Astrologie Mondiale
(Théorie)

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DU GRAIN à MOUDRE...

Jusqu’où se lit la signature astrale, aux limites concevables ? Il est naturel que de la racine de l’arbre d’Uranie, son tronc répande une sève commune nourrissant tout son branchage et son feuillage jusqu’à ses fruits, mais la diversité des manifestations de la vie humaine se prête-t-elle pour autant à n’importe quelle interrogation astrologique ?

Telle est la question qui se pose ici.

Le sujet n’a pas manqué d’être débattu, notamment déjà par Morin de Villefranche dans ses « Remarques astrologiques », « Commentaire du Centiloque par Nicolas de Bourdin » (Bibliothéca Hermética, 1975). De son temps cartésien, on faisait plutôt le vide. Ainsi, selon lui, «les figures érigées pour les royaumes et les villes sont une pure folie … » (XLV1) et « Le thème dressé pour la construction des navires est une folie comme celle de la construction des villes et des maisons » (LV).

A l’aurore de la renaissance astrologique du début de siècle dernier, dans la première revue française : « La Science astrale » de la Bibliothèque Chacornac, en son n°2 de 2e année (février 1905), un certain Arcturus précise que « l’Empire avait été proclamé par le Sénat dans sa séance du 28 floréal an XII, soit du 18 mai 1804 à 3 heures après midi … », entendant livrer là un acte de naissance ouvrant sur l’interprétation de l’histoire napoléonienne. De là à passer sur celle d’un événement public, accidentel ou autre, il n’y avait qu’un pas à franchir. On ne s’en est pas privé et le premier exemple de cas représentatif du siècle dernier fut celui d’une catastrophe qui fit grande impression à l’époque et dont la médiatisation a hanté l’imaginaire jusqu’à nos jours. Il s’agit du naufrage du TITANIC, paquebot géant et luxueux transatlantique aux 2200 passagers à bord, réputé insubmersible et qui, à son voyage inaugural, ne navigua que 4 jours ; drame qui fit, avec le sauvetage de 705 rescapés, quelques 1500 victimes !

En France, le premier qui ait traité ce sujet est le polytechnicien Eugène Caslant, dans le n° de juillet 1913 de L’Influence astrale (Chacornac), où il expose les thèmes présents du lancement de ce paquebot (Belfast, 31 mai 1911, 12 h 17 mn, 56 s. ! Pluton 27° Gémeaux) et de son naufrage. A Southampton le 10 avril 1912, à 11 h 45, le mugissement de la sirène annonçait le départ. Et le dimanche 14 suivant, à 23 h 40 (d’aucuns disent 10 h 25 du soir, heure du lieu), le navire heurte un iceberg, collision qui produit 6 entailles dans sa coque, l’eau pénétrant aussitôt à flots dans ses soutes, le bateau coulant quelques heures plus tard, englouti à 41° 46’ Nord et 50°14’ Ouest, l’épave gisant par 4000 mètres de fond, localisée seulement en août 1985.

Je viens de relire le texte de cette étude, l’auteur étant, en fonction du savoir de cette époque, victime d’une foi astrologique inconditionnelle le conduisant à vouloir justifier l’événement, rien pourtant n’ayant permis d’en arriver à sa conclusion péremptoire : « La fin du bateau était donc clairement annoncée ». Et même : « … la catastrophe, inévitable avec l’heure du lancement, pouvait être détournée avec une heure autre … » ! Certes, il est flagrant que l’on tombe immédiatement sur une dissonance majeure fondamentale : maître d’AS et du MC, Mercure le voyageur est en IX, conjoint à 1° de Saturne, et cette conjonction se triangule par semi-carrés à un carré de Mars des Poissons à Pluton des Gémeaux en X, outre qu’elle est au surplus à l’opposition de Jupiter ! Mais cette configuration manifestement critique suffit-elle à dresser le spectre d’une telle catastrophe, au surplus datée en son temps ? Comme toujours, c’est en comparant l’état des choses sur un ensemble de cas de même espèce que l’on peut évaluer puis juger. Une tentative analogue a été entreprise en Allemagne par mon regretté ami Hans Genuit dans Astrologische Monatshefte n° 11/12 – 1954, où il a traité de son mieux le cas du prestigieux cuirassé « BISMARCK », lancé dans sa ville à Hambourg le 14 février 1939 à 11 h 15 m du matin et coulé par la flotte britannique le 27 mai 1941 à 10 h 40 m du matin. Mais quelles valeurs peuvent avoir ces cas isolés ?

Cette exploration n’a pas manqué de susciter déjà l’interrogation de Paul Flambart (Choisnard) dans « Entretiens sur l’astrologie » (Chacornac, 1920), en s’interrogeant sur : « Doit-on faire l’horoscope d’un objet ? ». Et de revenir, là-dessus, au lien fondateur astro-génétique : « … on n’a pas seulement tel caractère parce qu’on naît sous tel ciel, mais on naît principalement sous tel ciel parce qu’on a déjà tel caractère héréditaire ébauché dans la gestation ». C’est cette souche atavique des nativités humaines qui fait défaut ici, alors que l’astrogénéalogie est éclairante. De là, une prudence à observer avant de tirer des conclusions définitives, surtout dans l’isolement aveuglant d’un seul cas choisi.

D’autres incursions n’ont pas manqué d’être abordées. Ainsi, en France, la terrible explosion des mines de Courrières, dans le Nord, le samedi 10 mars 1906 à 6 h 30 m du matin. La plus épouvantable catastrophe minière que le pays ait connue. Vers 5 heures, 1800 mineurs environ étaient descendus dans les puits 2, 3 et 4 de Billy, Méricourt et Sallaumines, dépendant de la concession de Courrières : de ce coup de grisou, 1099 mineurs ne reverrons plus le jour et des rescapés resteront bloqués jusqu’à trois semaines au fond de la mine ! Certes, Pluton maître de VIII franchit alors le FC, suivi du passage à son tour d’une opposition Uranus-Neptune au méridien, au double carré de Mercure, mais de même qu’aux jours qui précèdent et ceux qui suivent, tel l’accompagnement secondaire d’un fait local.

