Astrologie Mondiale (Pratique)

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L A    C R I S E   M O N D I A L E   D E    2 0 1 0

 

 

“Mieux vaut prévoir sans certitude que de ne pas former de prévision. »  Henri Poincaré. 

 

Retour une fois de plus à un initial zéro du savoir :  face au mur d’ignorance totale  auquel on se heurte, vouloir percer l’inconnu de demain pose le défi interprétatif de l’astrologue autant que la transcendance du fait prévisionnel. Tenter de prédire, même déjà en fin 2008, ce qui se passera dans le monde en 2009-2010-2011 est une gageure, mais y renoncer, alors que nous  détenons une approche virtuelle apportant des éléments de réponse sur l’avenir, serait une sorte de démission, quitte à se contenter du profil bas de simples points d’interrogation posés, nos faibles rayons de lumière jetés sur ce trou noir étant malgré tout préférables à rien. Bien que l’on s’attende précisément à une  arrivée d’inattendu, regardons donc vers quels horizons s’avancent les chemins sur lesquels nous sommes déjà plus ou moins aveuglément engagés.

 

Aussi devons-nous recourir à l’unique perche qui se présente : pour savoir où l’on va, il faut d’abord savoir d’où l’on vient. Dans le cours hélicoïdal du déroulement de l’histoire – mouvement circulaire au sillon bien tracé du retour au même point en un éternel recommencement, avec avancée perpendiculaire en avant de la flèche du temps – la similitude du répétitif se marie à la diversité de l’inédit, le toujours le même débouchant sur de toujours nouveaux paysages mondiaux ouverts sur l’infini. Naturellement, seule est perçue l’inscription du devenir dans la trame du cercle, mais l’observation de chaînes de relations dans la liaison temporelle d’étapes qui se succèdent, donne accès à une intelligibilité historique donatrice de sens en retrouvant, derrière les multiples expressions transitoires de l’archétype éternel, l’ordre d’une structure répétitive de l’évolution du monde, saisie d’une essence des vicissitudes du temps. Du fait de pouvoir prévoir telle série donne une assurance de jugement sur le cours des choses que pourrait envier un historien qui n’arrive que derrière elles. Outre que nous pouvons du même coup contribuer plus ou moins à la grande maxime de Louis XIV : « Tout l’art de la politique est de se servir des conjonctures. » (Mémoires pour l’instruction du Dauphin).

 

Mais d’abord, commençons par tenter d’établir une échelle comparative de la configuration critique qui s’annonce pour en évaluer la dimension.

 

Une évaluation du danger.

 

 

D’accord, il est convenu entre nous – depuis déjà près de deux décennies (« Numéro spécial XXIe siècle » de l’Astrologue n° 92, 4e trimestre 1990) - que doit se présenter une crise mondiale autour de 2010, pour la raison que s’y compose un triangle rectangle campant Pluton  perpendiculairement à une opposition où Saturne s’ aligne face à une conjonction Jupiter-Uranus, soit le concert de 6 dissonances majeures assemblées. Ceci dans le cadre général d’un indice cyclique descendu du plafond de 2003 (1080°) au creux de vague de 2010 (832°). Il s’agit là de la première concentration planétaire (indice minimum) du nouveau siècle, cette conjoncture étant – c’est clair - un temps où l’on passe « par un plus bas » pour remonter ensuite. Temps de périodicité annonciateur d’une nouvelle venue de maladie de civilisation, non sans le retour dévastateur de quelques cavaliers de l’apocalypse.

 

Si l’on revient en arrière pour retrouver derrière nous une configuration similaire, notre enjambée s’arrête un instant à 1951-1952 où se produisit une opposition Jupiter-Saturne au carré d’Uranus, n’impliquant toutefois que trois planètes (c’est le temps de la guerre de Corée où la Chine, alliée de l’U.R.S.S., s’affronta aux forces des Nations-Unies), pour choir sur 1930-1931 où, cette fois, la précédente opposition Jupiter-Saturne également au carré d’Uranus composait avec Pluton en dissonances majeures et même avec Neptune en dissonances mineures Soit cette fois l’écheveau entier des cinq lentes, les dix grands cycles planétaires étant presque simultanément à l’œuvre. Ce qui n’est pas le cas ici où Neptune  échappe à la dissonance.

 

N’empêche que nos économistes, depuis l’éclatement avec fracas de la crise boursière et monétaire de cet automne 2008, évoquent carrément le spectre de 1929 où l’effondrement de la Bourse de New York le « jeudi noir » 24 octobre fit éclater la grande crise économique généralisée (URSS exceptée) de 1930/1934. Or, nous pouvons déjà dire, en faisant cette simple comparaison, que la dissonance générale de 2010-2011 est plutôt moins lourde que celle du cap de la trentaine du siècle dernier.

 

 

Une autre raison qui ne pousse pas non plus au pessimisme intégral est que derrière les dissonances de 1930-1931 se profilait la seconde des trois grandes chutes d’indice cyclique du XXe siècle en l’espèce de la triple conjonction Jupiter-Saturne-Uranus de 1940-1942 – la crise économique avait installé  Hitler au pouvoir, duquel était venue  la guerre - alors qu’il n’y a nulle  dissonance du genre pour les années qui vont suivre, la venue de la triple conjonction Jupiter-Saturne-Pluton de 2020, second nœud astral critique du siècle, allant se dérouler sur le fond d’un triphasé ascendant des grands cycles d’Uranus, Neptune et Pluton.

 

Il n’est point  anodin de débattre cette question de la gravité de notre conjoncture si l’on se rappelle le tintamarre dévastateur de prévisions calamiteuses tirées de l’éclipse « nostradamique » de 1999 et relancées par le choc de l’ agression du World Trade Center du 11 septembre 2001. Il n’est donc pas exclu qu’on nous répète la menace d’un cataclysme quelconque . Même le si estimable Dane Rudhyar s’était égaré (au moins virtuellement) lui aussi – ce qui ne gâte nullement son œuvre – à propos de la  triple conjonction Saturne-Uranus-Neptune, ayant évoqué dans L’Histoire au rythme du cosmos, p. 167 (Ed. Universitaire, 1983) « quelque événement radical vers 1990, un bouleversement à l’échelle du monde. Le déplacement brutal de l’axe des pôles (…), un contact avec  des êtres supra-intelligents venus d’outre-espace (…). Outre bien sûr la possibilité d’une guerre mondiale nucléaire qui décimerait au bas mot la moitié de l’humanité et rendrait des continents entiers inhabitables pendant un demi-siècle au moins, peut-être jusqu’en 2062, date que j’ai avancée pour le début concret, physique de l’ère du Verseau .» ! Derrière cette faiblesse d’un grand, que craindre de bricoleurs en mal de prédictions sensationnelles ? Pauvre Uranie …

 

