Astrologie Mondiale
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L'évolution du processus cyclique


Clio et Uranie : l’histoire et l’astronomie.
(Marcantonio Raimondi, Bologne, 1480-1527)

 

Nous avons parcouru l’espace historique de divers cycles planétaires en y percevant le cheminement d’une ligne commune du tour de piste cyclique. Il convient de revenir à leurs observations pour procéder à une comparaison des résultats, du tout devant se dégager une épure tirée des faits eux-mêmes. Que nous apprennent le rassemblement des cas de sextil, la similitude entre les carrés, le point commun des trigones, puis ce qui se passe du sextil au carré et du carré au trigone d’un cycle à l’autre ? Ainsi peut-on s’approcher d’une normalisation du tracé des phases successives du cycle, mieux y percevoir la plate-forme commune. Voyons cela d’un aspect à l’autre. Contentons-nous, du moins, des aspects essentiels.

 

Le semi-carré.

 

Premier temps marquant du déroulement du cycle entre la conjonction et le sextil, le semi-carré est la phase qui, bien que secondaire relativement aux aspects qui suivent, ne peut être négligée. Le temps de la conjonction se présente généralement plus comme une conception que comme une naissance, et le chemin qui va de la conjonction au sextil constitue l’étape d’un courant encore fragile qui peut sombrer et qui cherche toujours ses assises. Précisément, il n’est pas rare de voir ce courant passer par une phase critique au semi-carré. Le plus souvent, c’est un conflit interne qui se fait jour, soit comme élimination d’éléments inassimilables, trop durs ou trop mous, soit par l’adjonction d’éléments nouveaux en contradiction avec les éléments de base. Une première polarisation s’introduit donc au sein de la souche initiale qui apporte la complexité là où, au départ, tout semblait plus clair. Je n’ai toutefois pas fait un relevé systématique de cet aspect.

 

Ainsi, dans la série cyclique Jupiter-Saturne, on voit la Sainte-Alliance (1821) rencontrer un défi venant  de Monroe et de  Canning (1823). L’Europe à suprématie germanique (1881) en expansion coloniale est brouillée par la mainmise anglaise sur l’Egypte (1883). L’Europe du redressement franco-anglais face à l’hégémonie allemande (1901) est privée de l’appoint de la Russie, défaite par le Japon (1904). Celles de Versailles (1921) se heurte à une divergence franco-anglaise : occupation française de la Ruhr (1924), tandis que l’Europe nazie (1940-1941) perd pied : chute de Mussolini en 1943 ; et la Résistance en France bute à un conflit de Gaulle-Giraud. L’Europe du Marché commun (1961) se heurte au refus gaulliste d’une adhésion britannique (1963) et la suivante d’une Europe élargie (1981) à celui des Britanniques au renflouement des ressources communautaires (1984). L’Europe 2001 de la monnaie unique a du mal à voir l’Euro prendre pied. Avec les cycles Saturne-Uranus, la poussée impérialiste de la fin du XIXe siècle aboutit au premier conflit, la guerre russo-japonaise (1903). L’unité-solidarité des Alliés en guerre contre Berlin et Tokio se brise, annonçant une entrée en « guerre froide » (1947). Et si, en fin de siècle, le néo-capitalisme triomphe, le système monétaire international vacille au Mexique (1994).  Avec les cycles Saturne-Neptune,, on passe de la révolution russe de 1917 au chaos, à l’insurrection de Cronstadt, à la NEP (le régime faillit disparaître) de 1921.  Puis de la refondation post-stalinienne (1953) à une épuration et une division du monde communiste (1957). Avec les cycles Jupiter-Neptune, l’élan de renouvellement genevois de la SDN (1932) est mis à mal par l’attentat contre Barthou et Alexandre de Yougoslavie (1934) ; la IVe République française née (1945) sous le signe du tripartisme (MRP-socialistes-communistes) élimine du pouvoir ces derniers (1947) ; tandis que la Ve (1958) entre en conflit avec les forces qui l’avaient fait naître (insurrection d’Alger, 1960). Autre exemple : avec le cycle Jupiter-Pluton (1931), on voit Hitler aux portes du pouvoir, sur le point de sombrer.

 

Le sextil.

 

L’étape qui va de la conjonction au sextil ressemble à la métamorphose de la graine qui germe à la plante qui  lève. Son parcours est un passage du latent au manifeste, du virtuel à l’effectif. Le courant qui avait pris naissance et avait été menacé de disparition au semi-carré est sauvé. Il se concrétise, se densifie, prend forme et s’installe, se met en place dans un milieu qui lui est propice et qu il s’assimile, l’environnement nourrissant sa propre substance.

 

Cycles Jupiter-Saturne : L’avènement de Charles X en France relance la contre-révolution de l’Europe de la Sainte-Alliance (1824). Le libéralisme politique national isolé (1841) devient avec l’ »Entente cordiale » franco-britannique un foyer européen en extension (1844-45). L’Europe allemande 1880) accède à la puissance diplomatique avec l’acte colonisateur de Berlin (1885). Le regroupement européen de 1901 aboutit à « l’Entente cordiale » (1904). L’Europe de Versailles et des traités d’après-guerre (1921) prend corps à partir de l’œuvre de Locarno (1925). Celle de 1940-41 passe de l’occupation à la libération (1944), et avec cette récupération, les projets Roosevelt-Churchill de la «Charte de l’Atlantique » se concrétisent en la réorganisation des institutions internationales. L’Europe qui installe le Marché commun (1961) en arrive à la fusion des institutions européennes : CECA, CEE puis EURATOM (1964-65). Celle de l’europessimisme (1981) règle en 1984 au Conseil de Fontainebleau le problème du veto britannique et prend ses élans vers Maastricht. Et la dernière de l’avènement de l’Euro (2001) en arrive à se réunifier avec une constitution européenne (2004).

 

 Cycles Saturne-Uranus : De la conjonction au sextil de la décennie 1850-1860 s’étend un grand élan de construction du capitalisme moderne avec un essor économique sans précédent. Pareillement, avec la phase suivante du cycle 1897-1906 où le panaméricanisme de Théodore Roosevelt se signale à l’attention. Relance semblable au cycle 1942-1949 où la Seconde Guerre mondiale installe la puissance américaine en Occident, aboutissant, après la fracture entre l’Est et l’Ouest au semi-carré, à l’Alliance Atlantique, l’OTAN y faisant la loi . A plus forte raison depuis la traversée 1988-1997 du cycle en cours, avec un boom économique de longue durée.

 

Cycles Saturne-Neptune : Nous allons de la naissances des partis socialistes à leurs premières manifestations : les 8 heures, le 1er mai, la IIe Internationale (1887-1888). De la Révolution d’octobre à la fondation de l’URSS, reconnue par la diplomatie internationale (1923). De la disparition de Staline à la perspective de la coexistence pacifique (1959)

Cycles Jupiter-Neptune : De la fondation de la SDN à la conférence du désarmement de Washington, premier pas de la sécurité collective (1921-1922). De la conversion de l’URSS à celle-ci à son entrée à la SDN et sa participation au front de Stresa contre l’Allemagne nazie (1934). De la naissance à l’installation de la IVe République avec le gouvernement Schuman (1948). De celle de la Ve République au régime établi par le « oui » (référendum sur l’Algérie, la phase antérieure ayant été le soulèvement d’Alger) massif au général  de janvier 1961.