Par lui-même, le cas isolé ne se suffit donc pas : c’est sur l’ensemble d’une série qu’il est permis de fonder un jugement. Examinons ici diverses aventures d’hommes habités par le mythe d’Icare, lancés vers l’envol dans les airs, où participe « La dialectique Uranus-Neptune », verticale du premier axé sur le singulier, l’unique, l’inédit, et horizontale du second aligné sur un infini, archétypes de l’un et du tout, ainsi présentés avec Jean Carteret dans notre plaquette des Editions du Baucens (1974) 

 

LA CONQUETE DE L’ESPACE

On pourrait presque commencer par évoquer déjà le prophétisme de Léonard de VINCI (Vinci, 14 avril 1452, vers 22 h) aux machines volantes, dont le Mercure du Bélier au trigone de l’AS-Sagittaire est escorté d’une conjonction Lune-Jupiter des Poissons en III que relaye Neptune culminant en génie de l’évasion. Mais tenons-nous en ici à quelques pièces essentielles, en rappelant seulement le rôle prométhéen d’Uranus dès le point de départ de cette conquête de l’espace.

Données de Nouvelle Biographie générale du Dr. Hoefer, une conjonction Mercure-Uranus (3°) se présente au départ de l’aérostation, lorsque s’élève dans les airs d’Annonay-en-Ardèche le 5 juin 1783, la première montgolfière, et c’est leur trigone exact qui accompagne, le 21 novembre suivant, la première ascension humaine faite au-dessus de Paris. Outre que le réalisateur de l’appareil volant, Jacques-Etienne MONTGOLFIER (Vidalon-les-Annonay, 7 janvier 1745) a une conjonction exacte Mercure-Uranus au premier degré du Verseau, avec son frère Joseph Michel (Vidalon, 26 août 1740) qui a un trigone Soleil-Uranus, tandis que le premier homme au monde à décoller du sol en une promenade au-dessus de la capitale française est le Bélier pur-sang que voici :

Jean-François PILATRE DE ROSIER. Un doute subsiste sur l’année de sa naissance à Metz le 30 mars 1754 ( conjonctions Soleil-Vénus-Bélier au trigone d’une conjonction Jupiter-Neptune - Lion, avec Mercure-Bélier au sextil d’une conjonction Lune-Mars en Gémeaux) ou 1756 (conjonction Mercure-Uranus). Un vertige de l’aventure dans l’inédit.

« Brevet n° 1 d’aéronaute » depuis ses ascensions en ballon en 1783 à Paris, ce marquis rêvait d’être le premier à traverser la Manche. Le 15 juin 1785 à 7 heures 5 du matin, des remparts de la vielle ville de Boulogne-sur-Mer, son aéromontgolfière prend son élan, s’élève lentement et s’éloigne des falaises de la côte jusqu’à une distance évaluée à 5 kilomètres en mer. A une altitude de 600 mètres, elle se heurte à un vent contraire qui, une demi-heure plus tard, le rabat vers la côte française. Puis, c’est le drame. A l’instar des cracheurs de feu des foires, ce Bélier excellait à enflammer l’hydrogène qu’il avait préalablement aspiré, outre que cet inventeur avait fabriqué et vendu des allumettes pyrophoriques. Son appareil était une montgolfière avec ballon à hydrogène : « un réchaud sous un baril de poudre ». On ne sait au juste ce qui s’est passé, mais ce fut la chute mortelle sur la dune de la colline de Wimereux. Le thème de l’événement est clair : il est superbe comme illustration d’une sensationnelle aventure inédite avec cette conjonction Mars-Jupiter du Bélier culminante (sur le Soleil du personnage), mais terriblement dissonante d’être frappée d’un carré d’Uranus au lever et d’une opposition de Neptune au FC.

L’historique ascension en ballon va devenir celle du savant Louis-Joseph GAY-LUSSAC (Saint-Léonard, Limousin, 6 décembre 1778) chez qui un axe Uranus-Gémeaux/Soleil-Mercure-Sagittaire est triangulé harmoniquement par Mars. Prouesse qui a lieu le 16 septembre 1804 (conjonction Mercure-Uranus), jusqu’au record de 7000 mètres d’altitude, pour y mesurer la composition de l’air et ses réactions atmosphériques (température, pression, pouls, respiration …).

Quant à la naissance de l’aviation, elle répète la participation uranienne à travers une série d’aspects de la planète avec le Soleil et Mercure au talon ailé.

Le 9 octobre 1890 à 16 heures, au château d’Armainvilliers, Clément ADER effectue un premier décollage de l’histoire, quittant le sol à bord d’un aéroplane soulevé par la seule force de son moteur, sa chauve-souris avançant de 50 mètres, les roues élevées à 20/30 centimètres du sol, et son brevet d’appareil mentionne : « machine volante dite avion ». Ce jour-là, le Soleil et Uranus sont conjoints à 10° d’orbe, et pour le moment l’Ascendant quitte le Verseau. Quant à ce pionnier signé du Bélier, né à Muret, 31, le 2 avril 1841 à 23 h (e.c.), il présente une conjonction exacte Mercure-Uranus au FC : superbe position pour quelqu’un qui décolle du sol.

Le 17 décembre 1903 à 10 h 45 m, à Quitty Hawk, Caroline du Nord, assisté de son frère Wilbur, Orville WRIGHT, à bord de leur Flyer 1, quitte la terre et vole en 12 secondes sur une quarantaine de mètres, jusqu’à 3 m 60 de hauteur. Ainsi date-t-on la naissance de l’aviation. Ici, la même conjonction – en Sagittaire – est à 1° d’orbe et la Lune se joint à elle ! Wilbur (Dayton, Ohio, 16 avril 1867) est le typique pionnier Bélier, dont le Mercure en ce signe aspecte un trigone Jupiter-Uranus. Avec Orville (Dayton, 19 août 1871), Neptune-Bélier et une conjonction Jupiter-Uranus reçoivent des aspects du Soleil en Lion et de Mercure.

Le 13 janvier 1908, Henri FARMAN boucle le premier kilomètre aérien en circuit fermé sur un biplan Voisin – constructeurs : Gabriel VOISIN (Belleville-sur-Saône, Rhône, 5 février 1880, 19 h 45 m (e.c.) : conjonction Soleil-Mercure-Verseau avec Uranus à l’AS) et Charles VOISIN (Paris, 26 mars 1874, 9 h, (e.c.) : trigone Soleil-Bélier/Uranus-Lion au FC – ce qui est une grande première qu’accompagne une triple conjonction Soleil-Mercure-Uranus. Et son auteur (Paris, 26 mai 1874, sans heure, é.c. acte détruit à la Commune) présente une conjonction Soleil-Mercure en Gémeaux, au sextil d’Uranus en Lion.

