Astrologie Mondiale
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L'indépendance des États-unis

Le grand accouchement de l’histoire qu’a été l’indépendance des Etats-Unis d’Amérique a peu intéressé les astrologues, du moins si j’en juge par mes lectures de langue française. Il vaut la peine d’en suivre le parcours quant à l’enseignement que l’on peut en recueillir.

 

La Boston Tea Party.

 

 

Depuis quelques années déjà, les colons britanniques du nouveau continent contestaient les taxes des lois fiscales que leur imposait le Parlement de Londres.

 

A Boston, trois vaisseaux de la Compagnie des Indes avec leur cargaison de thé, ancrés dans le port, devaient être déchargés. Dans la nuit du 16 au 17 décembre 1773, un groupe de militants animés par Samuel Adams, déguisés en Indiens, s’empare des 343 caisses de thé qu’ils éventent et jettent à la mer. En réplique, le gouvernement de Londres ne trouve rien de mieux que de formuler cinq décrets oppressifs, aussitôt rejetés par les colons comme « lois intolérables ». Cet acte de défi de la partie de thé, derrière lequel se met en place un véritable dispositif insurrectionnel,  constitue le commencement de la révolution américaine.

 

Il n’est pas étonnant que nous tombions sur une conjonction Saturne-Neptune, configuration spécifique des manifestations de révolte collective et des mouvements révolutionnaires. Et il y a plus : la pression monte d’un cran du fait que Jupiter passe à l’opposition de cette conjonction, un tel alignement – sur l’axe des nœuds, ce qui peut lui donner une résonance plus grande – constituant une phase de pleine extraversion jupitérienne du climat révolutionnaire – on a connu cela en Europe de l’Est en 1989 ! – et faisant entendre le fracas d’un grand fractionnement de l’histoire. Quant au surgissement de cette révolte, il s’est pointé en un temps d’éclatement, alors qu’une brûlante conjonction Soleil-Mercure-Mars passait au double carré de cette grandissime opposition planétaire, avec la participation de Vénus. L’orage ne pouvait être que grandiose.

 

 

Le Congrès de Philadelphie.

 

 

En réponse à un appel rassembleur de Boston et du Massachusetts, 56 délégués des treize colonies se réunissent pour la première fois en un congrès continental à Philadelphie. Réunion qui aboutit le 5 septembre 1774 à la proclamation d’un projet commun : Déclaration de  droits et de doléances inspirés des principes des philosophes français, évoquant une constitution américaine de consultation populaire, les marchandises anglaises étant mises à l’index.

 

Si la partie de thé est le choc originel de l’onde révolutionnaire de ce premier soulèvement d’émancipation coloniale, ce congrès rassembleur l’amplifie en consacrant politiquement la légitimité de la résistance engagée. Il n’est pas étonnant que les deux luminaires entrent en conjonction du synode Saturne-Neptune (à quelques heures d’une éclipse totale de soleil). Et cette quadruple réunion se passe sous le trigone de Jupiter (armé du muscle d’un sextil de Mars), configuration tout à fait appropriée pour organiser, légaliser, institutionnaliser l’engagement révolutionnaire.

 

La bataille de Lexington.

 

Le 19 avril 1775, un détachement britannique, envoyé pour s’emparer d’un dépôt d’armes des insurgés à Concord, tombe dans l’embuscade d’une troupe de miliciens et perd plus de deux cents hommes. C’est le début de l’insurrection armée : ce premier choc des armes – la bataille de Lexington – engage les deux parties dans « la guerre d’indépendance » qui va opposer les patriotes de toutes les provinces à la métropole britannique.

 

Voici venu le temps de l’explosive conjonction Jupiter-Uranus, faisant éclater la situation au grand jour (rappelons les conjonctions jovi-uraniennes de 1914 et de 1941), les deux astres étant sur le champ visités par un carré Vénus-Mars, outre que Jupiter sort du sesquicarré de Saturne, Mercure étant à l’opposition de celui-ci. Personne ne doute d’une victoire anglaise, pas plus que ne règne encore un esprit de sécession chez les « insurgents ».

Si la conjoncture d’entrée en guerre du 19 avril est relativement molle, elle se durcit lorsque le Soleil va se joindre à la nouvelle grande conjonction. Le 10 mai qui suit, un second congrès général à Philadelphie confirme l’esprit de résistance et organise l’ « Armée continentale américaine » dont le commandement sera confié le 15 juin à George Washington[1] Les dés sont jetés … jusqu’à ce que la guerre s’européanise et finisse en défaite anglaise.

 

La Déclaration d’Indépendance.

Après que George III eut dédaigneusement rejeté un nouvel appel « à la justice du roi d’Angleterre », le sentiment nationaliste des insurgents grandit graduellement en désir de rupture totale avec la mère-patrie, afin de fonder un Etat indépendant. En juin 1776, la colonie de Virginie manifeste son souhait de se constituer en république ; climat qui  entraîne les autres colonies hésitantes. Si bien que le 4 juillet 1776, réunis en congrès à Philadelphie, les treize colonies votent la Déclaration d’indépendance des Etats-Unis.

 

Les cercles concentriques de l’onde révolutionnaire ont atteint leur but. Et quel but : le soulèvement d’émancipation coloniale, jusqu’à l’état de guerre contre la mère-patrie, aboutit à la création d’un Etat nouveau de dimension continentale, le premier Etat libre fondé par des Européens hors d’Europe !

