armée française de se ressaisir à la place forte de Verdun, le Kaiser le remplace le 27 août 1917 à la Direction suprême par les prestigieux « vainqueurs de l’Est » Hindenburg et Ludendorff.

 

Paul HINDENBURG (Posen, 2 octobre 1847, 15 h, e.c.). Ce Feld-maréchal n’a pas pour rien une prioritaire conjonction Lune-Jupiter du Cancer au DS et au trigone du MC. Il n’est pas plus populaire en son temps que ce soldat à vertu patriarcale, au pouvoir paternaliste, qui va jusqu’à inspirer ces gigantesques statues de bois à son effigie, sur lesquelles la population plante des clous, symbole des sacrifices consentis par les familles allemandes. Simplicité paisible et rassurante d’un bonhomme habité par sa foi luthérienne, qui deviendra plus tard président du Reich. Sa configuration dominante n’en est par moins le duo Mars-Jupiter d’un sextil du FC au DS, constituant même un rectangle avec l’AS et le MC. Mais les dissonances arrivent derrière. A propos, il n’est pas étonnant de rencontrer une conjonction Jupiter-Uranus chez Guillaune II, l’opposition des mêmes astres chez Ludendorff, ainsi que leur carré chez Hindenburg, ce cycle planétaire étant celui de l’expansionnisme impérialiste, ici sous les traits du pangermanisme. Or, chez ce digne et brave homme, un trio Soleil-Mercure-Vénus fait à la fois opposition à Uranus et carré à Jupiter, dissonances groupées barrant la route à la réussite des ambitions.

 

Erich LUDENDORFF (Posen, 9 avril 1865, 11 h., e.c.). Chez cet excessif et jusqu’auboutiste Bélier, la dissonance est pire : son Mars (4° Cancer) se pose en orbe de conjonction à son opposition Jupiter-Uranus (25° Gémeaux – 28° Sagittaire) ; axe qui, au surplus, se met en croix avec une opposition Lune-Neptune (0° Balance – 8° Bélier) sur le méridien : quatre dissonances martiennes majeures ! Au surplus, une opposition du Soleil en X à Saturne en IV est en résonance avec la désastreuse subie par le Kaiser. Le vainqueur de la bataille de Tannenberg, expert en coups de boutoir, avait fait une percée fulgurante qui faillit l’emporter en 1918, Paris étant de nouveau à portée de canon. Mais comment eut-il pu avoir la victoire finale avec tant de dissonances ? Il ne manqua pas de ressentir la défaire finale comme la sienne, faisant de lui un revanchard qui sera séduit un temps par Hitler, avant de prophétiser solennellement à Hindenburg, lorsque celui ci donna le pouvoir au Führer, que « cet homme exécrable entraînera notre Reich dans l’abîme et plongera notre nation dans une misère inimaginable ».

 

Du côté français

 

Joseph Jacques JOFFRE (Rivesaltes, 66, 12 janvier 1852, 8 h, e.c, L, et non 10 h, selon G.). Homme à magistrale épine dorsale, quasi louis-quatorziste, d’un sextil du Soleil-Capricorne à l’AS avec Jupiter-Scorpion au MC, son Mars du Lion en VII recevant par quinconces un sextil Mercure-Neptune. Personnage d’épaisse carrure, dont la solidité est faite de puissance  calme et déterminée, assise sur une inébranlable confiance en soi et en l’avenir. Quand à l’entrée de septembre 1914, l’armée allemande arrive à bride abattue sur Paris et que toutes les autorités sont paniquées, ce froid au calme olympien subit placidement l’épreuve et endosse la tragédie, remontant le moral autour de lui ; au point qu’on a comparé cette force statique à l’image capricornienne d’un rocher auquel le pays s’est accroché pour ne pas succomber. Ayant tenu le choc de la ruée ennemie, les politiques se sont effacés devant ce militaire s’arrogeant les pleins pouvoirs. Viendra ensuite le temps où l’opacité de son optimisme se révélera de plus en plus pernicieuse, son capital de prestige s’usant  jusqu’à la relève de ses fonctions en décembre 1916.

 

Robert Georges NIVELLE (Tulle, 19, 15 octobre 1856, 23 h., e.c., L. et non 12 h selon G.). Celui-ci remplace Joffre le 16 décembre ; nomination de généralissime qui ne fait pas long feu. Avec un Jupiter du Bélier au MC et un Mars-Sagittaire au sextil du Soleil, cet optimiste sûr de lui et empressé de gagner, promet une « percée » décisive en engageant, le 16 avril 1917, l’armée dans une offensive effroyable : c’est l’affreuse hécatombe du « Chemin des dames » : 45 000 morts le premier jour, 80 000 le second … Cauchemar qui engendre les mutineries de mai : refusant d’être « de la chair à canon », le soldat se révolte sur tout le front. C’est à un chef chancelant comme un homme ivre qu’est retiré le commandement le 15 mai 1917, mais son Mars avait éveillé, comme un coup de gong, le lourd et profond semi-carré Neptune-Pluton avec lequel il était en dissonance serrée par carré et sesqui-carré. On est d’ailleurs au temps révolutionnaire de la conjonction Saturne-Neptune, qui prendra bientôt pied en Russie..

 

Philippe PETAIN (Cauchy-la-Tour, 62, 24 avril 1856, 22 h 30 m., e.c. Ch.). Un Mars de la Balance au MC en opposition de Vénus du Bélier au FC, maîtresse de Soleil-Mercure en Taureau : chassé-croisé guerre-paix qui habite le jupitérien humain qu’est l’homme, l’astre en Poissons étant maître d’AS au FC. Ce qui convient particulièrement au nouveau généralissime, plus sensible que les autres à l’épouvantable calvaire du soldat au front. Il est naturel que ce soit à lui auquel on ait fait appel quand le combattant à bout de souffle en arrive à se mutiner. Sa tâche sera de redresser cette situation en réinsufflant le sentiment du devoir et la confiance du « poilu », mieux considéré : permissions, mesures humanitaires … En même temps qu’il a le courage de résister à la pression des partisans de l’offensive, considérant qu’il vaut mieux attendre l’arrivée des renforts américains. En bon Taureau dans la lignée de Vauban, sa vertu est de résister en siège, de tenir en guerre de position, étant ainsi à sa place pour défendre Verdun, verrou fixateur qui bloque la machine de guerre ennemie. Ce n’est déjà pas si mal, même si ce pusillanime doute de la victoire et préconise de finir cette guerre par la voie diplomatique, en paix de compromis. Il fut critiqué, mais n’eut-il pas mieux valu négocier sans vainqueur ni vaincu, quand on sait ce qui est advenu de l’inique Traité de Versailles ? Hélas, les temps n’étaient pas mûrs.

 

Ferdinand FOCH (Tarbes, 65, 2 octobre 1851, 22 h. , e.c. L). Caractéristique de ce militaire : l’alignement sur l’axe des nœuds d’une opposition Mars-Lune, Cancer-Capricorne, (triangulée harmoniquement à Mercure de la Vierge) à l’approche du passage à l’horizon, Mars étant en I. A l’inverse du froid secondaire  Joffre, Foch est un émotif primaire sur-excitable, cheval de course nerveux, enclin à s’emballer. En 1914, en retard d’une guerre (« pour l’armée, l’avion, c’est zéro » …), ce bouillant est partisan de l’offensive à outrance et fracasse ses troupes en les exposant, baïonnettes en avant, devant les mitrailleuses ennemies. Ce général « en avant » (Fayolle) trop pressé subira la sanction de la disgrâce. Mais c’est à cet intense auquel on fera appel quand viendra l’heure du coup de boutoir final à donner à un ennemi épuisé, recevant le commandement suprême le 26 mars 1918. Homme du dernier quart d’heure, « coiffant » l’ambivalent Pétain sur le poteau de la victoire, lui soufflant les lauriers mérités. Du moins, contre Poincaré et Pershing qui - comme si cela n’avait pas suffit - voulaient poursuivre la guerre en territoire allemand, a-t-il argumenté des dizaines de milliers de vies humaines à sauver pour se contenter de signer l’armistice du 11 novembre 1918, sur la demande expresse de l’ennemi.

 

John FRENCH (Ripple, Kent., 28 septembre 1852, 16 h 30 m, selon Alan Leo,  Wheel of Life). Ce commandant en chef des “tommies” représente typiquement le creuset de la génération de cette Grande Guerre, signée de la conjonction Uranus-Pluton du milieu du XIXe siècle, à laquelle se joint Saturne , et son Mars essuie leurs trois oppositions : c’est le dur baptême du feu de l’entrée en campagne de l’armée britannique, terriblement décimée, laquelle allait néanmoins se  ressaisir à la bataille de la Marne.

 

 Douglas HAIG (Edimburgh, 19 juin 1861, 21 h 45 m ; idem). Celui qui lui succède en décembre 1915 présente une conjonction Mercure-Mars du Cancer au DS et au trigone de la Lune au MC. D’un côté, avec son astre tout de mobilité, il arrive sur le terrain accompagné des premiers tanks et son armée à carapace cancérienne de chars contribua aux offensives victorieuses de l’été 1918. De l’autre, avec sa note lunaire associée au secteur VII, il accepte le 14 mai 1918 un « commandement unique » sous les ordres de Foch qui paraissait indispensable..

 

Luigi CADORNA (Verbania-Pallanza, Novara, 4 septembre 1850, 11 h 30 m, e.c. G.). Comme chez Goering, mais dans d’autres signes, l’antagonisme extrême d’une conjonction Mars-Jupiter en opposition de Saturne fait basculer celui-ci de la hauteur d’un maréchal chef des armées d’Italie à la chute d’un désastre militaire. Sa retentissante défaite est celle de Caporetto, au cours d’une campagne du 24 octobre au 12 novembre 1917, déroute au cours de laquelle les austro-allemands firent 335 000 prisonniers.

 

Armando DIAZ (Naples, 5 décembre 1861). Successeur de Cadorna comme généralissime des forces italiennes le 8 novembre 1917, c’est son offensive qui entraîne  la défaite autrichienne à la bataille de Piave avec prise de Vittorio Veneto en octobre 1918. Son Mars en Scorpion n‘en est pas moins au semi-carré de Jupiter-Saturne, mais leur conjonction est très bien aspectée.

 

John Joseph PERSHING (Laclede Linn Country, Miss., 13 septembre 1860). Un beau trigone Soleil-Mars de la Vierge au Capricorne. Ce commandant du corps expéditionnaire américain, qui débarque en France le premier contingent le 26 juin 1917, apporte en quelques mois, avec plus d’un million de combattants, l’armée la plus mécanisée du monde, laquelle allait donner le coup de pouce final à la victoire des Alliés.

 

 

LA  SECONDE  GUERRE  MONDIALE

Les hommes d’Etat

 

Côté allemand :

 

Adolf HITLER (Braunau-sur-Inn, 20 avril 1889, 18 h 30, e.c., acte lu par Hans Ritter). Relève de génération subissant la répétition : nous sautons du Saturne à 9° du Lion en affliction d’opposition solaire de Guillaume II à un Saturne à 13° du Lion au MC, que met en scène le coucher du Soleil. La planète est portée par sa maîtrise d’une conjonction Lune-Jupiter du Capricorne en III : l’impact public du Führer est un pouvoir oral où participe le Taureau, celui d’un  parler envoûtant qui finira par sombrer en interminable logorrhée . Mais dont le verbe est à finalité tragique, avec son pur carré antice à une conjonction Vénus-Mars en VII et son quintile à une conjonction Neptune-Pluton en VIII. Ce même Saturne s’associe par sextil à Uranus à l’AS : duomvirat urano-saturnien de passionné survolté à idée fixe, dévoré de volonté de puissance, jusqu’à l’extrémisme paranoïaque d’une ambition démentielle. Ce tout sur le fond d‘inconscient collectif de la conjonction Neptune-Pluton (signature de la génération de cette Seconde Guerre mondiale) en VIII, héritage de la tragédie de la Première Guerre mondiale perdue avec ses conséquences, en  appel de bouc émissaire, de sacrifices et expiations à destination de chaos, de néant. Telle se résume sa constellation natale. Au surplus, ce désastreux Saturne en X des hommes d’Etat fait écho à ceux de ses plus proches acolytes : Hermann Goering, Heinrich Himmler, Wilhelm Keitel. Mais encore, signature accompagnatrice, Saturne culminait et en double conjonction du Soleil et de Mercure, alors qu’autour de midi du 30 janvier 1933, Hitler prenait le pouvoir en devenant président du Reich. Avec un Mars aussi parfaitement barré que le sien par un tel Saturne culminant, pouvait-il gagner la guerre qu’il déclancha délibérément ?

