Astrologie Mondiale
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Histoire d'une prévision

 

 

Le fait de figurer parmi les vétérans de l’astrologie en cette entrée du XXIe siècle m’octroie l’avantage d’être de ceux dont le champ prévisionnel est le plus vaste, avec ses réussites et ses échecs. Cette justification excuse, je l’espère du moins, l’autorisation que je m’accorde de présenter ici ma prévision la plus importante qui, autant par le recul d’une histoire annoncée que par le grandiose tournant historique concerné, apparaît comme «la» prévision astrologique du XXe siècle.

 

Mais une prévision est d’autant plus pure qu’elle fait abstraction du prévisionniste, celui-ci s’effaçant derrière elle. Dans le cas présent, peu importe la personne: seule l’opération prévisionnelle doit retenir l’attention. Opération que quiconque à ma place eut pu manifestement réaliser et que, d’ailleurs, à ma suite, plusieurs collègues (Jacqueline Aimé, Elizabeth Teissier ...) ont enchaînée judicieusement.

 

Pourquoi moi plutôt qu’un autre? J’ai évoqué au début de cet ouvrage mon intérêt précoce à la Mondiale et, déjà, le choc du cuisant échec de 1939; choc salvateur qui me fit prendre conscience de l’emprise de l’illusion humaine en notre patrie d’Uranie, trop convertie en pays d’utopie. Aussi, devenu sceptique, ai-je tenu à fréquenter la ligne de crête la plus dure de la pratique en m’assignant le terrain du «pronostic expérimental» — traitement de la même série de configurations à répétition dans l’attente d’un même type de résultats — qui appelle la minute de vérité de ce qu’on attend ou de ce qui n’arrive pas à l’échéance de la configuration testée La meilleure façon de disparaître derrière son opération en ne dépendant que de l’exclusive lecture d’éphémérides astronomiques. Si possible même, en misant sur le lointain, à une distance telle de l’avenir envisagé que rien n’y peut être soupçonnable. Une manière, en somme, de donner rendez-vous à l’histoire des années et même des décennies à l’avance, le pronostic ayant la pointure d’un saut gigantesque dans l’anticipation du futur. Soit le haut risque ultime.

 

L’origine de cette aventure remonte à 1936, année du Front populaire en France. La pratique de la Mondiale se cherche, sans détenir encore de corrélations précises. Mon frère aîné, Armand Barbault, a alors l’idée de lier ce climat révolutionnaire à l’opposition Saturne-Neptune en cours par association de la révolution russe de 1917 à la précédente conjonction de ces planètes. Il renouait ainsi avec la théorie des cycles planétaires qu’il appliquera dans son étude: «Le Thème du XXe siècle» (L’Avenir du Monde, 1938-1939). La corrélation entre le communisme et le cycle Saturne-Neptune avait pris pied et chacun l’admettra jusqu’à la généralisation de son acceptation.

 

Il fallait néanmoins pousser la vérification historique pour obtenir un bagage de corrélations suffisamment probant. En m’y mettant, c’est de la sorte que le cycle Saturne-Neptune va devenir pour moi le premier terrain cyclique exploré et l’expérience pilote de la cyclicité.

 

J’ai commencé à en rendre compte dans une Astrologie météorologique (Niclaus, 1945) avec un exposé des premières phases du cycle: prise du pouvoir à la conjonction, fondation de I’URSS au sextil, rupture Trotsky-Staline au carré, grands travaux de l’édification économique au trigone, et à l’opposition, Procès de Moscou, Pacte Antikomintern, guerre d’Espagne ... Exposé complété et élargi à d’autres cycles dans «Cycles planétaires» (Cahiers Astrologiques n020, mars-avril 1949).

