Astrologie Individuelle
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Les configurations Inter-personnelles

 

Chers Collègues,

 

En entrée en matière, j’aimerais revenir au principe de l’étude des configurations interpersonnelles.

 

Je constate, en effet, que de plus en plus se répand le recours au thème spéculatif dressé pour la date intermédiaire aux naissances des deux personnes confrontées, sensé être leur thème commun. Qu’est-ce qui justifie une opération aussi périlleuse ? Vous savez, dans ce pays d’utopie qu’est l’astrologie, on peut faire n’importe quoi et on trouve toujours quelque chose ! Hélas … et l’astrologie rêvée est inépuisable. Donnez-vous plutôt un minimum de risque et vous vous porterez mieux. A supposer, en tout cas, que ce procédé ait quelque valeur, de toute façon, cette démarche est frappée de dévalorisation en tant que source indirecte, différée, dérivée. Pourquoi tourner autour du pot, sans d’ailleurs être sûr qu’il y en ait un, avec un tel intermédiaire ?

 

Mieux vaut aller au fait en direct, dans le face à face immédiat des astralités du couple observé. Ici, pas de spéculation et rien n’est plus pur : Cette prise interpersonnelle brute dit tout, outre qu’elle reçoit d’ailleurs une pleine confirmation.

 

 

Vous avez sous les yeux le plus beau bilan astrologique qui soit. Il s’agit d’une observation effectuée à l’INSEE par Didier Castille qui a fait une enquête sur les 6.498.658 mariages conclus en France de 1976 à 1997. L’analyse porte sur les positions longitudinales respectives du Soleil du mari et du Soleil de l’épouse. Positions comptabilisées l’une par rapport à l’autre en écart angulaire, cet écart allant de 0° - conjonction Soleil-Soleil qui se produit lorsque les « conjoints » ont le même anniversaire de naissance – à 180° de par et d’autre, lorsque, dans ce cas, six mois séparent leurs anniversaires. Il saute aux yeux que le maximum des unions se font entre anniversaires voisins, avec un sommet à la conjonction de 5° d’orbe, 10 journées de pointe contribuant le plus au couple. Nous sommes, ici, en présence d’un fait astrologique qui témoigne d’un « effet » de conjonction tendant à unir affectivement l’homme et la femme dans le mariage.

 

Cette piste du face-à-face en direct, « prenez-en de la graine », d’autant que c’est la voie traditionnelle, et ce champ se suffit parfaitement à lui-même, car il pose la configuration entière de l’un vis-à-vis de la configuration entière de l’autre, dans une multi-dimensionnalité de la relation humaine. Le fondement de nos astralités est d’ailleurs d’ordre interpersonnel : l’homme et la femme ont leur champ astral propre (on vient d’en avoir un angle donné) ; puis le couple père-mère engendre du semblable : nés au lever ou à la culmination de telle planète, leur progéniture tend à répéter cette même configuration, transmission d’un patrimoine héréditaire à travers le tissu d’un tempérament planétaire.

 

Avec le collectif du mariage, on a vu à l’œuvre un effet de conjonction : son pouvoir de rapprocher et d’unir. Voyons maintenant l’aspect d’en face : le pouvoir d’éloignement, de division, de séparation et d’hostilité de l’opposition.

 

 

Voici le cas le plus flagrant que je connaisse parmi l’ensemble des personnages historiques de ma collection. Je n’ai pas trouvé mieux, en effet, que le duo Napoléon-Bernadotte (26 janvier 1763) qui cumule une quintuplice oppositionnelle :Soleil-Soleil, Mercure-Mercure, Vénus-Vénus, Mars-Mars et Jupiter-Jupiter ! Des astralités comme dressées l’une contre l’autre.

 

Un lien de parenté a rapproché les deux hommes, Bernadotte et le frère aîné de Bonaparte, Joseph, ayant épousé les deux sœurs. Or, l’antagonisme entre les deux hommes a été immédiat et a abouti à l’extrême. Bernadotte a avoué ce divorce fondamental : « J’ai reconnu cette fatalité qui me poursuit depuis longtemps et qui me place depuis toujours sans qu’il y ait de ma faute au travers des intentions du Premier Consul », et il finira par penser qu’il est « la personne que l’empereur haït le plus ». Finalement, ce maréchal de France fait par l’empereur, après avoir été une sommité au cœur des fastes militaires de l’Empire et de la Grande Armée, devenu prince héritier de Suède, finira par donner le coup de grâce à Napoléon à la défaite de Leipzig, en ayant en plus secrètement tenté de prendre sa place au sommet de l’Etat français !

