Astrologie Mondiale
(Théorie)

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Une expérience utile


L’astrologue à son azimut ; gravure du XVIIe siècle

Quand un adversaire vous déclare – il n’a que sa langue à remuer – que tel résultat que vous prétendez avoir obtenu – dont vous savez qu’il en est un qui n’était pas si commode à obtenir – ne vaut pas tripette, que vous reste-t-il en guise d’argument à lui répondre ? De quitter le terrain facile de la critique « à vide », qui ne coûte rien et ne vaut pas plus (on nie ce qu’on veut), pour se mesurer à armes égales devant les faits, dans le cadre du même exercice, en se confrontant dans le même essai. Au moins là, il est permis de fonder un jugement dans la comparaison des résultats.

 

Dans ses deux récents ouvrages : L’Enigme du zodiaque et (avec M. Gauquelin) L’Astrologie, hier et aujourd’hui, Bibliothèque de l’irrationnel, 1972, Jacques Sadoul a refusé toute valeur aux essais prévisionnels expérimentés dans cette chronique de « L’Astrologue ». La raison théorique de son refus – le fait où nous en sommes de ne pas pouvoir localiser géographiquement la conjoncture étudiée – est inconsistante quand on sait que toute la science s’est factorisée et que le vecteur « temps » est une coordonnée de premier ordre et même capitale. Pour l’argument pratique, c’est à peine s’il daigne admettre qu’à l’échéance pacifique de novembre 1970 (la seule qu’il ne fasse d’ailleurs qu’évoquer, ce qui n’est pas plus sérieux) il ait pu « simplement » se passer une « légère détente » au Moyen-Orient … Le parti-pris est flagrant, intentionnel ou inconscient !

 

J’ai donc un peu tiré Jacques Sadoul par la manche de ses songes pour lui proposer une expérience simple qu’il a bien voulu accepter.. Elle consiste à poser dos à dos deux calendriers répartissant différemment le même nombre de jours pris sur la même étendue générale de temps. Mon calendrier personnel livre six échéances liées aux temps des prochaines conjonctions Soleil-Jupiter et Soleil-Vénus. Le sien en distribue également six réparties selon le hasard d’un tirage au sort.

 

L’intérêt de l’opération est dans le fait de savoir si, sur la base de chances égales, je tomberai sur des événements mondiaux justifiant la double corrélation de type « détente-entente-pacification-construction-progrès » d’une façon plus frappante que dans son cas où l’on ne doit rien attendre de particulier. Tout est là.

 

Voici les deux calendriers en présence. Tout d’abord le mien qui lui fut envoyé en date du 11 novembre 1972 :

 

-          Du 26 décembre 1972 au 26 janvier 1973 (centre le 20 janvier).

-          Du 24 au 31 mars 1973 (centre le 29 mars).

-          Du 25 janvier au 20 février 1974 (centre le 15 février).

-          Du 28 octobre au 6 novembre 1974 (centre le 2 novembre).

-          Du 17 au 31 mars 1975 (centre le 22 mars).

-          Du 21 au 31 août 1975 (centre fin août).

 

Puis, maintenant, le sien :

 

-          Du 8 au 25 février 1973           (centre le 16 février)

-          Du 28 mai au 10 juin 1973       (centre le 3 juin)

-          Du 28 février au 13 mars 1974 (centre le 6 mars)

-          Du 8 au 24 août 1974              (centre le 17 août)

-          Du 24 avril au 7 mai 1975       (centre le 30 avril)

-          Du 24 juin au 8 juillet 1975     (centre le 1er juillet)

 

Là-dessus, Jacques Sadoul y va de sa petite anticipation en déclarant : Je prétends que des événements pacifiants de première importance (souligné par lui) ne se dérouleront pas plus aux dates choisies par M. André Barbault qu’à celles que j’ai déterminées par tirage des jours, mois et années.

  

  

C’est là, précisément, qu’est toute la question. Il pense cela, et moi, je pense tout juste le contraire : il faut pourtant bien qu’il y en ait un sur les deux qui se trompe, et comme je crois que J. Sadoul se moque du monde et de lui, c’est lui qui sera mis en face de sa propre erreur. Il conviendra donc de comparer soigneusement  les résultats de ces deux tableaux chronologiques.

 

Mon critique a, au surplus, eut soin de faire précéder son calendrier du texte suivant : M. André Barbault m’ayant proposé dans ces colonnes une expérience de prévisions d’astrologie mondiale, je n’ai pas cru devoir me dérober à cette expérience, bien que je la juge inutile. Je tiens en effet l’astrologie mondiale pour dénuée du plus infime fondement. Le récent article de M. Barbault : « Le point chaud de l’équinoxe d’automne » en est une magnifique illustration. Ce « point chaud » a, au contraire, correspondu à une accalmie de plus en plus complète au Vietnam et ailleurs [1] Quant à l’accord sur le cessez-le-feu dans l’ancienne Indochine, il n’a nullement été signé aux dates annoncées par le Rédacteur en chef de cette revue.