 

Cycle Jupiter-Pluton : De la conquête du Reichstag à la prise du pouvoir par Hitler (1933).

 

Le carré.

 

Né à la conjonction, perturbé au semi-carré et cristallisé au sextil, le courant du cycle arrive avec le carré à un point critique. Sa position se trouve à mi-chemin de la conjonction qui est thèse et de l’opposition qui est antithèse, un phénomène de dépassement tendant à le faire dévier de sa ligne première. On est en présence d’une crise de croissance qui tend à prendre l’aspect d’une scission interne, d’une division, source d’élimination, de purge, comme pour évacuer un corps étranger ; sinon d’un conflit avec le milieu. Ici, le courant est en voie de transformation, souvent avec déplacement du centre de gravité de la valeur initiale vers des apports étrangers , parfois en rupture avec le point de départ du courant lui-même. Il advient aussi que ce qui a été créé au sextil ne résiste pas à la venue de cet aspect.

 

Cycles Jupiter-Saturne : Fragilité des régimes réactionnaires, chute de Villèle en France (1827). L »Entente cordiale » du sextil est détruite par une affaire de mariages espagnols (1846). L’effervescence nationaliste de la conjonction de 1861 aboutit à la guerre austro-prussienne (Sadowa) de 1866. Au cycle suivant, le carré tombe sur 1887, l’année où le boulangisme et une crise bulgare faillirent provoquer une guerre européenne. C’est ensuite la crise marocaine de 1905-1906. Puis, au carré suivant de l’Europe de Versailles, l’entrée de l’Allemagne à la SDN, la France y étant pour maintenir les choses et le nouvel arrivant pour les changer. Avec celui de 1945-1946, la guerre d’Indochine commence, de Gaulle abandonne le pouvoir et l’Europe est au bord de la scission Est-Ouest. Au cycle suivant, en 1965, la France gaulliste provoque une crise agricole et se retire de l’OTAN. En 1986 règne une guerre des relations commerciales  euro-américaines.

 

Saturne-Uranus : Les Etats-Unis, lancés économiquement (1850) sont bloqués par leur guerre de Sécession (1861) et le Second Empire de Napoléon III s’engage dans la guerre du Mexique. En 1909-1910, c’est l’Europe qui tangue : crise bosniaque, Agadir … C’est ensuite, pour les Etats-Unis sortis victorieux de la Seconde Guerre mondiale, la guerre de Corée (1951-1952). Et dernièrement,  (1999), c’est – passage de l’unique à la division – l’intrusion des ONG faisant capoter le sommet de l’OMC de Seattle.

 

Saturne-Neptune : Après une longue phase d’élimination de ses rivaux et en particulier de Trotsky, la dictature de Staline s’installe en Russie (1925-1927). 36 ans plus tard, d’intérieur le conflit devient extérier avec la scission Moscou-Pékin, le communisme se scindant, outre la crise aiguë des fusées de Cuba (1963).

 

Jupiter-Neptune : Le SDN rencontre son premier obstacle avec l’affaire de Corfou et la résistance turque de Mustapha Kemal, le traité de Sèvres (1920) étant remplacé par celui de Lausanne (1923). Au carré suivant de 1936, le front de Stresa du sextil est brisé par Mussolini qui avait contribué à la relance de la sécurité collective (1932) et se rallie à l’adversaire (« Axe Rome-Berlin »). Le New Deal (1932) du président américain Roosevelt est condamné par la Cour suprême (1935-1936). La IVe République, avec Queille au gouvernement et le RPR dominant à la Chambre, entre en immobilisme. La Ve est menacée par le putsch des généraux d’Alger (1961).

Jupiter-Pluton : Pour le IIIe Reich, c’est la « nuit des longs couteaux », un putsch raté en Autriche et le retrait de la SDN.

Saturne-Pluton : Pour Israël, c’est la guerre du Sinaï (1956), et, au cycle suivant, une tentative ambivalente : le compromis Rabin-Arafat, concession d’un gouvernement provisoire autonome des Palestiniens à Gaza et Jérico (1993).

Uranus-Pluton : Après l’abolition du régime féodal, le régime impérial écrase définitivement les réactions féodales (1875-1876).

 

Le trigone.

 

Après la crise du carré se présente le temps du plein essor dans le sillage de la phase ascendante. C’est précisément en prolongement de la transformation opérée et dans la direction nouvelle résultant de cette crise que le courant parvient au stade de sa grande réalisation. C’est un second palier d’accomplissement après le sextil et à un niveau supérieur. Il s’agit souvent d’une étape constructive, au cours de laquelle aboutissent les principales réalisations que le cycle porte en lui, comme ses meilleurs fruits. Un équilibre dynamique est atteint dans une circulation et une consommation qui conduisent à  l’expansion, en une disposition coopérative et associative ; d’où une fréquence d’accords, d’unions, de traités, dans un climat de paix et de réussite.

 

Jupiter-Saturne : Napoléon au temps de ses victoires. L’affirmation des mouvements nationaux européens de 1848. L’Europe allemande (1881) connaît l’harmonie et la détente, la Triple-Alliance se complétant d’un rapprochement anglo-allemand (1888-1889). L’Europe du début du siècle prend consistance  avec la Triple-Entente (1907). Celle de Versailles s’épanouit avec le Pacte de Paris (1928). Celle de la Résistance prend corps avec la création du Conseil de l’Europe (1948). Au cycle suivant se crée le Marché commun agricole, tandis qu’en Europe l’Est et l’Ouest se tendent la main (1967) et au dernier, le Sommet des Sept de Toronto donne une image d’essor, la CEE étant premier acheteur du monde (1988).

 

Saturne-Uranus : La guerre de Sécession américaine, commencée au carré, prend fin (1862). Le monde libéral est au mieux de sa condition dans l’essor économique (1912-1913). La « doctrine Eisenhower », avec le Pacte de Bagdad, implante la puissance américaine au Moyen-Orient et amorce un rapprochement avec l’Est (1956-1957). Au dernier trigone de 2003, le commerce international a progressé près de deux fois plus vite que la croissance mondiale (+ 4,5 %) qui s’est elle-même accrue, ce mouvement s’étant amplifié en une performance en 2004, l’économie internationale ayant retrouvé son souffle.

 

Saturne-Neptune : Le mouvement ouvrier s’ébranle en Europe (1858) et il devient une force parlementaire et syndicale (1892-1893). Au trigone de 1929, l’URSS lance son premier plan quinquennal qui en fait vite une puissance économique, comme au suivant de 1965-1966, sa prospérité s’élargit à la coexistence pacifique.

