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Le destin de l'Organisation des Nations Unies


Tout Etat est un vaisseau mystérieux qui a ses ancres dans le ciel.

 

Cette pensée de Rivarol vaut pour l’Organisation des Nations Unies (O.N.U.), véritable embryon d’un homo cosmicus de la Cité terrestre. Contemplons la manière dont l’histoire de cette communauté mondiale, sous le non-signifiant de son tumulte confus, s’inscrit dans le plan supérieur dont le cours des astres signale les jalons et articulations.

 

Fixons-en d’abord le point d’origine. Nos confrères anglo-saxons font circuler la version d’un thème du 24 octobre 1945 à 16 h 45 PM (MC 11° Capricorne et AS 19° Bélier), date de la ratification de sa charte. En fait, il faut remonter à l’acte natal même de sa signature, le 26 juin 1945 à San Francisco. Un communiqué de l’A-F-P, diffusé le lendemain, déclare : « La cérémonie de la signature de la charte de l’organisation internationale a commencé aujourd’hui à midi trois minutes. C’est M. Wellington Koo qui, au nom de la Chine, a apposé la première signature. La France a été le 5e pays à signer. M. Paul-Boncour a apposé sa signature à 12 h 30. »

Certes, la succession des signatures des représentants des 51 pays, membres originaires en guerre contre l’Axe, étalée sur une durée horaire, relativise l’impact du moment initial de cette « naissance » (peut-être aussi en fournit-elle diverses versions nationales), mais la signature première constitue le décisif commencement de notre institution internationale, d’autant qu’elle représente le pays le plus peuplé de la Terre. Ce qui suit n’est plus que la conséquence de ce point de départ : formalité de la ratification de la charte par le sénat américain le 2 juillet (ce qui pourrait en donner une version proprement américaine), etc …

 

 

 

Le thème montre  qu’à l’instant de l’apposition de la première signature, Jupiter franchit l’Ascendant, suivi par Neptune au bout de l’heure écoulée. L’ensemble des grandes signatures s’est déroulé du passage de l’Ascendant de l’une à l’autre de ces planètes. Or, c’est précisément le cycle de ces deux astres, en état de conjonction, qui « signe » l’événement.

 

Pourquoi ces astres-ci ?

 

  1. Au sein du décennaire planétaire leur revient en commun la spécificité de la valeur « large », référence faite à la caractérologie. Face au désir premier uranien : Etre soi par soi en puissance de l’égo, qui constitue, au-delà du particularisme individuel, l’individualisme national avec son droit à la différence dans une humanité plurielle, jusqu’au danger du rôle belligène des nationalismes outranciers dans un monde fractionné, se dégage une aspiration neptunienne universaliste, inspirant la vision communautaire d’une humanité unifiée, d’un destin commun au monde entier. De l’un à l’autre, l’on passerait d’un monde des cités à une cité du monde. Chacun de nous a ses impératifs : si le besoin national est fondamental, l’enclos de la cité terrestre est devenu tel que nul ne peut plus échapper au sort des autres : nous sommes tous condamnés à vivre de plus en plus ensemble dans une société où les problèmes se globalisent, rendant indispensable la gestion d’un patrimoine commun. Quant au côté « large » de Jupiter, astre aérien de l’espace, il est tout dans l’ouverture de l’esprit libéral de notre humanisme. Ce n’est nullement un hasard si la première Déclaration des droits de l’homme de la Révolution française (26 août 1789) et la seconde de l’O.N.U. (10 décembre 1948) sont tombées sur des conjonction Soleil-Jupiter. Cette planète transfère son pouvoir d’institutionalisation au principe neptunien qui, réduit à sa condition, tend à s’en tenir à l’état d’un mythe communautaire, d’une idéologie généreuse, d’un rêve utopique de l’humanité. L’apport jupitérien est de lui conférer un pouvoir sur la scène internationale, si bien qu’au cycle Jupiter-Neptune répond (notamment) ce potentiel Etat universel qu’est l’O.N.U.