 

Le 7 janvier 1909 est la date d’une première officialisation : c’est le jour où sont décernés les 6 premiers brevets d’aviateurs. Reconstitution ici d’une conjonction Soleil-Uranus à 1° d’orbe, à laquelle se joint encore Mercure. Et le brevet numéro 1 est décerné à Emile AUBRUN né à Brunoy (93) le 25 août 1881, 17 h (e.c.), sous conjonction Soleil-Lune-Uranus. Chaque annualité soli-uranienne s’offre naturellement une diversité de manifestations prométhéennes, telle la conjonction sagittarienne accompagnatrice du 12 décembre 1901 où Guglisimo Marconi réalisa la première liaison TSF à travers l’Atlantique de la Cornouailles à Terre-Neuve.

Nous arrivons maintenant à Louis BLERIOT (Cambrai, 1er juillet 1872, e.c. sans heure, acte détruit à la Grande Guerre)

Un cancérien placide de triple conjonction Soleil-Mercure-Vénus, proche de Mars en Gémeaux, outre une paisible Lune en Taureau, mais silencieusement habité par un rêve d’ambitieuse conjonction Jupiter-Uranus du Lion, c’est tout ce qu’on peut dire de cet homme, à défaut d’heure natale.

Le Daily Mail du 5 octobre 1908 avait offert 25.000 francs à l’aviateur qui, le premier, réussirait à franchir le détroit du Pas-de-Calais. La semaine d’avant l’exploit, le parisien Hubert Latham avait échoué dans sa propre tentative. Le 25 juillet 1909, à bord de son propre monoplan « Blériot 11 », d’un hameau devenu Blériot-Plage à 3 kms de Calais, Blériot prend à 4 h 35 m l’envol au-dessus de la Manche pour l’Angleterre. Bientôt se profile à l’horizon la ligne grise de la côte anglaise. C’est ensuite la recherche de Douvres, puis le grand drapeau français qu’un journaliste agite pour le recevoir. Le choc sur le sol est rude, le chariot de l’avion et l’hélice se brisant. Qu’importe ! Il est 5 h 13 m : la traversée aura duré guère plus qu’une demi-heure.

Ce qui s’impose dans la figure du thème du départ, où se présente une aquatique conjonction Mercure-Neptune du Cancer au lever, posée précisément sur le propre Mercure natal de l’aviateur, c’est la localisation à l’AS et au MC d’un trigone du Soleil du Lion à Mars du Bélier en IX, l’AS-Soleil se pointant au surplus sur la conjonction Jupiter-Uranus du héros !

La tragique équipée de NUNGESSER et COLI .

Charles Nungesser est né à Paris 10e le 15 mars 1892 à 15 h, e.c. (et non 3 h, version Gauquelin, Didier Geslin). Le thème de ce héros de 14-18 aux 45 victoires fait prévaloir une ambitieuse conjonction Soleil (maître d’AS)-Jupiter fin Poissons en VIII, également conjointe à Mercure à l’entrée du Bélier en pointe de IX, outre qu’Uranus en Scorpion est en III, conjoint au FC. Hélas, la triple conjonction reçoit le carré et l’opposition d’un carré Mars-Saturne. Quant à François Coli, son coéquipier, il est né à Marseille le 5 février 1881 à 11 h (e.c.) : avec un Mars du Capricorne en IX et sa conjonction Soleil-Mercure du Verseau en X, au sextil d’une conjonction Jupiter-Saturne du Bélier, fait un carré à Pluton à l’AS.

« Je tracerai une route qui dans dix, vingt ou trente ans, sera sillonnée par des milliers d’avions et deviendra une grande voie internationale », prophétisait ce Poissons Nungesser, alors que l’avion n’était pas autre chose qu’un appareil purement sportif (« du cirque » ainsi que le ravalait encore, méprisant, un généralissime français avant la Seconde Guerre mondiale !). A l’aube du 8 mai 1927, le tout Paris est présent sur le terrain du Bourget où va se jouer pour la première fois une très aventureuse traversée de l’Atlantique Nord dans le sens le plus difficile. « L’oiseau blanc », au moteur de 450 chevaux, est prêt, que montent les deux hommes vêtus en scaphandriers. L’hélice tourne à 5 h 18 et l’appareil aux cinq tonnes décolle, puis s’élève : le monde apprend qu’un avion français tente le vol Paris-New York ! Mais, bientôt, après son passage au-dessus d’Etretat à 6 h 45, plus rien … « L’Oiseau blanc » a disparu et l’on ne le verra plus … 12 jours plus tard, c’est un Américain qui allait atterrir au Bourget.

Le lever du jour de ce funeste départ se présente avec une conjonction AS-Soleil, certes au sextil d’une conjonction Mars-Pluton en III, mais aussi au semi-carré d’une conjonction Jupiter-Uranus, transitant la conjonction solaire de Nungesser, centre commun d’une convergence de dissonances solaire, lunaire et vénusienne.

 

L’épopée de Charles LINDBERGH

Ce héros est donné né (faisons confiance aux collègues américains) à Détroit aux Etats-Unis le 4 février 1902, sur les 2 h 1/2, ce qui lui place un AS à l’entrée du Sagittaire où se positionne en I une conjonction Lune-Uranus, avec une occupation de quatre astres en III où le Soleil en Verseau est escorté par Mars et Jupiter, plus une conjonction Mercure-Vénus en Poissons au trigone de Neptune. Un fond constellé qui, de toute façon, convient à l’exploit unique, entre ciel et mer, que l’on connaît de lui.

Sa prodigieuse aventure est universellement connue. Seul sur son monoplan Spirit of Saint-Louis, il traverse sans escale l’Atlantique de New York à Paris, franchissant 5 800 kms en 33 heures 27 minutes !

Sur son carnet de bord du 20 mai 1927 est inscrit : « A 7 h 40 du matin, le moteur fut mis en route et à 7 h 52, je partis pour Paris ». Ce grand garçon blond d’allure angélique était reçu au Bourget dans la nuit du lendemain à 22 h 05, dans la clameur-cohue d’une foule en délire ! Son Jupiter à 29° du Capricorne recevait le sextil de la grande conjonction Jupiter-Uranus, ainsi que le trigone d’une conjonction Soleil-Mercure. Ce n’était pas seulement là le suprême héroïsme d’un exploit prodigieux : sa charge symbolique à la grandeur d’une épopée annonçait une ère nouvelle pour l’aviation, celle-ci franchissant une étape radicale de son immense accomplissement. C’est un fait que nous sommes au tournant d’une conjonction Jupiter-Uranus à l’entrée du Bélier, au style flamboyant d’une nouvelle fureur de vivre d’années folles, en pleine évolution technologique, et ce qui est un contraste frappant, c’est la succession, en une douzaine de jours, de l’échec de Nungesser au succès de Lindbergh, parallèlement au déplacement du Soleil du semi-carré au sextil de cette grande conjonction.