Il n’en faut pas moins relativiser cette démarche d’évaluation du danger, d’autant qu’il est déjà en soi aléatoire de comparer le monde des années trente à notre monde actuel. En outre, il faut aussi faire la part de la relativité de l’indice cyclique (il n’est qu’un outil provisoire, décodeur grossier destiné à se voir substitué par un indicateur astrophysique plus fiable). Quand on revient à celui du siècle précédant, la crise de 1929/1934 (voir figure) y était inscrite par une petite cuvette de l’I.C., encadrée par les deux grandes chutes des guerres mondiales, avec un recul de cuvette au fond amorti par la présence d’une double opposition planétaire (Saturne était opposé à une conjonction Jupiter-Pluton) expliquant la retenue du sommet d’indice qui y régnait. Or, c’est le même phénomène de maintien en élévation qui  prévaut maintenant. Si bien que l’anodin V de 2010 est trompeur comparativement à l’impressionnante chute d’indice de 2020. Et si, comme je le pense, l’essentiel de la configuration de ce cap de 2020 devait être le tournant décisif d’une définitive suprématie économique internationale de l’Asie (Chine et Inde), ce serait là une mutation capitale de l’histoire mondiale, phénomène  venant toutefois s’installer comme un ordre naturel, alors que la configuration éclatée et comme explosive de 2010 nous fait passer par la conflagration ou turbulence d’un désordre généralisé. On voit donc qu’il n’est pas facile de bien juger notre évaluation en question, mais du moins peut-on évacuer d’emblée le pire : l’épouvantail suprême d’une troisième guerre mondiale, autant que  toute ineptie apocalyptique ...

 

Revenons à notre conjoncture présente. De ce qui pourrait avoir le plus stigmatisé le cours de notre histoire depuis la descente de l’indice cyclique en 2003, devrait être retenu, surtout avec l’agression du 11 septembre 2001 – année où le débit de croissance de l’indice cyclique s’est mis à reculer – à savoir l’évocation du « choc des civilisations », le monde n’ayant pas cessé de voir s’affronter les valeurs de la société occidentale moderne à celles d’un islamisme traditionnel radical, sur le fond général d’un déclin de l’Europe accentué par l’avancée d’une Asie devenue de plus en plus présente. On peut donc se demander, en premier lieu, si cette tension civilisationnelle présente ne peut pas atteindre, avant de décroître ensuite, un sommet de manifestation accidentelle à cette pointe inférieure de l’indice cyclique de 2010-2011. Or, on ne peut malheureusement pas écarter un tel danger.

 

Il n’en est pas moins observé, toujours depuis cette même chute de l’indice cyclique, un autre phénomène qui touche, cette fois, l’économie mondiale. Dans notre monde plus que jamais assoiffé d’or noir avec la croissance des pays émergents en surconsommation de barils, le prix du brut à triplé en trois ans de 2003 à 2006, atteignant les 70 dollars, somme qui, depuis lors, est passée par un doublement. Ce qui, au surplus, va de pair avec la venue d’ une flambée des prix des matières premières, laquelle, depuis lors, frappe la consommation alimentaire elle-même ! Comment, du coup, ne pas craindre, sur ce terrain, la menace d’une grande perturbation mondiale ?  Certes, le prix du pétrole est revenu en 2008 à un taux convenable, mais pour combien de temps ? Outre que d’autres désordres viennent de se  présenter.

 

Finalement, c’est en guise de hors d’œuvre prévisionnel, qu’il est  permis de se  prononcer ainsi : la crise en question a déjà éclaté, en particulier lors du passage du Soleil sur l’opposition Saturne-Uranus dans la première quinzaine de septembre 2008, avec plein effet dans la première quinzaine d’octobre (krach bancaire et panique boursière sans précédents), cette configuration saturno-uranienne étant, parmi les grands cycles, la première à se manifester du lot des six dissonances de 2010,  l’effondrement boursier et monétaire annonçant déjà des mesures sociales de crise économique. Qu’il me soit permis de rappeler – initialement formulée ainsi dans le texte de l’Astrologue de 1990 : « …la première grande crise économique du XXIe siècle »  et reformulée depuis dans deux ouvrages – la dernière interprétation que j’ai tirée de cette configuration dans « Le cycle Saturne-Uranus » du présent site de juillet 2004 :

« Opposition (novembre 2008-septembre 2009). Dans la mesure où ce qui s’est souverainement renouvelé à la conjonction (1988) a été l’accès des USA à l’unique domination mondiale, et comparativement au parallèle observé entre l’Europe et les Etats-Unis à l’opposition de 1920, ainsi qu’à l’aventure du Vietnam qui fut un échec à la précédente de 1965, ce qui peut le plus trancher à celle-ci – chargée à l’extrême du passage qu’y fait Jupiter par sa conjonction à Uranus et son opposition à Saturne de mai 2010 à mars 2011 – est un tournant décisif de leur puissance : à la fois parvenue au faîte de leur domination et basculant sur leur déclin. Déclin qui pourrait venir d’une cause interne, comme par exemple une super-crise économique. Sinon du dehors : venant derrière la conjonction Jupiter-Neptune de 2009, susceptible de représenter une haute marée de la mouvance altermondialiste avec un progrès de l’humanisation de la mondialisation, cet alignement jovi-saturno-uranien pouvant ouvrir la voie à un début de nouvelle gouvernance mondiale. ».

 

De l’éclatement de cette crise, Pierre Julien en a, pour sa part et à sa manière, fait une fracassante annonce à un numéro de début 2008 de desphaeris.com de Didier Castille. Pour ne citer que l’un des sérieux chercheurs en astrologie mondiale.

 

La conjonction Jupiter-Neptune.

Avant d’en arriver à cette dissonance de 2010-2011, venons-en d’abord à  la conjonction Jupiter-Neptune qui va se former en triplet les 28 mai, 10 juillet et 21 décembre 2009, de 24 à 26° du Verseau, au semi-sextil d’Uranus en Poissons.

 

On connaît la nature du cycle de ces deux planètes, à tendances « large » et « humide », embrassant l’universel, en aspiration d’œcuménisme, ouvertes sur le communautaire et l’humanitaire, concernant d’ailleurs tout particulièrement l’O.N.U. Nous en avons encore eu un témoignage à leur dernière opposition de septembre 2002 à juin 2003, avec la seconde guerre du Golfe engagée à son insu le 20 mars 2003, où l’institution internationale a été bafouée par l’intervention américano-britannique en Irak – c’est à la conjonction des deux mêmes astres de 1932 que Bagdad acquit son indépendance et c’est en sortie de leur opposition précédente que le 2 août 1990 Saddam Hussein avait envahi le Koweït – qui plus est, sur les fallacieux prétextes  (neptunité frauduleuse) que ce pays détenait des armes de destruction massive et que son chef pactisait avec Ben Laden !

