Astrologie Mondiale
(Pratique)

Présentation Articles Publications Imagerie Liens

 

La Conjonction SOLEIL-JUPITER

Je veux croire que ma propre conjonction Soleil-Jupiter y est pour quelque chose. D’autant que Jupiter est maître de mon Milieu du ciel. Toujours est-il, en tout cas, qu’elle m’a bien inspiré et que je lui dois beaucoup, en raison d’une série de réussites prévisionnelles faites en son nom ; jusqu à en être venu, à une certaine époque, à narguer certains de nos chers adversaires en leur dédiant certains pronostics, naturellement sous le signe de la paix.

 

 

 Mais avant d’en venir à elle, le « fait prévisionnel » mérite une proclamation.

 

 

Le fait prévisionnel.

 

Tout astrologue doit prendre conscience de la foi astrologique qui le porte à croire, avec les choses prises comme allant de soi, foi qui l’incline à rêver l’astrologie plus qu’à la vivre, ou a se contenter de la bonne parole.. Il en est ainsi parce que l’on s’aime dans ce que l’on pense et que ce narcissisme intellectuel nous illusionne. Aussi doit-on se poser la question : « Ce que je crois savoir, est-ce une certitude en soi ? ». Pour en être sûr, il se doit de vérifier sa croyance en allant, tous masques jetés et tous risques encourus, jusqu’au bout d’un oui ou d’un non. La prévision, fut-elle d’ordre seulement psychologique, est la meilleure manière de se soumettre à cette épreuve de vérité. Tester son savoir dans l’affrontement à ses propres erreurs, c’est s’insérer dans le réel et se mesurer à sa propre réalité.

 

Dans l’acte d’interprétation, le danger est de donner, vaille que vaille, un sens incertain à ce qui est, comme de poser au petit bonheur quelques paroles sur un air distant. Alors qu’interpréter véritablement, c’est traiter une partition qui a prise sur l’histoire, en suivant sa métrique temporelle sur l’ellipse où elle est installée, le suivi de son cheminement l’éclairant d’ailleurs  d’une lumière nouvelle. Et rien n’est plus passionnant que de s’évertuer à coller aux trousses d’une conjoncture dans le cours de ses fluctuations et péripéties, rendant compte de l’échiquier de la vie du monde.

 

Si l’on en croit un Jean-Paul Sartre, c’est là chose absurde. Ainsi, dit-il dans  L’Existentialisme est un humaniste (Nagel, 1968) : « L’existentialiste ne pensera pas non plus que l’homme peut trouver un secours dans un signe donné, sur terre, qui l’orientera ; car il pense que l’homme déchiffre lui-même le signe comme il lui plaît. » (« Hors de nous, point de valeur ! »). Mais la vérité n’est pas seulement un état de fait connu ; c’est la vérification de cette connaissance. Aussi préférons-nous de beaucoup ce récent rappel d’objectivité de Pierre Thuillier , à savoir que la première exigence pour reconnaître un fait est qu’il soit reproductible, c’est-à-dire qu’en répétant les mêmes opérations dans le même ordre, on ait l’assurance d’obtenir le même résultat. Or, c’est en parfaite tenue de soirée que l’astrologue peut se présenter devant cette exigence de vérification et dans une accumulation de résultats en série ininterrompue, la valeur du fait étant dans sa récurrence..

 

C’est cela qui institue le « fait prévisionnel » astrologique. Son droit est fondé à la fois sur ses exclusives références astronomiques et par l’expérimentation en répétition systématique d’une concomitance des deux phénomènes céleste et terrestre. Une manière, aussi, pour la même configuration, d’enfoncer le clou, de marteler son constat, de renouveler indéfiniment son bilan, le fait prévisionnel en question étant devenu un fait expérimental.

 

Une pièce royale.

 

Parmi le lot des configurations plus ou moins connues émerge la conjonction Soleil-Jupiter comme une pierre précieuse bien décrassée de son magma. C’est d’elle dont j’ai fait le thème de prédilection du pronostic expérimental.

 

Elle est d’ailleurs un phénomène astronomique de choix. Elle est dessinée ici, naturellement, en un extrême concentré qui n’en restitue pas moins le rapport de proportion des distances et des grandeurs respectives, avec l’impressionnant contraste de notre globe minuscule face aux deux super-géants. Un pavé, ce synode monumental ! Ainsi se présente l’alignement Terre-Soleil-Jupiter.

 

La pièce est représentative, mais aussi, le phénomène est bien circonscrit : il s’agit du même rapport (conjonction) des deux mêmes astres (Soleil-Jupiter), donnée bien dépouillée, simple et pure. Au surplus, ce fait céleste se reproduit au rythme régulier d’un retour tous les 13 mois : pendant que le Soleil fait le tour annuel du zodiaque, Jupiter avance d’un signe, la rencontre nouvelle se faisant donc au bout du parcours de 13 signes par notre seigneur et maître. C’est là une fréquence qui offre l’avantage de pouvoir mettre le phénomène à l’épreuve en un laps de temps relativement court. Une mise à court terme de petits jetons en plus grand nombre.

 

 

Au surplus, le « message » est clair. Jupiter au contraire est le vray significateur des paix et l’Auteur de tout repos, qui vient par l’accord et composition de noises, guerres, querelles et débats, déclare Antoine de Villon dans L’Usage des Ephémérides (1624). Et, A l’humanité, il apportera gloire, honneur, bonheur et paix, développant l’utile et l’agréable, donnant tous les avantages matériels et moraux, faveurs, bénéfices, cadeaux royaux, selon Morin, au XXVe livre de son Astrologia Gallica (1661).