 

Jupiter-Neptune : A la SDN est signé le protocole de Genève qui en fait une réalité politique (1924) et 1937 est la seule année d’accalmie d’avant-guerre, tandis que Roosevelt est réélu, qui bénéficie d’une reprise économique et rapproche les USA des démocraties européennes. IVe République : Rapprochement franco-allemand et plan Schuman qui engage le régime dans une politique de coopération européenne (1950). Ve République : Paix algérienne, traité franco-allemand de Paris, majorité UNR, de Gaulle en sa toute puissance (1962-1963). Trigone à 6° d’orbe quand est signé par Reagan et Gorbatchev l’accord de désarmement du 7 décembre 1987.

 

Jupiter-Pluton : Pour Hitler, c’est l’occupation française de la Ruhr qui le lance (1923), puis 1935 pose son pouvoir avec le retour de la Sarre au Reich, un service militaire obligatoire imposé et un accord naval anglo-allemand.

Uranus-Pluton : Pour le Japon, c’est l’entrée dans l’ère des réformes et du progrès du Meiji, son avancée dans la prospérité capitaliste (1883-1887).

 

Le sesqui-carré :

 

Cet aspect mineur, analogue au semi-carré, a une portée limitée. Tandis que ce dernier se présente en début de cycle, temps fragile où rien n’est fixé ni établi, où sa perturbation peut être conséquente, venant à la suite du trigone, le sesqui-carré se manifeste sur un terrain solide, d’autant qu’il se situe dans la phase de plein essor du cycle qui va du trigone à l’opposition. Il n’entrave pas le cours de sa phase ascendante, mais n’en fait pas moins entendre sa note perturbatrice, souvent sous l’aspect d’un fléchissement vital, d’un essoufflement de l’essor en cours, d’une complication résultant de l’acquis, d’une altération de la réussite.

 

Aussi, en ai-je signalé peu de cas, sa présence n’étant pas toujours sensible. Dans les cycles Jupiter-Neptune, par exemple, on perçoit en 1925 une réticence britannique au lendemain du protocole de Genève ; en 1938 un affaiblissement économique qui nuit au New Deal de Roosevelt ; en 1963, une grève de 37 jours des bassins miniers avec vague générale de revendications, affectant la Ve République. Au cycle Saturne-Neptune, en 1931, en URSS, la collectivisation des campagnes échoue, une révolte paysanne imposant un recul de la réforme agraire. Au plan plus général se présente le sesqui-carré Uranus-Neptune de 1886-1888, accompagné des passages d’un carré Saturne-Uranus et d’un semi-carré Saturne-Neptune. 1887 est l’année la plus tendue que l’Europe ait connue depuis la guerre franco-allemande de 1870-1871 (carré). Le continent frissonne avec une crise bulgare qui tend à l’extrême les rapports austro-russes, une fièvre nationaliste du Boulangisme jusqu’à frôler une guerre franco-allemande, des agissements italiens de Crispi, outre une agitation intérieure de divers pays. Mais la guerre n’eut pas lieu.

 

L’opposition.

 

Du haut lignage de la conjonction, nous accédons ici à son second pilier, cette  étape étant en effet un nouveau point de départ, recommencement de série, puisque, franchissant le sommet du cycle, nous passons de sa phase ascendante à sa phase descendante en une orientation inversée. L’opposition fait ainsi le pendant à la conjonction : elle est basculement d’une thèse à une antithèse, engendrement d’un contre-courant à la dynamique initiale du cycle. Son pouvoir est une force de séparation, d’affrontement, sinon de renversement de situation.. Ici se décide si l’histoire du courant décline à la suite d’une division intérieure, amorçant un reflux qui la condamne, ou si, franchissant un rubicon, elle se dépasse en une confrontation extérieure qui lui octroie une dimension nouvelle et un prolongement au-delà de la conjonction suivante. Les faits historiques qui s’y passent sont donc cruciaux. Situons-les sur le chemin parcouru de la conjonction à l’opposition pour mieux apercevoir, par contraste, les retournements de l’histoire.

 

 

Jupiter-Saturne : Depuis 1700 (où la première opposition de 1713 tombe sur la brisure européenne des traités d’Utrecht et de Rastatt), 1732 et la guerre franco-autrichienne de la succession de Pologne. 1753 et le début de la colonisation de l’Inde sur guerre franco-anglaise. 1773 et la Boston Tea Party qui mène à la guerre anglo-américaine. 1793 et la chute de la monarchie française qui ouvre les guerres contre la France républicaine. Napoléon du Consulat à la retraite de Russie (1812). La Sainte-Alliance des trônes minée par les révolutions de 1830-1831. Le libéralisme politique aboutissant aux venues de Napoléon III et de Cavour (qui fera l’Italie à la conjonction) et à l’amorce d’une naissance de l’Allemagne (1850-1852). D’une guerre franco-allemande naîtra l’empire allemand (1870-1871). Sur la lancée d’une Europe allemande, son ambitieuse Weltpolitik engendre la réaction d’une duplice franco-russe (1891-1892). Les guerres balkaniques ouvrent le champ de la Première Guerre mondiale (1910-1911. Du statut de Versailles à la libération de l’Allemagne de ses chaînes avec la montée de la marée nazie (1930-1931). De la naissance de la Résistance à la résistance au renouveau allemand, au réarmement de la CED (1951-1952). Dépassement européen avec les accords sur Berlin, entre les deux Allemagne, entre Bonn et Moscou, et avec l’entrée de la Grande-Bretagne dans le Marché commun. Et la chute du mur de Berlin suivie de la réunification des deux Allemagne (1989-1990).

 

Saturne-Uranus :  Avec l’opposition de 1690, la grande guerre européenne de la ligue d’Augsbourg borne l’essor du roi-soleil, installé à son château de Versailles depuis la conjonction et jusqu’à la suivante. Celle de 1740 tombe sur le grand affrontement continental, maritime et colonial entre la France et l’Angleterre, de la guerre de Succession d’Autriche. A celle de 1782, c’est au tour de l’Angleterre de buter aux limites de son expansionnisme impérialiste, avec la capitulation de son armée américaine consacrant l’indépendance des Etats-Unis. L’opposition de 1830 tombe sur un tournant historique de relève du pouvoir par la nouvelle classe sociale de la bourgeoisie. A la suivante de 1873-1875,  un sommet de l’édification du capitalisme américain est suivi de la plus grande crise économique mondiale du XIXe siècle. Celle de 1919 accompagne un basculement du rapport des forces économiques d’un continent à l’autre, de débiteurs de l’Europe, les Etats-Unis devenant le grand pays créditeur qui joue le rôle de banquier du monde, supplantant Londres et Paris. A la dernière opposition de 1965, les USA se lancent dans la longue guerre du Vietnam qu’ils ne gagneront pas.

 

Jupiter-Uranus : Derrière une série de crises économiques survenues aux oppositions du XIXe siècle, alors que les conjonctions contribuent à la relance de l’économie, celles du XXe siècle tombent sur des années de tension, d’agitation. Rappelons les dernières : 1948 : la crise aiguë du blocus de Berlin. 1962 : celle des fusées de Cuba avec les attentats de l’OAS en Algérie (outre que, de la conjonction à l’opposition, nous passons de l’éclatement de la révolution algérienne en 1954 à l’indépendance de l’Algérie). 1975-1976 : retour de guerre froide (interventions soviétiques en Afrique) et début de la guerre du Liban. 1989-1990 : grand branle-bas général. 2004 : l’agitation terroriste dans l’intervention américaine en Irak.