 

Karl DONITZ (Grünau, 16 septembre 1891, 23 h ; e.c. G). Une conjonction Lune-Jupiter des Poissons au MC fait bonne figure pour ce militaire resté à l’écart des excès du régime et promu en 1943 grand amiral commandant en chef de la Kriegsmarine ; et ayant prôné les ressources du sous-marin, avec la présence au FC du Soleil entouré de quatre planètes. Et sur la fin de la guerre, il allait être chargé d’une haute mission historique, s’étant vu désigné le 30 avril 1945 par Hitler, peu avant son suicide, comme son successeur. Il ne lui restait plus qu’à ordonner la procédure de la capitulation allemande du 7 au 9 mai suivant. Fonction pacifique de son Jupiter, certes, mais portant naturellement la signature de son propre Saturne en conjonction duquel s’unissaient le Soleil, Mercure et Vénus,  exécuteur testamentaire du Saturne culminant de Führer.

 

Joseph GOEBBELS (Rheydt, 29 octobre 1897, 23 h 30 m, e.c.). Si la conjonction Lune-Jupiter en III constitue la ressource de l’orateur Hitler, la présence en III de Jupiter et Vénus signifie le pouvoir de la parole du Ministre de la propagande du IIIe Reich. Mais ce qu’il véhicule est un souffle pestilentiel de Gorgone relevant d’un stellium en Scorpion de conjonctions Soleil-Mercure-Mars et Saturne-Uranus, maelström de destruction, d’anéantissement. Celui d’un être envahi par un vertige de pulsions de mort, poussant l’Allemagne au chaos, jusqu’à la scène macabre finale de l’extermination de ses six enfants et de son suicide avec sa femme, à la capsule d’acide prussique (l’amas est en IV), sur les décombres d’une guerre de plus de cinquante millions de décès dont il fut la langue infernale la plus maléfique. Il n’avait pas besoin d’avoir Saturne culminant…

 

Heinrich HIMMLER (Munich, 7  octobre 1900. Gauquelin rapporte 15 h 30, alors que Hans Ritter déclare avoir lu 17 h sur la pièce d’état-civil. Donnée dont d’ailleurs s’approche  (16 h ½) Wilhelm Wulff qui a traité le thème en contact direct du personnage lui-même, selon son Ce que j’ai lu dans les astres (Fayard, 1969). Saturne du Capricorne est au MC, au carré d’une Lune à l’entrée du Bélier, levée depuis peu ; l’un et l’autre en dissonance de Neptune. Tandis que sort de la culmination une autoritaire conjonction Jupiter-Uranus, fortement appuyée par un sextil solaire et un trigone martien. Contraste énorme faisant penser à la surcompensation d’une misérable fragilité interne appelant la revanche d’un terrible besoin de domination dans la terreur, le pouvoir totalitaire nazi atteignant son absolu avec l’ordre noir des SS.

 

Autres personnages du IIIe Reich

  • Hermann GOERING : voir plus loin.

  • Rudolf HESS : Alexandrie, 26 avril 1894, 10 ou  19 h.

  • Alfred ROSENBERG : Reval, Esth., 12 janvier 1893, 7 h 50, e.c. Schwartz.

  • Franz  von PAPEN : Werl/Westfalen, 29 octobre 1879, 15 h, e.c. G.

  • Alfred HUGENBERG : Hannover, 19 juin 1865, 23 h 45 m, e.c..

  • Hjalmar SCHACHT : Tinglaff, 22 janvier 1877, 23 h.

  • Kurt von SCHLEICHER : Brandenbourg, 7 avril 1882, 23 h 30 m.

  • Ernst ROHM : Munich, 28 novembre 1887, 1 h., e.c.

  • Julius STREICHER : Fleinhausen, Augs., 12 février 1885, 10 h 15 m. e.c.

  • Reinhard HEYDRICH : Halle der Sale, 7 mars 1904, 15 h., e.c. G.

  • Adolf EICHMANN : Solingen,Rh., 19 mars, 1906, 9 h. ; r.p. mère (A.F.A.).

  • Albert SPEER : Mannheim, 19 mars 1905, à midi selon lui-même, biog.

  • Carl GOERDELER : Schneidemühl, 31 juillet 1884, 3 h 30.

  • Martin BORMANN : Halberstadt/Magd., 17  juin 1900, 22 h 45, A.W.

  • Joachim von RIBBENTROP : Wesel, 30 avril 1894, 10 h 30, e. c. selon Ritter, 2 h 45 selon Gauquelin.                 

 

Bénito MUSSOLINI (Predappio, Fo., 29 juillet 1883, 14 h., e.c. ; 14 h 45 selon la famille et lui-même).  Le fondateur du fascisme et dictateur éclatant de l’Italie depuis 1922, confirme en sa personne la tendance politique uranienne, l’astre culminant en X et au semi-carré d’une égocentrique conjonction Soleil-Mercure du Lion. Tant que le Duce épargna à son pays l’épreuve de la guerre, il bénéficia de ses bonnes configurations uraniennes (sextil à une conjonction Vénus-Jupiter et trigone à Neptune). Le point noir de sa constellation était une triple conjonction Lune-Mars-Saturne en VII : le danger pour lui était de se lier, de conclure une association pouvant l’engager dans la guerre. Le « Pacte d’acier » avec Hitler lui fut fatal : sa conjonction Mars-Saturne allait être transitée par Uranus, de sa chute le 25 juillet 1943 à sa pendaison publique par les pieds le 28 avril 1945.

 

Galeazzo CIANO (Livourne, 18 mars 1903, 3 h 45, e.c. Grazia Bordoni). Les faveurs d’une Lune culminante : c’est d’avoir épousé Edda Mussolini et que son beau-père le bombarde à trente-trois ans Ministre des Affaires étrangères d’Italie. Pour y déployer le schème d’un Soleil des Poissons écartelé par une opposition Uranus-Neptune en signes doubles. Ayant installé en fanfare le « Pacte d’acier », le fringant fait ensuite volte-face à l’égard de l’alliance allemande et devient suspect aux uns et aux autres, au point de finir au peloton d’exécution du clan mussolinien le 19 octobre 1943.

 

VICTOR-EMMANUEL III (Naples, 11 novembre 1869, 22 h 20, source officielle, Grazia Mirti). Le roi d’Italie avait lui aussi une conjonction Mars-Saturne, et même en face de celle du Duce ! Emportant ainsi le monarque dans l’aventure. La guerre ne pouvait qu’être fatale à sa couronne, menacé qu’il était d’un basculement du pouvoir par l’opposition du Soleil en IV à sa conjonction Jupiter-Pluton en X : il devait abdiquer le 9 mai 1946 en faveur de son fils Humbert.

 

Pietro BADOGLIO (Grazzano Monférrato, Asti, 28 septembre 1871, 1 h, e.c.). Voilà un militaire comblé par un Mars au record de 6 harmoniques (trigones au trio AS-Jupiter-Uranus et à la Lune, ainsi que sextil à Soleil-Vénus) ! Il est vrai qu’il s’est peu battu, mais les campagnes de ce maréchal le font successivement gouverneur de Libye et vice-roi d’Ethiopie. Après avoir vainement tenté de freiner Mussolini, ne s’étant pas engagé dans la guerre fasciste, il devient chef du gouvernement italien à sa chute pour négocier aussitôt un armistice avec les Alliés, en conformité avec sa conjonction Soleil-Vénus en III si bien aspectée. Une belle réussite.

 

HIROHITO (Tokyo, 29 avril 1901, 22 h 10 m selon Modern Astrology d’avril 1927, sans précision de source). Le devenir du Japon relevant spécifiquement du cycle Uranus-Pluton, c’est une opposition de ces deux astres qu’on relève chez le Mikado, et qui franchirait l’horizon avec un Uranus au lever : expression d’une génération faisant éclater l’impérialisme nippon, la Lune chargeant cette dissonance par son double carré. Rappelons aussi ce qui contribue à l’axe germano-nippon : Hitler et Hirohito ont leur Soleils réunis. Cela entendu, on est étonné que le Mars de ce dernier soit harmonique et l’homme a la chance d’avoir une conjonction Soleil-Vénus au trigone de Jupiter qui l’a personnellement protégé, malgré la défaite.  A la suite de la capitulation de son pays en 1945, il n’a pas été pénalisé de monstrueux crimes de guerre justifiant la corde, étant pourtant l’homme au sommet du pays qui a laissé faire. Vertu extraordinaire de la venue de la guerre froide …Il a renoncé à ses prérogatives divines et accepté une constitution démocratique lui assurant une fin de vie paisible.

 

Hideki TOJO (Tokyo, 30 décembre 1884). Incarnation capricornienne de l’impérialisme nippon aux gigantesques visées annexionnistes, ce fils de samouraïs, général devenu Premier ministre le 16 octobre 1941, engage le Japon dans la guerre le 7 décembre 1941. Les déboires militaires venus, il est tenu d’abandonner le pouvoir le 18 juillet 1944 et il subit la pendaison comme criminel de guerre le 23 décembre 1948. Hélas sans domification, on ne retient qu’un axe liant par quinconce l’agressivité d’une conjonction Mercure-Mars du Capricorne à 10° du Soleil, à l’avidité d’une conjonction Lune-Saturne des Gémeaux.

 

Côté français.

 

Edouard DALADIER (Carpentras, 84, 18 juin 1884, 10 h 45 m, e.c., 5 h . G). Président du Conseil aux pleins pouvoirs depuis le 10 avril 1938, après déjà l’accablement de la signature des accords de Munich, c’est à lui que revient la charge écrasante de la déclaration de guerre de la France à l’Allemagne le 3 septembre 1939. En plus d’avoir un significatif AS en conjonction de Mars , cette dramatique responsabilité qui plonge le pays dans une épreuve majeure, relève de Saturne en X conjoint à son MC. Un cas  semblable s’était présenté avec le même Saturne en X chez René Viviani (Sidi-bel-Abbès, Alg., 8 novembre 1863, 9 h, e.c.), alors Président du Conseil le 3 août 1914.

 

Paul REYNAUD (Barcelonnette, 66, 15 octobre 1878, 18 h., e.c.). Président du Conseil du 21 mars au 16 juin 1940, ce court épisode de pouvoir est celui de la défaite de nos armées. Outre une conjonction Soleil-Mars en Balance en VI, où les deux astres sont en débilité et en mode de subalternité de ce secteur d’infériorité, c’est en I que se présente Pluton, alors transité par Uranus, configuration de génération frappant collectivement l’ensemble des chefs militaires français nés entre 1874 et 1880 (voir plus loin).

 

Philippe PETAIN. Le vénérable maréchal arrive au pouvoir, non sans la popularité d’une Lune en I, il est vrai amollissante et attristante par son opposition saturnienne à tendance de pénitence, et pour y rester dans l’affliction jusqu’à la fin de la guerre. Avec en entrée en matière, dans le duel Mars-Vénus/guerre-paix qui l’habite, une situation militaire désastreuse qui le contraint par soulagement à  un armistice qui sera signé à Rethondes le 22 juin 1940. Frappé par une étroite conjonction Soleil-Pluton et en une constellation écartelée, le vieux chef de l’Etat va vivre une épreuve du pouvoir véritablement infernale, et il finira même sur une condamnation en Haute Cour de justice à la peine de mort le 15 août 1945, commuée en détention à perpétuité.

 

Pierre LAVAL (Chateldon, 63, 28 juin 1883, 10 h., e.c.). Comme Hitler, il a Uranus à l’AS et Saturne au MC, et même en plus Pluton également culminant, son pouvoir n’ayant jamais été aussi fort que dans l’effondrement du pays avec la débâcle militaire où il se fait le fossoyeur de la IIIe République, en installant au pouvoir le vieux maréchal tenu par lui comme une potiche. A part un épisode-éclair d’Etienne Flandin et un intermède de Darlan, c’est lui qui gouverne pratiquement depuis le 12 juillet 1940, n’échappant pas à la décomposition de « l’Etat Français » en 1944. Son appétit de gouverner jusqu’auboutiste, en jouant à tout prix la carte de la collaboration avec l’Allemagne nazie dont il souhaite la victoire, le fera suicidaire : il sera fusillé le 15 octobre 1945. Bilan parfait de Saturne-Pluton culminants.

 

Xavier DARLAN (Nérac, 47, 7 août 1881, 9 h 30 m, e.c.). On lui doit la réalisation de la grande flotte française : il a une Lune du Capricorne au FC remarquablement triangulée à un trigone Saturne-Uranus ramifié par sextils au MC. Autant ce fondement lunaire a valeur de création, autant se concentrent en lui les puissances de destruction avec le rassemblement de cinq astres réunis en VIII, dont une conjonction Mars-Pluton. Du passage au pouvoir du « dauphin » du maréchal (10/2/1941 – 17/4/1942) au renouveau imprévu de son rôle, étant venu en Afrique du Nord où, en un retournement trop brutal, il tentera de faire basculer la France au côté des Alliés, il subira le sinistre sabordage de sa flotte à Toulon, que suivra peu après son assassinat le 24 décembre 1942.