 

Quand je vous disais que Jacques Sadoul n’est pas sérieux, vous ne pouviez pas imaginer à quel point : ce texte, il me l’a fait parvenir – tenez-vous bien – le … 7 décembre 1972. Et il avait vendu la peau de l’ours …

 

Tout le monde attendait, ce jour et d’heure en heure, une signature quasi-acquise de l’accord de cessez-le-feu au Vietnam, et c’est là-dessus que m’est parvenu sa lettre le 8 décembre, tandis que retentissait le : «J’ai le regret de vous décevoir … » de Madame Binh aux journalistes venus entendre l’annonce du cessez-le-feu en question. J’ai aussi le regret de décevoir J.S. en lui rappelant tout de même que, dans un article daté du 29 avril 1972 de L’Astrologue n° 18, j’avais évoqué la « possibilité de conclusion diplomatique de cette guerre du Vietnam » soit à l’alignement Soleil-Vénus-Jupiter du 17 au 24 juin, soit au trigone Soleil-Jupiter du 21 août, soit au sextil du 27 octobre, soit à la conjonction Soleil-Jupiter du 10 janvier 10 janvier 1973 (dernière date citée) ! Etre tombé plus de huit mois à l’avance sur le cessez-le-feu vietnamien à 13 jours de cette configuration annoncée, il fallait tout de même le faire … J’espère que J.S. ne trouvera pas cette pièce historique – associée à la première de mes six échéances – trop … dérisoire, lui qui revendique des « événements pacifiants de première importance » : la fin d’une guerre américaine de 7 ans 11 mois !

 

On pouvait lire le pronostic suivant rédigé (d’une façon trop simpliste, mais accordé à mes observations générales) par Bouzid d’Abidjan, dans Ivoire-Dimanche du 22 octobre 1972 : Pour terminer, je vous citerai un exemple à l’échelle de la planète : saviez-vous qu’il y a une corrélation entre les dates de tous les armistices, de l’ère napoléonienne à nos jours, et les conjonctions du Soleil etde Jupiter ? Se basant sur ce fait, on peut dire qu’il n’y aura pas d’armistice au Vietnam avant le début janvier 1973 au plus tôt.

 

 

Mais revenons en arrière. Dans une lettre du 2 novembre, J. S. m’écrivait : … Je tiens à vous dire que je n’accepterai comme éléments pacifiants, ou l’inverse, que des événements parfaitement caractérisés. Ainsi, dans l’exemple que vous me donnez de la fin de la guerre du Vietnam, je considère la prévision du 27 octobre comme totalement fausse car, s’il y a eu des bruits de paix pour la veille de ce jour, il y en a eu d’autres pour chacune des semaines des deux derniers mois ou presque. Par suite, dans le cas présent, si la guerre se termine à la troisième date que vous avez proposée, soit du 8 au 12 janvier 1973, j’estimerai que vous avez eu raison ; si, par contre, elle se termine en novembre ou décembre, j’estimerai que vous vous êtes trompé.

 

Passe sur la reconnaissance du pronostic final. Mais je ne puis pas laisser une pareille déclaration qui illustre l’état d’esprit de refus de J.S. qui, sous prétexte de rigueur, se livre à un jeu de massacre. Il y a  le fait qu’il se bouscule dans l’impatience sans se donner le temps de juger. Ainsi, lorsqu’il m’écrit ce 2 novembre, mon échéance du sextil Soleil-Jupiter du 27 octobre n’est pas achevée. On lit à la page 48 de mon Traité que l’orbe du sextil est (en moyenne) de 4°, ce sextil particulier allant donc du 22 octobre au 3 novembre. De fait, le « moment chaud » de cette fin-octobre n’est pas tout à fait tombé, puisque le Figaro du 3 novembre titre : « Entre M. Kissinger et les Nord-Vietnamiens, l’ultime rendez-vous pourrait avoir lieu ce week-end à Paris. », Nixon pouvant « s’offrir le luxe, lundi soir, d’un spectaculaire baisser de rideau pour clore sa campagne électorale. » ! J.S. n’attend pas plus, ici, que le délai astrologique soit écoulé, la dynamique de la paix ayant pu encore, à la dernière minute, décrocher un résultat, qu’il n’a attendu le 7 décembre, pressé qu’il était sans doute de m’annoncer la signature d’un cessez-le-feu qui « ne collait pas » astrologiquement.

 

Dans ma lettre du 11 novembre, je m’étais pourtant permis de lui préciser que sa réaction immédiate à propos du sextil du 27 octobre était prématurée, qu’il fallait pour en juger un suffisant recul, la suite des événements devant en décider pour beaucoup. C’est qu’en astrologie on prévoit parce qu’on pense, et l’on pense en chaîne, dans l’ordre rythmé du cycle planétaire où la signification d’une étape repose sur la valeur dialectique de son rapport avec l’étape précédente et l’étape suivante.

 

Qu’ai-je donc posé comme prévision dans cette étude du 29 avril 1972 ? Que les étapes de la paix au Vietnam pourraient passer aux temps de l’opposition Soleil-Jupiter du 24 juin, puis du trigone du 21 août ; puis, si ce n’est pas fin, du sextil du 27 octobre ; enfin, en cas de non décision préalable, de la conjonction du 10 janvier 1973.

 

Or, on m’accordera que tel a bien été le rythme d’évolution de cette complexe fin de négociation (tableau auquel j’aurais pu ajouter le semi-sextil du 3 décembre, pointant l’avancée ultime du 7 décembre, où les stylos étaient posés sur la table, prêts à la signature de l’accord). En effet, c’est le 30 juin, après un grand carrousel diplomatique dans la seconde quinzaine de ce mois, que la reprise de la négociation (interrompue depuis plusieurs mois) est annoncée.. Les premières rencontres Kissinger-Le Duc Tho se situent au cours du mois d’août, mais aucun progrès sensible n’est annoncé, malgré l’élaboration de la négociation. Puis, c’est l’étape de la fin-octobre qui fait titrer ainsi Le Figaro du 27 : « La paix imminente » …, avant le cessez-le-feu du 23 janvier 1973. En somme, à 8 mois de cette échéance finale, j’ai ponctué 4 temps pacifiques, sans pouvoir préciser lequel serait décisif, mais tous les quatre ont scandé les moments les plus « chauds » de la négociation, la dernière, et  aussi la plus forte, ayant abouti au résultat.

