Astrologie Mondiale (Pratique)

Présentation Articles Publications Imagerie Liens

 

FINALE DE BILAN PREVISIONNEL

Il m’est déjà venu d’exposer, au n° 154 (2e trimestre 2006) de l’astrologue, « Un bilan prévisionnel », ici présent  à « mondiale pratique ». Chemin faisant d’un continuel engagement à poursuivre la même  recherche de vérité astrologique, j’en arrive au dépôt d’un aperçu nouveau complétant ma longue aventure prévisionnelle.

 

Circonstance idéale : à mes quatre-vingt-dix ans peut déjà être exposé l’ensemble du cap historique rendant compte de ce que j’avais appelé, il y a vingt-et-un ans : « Les bouleversements de 2010 » au n° 92 de l’astrologue  (4e trimestre 1990), intitulé : « numéro spécial XXIe siècle ». Thème retraité ici depuis avec « La crise mondiale de 2010 » (1er janvier 2009), non sans aperçus nouveaux dans L’Avenir du monde selon l’astrologie (Editions du Félin, 1993), ainsi que dans Prévisions astrologiques pour le nouveau millénaire (Dangles, 1999). Mais, préalablement à cet examen qui boucle le long parcours d’une telle expérimentation, j’aimerais revenir sur une omission prévisionnelle d’événement historique important, passé inaperçu pour n’avoir été l’objet que d’une simple  note isolée d’une douzaine de lignes. Pièce formulée au n° 89 (1er trimestre 1989) de l’astrologue et intitulée : « La conjonction Soleil-Jupiter du 15 juillet 1990 » :

 

« Le 30 juin 1930, les derniers soldats français s’embarquaient de Mayence : c’était l’évacuation définitive de la Rhénanie, coupure essentielle au milieu d’une histoire entre Versailles (l’Allemagne vaincue) et Rethondes (la France vaincue) : le Soleil passait sur une opposition Jupiter-Cancer/Saturne-Capricorne. Comme il y a soixante ans, ce phénomène se reproduit les 14-15 juillet 1990, tandis que la conjonction Soleil-Jupiter à 22° du Cancer tombe sur le MC de la fondation de la République Fédérale d’Allemagne, et que Saturne à 22° du Capricorne repasse sur celui de l’érection du mur de Berlin (1961). Tout laisse présumer que nous aurons là un nouveau tournant décisif pour l’Europe, qui pourrait être celui de la réunification des deux Allemagnes, bien qu’on ne puisse pas exclure une autre réalisation diplomatique concernant notre continent. »

 

Prévision parue à dix mois de la chute du mur de Berlin et à un an-et-demi  de l’effective réunification du pays germanique acquise à la mi-juillet 1990.

 

Depuis lors, avec la parution dans « mondiale pratique » du texte de « La cinquième République », l’expérimentation prévisionnelle s’est enrichie du traitement d’un même cycle appliqué au même sujet et livré sur un parcours d’un demi-siècle. Il s’agit du couple Jupiter-Neptune étalé sur ses quatre derniers cycles : à la fois, récit historique du cours de la cinquantaine des étapes de ses aspects successifs, et énoncés prévisionnels comparatifs de la trentaine de ses conjonctions, carrés et oppositions. Un résultat qui devrait être de bonne tenue. 

 

Il faut parfois aussi du recul pour mieux juger le bilan de la configuration traitée. Ainsi, dans le même « Numéro spécial XXIe siècle » de l’astrologue n° 92, avais-je présenté l’originalité de la figure de l’an 2000 en tant que  monophasé des dix cycles planétaires ascendants dans un alignement successif Jupiter-Saturne-Uranus-Neptune-Pluton, les deux cas antérieurs semblables étant tombés en – 5 et – 4 avant J.-C., temps présumé de la naissance du Christ, puis en 1489, alors que les grands navigateurs portugais et espagnol se rendaient maîtres des océans. Or, n’était-il pas naturel de percevoir dans cette configuration, venue derrière la prodigieuse conjonction Jupiter-Uranus-Neptune de 1997, outre un temps fort de découvertes dont l’avènement d’un A.D.N. enfin mondialement décrypté, une naissante révolution technologique  coiffée par Internet faisant éclater la mondialisation au carrefour d’une nouvelle civilisation ?

 

J’en arrive, pour finir, à cette prévisionnelle « crise mondiale de 2010 » (1er janvier 2009). J’en ai déjà débattu ici le déroulement en plusieurs étapes : « Chronique de la crise 2010 » (28 avril 2010) « Suite n° 1 » (14/5/10), « Poursuite de la crise mondiale de 2010 » (27 novembre 2010), et « Relance de la crise mondiale » (25 février 2011)...

