Astrologie Mondiale
(Théorie)

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Les doriphories à l'honneur en Chine

 

La revue britannique New Scientist dans son numéro du 28 octobre 1982 a publié, sous la plume de John Gribbin, un article intitulé : « Stand by  for bad winters », , dont le propos constitue un grand événement d’astrologie mondiale du plus haut intérêt.

 

Ce texte nous apprend que d’importantes recherches ont été effectuées en Chine sur une corrélation entre de grandes fluctuations tendancielles de la météorologie et les variations des distances angulaires interplanétaires, objet du traitement de l’indice cyclique. Ces travaux ont été effectués en équipe par deux savants : Ren Zhenqiu, de l’Académie de science météorologique de Pékin, et Li Zhisen, de l’Observatoire astronomique de Pékin.

 

C’est la grande concentration planétaire de novembre dernier qui a fourni l’occasion de révéler leurs recherches parce que celles-ci ont abouti, sur la base d’une vérification portant sur une longue période historique, à la conclusion que les grands amas géocentriques des planètes sur le versant zodiacal du pôle sud céleste, compris entre 180 et 360 °, correspondent à des périodes de froid pour l’hémisphère Nord de la Terre.

 

Dans leurs recherches, ces chercheurs ont retenu la matière astronomique des ensembles synodaux (de là le terme de synode adopté) des doriphories géocentriques de toutes les planètes, à l’exception de la Lune et de Pluton.

 

Au rythme des révolutions des quatre planètes géantes (Jupiter-Saturne-Uranus-Neptune), le cycle des synodes rassemblant les huit astres (avec Soleil-Mercure-Vénus-Mars), en une concentration angulaire au-dedans d’un angle n’excédant pas 90°, est d’une durée moyenne de 178,7 années. La fluctuation de ce synode oscille pratiquement entre 178 et 182 ans, avec un retour de 140 ans une fois tous les 5 ou 6 cycles. Ayant désenroulé l’horloge du système solaire à reculons sur plusieurs millénaires, bon nombre de synodes ont ainsi été traités.

 

Pour ce qui est de la documentation climatologique, les archives déposées par la civilisation chinoise  ont permis de remonter jusqu’à 1600 avant J.-C., mais, outre que cette chronique comporte quelques lacunes, elle ne permet pas de déterminer des températures exactes. Aussi ces chercheurs complétèrent-ils leurs contrôles en ayant recours aux résultats obtenus par l’enquête danoise du Prof. Willi  Dansgaard avec son fameux thermomètre de glace – par analyse des pourcentages d’isotopes d’oxygène des échantillons carottés des noyaux de glace du Groenland – qui a permis de tester les températures du pôle de décennie en décennie sur plusieurs milliers d’années. Or, il se trouva que les sources chinoises et du glacier du Groenland concordaient tout à fait, constituant un tableau climatique de l’ensemle de l’hémisphère nord.

 

Plus intéressant encore, indépendamment de la recherche chinoise, Dansgaard et ses collègues ont eux-mêmes dégagé de leurs propres matériaux le schéma d’un rythme de 180 ans dans les fluctuations de la température de notre hémisphère. Ainsi, durant notre millénaire se détachent 5 périodes de froid survenues dans la moitié du XIIe siècle, au XIVe siècle, près de la fin du XVe siècle, dans la seconde moitié du XVIIe siècle, ainsi que vers le milieu du XIXe siècle.

 

Or, au cours de ce millénaire, 5 synodes se succèdent dans les zones zodiacales automnale et hivernale, précisément dans des temps qui concordent  avec ces périodes froides. Le tableau ci-contre en présente les figures, les plus représentatives état celles du synode de 1665, concentration la plus serrée depuis trois millénaires (45°), coïncidant avec quelques décennies d’un petit âge glaciaire (foires sur la Tamise gelée …), avec le synode de 1126 ayant correspondu à une vague glaciaire qui fit périr les colonies des Vikings en Amérique du Nord et au Groenland. Il semblerait même exister une proportionnalité de l’intensité du froid en fonction du degré de concentration planétaire. Tels sont les résultats transmis par ces chercheurs chinois dans une traduction anglaise de leur article au journal Kexus Tonqbao (vol . 25, mai 1980).