 

Ce qui corse encore plus l’histoire du pouvoir conflictuel de l’opposition entre les deux hommes, c’est qu’il y a entre eux une femme, Désirée Clary (8 novembre 1777), qui est la « petite fiancée de Bonaparte » avant de devenir l’épouse de Bernadotte – les positions de celle-ci figurent à l’intérieur du zodiaque – dont le Soleil du Scorpion (dramatiquement conjoint à Saturne) est précisément à équidistance de leurs Soleils.

 

 

Curieux personnage que cette ténébreuse vengeresse qui a sa Lune accouplée au Soleil et sa Vénus accouplée au Mars de son mari ; et du même coup en face de ceux de son ancien fiancé.  Si Napoléon a appelé Bernadotte « l’homme obstacle », du fait de le rencontrer constamment contre sa volonté, Désirée ne s’est pas trompée dans son choix, ayant dit de ce dernier : « … j’ai consenti à l’épouser lorsqu’on m’a dit qu’il était homme à tenir tête à Napoléon ». Oui, c’était là sa vengeance de fiancée platement délaissée par le jeune corse, et tout donne à penser qu’elle va savourer une sombre mais délectable volupté de punition. On la voit servir d’intermédiaire entre les deux géants, s’immisçant en femme plus qu’en politique au centre du conflit entre les deux rivaux, assistant désolée et réjouie, dans une exaltation baignée de larmes, à l’exil de l’aigle impérial. Cette histoire triangulaire n’est-elle pas clairement lisible dans la parfaite symétrie de leurs dessins astraux ?

 

Au-delà du cercle intimiste de la relation privée, ce phénomène interpersonnel s’exerce chez l’être sociétal jusqu’à l’enchaînement transgénérationnel. J’en ai fourni un exemple illustre au n° 133 de L’Astrologue à propos des cinq fondateurs de l’astronomie moderne. Dans la réalisation de cette révolution scientifique, on observe un relais en chaîne dans le cadre d’un arbre généalogique, au cours d’un cycle Uranus-Neptune en Scorpion, commencé avec Copernic et achevé avec Newton. On y relève trois points zodiacaux de superposition, dont deux où sont impliqués leurs Soleils : le Capricorne où se juxtaposent ceux de Tycho-Brahé, de Kepler et de Newton ; et les Poissons où se rejoignent ceux de Copernic et de Galilée. Outre que sur ces derniers viennent se rassembler le Jupiter de Kepler et une conjonction Jupiter-Saturne de Newton. A y bien penser, cet édifice corrélationnel, témoignage d’une intersolidarité intellectuelle du plus haut niveau, représente un véritable monument temporel qui a la grandeur d’un Panthéon !

 

 

Je ne puis résister au désir de vous soumettre, dans un ordre différent qui est celui du rapport d’un Etat et d’un personnage, un cas récent d’actualité française.

 

La Ve République est née sous la conjonction fondatrice Jupiter-Neptune à 3-4° du Scorpion, l’Uranus-Ascendant du général de Gaulle, à 29° de la Balance, en ayant été l’accoucheur. Naturellement, les premiers degrés du Taureau sont son front d’opposition, lieu dominant de ses divisions et conflits. Ainsi, tandis que le référendum instituant l’élection présidentielle au suffrage universel est du 28 octobre 1962, alors que repasse sur la grande conjonction un Soleil triangulé à un trigone Jupiter-Neptune, on relève une répétition d’épisodes critiques aux passages solaires oppositionnels de fin-avril : putsch des généraux d’Alger en 1961, éclatement de la crise de mai 68, départ de de Gaulle l’année suivante : c’est même une endeuillante conjonction Soleil-Saturne qui y passe en 1969 (la mort du père) …

 

Déjà, curieusement, l’adversaire principal de de Gaulle, François Mitterrand, avait Jupiter à 0°du Taureau, mais aussi, le Soleil à 2° du Scorpion. Avec une telle opposition sur la conjonction native, il n’est pas étonnant qu’il ait fait basculer le régime gaulliste de la Ve République en amenant l’opposition de gauche au pouvoir, puis qu’avec lui nous ayons vécu une première cohabitation, superbe figure d’union des contraires.