 

Nous arrivons au bord de l’alignement planétaire de mars-avril 2011 (voir figures aux deux textes précédents) dont nous redoutions l’atmosphère de catastrophe. Elle devait arriver le 11 mars (Mercure le premier s’alignait sur Uranus) avec le séisme de 8,9 ( !) sur l'échelle de Richter, accompagné d’un terrible tsunami frappant le Japon, qui allait faire, avec 600 000 sinistrés, 28 000 morts et  disparus. Et le pire allait être, dans les journées suivantes, l’atteinte des réacteurs nucléaires de Fukushima. Il est encore trop tôt pour pouvoir se livrer à une estimation de cette catastrophe, assimilée à Tchernobyl, entraînant un mouvement mondial  considérable de renoncement à l’énergie atomique.

 

Voilà bien ce qui allait rejoindre, vingt-et-un ans plus tôt, ce premier texte du  numéro spécial XXIe siècle de l’astrologue :

 

"Après avoir alors rappelé le bilan du semi-carré Uranus-Pluton précédant de 1986, avec ses noms retentissants de tragédie : Challenger, Tchernobyl, le Rhin … : « Or, de son carré, ne risque-t-on pas de craindre des échecs technologiques retentissants, retombées tragiques de nos glorieuses réalisations modernes, ou quelque catastrophe atomique ou écologique sans précédant ? Bouleversement qui, après le soulèvement d’espérance des années 2000, tendrait à faire entendre un sinistre craquement (…). Ceci n’est, à vrai dire, qu’une version première de notre configuration qui condense plusieurs scénarios d’avenir possibles, sans qu’il puisse être dit lequel prévaudra parmi les autres

Celui d’entre eux qui retient le plus l’attention a trait au devenir du Japon. Sous la conjonction (Uranus-Pluton) du milieu du siècle dernier (1851), ce pays en révolution se modernise et sous la dernière (1965) se produit l’irrésistible envolée mondiale du produit « made in Japan ». Avec le carré en question, le pays du soleil levant tend à être en première loge, devant deux dilemmes : ou une crise interne remettant en question l’édifice actuel de sa société : un séisme politique et social de magnitude élevée ; ou une crise externe prenant le caractère samouraï-impérialiste d’un éclatement pan-nippon, version la plus probable..."

 

On peut localiser les temps forts de cette crise dans les journées qui précèdent et suivent les solstices et les équinoxes (cela survint donc à celui du printemps 2011).

 

Et de signaler en renvoi de note :  « L’empereur Akihito (23-12-1933) est impliqué dans cette dissonance qui frappe son Soleil à 1° du Capricorne. »

 

D’ailleurs, dans mon ouvrage :  « Astres royaux » (Le Rocher, 1995), présentant son thème (naissance à 6 h 39 m à Tokyo), je terminais par la présentation d’un règne : « affecté par un Jupiter-MC formant une croix dissonante avec Mars et un carré Uranus-Pluton, ce dernier étant expressif d’une génération appelée à vivre de sérieux problèmes, soit dans un nouvel éclatement pan-nippon, soit dans un séisme politico-social de grande magnitude. »

 

Certes se relèvent ici les fausses notes de climat guerrier ou révolutionnaire tenant lieu de cataclysme naturel ; néanmoins, le recours analogique au  langage géophysique rend parfaitement compte ici de l’atmosphère catastrophique en question. Nature et Société ne sont pas distinguables astrologiquement, parce qu’indissociables. « Si ce n’est pas l’un, c’est l’autre » peut rétorquer l’adversaire goguenard : n’empêche que nous détenons le fil d’un enchaînement en série où la flèche de l’essentiel atteint sa cible. Ne faut-il pas se contenter de ce que l’on a ? Si, omission convenue, je n’ai pas mis l’accent sur la catastrophe naturelle  elle-même – ce que j’aurais dû faire -, c’est que la succession des séismes au Japon ne répondait pas à l’ampleur prévue de ce qui s’annonçait. Car l’insistance du dramatique faisant penser à une tragédie historique.

 

Les 6 et 9 août 1945 avaient éclaté les bombes d’Hiroshima et de Nagasaki, sous conjonction Soleil-Pluton au semi-carré de Jupiter. Le 26 avril 1986 explosait la centrale nucléaire de Tchernobyl, sous opposition Soleil-Pluton avec semi-carré Uranus-Pluton. Et en cette entrée de printemps, le Soleil franchissait le carré Uranus-Pluton.