 

 

 

Ceux-ci ont même livré une explication de la corrélation observée qu’ils font tenir de l’effet gravitationnel remorqueur des masses planétaires dans la translation de la Terre sur son orbite. Quand les planètes sont dispersées autour de l’écliptique, leurs puissances attractives respectives s’annulent, alors que rassemblées, elles attirent ensemble dans une même direction (revoir figure page 305 de mon Astrologie mondiale). De là une décentration du système planétaire de l’astre solaire, qui a pour effet une inégalité des durées de la moitié estivale et de la moitié hivernale du cycle annuel. La Terre voyageant plus rapidement sur le circuit de la moitié de son orbite du côté du Soleil que sur l’autre moitié qui se trouve être du côté du synode, l’hiver est de ce fait plus allongé et l’été plus raccourci, le synode se situant du côté du pôle céleste Sud (0° Capricorne) ; alors que l’inverse se produit si celui-ci, par contre, tombe du côté du pôle céleste Nord (0° Cancer). Ainsi, le synode de 1665 s’est traduit par une réduction de la moitié estivale de presque 2 jours et par un allongement d’autant de la moitié hivernale de l’année. L’explication reste hypothétique, bien qu’une variation de 1 à 2 % en la circonstance ne soit pas à négliger, outre que s’accompagnerait le phénomène d’une plus grande distance entre la Terre et le Soleil (+ 1 % de rayon, soit 1,5 millions de kilomètres) amoindrissant la chaleur reçue de l’astre central en saison froide. On estime qu’un changement de seulement 10 % dans son rayonnement suffirait à provoquer une pleine glaciation.

 

En attendant la consécration de cette théorie, l’état des corrélations observées conduit les auteurs à s’autoriser le passage à l’expérimentation prévisionnelle. De la venue, après la récente doriphorie de novembre 1982, voisine par sa concentration et sa localisation écliptique de celle de novembre 1483, de deux autres synodes hivernaux en 2163 (concentration forte de 50°) et 2344 (concentration seulement de 83°), l’équipe chinoise conclut à une tendance à un refroidissement continuel à long terme pour notre hémisphère. A propos de notre actuelle concentration, elle pronostique des hivers froids et un désastre de gel au cours des deux décennies de la fin du siècle, voire pour 30 à 50 années. Pronostic téméraire qui va à l’encontre de l’opinion admise que l’effet de serre du dioxyde  de carbone contribue, au contraire, au réchauffement global de notre planète (ce que l’histoire confirmera en cette entrée du troisième millénaire).

 

 

Toujours est-il que cette thèse chinoise – pourtant de nature astrologique – est sérieusement prise en considération par de prudents climatologues. En ayant pris récemment connaissance, le plus réputé climatologue américain, Murray Mitchell, du National Oceanic and Atmospheric Administration, a déclaré : « Ils ont fait là un très bon travail historique ; je ne pense pas qu’il y ait doute à propos d’un changement rythmique de notre climat tous les 160 à 180 ans, la chose n’étant pas précise et nette ; mais les orbites des planètes  pourraient y être pour quelque … ».


 

 

 

 

 

LES FONDEMENTS DE L’ASTROLOGIE METEOROLOGIQUE ?

           

Cette nouvelle thèse révolutionnaire, je m’en serais voulu de ne pas être le premier publiciste français à en informer les lecteurs de « L’Astrologue », eux qui, également les premiers et cette fois universellement, ont assisté dans notre revue aux approches d’un traitement synthétique du système solaire par la mesure de son espace angulaire et l’analyse de ses états, en particulier celui des concentrations planétaires.

 

Nous sommes effectivement ici sur le terrain même de l’astrologie mondiale, à la fois son terrain général et son terrain traditionnel. Au point que cette thèse chinoise, qui en applique la phénoménologie à la climatologie, évoque le souvenir de la « Grande Année ». Rappelons, en effet, que les Chaldéens condamnaient le monde à être périodiquement et alternativement inondé et brûlé aux retours de toutes les planètes à une commune conjonction aux points solsticiaux. Les Stoïciens, sans être les seuls, avaient repris à leur compte cette alternance d’un Grand Eté avec son embrasement au grand synode du solstice du Cancer, et d’un Grand Hiver avec son déluge (par la fonte des neiges) au grand synode du solstice du Capricorne. Certes, ici, la thématique illustrait le grand jeu du Feu et de l’Eau, au lieu de se contenter du rapport précis du chaud et du froid, mais on ne peut nier l’identité des schèmes de cette lointaine pensée des anciens et de cette moderne exploration d’esprit scientifique.