 

Toutefois doit-on relever l’impact géophysique d’un tel alignement, par conjonction ou opposition, de ces deux mastodontes, tombant en dissonance d’une autre géante surtout, configuration de perturbations naturelles : orages, tempêtes, cyclones, séismes. Mais sur le plan sociétal, cette configuration en soi est bénéfique par excellence, accompagnatrice d’un temps de type détente-entente-pacification-union-construction-progrès. Elle devient donc un facteur idéal pour la démonstration du pronostic expérimental qui consiste à « jouer » systématiquement la même pièce et elle seule, à jeter cette carte unique puis à l’éprouver dans la répétition pour la réapparition du même type de climat mondial. Ceci devant permettre d’annoncer, pour le calendrier de son renouvellement, un retour de tendance heureuse se répétant d’échéance en échéance dans une série continue, sauf exceptionnelle contre-indication d’un contexte neutralisateur

 

 

Premiers pas prévisionnels.

 

J’ai commencé très tôt à arpenter son territoire, naturellement au débotté, me fiant à la réputation traditionnelle. Déjà dans mon premier texte paru le 1er janvier 1938 dans L’Yonne républicaine où je compte sur celle du 30 janvier suivant à propos de la guerre d’Espagne. Je commence véritablement à les observer au cours de la Seconde Guerre mondiale, et mon attente d’heureux « effets » de celle du 31 août 1944 n’est pas déçue avec la venue qui a suivi des armistices de Roumanie, de Bulgarie et de Finlande. Je n’en suis pas encore à l’observation en conjoncture sériée, mais il m’arrive bientôt de relever un champ de cyclicité dans le cadre de la IVe République française où je prends les premiers risques du pronostic en incluant  deux aspects dissonants au retour de la durée qu’est la conjonction.

 

J’avais tout d’abord remarqué que le gouvernement provisoire de la République avait été constitué le 6 septembre 1944, sous la conjonction relevée à l’instant, et que c’était dans l’orbe de la conjonction suivante qu’eut lieu, le 21 octobre 1945, le vote massif du « oui » au premier référendum conduisant à l’élection de de Gaulle à la présidence du gouvernement provisoire. Le départ du général, quittant la présidence et la politique, ayant eu lieu sous le carré suivant des deux mêmes astres, le 20 janvier 1946, je pris le risque de formuler un premier pronostic relatif à la crise ouverte par ce retrait politique, en misant pour la première fois sur la conjonction suivante : « Ensuite, c’est le passage capital du Soleil sur Jupiter le 31 octobre 1946. Une crise importante semble se dénouer autour de cette date, c’est-à-dire à la Toussaint. La situation va vers un éclaircissement définitif. » (Destins n° 7, juin 1946).

 


Chute du gouvernement Mayer le 22 mai 1953.

 

Après  une crise à divers épisodes et après le nouveau référendum finalement favorable du 13 octobre, la IVe République vit le jours le 29 octobre 1946.. A la suite de ce premier essai, je crus pouvoir (malgré la minceur du bagage observé) miser sur les mêmes rapports de conjonction, d’opposition et de carré des deux mêmes astres pour formuler les temps des crises gouvernementales françaises. C’est de la sorte que je parvins à fixer, avec une marge d’une semaine, bon nombre de ces crises, allant de la tension menaçante à la chute ministérielle, en passant par la démission provisoire. Ces pronostics furent publiés, en première partie dans la revue Destins et ensuite dans Les Cahiers astrologiques. En reproduire les textes est sans intérêt. Contentons-nous de livrer, ici, à la suite du premier, le dernier en date : « La première dissonance qui se présente est l’éclipse de Soleil qui se produira le 19 avril 1958 à l’opposition de jupiter. Il est évident qu’il faut s’attendre aux plus graves difficultés gouvernementales pour la France. » (Cahiers astrologiques n° 73, mars 1958). Le gouvernement Gaillard démissionna le 16 avril, début de la crise qui conduisit au 13 mai et à la mort de cette IVe République.

 

La vérification de la corrélation sur laquelle reposait cette série de pronostics réussis est rétrospectivement facile à établir. Nous avons seulement une chance sur 18 de tomber sur une conjonction Soleil-Jupiter à 10° d’orbe et sur 12 d’en rencontrer en élargissant l’orbe à 15°.Or, si nous prenons en considération les 24 chutes gouvernementales de la IVe République, au lieu de tomber sur la moyenne de 2 conjonctions, nous en rencontrons 4 à 10° d’orbe (chutes de Ramadier le 19 novembre 1947, de Pleven le 28 février 1951, de Mayer le 21 mai 1953 et de Bourgès-Maunoury le 30 septembre 1957) et 6 à 15° d’orbe (Bidault le 27 novembre 1946 et Laniel le 12 juin 1954). Ce qui, avec les 3 épisodes initiaux évoqués ici, porte à 9 les conjonctions soli-joviennes présentes aux 27 étapes marquantes qui vont de la gestation à la mort de cette République française. Mais ce cycle ne devait pas se retrouver avec la Ve République.

 

Un calendrier des armistices.

 

Ce ne serait encore que de la brocante si l’on en restait là, mais nous n’en sommes qu’à un début d’investigation, en prenant toutefois le risque du pronostic. Au C.I.A., la conjonction du 3 février 1950 – son bulletin n° 4 d’avril 1950 en témoigne – nous met aussi dans une attente, que ne déçoit pas un réchauffement américano-soviétique accompagné d’un accord sino-soviétique. Cette piste était prometteuse et il fallait poursuivre. Il y avait eu un trigone Soleil-Jupiter le 11 novembre 1918 et un autre le 8 mai 1945. Cela valait la peine de vérifier cela de plus près.

 

J’allais ainsi effectuer un contrôle à la fois sur l’ensemble des déclarations de guerre et des cessations d’hostilités de l’ère napoléonienne à nos jours. J’ai rassemblé de la sorte – figurant dans Les Astres et l’Histoire – 60 entrées en guerre et leurs 60 armistices ou fins de combat, groupant les faits historiques les plus célèbres de notre histoire.

 

En adoptant l’orbe de 12° pour la conjonction, Jupiter avançant lui-même pendant que le Soleil s’en approche puis s’en éloigne, cela fait l’étendue d’une trentaine de degrés, c’est-à-dire d’un mois, pendant laquelle la conjonction est « opérante ». Ce qui revient à dire que par rapport au parcours cyclique de 390° où se retrouve la conjonction suivante, nous avons 1 chance sur 13 de rencontrer cette conjonction. Dans cet ordre-là, nous aurions dû rencontrer en moyenne 4,5 à 5 conjonctions Soleil-Jupiter dans l’un et l’autre de ces groupes. Or, je n’ai trouvé qu’ 1 conjonction dans le groupe des engagements militaires et 19 dans celui des cessez-le-feu ! Tout se passe donc comme si les éclatements guerriers « fuyaient » et les armistices « recherchaient » les conjonctions Soleil-Jupiter !