 

Saturne-Neptune : Si à la conjonction de 1846, le marxisme prend son départ, à l’opposition de 1899, il se fractionne : c’est Bernstein et le révisionnisme, la scission Jaurès-Guesde en France, la rupture entre bolcheviks et mencheviks en Russie. Si celle de 1917 donne le pouvoir aux Soviets, à l’opposition de 1936-1937, la « vieille garde » bolchevique de la révolution d’octobre est décimée par les procès de Moscou et l’URSS rencontre son adversaire extérieur avec le pacte Antikomintern (qui l’attaquera au sesqui-carré), outre que la guerre d’Espagne constitue une barrière à l’extension du communisme en Europe. Et si à la conjonction de 1953 la déstalinisation ouvre un nouvel avenir au régime, c’est son déclin qui commence à l’opposition de 1971-1972 : la chute économique, les dissidents, le Goulag …

 

Jupiter-Neptune : De la naissance de la SDN, destinée initialement à maintenir les traités contre l’Allemagne, à l’adhésion de celle-ci à Genève (1926). De l’adhésion de l’URSS à la cause de la sécurité collective des démocraties occidentales à la conclusion du pacte germano-soviétique (1939). De la présidence première de Roosevelt au Neutrality Act (1939). De la naissance de l’ONU à sa première intervention dans la guerre de Corée (1951) et, avec la dernière de 2003, son éviction dans l’intervention guerrière américaine en Irak (2003). Outre ses grandes marées de manifestations populaires : 1989 et 2003 avec les peuples contre cette dernière intervention militaire.

IVe République : Les partis de la Résistance (sauf communistes) qui étaient au pouvoir depuis la conjonction, cèdent la place aux conservateurs avec Pinay. Terrorisme et répression au Maroc et en Tunisie, CED (le réarmement allemand) et loi Barangé sur la religion à l’école, divisent le pays et disloquent la « troisième force » au pouvoir (1951-1952). C’est le déclin du régime qui disparaîtra à la conjonction.

 

Ve République : Sa première opposition (1964-1965) engendre le premier contre-courant au gaullisme fondateur : glissement à gauche des élections cantonales de mars 1964, congrès MRP de mai lançant le centriste Lecanuet contre de Gaulle à la candidature présidentielle, et premier front socialo-communiste battant l’UNR aux municipales de la Seine en mars 1965. Le tout conduisant au choc du ballottage du général au premier tour des élections présidentielles de décembre. C’est son déclin au pouvoir. A la nouvelle opposition (septembre 1976-mars 1978), la gauche socialo-communiste devient majoritaire dans le pays aux élections municipales de mars 1977. Au surplus, après sa démission de Premier ministre, Jacques Chirac fonde le RPR le 5 décembre 1976 : c’est la droite au pouvoir qui se scinde. Derrière l’austère gouvernement Barre s’annonce l’alternance droite-gauche qui surviendra au carré. L’opposition suivante d’août 1989 à avril 1990 tombe sur la plus forte chute des résultats électoraux de la majorité depuis l’arrivée de la gauche au pouvoir en 1981, avec un désaccord Mitterrand (malade)-Rocard au pouvoir, outre un climat de scandales financiers (affaires Péchiney, R.- P. Pelat …). Avec la dernière opposition de 2002, c’est le départ de Lionel Jospin, venu à Matignon à la conjonction précédente, et le re-basculement national de gauche à droite, avec Jacques Chirac passant de 19 à 82 % des suffrages présidentiels.

 

Saturne-Pluton : De la guerre des Boxers en 1900 à la désastreuse « révolution culturelle » de 1966 qu’escorte une guerre froide avec Washington, Moscou et New Delhi, en passant par la guerre de Mandchourie sino-japonaise de 1930, la Chine récidive dans la crise aiguë. Né sous la conjonction de 1947, l’Inde et le Pakistan se sont faits la guerre du Cachemire en 1965. Quant à Israël, la même opposition se présente quand surgit son dernier mais ultime adversaire : l’OLP, entré en lice la même année. Enfin, la dernière opposition de 2001-2002 venant derrière une opposition Jupiter-Pluton – si bien qu’il s’agit d’un passage de conjonction Jupiter-Saturne finissante à Pluton – tombe non seulement sur la seconde intifada affrontant plus que jamais Israéliens et Palestiniens, mais sur un débordement de terrorisme avec l’éclat du 11 septembre 2001 et ses conséquences.

 

 Jupiter-Pluton : Venu au pouvoir à l’entrée du cycle, c’est à l’opposition qu’Hitler s’abandonne à son délire belliciste de « Lebensraum » (espace vital) à la Wihelmstrasse le 5 novembre 1937, qui l’engage aussitôt à la conquête de l’Autriche et de la Tchécoslovaquie. De la conjonction de 1994 à l’opposition de 2001, nous passons de l’installation d’Arafat à Gaza à la seconde intifada.

 

Uranus-Pluton : L’opposition de 1793 tombe au cœur de la Révolution française d’une nation régicide et la dernière  de 1899-1903 ouvre plus largement le champ de l’expansionnisme belliciste du capitalisme nippon avec la guerre russo-japonaise de 1904.

 

Uranus-Neptune : les guerres de religion (1563). Les guerres impérialistes franco-anglaises (1734) . La Première Guerre mondiale (1906 …).

 

Cette cinquantaine d’exemples situe l’intérêt de cette étape charnière dans le cadre du cycle, dans tout son contenu ambivalent. C’est une phase à double sens : tantôt celle d’un renversement de tendance conduisant au reflux, tantôt celle de son dépassement, débouchant sur une expansion nouvelle. Le premier cas s’observe quand le courant n’a pas le souffle d’une régénérescence : C’est Napoléon de son élan à son déclin, l’Europe de Versailles franco-anglaise de son départ au début de sa faillite, la SDN de sa naissance à l’admission de l’Allemagne, ou encore le balancement de l’URSS de l’esprit de Genève au pacte germano-soviétique. Le dépassement est une poursuite par-dessus plusieurs cycles. Ainsi, les trois oppositions Saturne-Uranus n’ont pas cessé d’accuser l’essor du capitalisme, comme les quatre dernières Saturne-Neptune avec la montée du communisme. Il arrive aussi que se produise un résultat ambivalent tenant des deux. Ainsi, l’opposition Jupiter-Saturne de 1891 « donne » la duplice franco-russe qui fait contrepoids à la suprématie germanique, mais aussi la Weltpolitik d’une Allemagne à l’apogée de son expansion économique et de son prestige diplomatique ; les Saturne-Uranus de 1874 et de 1919 sont crises financières et développement de l’essor capitaliste ; celle de 1918, déclin de l’Europe et suprématie américaine. Autres variantes : Dans la première version, le déclin peut s’échelonner en un glissement graduel tout au long de la phase descendante, cas de l’Europe de Versailles, de la IVe République. Comme il peut ne surgir qu’à la dernière minute – les germes de la destruction n’en ayant été pas moins là dès l’opposition – ainsi qu’il en est avec la SDN, voire le IIIe Reich et plus encore la chute du communisme en 1989. De même dans la manière, comme pour l’ONU qui est impliquée dans une première guerre avec la Corée en 1950, alors qu’elle est congédiée de l’histoire avec la guerre américaine en Irak de 2003, passage, en somme, d’un conflit extérieur à un conflit intérieur.