 

Eh bien ! Jean-Marie Le Pen, lui, a Jupiter à 3° du Taureau, épaulé par conjonction d’un ultra-agressif Mars du Bélier. Avec ce quadruple affrontement, peut-on trouver plus pur signe d’hostilité, d’inimitié ? Qui plus est, cet opposant numéro-un français aux valeurs républicaines a vécu les temps les plus forts de son affrontement au régime alors que le Soleil transitait sa conjonction jupitérienne, point vulnérable de la Ve République.

 

Il n’atteint pas même 1 % de suffrages aux élections présidentielles de 1974, mais c’est un 5 mai. En revanche, l’effet de surprise a lieu aux présidentielles de 1988 où il obtient 14,39 % : cette fois, le scrutin est du 24 avril, au passage solaire à 4° du Taureau se joignant Mercure et Jupiter à 7-10° du Taureau. Enfin – alors que son Soleil natal recevait un trigone d’Uranus céleste – le Soleil du jour était à 1° du Taureau ce 21 avril 2002 quand, atteignant plus de 17 % de voix, Le Pen, dépassant Jospin, passait au second tour des dernières élections présidentielles ! N’est-elle pas significative cette répétition, et, avec ce procédé comparatif bien mené, n’avons-nous pas en mains un outil formidable d’élucidation de la relation humaine ? Ajoutons que Jacques Chirac a Vénus à 3° du Scorpion.

 

Après cet aperçu général, penchons-nous sur les principaux hommes d’Etat  sur lesquels s’est condensé le microcosme de la Seconde Guerre mondiale : Hitler et Mussolini, puis, avec de Gaulle, Churchill, Roosevelt et Staline, à propos duquel le registre de l’église de Gori, Géorgie, révèle qu’il est né le 6/18 décembre 1878 (et non le 21 décembre 1879 comme il l’a dit).

 

Une comparaison de thèmes, c’est, essentiellement, le face à face d’une douzaine de positions de l’un à la douzaine de positions de l’autre avec leurs multi-interférences. Inter-connexions que surplombent les points de rencontre, prises directes où se greffent les liens

primordiaux. Dans le microcosme d’un noyau de plusieurs protagonistes, ainsi que sont nos six participants, c’est justement l’agglutination de leurs connexions en carrefour commun – là se jouant les effets des conjonctions et des oppositions – qui livre la synthèse du devenir historique qu’ensemble ils incarnent.

 

Vous avez sous les yeux la figure qui illustre l’échiquier de la Seconde Guerre mondiale à travers ces personnages. Elle dresse d’ailleurs un axe oppositionnel qui polarise les antagonistes en deux camps adverses.

 

Ce n’est pas seulement une commune signature urano-saturnienne (les deux astres sont angulaires chez l’un et l’autre) de tendance dictatoriale qui rapproche Hitler et Mussolini. C’est aussi et surtout que le frénétique Allemand a son Milieu du ciel sur le Soleil-Lion de l’emphatique Italien. Et il s’agit, plus largement, de la superposition d’une conjonction MC-Saturne du premier à une conjonction Soleil-Mercure maître du MC, du second. Le concours de Saturne, certes puissamment chargé et soulevé par une conjonction Lune-Jupiter du Capricorne, mais finalement entraîné dans une chute avec son carré à Mars du Taureau (tous deux en signes d’exil), fait du Führer le mauvais génie du Duce. Rien ne le confirme mieux que le thème personnel de ce dernier, avec la présence des « maléfiques » Mars, Saturne et Pluton en VII : c’est son associé qui le perd. Mussolini avait la ressource de réussir supérieurement : il finira au plus mal.

 

En face du centre de gravité de l’axe Berlin-Rome s’alignent en un tout les positions dominantes des quatre autres personnages coalisés dans un effet d’opposition :

 

                        Churchill a Saturne à 9° du Verseau.

                        Staline, son Jupiter à 7° du Verseau.

                        Roosevelt, son Soleil à 11° du Verseau et Vénus à 6°

                        De Gaulle, Jupiter et Mars à 6° et 11° du Verseau.