 

Les savants avaient déjà eu recours au jeu combiné des sixième, septième et huitième mouvements de la Terre (variation de l’obliquité de l’écliptique, variation de l’excentricité et variation séculaire du périhélie) pour rendre compte des phases paléoclimatiques et géologiques de notre globe. De nouveaux intègrent donc maintenant son autre mouvement qui est celui des perturbations gravifiques planétaires pour tenter d’expliquer notre climatologie générale. Or, dans la filiation même de la Grande Année, nous sommes ici directement impliqués puisque la configuration céleste que nous traitons est à base d’un jeu de distances interplanétaires situées sur l’écliptique.

 

Au-delà de cette constatation première d’opération traitée sur notre propre terrain, s’impose la pensée que l’application de ce matériau astrologique brut à ce schéma général de la climatologie constitue enfin le cadre d’approche des fondements de l’astrologie météorologique sinon d’une astrométéorologie. Il fallait au départ la vue d’ensemble ou la perception globale d’un rapport entre les astres et le temps climatique. Cette thèse nous la procure enfin et ouvre la piste sur laquelle nous allons nous engager.

 

Convenons que nous rompons avec le vain refrain d’une pratique traditionnelle qui s’en tient aux ingrès saisonniers assistés des mensuelles lunaisons. Voie qui me sembla naturelle à suivre dans l’innocence de mes vingt-deux printemps lorsque je me suis fourvoyé à écrire une Astrologie météorologique que je répudie. Mais l’innocence s’est défraîchie pour faire place ensuite à une auto-critique dégoûtée, jusqu’à l’abandon pur et simple du sujet – écœurant de complexité, surtout prévisionnelle – en dépit de l’encouragement répété à « remettre cela » de mon ami Jean Breton, chroniqueur météorologique de R.T.L.

 

L’occasion m’est ainsi donnée de ressortir un vieux dossier d’où j’extrais une enquête qui me paraît venir à propos.

 

Pourquoi ne pas adopter le principe unificateur assimilant, pour notre continent, le froid à la position écliptique du solstice d’hiver et le chaud à celle opposée du solstice d’été, en généralisant ces valeurs saisonnières du cycle solaire à l’ensemble du système solaire, conformément au schème de la Grande Année, l’hiver ou l’été tendant à être d’autant plus accusé que grossit la masse planétaire autour du Soleil ?

 

Que vaut cette hypothèse ?

C’est précisément au début de sa vérification que conduit mon enquête. Celle-ci porte sur le pointage des positions planétaires de 82 ingrès du Capricorne, ainsi que de 150 ingrès du Cancer, afin de comparer un rapport de symétrie. Il s’agit, en l’occurrence, des 82 plus grands hivers français enregistrés entre celui de 763-764 et celui de 1962-1963, ainsi que des 150 plus remarquables étés français retenus entre 1135 et 1964. Cette documentation de base est celle du mémorial de notre météorologie nationale, fourni par l’Office national de météorologie (O.N.M.).

 

Les figures présentes montrent les résultats obtenus : c’est un bilan non concluant que l’on obtient pour l’instant, car ce contrôle partiel limité à notre territoire géographique n’autorise encore aucun verdict.

Certes, d’emblée, la répartition de Mars fait impression : pour les étés chauds, 115 positions au lieu solsticial d’été contre 35 en face, avec 27 en Cancer, 21 en Gémeaux et 19 en Lion. Même rapport de 1 à 3 pour les hivers froids avec 60 positions autour du point solsticial capricornien, dont 18 dans le signe, contre 22 seulement en face. Mais il ne faut pas pavoiser car ces résultats s’alignent sur le rythme de la révolution synodique de Mars qui, au cours de ses 2 ans 49 jours, met 18 mois à passer de sa quadrature occidentale à sa quadrature orientale et 6 mois à revenir de celle-ci à celle-là. Nous ne sortons pas de la norme. Avec Jupiter, qui traverse l’axe de ses carrés en 7 mois du côté de la conjonction et en 6 mois du côté de l’opposition, les résultats laissent interrogatifs, puisque les étés chauds obtiennent 93 positions contre 57 en face, alors que, inversement, pour les hivers froids, il se présente 49 positions contre 33. Il est bien trop prématuré pour se permettre la moindre interprétation du phénomène. Déception pure et simple avec Saturne qui s’offre un résultat égalitaire : 74/76 et 41/41. Pour ce qui en est enfin d’Uranus et de Neptune, deux résultats sur quatre pourraient susciter l’intérêt : les 86 positions contre 64 d’Uranus avec les étés chauds, et les 45 positions contre 37 de Neptune avec les hivers froids.