 

Le sesqui-carré.

 

Comme le précédent, ce second sesqui-carré ne constitue pas une étape majeure au long du cycle. Néanmoins, il est davantage à prendre en considération que le premier car il vient, en effet, sur la pente descendante qui en amplifie la nocivité et il sort de l’opposition, chargé déjà d’un climat négatif. Il tend ainsi à apporter une aggravation de la situation résultant de celle-ci, comme une suite infortunée, voire à en présenter les conséquences..

 

Jupiter-Saturne : L’Europe des conquêtes colonialistes est dominée en 1893 par une tension franco-anglaise au sujet du Siam. Celle de 1913, en seconde guerre balkanique, se prépare à la Grande Guerre. Celle de 1933 laisse le souvenir de la venue d’Hitler au pouvoir, l’ampleur de son mouvement politique étant apparue depuis l’opposition. De même, au cycle Saturne-Neptune de 1917, les potentialité du pacte anti-Komintern de l’opposition de 1936 se concrétisent avec l’agression en 1941 de l’URSS par l’Allemagne nazie et sa coalition européenne. C’est même une conjonction Jupiter-Saturne qui passe au sesqui-carré de Neptune en 1940, déconfiture démocratique de la défaite française, conséquence de la guerre survenue en champ d’opposition Jupiter-Neptune. Au cycle suivant, l’aspect de 1976 accompagne le « compromis historique » d’un euro-communisme qui s’émancipe de l’hégémonie soviétique et du centralisme communiste. Celui du cycle de la IVe République tombe au printemps 1953, sur une crise ministérielle de 37 jours : la machine s’enraye. De même que celui du cycle Saturne-Uranus de 1970-1971 tombe sur l’élargissement de la guerre du Vietnam (venue à l’opposition) au Cambodge et au Laos. Historique est la convergence des cycles Jupiter-Uranus et Jupiter-Neptune à cet aspect avec le putsch de Moscou du 19 août 1991 (ayant tenté de renverser le cours de l’histoire en voulant éliminer Gorbatchev) dont l’échec provoque l’écroulement du KGB et du PC, entraînant l’effondrement de l’URSS. Depuis l’opposition précédente de ces deux cycles en 1989 avec la chute du mur de Berlin et ses conséquences, le communisme était moribond : parachevant l’histoire, leurs sesqui-carrés lui donnent le coup de grâce. Avec le cycle Uranus-Neptune, le sesqui-carré de 1933-1935 peut rendre compte de la guerre idéologique que se livrent la croix gammée et la faucille et le marteau, avec à la clé un pacte antikomintern en 1936, en attendant que le destin les rapproche  contre toute attente sous le trigone à venir. Le cycle Uranus-Pluton a eu cet aspect en 1915-1916, soit au cœur de la Première guerre mondiale, et les Etats nouveaux issus de l’armistice de 1919 (République allemande, République d’Autriche, République tchécoslovaque et Pologne) ressortissent d’une conjonction Jupiter-Pluton en sortie de cette dissonance.

 

Le trigone.

 

Ce trigone involutif ne peut se comparer au premier quant aux promesses qu’on attend de cet aspect. Venant après l’opposition et derrière le sesqui-carré, il prend en charge un potentiel négatif ; il est la suite d’une situation conflictuelle, de déclin ou de digestion de l’histoire. C’est ainsi que sa valeur est plus défensive qu’offensive, passive qu’active, d’assimilation que de conquête ; c’est, en somme, un aspect à effet réparateur ou récupérateur, bien qu’il garde toujours sa fonction associative et sa vertu pacifiante. Il est fréquent qu’il dissipe le mal survenu à l’opposition et le plus souvent, il a trait à une situation de résistance, de défense, de ressaisissement du courant historique du cycle. Il est en tout cas un temps de détente, de faveur, de mieux-être et d’espoir.

 

Jupiter-Saturne :  C’est en 1855 l’essor du libéralisme en une Europe d’Entente cordiale. En 1894-1895, un essor des impérialismes dans l’entente générale. En 1914, la résistance des membres de la Triple Entente à l’assaut des empires centraux. En 1934, une Europe de Versailles qui fait un front défensif à Stresa devant la menace nazie. En 1954-1955, un « esprit de Genève » enjambant la crise de la CED, fondant l’Union européenne et projetant un marché commun. En 1987-1988, la prospérité d’une CEE, premier consommateur au monde au sommet des Sept à Toronto.

 

Saturne-Uranus : En 1881-1883, le grand essor des conquêtes coloniales dans un climat de bonne entente générale. En 1925-1927, après la grande crise de l’opposition, un redressement économique donnant un sommet de prospérité générale. En 1972-1973, la guerre du Vietnam commencée à l’opposition et aggravée au sesqui-carré prend fin dans un climat de détente générale : accords de Berlin, accord SALT 1 ...

 

Saturne-Neptune : En 1869-1870, montée en flèche des mouvements ouvriers et premières élections républicaines. En 1906-1907, temps fort des revendications ouvrières et conquêtes électorales socialistes. En 1941-1942, suite à l’attaque au sesqui-carré, résistance militaire de l’URSS à l’invasion allemande et renfort d’une alliance anglo-américaine. En 1976-1977, expansion africaine quasi-pacifique du camp soviétique : Angola, Ethiopie, Yemen du sud.

Jupiter-Neptune : En 1953-1954, la IVe République se refait une santé avec Mendès-France qui met fin à la guerre d’Algérie dans un climat de soulagement et aussi d’essor économique. Et en 1966-1967, c’est une Ve République dans toute la grandeur de la diplomatie gaulliste.

Jupiter-Pluton : En 1939, pour le IIIe Reich vient l’aubaine du pacte germano-soviétique.

 

Saturne-Pluton : En 1971-1972, la Chine communiste se détend, se rapproche des USA et entre à l’ONU. Israël connaît aussi une détente en ces années.

 

Uranus-Pluton : En 1921-1922, la grande conférence de désarmement de Washington, avec ses résultats est le premier pas de réalisations de la sécurité collective, à laquelle s’intègre un Japon qui se démocratise, hissé au rang de grande puissance.

Uranus-Neptune : Pendant la Seconde Guerre mondiale, les rapprochements des adversaires idéologiques, Berlin-Moscou, puis Moscou-Londres-Washington.

 

Le carré.

 

La situation la plus courante qui apparaît sous cet aspect est la remise en question de l’acquis du trigone précédent : ce qui pouvait promettre ne tient plus. Une fois de plus, en tout cas, avec cet aspect cassant, on a affaire à une crise nouvelle où les choses se défont, à une détérioration de la situation : projets battant de l’aile, relations qui se distendent, liens qui se rompent, réalisation boiteuse, impression d’un recul ou simplement, ordinairement,  difficultés dominantes.