 

Charles de GAULLE (Lille, 59, 22 novembre 1890, 4 h ,e.c.). Ce n’est pas rien d’avoir ensemble un Uranus à l’AS, maître d’une conjonction Mars-Jupiter au FC, et un grand trigone MC-Soleil-Lune auquel cet Uranus se lie ! C’est un acte spécifiquement uranien de suprême ampleur qu’accomplit l’homme du 18 juin 1940, seul et sans moyens à dire non à l’armistice et à relancer la France dans le combat. Tout cela aussi parce que l’homme est habité par la barre que dresse une opposition de conjonction Soleil-Mercure à conjonction Neptune-Pluton, l’homme étant fait pour se battre, sa grandeur étant dans le combat. Et son Mars trône avec trois harmoniques par sa conjonction jupitérienne et ses trigones à Neptune-Pluton. Il est exceptionnel de réunir un tel ensemble.

 

GEORGE VI (Sandringham, 14 décembre 1895, 3 h 5 m, biographie). On retrouve chez le roi d’Angleterre la même barre centrale de la quadruple opposition du face-à-face Soleil-Mercure/Neptune-Pluton, expressive d’affrontement, et c’est sous son règne (1936/1952) que cette grande guerre se déroule. S’ajoute le dramatique amas de quatre astres en Scorpion en I, évocateur de climat existentiel douloureux, pour son pays ou pour sa personne, lui-même ayant aussi ses problèmes personnels. Mais Mars du Sagittaire entre en orbe de trigone à Jupiter du Lion au MC, ce qui convient à son Etat victorieux.

 

Neville CHAMBERLAIN (Birmingham, 18 mars 1869). On ne peut se fier à l’heure natale (1 h) du Premier Ministre britannique (28 mai 1937/11 mai 1940) avancée à l’époque sans nulle justification, bien que cet horaire le fasse naître au lever de Saturne du Sagittaire qui s’accorde avec « l’homme au parapluie » austère, compassé, strict, plus clergiman que politique, mais aussi ingénu qu’un semi-carré Mercure-Neptune exposait à devenir – à l’extrême, on eut dit un nigaud aveuglé par un fieffé tricheur - la victime bafouée d’un Hitler sans parole. Homme d’Etat inadéquat devant laisser la place à plus compétant que lui pour la conduite de la guerre.

 

Winston CHURCHILL (Palais de Bleinheim, Woodstock, le lundi 30 novembre 1874 « à 1 h 30 du matin après 8 heures de travail … » selon une lettre de Lord Randolf écrite le jour même du palais à Mme Léonard Jérome). Le nouveau né est l’homme d’une conjonction Mars-Jupiter en I, dans les minutes où Uranus du Lion est à équidistance en semi-carrés de l’AS et du MC, un Uranus centre de gravité d’un ensemble d’aspects auxquels il est lié, de la Lune du Lion qui le quitte au Soleil qui accède à son trigone, en passant par le carré de Mercure, le sextil que lui envoie Mars, lequel est aussi au trigone de Saturne  … Un portrait symbolique du vieux lutteur devenu Premier ministre le 11 mai 1940 pour le rester jusqu’à l’armistice, de cet homme entier, impétueux et déterminé, d’une résolution inébranlable dans l’absolu du combat qu’il entendait bien mener, le V de la main levée, jusqu’à la victoire

 

Franklin D. ROOSEVELT (Hyde Park, N. Y., 30 janvier 1882, 20 h 45 , Journal familial du père, D. Rudhyar). Alors qu’un puissant Uranus, maître de Soleil-Mercure-Vénus et au trigone d’une conjonction Jupiter-Neptune, sort du lever, la Lune du Cancer culmine en conjonction de Mars, cette culmination martienne allant de pair avec une présidence dans la guerre. C’est sur ce plus populaire des présidents des Etats-Unis que s’abat, précisément, la Seconde Guerre mondiale, au cours de son long séjour à la Maison Blanche – un record - de 1933 à 1945, temps même du cycle Jupiter-Neptune, celui d’un retour mondial à la démocratie. Outre sa conjonction lunaire dignifiée, le seul aspect majeur que reçoit son Mars des Gémeaux est le trigone exact de son maître, Mercure. Indicateur positif largement suffisant dans un concert d’aspects harmoniques.

 

Joseph STALINE (Gori, Géorgie,   6/18 décembre 1878 (et non le 9/21 décembre 1879), acte de baptême sans heure, donnée relevée par Jean-Jacques Marie dans son Staline, Fayard, 2001). Nul doute que Saturne des Poissons vienne en tête des astralités de ce sombre et ténébreux personnage du Kremlin, homme impénétrable, d’une froide et silencieuse ambition, tramant patiemment ses desseins dissimulés dans le secret ;  probablement posé en I, près de l’Ascendant, au carré du Soleil au MC, symbole d’un pouvoir impératif encore renforcé par la présence de trois planètes en X, dont son maître Jupiter. Et cet axe soli-saturnien est lié en harmoniques à une opposition Mars-Pluton (Mars étant en Scorpion en VIII) à travers laquelle peut s’identifier l’épreuve majeure d’une guerre finalement remportée. Victoire auréolant de gloire ce tyran rouge qui aura tenu un règne saturnien trentenaire, du secrétaire général  du parti (1922), libéré par la mort de Lénine (1934) à sa propre disparition en 1953, mais n’effaçant pas la malédiction de son règne, à l’enseigne de son Saturne des Poissons : le goulag.

 

Edvard BENES (Kozlany, Bohême, 28 mai 1884, heure incertaine, entre 4 et 5 h, sinon 6 h, a-t-il circulé). Sa vie est mêlée étroitement à l’Etat de Tchécoslovaquie, de sa naissance en 1919 à sa disparition définitive en 1945. Président de la république en décembre 1935 en remplacement de Masaryk, après Munich, il démissionne le 9 octobre 1938 et quitte son pays, annexé par le IIIe Reich. A Londres en 1939, il constitue un Comité national tchèque et en janvier 1945, établit son gouvernement, mais il démissionne de la présidence le 7 juin 1948 après le coup d’Etat communiste. Cette répétition pouvoir-défaite s’inscrit dans le duo d’une conjonction Lune-Jupiter au sextil d’un Soleil  assiégé par les conjonctions de Saturne et de Pluton.

 

TCHANG KAI – CHEK (Ch’ik’ou, Chekiang, 31 octobre 1887). Si cette date natale proposée est juste, elle offre une magnifique conjonction Soleil-Jupiter du Scorpion au sextil de Mars en Vierge ; configuration propre à camper la haute figure de ce maréchal et homme d’Etat aux pleins pouvoirs qui domine la vie politique de la Chine durant un quart de siècle, incarnant l’esprit de la résistance nationale face à l’agression nippone et imposant son pays parmi les cinq Grands du monde. La même conjonction recevait aussi le carré de Saturne du Lion, non moins à l’image de la note finale de sa défaite devant Mao tse tung et de son refuge-exil à Formose, au second retour de l’astre sur lui-même.      

 

Les militaires.

 

Côté allemand.

 

Hermann GOERING (Rosenheim, Bav., 12 janvier 1893, 4 h., e.c.). Le feldmarshall du IIIe Reich, second personnage du régime derrière Hitler et longtemps désigné comme son successeur, a aussi comme lui, Saturne en X, s’approchant de la culmination, avec un Uranus sortant du lever, terrible étant également sa boulimie d’ambition. Mais, en plus, outre une conjonction Lune-Uranus du Scorpion en XII qui n’est pas sans évoquer le vulnérable morphinomane obèse au teint blême, le chef de la Luftwaffe est écartelé par une grande opposition qui le fait basculer des extrêmes d’une survitale conjonction Mars-Jupiter du Bélier, s’éclatant en jouissance de vivre de rapace des grands chemins et de la haute société, à un Saturne de misérable veulerie (son refus de la guerre, au dernier moment, n’étant qu’une peur de tout perdre de sa vie de potentat), le héros de l’aviation devenu le pompeux personnage du régime, resplendissant de grande fortune, finissant par chuter dans l’abîme au point de s’empoisonner au cyanure pour échapper à une pendaison méritée : l’incendie du Reichstag, la création de la Gestapo et du premier camp de concentration…, c’était lui, cet horrible personnage.

 

Wilhelm KEITEL (Helmscherode/Harz, 22 septembre 1882, 2 h, Astro-Forschungs, Daten). Lui aussi – encore un de plus -  a le sinistre Saturne en X ! Le bras-droit militaire du Führer, chef de son état-major personnel (0.K.W.), inséparable de lui. Coalescence contrastée de petitesse  et de surpuissance par conjonction Soleil-Uranus en Vierge : en servilité de larbin auprès du guide suprême. La conjonction Mercure-Mars de la Balance en III de ce « maréchal de bureau » fait de lui, le bras automatiquement levé, le transmetteur des ordres et directives du Führer aux chefs militaires des armées : «Je n’étais rien d’autre que le porte-parole chargé d’exécuter les désirs du Führer » dira-t-il au procès de Nuremberg. Enfin, il signera lui-même rageusement l’acte de capitulation du 9 mai 1945, indigné d’y voir signer aussi un représentant de la France à cette cérémonie..

 

Walther von BRAUCHITSCH (Berlin, 4 octobre 1881, 17 h 34 m GMT …, Taeger ). Ce commandant en chef de l’armée de terre qui conduit avec succès les successives campagnes de Pologne, et de l’Ouest  jusqu’au début de l’offensive en Russie, justifie que son Mars ait trois harmoniques, l’astre recevant deux trigones de la Lune et de Mercure, ainsi qu’un sextil de Vénus. Mais il n’en était pas moins affecté par une forte dissonance majeure : un carré Soleil-Mars de la Balance au Cancer, positions de débilité. Ici réside la faiblesse de caractère du personnage, celui-ci vivant déjà à l’automne 1939, avec Halder, dans un climat d’hostilité à l’écrasant dictateur aventuriste - avec refus de le suivre dans sa folie guerrière, lui offrant même sa démission - en un projet avorté de le renverser, situation aboutissant à le démobiliser intérieurement. La campagne de Russie allait mal se passer avec l’arrêt de la Wehrmacht devant Moscou en décembre 1941, Hitler le démettant de son commandement, mais il était déjà un homme défait. C’était la fin de la carrière militaire du feldmarshall.

 

Franz HALDER (Würzburg, 30 juin 1884, 22 h 45, e.c. H. Schwarz).  En tant que chef d’état-major général, ce général est le collaborateur direct de von Brauchitsch, tous deux ayant mis sur pied les campagnes de Pologne et de France, puis contribué à l’élaboration des plans d’invasion des Balkans et de la Russie. Après l’échec devant Moscou, mis en veilleuse, il sera congédié le 24 septembre 1942 et finira au camp de Dachau. Il avait estimé à la fin de 1943 que la guerre était déjà militairement perdue. Il laisse une brochure intitulée : Hitler soldat du diable. Son histoire est celle du carré de son Saturne au FC à son Mars au DS : la neutralisation d‘une passion de la stratégie militaire (Mars en Vierge) par un refus de se prêter aux criminelles agressions du Führer (Saturne en Gémeaux), l’homme devenant un personnage-clé de la conspiration des chefs de la Wehrmacht, tramant un plan pour le renverser, mais tenu de s’exécuter à l’élaboration des plans des opérations militaires. Cette dissonance Mars-Saturne  faisait écho à celle du dictateur, contribuant à conduire celui-ci à l’échec.

 

Erich RAEDER (Wandsbeck/Hambourg, 24 avril 1876, 18 h 30, e.c., Schwartz & G.). A ce fils d’instituteur devenu grand amiral commandant de la Kriegsmarine, Neptune répond par son passage au DS et en conjonction des luminaires. Personnage au Uranus du Lion sur le Saturne de Hitler, se permettant de lui exprimer ouvertement sa différence et de lui imposer sa démission le 30 janvier 1943. Son médiocre bilan militaire de guerre relève d’un Mars à deux dissonances et une harmonique. Mais Karl Dönitz, à sa suite avec ses sous-marins, ne fera pas mieux.

 

Erich von MANSTEIN (Berlin, 24 novembre 1887, 7 h, e.c. Schwartz, Das Neue Zeitalter, 1/8/1952). Une typique signature de vrai chef militaire avec Mars au MC au sextil de Jupiter à l’AS. Et parmi les chefs militaires du IIIe Reich, c’est lui qui détient, avec Brauchitsch,  le Mars le plus fort avec trois sextils et un trigone, contre une opposition et un semi-carré. Il incarne d’ailleurs aussi les victoires allemandes de 1940-1941, en particulier avec son plan de la traversée surprise des Ardennes à la campagne de France. En Russie, s’il fait la conquête de Sébastopol, il échouera à délivrer l’armée de von Paulus encerclée devant Stalingrad. Malgré une maîtrise du repli général de son armée au Sud devant l’armée rouge, il sera congédié en avril 1944, le soldat devant mourir plutôt que de reculer, ordre du Führer..