Au firmament de ce 4 juillet 1776 – date anniversaire du grand pays – sur la toile de fond d’un Saturne sorti de sa conjonction à Neptune, au point d’approcher du semi-sextil, et d’un Jupiter lui-même dégagé de sa conjonction à Uranus, atteignant le semi-sextil, Uranus reçoit le concours d’un trigone finissant de Saturne et Neptune celui d’un quintile de Jupiter. Et c’est celui-ci qui, sur le champ, donne le ton de cet engagement magistral par le renouvellement de ses quatre cycles rapides (ne manque que la Lune), au cœur d’une conjonction Soleil-Vénus-Jupiter ! Synode cancérien devenant la source maternelle des mouvements d’indépendance, ce premier acte de décolonisation ayant une haute portée historique.

 

La guerre est loin d’être gagnée mais une telle signature porte déjà la victoire en son sein. Le premier épisode y conduisant est la bataille de Saratoga du 17 octobre 1777, où une des deux armées anglaises capitule devant des milices (conjonction Soleil-Saturne). Et surtout, le nouvel Etat gagne à sa cause l’ensemble du monde européen. La guerre d’indépendance devient un nouvel épisode de la rivalité impérialiste franco-anglaise : enrôlement volontaire de la noblesse française, engagement de La Fayette, traité d’amitié et de commerce franco-américain le 6 février 1778, suivi de l’intervention militaire de la France le 24 mai 1778 (conjonction Soleil-Mars-Uranus sur fond de carré Jupiter-Saturne et de semi-carré Saturne-Neptune). Engagement qui fait définitivement pencher la balance en faveur des Américains, complété qu’il est par ceux de l’Espagne le 16 juin 1779 et de la Hollande le 20 décembre 1780.

 

La victoire de Yorktown

 

Dans le contexte de victoires du bailli de Suffren sur les escadres anglaises en océan indien, c’est avec les concours de 6000 hommes de Rochambeau (né le 1er juillet 1725, Soleil voisin de celui des Etats-Unis) et de l’escadre de 38 navires dirigés par l’amiral de Grasse, que les forces de Washington bloquent, sur la baie de Chesapeake dans Yorktown, Virginie, la principale armée anglaise (8000 hommes) commandée par le général Cornwallis. Après vingt jours de siège, celle-ci capitule le 19 octobre 1781 : la partie militaire est perdue pour les Anglais.

 

Cette ultime victoire des colons révolutionnaires s’inscrit au temps d’un Neptune superbement aspecté, recevant la conjonction du Soleil au commencement du siège, et en finale, un trigone de Mars-Pluton et un sextil de Jupiter-Vénus-Lune, voire un quintile de Saturne.

 

Les préliminaires de paix

 

Le roi George s’obstine vainement à poursuivre la guerre, mais les forces anglaises sont progressivement chassées des ports américains. Le temps passe, mais des négociations secrètes finissent pas s’établir entre belligérants.

 

Les négociations aboutissent à un traité préliminaire, signé à Paris le 30 novembre 1782, mettant fin aux hostilités.

 

Une conjonction Soleil-Vénus accompagne cette détente de la paix, Vénus entrant même en semi-sextil de Jupiter et le Soleil se ramifiant harmoniquement à Neptune et Uranus. Mais une page d’histoire se tourne. En effet, engagée sous la précédente opposition Jupiter-Saturne épaulée à Neptune, cette crise d’indépendance américaine se clôt sous une conjonction des deux mêmes astres, qui se trouvent, cette fois, en face d’Uranus, conjoncture fondant ainsi une bipolarité Europe (Jupiter-Saturne) – pays nouveau (Uranus) : une république fédérale d’Amérique et même, valeur mère d’Uranus-Cancer, le premier Etat libre du Nouveau Monde. Une grande coupure historique se prépare.

 

Le Traité de Versailles

 

 

L’année suivante, des négociations réunissent les plénipotentiaires de tous les anciens belligérants qui signent le Traité de paix de Versailles le 3 septembre 1783, temps où Uranus transite le Soleil du 4 juillet 1776.

 

Redistribution des cartes au cours de laquelle l’Angleterre vaincue perd son empire continental américain et reconnaît l’indépendance des Etats-Unis d’Amérique. Nouveau bond géant de l’histoire synchronisé par le cycle Jupiter-Saturne du devenir européen, aux séquences que souligne ici le jeu d’Uranus.

 

Vingt ans plus tôt, Jupiter, Saturne et Uranus étaient conjoints aux préliminaires de paix du 3 novembre 1762, conduisant au Traité de Paris du 10 février 1763. Il consacrait le désastre colonial français et la suprématie britannique : la France était évincée du continent américain.

 

Vingt ans après se renouvelle donc la conjonction Jupiter-Saturne, cette fois à l’opposition d’Uranus : la situation se renverse, un coup d’arrêt étant porté à l’impérialisme anglais sur le continent américain.

 

On retrouvera une quasi-conjonction Jupiter-Saturne-Uranus entre 1802 et 1805 avec Napoléon et une plus concentrée en 1940-1942 …

 

Les Etats-Unis, quant à eux, devaient rédiger le texte de leur constitution, toujours en vigueur, à une convention réunie à Philadelphie en 1787, constitution appliquée au cours de l’année 1789 : terminus du cycle Jupiter-Uranus dont la conjonction antérieure de 1775 avait sonné le tocsin de la guerre d’indépendance, la suivante en question accompagnant la Révolution française. Et, dans la foulée cyclique de l’histoire, après l’examen américain du Nord, ce sera au tour de l’Amérique latine de réaliser sa révolution libératrice sous la conjonction Saturne-Neptune suivante de 1810 …


 

[1] George Washington (Bridges, Creek, Virginie, 22/02/1732, 10 h, bible familiale) participe à la génération d’une grande coupure  historique, que ne pouvait mieux représenter une opposition Uranus-Neptune, outre qu’il est l’homme de combat d’un Mars du Scorpion au Descendant.

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