 

Tout de même, je prête à J.S. beaucoup de légèreté pour prétendre que cette prévision du 27 octobre était « totalement fausse », parce qu’il n’y aurait eu que « des bruits de paix » … Dans l’art de noyer le poisson, nous avons là un petit chef-d’œuvre. Des « bruits de paix » un accord enfin conclu le 20 octobre entre Kissinger et Le Duc Tho que Nixon confirme le 22 au président du Nord-Vietnam  Pham Van Dong, en proposant de le signer le 31 octobre, et qui en restera là à cause du refus du président du Sud-Vietnam, le général Thieu ; accord dont on apprend l’existence le 26 octobre ! Et c’est cet accord non abouti, qui, légèrement remanié, sera signé en janvier, filiation historique du sextil à la conjonction.

 

Voyons encore les choses de plus près. Dans sa lettre du 2 novembre, J.S. s’arroge ses orbes personnels à mes configurations : … si la guerre se termine (…) du 8 au 12 janvier 1973, j’estimerai que vous aurez eu raison … Ces orbes de 2° constituaient un vrai goulot d’étranglement. Malgré ce carcan, il devrait y trouver son compte. En effet, les ultimes négociations Kissinger-Le Doc Tho se sont révélées décisives au cours des 35 heures de discussion ayant commencé le lundi 8 et fini le samedi 13 janvier. Ce jour même, Kissinger prenait l’avion pour apporter à Nixon le texte de l’accord de cessez-le-feu que le président américain adoptera aussitôt en faisant interrompre les bombardements sur le Nord-Vietnam dès le 15, véritable cessez-le-feu américano-nord-vietnamien. L’importance de cette étape déterminante est apparue lorsque la presse internationale a présenté les premières photos de la négociation à l’occasion de l’ouverture solennelle du second mandat présidentiel de Nixon le 20 janvier. Mais il a fallu donner au Vietnam du Sud le temps de respirer pour accepter l’accord. Le 23 janvier, Kissinger et Le Duc Tho se retrouvaient pour le parapher et le soir à 22 heures, Nixon s’adressait aux Américains pour annoncer un cessez-le-feu devant entrer en vigueur le samedi 27 janvier à minuit, G.M.T.

 

Dans sa lettre du 7 décembre, J.S. se plaint de mes orbes : Une chose me gêne dans votre tableau, c’est que vous accordez une durée de un mois à chacune des dates ; 15 jours me paraissent un maximum. En un mois, il est presque impossible qu’il ne se soit pas produit quelque détente internationale (momentanée) en un point du globe. Je vous suggère de réduire ce délai.

 

En réalité, l’éventail de mes six étapes s’étire de une à quatre semaines, suivant l’orbe de la configuration, celle de la conjonction Soleil-Jupiter étant la plus large, et du même coup la plus puissante. De là ma première étape du 26 décembre 1972 au 26 janvier 1973, espace chronologique de la « dynamique de paix » vécue. En effet, les choses ont commencé entre Noël et le Nouvel an et fini fin janvier. La reprise des bombardements  des « B 52 » après une simili-trêve de Noël déclenche un mouvement diplomatique qui amène Nixon à arrêter ces bombardements le 30 décembre. Geste lui permettant d’annoncer la reprise de la négociation à Paris, entre experts, le 2 janvier, puis entre Kissinger et Le Duc Tho le 8. Ce qui a conduit, finalement, à un accord entre les quatre parties le 23, signé le 27, avec application du cessez-le-feu le 28. C’est là une offensive de paix qui dure un mois ; et de ces offensives de cette ampleur ou aux conséquences de cet ordre, il n’y en a pas tous les mois, qu’on se rassure. En outre, en précisant que le centre de cette échéance mensuelle se trouvait le 20 janvier, je suis tombé à 3 jours de la date de cet événement historique.

 

Certes, je n’ai pas, huit mois auparavant, donné cette date exclusive, mais personne ne peut nier que ce n’était pas une mince affaire que de se risquer à un tel pronostic, même seulement deux mois à l’avance : cette « incroyable succession de coups de théâtre, de retours en arrière, de volte-face, de réescalade de la guerre qui ont marqué cette période (…) entre la paix manquée d’octobre 1972 et la paix achevée de janvier 1973 » (Figaro du 24 janvier). En réalité, chaque nouvelle histoire diplomatique qui met fin à une guerre connaît plus ou moins ces fluctuations et incertitudes, ce qui accrédite la valeur du pronostic à long terme.

 

Et il faut élever le débat en n’en restant pas à ce seul pronostic qui pourrait encore être l’effet du hasard ou d’un coup de chance, car ce fait prévisionnel s’incorpore à une expérience prévisionnelle à répétition du même type.

 

Dans notre n° 13, en date du 19 décembre 1970, j’avais formulé la possibilité de « la réalisation effective d’un cessez-le-feu en Indochine «  (il n’y avait alors que là où l’on se battait) pour la conjonction Soleil-Jupiter du 10 décembre 1971 : c’est entre l’Inde et le Pakistan, à propos du Cachemire, qu’eut lieu un cessez-le-feu 6 jours plus tard, le 16 décembre 1971. Et dans notre n° 9, je rappelais un pronostic vieux de 5 ans, d’un cessez-le-feu au Vietnam ou ailleurs – pronostic reformulé à l’adresse du Vietnam, du Moyen-Orient ou du Biafra, dans cette étude du 15 novembre 1969 – ceci pour la conjonction Soleil-Jupiter du 9 novembre 1970. Et, notamment, un cessez-le-feu, d’abord trimestriel mais étendu à une longue durée, au Moyen-Orient (ce que J.S. a appelé « simplement une légère détente ») eut lieu le 5 novembre 1970, 4 jours plus tard.