 

L’intervention du cycle à propos de l’O.N.U., née à la conjonction de 1945, ne se manifeste pas nécessairement d’une façon sensible à chaque conjonction. On notera toutefois que la dernière conjonction de 1997 a coïncidé avec la venue de Kofi Annan, secrétaire général, qui a revivifié cette institution. Depuis quelque temps, il est question d’élargir les membres permanents de son Conseil de Sécurité à de nouveaux pays : Inde, Japon, Allemagne, Mexique … Qui sait si ce renouveau cyclique ne va pas donner un coup de pouce à une telle recomposition en revalorisant l’institution ? Mais ce n’est là qu’une version plausible parmi d’autres : voire en réussissant une importante opération diplomatique de caractère pacifique, en promouvant une opération du maintien de la paix des casques bleus, ou encore en contribuant à humaniser une si douloureuse mondialisation …

 

 Comme la conjonction est en Verseau, ne pourrait-elle pas redonner du souffle à l’UNESCO, dont l’acte constitutif adopté du 16 novembre 1945 remonte à la même conjonction jovi-neptunienne de cette année-là (une conception , la naissance avec l’adhésion de vingt signataires ayant eu lieu le 4 novembre 1946, sous conjonction Soleil-Jupiter), les U.S.A. s’étant retirés de cette organisation à la conjonction de 1984, suivis du Royaume-Uni l’année suivante, et à la dernière de 1997, celui-ci s’y réintégrant, suivi plus tard de Washington. Cette organisation, au lendemain de la conjonction de 1971, s’est engagée à protéger le patrimoine mondial culturel et naturel ; de même qu’au lendemain de la suivante de 1997, en 1998, elle a adopté une « déclaration universelle sur le génome humain et ses droits de l’homme ». Dernièrement, en 2005, elle a adopté la convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles. Peut-être a-t-elle encore du nouveau à nous apporter.

 

Il n’est pas facile de découvrir de quelle manière va essentiellement se manifester cette nouvelle grande conjonction. Il n’y a pas de grande guerre finissante à prévoir comme en 1918 et en 1945. Voici déjà ce que j’en disais dans « Le cycle Jupiter-Neptune » de juillet 2004 :

 

« Il est vain, maintenant, de deviser de la prochaine conjonction Jupiter-Neptune qui se produira de mai à décembre 2009  (…). On l’a vu ici, c’est en fonction du contexte historique du moment qu’elle s’exprime et il est trop tôt pour en percevoir le cadre. Tout au plus peut-on estimer que, ramifiée au semi-sextil Uranus-Neptune, elle puisse faire espérer une avancée d’humanité dans l’édification en cours de la mondialisation. En s’interrogeant non moins si, étant suivie aussitôt du chambardement des dissonances de 2010, ses acquis ne puissent pas être remis en question dans la crise attendue, sinon s’y révéler inopérants. Aussi proche qu’elle soit déjà de nous, cette conjonction-Sphinx est comme plongée dans l’obscurité d’une nuit des temps, ne devant se révéler qu’au dernier moment, et même quand l’histoire se dévoile. Comme cela est généralement le cas. »

 

En cette fin d’année, j’en suis au même point. Retardant la sortie de ce texte, je tenais à savoir ce qui allait nous menacer sous le passage de la conjonction Soleil-Mars sur Pluton … Reste à s’interroger si elle ne pourrait pas avoir  un « impact pacifiant » sur le point le plus névralgique du monde présent. Il vient aussitôt à l’esprit que le principal danger international présent est la menace de l’Iran de vouloir se doter de l’arme atomique avec le risque de sa prolifération, perspective effroyable, ultra-dangereuse, ne pouvant à la longue que finir mal. On peut actuellement se demander – à supposer que la conjonction Soleil-Mars-Pluton de fin décembre prochain  ne se cristallise pas en extrême danger sur ce terrain -  si notre configuration n’offre pas un espoir de déblocage déjà à la traversée par le Soleil de Jupiter à Neptune du 24 janvier au 12 février 2009 ? Donnée susceptible aussi, il est vrai, de concerner les talibans  en Afghanistan où sévit la guerre . Au surplus, il se révèle que la République islamique d’Iran, du 1er février 1979,  a son agressive conjonction Soleil-Mars posée de 9° à 11° du Verseau, lieu zodiacal sur lequel va passer Jupiter en février 2009. Cela n’offre-t-il pas une chance d’ouverture diplomatique qui pourrait être prometteuse ? D’autres chances diplomatiques, concernant aussi bien l’Afghanistan que l’Iran ou un autre point névralgique, se pointent au sextil du Soleil au duo jovi-neptunien de la mi-avril, ainsi qu’à ses trigones de la seconde décade de juin et de la mi-octobre. Par contre, si une solution ne devait pas surgir sur ce terrain au cours de l’année, la conjoncture en question s’étant manifestée autrement, c’est alors qu’il faudrait craindre que l’Iran devienne l’épicentre de la crise de 2010-2011. Sur un tel terrain, on ne peut qu’avancer au pas à pas avec une faible lumière devant soi ….

 

En marge de cette virtualité d’effet de premier plan, on peut s’aviser de tester les dernières conjonctions Soleil-Neptune, où l’onde de la tendance de l’astre s’anime annuellement  ce qui  ouvre un éventail d’autres éventualités de manifestation, vaste étant l’étendue de son champ.

 

11 février 2008 : ?

8 février 2007 : Le 13 février, un accord est signé à Pékin entre les deux Corées, la Chine, les Etats-Unis, le Japon et la Russie, où Pyongyang s’engage à « désactiver » son programme nucléaire en échange d’une aide économique. Cette conjonction s’effectue en effleurant le sextil d’une conjonction Jupiter-Pluton et sous trigone Saturne-Pluton. Le 6 avait eu lieu un sommet de 22 chefs d’Etat de la Ligue arabe, réussissant le 8 à réconcilier le Hamas et le Fatah pour un gouvernement national palestinien, accord non respecté.  Et le 14 allait se tenir un Sommet trilatéral Chine-Inde-Russie à New-Delhi. Mais aussi, le 11, tension de guerre froide, digne des temps révolus, entre la Russie et les U.S.A. (sous opposition Saturne-Neptune).

6 février 2006 :  Le 8 février, accord de paix entre le Soudan et le  Tchad, et le 27, accord de coopération entre le Japon et l’Union européenne sur l’utilisation pacifique de l’énergie nucléaire.  

4 février 2005 : Entrée en vigueur du protocole de Kyoto le 16 février. Le 8, rencontre Sharon-Abbas à Charm el-cheikh sous l’égide de Moubarak et d’Abdallah II, conduisant à une trêve israélo-palestinienne. Le 10, premières élections municipales en Arabie Saoudite.

2 février 2004 : Le 25 janvier, entrée en vigueur du protocole créant la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP). Le 2 février, A. Sharon se prononce en faveur de l’évacuation des colonies juives de la bande de Gaza.

31 janvier 2003 : Le 15 février, mobilisation populaire universelle contre la guerre en Irak. 15 millions de personnes défilent dans 600 villes du monde, jusqu’à Sydney, dont 750.000 à Paris..

28 janvier 2002 : Les 7-8 février, conférence des parlements de l’Union européenne sur le blanchiment de l’argent sale.

26 janvier 2001 : Un forum de Davos du 25 au 30 janvier sur la mondialisation, suscite la réaction d’un Forum social mondial à Porto Alegre, en demande d’une « autre mondialisation ».