Je devais attendre la nouvelle conjonction Saturne-Neptune de 1952-1953 pour m’autoriser un premier pronostic dans L’Yonne Républicaine du nouvel an 1953 :

 

Du fait que le parti communiste russe est né sous la conjonction de 1881 et qu’il a pris le pouvoir à celle de 1917, on doit penser que l’année 1953 sera capitale pour l’UR.S.S. En tant que fin de cycle, on peut s’attendre à un remaniement intérieur, peut-être à une relève des hommes d’Etat au Kremlin. En tant que renouveau de cycle, il faut prévoir un rebondissement de la cause communiste dans le monde ou tout au moins de la cause révolutionnaire. La politique soviétique trouvera des échos dans des nations qui, jusque là, lui étaient hostiles ou indifférentes.

 

A la surprise du monde entier, Staline meurt le 5 mars 1953 : c’est l’inauguration d’une ère nouvelle pour l’Union Soviétique. En outre, Moscou se découvre une nouvelle vocation révolutionnaire en soutenant la cause de la décolonisation et des nationalismes afroasiatiques; il brise son isolement dans une solidarité politique avec le «tiers monde» naissant.

 

Fort de cette réussite, m’accordera-t-on plus de crédit si je prends au sérieux la prochaine conjonction Saturne-Neptune de 1989 comme l’annonce d’une nouvelle «grande première» pour le destin de l’Union soviétique ou du communisme mondial ?

 

Ainsi m’exprimai-je dans Le Pronostic expérimental en astrologie (Payot, 1973). Mon intention avait été de faire un doublé, de réussir coup sur coup deux opérations prévisionnelles semblables avec la répétition du même phénomène. Il s’agissait essentiellement de prendre date. Mais c’était déjà chose faite antérieurement, dans ma Défense et Illustration de l’Astrologie (Grasset, 1955),: soit avec une avance de 34 ans:

 

A la conjonction de 1952-1953, Staline meurt et l’UR.S.S. est en pleine métamorphose: elle engage un nouveau cycle qui la conduit à l’échéance capitale de 1989.

 

 

C’était là le calendrier du plus grand tournant révolutionnaire de l’avenir., mais déjà, le pronostic s’étayait sur l’observation des conjonctions antérieures remontant à 1773.

 

 

 

Il fallait aussi s’engager dans une formulation prévisionnelle de tendance des aspects successifs du nouveau cycle. Attente d’une détente et d’une construction au sextil de 1959: le XXIe congrès, l’amorce de la coexistence pacifique, Camp David, outre l’essor économique et la course à l’espace. D’une tension et d’une rupture au carré de 1963: crise des fusées de Cuba et scission Moscou-Pékin. D’une prospérité générale au trigone de 1965-1966: coexistence pacifique, De Gaulle à Moscou et Kossyguine à Paris avec la rencontre de Glassboro, essor économique et technologique et libéralisation du camp socialiste de l’est. Au sesqui-carré de 1968, la crise de l’intervention des chars soviétiques en Tchécoslovaquie. Je dois reconnaître avoir trébuché sur l’opposition de 1971-1972 que j’avais estimé pouvoir correspondre à un dépassement de la puissance économique américaine, ainsi qu’à un déclin du rôle dirigeant du modèle soviétique dans le mouvement révolutionnaire international. On est au plus fort de l’expansionnisme soviétique du Caire à Hanoï en passant par Delhi — mais c’est surtout le déclin du régime qui s’amorce, symbolisé par le couronnement au prix Nobel du dissident Soljénitsyne, outre que le flambeau de la révolution passe alors de Moscou à Pékin.

 

 

C’est en fait tout un tissu de corrélations qu’il convenait de rassembler, mettant en cause d’autres cycles. La matière en a été exposée dans Les Astres et l’Histoire, Pauvert, 1967: aspects successifs des cycles de 1846 à 1963, conjonctions Soleil-Neptune depuis 1917 et oppositions Soleil-Neptune depuis 1933, conjonctions Mars-Neptune depuis 1933 et oppositions Mars-Neptune depuis 1941... Intrication de réseaux rendant indubitable notre corrélation.