La réciprocité se déroulera avec le premier Paris-New York réalisé, après 37 heures de vol, par Dieudonné COSTES (Sept-fonds, 82, 4 novembre 1892, 14 h, e.c.), avec une conjonction Soleil-Uranus (maître d’AS) en IX, accompagné de Maurice Bellonte (Méru, Oise, 25 octobre 1896) : partis du Bourget le 1re septembre 1930 peu avant 11 heures, sous une conjonction Soleil-Neptune au sextil d’une conjonction Mars-Jupiter en IX, ainsi qu’au trigone de Saturne en III.

De là, par-dessus l’intermédiaire conjonction Jupiter-Uranus de 1941, en répétition de tragédie guerrière de 1914, il faut attendre celle de 1954-1955 pour que soient posés les premiers jalons de la conquête de l’espace, l’Année Géophysique Internationale 1957-1958 avec les sextils jupitériens d’Uranus à Pluton en annonçant les approches. Il était donc naturel de risquer d’en attendre (dès 1963 : La crise mondiale de 1965) un résultat de grande ampleur à leur triple conjonction de 1968-1969, ce que fut l’arrivée de l’Homme sur la Lune.

Sur ce parcours s’est d’abord présenté l’événement historique, ouvrant sur une nouvelle dimension de la vie, du 4 octobre 1957, lorsque les Soviétiques lancèrent dans l’espace le premier satellite artificiel Spoutnik 1, engin de 83 kg mis en orbite à une altitude de 28 000 km/h et faisant sa révolution autour de la Terre en 96 minutes. La force d’attraction de la pesanteur terrestre est enfin maîtrisée et c’est le point de départ de l’immense aventure astronautique : notre environnement atmosphérique va se couvrir bientôt d’une population de sondes, stations et engins spatiaux qui vont renouveler l’existence terrestre, descendant jusqu’au téléphone portable ainsi qu’à la conduite téléguidée de l’automobiliste ….

Il fallait s’attendre à une configuration de circonstance. Cela se passa effectivement lors d’une triple conjonction Soleil-Mars-Jupiter (près de Mercure), trinité coagulée de puissance physique par excellence, et cette configuration herculéenne (déjà animatrice de Lindbergh) s’incorpore ici, par ses six sextils, à la toile de fond d’un trigone évolutif Saturne-Uranus du Sagittaire au Lion, dont le registre contemporain est celui des réalisations technologiques.

L’étape de première grandeur suivante allait se présenter le 12 avril 1961 lorsque les Soviétiques lancèrent, d’une base de la région Caspienne, un engin « Vostok 1 » satellisant un premier passager humain sur une orbite autour de la Terre, lequel y effectuant sa révolution de 9 h 07 à 10 h 36. Youri GAGARINE est ce cosmonaute, né près de Smolensk le 9 mars 1934. En compagnie de la génération Uranus-Poissons, il est de celle des pionniers d’Uranus-Bélier, premiers cosmonautes défricheurs de l’espace, comme le sont les successeurs de la conquête de la Lune, son Uranus étant au sextil de Saturne en Verseau. En homme du grand large Poissons par Soleil-Mercure-Mars, qu’accompagne au surplus une Lune du Sagittaire. Quant à l’événement, il survient à la culmination d’une Lune des Poissons (sur le Mercure du cosmonaute) au trigone de Neptune, configuration coiffée d’une superbe conjonction Soleil-Vénus du Bélier (sur son Uranus) en plein trigone d’Uranus en Lion, Mercure à l’entrée du même signe étant de surcroît au sextil de Jupiter en Verseau.

Viendront derrière lui, deux autres pionniers. Guerman TITOV (Verkhneye Khilino, Kazakstan, 11 septembre 1935), homme de conjonctions Soleil-Neptune et Mars-Jupiter avec Lune en Verseau ou Poissons. Parti de la base de Baykonour (47° N – 65° E) le 6 août 1961, à 9 heures (h. de Moscou), en entrée de conjonction Soleil-Uranus, il pilote Vostok II filant à 28.000 km-heure et, sur 25 heures de vol, parcourt 700.000 kilomètres dans l’espace, l’équivalant de l’aller et retour Terre-Lune ; premier homme à voir le même jour le Soleil se lever et se coucher plusieurs fois. Puis le premier cosmonaute américain John GLENN (Cambridge, Oyo, 18 juillet 1921 : trigone stationnaire Mercure-Uranus) : en sortie d’une doriphorie du septénaire traditionnel en Verseau, le 20 février 1962, il effectue dans son vaisseau spatial trois tours de la Terre en 4 heures 56 minutes.

Arrivera ensuite la vertigineuse épopée de la conquête de la Lune : de la base de Houston, au mois lunaire du Cancer, le 20 juillet 1969, à 20 h 34 m, le premier pas humain est posé sur le sol de notre satellite ! Conquête d’un Mars du Sagittaire culminant en IX, épaulé à Neptune ! Au moment même, alors que l’AS est en Verseau et le MC en Sagittaire, où une conjonction Jupiter-Uranus se renouvelle, et sous laquelle vient précisément de passer le croissant lunaire à l’axe des nœuds, sous la déclinaison 0° : pouvait-on rencontrer plus prestigieuse configuration et au langage astral aussi pur ?

Neil ARMSTRONG (Saint-Marys, Ohio, 5 août 1930, 0 h 10, Gauquelin, 0 h 31, Lois Rodden ) Le premier homme sur la Lune : naissance au lever de Mars en Gémeaux triangulé centralement à un trigone Soleil-Lion/Uranus-Bélier, qu’accompagne une conjonction exacte Mercure-Neptune recevant le trigone de la Lune du Sagittaire. Edwin ALDRIN (20 janvier 1930, 14 h 17 m, Glen Ridge près Montclair, N.Y.) : avec Neptune au méridien, près de la pointe de IX, un Soleil en entrée du Verseau d’où Mercure compose un triangle harmonique avec un sextil Jupiter-Gémeaux/Uranus-Bélier. Mike COLLINS (31 octobre 1930, Rome) : une Lune fin Verseau ou entrée Poissons, s’unissant au triangle d’une conjonction Soleil-Mercure au double sextile d’un trigone Saturne-Neptune.

Dans ce parcours général, on aura aussi remarqué la participation du composé Neptune-Poissons, en tant qu’ouverture au grand large, appel de l’infini, réceptivité du tout. A cette révolution des hommes à la conquête de l’espace se marie donc le démesurément étendu neptunien d’un homme qui appartient au monde, à l’intensément densifié de l’appartenance uranienne à soi : tout dans l’un et un dans le tout.