 

Dans l’ordre du cycle pourrait aussi se présenter une relance en faveur de la défense de l’environnement. Derrière la montée d’une inquiétude grandissante venue autour de la conjonction Uranus-Pluton de 1965, c’est depuis la conjonction de 1971 que le monde s’en préoccupe vraiment, année de la fondation de Greenpeace, suivie l’année suivante du premier Sommet de la Terre tenu à Stockholm, le champ d’un trigone accompagnant ensuite celui de Rio en 1992. C’est d’ailleurs également à partir de 1996, tout contre la précédente conjonction,  que le G7 fut pris à partie par un mouvement collectif de contestation, lequel, face au Forum de Davos des puissances financières de la planète, se constitua, du 25 au 30 janvier 2001 (conjonction Soleil-Neptune trigone Jupiter, accompagnée d’une conjonction Mercure-Uranus carré Saturne, réaction anti-capitaliste) un Forum Social Mondial (FSM), contre-pouvoir d’Altermondialistes entendant humaniser la mondialisation. Qui sait si le FSM ne va pas refaire parler de lui , ou avoir une suite de même tendance ?

 

Il est également possible d’envisager un lien entre notre conjonction neptunienne et l’initiative française de fonder une  « Union pour la Méditerranée », projet qui a relancé le forum de Barcelone de 1995, à peu de la conjonction précédente, ce qui sied à merveille au dessein  rassembleur des nations riveraines de cet océan si attractif, mais aussi tant livré à la pollution. Ou ce projet prend racine en 2009, ou ce ne sera qu’une bulle appelée à éclater.

 

En la circonstance se rappelle le lien du cycle avec notre Ve République (conjonction de 1958) , son semi-carré de l’entrée de 2008 ayant accompagné le malaise de l’effondrement de popularité d’un président qui n’avait pas encore endossé l’habit. Le sort du quinquennat de Nicolas Sarkozy – homme typique de conjonction Jupiter-Uranus -  tend à se jouer autour de cette nouvelle conjonction jovi-neptunienne, à la tendance de laquelle il tourne le dos. Le destin présidentiel ne va-t-il pas encore nous surprendre, par une nécessité de renouvellement d’orientation politique ? A moins que la gauche française déliquescente reprenne figure …

 

 Il n’est pas impossible qu’il y ait également un rapport entre notre cycle et le courant « populiste » qui a gagné l’Amérique latine depuis une décennie, les pays du continent dans son ensemble s’étant libérés les uns  derrière les autres d’une longue emprise des Etats-Unis, supporters de leurs dictatures et régimes autoritaires, ce qui les a fait basculer maintenant dans l’expérience d’un certain gauchisme. On sera mieux fixé en la matière si ce mouvement se reconfigure l’année prochaine.

 

En dernier lieu, on peut aussi s’interroger si cette même conjonction ne peut pas avoir un impact concernant le retour des démocrates au pouvoir aux U.S.A. F.D. Roosevelt avait bouclé un cycle entier à la Maison blanche, de la conjonction de 1932 à celle de 1945. Alors que sous l ‘opposition précédente de 2003, le sinistre président George W. Bush lançait son pays dans une folie guerrière en Irak, à l’encontre de la communauté internationale et de l’ONU. Déjà, le Congres a viré à gauche en novembre 2006 et aux élections de novembre 2008, le candidat  Barak Obama, a  ses chances, ce qui est déjà en soi un tournant dans l’histoire de ce pays. Un noir à la Maison Blanche à l’entrée de Jupiter en Verseau et à l’approche de Neptune dans le signe, au sextil d’Uranus en Poissons : il y a là une révolution sans pareille qui sied au multiculturalisme de la diversité et à l’universalité des valeurs de ces configurations (écrit sans mérite avant l’élection). Nul doute, maintenant, que sous le présent semi-sextil Jupiter-Neptune, s’annonce une dynamique réalisation pacifique du nouveau cycle Jupiter-Neptune, pouvant se prolonger par un retour des démocrates au pouvoir aux élections suivantes. Qui sait, d’ailleurs, si l’entrée à la Maison Blanche du 20 janvier 2009 du nouveau président, sous une conjonction Soleil-Jupiter à 3° d’orbe, ne soit pas un signe bénéfique de détente internationale (bien que ce Jupiter soit au sesqui-carré et semi-carré de l’opposition Saturne-Uranus, risquant de relancer la crise économique en cours en cette entrée d’année) ?

 

La conjonction Jupiter-Uranus.

Quand on voit revenir une conjonction Jupiter-Uranus tous les 14 ans – fusion de l’Air expansif et du Feu intensif – on doit aussitôt s’interroger si sa manifestation  spectaculaire s’accomplit en œuvre prométhéenne ou échoue en explosion de turbulence à plus ou moins haut risque. « Le progrès et la catastrophe sont l’avers et le revers d’une même médaille » (Hannah Arendt).

 

1914, 1941, 1968 et 1983 comptent parmi les années les plus  critiques du siècle écoulé. Mais aussi, 1900 avec la  venue de la TSF (téléphone sans fil), 1927 avec la symbolique traversée aérienne de l’Atlantique par Lindbergh, 1954 avec le projet romain des géophysiciens de créer des satellites artificiels de la Terre, 1969 avec l’arrivée de l’Homme sur la Lune, et 1997 avec le boom de l’universelle navigation individuelle sur le Web, résument la prodigieuse métamorphose de notre civilisation moderne. Jupiter était passé d’Uranus à Pluton en semi-sextil entre 1954 et 1956, alors que se fabriquaient les premiers satellites, et c’est quand ces trois astres allaient se rencontrer en 1969 que l’Homme posa le pied sur le sol lunaire, cette interprétation cyclique ayant été anticipée en prévision dans La Crise mondiale de 1965 (Albin Michel, 1963), alors que l’astrophysicien André Dauvillier, du Collège de France, sans nullement se singulariser parmi ses collègues, avait écrit l’année précédente : « Il n’est pas question pour un humain de poser le pied sur le sol lunaire. » L’événement eut lieu au jour même d’une conjonction Jupiter-Uranus sur laquelle  passait la Lune !

 

Cette nouvelle conjonction, qui se produira les 8 juin , 19  septembre 2010 et 4 janvier 2011, de 27° des Poissons à 0° du Bélier, entre manifestement dans la catégorie des dissonantes, se triangulant à la fois à l’opposition de Saturne et au carré de Pluton. Le tout compose une constellation éclatée de parties disjointes, affrontement d’antagonismes. Reste à savoir de quelle façon  tend à se manifester ce climat de guerre civile de la société mondiale …

 

S’il est un personnage mondial qui pourrait symboliser particulièrement la tendance de cette configuration, c’est bien Nietzsche lui-même, qui présente la même conjonction au même endroit et que tend sa double opposition à une conjonction Mercure-Mars, au surplus sur champ d’ opposition Soleil-Pluton. Il n’y a pas mieux pour exprimer la volonté de puissance du surhomme ultra-tendu jusqu’à un éclatement du génie en démence. Et hors génie, en un pur aventurisme d’apprenti sorcier. Mais c’est justement à la pointe supérieure de sa créativité que l’homme, en un trouble profond ébranlant le monde,  risque d’être touché dans sa démesure. Il y a là un climat de préfiguration de nos prochaines années..