 

 

J’allais cette fois entrer dans l’interprétation de notre grande conjonction en en présentant la figure dans Le Pronostic expérimental en astrologie, laquelle était accompagnée du commentaire que voici:

 

A peu d’années de là, nous découvrons un trio planétaire tout à fait exceptionnel: Saturne, Uranus et Neptune se rencontrent au début du Capricorne au cours des années 1988 et 1989, plus significative étant l‘année 1989 avec la triple opposition jupitérienne à cette conjonction. C’est ici que pourrait se fixer le sort de l’humanité pour tout le XXIe siècle. Nous avons vu notre société moderne capitaliste évoluer tout au long du grand cycle Uranus-Neptune depuis le début du siècle dernier. Nous avons vu également démarrer la dernière conjonction Saturne-Uranus en 1942 et la dernière conjonction Saturne-Neptune en 1953, les U.S.A. d’un côté et l’U.R..S.S. de l’autre étant lancés dans une compétition à la suprématie mondiale ou à une formule de société universelle. Or, ces deux partants arrivent ici enfin de course, au même point et au même moment, comme pour se fondre en un unique courant. Cette destination commune et unique de 1989, c’est l’échéance à laquelle le monde tend à se renouveler pour enfanter une société nouvelle. De sorte que le grand rendez-vous de notre histoire tend à se présenter, après le profond bouleversement de 1982-1983, à ce triple croisement astral (voir figure au présent ouvrage, page ...).

 

J’avais d’ailleurs déjà conclu à une formulation semblable de mutation historique — 21 ans à l’avance — dans Les Astres et l’Histoire:

 

Cette triple rencontre planétaire, la plus importante réunion astrale de tout le XXe siècle... (...) deux relances historiques (...) , l’Américain et le Russe, sous les espèces du principe capitaliste et du principe communiste... (...), ces deux partants sont en fin de course, l’un et l’autre, pour la dernière destination de 1988-1989, à l’échéance de laquelle le monde tend à se renouveler pour enfanter une société nouvelle. Indubitablement, le grand rendez-vous de notre histoire tend donc à se présenter à ce triple croisement linéaire qui va de 1988 à 1992. (page 297).

 

(...) la grande métamorphose de la société se produit à la faveur d’une fusion, d’une synthèse, où Neptune assimile Uranus, c’est-à-dire où la société nouvelle prend de l’ancienne et en est beaucoup moins l’antagoniste que la continuatrice; et cela est l’image même du tracé linéaire des courants qui convergent en même temps et au même endroit, comme deux affluents feraient le même fleuve. (p.299).

 

 

Quand on sait que, le mur de Berlin disparu, les pays du bloc de l’Europe de l’Est, suivis par la Russie, vont passer avec armes et bagages aux valeurs occidentales de la démocratie, cette image fluviale de fusion de courants historiques n’est pas inappropriée.

 

Un pas de plus est fait lorsque je sors en 1980 un Nostradamus au Club du livre, où je rédige un chapitre intitulé «Le destin de l’Union soviétique ».Je commence par y évoquer la prévision d’un exégète du prophète de Salon, Vlaicu Ionescu. Selon celui-ci, un passage de l'Epître à Henry second -« ... et sera au mois d’octobre, neuve Babylone, fille misérable (...) et ne tiendra tant seulement septante trois ans, sept mois ... »- se rapporte à la Révolution d’octobre dont le régime est condamné à l’entrée de 1990. Et d’ajouter le verdict du quatrain 74-VI: «Trois et septante à mort trop assurez ».