 

L’AVENTURE ASTROLOGIQUE

Ce panorama de la conquête de l’espace en cours ne fait jamais que conforter ce que nous savions déjà : au sein de l’unité du Monde, la configuration céleste reflète le phénomène humain qui se déroule ici bas sous sa manifestation, et cette « correspondance » qui s’opère à l’échelle historique de l’événement collectif plus ou moins généralisé a tout lieu d’exister aussi au plan intimiste de la vie personnelle, en un même passage du Tout à l’Un. Malgré son indigence, surtout dans le traitement qu’on lui inflige, il devient dès lors délicat, pour le principe, de congédier l’astrologie horaire qui se contente d’interroger le ciel du moment pour une question posée ; art divinatoire se suffisant du signe du moment-lieu, ordinairement privé de l’essentiel qu’est l’interrogation de la personne elle-même face à ce qui lui arrive. Que cette pratique vulgarisée sache au moins qu’elle n’est que l’ auxiliaire concevable d’une « réponse céleste » face à l’intime humain. Sans elle, toutefois, l’astrologie n’en a pas moins son terrain vague qu’il faut traiter, à l’exemple du sujet banal et populaire de la chance à la loterie ou au jeu. Comme on l’imagine, cette matière a été traitée avec une gourmande curiosité dans l’espoir du profit escompté, et c’est très tôt que l’on s’y est appliqué, considérant en particulier l’affectation spécifique du jeu à la Maison V, avec le concours financier de l’axe II - VIII. Il s’agit de savoir si, vraiment, l’on peut lire dans un thème la chance en cette matière – par exemple un Jupiter harmonique en V - ou si l’on n’est pas loin du compte …

En France, le premier cas traité remonte à La Science astrale (n° de novembre 1906) de F. Ch. Barlet (Bibliothèque Chacornac).

Il s’agit d’un ouvrier boulanger, E. Chamberlain, qui a gagné le gros lot de 500.000 francs (d’époque) au tirage le 15 décembre 1894 des bons de Panama. On ne peut comprendre cet événement singulier arrivé au personnage qu’en décalant son heure natale arrondie – déclaré né « à 5 heures du matin » à Chartres le 8 novembre 1869 – à une demi-heure près, de sorte que devrait s’aligner sur l’axe des pointes de II et de VIII (à moins que la domification soit autre) l’opposition du Soleil à la conjonction Jupiter-Pluton, reliée à un Uranus cette fois au MC, qui serait alors maître de la pointe de V, la conjonction Mars-Saturne à la limite de II justifiant non moins les épreuves survenues par l’avalanche financière écrasant ce garçon non préparé à vivre une telle inflation pécuniaire et qui n’allait pas profiter longtemps de son immense fortune. A supposer fondée une telle rectification d’heure , il eut été possible, tout au plus, de mettre l’accent sur l’importance de l’avoir dans la destinée du personnage, non sans quelque éclat plus ou moins inédit ; voire aussi de percevoir son dénouement lors du transit d’Uranus sur le Soleil.

Le second cas est celui du premier gagnant de la loterie nationale française, M. Bonhoure, né le 6 septembre 1883 à 5 heures (43°37 N – 12 m 37 s E), e.c., qui encaissa 5 millions au tirage du 7 novembre 1933, selon l’exposé de Henri Gouchon dans L’astrologue n°1. Là aussi, l’accent de la destinée est clairement mis sur l’avoir avec le chassé-croisé en réception mutuelle de Mercure maître de I en II et de Vénus maîtresse de II en I ; une Vénus particulièrement servie par son étroite conjonction à l’AS et au Soleil (outre son sextil à un trigone Lune-Mars), ce trio AS-Soleil-Vénus ayant valeur de chance pécuniaire particulière . Faut-il y joindre Jupiter de l’axe V-XI harmonique, qui pourrait avoir une affectation de chance au jeu ? Cette conjoncture bénéfique n’empêcha pas l’éblouissement de tourner au pestilentiel, du fait même du carré de la conjonction Soleil-Vénus à Saturne en X conjoint à Pluton au MC, car ce modeste coiffeur, antérieurement heureux de sa virginienne qualité professionnelle, subit un déclassement et eut la tête tournée par les excès et mésaventures de sa fortune, ce qui gâcha sa vie. Si, là aussi, le spécifique gain à la loterie nous échappe, du moins eussions-nous pu, également, fixer l’échéance d’une venue de la chance qui l’attendait (sans en savoir absolument la provenance) au transit de Neptune sur sa conjonction Soleil-Vénus.

Le troisième cas est celui que livre Léon Lasson dans le n° 1 (octobre 1938) de son bulletin U.F.A. Il s’agit de Henri Doncieux, né à Saint-Rambert d’Albon, Isère, le 2 janvier 1915 à 22 heures (e.c.). Un matelot qui, à 20 ans, le 23 janvier 1935, gagne 1 million (c’était quelque chose d’être millionnaire à l’époque !) à la loterie nationale, sous un concours général de bons transits ; fortune néanmoins empoisonnée qui lui chamboule la cervelle et le conduit à déserter, puis à se ruiner. Si l’on tient à la V, on a son compte ici avec Jupiter et Uranus en ce secteur : climat de flambeur, sans doute. Mais pour la prévision de chance au jeu ? ... Ce qui est sûr, c’est que l’ensemble du thème ultra-chargé de conjonctions et d’oppositions est suffisamment éloquent pour refléter l’éclat de son existence avec l’usage calamiteux que ce pauvre garçon fit de la déesse Fortune.

Finalement, il faut convenir que la pièce recherchée du gain au jeu proprement dit est inaccessible, en tout cas aléatoire, surtout aujourd’hui où l’argent peut venir de partout. Et trop souvent, notre regard des configurations ne débouche que sur un état psychique ou une impression psychologique, ne rendant compte que du vécu de l’être humain.

Il y a loin des valeurs abstraites du symbole à l’état de la réalité, sa piste ne nous en rapprochant que plus ou moins. Dans le cas actuel, par exemple, du trader Jérôme KERVIEL (Pont l’abbé, 29, 11/1/1977, 16 h 20, e.c. Marc Brun), on aurait pu lire une fixation à l’avoir de son Soleil capricornien en pointe de VIII, position qu’intensifie, avec Mercure, leur ramification à une jusqu’auboutiste opposition Jupiter-Taureau/Uranus-Scorpion en V, lequel, au surplus, est au carré de Saturne du Lion en signe de secteur II. Réceptivité mutuelle soli-saturnienne où l’homme en arrive à s’enfermer dans son avide ambition où règne l’avoir. Essentielle information, certes, sans pour autant savoir que, dans son milieu, il manipulait spéculativement en géant des milliards à la Société Générale. Jusqu’à – Mars en VII – passer en juin 2010 devant la Chambre du tribunal correctionnel de Paris, pour être allé trop loin dans son aventure professionnelle. Comment ses « jumeaux devant les astres » vivent-ils cette même configuration générale dans leurs propres milieux ? On peut supposer que c’est autour d’un héritage ou d’un avoir conjugal ou autre (le plus courant de la position solaire en VIII) que bon nombre de ceux-ci vivent leur histoire, l’objet s’effaçant toujours devant le verbe de la tendance qui, seule, constitue la substance du vécu, cette donnée de base méritant ici le plein rappel...