 

Dans l’interdépendance qui règne de plus en plus au sein de la société  surindividualisée qui est la nôtre, cette conjonction jovi-uranienne en champ oppositionnel saturnien chargé de quadrature plutonienne, ne peut que susciter une internationalisation de violence, mais sous forme de quel climat s’annonce cette conflictualité globale ?

 

A l’avant-veille de son échéance, le danger majeur qui se présente est le risque d’une déstabilisation de l’équilibre nucléaire du monde avec le projet iranien de se procurer l’arme atomique. Il est clair que si, à travers la conjonction neptunienne précédente, ce problème ne devait pas être résolu pacifiquement, c’est là, très probablement, que nous aurions le détonateur d’un nouveau foyer d’incendie. Et si ce danger pouvait être évincé en cours d’année 2009 comme cela est possible, sinon probable, on peut craindre alors un phénomène de déplacement du déséquilibre en explosion sociale, avec la révolte d’ une jeunesse qui se voit sans avenir, faisant les frais d’une faillite scandaleuse du capitalisme libéral de responsables exemptés de condamnation. Sinon, quelle autre substitution  pourrait-elle se présenter, autrement qu’une tension inter-étatique ? 

 

Dans mes recherches antérieures sur cette crise de 2010, l’un des risques qui m’était apparu possible était la venue d’un climat d’affrontement entre la Chine et le Japon, en raison du face-à-face du carré Saturne-Pluton et du carré Uranus-Pluton déjà en orbe. Depuis lors, la tension (mémoire des guerres antérieures de 1931, 1937 …) entre les deux pays s’est aplanie. Derrière le traité de paix sino-nippon conclu le 12 août 1978, une visite chinoise au Japon s’est présentée le 12 avril 2007, suivie d’une nouvelle rencontre le 15 août suivant, qui sont des signes de détente, mais, sait-on jamais ? Bien que la tension n’engage pas jusqu’au déploiement guerrier lui-même, des conflits d’intérêt en Extrême Orient entre ces deux grandes puissances ou par pays intermédiaires sont susceptibles de se mettre en place en cette entrée de seconde décennie du siècle.

 

Néanmoins, la Chine n’a pas le privilège d’une exclusivité du processus saturno-plutonien, maints pays dont l’indépendance ou la naissance apparues sous la conjonction de 1947 le partageant : Inde et Pakistan, Israël, les « dragons » asiatiques, Indonésie. De même que si le Japon a une sensibilisation au cycle urano-plutonien remontant à la fondation de son  Etat autour d’une conjonction en 1598 et confirmée aux dernières de 1851 et de 1965, la palette de manifestations du cycle ne s’en tient pas là. Le tête-à-tête que l’on a avec la configuration n’est pas monolithique car l’on n’est jamais en face d’un rapport unique : toujours celle-ci s’ouvre-t-elle en éventail en nous faisant déambuler sur un champ de possibles aux mêmes valeurs analogiques, nous contraignant à  rôder ainsi sur du « ou bien ou bien ». De sorte que l’on est mal loti pour circonscrire un foyer d’incendie précis, si telle devait être la nature du sinistre astral. Dans ce cas, celui-ci se localiserait plutôt dans le Pacifique ou vers l’Océan Indien, sinon encore au Moyen-Orient. Telles sont les régions les plus concernées.

 

 A la précédente conjonction de 1997, tandis que la Russie faisait passer le forum des pays nantis du G7 au G8 et que la Chine récupérait Hong-Kong, une crise économique passagère frappait les pays asiatiques. A cette nouvelle, quelle inconnue viendra se joindre au séisme de l’économie mondiale qui fracasse déjà le monde occidental ? Ce point d’interrogation subsiste.

 

L’opposition Saturne-Uranus.

Il  vaut de revenir aux deux encadrés de mes Prévisions astrologiques pour le nouveau millénaire (Dangles, 1998), parce que l’on arrive à cette opposition que l’on peut comparer aux précédentes. Au surplus, Jupiter se mêle de la partie en s’alignant sur l’opposition de mai 2010 à avril 2011, trio astral composant le tissu principal de l’économie mondiale. On rencontre leur triple dissonance différemment à la première crise mondiale du siècle dernier (1930-1931) et à la seconde (1976), et au printemps 2000 sous la conjonction Jupiter-Saturne au carré d’Uranus, s’est effondrée la bulle spéculative du marché des valeurs technologiques (Nasdaq), ce qui avait entraîné une panne économique passagère.

 

On doit se rappeler que, malgré la baisse de l’indice cyclique, ce grand cycle était encore ascendant. Or, une certaine prospérité s’est maintenue au cours de ces dernières années. Ainsi, l’économie mondiale a crû de 4,1/2 % en 2005 et s’est poursuivie à ce train. Ce sont les pays émergents qui ont fait grimper la moyenne, la Chine voisinant les 10 %, l’Afrique subsaharienne dépassant les 5 %. Ce qui signifie qu’avec le passage du cycle à sa phase descendante se présente maintenant le basculement du côté négatif. En somme nous arrive la vraie récession. On s’était approché de l’opposition à 7° d‘orbe en novembre 2007, et le malaise apparut avec la crise de l’immobilier américaine, entraînant un affaissement de l’économie. Mais, en cette fin d’année 2008 ou l’opposition s’est définitivement formée, le monde a plongé dans cette crise annoncée. Laquelle opposition ne se défait qu’à partir de juillet 2010, la crise en question pouvant être loin d’être terminée et risquant même de battre son plein à la mi-2010 en une culmination historique !

 

Précisons bien que s’il est un cycle dont dépendent le plus les U.S.A., comme signature essentielle, c’est ce cycle Saturne-Uranus, parce que le  gigantisme de cet Etat-pilote se confond majoritairement avec la dynamique de l’économie mondiale, au premier rang de laquelle ils s’imposent. En fait, la prospérité de leur économie a été sans précédant  pratiquement tout au long de sa phase ascendante, commencée alors avec la disparition du rival soviétique. Le passage par sa phase descendante ne pouvait que signifier le basculement de leur économie dans la crise, devant entraîner avec elle un affaissement de leur puissance politique, imaginable en mutation d’un unilatéralisme révolu à un multilatéralisme mondial. Pareil phénomène de déplacement de centre de gravité avait été vécu à l’opposition de 1920 : jusqu’à la fin de la Première Guerre mondiale, Londres et Paris avaient été les banquiers du monde : sortis économiquement épuisés de l’épreuve guerrière, de pays créditeurs, ils devenaient les débiteurs du capital bancaire américain, ce pays devenant le leadership économique mondial.

 

 


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La meilleure représentation que l’on peut se faire du temps de l’opposition, dans le cycle, est le passage du blanc au noir qui s’opère dans le Yin-Yang. Le processus évolutif y atteint ses propres limites en s’inversant sous une forme ou une autre. Ce fut le cas d’un dépassement négatif dans le cycle précédant en 1965, lorsque les USA se lancèrent dans la guerre du Vietnam où ils durent se retirer douloureusement de l’opération, pour le moins sans victoire. Autrement s’engendre un processus d’inversion  d’un autre ordre, comme sous l’opposition de 1920 : à savoir que l’économie mondiale tend à basculer, cette fois, d’une domination américaine à une nouvelle gouvernance mondiale, installée définitivement au cap de 2020.