 

C’est donc un triplé qu’il faut considérer ici : un chapelet de 3 cessez-le-feu survenus à la queue leu leu des trois dernières conjonctions soli-joviennes (même s’il y a eu une erreur d’objectif pour la conjonction de 1971). Et je me permets de rappeler ma prévision d’il y a 11 ans de la fin de la guerre d’Algérie, annoncée 16 mois à l’avance, toujours sous une conjonction Soleil-Jupiter. Quatre prévisions réussies, du même type et en usant d’un seul rapport entre les deux mêmes astres.

 

Au bout du compte, dans mon approche prévisionnelle, j’aurai eu, au moins une consolation. En effet, si j’ai raté mon audacieux et téméraire pronostic de fin de guerre du Vietnam 5 ans à l’avance ( !), pour la conjonction S-J de novembre 1970, du moins ne me suis-je pas trompé sur la pièce astronomique présidant à l’événement. J’avais attendu cet événement pacifique sous une conjonction Soleil-Jupiter et il est effectivement survenu sous une rencontre de ces deux astres. Seulement, ce n’était pas au même cycle, mais deux cycles plus loin. En revanche, aux  trois conjonctions de ces cycles, il y eut trois cessez-le-feu.

 

En tout cas, si J. S. n’est pas convaincu, qu’il attende la prochaine conjonction S-J du 13 février 1974 (s’il n’y a pas de guerre, il n’y aura pas d’armistice, mais il y a d’autres manières pour le monde d’exprimer sa santé, son épanouissement, sa dynamique) et il verra bien. Mais il n’y a pire aveugle que celui qui ne veut rien voir …

 

L’ASTROLOGUE n° 21, 1er trimestre 1973.

 

 

B   I   L   A   N

 

 

Dans L’Astrologue n° 21 paraissait un article intitulé : “Une experience utile”. (…). Maintenant que les 3 années sont écoulées, nous pouvons procéder à la comparaison des résultats obtenus.

 

Tout d’abord, en ce qui concerne le calendrier de J.S.  en fait d’événements réellement historiques, je n’ai pu retenir que 2 résultats pour l’ensemble de ses 6 échéances :

 

1)      A la première du 8 au 25 février 1973 correspond un cessez-le-feu au Laos intervenu le 23 février 1973.

2)      A la cinquième du 24 avril au 7 mai 1975  (centre le 30 avril) tombe tout juste, le 30 avril, la capitulation de Saïgon mettant fin à la guerre des deux Vietnam.

 

Je n’ai rien observé de significatif pour les 4 autres échéances : du 28 mai au 10 juin 1973, du 28 février au 13 mars 1974, du 8 au 24 août 1974 et du 24 juin au 8 juillet 1975.

 

Or, ce n’est pas 2 mais 5 résultats sur les 6 que je retiens de mes échéances.

 

1 – A la première est donc tombé l’accord de cessez-le-feu américano-vietnamien du 23 janvier (à 3 jours du centre fixé), consacrant le retrait américain de la guerre du Vietnam.

 

2 – A la seconde du 24 au 31 mars 1973 (centre le 29 mars) se pointe le 29 mars même qui a été salué dans le monde comme un grand jour : celui du départ du dernier soldat américain du Vietnam et du retour du dernier prisonnier de ce pays. Après une crise qui avait beaucoup inquiété, c’était la concrétisation définitive de l’accord précédent.

 

3 – A la troisième du 25 janvier au 20 février 1974, nous avons eu : l’accord de désengagement militaire du 18 janvier entre Egyptiens et Israéliens, suivi du commencement, le 25 janvier, d’un retrait respectif de leurs armées ; repli durant sur l’ensemble du mois de février et accompagné d’une féconde activité diplomatique, débloquant la situation au Moyen-Orient (décision de réouverture du canal de Suez, remise syrienne de la liste des prisonniers israéliens, premiers rapprochements Le Caire-Washington et Tel-Aviv-Moscou …). Il s’agit, globalement, d’un arrêt de guerre.

 

4 – A la cinquième du 17 au 31 mars 1975 est signé le 17 mars un cessez-le-feu entre l’Iran et l’Iran, mettant fin à un conflit frontalier de 46 ans et entraînant un cessez-le-feu au Kurdistan en mettant fin à la rébellion kurde en Irak du fait de la fermeture de la frontière par l’Iran, cette seconde quinzaine de mars apportant au surplus le bouleversement militaire qui liquide la fin de la guerre en Indochine, liquidation engagée avec le départ de Lon Nol (Vietnam du Sud) le 2 avril.

 

5 – A la sixième du 21 au 31 août 1975 (centre fin août) se met en place (3e décade du mois) la négociation de Kissinger au Moyen-Orient qui aboutit à un second accord intérimaire israélo-égyptien, conclu à la fin du mois, paraphé le 1er septembre et signé à Genève le 4.