 

Jupiter-Saturne : 1875-1876 : l’hégémonie bismarckienne se tend avec une guerre russo-turque des Balkans. 1896-1897 : guerres Italie-Abyssinie et Grèce-Turquie, avec rivalité coloniale franco-anglaise (Fachoda). 1916-1917 : après la résistance de la Triple-Entente viennent la défection russe avec la chute du Tsarisme et un front franco-anglais en difficulté (Joffre éliminé). 1936 : guerre italo-éthiopienne et réoccupation de la Rhénanie démilitarisée ; le front de Stresa du trigone est brisé, l’Italie basculant dans le camp allemand. 1955-1956 : intervention militaire franco-anglaise contre l’Egypte venant de nationaliser le canal de Suez, et qui tourne au fiasco. 1875-1976 : guerre à l’île de Chypre, orage politique au Portugal (départ de Salazar), crise espagnole (départ de Franco), avance communiste en Italie … 1995 : difficultés de cohabitation inter-européenne.

 

Saturne-Uranus : 1885-1886 : rivalités coloniales germano-américaine, germano-britannique, anglo-russe, avec en Europe une crise bulgare. 1930-1931 : la grande crise économique. 1975-1976 : Les retombées économiques de l’embargo arabe du pétrole en plein fléchissement politique des USA.

 

Saturne-Neptune : 1873 : déchirée par des divisions intérieures, la 1e Internationale communiste éclate au congrès de septembre 1872. 1909-1910 : période des combats ouvriers les plus douloureux dans un climat de syndicalisme en crise. 1944-1945 : la solidarité de guerre des Alliés fait place aux premiers conflits interalliés (Pologne, Turquie), tandis qu’échouent les basculements révolutionnaires en divers pays européens libérés. 1979-1980 : l’Armée rouge intervient en Afghanistan, tandis que Solidarnosc commence à libérer la Pologne.

 

Jupiter-Uranus :  la crise tchécoslovaque menant au  pacte de Munich de 1938.

Jupiter-Neptune : En 1929, la SDN échoue sur un projet prématuré de fédération. En 1941, Pearl Harbor arrive dans l’orbe de l’aspect qui situe le temps des défaites militaires de l’Amérique de Roosevelt. La IVe République en est, en 1954-1955, au rejet de la CED, à l’insurrection algérienne et à la crise marocaine. Et la Ve  République à mai 1968. Puis à l’arrivée des socialistes au pouvoir en 1981.

Jupiter-Pluton : dès novembre 1940 se détériore le lien germano-soviétique conclu sous le trigone.

 

Saturne-Pluton : 1973-1974, 4e guerre du Kippour et reflux dans la reprise des relations amorcées au trigone entre Washington et Pékin. Charge destructive de cet aspect en 1939, souligné par carré et opposition de Mars.

 

Uranus-Pluton : 1932-1933, dénonciation japonaise du traité de limitation des armements navals de Washington (signé au trigone) suivie du retrait du Japon de la SDN.

Uranus-Neptune : le temps de la « guerre froide » Est-Ouest.

 

Le sextil.

 

Du carré au sextil se produit généralement une modulation du cours de la tendance du même ordre observé du trigone au carré, mais en mode qualitatif inverse, à savoir le passage d’une tension à une détente. Ce qui s’opère souvent, c’est une réparation des dégâts du carré, une atténuation des maux ou un mieux-être, un retour de santé. La situation est à la défensive et appelle le resserrement des forces, le rapprochement des intérêts conservateurs. Toutefois, si le mouvement doit se redynamiser à la conjonction suivante, à ce sextil peut se faire jour la préparation d’une relance historique, projet ou signe avant-coureur débouchant sur le renouveau de l’entrée du prochain cycle.

 

Au long des cycles Jupiter-Saturne,, on voit en 1858 une alliance Napoléon III-Cavour qui promet l’indépendance italienne, devant se réaliser à la conjonction suivante. En 1878, où la France est réintégrée dans le concert européen, un partage colonial du monde est réglé à un congrès berlinois, qui battra son plein à la nouvelle conjonction. En 1898, on note un rapprochement anglo-allemand et une détente franco-anglaise après Fachoda (promettant la future Entente cordiale). En 1917-1918, les Alliés reçoivent le renfort des Etats-Unis dans la Grande Guerre. En 1938, le climat des agressions hitlériennes conduit à un rapprochement franco-britannique. En 1957 est créée la Communauté économique européenne (CEE), l’installation du Marché commun se faisant à la conjonction de 1961. En 1978, l’Ecu préfigure le lointain Euro. En 1997, à travers l’OTAN, l’Europe intègre en partie les pays de l’Est, Russie comprise.

 

Saturne-Uranus : 1889, détente internationale à l’exposition universelle de Paris. 1934-1935, redressement du New Deal aux Etats-Unis (sortie de crise venue du carré) et reprise économique générale. 1979, accord SALT 2 USA-URSS.

 

Saturne-Neptune : 1876, renaissance des mouvements ouvriers. 1912, succès parlementaires de la gauche en Allemagne et en Russie. 1947, restauration économique de l’URSS (reconstruction d’après-guerre) et formation défensive du Kominform. 1982-1983, détente diplomatique avec l’ouverture sur les conversations START 2.

Jupiter-Neptune :  1917, c’est sous le sextil de Jupiter à la conjonction Saturne-Neptune que réussit la Révolution d’octobre. 1930,  projet de conférence de désarmement à la SDN (devant aboutir à la conjonction). 1943, le sort des armées se renverse en  victoires alliées, la guerre étant gagnée à la conjonction suivante. 1955, pour la IVe République, c’est la paix marocaine suivie de la constitution du Front républicain (Mollet, Mendès-France, Mitterrand, Chaban-Delmas) qui arrive au pouvoir. Et pour la Ve, en 1969, la crise du carré (mai 68) débouche sur l’après-de Gaulle.

 

Jupiter-Pluton : en 1941, le IIIe Reich vit ses ultimes victoires.

 

Saturne-Pluton : en 1977, le président égyptien Sadate se rend en Israël. Et avec Camp David, la Chine noue des liens avec l’Europe du Marché commun et se rapproche de l’Inde.

Uranus-Pluton (1942-1945) : rayonnement de l’impérialisme nippon sur l’Asie orientale par ses conquêtes militaires, suivies d’une défaite vite occultée par une récupération de l’Occident dans l’affrontement Est-Ouest.

Uranus-Neptune (1966-1968) : la coexistence pacifique.

 

Le semi-carré.

 

Ici, quand le courant historique ne doit pas survivre à la prochaine conjonction, les dernières espérances venues sous le sextil précédent sombrent. Et parfois, il entre en sommeil avant de renaître sous une autre forme avec le cycle suivant. C’est un temps difficile, au climat crépusculaire, mais d’où peut se préparer l’ éclosion d’ un nouvel aurore.