 

Friedrich von PAULUS (Breitenau/Kassel, 23 septembre 1890, 20 h 45, e.c. Das Neue Zeitalter, 15 janvier 1954 & G.). Son nom est historiquement associé à la tragédie de Stalingrad. Avec sa VIe armée, ayant atteint la Volga, il donne assaut le 13 septembre 1942 à cette métropole dont la conquête est sacralisée par un famélique Führer dont l’ambition démesurée est de ne faire de sa conquête que le tremplin d’un immense mouvement en tenaille de l’armée rouge ; outre le nom symbolique porté par la ville qui en fait alors une affaire de prestige. Or, le 19 novembre débute la contre-offensive soviétique qui encercle la VIe armée. La tentative de dégagement de von Manstein échoue en décembre. C’est ainsi que, alors que pour l’encourager à périr sur place avec ses hommes et mourir en héros, Hitler le bombarde feldmaréchal, à bout de souffle, von Paulus capitule le 31 janvier 1943, laissant aux mains des Soviétiques, après 147 000 tués, 113 000 prisonniers dont 24 généraux de 21 divisions allemandes et 2 roumaines. C’est la stupeur d’une reddition signant la venue de la défaite finale. Que simultanément von Paulus ait été promu feld-maréchal et ait capitulé se perçoit au double aspect de son Soleil à 0° de la Balance – alors transité par Neptune – au trigone de Jupiter culminant à 2° du Verseau et au carré parfait (contre-antice) et exact à Mars à 0° du Capricorne, ces deux aspects partant du même astre accolant à la défaite la plus retentissante, l’ultime promotion.

 

Gerd von RUNDSTEDT (Aschersleben, Saxe, 12 décembre 1875). Ce soldat de vieille tradition aristocratique allemande est surtout composé de dissonances, notamment en croix, se sentant plus que ses autres collègues écartelé entre sa passion militaire qui conduira le maréchal à ses victoires de 1940-1941, et sa réserve à l’égard du régime. Il prendra d’ailleurs sa retraite en 1938, et étant rappelé à ses fonctions, offrira sa démission en novembre 1941. Il aura désapprouvé l’opération Barberousse, ayant estimé « le Blitzkrieg impossible en Russie ». Par devoir patriotique, il continuera de servir, plus ou moins désabusé, finissant dans une résignation sarcastique. Chez lui, la tenue solaire l’emporte sur un Mars indécis.

 

Erwin ROMMEL (Heidenheim/Würt., 15 novembre 1891, 12 h; e.c. G.). Ce fils de directeur d’école devenu Feldmaréchal le 1er octobre 1942, éblouissant « renard du désert » de l’Afrikakorps, aux coups d’éclat lustrant son personnage d’une aura de gloire, n’a pas pour rien un MC entouré du Soleil et d’une conjonction Mercure-Vénus. Avec en plus un Mars au trigone de sa conjonction Neptune-Pluton. Il est le «favori » du Führer qui le séduit tout d’abord . Mais en face des trois astres du haut s’en présentent trois autres d’en bas qui divisent l’homme et le font basculer du blanc au noir. Arrivera  après la séduction, la volte-face de la conspiration ratée de 1944 contre le démoniaque à éliminer à tout prix, avec encore en final le duo contrasté du suicide imposé du 14 octobre 1944, couvert de funérailles nationales.

 

Autres chefs militaires du IIIe Reich :

  • Ludwig BECK : Biebrich/Wiesbaden, 29 juin 1880, 14 h 45 m, e.c. G.

  • Fédor von BOCK : Küstrin, 3 décembre 1880.

  • Gunther BLUMENTRITT : München, 10 février 1892, 21 h 45 m, e.c. G.

  • Ernst BUSCH : Essen/West., 6 juillet 1885, 4 h 30 m, e. c. G.

  • Wilhelm CANARIS : Dortmund-Aplerbeck, 1er janvier 1887, 14 h, e.c. G.

  • Dietrich von CHOLTITZ : Château de Wiese, Sikésie, 9 novembre 1894.

  • Eduard DIETEL : Bad Aibling/Bayern, 21 juillet 1890, 2 h 15 m, e.c. G.

  • Werner von FRITSCH : Dusseldorf, 4 août 1880, 5 h 30 m, e.c. G.

  • Heinz  GUDERIAN : Kulm, 17 juin 1886.

  • Alfred JODL : Würzburg, 10 mai 1890, 5 h 45 m, e.c. Schwartz & G.

  • Albert KESSELRING : Markstedt, 20 novembre 1885.

  • Ewald von KLEIST : Braunfels//Hesse, 8 août 1881, 18 h, e.c. G.

  • Günther von KLUGE : Poznan, 30 octobre 1882.

  • Georg von KUCHLER : Hanau, 30 mai 1881, 8 h 30 m, e.c. G.

  • Wilhelm von LEEB : Landsberg/Bayern, 5 septembre 1876, 8 h, e.c. G.

  • Wilhelm LIST : Oberkirchberg/Würt, 14 mai 1880, 4 h 40 m, e.c. G.

  • Alexander LOHR : Turn-Séverin, Roumanie, 20 mai 1885.

  • Walter MODEL : Genthin/Saxe, 24 janvier 1891.

  • Walter von REICHENAU : Karlsruhe, 8 octobre 1884, 6 h, e.c. G.

  • Hans SPEIDEL : Metzingen/Würt., 28 octobre 1897, 2 h, e.c. G.

  • Claus  von STAUFFENBERG : Jettingen, 15 novembre 1907, 1 h, e.c.

  • Otto von STULPNAGEL : Berlin, 16 juin 1878.

  • Karl von STULPNAGEL : Darmstadt, 2 janvier 1886.

  • Fritz TODT : Pforzheim/Würt., 4 septembre 1891, 12 h 15 m, e.c. G.

  • Erwin von WITZLEBEN : Breslau/Silésie, 4 décembre 1881.

Italo BALDO (Quartesana/Forli, 5 juin 1896, 19 h 30 m, e.c. G). Compagnon de Mussolini à la marche sur Rome de 1922, promoteur de l’aviation italienne, ministre de l’Air, il tient la dragée haute au Duce pour la popularité avec ses raids de prestige à travers le monde, sa nomination de gouverneur de Libye étant une mise à l’écart. Promu maréchal, il disparaît en 1940 à Tobrouk, son avion ayant été abattu par erreur par la DCA italienne. Il est l’homme d’une conjonction Lune-Mars du Bélier au trigone de Jupiter du Lion et au sextil du Soleil. Une brève mais brillante carrière.

 

Rodolfo GRAZIANI (Filettino/Frosinone, 11 août 1882, 12 h, e.c. G). Ce fils de médecin déjà fait maréchal d’Italie puis vice-roi d’Ethiopie en 1936, peut justifier d’un Soleil du Lion au MC et au sextil de Jupiter. Mais aussi au carré d’une conjonction Saturne-Neptune, l’homme au pouvoir ayant été la cible d’un grave attentat. Succédant à Baldo comme commandant en chef des armées en Afrique du Nord, il connaît la déroute avec la perte de la Cyrénaïque, entraînant sa démission : le franc carré à 1° d’orbe de Mars à Jupiter, cela suffisait. Mais était-il un militaire ?

 

Ugo CAVALLERO (Casale Monferrato, 20 septembre 1880, 20 h 15 m,e.c. G). Voici un maréchal dont le Mars est pratiquement sans aspect, excepté un mince semi-sextil d’Uranus. Il est vrai que, quittant et réintégrant l’armée en alternance, il est un peu de tout. Il n’en sera pas moins chef d’état major de l’armée d’Italie pour succéder à Badoglio le 6 décembre 1940, tentant de réaliser une coopération entre les troupes allemandes et italiennes (Mars-Balance), l’échec de Rommel entraînant sa disgrâce. En devenant maréchal, il cède son poste au général Ambrosio.

 

Vittorio AMBROSIO (Turin, 28 juillet 1879, 9 h, e.c. G). L’intérêt particulier de ce personnage, devenu en janvier 1942 chef d’état major de l’armée de terre, est que son Soleil à 5° du Lion est superposé à celui de Mussolini, mais c’est un Soleil qui reçoit le carré d’une conjonction Mars-Neptune au climat connu de tendance révolutionnaire , tel donc se présentant en sa personne un adversaire potentiel du Duce. Il avait d’abord été opposé à l’alliance germano-italienne et il allait être l’un des principaux artisans du complot du 24 juin 1943 qui aboutit à l’éviction du pouvoir du dictateur. Il finira par contribuer à ranger les troupes italiennes au côté des alliés.

 

Osami NAGANO (Köchi, 15 juin 1880). Ce fils de vieille famille de samouraïs au service du parti impérialiste n’a rien de violent qui apparaisse dans son ciel non domifié. On y perçoit seulement la note Gémeaux qui va à ce militaire envoyé aux conférences navales internationales, devenant amiral, ministre de la marine et chef d’état-major général, donnant finalement son accord à l’attaque de Pearl Harbor. Quant à sa note martienne, elle est celle d’un astre du Lion en dissonance d’un semi-carré Soleil-Neptune. Les revers militaires le conduisent à démissionner en février 1944. Criminel de guerre, il mourra en prison en 1947.

 

Isoroku YAMAMOTO (Nagaoka, 4 avril 1884). En premier dans la guerre asiatique arrive cet amiral, commandant en chef de la flotte aéro-navale, préparant et dirigeant l’attaque frontale de Pearl Harbor le 7 décembre 1941. On ne s’étonne pas qu’il ait une conjonction Soleil-Mercure en Bélier, assistée d’une conjonction Lune-Mars du Lion. Courte victoire. Avec quatre porte-avions coulés, il allait perdre la bataille de Midway de juin 1942 et son avion sera abattu au cours de la bataille des Salomon le 17 avril 1943.

 

Chuichi NAGUMO (Yamagato, 25 mars 1887). Même son de cloche en plus tragique, d’une destinée fracassée. Une conjonction Soleil-Mars du Bélier en opposition d’Uranus évoque la violence du destin d’un Napoléon III, et, ici, la Lune s’ajoute à la conjonction solaire, le tout étant au surplus au carré de Saturne ! Ce vice-amiral, spécialiste de l’attaque à la torpille, a dirigé la flotte  aéronavale qui attaqua Pearl Harbor, opération frontale surprise, abrupte et d’entrée en matière, bien signée du Bélier. Et, non moins, après l’échec nippon de la bataille des Mariannes où ses forces sont pulvérisées, la balle qu’il se tire dans la tête le 15 juin 1944 pour échapper à l’ennemi.

 

Tomoyuki YAMASHITA (Kochi, 8 novembre 1885). La reddition sans condition de Singapour, de la Mandchourie et des Philippines jusqu’au reflux devant MacArthur, en se battant jusqu’au bout. Ce meilleur chef militaire japonais, excepté l’abomination des atrocités, finira pendu le 17 février 1946. Si Jupiter est en triangle harmonique avec son opposition Mercure-Pluton, c’est un triangle dissonant que lui fait Mars.

 

Côté français.

 

Maurice GAMELIN (Paris, 20 septembre 1872, 15 h, e.c. L.). On identifie clairement le Saturne du Capricorne à l’AS de ce virginien au portrait qu’en a donné de Gaulle : « dans sa thébaïde de Vincennes à climat de couvent », lui faisant « l’effet d’un savant combinant en laboratoire les réactions de sa stratégie, finalement temporisateur, indécis, hésitant et irrésolu, qui laisse se rouiller son armée » à la drôle de guerre de 1939-1940. Sans doute était-il antérieurement, en fonctionnaire, un chef qualifié des armées françaises, ce qui nous rabat sur sa conjonction Mars-Jupiter à 20-21° du Lion en tant que telle. Hélas, son seul aspect planétaire était un carré à Pluton à 20° du Taureau, ce trio  formant au surplus un triangle dissonant avec le MC au milieu du Scorpion ! Quand il est remplacé par Weygand le 17 mai 1940, son armée française  est déjà fracassée.

 

 Maxime WEYGAND (Bruxelles, 21  janvier 1867, 8 h, e.c L). Quand on vient le chercher, le 17 mai 1940, comme nouveau généralissime, la situation militaire est déjà désespérée : c’est huit jours plus tard la retraite générale sur Dunkerque, suivie d’un repli général, bientôt sur la Seine, l’Aube, la Loire. Aussi est-il réduit à proposer dès le 12 juin la conclusion d’un armistice. Rôle involontaire de liquidateur répondant à son Sature du Scorpion culminant, à une dizaine de degré du MC et au surplus en opposition de Pluton,  Mars du Cancer en rajoutant par son opposition à Mercure et son carré à Neptune. On ne saurait rencontrer dissonances plus éloquentes.