Je devais formuler ainsi ce tournant, avec ses répercussions possibles, dans L’Avenir du monde selon l’astrologie (Le Félin, 1993) : « L’on peut se demander si nous n’avons pas là – sur un fond de dépression économique (première crise économique du XXIe siècle) avec l’opposition Saturne-Uranus, entrée dans la phase de repli du cycle de Kondratiev – les indices de la première grande crise de la communauté internationale : pulsions nationalistes conduisant au choc d’intérêts économiques dans une métastase de violence. »

 

On vient de le voir, la crise économique elle-même risque d’être la locomotive d’un train de perturbations, élargissement du déséquilibre  au terrain politique pouvant provoquer des secousses révolutionnaires, entraîner des perturbations sociales aussi bien que diplomatiques jusqu’au risque militaire. De tels scénarios sont manifestement à redouter.

 

Sous ce rapport d’un approfondissement du déséquilibre général, nous risquons de voir se présenter une succession d’épisodes divers en particulier lors des passages des astres rapides aux points équinoxiaux ou solsticiaux où se tend le triangle rectangle des lentes. Cette succession de transits critiques, après la triple conjonction Soleil-Mars-Pluton de fin décembre 2008 (guerre Israël-Gaza), se présente ainsi :

 

            Seconde décade de mars 2009 (Soleil conjonction Uranus…).

            Seconde décade d’avril 2009 (Mars conjonction Uranus…).

            Seconde décade de septembre 2009 (Soleil conjonction Saturne …).

            14 au 26 décembre 2009 (Soleil conjonction Pluton …).

            15 au 25 mars 2010 (Soleil conjonction Uranus …).

            19 au 27 juin 2010 (carrés et opposition solaires).

            Fin-juillet/début-août 2010 (Mars conjonction Saturne …).

            3e décade de septembre 2010 (Soleil conjonction Saturne …).

            Décembre 2010 (Mars et Soleil conjonction Pluton …).

            Du 20 mars à fin avril 2011 (Soleil et Mars conjonction Uranus …).

 

Naturellement, si ce sont là les passages les plus aigus de la perturbation générale annoncée, rien ne permet de préciser la nature des événements appelés à se succéder de l’une à l’autre de ces  diverses échéances, en un chapelet de troubles divers..

 

 L’opposition Jupiter-Saturne.

Cette configuration s’étale entre mai 2010 et mars 2011, son champ de manifestation étant plus élargi. On sait le lien principal qu’entretient ce cycle avec la Communauté européenne et il est bon d’en faire le rappel sur deux siècles pour en suivre les manifestations successives. A l’opposition précédente de septembre 1989 à mars 1991 – pronostic de tendance en avait été fait à l’astrologue n° 85 du 1er trimestre 1989 - nous avons connu le tournant historique de la chute du mur de Berlin qui a conduit aussitôt à l’effondrement des « démocraties populaires » de l’Europe de l’Est, suivi de la réunification de l’Allemagne de l’Ouest et de l’Allemagne de l’Est, puis de l’éclatement de la Yougoslavie.

 

Nous en sommes au trigone évolutif, étalé de janvier à novembre 2008, champ à l’intérieur duquel s’est immiscé le sesqui-carré de mars à juin. Après le carré sous lequel l’Europe était tombée en panne, la France ayant rejeté le projet de traité constitutionnel européen le 29 mai 2005, suivie trois jours plus tard par les Néerlandais (carré à  3° d’orbe en février), nous avons remonté la pente avec le Traité de Lisbonne, signé le 13 décembre 2007, accompagné le 21 de l’ouverture des frontières de l’espace Chenguen (libre circulation des personnes au sein de l’Union, s’ouvrant à 9 pays de l’Europe de l’Est), puis suivi du Traité européen du 29 juin,  au Sommet de Bruxelles, sous la pression de A. Merkel et N. Sarkozy. Une Europe des 27 si fragile qu’avec le retour du sesquicarré, cette remontée tournait court avec le « non » à son tour de  l’Irlande  au référendum de juillet.

 

 Il serait étonnant que le retour au trigone maintenu serré sur le trimestre septembre-octobre-novembre – signal fort - ne s’accompagnât pas d’une remise sur pied  de l’Union européenne. C’est au passage solaire sur ce trigone qu’eut lieu la réunion exceptionnelle des 27 le 1er septembre : une franche unanimité continentale s’est faite face à la tension entre la Russie et la Géorgie, la peur de la conjonction Soleil-Saturne ayant eu sa vertu défensive à effet unificateur. Pareil rapprochement s’est opéré sous l’explosion boursière et monétaire de septembre-octobre-novembre. Le repassage furtif au sesqui-carré de l’entrée de 2009 pourrait peut-être venir de l’entrée en présidence de l’eurosceptique République tchèque (résidu de souvenir du lâchage de « Munich ») peu encline à dynamiser une relance européenne. Pour ce qui est du genre de perturbation pouvant accompagner l’opposition de 2010-2011, l’inquiétude immédiate est assurément de craindre que notre continent soit au cœur de la crise économique mondiale, mais il est difficile de ne pas redouter davantage. Nul doute qu’il s’agit là d’un cap ultra-critique pour le destin d’une Europe des 27 ingouvernable, sujette à un affrontement guerrier et menacée d’éclatement.

 

Il faut penser, au surplus, que l’alignement du trio Jupiter-Saturne-Uranus accole deux oppositions, à la manière d’un corps à corps. La précédente configuration du même ordre, de Saturne face à la conjonction Uranus-Pluton de 1965, m’avait inspiré (La crise mondiale de 1965, Albin Michel, 1963) une menace d’affrontement entre les USA (Saturne-Uranus) et la Chine (Saturne-Pluton), ce qu’allait être l’intervention américaine au Vietnam (pronostic conforté par le suivant de leur réconciliation de 1971-1972 sous la juxtaposition, cette fois, de leurs trigones). Dans la conjoncture de fragmentation générale qu’exprime le triangle dissonant, ne faut-il pas craindre que puisse alors  se présenter un épisode passager de divorce au sein du monde occidental, entre la Communauté européenne (Jupiter-Saturne) et les Etats-Unis (Saturne-Uranus),  retour de conflits d’intérêt ?

 

Le carré Saturne-Pluton.

De cet aspect ne se dégage pas facilement de signification formelle, tant son champ d’application peut-être étendu. En premier lieu se présente naturellement la Chine, dans la condition d’un pays qui est déjà depuis tant d’années en plein essor économique et devenant à la longue vulnérable, la conjonction Jupiter-Uranus s’immisçant à cette dissonance de son cycle. On l’image aussitôt plongeant à son tour dans la crise économique et exposée du même coup à un écheveau de tensions intérieures et extérieures. Le traité de paix sino-japonais conclu le 12 août 1978 est venu sous un semi-sextil Uranus-Pluton ; son carré peut-il le  fragiliser ? Dans le thème de la République populaire chinoise (Pékin, 1er octobre 1949, 15 h 15 m), le Soleil est à 7° de la Balance, au carré d’Uranus à 5° du Cancer. Or, en 2010, vers février et vers septembre, le carré céleste Saturne-Pluton frappera directement cette dissonance majeure. Ce qui paraît exposer le pays à une crise aiguë : la question principale est de savoir s’il s’agit là d’une crise de régime importante ou d’une tension diplomatique inquiétante. Et pourquoi pas les deux ?