Voilà où nous en sommes, qu’on y adjoigne une « Part de fortune » ou n’importe quoi d’autre ne changeant rien à l’affaire. En dépit du dégagement d’un rapport explicite de l’être avec l’avoir, ainsi que de ses conséquences, en tant que valeurs, on est loin de pouvoir inscrire au tableau d’honneur de notre art ce thème spécieux de la chance au jeu, au point – à défaut d’un parti pris d’en rire entre nous – de pouvoir instituer une déontologie d’éviction d’un tel sujet. Et c’est un bon nombre de domaines qui demeurent dans un semblable brouillard, à l’instar même de pourtant élémentaires correspondances de base comme, par exemple, les nombres, les sons, les parfums ou la simple gamme chromatique du planétaire, malgré les attributions traitées abondamment en France depuis longtemps, de Malagié à Néroman en passant par Surany, Legrand et tant d’autres, sans avoir abouti à l’unique formule définitivement consacrée …

Au total, il est maints domaines où l’astrologue doit judicieusement s’abstenir du risque prévisionnel. Parmi les tentations les plus exposées, rien n’est plus évident, en la circonstance, que celui du pronostic d’élections présidentielles, au cheminement d’échecs répétés à la queue leu leu. Et pour ce qui est, par exemple, d’un pronostic sportif, l’on est une fois de plus gâtés en cette entrée d’été 2010, avec une idiote prévision publique de victoire des «Bleus », en pleine déconfiture, à la Coupe du monde ! Bonjour les dégâts …

Cet état de notre connaissance, en ce nouveau siècle commençant, fait triste figure comme si rien n’avait changé malgré le progrès des dernières décennies digéré seulement par une faible minorité : tel le vécu commun d’un savoir installé comme s’il allait de soi, bien qu’ endormi dans son état, à la merci de perroquets aveuglés par leurs propres configurations et avalant n’importe quoi : tourbe depuis des lustres ânonnée à la cantonade, maquis de l’esprit qui se drape au surplus du faste d’une mythologie compensatrice de sa propre indigence ou de toute autre parade. Tout cela à l’image de cette humoristique parodie des « Astronomes » (astrologues) de Hans Holbein, ornant l’entrée de ce texte. Il est bon, ici, de refaire un sérieux retour aux sources – tant pis si je me répète une fois de plus ! - parce qu’on n’est pas encore sorti de l’enfance de son art.

 

RETOUR AUX SOURCES

J’ai déjà (« L’astrologie certifiée ») abordé la cellule anthropo-cosmologique du monde astrologique, et un retour à cette coexistence macrocosme céleste/microcosme humain s’impose encore. Si l’astrologie existe, c’est du cœur humain lui-même qu’elle a prit sa source, initialement portée par un pouvoir d’« idée-force » de l’âme humaine coextensive à l’univers ; issue, en quelque sorte, de la « non-séparabilité » d’une « indivisibilité fondamentale de l’univers » perçue par la physique quantique, « principe anthropique » en fonction dans le champ de la similitude.

Tissée du fonds d’inconscient collectif, siège central de notre cosmicité, l’ « idée-force » de l’astrologie, en frisson de vie universelle et fluctuant en océan aux oscillantes marées, s’impose jusqu’à se rendre trans-historique, trans-civilisationnelle, parcourant, tel le fil d’un collier perle après perle, les civilisations successives. L’Homme, particule d’univers au jalon ultime de son évolution au sein de l’immensité cosmique, est habité par elle, et c’est d’ailleurs parce qu’il lui appartient qu’il a charge de témoigner de la vie qu’il en reçoit obscurément. La puissance de cohésion du souffle spirituel qui porte ce message astral vient donc simplement de ce que l’âme humaine est d’essence anthropocosmique : son universalité et sa pérennité ont leur siège au cœur de chacun où se célèbrent les noces de l’homme et du ciel. Quand un astrophysicien comme Hubert Reeves en arrive à dire que « tout l’univers est mystérieusement présent à chaque endroit et à chaque instant du monde », cela n’est pas sans nous rejoindre en considérant, Teilhard de Chardin n’étant pas si lointain au surplus, que, tissu d’espace-temps, l’enfant naissant d’un moment-lieu est un condensé d’univers qui s’humanise, telle devenant la configuration épistémologique de l’astrologie.

Intrinsèque à notre climat psychique, à notre état d’âme, cette « idée force » est génératrice de « foi astrologique », source de croyance invitant à l’interrogation céleste. Pas seulement simple vibration à une scintillante étoile lointaine. Démarche intuitive par laquelle s’est opérée à l’origine l’étincelle première des rencontres entre le signifiant astral et le signifié humain, et c’est à un tel « flair » porté en soi que nous devons initialement l’alphabet du symbolisme astrologique, langage maternel de nos astralités. A l’écoute duquel il faut continuer d’être.

Il n’en demeure pas moins que cette source de pensée génératrice ne débouche pas pour autant sur une science infuse, faisant même plutôt penser à la Fortune aux yeux bandés avançant à tâtons devant soi. C’est que, précisément, il existe un hiatus entre les ressources premières de cette « idée force », susurrées, devinées seulement d’instinct – balbutiement d’un savoir virtuel aux essences combinées de science et d’art - et le « fait astrologique » proprement dit, auquel il faut accéder. Formule chère depuis Choisnard, tenant à l’existence d’une corrélation observable entre telle configuration donnée et telle condition humaine : passage d’un état nocturne à un état diurne où, dans l’édification d’un savoir, s’acquiert la saisie effective d’une réalité, l’astrologie devant s’y distinguer alors en tenue de grande dame. De la soupe d’une « neptunité » hantée par l’haleine du mystère humain, il faut accéder au « fait » astrologique distingué pour construire véritablement notre savoir. L’acte d’interprétation instaure un rapport interprète-interprété, et au-delà du phénomène intersubjectif ainsi institué doit entrer en jeu et se manifester un pouvoir en soi de l’astrologie véhiculant de l’information, indépendamment de ceux-ci, par-dessus eux, pour ainsi dire. La finalité du discours astrologique, porteur de réalité objective, est de délivrer son message donateur de sens dans l’exercice réussi d’un pouvoir de l’esprit sur le réel.