 

Derrière ces généralissimes se présentaient les généraux commandant des quatre groupes d’armée, puis du Gouverneur de Paris, du chef de l’Armée de l’intérieur et du chargé d’accueillir l’ennemi à Paris (données d’état civil de François Richez) :

  • Alphonse GEORGES : Montluçon, 03,19 août 1875, 20 h. & L. G.

  • Gaston BILLOTTE : Sommeval, 10, 10 février 1875, 5 h. (8 h. G)

  • Georges BLANCHARD : Orléans, 45,, 9 décembre 1877, 15 h. & G.

  • Gaston PRETELAT : Vassy, 52, 14 novembre 1874, 16 h 15 m.

  • Antoine BESSON : Poneys , 69, 14 septembre 1876, 21 h 30 m.

  • Charles HUNTZIGER : Lesneven, 29, 25 juin 1880, 14 h. & L.

  • René PRIOUX : Bordeaux, 33, 11 avril 1879, 2 h. & G.

  • Henri FREYDENBERG : Paris, 14 décembre 1876, 10 h.

  • Charles CONDE : St-Omer, 62, 25 février 1876, 2 h 30 m. & G.

  • Edouard REQUIN : Rouen, 76, 13 juillet 1879, 23 h.

  • Victor BOURRET : Bastia, 20, 22 novembre 1877, 1 h.

  • Robert TOUCHON : Paris, 18 décembre 1878, 5 h.

  • Aubert FRERE : Grevillers, 62, 21 août 1881, 5 h.

  • Henri GIRAUD : Paris, 18 janvier 1879, 14 h 50 m.

  • Jules GARCHERY : Moulins, 03, 16 juin 1876, 5 h. & G.

  • Emile LAURE : Apt, 84, 3 juin 1881, 15 h.

  • André CORAP : Pont Audemer, 27, 15 janvier 1878, 2 h. & G.

  • Robert ALTMAYER : Bordeaux, 33, 30 juillet 1875, 21 h. & G.       

 

Ce tableau répartit du côté français les positions de Pluton des 22 plus grands chefs militaires (le 23ième, Weygand, ayant le sien à 13° du Taureau, avec celui de Pétain à 4° du signe), ainsi que celles du Président de la République, Albert Lebrun  (19°) et du Président du Conseil, Paul Raynaud (25°).Du côté allemand, les positions plutoniennes des 32 chefs militaires avec celle de Hitler. On voit se déplacer verticalement à droite Uranus, transitant d’abord les positions françaises de Pluton, au temps de la défaite de 1940, puis les allemandes, soumises au même destin un peu plus tard. On peut prolonger l’observation avec les hommes d’Etat : Churchill (21° Taureau), Staline (25°), Roosevelt (27°), Mussolini (0°Gémeaux), Hitler (4°). L’enfer britannique va de la défaite française à l’intervention américaine (1940-1941) ; le russe du déferlement germanique à Stalingrad (1941-1942) ; l’américain de Pearl Harbor à la bataille de Midway (fin 1941-mi 1942) ; l’italien à la défaite de 1943 ; l’allemand à celle de 1945.

De la même manière que sont rassemblées les naissances des principaux chefs des armées de la Première Guerre mondiale autour de la conjonction Uranus-Pluton du milieu du XIXe siècle (Joffre, Foch, Galliéni, Fayolle, Castelnau, Maunoury, French, Cadorna, Tirpitz, Moltke, Hötzendorf …), semblablement, la Seconde Guerre mondiale a sa source dans la génération de la conjonction Neptune-Pluton de 1891-1892 à 6°-7° des Gémeaux, celle de Hitler, en VIII, en étant le cas exemplaire. Et cette Seconde Guerre mondiale allait se dérouler au transit d’Uranus (accompagné de Jupiter et Saturne, de 1940 à 1942)) à la position de cette grande conjonction, qui en représente le noyau originel.   

 

Philippe de Hautecloque LECLERC (Château de Belloy, Saint-Léonard, 80, 22 novembre 1902, 20 h, e.c. G.). Où se logent aussi Mercure et Vénus, le Soleil du Scorpion pointe au double trigone de l’AS et du MC qui entre en Bélier, Mars de la Vierge sortant du FC, tendu par son carré à une opposition Uranus-Pluton. Duo soli-martien d’intense force intérieure que Saturne du Capricorne au DS élève en distance avec soi-même à l’altitude des grandes ambitions. Tel est ce baroudeur porté par une grande épopée. Arrivé parmi les premiers à Londres à l’appel du 18 juin 40 pour se battre, avec une poignée d’homme au départ, le conquérant parcourt le Cameroun, le Gabon, le Tchad. Avec une misérable troupe de deux centaines de combattants survient son audacieuse victoire de Koufra – véritable retour de la France (libre) en guerre – et son serment épique du 1er mars 1941 : « Jurez de ne déposer les armes que lorsque nos couleurs flotteront sur la cathédrale de Strasbourg ! ». Ce sera ensuite le Fezzan, la Tripolitaine, la Tunisie, puis la Normandie, la marche sur Paris d’une prodigieuse « 2e D.B. » (division blindée), la reddition parisienne de Choltitz à la gare de Montparnasse, suivie de la libération de Strasbourg le 23 novembre 1944, pour finir, toujours en gentilhomme la canne à la main, sa course le 5 mai 1945 à Berchtesgaden !

 

Jean-Marie de LATTRE DE TASSIGNY (Mouilleron-en-Pareds, 85, 2 février 1889, 9 h, e.c. G.ayant mentionné 12 h par erreur). Tandis que Jupiter du Sagittaire culmine, Mars des Poisssons, en XII, vient de se lever. Pas étonnant : il est le seul général s’étant opposé à l’invasion de la zone libre en novembre 1942 ; condamné à la prison de Riom, il s’en évade l’année suivante pour gagner Londres puis Alger. Grande épopée elle aussi : les grands combats de la Méditerranée aux Vosges, jusqu’au Rhin et au Danube.

 

Alphonse JUIN (Bône, Algérie, 16 décembre 1888, 11 h., e.c. G.). Une belle élévation de ce fils de gendarme devenu maréchal de France, honoré d’une triple conjonction Soleil-Mercure-Jupiter du Sagittaire en X, avec un Mars levé depuis peu, au surplus au sextil du MC. En 1940, il sera encerclé dans Lille et fait prisonnier. Il se distinguera ensuite en Afrique du Nord, où il se rallie à Giraud, et en Italie, en contribuant à la libération de Rome. Plus tard, se mêlant maladroitement de politique, ses incartades provocatrices en arriveront à ce qu’il soit destitué le 31 mars 1954 pour avoir « gravement manqué à la discipline militaire » : effet d’ opposition à Mars d’un Saturne du Lion à valeur d’ennemi intérieur qu’on peut subodorer plus ou moins auto-punitif, tout s’étant passé trop bien dans sa vie.

 

Henri GIRAUD (Paris, 18 janvier 1879, 14 h 50 m,e.c.). Ce qui illustre ce général, plus que ses fonctions militaires entachées par ses interventions politiques, tient à son Saturne des Poissons en X, au sextil du Soleil et peut-être de Pluton en XII. Il avait déjà été fait prisonnier en août 1914, puis avait réussi une évasion. Le destin remet cela : de nouveau prisonnier le 19 mai 1940, puis captif de l’hermétique nid d’aigle de la forteresse saxonne de Königstein, il s’en évade héroïquement à l’aide d’une corde de 45 mètres lancée dans le vide le 17 avril 1942. Et, ironie de l’histoire, Hitler, croyant qu’il était l’auteur de Vers l’armée de métier de de Gaulle, mettra sa tête à prix de 100 000 marks ! Son prestige lui était venu du panache de son évasion, ce qu’il avait fait de mieux.

 

Emile MUSELIER (Marseille, 13, 17 avril 1882, 9 h., e.c. G.) Avec les luminaires et Mercure en Bélier, ainsi que Mars du Cancer en I et Uranus au FC, cet amiral pour le moins indépendant est le premier qui refuse l’armistice et fait acte d’insubordination en faisant courageusement sortir le 23 juin 1940 le cargo britannique « Cydonia » du port de Marseille pour gagner Gibraltar. Rejoignant Londres deux jours plus tard, ce supérieur hiérarchique de de Gaulle n’allait assurément pas pouvoir s’entendre avec le chef de la France libre, d’une autre dimension que lui, si bien qu’après maints affrontements fort peu appréciés de son supérieur politique, il sera congédié le 30 avril 1942.

 

Albert CATROUX (Limoges, 87, 29 janvier 1877, 21 h, e.c. G.). Un superbe Jupiter du Sagittaire au FC, triangulé à un trigone Uranus-Neptune, épaulé par Mars du Sagittaire en III, lui-même triangulé harmoniquement aux luminaires. Belles ressources ! Gouverneur général de l’Indochine en 1940, ce Verseau choisit l’aventure en devenant l’un des premiers généraux à rallier Londres, afin de se consacrer au ralliement de nos colonies à la mère-patrie devenue la France libre.

 

Auguste NOGUES (Monléon-Magnosc, 65, 13 août 1876, 16 h, e.c.). La véritable figure en croix d’un homme intérieurement divisé, voire écartelé. Commandant en chef des troupes d’Afrique du Nord en 1940, il se heurte à ses contradictions en ne se sentant pas à sa place : rallié à contre-cœur à Vichy, Darlan va le priver du concours de la flotte, ce qui ne l’empêche pas de s’opposer au débarquement américain en Afrique du Nord de novembre 1942, pour finir par être démissionné par de Gaulle.  Et même, autre discordance de destinée, après une condamnation par contumace en 1947 à vingt ans de travaux forcés, un relevé de peine lui sera accordé en 1954.

 

Thierry d’ARGENLIEU (Brest, 29, 7 août 1889, 3 h, e.c.). Un amiral menant une vie religieuse monacale : voilà bien là une cohabitation contrastée, signée d’un duo Mars-Saturne. En effet, Mars du  Cancer est à l’AS et au trigone du MC en Bélier, en compagnie d’une sévère conjonction contemplative Soleil-Mercure-Saturne en Lion. En 1920, cet officier avait quitté la Marine pour entrer dans les ordres des Carmes. Mobilisé en 1939, prisonnier évadé, il rallie la France libre et sert les intérêts de nos pays du Pacifique, sauf toutefois en Indochine où sa raideur saturnienne passéiste  de retour à la politique de la canonnière engage son pays dans la guerre avec Hô Chi Minh. Il reviendra au Carmel en 1947, pour y rester jusqu’à sa mort en 1964.

 

Gabriel AUPHAN (Alès, 30, 4 novembre 1894, 11 h., e.c.). Ce chef d’état major général des forces navales en 1941, accepte en 1942 le Secrétariat d’Etat à la Marine dans le cabinet Laval en présence de l’amiral Darlan, l’un et l’autre étant garants de l’engagement pris (le 19 juin 1940) par la France envers l’Angleterre de ne jamais livrer la flotte aux Allemands. A l’occupation de la zone libre par ceux-ci en novembre 1942, l’amiral rédige la même instruction de neutraliser la flotte de Toulon en cas d’agression allemande visant à s’en emparer, avant de démissionner le 18 en refus de suivre Laval. Ce ni l’un ni l’autre de la neutralisation de la flotte conduisit à son sabordage. Tenu par la Haute Cour de justice de 1946 d’être en partie responsable de celui-ci, Auphan sera condamné aux travaux forcés à perpétuité ; peine qui sera réduite à 5 ans de prison avec sursis en juillet 1956. Or, on n’est pas surpris de relever une terrible configuration accompagnatrice de cette carrière aussi dramatique. En effet, si son Jupiter est au DS et très bien aspecté, couvrant sa réussite première, Saturne coiffe son MC ! Et, pire, il est en opposition à Mars au FC, outre que tous deux sont en plus au carré de la Lune en I !