 

Seule la 4e échéance du 28 octobre au 6 novembre 1974, ne constitue pas à mes yeux une étape historique. Certes, il y eut alors une offensive diplomatique spectaculaire : le 7 novembre, la proposition chinoise à l’Union soviétique d’un pacte de non-agression et de désengagement des forces dans les zones frontières litigieuses. Mais cette démarche a été sans résultat et c’était un jour au-delà de la fourchette donnée.

 

On peut donc maintenant faire le bilan : la fin américaine de la guerre d’Indochine, signée pour concrètement réalisée ; les deux accords intérimaires israélo-égyptiens ; un cessez-le-feu Iran-Irak, voire la liquidation de la guerre au Vietnam même. Pouvait-on tomber sur des étapes plus fortement pacifiques, au cours de ces trois années ? La tendance à la paix est apparue aux deux endroits qui étaient alors les plus critiques du globe : l’Indochine et le Moyen-Orient.

 

Comparativement, si J.S. a donné un coup dans le mille en étant tombé sur le jour de la capitulation de Saïgon, piètre est son résultat quant au cessez-le-feu au Laos du 23 février 1973. J’ai dit, à ce propos, que mon critique n’avait que « ramasser les miettes » du gâteau de la configuration jupitérienne du mois précédent qui avait apporté le retrait américain, un cessez-le-feu théorique et la relance de toute la diplomatie indochinoise. De là les retombées de février, ce cessez-le-feu laotien qui n’a d’ailleurs pas  pris sur le terrain.

 

Il se trouve que ses deux échéances qui ont accroché des résultats se situent peu après des conjonctions Soleil-Jupiter. J’avais fort bien perçu cette proximité, non sans quelque regret,sachant que les événements ont plus souvent lieu après que pendant et avant les phénomènes (on verra le graphique de Gouchon dans « La conjonction Soleil-Jupiter »), mais je devais respecter le libre jeu du hasard.

 

 

REPONSE  DE  JACQUES  SADOUL

 

J’ai accepté de participer à l’expérience qu’André Barbault vient de rapporter dans l’article précédent car, le sachant honnête et convaincu, j’étais certain de pouvoir m’exprimer librement à mon tour pour en commenter les résultats.

 

Nous ne pouvons être juge et partie pour estimer l’importance des événements « pacifiants » survenus dans tous les pays au cours de ces trois années considérées. J’ai donc pris pour référence la page du journal Le Monde qui, au début de chaque année, recense précisément tous les événements importants intervenus au cours de l’année précédente.

 

Pour établir mon calendrier de prévisions, j’ai tiré au sort 6 dates puis accordé un orbe d’une semaine de part et d’autre de ce « centre ». Examinons donc ce qui s’est passé au cours de ces périodes.

 

1 – 8 au 25 février 1973 (centre le 16) : a correspondu au cessez-le-feu au Laos, le 20 février, d’ailleurs peu respecté.

 

2 – 28 mai au 10 juin 1973 (centre le 3 juin) : rien.

 

3 – 28 février au 13 mars 1974 (centre le 6 mars) : a correspondu à la reprise des relations diplomatiques Etats-Unis-Egypte, intervenue le 28 février. C’est cette reprise qui a permis par la suite le désengagement des forces militaires en présence, puis la réouverture du canal de Suez.

 

4 – 8 au 24 août 1974 (centre le 17 août) : a correspondu au cessez-le-feu à Chypre, survenu le 16 août, qui a mis fin à des massacres atroces.

 

5 – 24 avril au 7 mai 1975 (centre le 30 avril) : a correspondu à la chute de Saïgon qui a mis un point final à la guerre du Viet-Nam, survenue précisément le 30 avril.

 

6 – 24 juin au 8 juillet 1975 (centre le 1er juillet) : rien.

 

Voyons maintenant ce que l’on peut penser des résultats d’André Barbault :

 

1 -   … a correspondu à l’accord de cessez-le-feu américano-vietnamien, signé le 27 janvier. Je ferai remarquer que ce cessez-le-feu n’a jamais été respecté et n’a nullement mis fin à la guerre du Viet-Nam.

 

2 - …a correspondu au départ du dernier soldat américain du Viet-Nam, intervenu le 29 mars. Personnellement, je juge ce fait comme très mineur ; je l’accepte uniquement parce qu’il est cité dans les « Evénements de l’année 1973 » par Le Monde.

 

3 - … C’est le 18 janvier que fut signé l’accord israélo-égyptien du « kilomètre 101 » et c’est cette date qu’à mon sens il aurait fallu trouver. Néanmoins, l’accord s’étant concrétisé à partir du 25, j’accepte aussi cette date.

 

4 - … rien

 

5 - … a correspondu, écrit M. Barbault, à un cessez-le-feu Iran-Irak le 17 mars (Le Monde ne cite pas cette date, mais je suppose qu’André Barbault l’a vérifiée). Cette période a correspondu également au renouvellement des Casques Bleus par le président Sadate, le 29 mars (fait compris dans la liste du Monde).

 

- 6… a correspondu à la négociation Kissinger et à l’accord Egypte-Israël intervenu entre le 21 août et le 1er septembre.

 

En conclusion 5 des échéances prévues par André Barbault et 4 de celles que j’avais tirées au sort figurent dans les événements jugés importants par les journalistes du Monde et, bien entendu, ayant rapport avec la paix. Cinq à quatre, c’est presque un match nul ! En fait, l’explication est autre ; la lecture de ces pages récapitulatives du Monde est très instructive à cet égard. Il survient un nombre extraordinairement élevé de faits « pacifiants » (avec en contrepartie un nombre au moins égal de faits « guerriers »). Dès lors qu’on désigne six périodes de plusieurs jours, il faudrait avoir beaucoup de malchance pour ne pas tomber sur plusieurs d’entre eux.