 

Donnant ainsi rendez-vous à juin 1991. C’est alors qu’appelant à la rescousse la Mondiale et évoquant mon expérimentation prévisionnelle du cycle — ma précédente intervention remonte à L’Astrologue n0 48, 4e trimestre 1979, où j’annonce une «crise du communisme soviétique» sous le carré Saturne-Neptune de l’automne 1979 à l’été 1980, dissonance qui va tomber sur la révolte polonaise et l’intervention russe en Afghanistan —j’en arrive à cette conclusion:

 

Celui qui passe par une telle aventure finit par acquérir une sérénité de pensée. On peut y croire ou ne pas y croire: cela ne change rien. Il ne fait strictement aucun doute que l’UR.S.S. est appelée à passer par un tournant capital et décisif de son histoire lorsque se renouvellera ce cycle Saturne-Neptune avec la conjonction de 1989. De surcroît, les circonstances veulent que cette grande conjonction se formera en même temps et au même lieu que deux autres, précédée qu’elle sera d’une conjonction Saturne-Uranus en 1988 et suivie d’une conjonction Uranus-Neptune en 1992. Autant dire que cette triple réunion astrale est annonciatrice, pour le groupe d’années 1988-1992, d’un grand bouleversement planétaire, d’un changement de société étendu au monde entier et concernant notamment ou particulièrement la Russie. Le phénomène astronomique relatif à ce pays est centré entre décembre 1989 et mars 1990, mais est susceptible d’un décalage d’une année à une année et demie dans la manifestation de ses conséquences. Voilà pourquoi il se pourrait, en fin de compte, que l’échéance nostradamique perçue par son exégète Ionescu reçoive une consécration historique.

 

Cette force de conviction reposait aussi sur d’autres indices. En 1989-1990, Pluton allait transiter le Soleil à 15° du Scorpion de la prise du pouvoir communiste du 7 novembre 1917, tandis que le Soleil à 8° du Capricorne de la Constitution de l’Union des républiques socialistes soviétiques (U.R.S.S.) du 30 décembre 1922, allait recevoir le transit de la conjonction Saturne-Neptune:

 

Qui peut douter que ce soit un tournant crucial pour le destin de la Russie communiste ? (L’Astrologue n0 67, 3e trimestre 1984).

 

Cette conjoncture de 1989 était devenue mon principal leitmotiv prévisionnel traité au cours de diverses conférences internationales.

 

Dans une conférence sur «Le destin de l’Europe» faite à Stuttgart en octobre 1983, et considérant que le cycle Jupiter-Saturne concerne spécifiquement notre continent, je définissais ainsi notre nœud interplanétaire:

 

... Il est aisé de comprendre que la présence de l’opposition Jupiter-Saturne au sein de cet ensemble est annonciatrice que l’Europe risque d’être alors le théâtre d’un bouleversement général de société.

 

Le même mois à Capri, je présentais un exposé sur «l’ultime tournant de 1990» en reproduisant l’alignement planétaire de l’automne 1989 et avec la conclusion suivante:

 

Une telle configuration met en cause les diverses pièces des cycles planétaires, exprimant, chacun d’eux, un mouvement historique particulier : l’Europe avec le cycle Jupiter-Saturne, les USA. avec le cycle Saturne-Uranus, l’UR.S.S. avec le cycle Saturne-Neptune, la société capitaliste moderne avec le cycle Uranus-Neptune. Synthétiquement, elle représente un grand carrefour historique où toutes ces puissances sont rassemblées pour vivre en commun une histoire unique à diverses facettes et multiples manifestations.

 

 

Je devais représenter la même figure aux Journées astrologiques Kepler 1984 à Madrid, puis en novembre 1985 à Rio de Janeiro en reformulant la même conclusion:

 

Ces six cycles planétaires sont réunis dans un moment existentiel commun ressemblant à un bouleversement historique dont la finalité est un renouvellement profond et général de la société mondiale.