 

Derrière mon travail, Henri Gouchon est venu compléter cette recherche en aboutissant à la présente figure de répartition de Jupiter par rapport au Soleil au point 0° Il concluait : « Etant donné que la signature d’un armistice est toujours précédée de négociations plus ou moins longues, on admettra qu’il est tout à fait normal qu’au moment de la signature, le Soleil ait souvent dépassé Jupiter d’un certain nombre de degrés (…) un armistice étant la conséquence d’un état d’esprit qui peut durer depuis un certain temps ». Ce dessin, accompagnant son étude de 1963, parue dans le n° 110 des Cahiers astrologiques, a été reproduit dans le N° 30 de L’Astrologue, 2e trimestre 1975.

 

Ce résultat ne pouvait qu’être encourageant et il allait me mobiliser à investir davantage dans l’expérimentation d’une prévision en série. Nous détenions là un indice spécifique au pouvoir d’information évident. Une petite fortune à exploiter. Et il fallait en user jusqu’à parvenir à convaincre de son efficacité prévisionnelle dans la formulation d’échéances pacifiques ordonnées. N’est-ce pas à ses fruits que l’on juge l’arbre ?

 

 Apprentissage interprétatif.

 

Peu importe, au demeurant, l’impact du pronostic réussi sur autrui, qui a plus ou moins son effet. Ce qui est sûr, c’est que l’interprète, lui, ressent le scintillement d’avoir touché un but. Avant, en attendant son heure, la silencieuse configuration qui va arriver, obscur objet du secret d’un résultat, vous place à bout portant de votre engagement. Vous savez mieux le prix du résultat obtenu, même si la nature du résultat est susceptible de soulever un débat.

 

Avec la conjonction Soleil-Jupiter, cette configuration n’est que le fragment d’un ensemble de 45 participants qui l’entourent de toutes parts.

 

En lui-même, déjà, le champ du processus jupitérien est fort large, ouvrant son éventail de participation constructive aux plus divers intérêts de la société, sa manifestation positive visant un bon état général de la vie du monde. Le milieu du moment où intervient sa configuration décide de son verbe créateur. Dans une période troublée, son « effet » tend à s’exprimer au plan d’un besoin élémentaire, comme facteur de dégel, de détente, de pacification. En période calme, il peut davantage s’élever à un niveau supérieur : faits de type législation, progrès social, culturel, scientifique ou autre, entente, accord, acte ou traité diplomatique … Il eut été bon de dresser une chronologie des conjonctions du XXe siècle, mais une telle liste aurait paru fastidieuse en faisant défiler des épisodes mineurs qui n’auraient intéressé que l’historien. Le courant jupitérien en question se cristallise dans le cadre de la conjoncture mondiale du moment, laquelle n’a, la plupart du temps, rien d’historique ; si bien que, le plus souvent, son point d’impact ne concerne que des faits secondaires vite oubliés. Il faut se contenter des étapes récentes de quelques décennies pour pouvoir éventuellement juger de la corrélation avec des événements susceptibles de parler à notre mémoire. Et si l’on a déjà un certain âge …

 

 

Pérégrination prévisionnelle.

 

Je m’en suis donc allé à l’expérimentation de cette conjonction à titre prévisionnel, ce qui institue une dimension nouvelle à la vérification corrélationnelle, puisqu’il s’agit, cette fois, d’aller au devant de l’histoire en en anticipant un calendrier, sans autre point d’appui que les échéances de nos éphémérides astronomiques. Je me suis permis, il est vrai, d’y associer la conjonction Soleil-Vénus, avec les aspects de ces cycles, mais cela n’altère en rien le principe de la recherche.

 

A l’époque, c’est la guerre d’Algérie qui est devenue mon premier banc d’essai expérimental. Les textes publiés de ces études font au total six courtes communications parues dans Les Cahiers astrologiques

 

Le premier de ces textes est du n° 72 de janvier-février 1958, intitulé : « La guerre d’Algérie finira-t-elle à la Toussaint ? », où je signale simplement en rapport avec la conjonction Soleil-Jupiter du 5 novembre 1958, qu’il pourrait y avoir là « la meilleure période de l’année 58 pour la politique mondiale de l’année « . Pronostic confirmé, en marge de cette guerre, par l’ouverture à Genève, le 31 octobre, d’une conférence sur le désarmement,  fait diplomatique international de premier plan en cette année.

 

Le second, du n° 76 de juillet-août 1958, est plutôt une note de rappel, en raison de l’arrivée récente de de Gaulle au pouvoir : « Dans le n° 72, j’ai fait le pronostic franchement insensé d’une fin possible de guerre d’Algérie à la Toussaint. Entre le 28 octobre et le 7 novembre 1958, il y aura une quadruple conjonction Soleil-Vénus-Jupiter-Neptune (…). Depuis ces jours derniers où nous venons de rompre avec l’immobilisme affligeant des précédents ministères, j’avoue que le pronostic est moins insensé et je ne puis résister à la tentation de le reforuler. »

 

Le troisième, du n° 77 de novembre-décembre suivant, reprend ce thème : « …qu’à la faveur des configurations de novembre, un compromis se dessine à l’horizon entre le gouvernement français et le F.L.N. serait tout à fait naturel. A l’heure où j’écris, cela tient encore du miracle … ».

 

Or, un fait est bien survenu qui a constitué la première étape marquante dans la longue voie engagée vers la paix : le 23 octobre 1958, à la surprise générale, le général de Gaulle invite le leader algérien, Ferrat Abbas, à se rendre à Paris pour débattre du problème de l’Algérie. C’est la célèbre invitation à « la paix des braves » que, après délibération, le F.L.N. rejette le 29 octobre. Naturellement, je suis très loin de penser à l’immensité du chemin à faire pour aboutir à la paix, mais la note pacifique a teinté. Encourageant de poursuivre.