 

Cela étant un autre fait, négatif, me semble primordial. Depuis 1965, M. Barbault tente de trouver la date de la fin de la guerre du Viet-Nam. Cette date est désormais connue : 30 avril 1975. Elle ne figure dans aucune des périodes proposées par lui. Que le hasard me l’ait faite trouver est sans importance ; ce qui, par contre, est important, c’est que les règles de l’astrologie mondiale ne lui aient pas permis de le faire. Si ces règles avaient été fondées, il aurait trouver.

 

Le jour où l’on me présentera des prévisions datées à 2 ou 3 jours près et exactement localisées, je changerai d’avis si elles se révèlent exactes ; en attendant, cette expérience n’a fait que me conforter dans mon opinion : l’astrologie mondiale est un leurre.

 

QUAND ON N’EST PAS D’ACCORD !

 

Jacques Sadoul n’a pas été convaincu – nul étonnement – mais il fait reposer sa négation sur une appréciation des résultats en rupture totale avec son critère de base qui ne considérait « que des événements pacifiants de première importance », lesquels, justement, ne se produisent pas tous les quatre matins, l’histoire n’en retenant que très peu au cours de chaque année. Alors qu’il s’en passe fréquemment avec des épisodes mineurs sur lesquels il s’est rabattu.

 

Dans une bonne intention, il m’avait téléphoné pour me dire que j’avais oublié de mentionner, dans mon texte, les faits qu’il a présentés à ses étapes 3 et 4. Sur le champ, je lui avais déclaré que, d’office, j’acceptais la valeur d’un cessez-le-feu à Chypre, mais refusais non moins carrément celle de la reprise des relations diplomatiques Etats-Unis-Egypte, la pente étant prise d’une dévalorisation historique au profit du fait sans lendemain.

 

A ce compte, je pourrais revendiquer le résultat que je me suis refusé avec l’étape n° 4 de fin-octobre/début novembre 1974. Il s’y loge tout à la fois un grand sommet arabe de Rabat où se produisit un compromis jordano-palestinien, un accord financier germano-soviétique important, une détente Paris-Tel Aviv avec un voyage de notre ministre des Affaires étrangères en Israël, un vote de résolution sur Chypre à l’ONU qui apporta une détente sensible, plus une tournée de Kissinger au Moyen-Orient pour relancer la négociation, outre l’appel de Kossyguine aux Chinois, suivi de l’offensive diplomatique de Pékin, sans lendemain … Et c’est pourtant ce tout que je me suis refusé de prendre en considération.

 

Je n’en suis que plus autorisé à dire non au résultat que J.S. s’octroie pour sa 3e échéance. La reprise des relations diplomatiques Etats-Unis-Egypte n’est nullement un fait de première importance et n’a pas « permis par la suite le désengagement des forces militaires en présence, puis la réouverture du canal de Suez ». Ce désengagement avait commencé le 25 janvier ; quant à la réouverture du canal de Suez, elle avait été décidée dès l’entrée de février, comme cette reprise des relations américano-égyptiennes avait été virtuellement acquise dans le cadre de ma 3e échéance (revoir L’Astrologue n° 25,p. 45). Au surplus, au même moment où Le Caire se rapproche de Washington, il s’éloigne de Moscou. Il n’y a rien à tirer de cette 3e étape, historiquement parlant, hormis une modulation diplomatique qui donne un plus d’un côté et un moins de l’autre.

 

Et après avoir verbalement accordé faveur à J.S. pour son cessez-le-feu à Chypre, je me suis ravisé. Moi qui avais attentivement observé les événements du monde à chacune de nos échéances, des siennes autant que des miennes, comment un événement si probant de cette espèce avait-il pu me passer sous le nez sans que je m’en sois aperçu ?  Je suis donc allé consulter Le Figaro de chaque jour de l’été 74, et j’ai vite compris pourquoi je n’avais  rien retenu à sa 4e étape.

 

Le 15 juillet, Makarios est renversé et le 20, forces turques et armée chypriote grecque s’affrontent ; le 22, un cessez-le-feu est décrété qui, laborieusement, n’en éteint pas moins l’incendie. Le 23, le régime d’Athènes s’effondre et le 24, Caramanlis revient au pouvoir. Le 25 à Genève s’ouvre la conférence tripartite sur Chypre. Le 26, les combats n’en reprennent pas moins autour de Kyrénia, les Turcs élargissant leur domination sur l’île. Le 30 est signé l’accord tripartite de Genève, mais le 31 les Turcs violent le nouveau cessez-le-feu par un bombardement, suivi d’un accord provisoire sur les lignes de ce dernier cessez-le-feu. Les conversations reprennent début-août, mais le 11, Ankara menace de reprendre le mouvement vers Famagouste, bien que Nicosie maintienne le cessez-le-feu. Arrive le 16 avec la décision turque d’un nouveau cessez-le-feu, qui gagne progressivement au point de prendre tournure en fin de mois.

 

Cette récapitulation historique montre que ce cessez-le-feu n’est pas le 11 novembre d’une guerre totale bien installée, mais le précaire état d’une succession d’épisodes d’une guerre intermittente, le cessez-le-feu en question, d’hostilités non générales et même locales, d’ailleurs interrompues 48 heures plus tôt, venant derrière plusieurs autres depuis le mois précédent. Vous pensez bien que c’est là une situation qui n’a rien d’évident. Dans mes recherches sur les armistices, je me suis donné la règle de m’interdire de faire état de toute corrélation dans le cas d’épisodes fugitifs espaçant seulement de quelques jours un usage de la force et un arrêt des combats, surtout à répétition, car on peut aussi bien admettre l’un que l’autre. Outre, ici, que Chypre est loin d’être le nombril du monde.