 

Jean LABORDE (Chantilly, Oise, 29 novembre 1878, 19 h 40 m. e.c.). Avec Jupiter au DS harmonique allant à cet amiral arrivé, lui aussi a Saturne au MC (et au carré de Mercure) ! Un Saturne des Poissons qui renvoie à son Neptune agressé par une opposition du tueur Mars du Scorpion, outre que le relais se prolonge avec Pluton faisant à son tour une opposition à une conjonction Soleil-Mercure, et à laquelle Uranus fait un double carré ! Peut-on trouver une série plus négative où s’additionnent deux Saturne au MC ? Si Auphan , au sommet de la hiérarchie, est l’ordonnateur de l’immense tragédie navale, Laborde lui, à pied d’œuvre, est l’exécuteur des instructions reçues. Ayant préalablement eut la faiblesse de  consentir au désarmement du port, la flotte de Toulon attaquée par surprise par les Allemands le 27 novembre 1942 à 4 h 30, 1 heure plus tard, il donne l’ordre de la saborder , en conformité avec les stipulations des télégrammes de l’amiral Auphan de juin 1940 et  de novembre dernier : 61 navires de combat sont coulés avec plus de 100 unités navales, soit le plus grand désastre naval de notre histoire ! Bilan d’une obéissance aveugle aux ordres, cette défaillance tant reprochée aux militaires allemands existant donc aussi du côté français … Plutôt que de reprendre la lutte, la flotte de Toulon devînt un cimetière marin. Laborde sera condamné à mort par la Haute Cour de justice le 28 mars 1947, puis gracié par le président Auriol, sa peine étant alors commuée en détention perpétuelle.

 

Charles PLATON (Pujols-sur-Dordogne, 33, 19 septembre 1886, 11 h., e.c.). Il y a assurément de l’excessif chez cet amiral à  ambitieuse conjonction Soleil-Jupiter-Uranus en X, mais dangereusement avec Mars du Scorpion à l’AS et une conjonction Lune-Pluton en dissonance de Saturne en VIII.  Il était là à la tragédie de l’évacuation réussie des troupes de Dunkerque l’été 1940 . Mais ce passionné à la rigidité de protestant  sec est un anglophobe convaincu de la victoire de l’Allemagne et qui s’engage sans réserve dans la collaboration aux côtés de Laval. A la libération, le 14 août 1944, il est victime de l’exécution sommaire d’un conseil de guerre de la Résistance.

 

Jean-Pierre ESTEVA (Reims, 51, 14 septembre 1880, 10 h, e.c.). Si Platon est un homme d’un seul tenant, jusqu’à l’entêtement obsessionnel, il en va tout autrement de cet amiral dont le puisant Uranus en X conjoint au Soleil et à Mercure, se heurte au coup de frein des dissonances venant d’un carré Lune-Saturne. Résident général en Tunisie de 1940 à 1943, il proteste le 9 novembre 1942 conte l’atterrissage en Afrique du Nord de cent bombardiers de la Luftwaffe, proclamant même de reprendre la lutte contre les forces de l’Axe. Mais pourtant, par fidélité au maréchal Pétain, il n’ose pas s’opposer aux ordres de Laval du 11 suivant de mettre les bases françaises à la disposition des Allemands. Ce qui lui vaudra, après avoir été pénalisé par Giraud, malgré les  félicitations de Pétain, de passer devant la Haute Cour de justice qui le condamne le 15 mars 1945 à la détention perpétuelle. Il sera gracié le 11 août 1950 pour raison de santé, peu avant sa mort.

 

Jean ABRIAL (Réalmont, 81, 17 décembre 1879, 13 h, e.c.). Commandant en chef des forces maritimes du Nord en 1940, c’est sur cet amiral que tombe l’épreuve de l’évacuation des troupes de la poche encerclée de Dunkerque : 338 000 hommes évacués dont 128 000 français ; opération honorablement exécutée. Pour un épisode de participation au régime de Vichy de 1940 à 1943, il sera condamné à 10 ans de travaux forcés ; peine commuée en 5 ans de prison et en mise en liberté conditionnelle le 2 décembre 1947. Il est l’homme d’une conjonction Mars-Neptune qui a son lot d’harmoniques et de dissonances.

 

Jean DECOUX (Bordeaux, 33, 5 mai 1884, 5 h., e.c.). En véritable homme de la mer, il est l’amiral d’une conjonction Soleil-Neptune à l’AS, portée par un trigone lunaire, avec Jupiter du Cancer au FC. Succédant à Catroux à la direction de l’Indochine en 1940, il y assume de son mieux les intérêts du pays, si bien qu’après avoir été au service de Vichy, de Gaulle le maintient en fonction en 1944. Arrêté sur ordre du raide Thierry d’Argenlieu, puis traduit devant la Haute Cour de justice, il bénéficiera d’un non lieu le 17 février 1849, jusqu’à être réintégré dans ses grades et prérogatives.

 

Philippe AUBOYNEAU (Istanbul, 9 novembre 1899, 19 h 30 m, e.c., acte n° 50). Comme avec Decoux, son Neptune est à l’AS, un Neptune maître du MC, lequel reçoit en plus un trigone d’une conjonction Soleil-Jupiter. En août 1940, ce futur amiral rallie Londres et deviendra en 1942 Commandant en chef des forces navales de la France libre, avec représentation au Comité de libération. Il contribue au débarquement de la Provence en 1944.

 

Archibald WAVELL (Colchester, 5 mai 1883). Conjonction Soleil-Neptune trigone Uranus avec conjonction Mars-Vénus en Bélier. Cela ne suffit pas, certes, à tracer la silhouette de ce militaire élevé à la dignité de maréchal en 1943 et devenu vice-roi des Indes, après avoir, en Afrique, remporté une victoire contre l’armée Graziani, puis subit une défaite par Rommel. Mais la ligne générale de sa configuration allait dans le bon sens. En Asie du Sud-est, il contiendra l’avance japonaise et gardera intact l’empire des Indes.

 

Louis de MOUNTBATTEN (Windsor, 25 février 1900). Ici, un climat est perceptible avec le Soleil et Mercure en Poissons, le premier en conjonction de Mars au trigone de Neptune, le même luminaire étant en aspect de l’ambitieuse Lune du Capricorne et de l’expansionniste conjonction Jupiter-Uranus du Sagittaire. Ce fils du prince Louis de Battenberg entre à la Royal Navy à douze ans et finit sa vie Premier lord de l’Amirauté, l’ amiral ayant reçu en septembre 1945 la reddition des forces nippones de l’Asie du Sud pour les avoir chassées de l’Océan indien et de la Birmanie.

 

Harold ALEXANDER (Londres, 10 décembre 1891). A l’entrée du Scorpion, une conjonction Mars-Uranus fait un sextil à Mercure-Vénus et un trigone à Jupiter. On peut comprendre que ce chef militaire ait subit la guerre de plein fouet, ayant été le commandant du 1er corps d’armée britannique durant la campagne de France et ayant dirigé l’évacuation des troupes anglaises de Dunkerque, en s’en tirant de son mieux. Il ne put contenir l’avance japonaise en Birmanie, mais, adjoint de Eisenhower, contribua à la conquête de la Tunisie et de la Sicile.

 

Bernard Law MONTGOMERY (Kennington, 17 novembre 1887, 21 h selon sa femme, Astrology et Luc de Marré). On ne peut se fier à la donnée horaire. Néanmoins, elle cadre avec l’individualisme original d’un Uranus au FC et l’avidité de passionné d’un Saturne du Lion à l’AS, avec la Lune en Capricorne, « Monty » ayant vécu une vie ascétique en campagne (n’ayant bu que de l’eau …) dans la tension de son exigeante ambition. Son Mars au triple sextil d’une conjonction Soleil-Mercure-Jupiter en Scorpion s’aligne sur le destin de ce maréchal glorieux.

 

George MARSHALL (Uniontown, Penn., 31 décembre 1880). Un des thèmes les plus harmoniques qui soient parmi l’ensemble des personnages examinés ici, avec, notamment, une conjonction des luminaires faisant un grand trigone avec le trigone Uranus-Neptune, et une conjonction Mercure-Mars du Sagittaire au trigone de Saturne et au sextil de Vénus. A la tête de l’état major aux côtés de Roosevelt qui l’associe à la vie politique en se faisant accompagner par lui de Casablanca à Yalta, il a recomposé la puissance des forces américaines. Ce général fut ensuite Secrétaire d’Etat en 1947, contribuant au redressement européen (le Plan Marshall) et travaillant à l’élaboration de l’OTAN. Il sera couronné Prix Nobel de la paix en 1953.

 

Chester William NIMITZ (Fredericksburg, Texas, 24 février 1885). Pour un amiral engagé dans une grande guerre, une conjonction Soleil-Mars en Poissons, justement en opposition de Jupiter, certes au carré de Pluton (le sous-marin est son affaire), mais aussi au trigone de la Lune du Cancer et soutenu par Uranus, outre d’autres harmoniques, cela sied à merveille.  Commandant en chef de la flotte du Pacifique, c’est lui qui gagne la victoire à la bataille aéronavale de Midway (début juin 1942) : un Trafalgar nippon ! En trois jours, en coulant quatre porte-avions de l’ennemi, les forces américaines brisent l’avance japonaise en renversant le cours des opérations militaires, ce grand vainqueur infligeant une telle défaite  méritait ainsi de devenir l’amiral américain le plus célèbre de cette Seconde Guerre mondiale.

 

Dwight D. EISENHOWER (Denison, Texas, 14 octobre 1890, au coucher du soleil, selon une déclaration personnelle, A.F.A. Bulletin, avril 1953). Approximativement, Mars et Jupiter sont de part et d’autre du MC, à cette double angularité se joignant celle d’Uranus au DS en conjonction du Soleil et de la Lune ! Ce général n’était pas un aigle de l’art militaire, mais c’est cette brave Balance d’homme  conciliateur et propre à faire collaborer une équipe qu’on est venu chercher pour l’opération Overlord : le débarquement en Normandie du 8 juin 1944. Ce commandant suprême des forces d’invasion de l’Ouest était bien choisi, point de départ d’une reconquête qui allait aboutir à la défaite générale de l’ennemi européen : il avait à la fois un Mars au trigone de Saturne et un Jupiter triangulé à un trigone de Mercure/Neptune-Pluton. Comme le Jupiter du Verseau en IV de de Gaulle pour notre pays, son Jupiter-Verseau en X symbolise en sa personne le libérateur des territoires de l’Europe occidentale.

 

Douglas MacARTHUR (Little Rock, Ark., 26 janvier 1880, 10 h 13 m, selon Lois M. Rodden. La précision à la minute entache de suspicion l’heure elle-même). Lui, par contre, relève de l’aigle, en ayant le profil et le regard perçant, autant que l’animalité indomptable. Probablement a-t-il l’ambitieuse opposition Jupiter-Uranus près de l’horizon (comme Napoléon, Bazaine …) . Mais il est aussi  à la merci de la dangereuse conjonction destructrice Mars-Pluton, ainsi que ce sera le cas à la guerre de Corée où - relevé de ses fonctions - son aventurisme risquait de conduire à une nouvelle guerre mondiale. Du moins, le Soleil du maréchal, en Verseau et au sextil de Saturne, fit-il son œuvre hors de la guerre lorsque, après avoir reçu la capitulation du Japon à laquelle il avait contribué en première ligne, il fut le proconsul avisé de ce pays.

 

George PATTON (San Gabriel, Cal., 11 novembre 1885, 18 h 38 m, « from family Bible », Lois Rodden). Lui aussi est un général de tempérament : maître de son Soleil-Scorpion, Mars-Vierge est au FC, aspectant, en compagnie d’une autoritaire conjonction Jupiter-Uranus, une opposition de Pluton à Mercure, maître d’AS. C’est un bagarreur, devenu chef de guerre flamboyant, tranchant et aux outrances, notamment verbales, qui le discréditent. Il a commencé par être un athlète du pentathlon  volontaire pour les chars de combat en 1918, jusqu’à être grièvement blessé en Argonne. Son audace et son agressivité le font désigner pour commander la VIIe armée US qui débarque en Sicile, libère Palerme et Messine. Puis la IIIe armée US qui fait une percée en Normandie et ne s’arrêtera que sur la Moselle, faute d’essence. Redépart ensuite jusqu’à l’approche de Prague. Il sera relevé de ses fonctions pour propos provocateurs à l’égard des Soviétiques, puis sera blessé mortellement dans un accident d’auto le 21 décembre 1945.

 

Carl MANNERHEIM (Villnäs, Turku, 4 juin 1867). Un Mars du Lion entre double carré à une opposition Saturne-Pluton et trigone à Neptune qu’une conjonction Soleil-Mercure centrale conforte de ses sextils. Cet ancien soldat de l’armée de Nicolas II, devenu maréchal de la Finlande, est devenu le héros de la résistance finlandaise à l’Armée rouge l’hiver 1939-1940, en s’étant battu dignement.