 

Le quatrième texte est une note du n° 83 de novembre-décembre 1959, mettant en cause la conjonction soli-jovienne du 5 décembre 1959 : « Dès lors, est-il possible d’espérer une possibilité de paix autour du 18 novembre, puis du 5 décembre prochain ? Les prochaines semaines diront si ces chances sont fondées et si Jupiter daignera jeter son regard bénéfique sur cette pauvre Algérie. ».

 

Un nouveau fait survient qui constitue, effectivement, une seconde étape vers la paix. Après le fameux discours sur l’autodétermination du 16 septembre 1959 (sextil Soleil-Jupiter), faisant suite à l’appel à « la paix des braves », de Gaulle relance à nouveau la négociation le 18 novembre (sextil Vénus-Jupiter). Cette fois, le F.L.N. accepte l’invitation dans les journées suivantes et charge ses chefs arrêtés et internés à l’île d’Aix (Ben Bella …) d’entamer les conversations pour engager les pourparlers d’armistice.. Mais c’est au tour de Paris de refuser à la fin du mois. Rien ne s’était produit entre l’appel à la paix des braves et ce nouvel épisode, hormis le discours sur l’autodétermination.

 

Le cinquième texte – n° 86 de mai-juin 1960 – ne relève pas de conjonction au cours de l’année 1960 et se contente de noter la possibilité d’une relance des négociations, sans grand espoir de solution, à trois reprises : « autour du 15 février 1960 » (sextil Soleil-Jupiter), « vers le 20 juin » (conjonction Soleil-Vénus en opposition de Jupiter) et « vers le 16 juillet » (retour d’aspect du trio).

 

Or, deux de ces trois passages ont correspondu aux deux avancées de l’année 1960. D’une part, le 17 février, Ferrat Abbas fait une déclaration publique, suivie le 29 d’une transmission de note du F.L.N. remise à Paris par l’ambassade de France à Rabat. Un contact est noué, qui n’existait pas antérieurement. Puis, à la suite de cette reprise diplomatique, le 20 juin même, deux envoyés du F.L.N. arrivent à Paris, début des pourparlers de Melun, voués à l’échec.

 

Enfin, le sixième texte est celui d’une conférence faite au C.I.A. à Paris le 25 octobre 1960 et publiée dans le n° 91 de mars-avril 1961 , et intitulé « Quand la guerre d’Algérie finira-t-elle ? ». Dans cette étude, plus prudent, sachant mieux que l’affaire est loin d’être réglée,  j’évoque la possibilité d’une relance de la négociation à la nouvelle conjonction Soleil-Jupiter du 5 janvier 1961, avec chance d’évolution aux phases du cycle (trigone du 28 mai …).

 

Or, une troisième sinon quatrième grande étape vers la paix se produit sous cette nouvelle conjonction : le 8 janvier 1961 a lieu en France un référendum qui apporte un « oui » massif pour la négociation. En réponse le F.L.N.- G.P.R.A. se déclare le 16 janvier disposé à engager le dialogue. Cette fois, c’est l’accord des deux parties. De fait, la négociation suit les phases du cycle : la première négociation d’Evian se tient à partir du trigone, le 20 mai, et la conférence de Lugrin, fin-juillet, sous l’opposition. Et cette étude s’achève en annonçant 16 mois à l’avance la quinzaine décisive de la paix algérienne :

 

Comme on le voit, il n’y a pas trace d’une belle, d’une franche, d’une vigoureuse configuration  pacifiante au cours de cette année 1961. La vague pacifiante la plus proche se présente au début de 1962 avec une conjonction Soleil-Vénus qui s’étale de début janvier à mi-février, son maximum d’influence se présentant dans la première décade de février, où nous retrouvons une triple conjonction Soleil-Vénus-Jupiter, comme à la Toussaint 1958. (…). Un cycle est ainsi amorcé et il paraît logique de supposer qu’il tend à aboutir effectivement à la paix au  terme de son parcours, à la conjonction Soleil-Jupiter du 8 février 1962. (…) … seule cette concentration du début de février 62 est en mesure de retenir notre attention.

 

Rappelons maintenant les faits. Une nouvelle conférence est réunie à Evian à partir de décembre 1961 et piétine pendant plusieurs semaines. Le dialogue des  interlocuteurs prend tournure vers le Nouvel an 1962. Fin janvier et première quinzaine de février, la conférence bat son plein et aboutit aux Accords d’Evian qui mettent fin à la guerre. Ces accords sont signés entre les deux parties lorsque les négociateurs se séparent le 19 février, confirmés par le gouvernement français le lendemain et le 22 février par l’assemblée du C.N.R.A., réunie à Tripoli. ! Les combats ont d’ailleurs cessé. Il y aura une déclaration commune faite le 18 mars et c’est cette date que retiennent artificiellement les livres d’histoire pour fixer cette fin de guerre, mais il suffit de revenir aux journaux de ces journées de février pour être édifié sur ce tournant ultime.

 

C’est un fait que je m’y suis pris à 5 ou 6 reprises pour aboutir au résultat, et cela m’a été reproché à l’époque par Michel Gauquelin, du temps qu’il donnait fort dans l’anti-astrologie. N’empêche que j’ai « misé » systématiquement sur les quatre conjonctions soli-joviennes successives de 1958 à 1962, et que j’ai « gagné » partiellement à chacune des trois premières et définitivement avec la dernière, 16 mois à l’avance ! Et observons au passage la métrique temporelle de l’évolution historique de cette longue négociation dont les quatre temps forts sont scandés au rythme de notre cycle.