 

Rappelons les objectifs ambitieux de cet empire qui a forcément la mollesse de sa largesse : instaurer une société de paix par le principe du « tous pour un » dans la coalition de l’ensemble contre le coupable d’agression ; par des interventions de pompier et une diplomatie constructive. Servir le principe égalitaire des droits de l’homme pour en faire le patrimoine commun de l’humanité ; et assister le monde dans sa détresse par la coopération pour le progrès économique et social, ainsi que par office de secours. Sur cette Terre, actuellement, sur 5 hommes, 4 encore sont affamés ou mal nourris ; ce n’est déjà pas si mal que la plus importante dépense de l’O.N.U. soit son programme alimentaire mondial. Bref, sa cause se résume à l’instauration d’une société mondiale meilleure, peu importe l’illusion qui s’attache nécessairement à cet espoir.

 

Revenons au cycle Jupiter-Neptune. Dans la série de ses reproductions, la conjonction de ces deux planètes scande tous les 13 ans un temps fort diplomatique, son « principe actif » faisant prévaloir une tendance à l’union, au rassemblement, à la détente et à l’entente, bref aux rapprochements internationaux :

                                   Entente cordiale (1843)

                                   Traité de Paris (1856)

                                   Triple-Alliance (1881)

                                   Triple-Entente (1907).

Rappelons que l’O.N.U. a succédé à la Société des Nations qui avait déjà proposé un système de sécurité collective. Cette S.D.N., instituée au palais des nations à Genève, avait pris corps dans le Traité de Versailles de 1919, précisément sous une conjonction Jupiter-Neptune ; en Lion, signe donnant un essor aux neptuniennes valeurs collectives. Dans Les Astres et l’Histoire (Pauvert, 1967) est exposé un historique de cette première organisation internationale, évoluant parallèlement aux phases du cycle en question. Mentionnons seulement que lorsque se reforma la même conjonction en 1932 – cette fois en Vierge, signe de « débilité » commune pour les deux astres – eut lieu à Genève la conférence du désarmement qui fut un échec. L’année suivante, le Japon et l’Allemagne quittaient la S.D.N. et l’opposition Jupiter-Neptune de 1939 accompagnait le départ de la Seconde Guerre mondiale. Consécration de la défaite de la S.D.N.

 

Voici comment, en 1963 dans La Crise mondiale de 1965 (Albin-Michel), je présentais la conjoncture de sa remplaçante, après avoir relevé la signature du couple Jupiter-Neptune, mieux disposé pour une conjonction en Balance :

 

Si Jupiter tend à substituer le droit à la force, Neptune est toujours l’expression d’une globalité, d’une collectivité ; ici, il incarne le principe d’universalisme exprimé par l’unité de la société internationale.

Or, fondamentalement, cette O.N.U. est « mal née » : le seul aspect de Neptune est une dissonance essentielle, un carré au Soleil, qui, de surcroît, en Cancer et conjoint à Saturne, incarne le principe contraire d’un « chacun pour soi » : le particularisme national, famille raciale ou cellule patriotique. Ce carré Soleil-Neptune traduit directement le conflit du régionalisme et de l’universalisme, de la souverainement des intérêts nationaux et de la cause du plus grand nombre. Or, avoir le Soleil contre soi, c’est, pour ainsi dire, nager à contresens du courant de la vie. Et il ne peut y avoir plus pur symbole de l’égoïsme national que la conjonction saturnienne du Cancer.

Comment, dès lors, l’O.N.U., née débile, n’assisterait-elle pas, impuissante, à la marche du monde, emportée et déportée par le brassage d’une humanité qui suit d’autres directives que les siennes ? C’est un fait que déjà le monde en a pris son parti : l’espoir de vivre en paix grâce à elle s’est évanoui. L’opinion publique elle-même est fort mal disposée à son égard, sans doute en raison de ses lassantes et impuissantes discussions de procédure, de ces irritantes joutes byzantines qui se livrent au bord de l’East River, mais aussi parce qu’elle reporte sur elle l’amertume des espoirs déçus par l’institution genevoise, son aînée. Sans oublier les interventions malheureuses de ses « casques bleus ». Ses promoteurs eux-mêmes ne s’y retrouvent plus : si, au départ, elle assurait une hégémonie collégiale des cinq Grands comme peloton de tête, le passage du simple au double de ses membres autour du renouvellement de la conjonction en 1958, a placé ces mêmes Grands en présence d’une O.N.U.livrée à des forces qui leur échappent et au destin aléatoire.