 

Un verre à moitié vide ou à moitié plein ? C’est, en l’occurrence, parce qu’il n’est ni vide ni plein que la question reste en suspens. Fallait-il en attendre plus ? La surface totale de notre globe est de 510 millions de kilomètres carrés, alors que celle de notre pays n’est que de 550.000 kilomètres carrés, la proportion disant éloquemment combien dangereusement régional reste notre contrôle : vérité ici, erreur au-delà … C’est naturellement à l’espace entier de l’hémisphère Nord que s’adresse la configuration générale traitée. Certes, il y eut bien, parmi les 82 hivers froids vécus par la France, certains d’entre eux qui furent aussi de grands hivers européens : celui de 821-822 au cours duquel tous les fleuves d’Europe, de la Seine au Danube, furent pris par la glace pendant plus d’un mois ; celui de 1315-1316 qui provoqua une famine générale en Allemagne, en Angleterre et en France ; celui de 1407-1408 tenu pour le plus rude du Moyen Age en Europe occidentale ; celui de 1607-1608, longtemps appelé le grand hiver pour toute l’Europe septentrionale et occidentale, ainsi que ceux du grand synode, entre celui de 1655-1656 et celui de 1683-1684 où la mer fut gelée entre les côtes d’Angleterre, de Hollande et de France …Mais, pour l’ensemble, ces hivers étudiés ne sont-ils pas que français et qu’en est-il pour les autres continents ?

 

En l’état actuel des choses, bien des questions se posent qui ne peuvent recevoir encore de réponse satisfaisante. Gardons-nous de nous lancer dans des interprétations prématurées. On connaît ma revendication d’une astrologie qui, ne se laissant pas seulement porter par le charme ou le pouvoir de son idée-force, se veut les pieds sur terre. Jusqu’à tenir comme moteur le choix de la prévision expérimentale, objectif le plus noble de notre art. De là, pour dissiper les songes creux, la justification de s’engager à le réaliser, jusqu’à même se condamner à réussir. Tant que nous ne pouvons pas nous permettre réellement de prévoir, en touchant un but même partiel, nous n’avons aucune certitude de détenir une quelconque vérité, seule l’efficacité d’une prévision à répétition nous la fournissant. Les Chinois ne pensent pas autrement qui formulent leurs propres prévisions. Or, pour l’instant, sans procédé opérationnel ni corrélations authentiques, c’est à une distance galactique que nous sommes d’un tel but. A supposer même qu’il puisse être atteint.

 

La vraie démarche de caractère impératif consiste aujourd’hui à élargir l’enquête. C’est la raison pour laquelle j’ai l’intention de m’adresser à mes confrères des principaux pays d’Europe, d’Amérique, voire d’Asie, en vue de rassembler la plus vaste documentation susceptible de s’approcher d’une connaissance hémisphérique de notre histoire météorologique, particulièrement en matière d’hivers froids et chauds ainsi que d’étés chauds et froids. Le résultat d’une telle exploration générale devrait-il nous décevoir ? Même si cela devait être, je n’estimerais pas avoir perdu mon temps d’avoir dans ce cas démasqué une illusion. Nous en aurions eu au moins le cœur net et il fallait l’avoir fait. Mais, sous cette calotte des cieux, qui peut jurer à l’avance du résultat ?

 

L’Astrologue  n° 61, 1er trimestre 1983.

 

            Ma tentative a tourné cours faute d’intérêt suscité par le sujet dans le milieu astrologique international de l’époque. Il est plus facile de faire un discours sur l’astrologie à un congrès que de travailler celle-ci pour cueillir à l’arbre de la connaissance un fruit d’Uranie.

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