Or, la pratique astrologique actuelle laisse encore beaucoup à désirer, n’offrant pas le spectacle d’un état adulte. Déjà en trébuchant souvent sur l’usage de données de base comme les éléments et la dominante, mais surtout, en se contentant, sans le savoir, d’une « astrologie rêvée » à peine dégagée d’une projection inconsciente de soi, l’autre étant perçu à sa propre imitation. Evasion aussi d’un mimétisme narcissique dans le spirituel, réfugié dans la spéculation, ou simple débit de beau discours vain . Tout cela la relègue parmi les savoirs illusoires ou pour le moins suspects. Alors que le fait astrologique est prise de réel, quelle que soit la subtilité d’expression de son dévoilement. Je ne cesse pas de revenir à la critique justifiée, déjà formulée par Edgar Morin : l’astrologie en question souffre d’inconsistance empirique, de carence objective, à en juger par le flou habituel de ses résultats ou l’usage d’une brumeuse langue de coton. D’où la tentation de compenser ce déficit de réalité par une suspecte spiritualisation, comme si l’on voulait se donner des ailes avant de tenter d’abord de se tenir sur ses pieds. Plutôt que de se nicher sur les hauts plateaux d’une voûte céleste divinisée – envolées de spiritualité à perte de vues pour s’asseoir commodément sur un nuage – que l’on veuille bien d’abord commencer par exister simplement dans l’intégration du réel. La première finalité du discours astrologique est l’éthos, c’est-à-dire l’ouverture sur le caractère, l’identification psychologique de la personne. La carte du ciel natal renvoie en direct à l’humain en état de vivre, jusqu’à plonger dans les profondeurs nocturnes et silencieuses de sa psyché, par où il est le plus un être universel. Reste que l’interprète, guéri de ses mirages et sorti de son marché aux puces astrologique, fasse mûrir son labyrinthe intérieur jusqu’à en arriver peut-être un jour à ce qu’il devienne une rosace de lumière …

Ce n’est pas seulement aux majorettes de l’astrologie invitées à se dégager des miasmes d’un savoir rampant auxquelles je pense : que chacune ou chacun voulant se destiner à une véritable carrière astrologique veuille bien mettre le prix à l’édification de son savoir. Une démarche assez naturelle y contribuant est de confectionner son propre manuel, peu importe sa publication et en s’en dispensant de préférence ; ce qui est une manière de reformulation personnelle de son acquis pour mieux en prendre possession : une personnalisation, en somme, de sa pratique. Il me paraît toutefois plus profitable de passer par la confection d’une thèse personnelle, qui est une descente sur le terrain en traitant en profondeur un sujet donné, un thème de son choix . Car c’est alors tout le microcosme d’une spécialité qui fait l’objet d’une application pratique du matériau astrologique. Si, par exemple, l’on opte pour le monde de la peinture, s’ouvre l’éventail du choix : peintres d’histoire, de scènes militaires, de nus, de paysages, de marines, ou encore art du portrait, animalier , floral, l’héliotrope solaire y invitant, etc … Ce qui donne l’occasion de passer par des exercices divers : de capter l’essence des éléments, de se faire la main sur les signatures, de dégager le centre de gravité de la dominante, de polariser ses relations avec l’ensemble du thème, de traiter duplice, triplice ou quadruplice ; aussi bien que de faire connaissance avec les processus primaires du psychisme : la condensation, la surdétermination, les jeux de la polysémie, etc. En consommant un tel sujet personnel dans son intégralité, il n’y a pas meilleur entraînement formateur qui soit pour s’ouvrir les portes du ciel.

Et puis, il y a l’enseignement qui approfondit les choses. Pour bien enseigner l’astrologie à X, il faut naturellement connaître d’abord celle-ci, mais aussi X, si possible. Plus encore, pour que Y enseigne bien l’astrologie à X, il est souhaitable qu’il se connaisse, lui Y, outre qu’il connaisse les deux autres. Enseignez donc en regardant votre propre thème car votre enseignement en porte la signature, pour mieux comprendre votre manière de lire et de transmettre le langage astral. Voilà bien là la meilleure prise de conscience de sa condition d’astrologue : on peut y trouver son compte.

 

LA PRESSION D’UN BUT ATTEINT

Je comprends très bien que l’on puisse s’offusquer de ma manière de franc-tireur uranien à réagir au climat neptunien (en condition négative) d’un flou astrologique envahissant, au point d’en être arrivé jusqu’à sombrer dan les abysses du karma et des vies antérieures, et c’est pour inviter à faire éclater ce genre de bulle qui ne mène à rien que j’ai tenu , finalement en une sorte de tribune, à pousser jusqu’au possible, mais dans toute son exigence, le pouvoir prévisionnel de l’astrologie mondiale. Une manière de relever le défi de l’imprévisibilité historique, surtout à long terme, notre discipline n’ayant pas d’humeur à traiter le lointain aussi distant qu’il soit. Nos adversaires du milieu astronomico-astrophysique sont systématiquement rétifs à tous les arguments que nous pouvons leur présenter, faisant non moins la sourde oreille à ses résultats. Qu’à cela ne tienne : passons outre pour nous révéler aux milieux culturels et scientifiques divers que n’encombre nul principe de refus et qui ne demandent pas mieux qu’on apporte à leur service un nouvel outil de prévision tout à fait performant. Car, c’est là qu’est toute notre force : « Et pourtant elle tourne … » ! Et pour en arriver là, sa fiabilité a besoin de résultats aussi spectaculaires que possible, à l’évidence frappante, que nulle discipline hors d’elle ne peut leur offrir. Sans même renoncer à y faire briller quelque soleil d’Austerlitz ! Qu’on se le dise : c’est par cette franche école du réalisme qu’il faut courageusement passer, les moyens nous en étant donnés.