 

A la suite de ces premiers essais prévisionnels, sans avoir toutefois un objectif de guerre visé, j’ai entrepris une nouvelle expérience, datant de mai 1962 et publiée dans le n° 99 de juillet-août 1962 de la même revue, sous le titre : « La crise historique de 1965 ». Y ayant consigné les échéances qui me paraissaient les plus marquantes pour le proche avenir, je n’y mentionnais que deux pronostics concernant notre cycle, bien que l’une d’elles n’ait pas trait à la conjonction elle-même :

 

Tout d’abord, dans les années à venir, la plus généreuse « pulsion pacifiante » se présente à la mi-août 1963 : nous aurons une conjonction Soleil-Vénus au trigone de Jupiter. Ce serait étonnant que ne se situe pas là un épisode diplomatique en faveur de la détente.

 

Sans avoir mentionné aucune autre date antérieure relativement à ce type de tendance, annonce était faite, 15 mois à l’avance, du temps chaud de l’événement qui est considéré historiquement comme l’armistice de la guerre froide : l’accord atomique de Moscou du 5 août 1963, signature américano-soviétique suivie au cours du mois de celles de soixante-douze pays. S’enchaînait immédiatement cet autre texte :

 

Une triple conjonction Soleil-Mercure-Jupiter (…) se présente dans la dernière décade d’avril et début mai 1964. Là aussi, comme pour la mi-août 1963, nous voyons surgir les meilleures forces de rapprochement, d’entente, de détente, de santé internationale.

 

Ici, 2 ans à l’avance, sont pointées les deux semaines les plus chargées diplomatiquement de toute l’année 1964. En effet, nous avons le 20 avril le second accord atomique entre l’U.R.S.S. et les U.S.A (réduction de la production d’uranium et de plutonium) relançant la négociation entre les deux Grands. Puis, le 29 avril survient la première initiative en politique internationale du président américain Johnson : il conseille au président de la R.F.A., Erhard, de « tout tenter pour nouer de meilleures relations avec les Russes ». Point de départ d’une négociation entre l’Allemagne de l’Ouest et l’U.R.S.S. qui conduira Khrouchtchev à accepter une visite à Boon (une première) à la mi-septembre (trigone S-J). Enfin, le 4 mai s’ouvre le « Kennedy round », la plus importante négociation commerciale mondiale entreprise jusqu’ici.

 

Vint ensuite une nouvelle expérience prévisionnelle, datée du 8 septembre 1965 et parue dans le n° 119 de novembre-décembre 1965 de la même revue, portant le titre audacieux et consciemment téméraire : « Quand la guerre du Vietnam finira-t-elle ? ». J’ai alors conscience que cette guerre peut durer longtemps, et sachant ne pas avoir les moyens de savoir laquelle des configurations pacifiantes exposées visera ce but, j’y présente un éventail de dates, dont celles de nos conjonctions, signalées seulement comme l’annonce d’un temps chaud propice à la détente internationale et à la paix dans le monde, pouvant ou ne pouvant pas s’appliquer à cette guerre asiatique. Pour le contrôle du résultat correspondant à la répétition du phénomène, le mieux est de résumer les faits survenus au regard de chaque conjonction, depuis celle du 8 février 1962 où finit la guerre d’Algérie.

 

Conjonction du 16 mars 1963 : Accord américano-soviétique se traduisant par la naissance du « téléphone rouge » au début d’avril 1963, Moscou et Washington étant dorénavant reliés téléphoniquement l’un à l’autre.

 

Conjonction du 22 avril 1964 : Le second accord atomique entre les deux Grands, la relance de la diplomatie en Europe et le Kennedy round.

 

 

Conjonction du 30 mai 1965 : Accord américain sur un cessez-le-feu à Saint-Domingue le 21 mai 1965.

 

Conjonction du 5 juillet 1966 : Dernière décade de juin 1966, voyage de de Gaulle en U.R.S.S. sous le signe « de la détente à l’entente », amorçant un mouvement diplomatique européen, avec accord franco-soviétique le 30 juin. En outre, après 5 années de négociations, « l’Europe verte » devient réalité le 24 juillet.

 

Conjonction du 8 août 1967 : A l’occasion du sommet arabe de Khartoum, entende Nasser-Fayçal le 24 août 1967, parachevée le 30, qui met fin à la guerre du Yemen. Le même 24 août, à la Conférence du désarmement de Genève, Américains et Soviétiques présentent simultanément deux textes identiques destinés à servir de base au traité sur la non-dissémination des armes nucléaires. En outre, le 26 août, important accord entre les Dix du Fond Monétaire International concernant l’amélioration du crédit international.

 

 

Conjonction du 9 septembre 1968 : Alors qu’à la table de conférence de l’avenue Kléber à Paris les négociations sur le Vietnam n’avaient pas avancé d’un pouce depuis sa première réunion de mai 1968, en ce mois de septembre s’établissent des rencontres secrètes entre Américains et Nord-Vietnamiens qui débloquent la négociation. Ce temps chaud de la diplomatie secrète aboutit en deux à trois semaines à un résultat que nous n’apprenons qu’à la mi-octobre et qui sera proclamé au 1er novembre : l’arrêt des bombardements américains dans la zone démilitarisée du Vietnam du Nord.

 

Conjonction du 9 octobre 1969 : Après 7 mois de négociations, un accord est conclu le 8 octobre 1969 à la Conférence du désarmement, entre Américains et Soviétiques sur la dénucléarisation des fonds marins.. Point final s’enchaînant avec le départ de la « grande négociation » entre les deux Grands sur le  désarmement atomique. En outre, le 7 octobre, un accord intervient entre l’Union Soviétique et la Chine populaire (qui s’affrontaient militairement  sur l’Oussouri depuis mars) pour  l’ouverture de pourparlers sur les questions frontalières, négociations ouvertes à Pékin le 20 octobre.