 

Dans cette confrontation. J’observe que J. S. accompagne sa surestimation de faits d’actualité passagers ne laissant aucune trace historique, d’une dévalorisation des faits essentiels du cours de cette tranche d’histoire.

 

IL s’en prend d’abord au cessez le feu du 27 janvier 1973, disant qu’il « n’a jamais été respecté et n’a nullement mis fin à la guerre du Viet-Nam » (c’est-à-dire entre les deux parties indochinoises). Puis encore à l’épisode du 29 mars suivant, qu’il juge « très mineur », alors qu’il concrétise l’accord du 27 janvier. Mais il s’agit du fait capital,  de l’événement majeur du retrait des U.S.A. de la guerre du Viet-Nam où ils étaient engagés depuis 7 ans ! C’est bien pourquoi toute la presse internationale a salué ce 29 mars comme un grand jour et tous les livres d’histoire de cette période le mentionnent.

 

J’en arrive finalement à la conclusion suivante : la paix du monde entier, en ces trois années, a été menacée par ces deux foyers d’incendie primordiaux qu’ont été l’Indochine et le Moyen-Orient. Or, mes échéances pacifiques ont concerné la détente en ces deux points névralgiques. Mieux même : LES épisodes PRIMORDIAUX de cette détente générale, avec les deux (seuls) accords intérimaires israélo-égyptiens, et les épisodes de la fin de la guerre au Viet-Nam. Car cette guerre s’est terminée en trois temps : le 27 janvier 1973 (prevision réalisée), le 29 mars suivant (prévision réalisée), et le 30 avril 1975, seul rendez-vous manqué, certes, mais proche de mon étape cinquième de la conjonction Soleil-Jupiter de mars 1975 qui a mis le branle à cette liquidation guerrière (dans mon « calendrier de la paix », présenté page 101 du Pronostic expérimental en astrologie, Payot, 1973, j’avais élargi l’échéance de cette configuration sur avril, invoquant l’adjonction d’une conjonction Mercure-Jupiter du 7 avril). Cette défaillance du dernier moment ne peut être niée, mais c’est l’ensemble qu’il faut juger. Un ensemble qui prend son sens de son intégration à la totalité des observations de la même série cyclique qui fonde le « fait prévisionnel » : voir « La conjonction Soleil-Jupiter ».

 

Juché benoîtement sur l’ exigence  simpliste d’un tout ou rien absolu J. S. passe à côté du vrai savoir.

 

 

L’ASTROLOGUE n° 33, 1er trimestre 1976.

 

ADDITIF  A  CE  DEBAT

 

Le climat historique de la dernière conjonction Soleil-Jupiter de décembre 1971 pose un important problème qu’il faut débattre au grand jour. Une guerre nouvelle s’est déclarée entre l’Inde et le Pakistan le 3 décembre 1971, à 7 jours de la conjonction Soleil-Jupiter du 10 décembre, et a duré tout au cours du phénomène jusqu’à l’armistice  du 17 décembre, 7 jours après le phénomène.

 

Voilà un fait qui pose problème puisque cet événement – une guerre – se déroule en pleine configuration spécifiquement pacifique. Un tel phénomène actualise une critique apparemment pertinente que Jacques Bergier a formulée dans son interview du n° 10 de L’Astrologue et que Jacques Sadoul a reprise à son compte dans son livre récent : L’Enigme du Zodiaque. :

 

Malheureusement, dans l’état actuel des choses, André Barbault ne peut pas localiser sa prédiction et la Terre étant vaste, il est presque toujours possible de découvrir qu’au moment où un événement pacifiant se produisait dans telle partie du monde, une guerre ou une révolution éclatait dans telle autre, ce qui annule la valeur de toute prévision non localisée. Ainsi, pour la triple conjonction Soleil-Vénus-Jupiter qui intervint en novembre 1970, on eut bien une détente au Moyen-Orient concrétisée par deux actions diplomatiques des dirigeants israéliens, mais en même temps le président américain fit reprendre les bombardements sur le Nord-Vietnam et la Guinée fut attaquée par des mercenaires étrangers. C’est pourquoi tant que cette question de localisation des événements n’aura pas été résolue par les astrologues, il ne faut pas qu’ils comptent sur l’astrologie mondiale pour prouver leur art. (…) Une conclusion réellement positive ne pourra être apportée à ce problème que le jour où les astrologues présenteront des ensembles de prédictions à la fois datées et localisées. Alors, le contrôle pourra être fait sans discussion possible (PP. 106/108).

 

Nous avons déjà tout de même quelques repaires de localisation avec quelques grands cycles : la communisme et l’U.R.S.S. avec Saturne-Neptune, le capitalisme occidental et les U.S.A. avec le Saturne-Uranus, l’O.N.U., la Ve République avec le Jupiter-Neptune …Mais, en effet, une conjonction Soleil-Vénus ou Soleil-Jupiter  nous laisse encore sans ressources pour en localiser la manifestation.

 

Néanmoins, la justification de cette critique n’a que la valeur apparente d’un a priori, alors qu’il est permis de juger a posteriori. A condition, toutefois, de bien établir les faits. Avec la trinité de novembre 1970, par exemple, si J. S. accroche au vol des troubles en Guinée qui paraissent avoir été endémiques et non spécifiques à ce moment particulier, c’est une omission gravissime de sa part de ne pas mentionner un événement historique au cœur de l’Europe : le Traité germano-polonais, bien plus important que la détente du Moyen-Orient.