Déjà, par-dessus l’épaule de savants qui traitent les astres dans leur tour d’ivoire, il faut tout de même rappeler – sur la réalité astronomique du champ même du dixième mouvement de la Terre - la noblesse structurale de l’outil astrologique accompagnant le grandiose du phénomène traité : la révolution des planètes à laquelle nous participons, à travers la répétition des cycles planétaires et de leurs interférences. Ici, le « sens » de l’histoire ne saurait être un effet de surface, un miroitement ou une écume des jours, car c’est à la ligne d’univers du cycle planétaire, champs de substance et de mouvement dans l’espace et le temps, que notre monde évolue parallèlement dans la permanence de sa condition et au fil de son évolution. Traçant un circuit de l’humanité à travers ses phases alternées entre « génération et corruption », édification et entropie. Et en une dialectique lumineuse où se succèdent thèse, antithèse et synthèse, par où le sens de l’histoire transparaît. Comment, dès lors, la transcendance de la prévision cyclique ne ferait-elle pas le salut de l’astrologie, en cautionnant par ses résultats en série – mission accomplie d’un aboutissement naturel - sa valeur intrinsèque ? Au faîte de cette magistrale conception engendrant de telles moissons, que faut-il demander de plus évidant à la mission astrologique ? Foin des discours vains ! Il faut donc aller à la quête du résultat pleinement authentifié, dans l’ordre d’une reproduction du semblable de même nature en série chronologique, reproduisant une sorte de danse sacrée de l’histoire, car c’est par ce passage à l’acte réussi, répétant le typique en continuité régulière dans une finalité perceptible, que l’astrologie touche le but qu’elle s’assigne et est enfin assurée d’avoir le dernier mot qui la consacre !

Qu’on veuille bien se rappeler l’effort effectué pour renouveler la connaissance astrologique du cycle planétaire, issue du fond de ses cryptes et considérablement renouvelée pour la raison que nous sommes passés du seul grand cycle Jupiter-Saturne connu des anciens, aux ressources limitées de ses deux décennies, à l’immense ballet des figures de nos dix grands cycles planétaires, étendus sur un demi-millénaire. Qui ne se met pas à cette école – ce qui est encore la généralité d’aujourd’hui – se prive du savoir le plus élevé de la connaissance d’Uranie, l’astrologie mondiale prêtant main forte à l’astrologie individuelle en une riche réciprocité de services. C’est d’ailleurs comme cela, à cette seule condition, que l’on est un astrologue achevé.

C’est à cette matière nouvelle, insuffisamment explorée, que je n’ai pas cessé de travailler depuis des lustres, longtemps en solitaire. Après m’être résigné - faute de temps disponible, la matière historique des grands cycles étant déjà monumentale - à déserter ce lieu commun de la pratique décourageante des thèmes d’ingrès, d’éclipses et de lunaisons, où de leur nature intrinsèque n’émerge nul fil conducteur spécifique, nos cycles planétaires étant, eux du moins, investis de valeurs différenciées, outre l’ampleur de leurs portées. Certes, divers collègues s’en sont approchés aussi sérieusement que j’ai pu le faire, mais sans insister à traiter le cycle dans son intégralité, en continuité de phase en phase, chaque aspect renvoyant au suivant sur le même fil historique. Pour ensuite nouer le tout en relayant le chapelet de la série d’une conjonction en filiation de la précédente et de la suivante. Et ensuite établir les liens possibles de chaque étape du même cycle avec celles des autres en une approche d’intégrale cyclicité du tout. Bref, il s’agissait d’opérer des prises d’avenir des fonds baptismaux des plus grands synodes de nos éphémérides, saisis à bras-le-corps dans le grandiose des décennies à venir, signes annonciateurs à longue distance des tournants cruciaux de l’humanité.

Au total, n’était-il pas bienvenu, après avoir déjà stigmatisé au lendemain de la Seconde Guerre mondiale un tournant historique critique autour de la triple conjonction Jupiter-Uranus-Pluton de 1968-1969, de se prononcer ensuite dès 1947 sur l’immensité de la mutation de l’humanité qui nous attendait à la rencontre de Saturne-Uranus-Neptune de 1988 à 1993 ? En précisant dès 1953 que le sort du communisme et de l’Union soviétique allait se jouer en 1989. Puis maintenant, sous l’actuel alignement Jupiter-Saturne-Uranus, d’avoir prévenu, depuis 20 ans (l’astrologue n° 92 : « Numéro spécial XXIe siècle », 4e trimestre 1990) et à répétition, que nous risquions d’avoir une grande crise économique, où, notamment, l’Europe du couple Jupiter-Saturne serait particulièrement mise à l’épreuve avec cette configuration de 2010 ? Nous y sommes maintenant en plein !

Ainsi faut-il poursuivre cette sérielle répétition prévisionnelle d’étapes historiques primordiales successives, alignées sur le même fondamental planétaire. Maintenant, avec l’annonce d’une nouvelle crise mondiale liée cette fois au synode Jupiter-Saturne-Pluton de 2020, au surplus en champ d’un finissant semi-carré Uranus-Neptune.

Prolongation expérimentale de la même phénoménologie : à la longue, nous finirons bien par convaincre de force le monde entier, les retardataires pouvant d’ailleurs être ceux qui, pourtant sur le même terrain que nous, eussent dû inaugurer cette consécration.

Faudra-t-il encore poursuivre ? On n’est pas à cours de moyens … Après le prochain tournant historique de 2020 arrive le cap de 2026, inscrit, lui par contre, comme accoucheur du meilleur tournant de ce siècle, par la vertu d’une simple conjonction Saturne-Neptune, mais exceptionnellement encadrée des sextils d’un trigone Uranus-Pluton et alors que Jupiter les amplifie de ses phases ascendantes. Mais, par-dessus tout, d’en avoir fait état déjà dans le même n° de l’astrologue 1990, n’est-ce pas, cette fois - avec une avance de 90 ans ! - qu’une suprême alerte s’est présentée concernant la configuration exceptionnelle de 2080 où s’alignent massivement les quatre planètes géantes en une triple conjonction Jupiter-Saturne-Uranus à l’opposition de Neptune ? Il s’agit, ni plus ni moins, de la configuration la plus critique de tout ce XXIe siècle ! Que, dans l’état actuel de son savoir, l’interprète que nous sommes ne puisse savoir de quelle façon particulière se manifestera ce phénomène astral : guerre mondiale, pandémie ou désastre écologique … est une autre affaire : ce qui compte non moins à part entière dans le grandiose est qu’à cette super-configuration doit répondre sur le champ un tournant historique de l’humanité d’une ampleur exceptionnelle, consacrant ultimement notre démarche astrologique. Montagne d’un refus généralisé sans nulle justification scientifique à renverser : faut-il en arriver là pour museler ces perroquets sourds et aveugles aux « alignements des planètes » ? C’est bien connu que les vérités doivent attendent leur heure pour être reconnues. Je crois, pour ma part, que pour l’astrologie, cela n’attendra pas la fin du siècle.

 

Paris le 2 juillet 2010.

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