 

Josip Broz dit TITO (Kumrovetch, Croatie, 25 mai 1892, selon lui-même ; biographie de M.E. Naegelen, Flammarion, 1961). On comprend l’homme et sa performance, sachant que ce septième d’une pauvre famille de quinze enfants, quitte les siens à douze ans pour gagner sa croûte, acclimaté si jeune à une vie de galère qui le prépare à se battre en maquis, en s’en donnant aussi tous les moyens : sport, militant communiste clandestin, langues étrangères, et animé de la foi révolutionnaire d’une conjonction Soleil-Neptune. Secrétaire général du parti communiste yougoslave depuis 1936, il dirige aussitôt l’insurrection à l’arrivée de l’ennemi en avril 1941. Les maquis yougoslaves comptent parmi les plus importants de l’Europe et résistent à l’armée d’occupation, les Alliés finissant par reconnaître les partisans de Tito comme « l’armée alliée » de Yougoslavie à la Conférence de Téhéran en octobre 1943. Le « maréchal » (titre estimé justifié par tous, Hitler compris) s’est déjà emparé de la partie centrale de la Serbie et libère Belgrade le 20 octobre 1944 avec l’aide de l’Armée rouge. Il fallait le faire ! Mais son Mars du Verseau libérateur (comme le Jupiter du Verseau de Eisenhower libérateur de l’Europe occidentale et celui de la France pour de Gaulle) est, dans la kyrielle des chefs militaires de cette grande guerre qui ont défilé ici, l’un des plus dignifiés, faisant trois trigones à sa conjonction Soleil-Neptune-Pluton.

 

Gheorghi JOUKOV (Strelkovka/Kalouga, 19/11 – 1er décembre  1896, Bureau soviétique d’information). Sans doute est-ce sa conjonction Mars-Neptune au trigone de la Lune qui donne sa chance à cet ouvrier, engagé dans la cavallerie à dix-sept ans (conjonction Soleil-Mercure du Sagittaire), en se ralliant dès 1917 à la révolution. Ainsi politisé, sa formation militaire en fait déjà un chef d’état-major de l’armée soviétique à l’entrée en guerre de 1941, avant de devenir maréchal en 1943. Aussitôt en bonne place, il délivre d’abord Moscou de l’offensive ennemie, monte « l’opération Uranus » qui déclenche en novembre 1942 la contre-offensive se terminant par l’encerclement de l’armée de von Paulus à Stalingrad. Il sera au centre des victoires successives, si bien que c’est lui qui occupe Berlin le 2 mai 1945 et signe l’acte de capitulation du 8 mai. Son Soleil n’en est pas moins dissonant et sur le terrain du pouvoir, la guerre finie, il en connaîtra les déconvenues avec Staline et Khrouchtchev.

 

Kliment VOROCHILOV (Vierkhnee/Dniepropetrovsk, 23-1/4 février 1881). Un ouvrier métallurgique, membre du parti bolchévique dès 1903 et participant à la révolution d’octobre aux côtés de Staline, autorité politique devenue maréchal en 1938. Résistance sur le front de Leningrad en 1941 et libération de la Crimée en 1944. Un semi-sextil  Soleil-Mars se ramifie en sextil Soleil-Jupiter et en trigones de Mars à Uranus et Neptune.

 

Semion TIMOCHENKO (Fourmanovka/Ukraine, 6/18 février 1895). Un trigone Soleil-Jupiter peut accompagner la belle carrière de ce fils de paysan devenu maréchal en 1940. Autant que son Mars en Taureau brutalisé par une opposition d’Uranus en Scorpion, n’en justifie pas moins le choc de la dernière grande défaite soviétique essuyée par lui à Kharkov en mai 1942 : trois armées détruites, plus de 200 000 prisonniers avec un immense butin. Il dut être remplacé par Joukov.

 

Konstantin ROKOSSOVSKI (Velikie Louki, 9/21 décembre 1896). Avec une conjonction Mars-Neptune au trigone de Vénus, sur fond capricornien, ce fils d’ouvrier vite politisé et se donnant une formation militaire, sera maréchal en 1944, avec un parcours de campagne allant de la Biélorussie libérée au contact des troupes britanniques par Varsovie et Dantzig.

 

Ivan KONIEV (Lodeino//Kirov, 16/28  décembre 1897). Promu maréchal en 1944, ce fils de paysan pauvre, passé lui aussi par la politique, a vécu la traversée par Cracovie du front ukrainien jusqu’à la prise de Berlin où, assistant  Joukov, son armée rejoignit la sienne sur l’Elbe le 22 avril 1945 et celle de Patton le 25. Epopée de quatre positions en Sagittaire dont son Mars en conjonction de Vénus.

 

Rodion MALINOVSKI (Odessa, 11/23 novembre 1898). Le Sagittaire est aussi tout à fait à l’honneur avec le Soleil et quatre planètes dans le signe, Mars du Lion  faisant trois trigones aux luminaires et à Uranus conjoint au Soleil, ce Mars étant, avec celui de Tito, le plus valorisé. On peu comprendre que ce grand itinérant – de la France en 1916 et l’Espagne en 1937 à la Manchourie en 1945 – soit aussi ce « héros de l’Union Soviétique », décoré de nombreuses médailles étrangères, comptant parmi les meilleurs maréchaux de la « grande guerre nationale ». Son principal fait militaire est d’avoir brisé la contre-offensive de Manstein voulant délivrer Von Paulus de l’encerclement à Stalingrad, une défaite ultime de l’adversaire. Outre qu’il est ensuite devenu le libérateur de Bucarest, Budapest et Vienne.

 

Aleksandr VASSILIEVSKI (Novopokrovka/Ivanovo, 30 septembre 1895). Homme de conjonction Soleil-Mars au sextil de Jupiter et au trigone de Pluton, qu’assiste une conjoncion Mercure-Saturne du Scorpion, laquelle peut justifier, par la profondeur de son jugement critique, que ce Chef d’état-major général ait été un des plus proches conseillers de Staline. Il est, notamment, un des auteurs du plan « Uranus » qui brisa la tentative de délivrer de l’encerclement Von Paulus à Stalingrad. Ce qui lui confère le maréchalat le 16 février 1943.

 

 

NOTE  FINALE

 

Abandonnons nos recherches, découragées par un fouillis de guerres locales complexes survenues depuis lors et faute de documentation natale qualifiée, en faisant toutefois exception avec la guerre franco-indochinoise et la défaite française de Dien-bien-Phu du 7 mai 1954, au regard des trois principaux personnages impliqués. D’un côté, le général Henri NAVARRE (Villefranche-de-Rouergue, 12, 31 juillet 1898, 6 h., e.c.), commandant en chef en Indochine depuis mai 1953 : son Mars (8° Gémeaux) en X est dans le champ d’une conjonction de Pluton (15° Gémeaux) et d’une opposition Uranus-Saturne (29° Scorpion-5° Sagittaire). Tandis qu’en face, Vô Nguyên GIAP (Mai—Xa, près de Hué, 1er septembre 1910) a Mars (16° Vierge) épaulé sur un Soleil (8° Vierge) au trigone de Saturne (6° Taureau),  lui-même, étant au trigone d’Uranus (21° Capricorne) et au sextil de Neptune (20° Cancer). Ainsi que HO CHI MINH (Kim-lien/Nghê An, 19 mai 1890)  porté comme Tito par la foi révolutionnaire d’une conjonction Soleil-Neptune, et dont la figure centrale est un triangle que fait Jupiter (11° Verseau) par sextil et trigones à un alignement de Mars (9° Sagittaire) face à un amas de trois planètes (4° à 12° Gémeaux) près du Soleil, axe symptomatique de la longue tragédie guerrière du Viet-nam avec les Français puis avec les Américains, de 1947 à 1973.

 

HORIZONS   NOUVEAUX

 

Il est, assurément, d’autres manières de  manifestation de la tendance martienne. Ainsi, en rappelant qu’au sein du processus cyclique, la conjonction  est le moment fondateur, l’opposition son antithèse et le retour de conjonction une refondation, dans le cadre de la Seconde Guerre mondiale, on observe que la guerre franco-allemande s’est déroulée au long d’un hémicycle martien : l’astre, à 24° du Capricorne à la déclaration de guerre du 3 septembre 1939, se positionne à 23° du Cancer à la signature d’armistice du 22 juin 1940. De même que deux révolutions martiennes couvrent la guerre germano-soviétique, l’astre ayant été à 27° des Poissons au départ de l’attaque allemande du 22 juin 1941, pour s’y retrouver (28° Poissons) lorsque le 30 avril 1945 le drapeau soviétique fut planté au piton du Reichstag, quelques heures après le suicide d’Hitler. En outre, à l’expiration de l’ultimatum de la France à l’Allemagne, à la 17e heure du 3 septembre 1939, Mars entre en conjonction de l’AS du ciel de Paris. De même que l’attaque nippone du 7 décembre 1941 sur Pearl Harbor, commencée une dizaine de minutes avant 8 heures (h. locale), se  produit alors que Mars du Bélier (sortant de son opposition périhélique) franchit le méridien de Pearl Harbor (au FC), lieu de l’impact militaire initial de la guerre nouvelle. Et le soir, dans les minutes (à 17 h 10, h. du lieu)) où le Président Roosevelt signe à la Maison Blanche l’acte de la déclaration de guerre qui mobilise toute la population de son pays, l’AS local passe sur le Mars des Etats-Unis à 21° des Gémeaux.

 

On a déjà vu que, en une véritable constellation, Mars pointe aux angles, surtout à l’AS, chez les souverains et chefs d’Etat qui chutent ensemble dans une guerre commune. Or, un phénomène semblable accompagne les éclatements de guerre des Etats concernés. Ainsi, pour la France, dont la IIIe République (Paris, 4 septembre 1870, 16 h 45 m) est née au coucher de Mars à 27° du Cancer, au DS), la Première Guerre mondiale éclate lorsque Neptune transite ce Mars, et c’est même dans les journées qui suivent le transit du Soleil sur ce Mars qu’éclate la guerre le 3 août 1914 (tandis que c’est Jupiter qui s’en approchera d’une dizaine de degrés à l’armistice du 11 novembre 1918). Pareillement, ce sera au transit suivant de Pluton sur ce Mars que s’imposera le cataclysme de la Seconde Guerre mondiale en septembre 1939 (Mars à 22° du Cancer revenant sur sa position du 4 septembre 1971 à la capitulation du 22 juin 1940). Mais parallèlement au transit Pluton/Mars de la IIIe République française, Neptune transite le Mars du IIIe Reich. Et comme le Mars français est opposé aux Mars de la Grande-Bretagne et de l’Italie, ainsi que le Mars allemand l’est au Mars du Japon et au carré du Mars des Etats-Unis (voir figure de l’ensemble concerné dans « Panorama du monde des affinités électives »), c’est l’enchaînement général d’une mondialisation de la guerre que formule une telle constellation.

 

Sans oublier les rapports de personne à personne, comme, par exemple, la concentration des quatre Mars de Danton, Robespierre, Marat et Saint-Just sur le Soleil, et même la conjonction Soleil-Jupiter, de Louis XVI (« Panorama … »), etc …

 

On notera l’absence des femmes dans cette calamiteuse chronique martiale : elles préfèrent l’amour à la guerre … Certes, là où il y a des troufions…, mais c’est une autre affaire. N’empêche qu’il y a des cas d’exception. Derrière une Jeanne d’Arc dont nous échappe la donnée natale, tel est celui de Thérèse FIGUEUR, ancien dragon des armées de la République, déjà présente au siège de Toulon, qui arrive à se faire incorporer masculinement le 1er avril 1794 au 15e Régiment des Dragons, sous le nom de Sans-Gêne, faisant en habits d’homme les campagnes d’Espagne et d’Italie, et rentrant dans la vie civile, pour raison de santé, avec une pension annuelle de 200 livres, accordée le 18 fructidor an VIII. La biographe de cette insolite femme-soldat, Marie-Hélène Bourquin, la fait naître à Talmay en Côte d’Or, le 17 janvier 1774, avec une Lune en Bélier qui accompagne une conjonction Soleil-Mars à 1° d’orbe en Capricorne.

 

C O N C L U S I O N

 

Pour l’essentiel , on devra retenir de cette exploration qu’effectivement les victoires militaires s’alignent sur les harmoniques martiennes et solaires, avec renfort jupitérien, alors que les défaites sont généralement le lot de leurs dissonances avec charge saturnienne, la  culmination de cet astre y étant largement à l’honneur avec sa conjonction solaire, et surtout qu’aucun des plus glorieux chefs de guerre de ce panorama général historique n’a un Mars qui égale, et de loin, l’unique édifice martien de Napoléon, véritable cathédrale de la nature. Et s’il faut retenir une conclusion de ce double bilan, en usant du langage gagnant-perdant propre à cet astre de la compétition, on conviendra – cordialement ou de mauvaise grâce - que la partie aboutit à une franche victoire de l’astrologie. Champagne !

 

LES 100 DERNIERS MARECHAUX DE FRANCE

  • Pierre KOENIG : Caen (14), 10/10/1898, 23 h 50 m. Fait maréchal à titre posthume en 1984.

  • Philippe de Hautecloque dit LECLERC : Château de Belloy,  Saint-Léonard (80), 22/11/1902, 20 h. Maréchal à titre posthume en 1952.