 

Il faut aussi enregistrer que ni Pétain, ni Laval, pas plus que Franco, n’ont de position en Lion ou en Verseau. Tout au plus peut-on observer que le Soleil de Pétain au début du Taureau est à équidistance des deux pôles, ce qui se prête à un rôle de double jeu. Encore que le côte-à-côte des Soleils de Hitler et de Pétain ait aussi valeur de rapprochement, ce qui fait penser au vieux maréchal s’accommodant de la victoire allemande. Et si Hitler est du 20 avril, Hirohito, empereur du Japon, est du 29 avril …

 

 

Par contraste accusé de natures humaines, Churchill et Hitler se détestent viscéralement, comme deux espèces animales étrangères, l’enchevêtrement de leurs dissonances respectives battant un record ; et surtout, le Mars du Premier Britannique est sur l’Ascendant-Uranus du dictateur. De Roosevelt à Hitler se dresse surtout le rempart de principes politiques antinomiques, le Saturne de l’un faisant dissonance au Soleil de l’autre dans un chassé-croisé interdisant tout dialogue. L’ambivalence des relations entre Staline et Hitler justifie deux temps de cette guerre : celui du pacte germano-soviétique dont peut rendre compte la superposition capricornienne de Mercure du maître du Kremlin à la conjonction Lune-Jupiter du chef nazi. Puis celui de la guerre germano-soviétique que suffit à justifier symboliquement l’opposition du Mars de l’un au Mars de l’autre.

 

Sur la souche commune qui groupe au Verseau les partenaires alliés, on entre aussi dans la particularisation des relations de l’un à l’autre, en intégrant également d’autres composantes deleurs thèmes.

 

Entre Churchill et de Gaulle –les deux premiers partenaires – l’effet de rapprochement de conjonction est presque celui d’associés obligés : avec leurs anniversaires voisins (29 novembre et 22 novembre), leurs Soleils sont à 8° d’orbe, à 4° leurs Vénus et à 15°leurs Mercures. Aucun politique français de 1940 ne pouvait, mieux que de Gaulle, lier son sort au Premier Ministre britannique. S’ajoute une superposition Jupiter/Ascendant à 22-23° de la Balance, dans un climat commun de survitale conjonction Mars-Jupiter, de la Balance au Verseau. Conditions ultra-propices pour que le Saturne churchillien, superposé au duo Mars-Jupiter gaullien, puisse, en dépit de l’âpreté et de la rudesse des relations tendues et même orageuses, finir par faire jouer la solidarité des intérêts communs de deux voisins.

 

De Churchill à Roosevelt, c’est un champ entier de nombreux trigones et sextils qui tapissent leurs relations, en particulier dans la triplicité Air. Ces deux jupitériens s’entendent à merveille comme deux amis qui traitent des intérêts communs dans la meilleure humeur. Quant à la superposition Saturne/Soleil, si c’est une saturnisation qu’Hitler fait subir au Soleil de Mussolini par sa défaite, en entraînant sa chute, comprenons ici qu’avec la victoire, la puissance solaire américaine est venue au secours de l’Anglais plongé dans l’épreuve saturnienne de son combat solitaire.

 

Le sauvetage est aussi venu de Staline, vainqueur du même adversaire, ce que l’on peut comprendre du Jupiter du chef de l’Union Soviétique : s’appliquant comme un baume sur la misère saturnienne d’une Angleterre isolée, l’ennemi dominant le continent. 18 décembre/29 novembre : 19° seulement séparent leurs Soleils sagittariens, ce qui pouvait contribuer à les rapprocher par réaction, l’ennemi de mon principal ennemi devenant un associé efficace, aussi différents et étrangers que puissent être le Britannique, jupitérien épanoui, et le silencieux et solitaire saturnien du Kremlin.

 

C’est entre Roosevelt et Staline que se présente la meilleure touche, puisque se rencontrent une conjonction Soleil-Vénus du premier et le Jupiter du second. C’est d’ailleurs sous le meilleur jour de son Jupiter du Verseau qu’à cette époque est apparu celui dont la vaillante Armée rouge avait brisé la machine de guerre nazie, méritant gratitude et bénéficiant d’une offensive de charme du président américain, celui-ci ayant espéré l’amadouer pour le rapprocher du camp des démocraties. Vaine tentative Verseau d’amitié …

 

Jupiter sur Jupiter entre de Gaule et Staline, c’est un peu la situation occasionnelle de l’un qui s’appuie sur l’autre pour contre-balancer la trop envahissante domination anglo-américaine. Autrement, les deux hommes eussent vite fait de se heurter avec l’opposition des Saturnes et un Soleil à 4°du Mars de l’autre. Tandis que c’est au même degré que se superposent le Soleil de Roosevelt et le Mars du chef de la France libre, et l’on sait l’hostilité qui sévit entre les deux hommes.

 

Il est temps de clore  cet entretien, mais je n’aurai pas perdu mon temps si je vous ai convaincu que la lecture des comparaisons des thèmes est un exercice édifiant.

 

2e Congrès de la Fédération d’Astrologie d’Europe du Sud.

Montpellier le 6 juillet 2002.    

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