 

Que le Japon ait été particulièrement concerné relève de ses affinités avec ce grand cycle. Arnold Toynbee prend l’an 1590 comme le début de la fondation de  l’Etat japonais et c’est en 1603 que s’ouvre l’ère de la dynastie des Tokugawa (1603-1868) : en 1596 avait eu lieu une triple conjonction Jupiter-Uranus-Pluton en Bélier. On retrouve une conjonction Uranus-Pluton en 1851 : 2 ans plus tard s’accomplit le déclic qui change radicalement le cours de son histoire. Sous la pression des Occidentaux, le Japon s’ouvre économiquement à l’étranger et se convertit au libre-échange. Le nouveau cycle qui s’engage témoigne d’un parcours significatif. Au sextil se présente la révolution politique du Meiji (1868) qui met fin au féodalisme et place le pays sur la voie de la modernité. A l’opposition de 1904 éclate la guerre-russo-japonaise qui révèle l’impérialisme nippon. Au trigone de 1921-1922, le pays du soleil levant coopère avec les grandes puissances : Conférence de Washington et Traité des Cinq sur la limitation des armements navals. Quant arrive le carré de 1931, il rompt cette solidarité : avec son retrait de la S.D.N.et sa dénonciation du traité naval, il entre en guerre contre la Chine et ne cessera sa conquête militaire jusqu’à son intervention dans la Seconde Guerre mondiale. Certes, sur le champ, on est surpris, et même décontenancé, de l’arrivée du sextil avec sa défaite militaire en 1945, mais c’est un miracle qui se produit : le retour de la tension Est-Ouest sauve inopinément le pays des épreuves d’un belligérant vaincu : l’Etat nippon est remis sur le droit chemin sous tutelle américaine, se redresse rapidement dans une paix apprise et porteuse de réussite. Au point qu’à la dernière conjonction de 1965, le Japon soit devenu la seconde grande puissance économique de la planète, les produits « made in Japan » inondant le monde.

 

Si le Japon est l’épicentre de ce carré Uranus-Pluton étendu encore sur plusieurs années, le foyer d’incendie de celui-ci risque encore d’affecter, d’une façon ou d’une autre, la contrée du Pacifique, de l’Océan indien, région du globe sensibilisée à divers branlebas possibles.

 

Une intensité nouvelle de crise s’est présentée ensuite au cœur de l’année 2011, expression d’un resserrement du triangle Saturne-Uranus-Pluton, revenu dans l’orbe de leurs dissonances. Et c’est non moins un séisme historique, cette fois économique, qui  a frappé le monde politique...

 

Quinze jours après une réunion des chefs d’Etat le 21 juillet à Bruxelles pour sauver la monnaie unique européenne dans l’adoption d’un second plan d’assistance à la Grèce, la spéculation délire et les Bourses s’effondrent : 11 séances consécutives de baisse (inédit) … Le 3 août, les taux d’intérêt sur les obligations de l’Italie et de l’Espagne dépassent 6 %. Et le 6, Standard & Poors, agence de notation, dégrade les Etats-Unis, passés du triple A à AA+. Panique d’un avertissement qui retentit sur l’Europe. L’ébranlement nouveau de la monnaie européenne touche ensuite l’Italie et la France elle-même, entrée dans la tourmente, dégradée par rapport à l’Allemagne (revoir « Suite n° 1). On arrive à 25 % de chute boursière. Et l’on remet ça aux premiers jours de septembre, l’or franchissant le record de 1900 dollars l’once.

 

Parallèlement  à ces manifestations qu’exprime l’entrée en phase descendante des cycles Jupiter-Saturne et Saturne-Uranus, s’est enfin dévoilée la conjonction Jupiter-Uranus annonciatrice d’orages politiques, avec l’éclatement du «printemps arabe ». Certes, celui-ci fut une surprise pour moi comme pour tout le monde, encore  qu’il ait revêtu la tonalité de la conjoncture formulée à son sujet. N’empêche qu’il s’était annoncé furtivement, comme entré par une petite porte. Et si ce n’est pas la Libye qui a donné le branle à la révolte africaine, du moins y a-t-elle pris la place centrale jusqu’à impliquer l’assistance franco-britannique avec le concours de l’OTAN. Ainsi, il y a trois ans j’avais publié ici un texte consacré à « Mai 68 », dans lequel, considérant que la conjonction jovi-uranienne de 2011 allait se produire à l’opposition de celle de 1969, je déclarais : 

 

« Il vient à l’esprit que certains chefs d’Etat qui se sont installés à cette époque et qui depuis lors sont toujours en place, puissent subir le sort d’un renversement radical. Un tel destin pourrait échoir au colonel Kadhafi qui s’est emparé du pouvoir en Libye au mois de septembre 1969 (…). Il y a là, pour ce pays, le passage probable à une nouvelle tranche de son histoire. »