Et pourtant, toutes illusions tombées, ne versons pas dans l’excès opposé. En fonction de son Jupiter-Ascendant, puissamment triangulé au trigone Lune-Vénus, cet organisme mondial a toutes les chances de surmonter la crise ouverte dans laquelle il se débat depuis le nouveau cycle. C’est qu’il a pour lui de répondre à un besoin indispensable des relations internationales, même si on passe par-dessus son service. Mais ses limites sont tracées pour un long temps. On sait qu’il ne nous préserve pas de la guerre, parce qu’il ne peut s’impose, ni par la persuasion ni par la force. Mais il peut favoriser des réglements négociés, et, en ce sens, il demeure un instrument diplomatique essentiel. C’est dire que, dans le cadre de ses limites, nous ne prévoyons pas un déclin de l’O.N.U., mais, au contraire, un regain d’influence.

 

Et de conclure ce texte sur la prévision d’une échéance pacifique avec une anticipation de 8 années : « On peut prévoir un redressement de son influence (…) à la nouvelle conjonction Jupiter-Neptune de 1971, annonciatrice d’un possible rebondissement de la cause qu’elle représente. »

 

Je devais revenir sur cette prévision lors d’une interview donnée à la revue italienne Nova dans son numéro de fin d’année 1970, qui titrait : L’Anno del grandi negoziati diplomatici. Le propos essentiel était l’annonce d’un sommet diplomatique pour 1971, le texte finissant ainsi : L’année des grandes négociations et de la liquidation des guerres existantes. Depuis vingt-cinq ans, l’Europe n’a pas beaucoup bougé : elle peut se métamorphoser complètement en une douzaine de mois ; tandis que les extrêmes de notre société mondiale, les U.S.A. et la Chine populaire, peuvent prendre le chemin d’un rapprochement plus ou moins significatif.

 

Certes, la guerre au Viet-Nam se prolongea, mais 1971 fut incontestablement le grand tournant diplomatique entre Yalta et la dissolution des deux blocs de 1989-1990. Outre divers épisodes : admission de la Grande-Bretagne au Marché commun, rencontre Brandt-Brejnev, venue de Brejnev en France, traité d’amitié indo-soviétique …, c’est un exceptionnel festival diplomatique qui se produit cette même année : entrée de la Chine populaire à l’O.N.U.(son siège ayant été occupé depuis 1948 par Formose), visite surprise de Nixon à Pékin, amorçant une réconciliation sino-américaine, accord américano-soviétique sur la limitation des armements et traité sur la non-militarisation des fonds océaniques ; et surtout, aboutissement de la conférence européenne sur la sécurité, sur la lancée des traités germano-soviétique et germano-polonais de l’été et l’automne 1970 : double accord sur Berlin, d’abord entre les quatre Grands, puis entre les deux Allemagne, c’est-à-dire, disparition de ce point névralgique n°1 sur la carte du monde, page tournée d’un quart de siècle d’histoire de l’Europe d’après-guerre ! Une somme de ce genre est rarissime …

 

Ainsi, en matière de détente internationale, le cycle Jupiter-Neptune nous fournit-il un moyen simple et efficace de diagnose. Je me devais naturellement de le vérifier à l’occasion de la nouvelle conjonction de ces astres en 1984. L’interprétation de celle-ci dans le n° 62 de L’Astrologue (2e trimestre 1983) me permit de reformuler l’annonce d’un nouveau temps fort de détente internationale (on était alors au pire de la tension de l’affrontement des euromissiles), en mentionnant en particulier les journées de la conjonction Soleil-Jupiter du 14 janvier 1985. C’est là même qu’allait commencer le grand dégel Est-Ouest, Américains et Soviétiques renouant la négociation à Genève les 7-8 janvier 1985, avec l’arrivée de Mikhaïl Gorbatchev au pouvoir en U.R.S.S. Les grandes négociations sur le désarmement s’engagent, conduisant au sextil puis au trigone Jupiter-Neptune (pronostics reformulés) à la détente que l’on sait, jusqu’à la dissolution des deux blocs de l’Ouest et de l’Est.