 

 

Conjonction du 9 novembre 1970 : Après s’être retrouvés au printemps 1970 à Vienne, Russes et Américains reprennent le « grand dialogue » le 2 novembre 1970 à Helsinki, et un accord intervient entre les deux Grands le 29 novembre, « étape peut-être décisive vers l’entente sur l’essentiel ». D’un autre côté, la réception le 18 novembre du nouvel ambassadeur d’U.R.S.S. par Tchou En-Lai annonce un nouveau départ pour les relations sino-soviétiques que consacre la signature d’un accord commercial le 23 novembre, dans un climat de dégel général de la diplomatie chinoise (reconnaissance et ouverture des relations avec le Canada, l’Italie, l’Autriche et la Belgique). Mais la pièce maîtresse de cette échéance jupitérienne, c’est l’Europe qui en est le théâtre avec, comme fait spectaculaire, le traité germano-polonais conclu le 18 novembre qui tourne une page de 25 années d’histoire de l’Europe d’après-guerre, débloquant les rapports entre la R.F.A. et les démocraties populaires, renouant les conversations inter-allemandes, relançant la négociation sur Berlin en même temps que le projet de conférence européenne sur la sécurité. Fait également significatif : après un cessez-le-feu provisoire de 3 mois au Moyen-Orient, un nouveau cessez-le-feu est institué le 5 novembre qui va avoir effet sur deux années. Enfin, pour le Vietnam, une proposition américaine de cessez-le-feu le 7 octobre, bien que repoussée, relance la négociation qui ira jusqu’à l’annonce prématurée, fin octobre, d’un « cessez-le-feu imminent » par la presse saïgonaise.

 

Conjonction du 10 décembre 1971 : Après 10 mois de négociations et 21 rencontres, l’Accord sur Berlin entre les deux Allemagnes est conclu le 11 décembre 1971, consacrant une grande détente européenne. Fin de guerre indo-pakistanaise les 16-17 décembre (arrêt d’un génocide et d’un exode, libération du Bengale et naissance du Bangla Desh). Une rencontre des Dix à Washington les 18-19 décembre met fin à la crise monétaire déclenchée le 15 août précédent (suspension de la convertibilité en or du dollar et flottaison de la monnaie américaine) : un « armistice financier » a-t-on dit.

 

 

  

Conjonction du 10 janvier 1973 : Cessez-le-feu américano-vietnamien le 23 janvier 1973 mettant fin à l’intervention des U.S.A. dans la guerre d’Indochine.

 

 

En faisant le bilan du texte du 8 septembre 1965 où j’expose la liste des « dix principales poussées pacifiantes et constructives d’ici 1971 », on peut constater que je tâtonne sur la trace d’une conjonction solaire à l’autre sans savoir sur quel front tombera l’impact astral, mais (et c’est cela qui importe ici) que, chaque fois, je récolte un résultat. Je n’ai pas eu avec le Viet-Nam le même succès final qu’avec la guerre d’Algérie. Néanmoins, tout de même 8 mois à l’avance, au texte du 29 avril 1972 (n° 18, 2e trimestre 1972 de L’Astrologue), je sors une finale possible de fin de cette guerre à la conjonction jupitérienne du 10 janvier 1973, que couronne la signature des Accords de Paris (voir « Une expérience utile »). Ce qui importe ici, ce n’est pas ma limite d’interprétation de nos conjonctions, c’est essentiellement de constater qu’elles escortent d’une façon quasi-continue les temps les plus forts de la diplomatie mondiale. J’avais misé sur les 14 conjonctions solaires de 1958 à 1973 : l’Algérie, Saint-Domingue, le Yemen, le Moyen-Orient, le Pakistan et le Vietnam : à elle-seule la conjonction a « donné » 6 fins de guerre en 11 fois depuis 1962. Avec le triplé d’un chapelet de 3 cessez-le-feu survenus à la queue leu leu des trois dernières conjonctions.

 

J’ai prolongé mon expérience en dressant un « calendrier de la paix » jusqu’en 1980 dans Le Pronostic expérimental en astrologie (1973).

 

Conjonction du 13 février 1974 : Journée même de la signature, à la Conférence pétrolière de Washington, d’un document Atlantiste entre les U.S.A., l’Europe (sauf la France), le Canada et le Japon, pour surmonter la crise pétrolière survenue en octobre précédent. Après l’accord égypto-israélien signé au km 101 de la route Le Caire-Suez  le 18 janvier, un retrait respectif des forces militaires (demeurées sur le terrain de combat de la guerre du Kippour) commence le 25 janvier, et tout au long de février règne un climat de détente : déblaiement et réouverture du canal de Suez, négociation israélo-syrienne avec remise de prisonniers de guerre, reprise des relations diplomatiques entre Le Caire et Washington et entre Tel-Aviv et Moscou.

 

Conjonction du 22 mars 1975 : Le 17 mars, l’Iran et l’Irak signent un accord qui met fin au conflit frontalier opposant les deux pays depuis 46 ans. Accord entraînant, avec l’arrêt de l’aide à la rébellion kurde en Iran et la fermeture de la frontière par l’Irak, un cessez-le-feu au Kurdistan. Le 18 mars, le Premier ministre Wilson recommande aux Communes de voter « oui » au référendum sur l’Europe pour le maintien de la Grande-Bretagne dans la communauté. C’est aussi l’entrée en agonie de la guerre en Indochine. J’avais posé comme échéance : « Seconde quinzaine de mars 1975 : conjonction le 22 mars, suivie d’une conjonction Mercure-Jupiter le 7 avril, sous l’opposition de Pluton. » J’avais donc élargi la possibilité d’action sur une première partie d’avril. Or, au Viet-Nam, l’offensive communiste s’est ébranlée dans la première quinzaine de mars et c’est dans cette seconde quinzaine même que les deux fronts du Cambodge et du Sud-Vietnam ont craqué, entraînant la liquidation plutonienne de la guerre. Au Cambodge, la débacle s’installe avec le départ du président Lon Nol le 2 avril et les combats cessent le 16 avril avec la reddition de Phnom-Penh , à 18° d’orbe de la conjonction. Au Vietnam du Sud, après la démission de Thieu le 21, avec une accalmie des armes, Saïgon capitule le 30 avril (29° d’orbe). C’est la fin de la guerre inter-vietnamienne (revoir « Une expérience utile »).

 

Conjonction du 27 avril 1976 : Ouverture à Nairobi le 5 mai 1976 de la Conférence des Nations Unies pour le commerce et le développement, avec la participation des ministres des Affaires étrangères de 150 pays (les précédentes réunions s’étaient tenues à New Delhi en 1968 et à Santiago en 1972). Réunion qui fit prendre conscience du début de l’affrontement  entre pays pauvres et nations riches (opposition Jupiter-Uranus).