 

Ce qui nous amène au jugement de réalité essentiel. Si la Terre est vaste au point qu’il puisse s’y inscrire des événements de tendances contraires dans les mêmes journées en des lieux différents, le ciel – lui aussi – l’est, si bien qu’il peut tout autant s’y produire en même temps des configurations de tendances contraires. Ainsi, d’ailleurs, en novembre 1970, il y avait également une conjonction Mars-Uranus en même temps que la triplice, et un tel phénomène ne passe pas pour être paisible et joyeux.

 

Nous abordons là le classique problème de corrélation qui est ni plus ni moins simple en soi, bien que complexe en fait. Il est une question de répartition dans le temps des phénomènes célestes selon leurs rythmes, et la relation que l’on peut prétendre établir repose sur le phénomène de répétition du lien associant parallèlement configuration céleste et état de notre monde, sur l’ enchaînement d’un retour commun du même ordre.

 

C’est ce type d’observation qu’il faut faire et seul un tel contrôle peut nous édifier. En l’occurrence, aligner d’affilée les faits de l’histoire qui se présentent de conjonction Soli-jovienne en conjonction soli-jovienne et aligner ceux qui se déroulent en chaîne à chaque conjonction Mars-Uranus.

 

C’est cette méthode d’observation banale que j’ai mise en pratique dans Les Astres et l’Histoire, où j’expose 6 pages d’observations sur les conjonctions solaires à Vénus et à  Jupiter, et 2 à la conjonction Mars-Uranus. C’est peu, me direz-vous (il faudrait consacrer un livre entier à une seule configuration), mais, au moins, j’ai fait ce contrôle.

 

Ainsi, avec la conjonction Soleil-Jupiter, il s’agit essentiellement de savoir si sa venue accompagne réellement des événements de caractère pacifique ou constructif plus ou moins représentatifs et si ce type de manifestation positive se reproduit régulièrement de conjonction en conjonction, sauf cas d’exception éventuellement prévisible ou prévu par l’opérateur  Seul importe que la corrélation soit régulière, le fait qu’un événement contraire à sa nature puisse coexister avec elle ne prouvant rien en sa défaveur.

 

L’observation doit s’appliquer à deux niveaux. Comptabiliser d’abord : armistices et cessez-le-feu se concentrent autour de cette configuration. Comprendre ensuite l’enchaînement des processus historiques dans le cadre global du cycle planétaire qui associe une étape à une autre. Ainsi, à la conjonction soli-jovienne du 9 novembre 1970 est signé le pacte germano-polonais du 18 novembre – complément au pacte germano-soviétique du 12 août précédent , sous le quintile S-J – et – nouveau saut à l’unité suivante qui coiffe ce tournant européen historique – à celle du 10 décembre 1971 est signé le lendemain 11 décembre, l’accord sur Berlin entre les deux Allemagne (suite à l’accord des 4 Grands sur Berlin du 3 septembre précédent  sous la triplice Soleil-Mercure-Vénus). Il y a là une filiation historique évidente : si le temps de la conjonction de 1970 est celui d’un grand dégel entre l’Est et l’Ouest de l’Europe, celui de la conjonction de 1971 constitue une « brèche dans le mur », Berlin cessant d’être enfin la pomme de discorde entre les deux Europe qu’elle a été depuis 1945.

 

C’est ainsi, doublement, que se fondent des corrélations précises et sures qui nous sont indispensables. Dans la dimension temporelle de notre chaîne de corrélations, il arrive naturellement que l’on soit en présence d’un écheveau de courants contraires difficile à démêler, mais quelle connaissance échappe à pareille situation ? C’est la vie qui est ainsi ! Dans le chapitre sur les déclarations de guerre (Les Astres et l’Histoire), j’ai d’ailleurs donné quelques exemples de contradictions que, dépassant le découpage statique du contrôle ponctuel, l’analyse cinétique du déroulement des processus historiques parvient clairement à élucider.

 

Antoine de Villon cite d’ailleurs une situation ambivalente qui illustre magnifiquement ce qui s’est passé en décembre dernier :

 

Jupiter au contraire est le vray significateur des paix, et l’Auteur de tout repos, qui vient par l’accord et composition des noises, guerres, querelles et débats. Estant avec Mars, il signifie quelquefois des guerres, mais c’est plustost pour la conservation de la justice, que pour offenser quelqu’un.

 

La conjonction S-J du 10 décembre 1971 (à 4 h 09 m, T.U., aucune angularité pour la région de l’Inde) à 17° du Sagittaire se produisait au carré de Mars à 18° des Poissons. Cette guerre indo-pakistanaise de 14 jours a stoppé un processus engagé de véritable génocide en mettant fin et en résolvant l’exode de 10 millions de réfugiés mort-vivants, conduisant à une libération du Bengale et à la naissance du Bangla Desh. A la limite, nous sommes en présence d’un cas de dénouement militaire heureux d’une crise. Et alors que la presse mondiale du 4 décembre envisage une guerre longue avec menace d’une extension du conflit, l’URSS soutenant l’Inde et la Chine avec les U.S.A. le Pakistan, le cessez-le-feu n’en sera pas moins acquis et respecté les 16 et 17 décembre.

 

L’Astrologue n°17, 3e trimestre 1972.

 


[1] On pourra juger la légèreté de ces paroles en relisant le bilan de cet équinoxe dans le numéro 20.

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