 

Quand arrive l’opposition Jupiter-Neptune, de mi-1989 à mi-1990, c’est une nouvelle situation mondiale qui se met en place. La guerre froide enterrée avec la disparition du duumvirat USA-URSS, l’exercice du Conseil de sécurité de l’O.N.U. se trouve débloqué, et pour la première fois de son histoire, l’instance internationale fait l’unanimité pour imposer son autorité lorsqu’en août 1990 l’Irak envahit le Koweit. C’est sous son égide qu’une coalition d’une trentaine de membres engagera une guerre de 41 jours (avec 110 000 sorties aériennes) qui, pulvérisant l’armée irakienne, libérera le pays annexé. Ainsi a été vécue l’opposition du cycle.

 

Au point où nous en sommes, on peut dès maintenant annoncer la venue d’un nouveau cap important pour la paix et l’équilibre du monde sous l’égide de l’institution de Manhattan avec la prochaine conjonction Jupiter-Neptune qui se produira à 27° du Capricorne en janvier 1997. On peut même donner une plus grande ampleur à cette prévision en se prononçant d’une façon plus catégorique : nous entrerons dans les grandes années prestigieuses du destin de l’O. N. U. !

 

Il y a bien longtemps que les connaisseurs en l’art d’Uranie avaient stigmatisé l’importance historique de nos années actuelles. Personnellement, je puis remonter à un texte que j’avais écrit il y a déjà quarante-quatre ans, dans le n° 21 de la revue Destins de mai 1947, intitulé : « Le cycle Uranus-Neptune ; la société moderne capitaliste ». C’est ainsi qu’il se terminait :

 

Nous arrivons enfin au terme du grand cycle Uranus-Neptune, à la conjonction de 1992 qui fait prévoir une révolution profonde de la société entre 1981 et 1997, mais surtout en 1988-1989-1990, en vertu des passages de Jupiter et Saturne sur cette grande conjonction. Sera-ce la fin du régime capitaliste, une nouvelle réforme  capitaliste ou un nouveau régime ? Ce qui est certain, c’est que nous entrerons dans un monde nouveau. »

 

Ce texte qui date de presque un demi-siècle a déjà aujourd’hui une certaine saveur, mais s’il est trop tôt pour évaluer le bouleversement de société en cours, du moins peut-on déjà percevoir la part prépondérante qu’y prendra le cadre onusien.

 

C’est d’une O.N.U. naufragée dont nous sommes en train de sortir, à l’image de sa dissonance maîtresse : l’opposition de la Lune au trio planétaire du Cancer. Rien ne la résume mieux que ce terrible rappel de Quid : « L’O.N.U. comptait 154 membres en 1981, dont 20% avaient moins d’un million d’habitants et 50 % moins de 5 millions ; plus de 100 pays étaient des dictatures, plus de 50 étaient en guerre entre eux ou pratiquaient le génocide entre tribus, ou entretenaient des camps d’entraînement pour terroristes. » On se rappelle le mépris affiché de de Gaulle pour ce « machin » et le récent refus du chef de l’Etat d’Israël de recevoir son représentant.

 

Certes, ce n’est nullement son principe en lui-même, dans toute sa noblesse, qui est en cause ici. Incriminons l’indignité des pays, impuissants à parvenir à une harmonie universelle et qui n’ont que l’O.N.U. qu’ils méritent. Car c’est au sommet que le monde sera sauvé, après dissipation de ce qui sépare l’éthique onusienne du bas réalisme des communautés nationales. Le besoin d’un corps politique global, institution d’unité universelle, est tel que pour Arnold Toynbee « une mosaïque d’Etats locaux souverains ne saurait être qu’une configuration politique transitoire ».

 

Mais l’O.N.U. a son propre devenir en tant que courant universel synchronisé aux interférences des divers courants nationaux. Il convient ici de faire  un retour aux transits du thème natal du 26 juin 1945.

 