 

 Cette guerre engagée, m’est venue ensuite l’intention d’en fixer la fin. J’ai cru d’abord que ce pourrait être à l’équinoxe printanier du fait de la charge de la conjonction par le passage du couple Soleil-Mars : ce devait être, à l’inverse, l’amplification de cette guerre avec l’intervention des forces aériennes franco-britanniques le 19 mars (revoir figures dans les derniers textes des 27 novembre 2010 et du 25 février 2011) puis de l’Otan. C’est en avril que j’allais prendre position, avec un texte qu’Yves Lenoble publia avec agrément dans son site du 24 mai et que j’allais diffuser dans L’Astrologue n°174 :

 

Certes, on ne peut exclure auparavant la chute du dictateur. Néanmoins, la configuration qui se prête le mieux à cette finale est la lointaine conjonction Soleil-Mercure-Vénus de la mi-août prochaine, sinon au plus tard à la fin-août ou tout début-septembre, la conjonction soli-vénusienne s’unissant par trigone à Jupiter : configuration de détente que la révolte du « printemps arabe » pourrait ressentir et en particulier la Libye, ce bénéfique trigone se superposant au trigone Soleil-Saturne de la République libyenne née à l’entrée de septembre 1969. »

 

Le 23 août, la capitale Tripoli était prise, avec Kadhafi en fuite. Le lendemain y était constitué un Comité consultatif provisoire des rebelles, et le 1er septembre se tenait à Paris une Conférence internationale de soixante pays, consacrant la succession  de son Conseil national de transition, entré en fonction pour installer un nouveau pouvoir.

 

En cette fin d’année 2011, la crise européenne rebat son plein avec la reconstitution finale de l’opposition Jupiter-Saturne, resserrée sur seulement 2° d’orbe en décembre-janvier 2012. Il est d’ailleurs significatif qu’elle ait été relancée au cours du passage du Soleil de la conjonction à Saturne du 13 octobre à l’opposition à Jupiter du 29 suivant. Ainsi, après une nouvelle rencontre européenne du 23 octobre, un très laborieux accord est enfin conclu le 27 à Bruxelles par le G20, pour régler la seconde assistance à la Grèce. Et alors que tout semblait reparti pour une solution finale, le 1er novembre, dans un véritable chaos politique, le Premier Ministre grec George Papandréou annonçait  le recours à un référendum dans son pays pour faire face  à son épreuve nationale : Nième épisode d’une spirale qui risque fort de conduire notre continent tout entier surendetté sur une pente descendante jusqu’au creux de la nouvelle conjonction Jupiter-Saturne plutonisée de 2020 !

 

D’ici là, faut-il encore vivre un nouveau soubresaut européen à la traversée, cette fois, des carrés du Soleil à la même opposition Jupiter-Saturne des 19/22 janvier prochains ? En outre, ne faut-il pas redouter qu’à la conjonction Soleil-Jupiter – cette fois négative – du 13 mai suivant, vienne se greffer une nouvelle relance de crise – pouvant ici venir de Chine, d'Israël ou d'ailleurs ? – du fait que cette configuration relance le carré Uranus-Pluton qu’elle triangule par son semi-carré au premier et son sesquicarré au second ? 

 

Tournant historique que l’histoire jugera considérable : le gros des chocs de « la crise mondiale de 2010 » devrait être passé, mais c’est tout un monde nouveau qui doit se recomposer sur les décombres qui en résultent, l’Europe et l’économie mondiale étant particulièrement touchées. Sans oublier que le carré Uranus-Pluton est loin d’avoir dit son dernier mot …. 

 

Quant à mon bilan prévisionnel auquel je tenais ici à faire une présentation, il est ainsi maintenant à la disposition de chacun. 

 

Si l’on récolte quelques prévisions réussies, on ensemence la vérité astrologique. Finalement, quand on a longtemps poursuivi l’identité spéculaire où le semblable se miroite du haut d’un firmament en perpétuel devenir à l’ici-bas du défilé de notre histoire, on perçoit mieux que, par-dessus nos petites personnes, s’élabore le savoir de l’astrologie : qui, mieux que nous, pourrait contribuer à en tisser la connaissance vivante ? D’où cette conclusion porteuse d’avenir : Je tiens l’application des arcanes de l’art royal de l’astrologie mondiale à l’exercice prévisionnel de longue durée et porté à l’échelle de l’humanité comme le plus haut lieu de la présence d’Uranie.

 

Paris le 5 novembre 2011.

 

haut de page