  • Jean-Marie Gabriel de LATTRE DE TASSIGNY : Mouilleron-en-Pareds (85), 2/02/1889, 9 h. Maréchal à titre posthume en 1952.

  • Alphonse JUIN : Bône, Algérie, 16/12/1888, 11 h. Maréchal en 1952.

  • Joseph MAUNOURY : Maintenon (28), 17/12/1847, 2 h. Maréchal à titre posthume en 1923.

  • Joseph Simon GALLIENI : Saint-Béat (31), 24/04/1849, 5 h. Maréchal à titre posthume en 1921.

  • Louis Hubert LYAUTEY : Nancy (54), 17/11/1854, 17 h. Maréchal en 1921.

  • Louis FRANCHET D’ESPEREY : Mostaganem, Algérie, 25/05/1856, 20 h 30 m. Maréchal en 1921.

  • Marie-Emile FAYOLLE : Le Puy (43), 14/05/1852, 15 h. Maréchal en 1921.

  • Philippe PETAIN : Cauchy-la-Tour (62), 24/04/1856, 22 h 30 m. Maréchal en 1918.

  • Ferdinand FOCH : Tarbes (65), 2/10/1851, 22 h. Maréchal en 1918.

  • Joseph Jacques JOFFRE : Rivesaltes (66), 12/01/1852, 8 h. Maréchal en 1917.

  • Edmond LEBOEUF : Paris, 5/12/1809, 23 h 30 m. Maréchal en 1870.

  • François-Achille BAZAINE : Versailles, 13/02/1811, 12 h. Maréchal en 1864.

  • Elie Frédéric FOREY : Paris, 10/01/1804, 13 h. Maréchal en 1863.

  • Philippe-Antoine  d’ORNANO : Ajaccio (20), 17/01/1784. Maréchal en 1861.

  • Auguste-Michel-Etienne REGNAULT : Paris, 30/07/1794, 10 h. Maréchal en 1859.

  • Adolphe NIEL : Muret (31), 4/10/1802, 4 h. Maréchal en 1859.

  • Maurice de MAC-MAHON : Château de Sully (71), 13/06/1808, 12 h.. Maréchal en 1859.

  • Pierre-Joseph-François BOSQUET : Mont-de-Marsan (40), 8/11/1810 ; déclaré ce même jour à 10 heures du matin et « né présentement » … Maréchal en 1856.

  • François-Certain CANROBERT : Saint-Céré (46), 27/06/1809, 14 h. Maréchal en 1856.

  • Alexandre RANDON : Grenoble (38), 25/03/1795. Maréchal en 1856.

  • Jacques PELISSIER : Maromme (76), 6/11/1794, 1 h 30 m. Maréchal en 1855.

  • Achille de BARAGUEY D’HILLIERS : Paris, 6/09/1795, 10 h. Maréchal en 1854.

  • Boniface de CASTELLANE : Paris, 21/03/1788. Maréchal en 1852.

  • Bernard Pierre MAGNAN : Paris, 7/12/1791. Maréchal en 1852.

  • Armand-Jacques LEROY de SAINT-ARNAUD : Paris, 20/08/1798, 15 h. Maréchal en 1852.

  • Jean-Baptiste VAILLANT : Dijon (21), 6/12/1790. Maréchal en 1851.

  • Isidore EXELMANS : Bar-sur-Ornain (55), 13/11/1775 ; baptisé le même jour. Maréchal en 1851.

  • Jean-Isidore HARISPE : Mauléon (64), 7/12/1768 ; baptisé le même jour. Maréchal en 1851.

  • Jérôme BONAPARTE : Ajaccio (20), 15/11/1784, 14 h. Maréchal en 1850.

  • Guillaume DODE DE LA BRUNERIE : Saint-Geoire (38), 30/04/1775. Maréchal en 1847.

  • Joseph REILLE : Antibes (83), 1/09/1775. Maréchal en 1847.

  • Thomas Robert BUGEAUD : Limoges (87), 15/10/1784, bapt. du jour. Maréchal en 1843.

  • Jean-Baptiste DROUET : Reims (51), 29/07/1765, bapt. le même jour à l’église … Maréchal en 1843.

  • Horace SEBASTIANI : La Porta (20), 10/11/1772, « né de ce jour ». Maréchal en 1840.

  • Sylvain-Charles VALEE : Brienne-le-Château (10), 17/12/1773. Maréchal en 1837.

  • Emmanuel GROUCHY : Paris, 23/10/1766. Maréchal en 1815, suspendu jusqu’en 1831.

  • Georges MOUTON DE LOBAU : Phalsbourg (54), 21/02/1770, bapt. le même jour. Maréchal en 1831.

  • Bertrand CLAUSEL : Mirepoix (9), 12/12/1772. Maréchal en 1831.

  • Etienne Maurice GERARD : Damvilliers (55), 4/04/1773, bapt. le même jour . Maréchal en 1830.

  • Victor CHAISNE de BOURMONT : Château de Bourmont (49), baptisé le 2/09/1773, « né la nuit dernière ». Maréchal en 1830.

  • Nicolas Joseph MAISON : Epinay-sur-Seine (93), 19/12/1771, bapt. le même jour. Maréchal en 1829.

  • Prince Louis-Aloyse de HOHENLOHE-WALDENBURG : Bastenstein/Würtemberg, 18/08/1765, 20h.   Maréchal en 1827.

  • Gabriel-Jean-Joseph MOLITOR : Dayaugel (57), 7/03/1770. Maréchal en 1823.

  • Bernard Law de LAURISTON : Pondichéry, 1/02/1768. Maréchal en 1823.

  • C. J. H. du Houx de VIOMENIL : Ruppes (88), 22/08/1734, bapt. le même jour. Maréchal en 1816.

  • Henri-Jacques-Guillaume CLARKE : Landrecies (59), 17/10/1765, « 11 heures du soir ». Maréchal en 1816.

  • Pierre Riel de BEURNONVILLE : Champignolle (10), 10/05/1752. Maréchal en 1816.

  • M. F. H. de Franquetot, duc de COIGNY : Paris, 28/03/1737. Maréchal en 1816.

  • Joseph PONIATOWSKI : Varsovie, 7/05/1763. Maréchal 3 jours avant sa mort en 1813.

  • Laurent GOUVION SAINT-CYR : Toul (54), 6/02/1752, bapt. le même jour. Maréchal en 1812.

  • Louis Gabriel SUCHET : Lyon (69), 2/03/1770, bapt. le même jour. Maréchal en 1811.

  • Alexandre MACDONALD : Sedan (8), 17/11/1765, « né aujourd’hui ». Maréchal en 1809.

  • Nicolas Charles OUDINOT : Bar-sur-Orne (55), 25/04/1767, bapt. le même jour. Maréchal en 1809.

  • Auguste-Frédéric-Louis MARMONT : Châtillon-sur-Seine (21), « né et ondoyé à la maison le 20/07/1774 ». Maréchal en 1809.

  • Victor Perrin dit VICTOR : La Marche (88), 7/12/1764, bapt. le même jour. Maréchal en 1807.

  • Pierre-François-Charles AUGEREAU : Paris, 21/10/1757, baptisé et « né de ce jour ». Maréchal en 1804.

  • Jean BERNADOTTE : Pau (64), 26/01/1763. Maréchal en 1804.

  • Alexandre BERTHIER :Versailles, 20/11/1753. Maréchal en 1804.

  • Jean-Baptiste BESSIERES : Prayssac (46), 6/08/1768. Maréchal en 1804.

  • Guillaume BRUNE : Brive-la-Gaillarde (19), 13/03/1763. Maréchal en 1804.

  • Louis Nicolas DAVOUT : Annoux (89), 10/05/1770. Maréchal en 1804.

  • Jean-Baptiste JOURDAN : Limoges (87), 29/04/1762. Maréchal en 1804.

  • Jean-Christophe KELLERMANN : Strasbourg (67), 23/04/1735.. Maréchal en 1804.

  • Jean LANNES : Lectoure (32), 10/04/1769. Maréchal en 1804.

  • François-Joseph LEFEBVRE : Rouffach (68), 25/10/1755. Maréchal en 1804.

  • André MASSENA : Nice (6), 6/05/1758. Maréchal en 1804.

  • Adrien de MONCEY : Palisse (25), 31/07/1754. Maréchal en 1804.

  • Joseph MORTIER / Le Câteau-Cambrésis (59), 13/02/1768, « 3 h ½ après-midi ». Maréchal en 1804.

  • Joachim MURAT : La Bastide-Fortunière (46), 25/03/1767. Maréchal en 1804.

  • Michel NEY : Sarrelouis (57), 10/01/1769. Maréchal en 1804.

  • Dominique PERIGNON : Grenade (31), 31/05/1754. Maréchal en 1804.

  • Philibert SERURIER : Laon (2), 8/12/1742, bapt. le même jour. Maréchal en 1804.

  • Nicolas SOULT : Saint-Amans-la-Bastide (81), 29/03/1769, bapt. le même jour. Maréchal en 1804.

  • Nicolas de LUCKNER : Cham, Bavière, 12/01/1722, bapt. le même jour. Maréchal en 1791.

  • Donatien de Vimeur, comte de ROCHAMBEAU : Vendôme (41), baptisé le 2/07/1725, « né d’hier au soir ». Maréchal en 1791.

  • Ch. Eug. G. de La Croix, marquis de CASTRIES : Paris, 26/02/1727. Maréchal en 1783.

  • Noël de VAUX : Château de Vaux près de Rétournac (34), 10/03/1710. Maréchal en 1783.

  • Auguste Joseph de MAILLY : Neufchatel (76), 5/04/1707, bapt. le même jour. Maréchal en 1783.

  • Philippe Henri de SEGUR : Paris, 20/01/1724. Maréchal en 1783.

  • Charles-Just prince de BEAUVAU-CRAON :  Lunéville (54), 10/11/1720. Maréchal en 1783.

  • Philippe de Noailles, duc de MOUCHY : Paris, 7/12/1715. Maréchal en 1775.

  • Emmanuel de CROY : Condé en Hainaut, 23/06/1718. Maréchal en 1783.

  • Louis de NOAILLES : Paris, 21/04/1713. Maréchal en 1775.

  • Victor-François de BROGLIE : Paris, 19/10/1718. Maréchal en 1759.

  • Charles de Rohan, prince de SOUBISE : Versailles, 16/07/1715, bapt. le même jour. Maréchal en 1758.

  • Louis Armand duc de RICHELIEU : Paris, 13/03/1696, « ondoyé le même jour à la paroisse Saint-Paul ». Maréchal en 1748.

  • Maurice de SAXE : Goslar/Saxe, 19/28-10-1696. Maréchal en 1744.

  • Abraham de FABERT : Metz (57), 15/10/1599. Maréchal en 1658.

  • Sébastien Le Prestre, marquis de VAUBAN : Saint-Léger (89), 1er/05/1633. Maréchal en 1703.

  • Louis-Hector de VILLARS : Moulins (3), 8/05/1653, acte de baptême daté du 21 mai ( ?). Maréchal en 1702.

  • Nicolas de CATINAT : Paris, 1er/09/1637. Maréchal en 1693.

  • François  de Neufville, duc de VILLEROI : Lyon (69), 7/04/1644. Maréchal en 1693.

  • Anne Hilarion de Cotentin, comte de TOURVILLE : Château de Tourville, déclaré baptisé le 24/11/1642, sans précision de naissance. Maréchal en 1693.

  • François Henri de Montmorency, duc de LUXEMBOURG : Paris, 7/01/1628. Maréchal en 1675.

  • Josias, comte de RANTZAU : Le Holstein, Danemark, 18/10/1609. Maréchal en 1645.

  • Henri de La Tour d’Auvergne de Bouillon, vicomte de TURENNE : Sedan (8), 11/09/1611. Maréchal en 1643.

  • Maximilien de Béthune, duc de SULLY :  château de Rosny-sur-Seine (78), 13/12/1559. Maréchal en 1634.

 

Bibliographie :

Collectif : Dictionnaire des Maréchaux de France ; Perrin, 1988.

Jacques Jourquin : Dictionnaire des maréchaux du Premier Empire ; Christian/Jas, 1999.

Ronald Zins : Les Maréchaux de Napoléon III ; Horvath, 1996.

 

Dans ce site : Le pacte de Munich, Le pacte germano-soviétique, les astralités de la Seconde Guerre mondiale, Les chefs d’Etat de la Seconde guerre mondiale, Les configurations inter-personnelles, L’Indépendance des Etats-Unis, La seconde guerre de l’indépendance américaine. Outre les notes concernant les maréchaux aux textes suivants : La Restauration, La Monarchie de Juillet, La Seconde République et Le Second Empire.

 

Paris, 25 février 2008

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