Ainsi, parti du Milieu du ciel, Uranus transite le Soleil lorsque la guerre de Corée éclate le 25 juin 1950. Le Conseil de sécurité crée le 7 juillet un commandement des Nations Unies pour défendre la Corée du Sud attaquée par la Corée du Nord, d’obédience communiste. La guerre dure le temps qu’Uranus traverse le champ de l’opposition de l’axe Cancer-Capricorne. Et c’est lorsque Jupiter transite à son tour la conjonction cancérienne que la guerre prend fin les 20-21 juillet 1954 (conjonction Soleil-Jupiter). La Corée du Sud a été sauvée grâce à l’O.N.U.  Uranus transite Pluton lorsque l’assemblée générale, réunie d’urgence le 5 novembre 1956, envoie une sommation aux troupes franco-anglaises pour les empêcher de débarquer en Egypte à la guerre du Sinaï, ce qui correspond au style de transit. De même, lorsqu’il transite Jupiter est signé, le 27 janvier 1967, l’important Traité de démilitarisation de l’espace, et sont déposés à Genève le 25 août suivant deux projets identiques de traité de non-prolifération de l’arme nucléaire, signé par 54 Etats le 1er juillet 1968. La coopération internationale se brouille au transit suivant sur Neptune, depuis l’intervention en août 1968 du Pacte de Varsovie en Tchécoslovaquie. On est non moins frappé par la configuration prodigieuse qui, en 1989-1990, a soulevé et changé le destin de l’O.N.U. : la grande opposition de Jupiter au trio Saturne-Uranus-Neptune superposée à sa propre opposition de l’axe Cancer-Capricorne. Conjoncture d’un tournant ultime et d’un renouveau total, consacré par la guerre du Golfe (opposition) qui la révèle enfin à sa pleine efficacité. La voilà prenant en mains les grandes affaires du monde, les Grands passant du moins par elle.

 

Précisément, ce que l’on voit arriver, c’est que la grande conjonction Uranus-Neptune de 1993 va se produire à 18-19° du Capricorne, juste sur sa Lune natale triangulée au trigone Vénus-Jupiter ! Voilà pourquoi l’on peut prédire que les prochaines années vont être les grandes années historiques de l’O.N.U. au sommet de son rôle, façonnant de son sceau la société mondiale ! Ce qui pourrait déjà commencer à se faire sentir à partir de l’automne 1992 avec le retour de Jupiter sur sa position natale du 25 juin 1945.

 

On peut fixer  un certain calendrier des manifestations du pouvoir collectif onusien.

 

On songe immédiatement aux renouveaux annuels de la conjonction Soleil-Neptune qui valorise le principe d’universalisme. Ainsi, c’est sous la conjonction du 22 août 1928 (particulièrement harmonique) que, cinq jours plus tard, le fameux pacte Briand-Kellog, mettant la guerre hors la loi, fut signé par l’ensemble des Etats du monde ; couronnement de la S.D.N. qui fit vivre à l’humanité pendant quelques années le rêve d’une paix universelle et éternelle. C’est sous une conjonction de ces mêmes astres que fut votée la résolution n° 242 du Conseil de sécurité du 22 novembre 1967, ordonnant le retrait des forces armées d’Israël des territoires palestiniens occupés. Egalement que le 26 novembre 1973, le Sommet arabe d’Alger reconnut l’O.L.P. comme représentant unique du peuple palestinien ; et que le 22 novembre 1974, l’Assemblée générale de l’O.N.U. établit le droit des Palestiniens à l’autodétermination, à l’indépendance et à la souveraineté nationale.

 

 Apparemment, il s’agit là de la force molle d’un vœu pieux. Voyons-y pourtant  une souche de puissance potentielle qui creuse son sillon pour une future moisson. La guerre du Golfe terminée, l’O.N.U. reste là comme l’institution épaulant les Grands, chargés de régler la paix au Proche et au Moyen-Orient. On voit s’esquisser une épreuve de force avec Israël, Etat rythmé au cycle Saturne-Pluton et sensible au cycle Jupiter-Uranus, et allant au-devant d’une suprême épreuve : 1993 reproduit un carré Saturne-Pluton (comme aux guerres du Sinaï et du Kippour) et un carré Jupiter-Uranus (un semi-carré accompagnant la guerre des Six jours). C’est sans doute à cette dramatique que se rapportera l’un de ces passages critiques de 1993 : mi-février, fin mars, mi-septembre et mi-novembre. L’Intifada était apparu au semi-carré Saturne-Pluton de 1988, comme au sextil, en mai 1989, le plan de paix du Secrétaire d’Etat américain James Baker. Au carré, la déraison risque de présenter sa note.