 

Conjonction du 4 juin 1977 : Relance avec la nouvelle conférence sur la coopération économique internationale qui se tînt à Paris du 30 mai au 4 juin, cette fois entre les ministres des Affaires étrangères des « dix-neuf du tiers monde et des huit nations industrielles ». Pauvre en résultats, mais relançant néanmoins le dialogue « Nord-Sud ». Voyage à Paris de Brejnev le 20 juin, qui a relancé les relations franco-soviétiques.

 

Conjonction du 10 juillet 1978 : Occultation (0° 08) à l’occasion de laquelle n’est retenu qu’un entretien israélo-égyptien à Londres les 18-19 juillet. Mais qui a renoué activement une négociation interrompue, au point d’avoir eu des effets importants au cours du cycle : accord à Camp David au trigone du 1er décembre 1978, lequel, au trigone suivant du 20 mars 1979, aboutit au traité de paix israélo-égyptien signé le 26 mars.

 

Conjonction du 13 août 1979 : Intense négociation ce mois-ci qui aboutit à un nouvel accord Begin-Sadate le 4 septembre, accompagné de la première rencontre entre autorités israéliennes et personnalités palestiniennes. S’ajoute un accord de paix signé à Alger le 5 août, mettant fin à l’état de guerre entre la Mauritanie et le Polisario. Mais on entre déjà dans un espace de grandes dissonances, et cet armistice relance la guerre au Sahara occidental, outre que cette mi-août est le théâtre de fortes perturbations naturelles.

 

Conjonction du 13 septembre 1980 : D’ailleurs, avec cette conjonction d’un Jupiter dissonant, voisine d’une conjonction Soleil-Saturne le 23 septembre  (comme avec la conjonction du 11 avril 1940, accompagnatrice de l’attaque allemande de la Norvège le 9 avril), c’est une longue et terrible guerre qui éclate le 21 septembre entre l’Irak et l’ Iran. Je n’avais d’ailleurs pas attendu l’événement pour exprimer les inquiétudes suscitant la doriphorie d’octobre-novembre 1980 (n° 48 et 49).

 

 

Dans L’Astrologue, j’ai entretenu une chronique de ces annales jupitériennes, parfois un peu relâchée, mais dans une assez fidèle poursuite d’observation. Toujours dans l’esprit de poser par anticipation le calendrier d’un temps pacifique, pour renforcer la valeur de la corrélation qu’il est dorénavant devenu difficile de nier.

 

Mais, cet acquis enregistré, qu’est-ce qui découle de chaque conjonction nouvelle qui nous arrive ? L’inconnu jusqu’à la dernière minute, la surprise par conséquent devant l’événement qui se dévoile à nous. Nous ne pouvons nous cacher que si son indice est formel en ligne tendancielle propice, comme signal fort de chose heureuse (sauf exception prévisible), celui-ci n’en est pas moins très court en information : c’est bon, mais à quoi ? Car ce facteur de cycle annuel est sujet à toutes sortes d’affectations et les divers fronts de la vie de notre globe ne manquent pas. Cette destination, justement, nous échappe tout à fait, comme si cette parcelle de l’échiquier du système solaire se soumettait aux circonstances de la vie mondiale du moment. Il manque le maillon de la chaîne qui lie cette note solaire à la phrase de la tranche historique concernée. Il faut se contenter d’annoncer « quelque chose » qui tend à aller mieux dans le monde, en attendant de découvrir ce maillon qui nous manque, faute de quoi nous restons devant le mystère de l’avenir.

 

Mais l’observation nous permet de progresser dans l’estimation du pouvoir de la tendance pacifiante. La pratique nous apprend que pour prévoir, il faut quitter le terrain rigoureux de la seule conjonction soli-jovienne pour intégrer la totalité de son champ, étendu à la trinité Soleil-Vénus-Jupiter, voire au quartette Soleil-Mercure-Vénus-Jupiter, dans leurs aspects respectifs, quand ils composent une figure triangulaire.

 

L’armistice du 11 novembre 1918 est signé d’une conjonction Soleil-Vénus au trigone de Jupiter et celui du 8 mai 1945 d’un triangle reliant, par un semi-sextil et un quinconce, Vénus stationnaire à un trigone Soleil-Jupiter.

 

Il faut naturellement faire le saut de la facile vérification du passé à l’épreuve du pronostic. C’est là un exercice auquel je me suis entraîné à la revue – par obligation – à chaque circonstance guerrière nouvelle.

 

« Une telle circonstance nous rappelle que nous savons bien peu de choses : comment cette guerre va-t-elle se dérouler et quand va-t-elle finir ? Tout autre discours est vain. » C’est ainsi que je commençais mon texte sur « La tempête du désert » daté du 4 février 1991 (n° 93, 1er trimestre 1991), à propos de la guerre du golfe commencée le 17 janvier. J’y soumettais quatre dates de cessation d’hostilités. Avec la première : « Le trigone Vénus-Jupiter du 26 février, triangulé au Soleil par semi-sextil et quinconce, Mercure y participant. ». Précisément, le 26 février même, Saddam Hussein acceptait les résolutions de l’O.N.U. et l’armistice avait lieu dans la nuit du 27 au 28 février (les trois autres dates allaient correspondre aux étapes de détente suivantes).

 

La guerre suivante du Kossovo voit le jour sous la conjonction Soleil-Jupiter du Bélier, du 23 mars 1999 (dissonances accompagnatrices), déclarée devoir (courageux) d’ingérence humanitaire, « devoir moral » par le secrétaire général de l’OTAN. Guerre aérienne de 79 jours (aucun mort du côté allié). En somme, une guerre jupitérienne à tonalité marsienne salutaire et facile …

 

Elle vient à peine d’éclater que je rédige « La guerre des Balkans » (N° 126, 2e trimestre 1999) qui commence ainsi : « C’est lorsqu’une situation inédite nous interpelle, comme ce qui se passe actuellement dans les Balkans, que se juge l’interrogation du vrai savoir qui est le nôtre, car autant les configurations de demain sont livrées à ciel ouvert par nos éphémérides, autant hermétique en reste la lecture. Le roi nu …C’est pourtant à ce « pied du mur », devant l’écran blanc du futur, que l’art d’Uranie est le plus authentique. Et il faut s’y frotter ! ».