 

Jupiter-Saturne : En 1899, la première conférence de la paix à La Haye, préparée au sextil, échoue. A la mi-1918, redoutable ultime offensive allemande. En 1938, les derniers soubresauts avant l’orage de 1940, un semi-carré Jupiter-Uranus accompagnant septembre 1939. Saturne-Uranus 1937 : fléchissement de l’économie mondiale. 1981-1982 : crise économique et tension politique. Saturne-Neptune 1948 : enlisement soviétique avec le blocus de Berlin et la scission Moscou-Belgrade. 1984, enterrements d’Andropov et de Tchernenko. Jupiter-Neptune 1956 : la IVe République vit ses derniers moments avec l’échec de la campagne de Suez et la rupture de Front républicain. Jupiter-Pluton 1941-1942 : l’échec de la guerre-éclair d’Hitler. Jupiter-Uranus et Jupiter-Pluton et la guerre israélo-arabe des Six jours de 1967. Jupiter-Neptune de l’automne 1969 et la vague européenne de conflits sociaux. Saturne-Pluton 1978 et l’espoir de Camp David qui se referme. L’aspect du cycle Uranus-Pluton est tombé en 1949-1951 avec la guerre de Corée, et celui du cycle Uranus-Neptune en 1971-1973, avec un refroidissement de la coexistence pacifique.

 

La conjonction.

 

Le résultat de la conjonction revêt un sens opposé suivant qu’il s’agit d’un cycle ouvert à bonds successifs d’étapes en série d’une même histoire foncière, ou, par contre, d’un cycle fermé sur lui-même en une seule expérience.

 

On peut convenir dans le premier cas d’un cycle d’affirmation : le cours de l’histoire s’étoffe progressivement, enrichi d’une croissance nouvelle à la conjonction suivante. Il en est ainsi, par exemple, des cycles Saturne-Uranus et de l’essor de la puissance industrielle comme de la prospérité économique. Le capitalisme moderne commence à prendre forme avec la conjonction de 1805 et acquiert son élan de plein développement à celle de 1852 ; ce sont ensuite les impérialismes qui surgissent à celle de 1897, le fascisme étant roi à celle de 1942. Tandis que le plus puissant des impérialismes, celui des Etats-Unis, s’apprête alors à affirmer sa suprématie dans le monde, il finit par devenir le souverain mondial à la dernière de 1988. Il en est de même pour les cycles Saturne-Neptune et les collectivités : éveil des nationalismes américains aux conjonctions de 1773 et 1809, européens à la suivante de 1846, avec l’apparition du marxisme ; essor des nationalismes européens et naissance des partis socialistes à celle de 1882 ; révolution russe à la suivante de 1917, que suit la toute puissance soviétique dans le monde à celle de 1953, en attendant sa disparition à la dernière de 1989.

 

Quand, par contre, le mouvement historique s’effectue au cours du seul temps d’un cycle, celui-ci ne revêt qu’un caractère accidentel. Ainsi, dans la série des cycles Jupiter-Saturne du XXe siècle, l’hégémonie allemande, prépondérante depuis la conjonction de 1881, est incontestée en Europe à la conjonction de 1901, et à la suivante de 1921, l’Europe de Versailles lui fait la loi. Et au bout de ce cycle en 1940, c’est à nouveau elle qui s’impose au continent. Alors qu’aux cycles suivants, c’est une Europe fédérée qui se constituera d’étape en étape cyclique. On peut considérer de même les métamorphoses du circuit Jupiter-Neptune avec les passages d’une SDN à une ONU, d’une IVe à une Ve République, en ne sortant pas d’une même famille de tendances. Mais ici, c’est la complexité de l’histoire qui s’offre le luxe d’une liberté de faire parler nos configurations …

 

Une vision au sommet.

 

Du « Bilan des cycles planétaires » (complété par divers autres textes : « Le destin de l’Europe » pour le cycle Jupiter-Saturne, « Le destin de l’ONU » pour le cycle Jupiter-Neptune, « Bilan historique de la conjonction Uranus-Pluton » …) à cette « Evolution du processus cyclique » en passant par « Les cycles du Soleil », « Au cœur des configurations » et « Les interférences cycliques », nous pouvons accéder à une vision au sommet des corrélations étudiées dans le cadre de notre mondiale-pratique.

 

Soit, il eut fallu – comme un casier qui demanderait à être complètement rempli – livrer une signification de tous les aspects de tous les cycles, couvrant un espace multi-séculaire et sans lacunes d’aspects mineurs. Ceci entendu, je crois néanmoins, compte-tenu du tableau général présenté, qu’il faut un sacré culot pour nier l’évidence de ce gigantesque processus cyclique qui s’impose sur tout notre panorama historique. Les cas les plus flagrants se présentent lorsque concourent plusieurs cycles, comme le déroulement de « La seconde guerre de l’Indépendance américaine », passée du scénario initial d’un triangle dissonant Jupiter-Saturne-Uranus (opposition, sesqui-carré, semi-carré) à la séquence finale d’un triangle harmonique des mêmes (trigone et sextils), ou la guerre du Vietnam commencée en oppositions et finie en trigones des deux mêmes cycles, de tels cas absolus n’étant pas si rares.

 

Cela dit, ce travail d’ensemble sur les cycles planétaires reste ouvert au débat le plus large.

 

Le champ des pistes explorées, naturellement insuffisant, demande à être poursuivi. Dans son site : http : // astreshistoire. Free. fr, Gérard Laffont, ex-professeur d’histoire, s’y emploie en formulant de nouvelles corrélations cycliques pour l’Irak, l’Iran, la Serbie, qui méritent d’être poursuivies. Un élargissement est également tenté par Charles Ridoux, historien, à Univers- site. Il faut bien se dire que c’est un domaine encore en chantier que nous traitons.

 

Le propos de l’éventail des aspects eux-mêmes reste aussi à l’ordre du jour. Parti de rien, c’est de l’évident, du frappant, de l’essentiel, dont j’étais en quête ; d’où ma concentration sur les gros plans des aspects majeurs, au détriment des mineurs, devenus parents pauvres. Il ne m’en est pas moins arrivé d’évoquer, en plus de ces derniers occasionnellement traités, tel semi-sextil (par exemple, ceux de Saturne-Neptune de 1950 et de 1956), mais il faudrait  reprendre tout un travail derrière le mien pour intégrer les données subtiles qui les concernent, sans lesquelles, toutefois, se dégage non moins la globalité du phénomène cyclique. Et il est très risqué de traiter un aspect mineur isolément, à part, sans le situer dans la filiation de l’histoire cyclique.