 

L’opposition du cycle en 2001 s’est traduite essentiellement par l’offensive terroriste d’ Al-Qaida avec le choc-surprise du 11 septembre, suivi d’une « guerre du Bien contre le Mal » américaine. Ne peut-il pas se reproduire à ce carré un nouveau choc d’un ordre semblable ? C’est là une interrogation qu’on ne peut malheureusement pas exclure, puisque l’on continue de se croire « bon » face au « mauvais » comme de croire à l’efficacité de ses armes. Bref, une relance du terrorisme avec riposte douteuse se présente comme une sérieuse possibilité.

 

Au trigone de 2007-2008,  il y eut la détente (prévue) du renoncement de la Corée du Nord à l’arme atomique, avec un rapprochement entre les deux Corées. Au surplus, alors que sous l’opposition antérieure de l’entrée du siècle, la seconde intifada palestinienne aboutissait à ce que Israël se bâtisse un « rideau de fer », à ce même trigone a prévalu une dynamique de  paix conduisant à l’ouverture de pré-négociations israélo-palestiniennes, consacrées par la conférence d’Annapolis de novembre 2007. Mais en vain …, comme s’il était impossible d’aboutir à la paix (si déjà, la négociation avec la Syrie sur le Golan, engagée en mai 2008 par le canal de la Turquie, pouvait donner un résultat effectif ? …). Impuissance des hommes à faire l’histoire et se condamnant à la subir … Ce qui devient inquiétant, c’est que l’on va passer du trigone au carré  (novembre 2009 à août 2010, voire avec orbe de 4° autour de juin 2011), sur le champ de la conjonction Jupiter-Uranus, Israël y étant sensible par sa propre opposition jovi-uranienne (danger de nouvelle guerre notamment à l’une des dates présentées dans le texte de l’ opposition Saturne-Uranus). Déjà, ce fut sous deux carrés Saturne-Pluton successifs qu’eurent lieu les guerres du Sinaï en 1956 et du Kippour en 1973. Faute de s’engager dans la vraie paix, ne voit-on pas monter le risque d’une répétition guerrière ? D’autant que la surprise des journées critiques que j’attendais sous la triple conjonction Soleil-Mars-Pluton de cette fin décembre allait être, le 27, une entrée en guerre d’Israël avec Gaza, nouvelle spirale de la haine relançant le terrorisme. Nul doute qu’un dangereux cyclone risque d’assombrir le ciel du Moyen-Orient !

 

Le carré Uranus-Pluton.

Avant d’aborder en direct cet aspect, un intérêt particulier peut être porté à l’Arabie Saoudite dont le royaume a été fondé le 22 septembre 1932, au temps du précédent carré Uranus-Pluton et alors que le Soleil à 29° de la Vierge va subir l’impact direct de la conjonction Jupiter-Uranus. Cette mixture est-elle un signal fort de trouble national, de danger pour la monarchie ou simplement d’une plongée profonde dans la crise économique ? Mais il n’y a nul besoin de faire des sacrifices à Apollon et aux muses pour deviner que bien des régimes seront ébranlés.

 

Bien qu’il ne soit exact que de 2012 à 2015, cet aspect est déjà en orbe lorsque se joint à lui l’opposition Jupiter-Saturne, laquelle répercute son entrée en scène dans la crise qui le précède, et c’est lui qui en tisse même, sur  fiévreuse conjonction jovi-uranienne, la sombre toile de fond.

 

Si l’on revient en arrière pour la comparaison, celle qui se prête le mieux avec notre conjoncture interrogée est le retour au carré précédent (en phase involutive plus critique) qu’interférait également en 1930-1931 une opposition Jupiter-Saturne, Neptune y participant. En bref, c’est alors la société capitaliste occidentale qui s’effondre, la crise économique sans précédent faisant le lit de la peste brune nazie (la terrible « peste noire » qui décima l’Europe en 1347-1348 tombait sur une exceptionnelle concentration Jupiter-Saturne-Uranus-Pluton).

 

Depuis lors, nous avons eu la conjonction Uranus-Pluton de 1965, rejointe par Jupiter en 1968-1969. En toile de fond de notre histoire, un fait majeur accompagnateur a été le départ d’une continuelle chute de la fécondité en Occident, qui a entraîné un dépeuplement général de la population blanche, face à une démographie galopante des autres populations du globe.. Ce fondamental déclin de l’Occident relève d’un balancement de l’histoire : à la conjonction antérieure de 1851, un surpeuplement européen avait engendré un fort mouvement d’émigration ayant finalement conduit à une véritable européanisation du globe. Depuis la dernière conjonction, le phénomène s’est inversé avec un flux migratoire continuel des populations sous-développées des autres continents, en mal d’européanisation. Cette évolution ne peut qu’avoir son incidence dans cette crise ?

 

Il existe aussi un choc des contraires entre les deux planètes, Uranus visant la promotion de  la modernité et Pluton renvoyant au primitif, alliage à l’image cybernétique du robot, monstre ultra-sophistiqué. Tel le limon originel faisant cause commune avec l’aventure prométhéenne partie pour aller de plus en plus vite en un regard porté de plus en plus loin. C’est surtout, derrière la conjonction Uranus-Neptune de 1820 et autour de la triple conjonction Saturne-Uranus-Pluton du milieu du XIXe siècle, que la passion créatrice du pionnier, accélératrice de progrès, a contribué, en une fièvre de modernisation, à une métamorphose radicale de la société, aux prouesses vertigineuses donnant dans l’inimaginable : bicyclette, motocyclette, automobile, avion, téléphone, radio, télévision, fusée, téléphone portable, Internet … où s’arrête cette démesure du pouvoir humain ? Forgeron à l’œuvre, aux mains entre lesquelles cette puissance peut aussi s’inverser en nous faisant revenir vers un abîme, retour à un chaos originel ? La double opposition planétaire ne fait pas seulement craindre, comme climat international, une tension accrue entre passé et avenir, ancienneté et modernité, tradition et révolution ; elle a aussi valeur – toujours le passage du blanc au noir du Yin-Yang - de plafond atteint virant au dépassement désordonné : débordement, embouteillage, indigestion, désorientation, le progrès  grimaçant par retournement en mésaventure d’apprenti sorcier.