 

Pour revenir aux conjonctions Soleil-Neptune, on sait qu’elles se produisent tous les 367 jours environ, la prochaine de 1992 devant avoir lieu le 7 janvier à 16° du Capricorne et celle de l’an 2000 le 24 janvier à 4° du Verseau. Outre que le Soleil sera parallèlement en conjonction d’Uranus dans les mêmes journées : les 5 janvier 1992, 8 janvier 1993, 12 janvier 1994, 17 janvier 1995, 21 janvier 1996 et 24 janvier 1997 …Il devient évident que c’est surtout au cours des mois de janvier de ces prochaines années que l’on verra plus clairement se façonner la société nouvelle en gestation où l’O.N.U. prendra une place maîtresse, une mention particulière revenant à janvier 1994 où, avec le Soleil, Mercure,Vénus et Mars se joindront à la conjonction Uranus-Neptune.

 

Naturellement, la conjonction soli-neptunienne présente un contenu d’une large affectation globalisante où l’O.N.U. n’est qu’une de ses implications possibles, les colères populaires étant aussi de son registre. D’un autre côté, l’action pacifiante et humanitaire de cette institution s’exerce de connivence avec les deux configurations maîtresses de détente que sont les aspects que le Soleil entretient avec Vénus et Jupiter. Pour ne citer qu’un dernier exemple, le cessez-le-feu de la guerre du Golfe, le 28 février 1991, est tombé alors que le Soleil se triangulait par semi-sextil et quinconce à un trigone Vénus-Jupiter. Dans le milieu des Editions traditionnelles, on sait que, dès le lendemain de l’ouverture des hostilités, j’avais retenu cette configuration comme date possible d’une cessation des hostilités (L’Astrologue n° 92).

 

Voici la liste des conjonctions Soleil-Vénus et Soleil-Jupiter qui se produiront d’ici l’an 2000 :

 

            Conjonctions Soleil-Jupiter                            Conjonctions Soleil-Vénus

 

            17 août            1991                                       22 août            1991

            17 septembre 1992                                       13 juin             1992

            18 octobre      1993                                       1er avril            1993

            17 novembre 1994                                       17 janvier        1994

            18 décembre 1995                                       2 novembre    1994

            19 janvier        1997                                       21 août            1995

            23 février         1998                                       10 juin             1996

            1er avril            1999                                       2 avril              1997

            8 mai               2000                                       16 janvier        1998

                                                                                  30 octobre      1998

                                                                                  20 août            1999

 

Tel est le calendrier des deux configurations les plus propices aux manifestations de tendance pacifique et constructive. Chacune de ces pièces a naturellement une valeur particulière, en fonction de son contexte. Ainsi, la tendance se renforce par addition, comme cette année 1991 avec la concentration Soleil-Vénus-Jupiter du 17 au 27 août. Cette seconde quinzaine d’août 1991 devrait être porteuse d’un haut potentiel diplomatique, en dépit toutefois du sesquicarré qu’envoie Uranus à ces conjonctions, expressif d’une tension à surmonter, d’une difficulté à résoudre. On pense à la possibilité d’ouverture d’une conférence internationale sur le Moyen-Orient, d’un premier pas vers la paix ou d’un espoir pour cette région du monde, mais il peut s’agir d’un autre épisode diplomatique[1]

 

En revanche, c’est plus probablement une action ou réalisation onusienne qui peut être attendue de la conjonction soli-jovienne suivante du 17 septembre 1992, Jupiter repassant sur sa position du 26 juin 1945, soutenu par les trigones d’Uranus et Neptune.

 

Si le contexte de la conjonction suivante du 18 octobre 1993 est d’une ambivalence qui rend l’interprétation difficile, en revanche, on peut grandement attendre du voisinage des conjonctions Soleil-Vénus et Soleil-Jupiter du 2 et du 17 novembre 1994, Jupiter étant au sextil de la conjonction Uranus-Neptune.

 

C’est aussi un grand épisode de la diplomatie internationale, où plus que jamais l’O.N.U.devrait être à l’ordre du jour, que signifie le passage du Soleil sur la conjonction Jupiter-Neptune les 17/19 janvier 1997, suivi du passage solaire sur Uranus le 24 janvier. Vénus et Mercure passeront à leurs tours sur le trio des trois lentes du 1er au 12 février. Ces quatre semaines de mi-janvier à mi-février 1997 devraient constituer le grand tournant où la nouvelle société mondiale a pris définitivement forme.