 

Et puis se pose le problème de l’orbe. Avec les conjonctions solaires, je me suis laissé aller à recueillir ce qui paraissait répondre à la tendance de la planète solarisée, sans regarder aux chiffres. Il est advenu que tel événement cité ait atteint sinon dépassé la quinzaine de degrés de la conjonction qui est le centre le plus rayonnant du parcours cyclique (lequel en fait 360 et quelques). Alors se pose la question : est-ce à une convention théorique (laquelle d’abord ?) de décider de la marge de l’orbe, ou à l’observation de s’incliner devant une réalité constatée, l’un et l’autre ayant leur mot à dire ? En tout cas, la vision cyclique relève d’une pensée globale invitant à accorder une souplesse au champ de l’aspect – il dépend d’un contexte qui le dépasse – plaidant pour la contenance d’une totalité. Si, du moins, l’on s’interdit absolument toute interférence déplaçant l’ordre de succession de la série des aspects, chacun d’eux étant rigoureusement encadré entre celui qui le précède en le déterminant, et celui qui le suit qu’il détermine à son tour, le tout en une unité de distribution d’une parfaire homogénéité. La réalité est dans le tout qui restitue le vivant.  Ce n’en est pas moins là un problème d’avenir à résoudre. En ligne générale, l’histoire a tendance à « suivre » la conjoncture, comme si une force d’inertie pouvait retarder la manifestation de la configuration.

 

La question reste à l’ordre du jour. Du côté de plusieurs astro-boursiers américains, il est fait état d’un aspect de 15°, dit quindécile (terme retenu par Pierre Delmas pour le 15e côté du cercle, de 24°), accrédité, selon eux, par la grande crise économique de 1929-1932, laquelle serait encadrée par les quindéciles évolutif (avril 1929) et involutif (juin 1932) de Saturne-Pluton. Or, outre qu’il faut attendre le « jeudi noir » du krach de Wall Street (24 octobre 1929) pour que cette crise se mette en branle, la plongée ne commençant qu’au milieu de 1930 (revoir le graphique du texte : « Le cycle Jupiter-Pluton »), c’est sur le compte d’un ensemble dissonant des dix grands cycles planétaires qu’il faut mettre cette catastrophe qui a entraîné un effondrement général de société dont est sortie, avec la venue du nazisme, la Seconde Guerre mondiale. Et plus spécifique que le cycle  Saturne-Pluton pour l’économie mondiale est le jumelé Saturne-Uranus/Jupiter-Uranus. Or, la plongée de crise de mi-1930 se fait sous une opposition Jupiter-Saturne au double carré d’Uranus, tandis que son dégagement de mi-1932 tombe sur la sortie du carré Saturne-Uranus qu’accompagne un trigone Jupiter-Uranus. N’est-ce pas suffisant pour n’avoir pas à recourir à cet « aspect » incongru ? Rendons à César … Et j’invite celui qui doute encore à se reporter à la conjoncture de la révolution européenne de février 1848, présentée dans le cadre de mon prochain texte : « Les grands moments de l’histoire ».

 

N’en restent pas moins d’autres débats. Ainsi il m’est arrivé d’avoir composé un tableau cyclique entier, fort bien rythmé, accordant l’épisode historique du fascisme italien aux deux cycles Jupiter-Neptune de 1919-1945 :

 

Fondation du parti fasciste à la conjonction (1919-1920), puis prise du pouvoir au sextil (1922), répressions et intervention de force à Corfou au carré (1923), consécration électorale et normalisation du régime au trigone (1924), incidents, manifestations et confrontations avec l’Allemagne et la France à l’opposition (1926), accords de Latran au trigone (1929) … A la conjonction de 1932, installé dans un étatisme plus ou moins absolu, Mussolini est au centre de l’ordre politique européen que consacre le « pacte à quatre » de Rome (juin 1933), grand succès de prestige que renforcent encore les accords de Rome franco-italiens au sextil (1934). Tout déraille au carré de 1936 avec, conséquence du conflit italo-éthiopien, le renversement diplomatique d’un Mussolini quittant les démocraties pour se joindre au camp nazi, que confirment l’axe Rome-Berlin et l’adhésion au pacte antikomintern au trigone (1937). C’est ensuite l’annexion  de l’Albanie en avril 1939, sous l’opposition, basculement dans la guerre. Celle-ci s’étend de la suprématie italienne en Méditerranée au trigone de 1941 aux défaites de 1942 sous le carré. En 1943, Pluton arrive à 8° du Lion, lieu où s’était produite la conjonction Jupiter-Neptune rétrograde de 1920. Le 25 juillet (Jupiter est aussi de retour, à 6° du Lion) Mussolini est renversé et le régime fasciste déchu. Au sextil de 1943, prisonnier libéré par des parachutistes allemands, Mussolini refait surface avec un fantomatique « gouvernement républicain fasciste » et son aventure se termine avec sa mort cruelle le 28 avril 1945, sur la fin du cycle.

 

Convenons que nous avons là un parallélisme d’un bout à l’autre. Mais ce qui choque est la contradiction entre la nature du cycle et la tendance politique qui s’y déploie. Or, on est en présence d’un cas  de conjonction qui s’est reformée en rétrogradation, ce qui pourrait justifier ce phénomène particulier. J’inclinerais à croire, avec Gérard Laffont, à la possibilité d’ une telle cohabitation impliquant une évolution parallèle de deux courants contraires, l’un nourrissant l’autre par réaction. C’est là, en tout cas, un sujet à débattre et qui peut se représenter ultérieurement.

 

Du coup, une telle situation nous met en présence d’un phénomène de superposition, le même cycle se rapportant à plusieurs histoires parallèles pouvant aller dans des directions différentes. Ainsi, celui de Jupiter-Neptune 1932-1945 tend à rendre compte d’une juxtaposition de trois affaires : le sort de la sécurité collective, de l’échec de la SDN (conférence ratée du désarmement) à sa renaissance avec la création de l’ONU ; l’épisode américain de F.D. Roosevelt, depuis sa première élection présidentielle de 1932 à sa disparition de 1945 ; et l’avatar de Mussolini, depuis que le dictateur bien établi anime la diplomatie européenne jusqu’à sa chute finale. Comment s’imbriquent ces histoires pour ne pas être contradictoires les unes par rapport aux autres ? Les deux premières sont naturellement concomitantes puisque le président américain se fait le champion d’une démocratie universelle et contribue à l’instauration de l’ONU. Dès lors que les intérêts divergent, du côté de l’aventure mussolinienne, la synchronisation s’adresse à des situations différentes aux facettes néanmoins parallèles. Ainsi, le trigone de 1941 s’accorde aussi bien à la réalisation de l’entente anglo-américano-soviétique qui l’emportera qu’à la victoire balkanique (sur la Grèce) qui, sur-le-champ, fait rayonner la puissance italienne en Méditerranée. De même, sous le carré de 1942, aux défaites militaires italiennes répondent les défaites militaires américaines, toutefois sur le terrain des opérations asiatiques. Et si, au sextil de 1943, le rescapé dictateur se repêche avec sa « République de Salo » dans le Nord de l’Italie, les Américains se redressent militairement. Et en finale, à la conjonction de 1945, l’un a perdu et disparu quand l’autre a gagné, Roosevelt lui-même anticipant de peu le départ du Lion italien.

 

De toute façon, c’est sur le terrain de l’observation historique que les vrais problèmes nous interpellent. Notre meilleure attitude est de mouler le mieux possible à la mouvance de l’histoire, sans perdre son esprit critique. Dans l’état actuel de notre savoir, en tout cas, ce n’est pas à l’astrologie de lui donner des leçons : c’est à nous d’en recevoir d’elle.

 

Paris le 7 décembre 2004.

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