 

C’est bien de cela qu’il s’agit avec la dissonance qui fait craindre une saison infernale sous le signe du malaise, de la déconfiture, de la casse. Au semi-carré de la fin de la décennie quatre-vingt, l’ordinateur a rencontré son démon avec l’apparition des virus et c’est à cette époque que l’aventure astronautique a connu ses pires revers. D’ailleurs, que Saturne soit à l’opposition de la conjonction Jupiter-Uranus est déjà une configuration contre-performante, comme facteur d’échec de projet ambitieux ou d’obstacle au progrès, comme si celui-ci nous devenait hostile. Nous risquons d’avoir des fiascos retentissants dans nos escapades astronautiques, par exemple, comme de découvrir aussi de cuisantes déconvenues résultant des avancées les plus intrépides du progrès, prix fort à payer d’un jusqu’auboutisme de l’aventure de l’esprit conquérant des humains. Bref, cela ressemble au temps du surhomme décontenancé par ses propres œuvres, vaincu par lui-même au sommet de sa condition.

 

Maladie de la civilisation. Si la science triomphale a en deux siècles complètement métamorphosé l’existence humaine, à beaucoup d’égards immensément enrichie, il advient que son pouvoir se heurte à l’inconscience des ressorts profonds de son propre développement comme de la destination au second degré de ses créations. Peut-être, sa marche vertigineuse en avant est-elle trop prématurée, en tout cas trop rapide..

 

Encore faut-il ajouter qu’on ne peut exclure que la nature elle-même s’en mêle en matière de dérèglements climatiques, avec le concours du cycle Jupiter-Uranus. Déjà, 1982-1983 avait été considéré comme l’ »El-Nino » du siècle par sa surchauffe. Et 1997 est entrée dans les annales comme l’année la plus chaude du XXe siècle, avec une anomalie climatique majeure : sécheresse dramatique incendiaire en Indonésie, pluies catastrophiques en Californie et sur les côtes sud-américaines, cyclones en Polynésie … Et il serait bien étonnant que le thème majeur de la pollution – qui fit son irruption à la précédente conjonction jovi-urano-plutonienne de 1968-1969 – ne redevienne pas à l’ordre du jour en ces deux années critiques.

 

 

Il n’est pas inintéressant de revenir aux dernières conjonctions Soleil-Pluton, pour se faire une idée du champ de manifestation de cette tendance planétaire.

 

22 décembre 2008 : Le 27, entrée en guerre Israël-Gaza.

 

21 décembre 2007 : Le 27, assassinat de Benazir Bhutto, candidate aux élections présidentielles du Pakistan.

 

18 décembre 2006 : Le 23, ultimatum du Conseil de sécurité des Nations Unies à l’Iran pour suspendre son programme nucléaire et imposant ses premières sanctions, et rencontre Olmer-Abbas à Jérusalem. Le 30, pendaison de Saddam Hussein, condamné pour crime contre l’humanité, et attentat de l’ETA à l’aéroport de Madrid (deux morts).

 

16 décembre 2005 : Le 14, Sommet de l’Asie de l’Est (EAS) réuni pour la première fois à Kuala-Lampur. Le 15, élections en Irak, le résultat des urnes consommant la fracture entre Sunnites et Chiites. Le 18, en Bolivie, le Pr. Morales élu ce jour décide de nationaliser le pétrole.

 

13 décembre 2004 : Le 6, attaque d’Al-Qaïda du consulat américain de Djedda, Arabie Saoudite (8 morts). Le 8, Sommet Chine-Europe à La Haye. 15-17, Sommet européen confirmant l’ouverture de négociations avec la Turquie, en vue d’un projet de son intégration à l’Union européenne. Le 26, terrible tsunami en Océan indien.

 

12 décembre 2003 : Du 5 au 9, série d’attentats près de la Douma à Moscou. Le 13, capture de Saddam Hussein.

 

9 décembre 2002 : Le 28 novembre, attentat dans la capitale du Kenya (18 morts). Le 12 décembre, triomphe des extrémistes hindous aux élections du pays. Le 27, la Corée du Nord expulse les inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), acte qui sera suivi du retrait de ce pays du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) le 11 janvier suivant.

 

7 décembre 2001 : Le 2, faillite de la société Enron, soulevant une rage de réactions à Wall Street, au Congrès américain et dans l’opinion publique mondiale, comme un scandale. Le 11, entrée de la Chine à l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Le 13, attentat-suicide à New-Delhi contre le Parlement fédéral (8 morts.

 

5 décembre 2000 : Le 28 novembre, les Pays-Bas sont le premier pays du monde décidant la légalisation de l’euthanasie.

 

Conclusion.

Ce panoramique déploiement quadri-planétaire planifie un séculaire parcours conjoncturel sur lequel tend à se mouler l’évolution de la société mondiale des prochaines décennies.

 

C’est véritablement, depuis la Renaissance, une nouvelle civilisation qui a pris naissance au halo qui entoure la conjonction Uranus et Neptune avec les traversées qu’y font Saturne puis Jupiter entre 1988 et 1997. Passage par une troisième révolution industrielle – après celles de la conjonction Uranus-Neptune précédente de 1821 et de la plus récente conjonction Uranus-Pluton de 1965 – qu’accompagne parallèlement une métamorphose générale de la société mondiale où, en particulier, l’Occident jusqu’ici à la tête de la vie universelle, cède progressivement la place devant une avancée décisive de l’Orient.

 

Derrière la traversée jupitérienne du champ neptuno-uranien de 1997, l’actuelle de 2009-2010, constitue une nouvelle étape de cette évolution générale, douloureusement perçue. Il se pourrait bien, plus généralement, qu’en ces quelques années l’on assiste à une métamorphose profonde de nos conditions d’existence, avec la nécessité de refondre les bases de notre société. Et sans doute faudra-t-il encore passer par une autre crise, entre le semi-carré et le sextil Uranus-Neptune – surtout à la conjonction Jupiter-Saturne-Pluton de 2020 – pour que cette civilisation nouvelle prenne tout son essor.

 

Tel est vraiment ce qu’inspire la conjoncture astronomique que nous avons sous les yeux.

 

En outre, étant passé au XXIe siècle, il se révèle que l’indice cyclique continue de répondre à notre attente. Nous sommes bel et bien, une fois de plus, en présence de la rencontre d’un premier creux de vague de cet indicateur et d’une nouvelle crise de société. Plus précisément encore, c’est même spécifiquement une crise économique majeure qui était attendue à ce cap critique, et cela à plusieurs reprises depuis son annonce première au « numéro spécial XXIe siècle » (92) de  l’Astrologue du 4e trimestre 1990 !

 

Derrière la sortie de « Pour une réhabilitation de l’astrologie », n’est-il pas heureux que la pratique de la mondiale continue d’honorer l’astrologie ? Puisse cette nouvelle expérience prévisionnelle y contribuer également.

 

« Je crois fermement à l’astrologie , mais rarement aux astrologues », s’était écrié Max Jacob, libérant un malaise sous-jacent. Car, qu’est l’astrologie sans les astrologues en exercice astrologique ? Nous ne pouvons pas nous leurrer du beau mais vain discours, à l’abri de la critique. Fruit d’une connaissance réelle, le verbe astrologique a besoin de s’inscrire dans la vie, comme notre savoir d’astromondiale doit s’incarner dans le tissu de l’histoire, livré au jugement des hommes.

 

Paris le 1er janvier 2009.

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