 

On sait qu’avant d’y parvenir, nous aurons à vivre sur la ligne de pesanteur d’un indice cyclique en baisse. Ce que cela représente, c’est toute la charge sur les bras des problèmes que nous avons à résoudre, qui nous viennent du bouleversement de société en cours. Et nous risquons d’en être accablés pendant quelque temps. Mais notre humanité fera face à ces problèmes sans tragédie ; donnons-lui seulement le temps de les digérer et de souffler ; ce qui sera fait à ce tournant de 1997.

 

Le 3 mai de l’an 2000, les sept astres du système solaire traditionnel seront réunis dans le Taureau. Il n’y a pas mieux que cette doriphorie pour présager l’heureux élan de l’ère  nouvelle à l’orée du IIIe millénaire.

 

                                                                                  Paris, le 8 mai 1991.

 

L’ASTROLOGUE n°98, 2e trimestre 1992.

 

 

«Toute ma science astrologique, en vérité, ne me donne pas tant de certitude que je puisse prédire un fait particulier en toute confiance. »

 

Ces paroles de Kepler eussent dû retenir ma plume de Verseau trop naïvement inspiré … Car l’O.N.U. n’a nullement accédé à la grandeur annoncée. Mal m’a pris de ne pas en être resté à l’impression première d’une institution « mal née », nageant à contre-courant du fil solaire de l’histoire. Certes, dans la décennie 90, au cours de laquelle ses effectifs ont quasi-décuplé, elle a donné toute sa mesure, surtout depuis le mandat de son nouveau Secrétaire général, Kofi Annan, entré en fonction – précisément - à l’entrée de 1997 (devoir d’ingérence humanitaire, Cour pénale internationale pour décourager les Milosevic …). Mais elle n’en reste pas moins ce qu’elle est. « L’Organisation des Nations unies existe-t-elle réellement ou n’est-elle que le paravent, impuissant et toujours au bord de la faillite, de la bonne conscience » s’interroge Dominique Moïsi dans Ramses 2002.

 

A l’opposition Jupiter-Neptune de 1990, c’est sous son égide que devait se faire la guerre du Golfe. A la dernière de 2003, à l’inverse, c’est à son insu que les anglo-américains, se dispensant de son mandat, ont fait la guerre à l’Irak. Jamais l’O.N.U. n’aura été autant bafouée par l’unilatéralisme américain en cours, le monde ayant ressenti la défaite morale du primat de la force sur le droit international et ayant plus que jamais besoin d’une « gouvernance » globale.[2]

 

Naturellement, nos configurations ne se laissent pas enfermer dans les limites de nos observations. Le cycle Jupiter-Neptune n’est nullement inféodé à l’O.N.U. Ainsi, Greenpeace est né à la conjonction de 1971, qui est devenu le premier organisme écologique du monde. Il en est de même pour les doriphories des synodes annuels de janvier, évoqués ici, tant est touffue la trame de l’histoire au cœur de la mondialisation en cours. Ainsi, pour la dernière de 2000, l’une des réussites de Kofi Annan est d’avoir impliqué de nombreux acteurs des relations internationales, comme les représentants de la société civile : c’est ainsi qu’en mai 2000, un Forum du millénaire a groupé plus de 1000 O.N.G. (organisations non gouvernementales dans le cadre)   dans un cadre de Pacte mondial (Global Compact).

 

 


[1] C’est au milieu de ce mois d’août que s’est ouverte, en conférence internationale, une grande négociation onusienne pour l’échange d’otages et de prisonniers entre les deux Grands, suivi d’effets. Après le putch raté du 19 août à Moscou, les changements survenus en U.R.S.S. ont approfondi et consolidé la grande détente Est-Ouest.

[2]  Dans un article du n° 138 (2e trimestre 2002) : « L’Opposition Jupiter-Neptune », je rappelais le souvenir de l’opposition précédente de 1989 avec le risque de voir revenir des manifestations populaires en masse (10 millions d’Européens ont défilé contre la guerre le 15 février 2003, 5 autres à la fin de la semaine suivante et autant en fin de mois en Asie et en Amérique latine), signalant que la France était particulièrement concernée (elle le fut en effet …mais aussi intérieurement en mai) avec le cycle Jupiter-Neptune de la Ve République. Et j’ajoutais que « l’O.N.U. peut aussi le ressentir qui évolue sur le même cycle ».

 

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