 

A l’approche de l’échéance, je ne suis pas sans m’interroger sur la nature du bouleversement attendu. Traitant de «La rencontre Saturne-Uranus-Neptune» à Zurich en mai 1987, je précise:

 

Et maintenant, nous sommes à la veille de la reproduction d’une nouvelle conjonction Saturne-Neptune. Nul doute qu’elle annonce une nouvelle étape cruciale pour l’Union soviétique, un cap de renouveau. De même qu’elle peut aussi signifier divers mouvements révolutionnaires dans le monde. Pour l’UR.SS, faut-il prendre au sérieux la politique de démocratisation engagée par le nouveau maître du Kremlin Mikhaïl Gorbatchev? Peut-être est-ce ce changement fondamental qui s’annonce à l’horizon. Gorbatchev pourrait faire ce que n’a pu faire Khrouchtchev parce qu’il arrive au temps de cette conjonction.

 

Et de même en septembre 1988 à Vienne, reprenant un texte de L’Astrologue n0 80, 4e trimestre 1987:

 

Avec l’actuelle conjonction Saturne-Neptune, n’est-ce pas l’annonce de la réussite de la perestroïka par Mikhail Gorbatchev? Qui sait si ces changements en cours ne vont pas effacer ce monde en deux blocs hérité de la Guerre et de Yalta ? Par exemple, sous l’aspect d’une future intégration de l’économie du bloc soviétique (Comécon) dans le marché mondial, l’Union soviétique se transformant d’ennemie d’hier en « partnership » comme le sont entre eux les Grands du monde libéral?

 

Faut-il croire que je débitais là des lieux communs ? Il n’est pas indifférent de rappeler l’état d’esprit régnant. Jusqu’au dernier moment, ma prévision de changement radical du monde de l’Est a laissé sceptique la majorité des gens «bien informés» avec lesquels je m’étais entretenu. Il suffit d’ailleurs, pour donner le ton de cette opinion générale, de rappeler deux articles écrits au lendemain du 70e anniversaire de la Révolution d’octobre. L’un de Pierre Daix dans Le Quotidien du 9 novembre 1987, intitulé: «La petite musique de Gorbatchev», selon lequel la perestroïka, sur fond de cynisme, «ne fait que rénover quelques couplets à l’éternelle chanson». L’autre de Cornelius Castoriadis, dans Libération du même 9 novembre 1987, intitulé: «Gorbatchev et ses impossibles réformes »: «L’illusion Gorbatchev est que l’on puisse introduire dans un pays comme la Russie actuelle des réformes par en haut (...) Car une modernisation introduite depuis les hauteurs de l’appareil a pour principal obstacle l’appareil lui-même.». Et des dignitaires de l’intelligentsia, tel Jean-François Revel, de croire que le communisme l’emportera sur le capitalisme ...

 

Ilne faut donc pas s’étonner si tout le monde a été surpris, ébahi, sidéré par la véritable avalanche d’événements survenus, déjà au printemps 1989 à Pékin où un million d’étudiants manifestent à la place Tiananmen (c’est aussi par millions qu’on défile à Canton, à Shanghai, à Hongkong), mais surtout entre septembre et décembre 1989.

 

C’est le lieu de rappeler qu’à l’approche de l’échéance des événements, j’ai insisté sur la possibilité que nous pourrions vivre un climat révolutionnaire particulier. Déjà, dans L’Astrologue n0 80, de l’année précédente, j’attribue une double manifestation à notre grande conjonction :

 

Nul doute qu’elle annonce une nouvelle étape cruciale pour l’Union soviétique, un cap de renouveau. De même qu’elle peut aussi signifier une vague de courants ou un déferlement de mouvements révolutionnaires dans le monde.

 

Au dernier moment, je devais en arriver à une conclusion permettant de titrer: «Orages sur 1989-1990 », annoncés dans le N0 85 de L’Astrologue (ler trimestre 1989):

 

 

Ainsi, la seule opposition Jupiter-Saturne en elle-même (septembre 1989 à juillet 1990) est informatrice d’un tournant critique pour la Communauté européenne, directement mêlée à la crise nouvelle, condamnée à traverser une épreuve majeure avant de se présenter à son échéance historique de 1992.