 

Conclusion : « Tout le mois de juin est dominé par l’opposition Mars st.-Jupiter (entre guerre et paix). La seule harmonique qui ait des chances de faire avancer les choses est le passage du Soleil en sextil et trigone de cette opposition les 17/20 juin. Peut-être y –a-t-il là un cap prometteur, sinon décisif. En revanche, le mois suivant nous apporte une configuration mirifique : un stationnement de Vénus au trigone de Jupiter, qui, à 2° d’orbe, s’étale de la mi-juillet au 10 août, et le point culminant de sa manifestation est localisable autour des 27-28 juillet avec la triangulation du Soleil par carré et semi-sextil aux deux planètes. Il est ainsi permis de formuler les chances d’un cessez-le-feu dans les derniers jours de juillet ; en tout cas, c’est là que devrait intervenir la vraie détente attendue, si jamais une conclusion n’avait pas été trouvée plus tôt. »

 

Le chef de Belgrade, Milosevic, avait finalement cédé à l’OTAN déjà le 3 juin et signé un armistice le 9, mais la situation reste aussi tendue en raison de substitution d’états critiques : surprise de l’arrivée première d’un bataillon russe à Pristinà, difficultés de l’application sur le terrain des accords signés, ayant un goût inquiétant d’affrontement américano-russe, choc en retour d’un exode inverse de la population serbe du Kosovo et surenchère de l’U.C.K. qui la combat. C’est finalement le 18 juin que la détente s’amorce entre Américains et Russes, et le 20 marque la fin officielle de la campagne de frappe, consécutive au retrait total des forces serbes au Kossovo ; cette première annonce de la fin des hostilités était immédiatement suivie d’un accord de démilitarisation entre l’OTAN et l’UCK. Au surplus, ce n’est pas tous les jours qu’une cinquantaine de chefs d’Etat se réunissent à Sarajevo ! C’est pourtant ce « sommet » qui s’est tenu les 28-29 juillet, consacrant  un « Pacte de stabilité » pour les Balkans ; tentative de règlement global, « plan Marshall » visant à instaurer la paix avec la prospérité et la démocratie en ce lieu troublé de l’Europe (Ajoutons qu’un nouvel accord israélo-palestinien était conclu à la Maison Blanche le 3 septembre, et c’est autour du 30 juillet que le monde apprit une nouvelle capitale : pour la première fois, des chercheurs américains avaient réussi à transformer génétiquement une cellule normale en cellule cancéreuse ; avancée prometteuse bien dans le style d’une Vénus en Vierge).

 

Au lendemain du 11 septembre 2001, je remettais cela avec « La guerre du terrorisme » dans le numéro 24 (décembre 2001) de La lettre des astrologues, bulletin de la Fédération des Astrologues Francophones. Une fois de plus, j’évoquais préalablement le ressenti du « roi nu d’un savoir au compteur reparti à zéro, du fait de se retrouver au pied du mur d’un écran blanc du futur. Adieu la broderie astrologique au coin de ses rêves. Il s’agit de faire une « prise » d’avenir, ce saut dans l’inconnu étant l’exercice même par lequel on passe de « faire de l’astrologie » à « être astrologue ». Mieux vaut reproduire le texte prévisionnel situé dans son contexte :

 

« Dans notre quête prévisionnelle, nous marchons au pas à pas, mais, déjà, nous avons anticipé les deux premières étapes. Il était, il est vrai, possible que la riposte américaine (au 11 septembre) allait se produire au début d’octobre sous le triangle dissonant du Soleil au double carré d’une opposition Mars-Jupiter, et, si possible, autour du 7 octobre, passage de la Lune sur l’opposition Saturne-Pluton. Les bombardements de Kaboul allaient commercer ce jour-là. Nous étions plusieurs collègues à en convenir le 1er octobre aux Editions Traditionnelles où quelques amis étaient venus me serrer la main pour mes quatre-vingt ans. Ensuite, voyant venir un trigone évolutif Soleil-Jupiter (presque superposé à celui du 11 novembre 1918), suivi des trigones de Mercure et Vénus (en conjonction) au même du 8 au 20 novembre, je me suis risqué à annoncer une « détente en Afghanistan » pouvant ressembler à l’effondrement du régime taliban (prévision formulée oralement à quelques proches, dont Didier Geslain, et écrite dans un courrier du 23 octobre à Nick Campion). Or, prenant de court l’opinion internationale, Kaboul tombait pacifiquement le 13 novembre et en quelques jours, l’Alliance du nord s’emparait de l’ensemble du territoire. » Début d’une cessation des combats.

 

Avec la dernière guerre anglo-américaine à l’Irak, cette année 2003, il ne m’a pas été possible de publier de texte, mais je me suis prononcé verbalement dans le milieu des Editions traditionnelles et des collaborateurs de L’Astrologue. Je n’avais pas même attendu l’engagement du 18 mars pour formuler aussitôt le pronostic d’une guerre-éclair économique (trigone évolutif Saturne-Uranus) ayant des chances de finir fin-mars/début-avril, en raison du trigone Soleil-Jupiter du 29 mars. La situation militaire, mal partie, se renversa du 4 au 8 avril, jour de la prise de Bagdad et de l’effondrement inopiné de la résistance irakienne.

 

C’est à ses fruits que l’arbre doit être jugé. Même si nous ne savons pas (encore) dire ce qu’ »apportera » la prochaine conjonction Soleil-Jupiter, du moins avons-nous, grâce à elle, une ouverture sur l’avenir et l’on peut s’autoriser l’éloge de la prévision dans une mission accomplie de l’art d’Uranie : c’est le discours du monde qui est dit par la parole de l’astrologie, dans l’effacement de l’astrologue.

haut de page