Mais surtout, il faut retenir que Jupiter passera à l’opposition de la conjonction Saturne-Neptune dans cette même période de septembre 1989 à juillet 1990. (...) Cela pourrait signifier un temps d’extraversion de courants révolutionnaires jusqu’à l’éclatement, ce qui promettrait des débordements populaires, massives descentes de rues avec risque de renversements de pouvoir. On songe à la possibilité de coups d’éclat de ce genre pour des pays qui étouffent comme la Roumanie, des pays d’Europe de l’Est maintenus sous le carcan comme la Tchécoslovaquie.

 

Comme Byzance en 1453, c’est le véritable écroulement d’un empire auquel le monde va assister en cet automne 1989 C’est la fin de l’ère de l’après-guerre, la réunification des deux Allemagne, le début d’un époque nouvelle.

 

En dépit d’un changement de régime en Pologne et d’une mutation en cours en Union soviétique (élections législatives, parlement ...), une bourrasque se lève en Allemagne de l’Est, gagnée par un exode accéléré à l’ouest en septembre-octobre. Ceux qui ne partent pas décident de descendre dans la rue et de défiler pour se faire entendre. Le 9 octobre, ils sont déjà 70 000 à Leipzig. Dès lors, la R.D.A. est dans l’œil du cyclone. Tous les lundis, c’est par demi-millions que ces Allemands défilent à Leipzig, à Dresde, à Berlin-Est, et cette pression fait craquer le régime. Le 9 novembre a lieu l’ouverture forcée du mur de Berlin, qu’accompagne la démission du bureau du P.C.! Vénus traverse la triple conjonction Uranus-Saturne-Neptune pendant que, de leur côté, le Soleil et Mercure sont en conjonction de Pluton. La brèche dans ce mur, c’est le vertigineux torrent de l’histoire qui emporte toute la digue du monde de l’Est, tous ses pays étant secoués par le séisme.

 

Entrée déjà dans la danse avec une population en liesse, la Hongrie ouvre ses frontières et se dote d’un nouveau pouvoir le 23 octobre. Le mur de Berlin franchi, avec une massive descente de rue, la Bulgarie secoue à son tour les colonnes du temple stalinien le 17 novembre. Le même jour, 40000 étudiants défilent dans Prague. Le 24, sous la pression populaire d’une Prague insurgée, le Présidium du P.C. tchécoslovaque démissionne en bloc. Mais il aura fallu sept grands rassemblements (on manifeste sous des rafales de neige) et une grève générale pour faire basculer le régime. C’est l’agonie du marxisme: les partis communistes se dissolvent; les Honecker, Kadar, Husak, Jivkov, qui tenaient le pouvoir depuis plusieurs décennies, sont balayés par ce même coup de tempête. Tous ces pays abolissent le rôle dirigeant du P.C., placent à leurs têtes des hommes nouveaux de tous horizons politiques et fixent leur calendrier d’élections libres.

 

En fin d’année, c’est au tour du Soleil et de Mercure de passer sur le trio Uranus-Saturne-Neptune. La Roumanie se met à bouger le 16 décembre: en six jours, sa terrible dictature est abattue. Une insurrection générale (on manifestera par - 20° de froid) conduira à l’arrestation du couple Ceausescu le 22 et à leur exécution le 25. La Yougoslavie se rallie de son côté au régime des partis. Et voilà que la révolte s’introduit en U.R.S.S. même avec la sécession du P.C. lithuanien, des manifestations en Mongolie, une guerre civile en Azerbaïdjan: c’est l’ombre de «l’empire éclaté» qui se profile à l’horizon... A minuit du 25 décembre 1991, le drapeau de l’Union soviétique sur le Kremlin sera remplacé par le drapeau russe.

 

Au terme de cette reconstitution, il me reste à souhaiter que cette aventure prévisionnelle puisse faire toucher du doigt la vérité de l’astrologie au contact d’une histoire prise à bout portant, faisant du même coup de la prévision ainsi expérimentée son arme de persuasion la plus efficace en même temps que le but le plus éminent de l’astrologue.

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