Astrologie Individuelle
(Théorie)

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La justification des maîtrises


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Ne pouvant être mon propre censeur, je me dois d'écouter la critique qui, justifiée, remet sur le droit chemin, ou surmontée, apporte une épreuve de vérité renforcée. Chacun saura faire la part de l’un et de l'autre.

 

La théorie traditionnelle des maîtrises planétaires justifie un débat approfondi, l'attribution de la maîtrise d'une planète à un signe faisant l'objet d'un système mis entre parenthèses par certains (Choisnard, notamment, qui le trouvait un peu vague, pour ne pas dire invérifiable), bénéficiant d'un consensus général qui n'est peut-être qu'un passif consentement, remanié par quelques réformateurs et carrément rejeté par les " durs " de l'école conditionaliste à laquelle appartient Richard Pellard. Reprenons donc la chose en main.

 

Les fluctuations de position persistent à son sujet. Pour n'en rester qu'à notre proche environnement, le réputé physicien Robert Gouiran ne craint point d'évoquer les signes " espaces d'énergie dans lesquels trônent douze gouverneurs que nous appellerons "planètes symboliques". C'est en une seconde étape que nous attribuerons aux planètes réelles des domiciles et maîtrises en ces signes, comme matérialisation de gouverneurs " (Astralis n° 3). Une tentative d'appareillement de douze astres aux douze signes, avec introduction de planètes X et Y, parallèles aux Proserpine et Vulcain de Jean Cartaret, avait été tentée par Léon Lasson, aventure que poursuit Lisa Morpurgo. Dans les numéros 13-14 et 15 d’Astralis, sous le pseudonyme d'Hervé Grindau-Ghanir, Patrice Guinard s'est livré à une exploration approfondie de ce domaine. Ses " fondements logiques des maîtrises " sont une savante composition d'inspiration conditionaliste, d'une impeccable logique. Hélas, ce bel édifice accouche d'un monstre - genre maîtrise d'Uranus en Taureau ! - inacceptable pour le praticien qui vit quotidiennement son art. L'empiriste a son mot à dire : sur le terrain, l'homme de l'art sait quand une théorie est fausse et l'on ne saurait lui faire avaler n'importe quoi. Le grand mérite de cet auteur n'en est pas moins de rappeler au conditionaliste qu'on ne saurait se contenter, comme il le fait, d'œuvrer avec des " pièces détachées " : planètes, signes, maisons, aspects sont autant de sous-ensembles appelant un point de jonction coiffant l'édifice, fondant l'unité du système. Cette base où cette voûte existe.

 

LA CELLULE DU COSMOS ASTROLOGIQUE

 

La tradition propose une telle synthèse. Encore ne faut-il pas, sur quelque refus intérieur à élucider, en dénaturer le sens. C'est, en réalité, un prodigieux édifice que le noyau central ou œuf du système astrologique qui fonde en un tout planètes, signes et aspects !

 


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L'élément fondamental du cosmos astrologique est le mouvement des corps célestes dans l'espace de leurs révolutions, nouant le mobile et l'étendue, à l'astre répondant le parcours astral, justifiant une planétarisation du tissu zodiacal.

 

Parlant de " sympathie " entre le mouvant et son itinéraire, Ptolémée formule leur ancrage : " D'abord, des douze signes, deux d'entre eux approchent plus près de notre zénith, causant principalement les chaleurs et les ardeurs exceptionnelles, à savoir l'Écrevisse et le Lion : il a été jugé que ces deux signes sont les demeures des deux plus grandes et puissantes lumières. " Reproche essentiel de R.P. ; ce centre commun de maîtrise des luminaires est décalé par rapport au point du solstice d'été. Un étonnement de théoricien-logicien qui, sur le champ, n'a pas les pieds sur terre. Car, de même que le maximum diurne de la chaleur n'est pas à midi mais vers 14 heures, son maximum annuel est effectivement en juillet-août : tout comme, d'ailleurs, les pointes de marée océanique sont décalées environ 2 heures après la culmination de la Lune et 2 jours après l'alignement soli-lunaire. Au reste, les bilans statistiques ne soulignent-ils pas les angularités planétaires davantage après qu'avant les passages aux angles ?


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Ce point d'ancrage justifié, tout un engrenage se met en place avec un face à face des luminaires et de Saturne. En version géocentrique, nous partons de la Lune pour aboutir à Saturne, et en version héliocentrique, le Soleil est le centre du système et Saturne son terminus visible. Les deux signes contigus des luminaires ont donc naturellement comme vis-à-vis les deux signes contigus de Saturne, dans une bipolarité d'été et d'hiver, de chaud et de froid. C'est ainsi qu'entre en scène la notion d'aspect, les signes diamétralement opposés mettant enjeu le phénomène de l'opposition. Ensuite se placent les maîtrises planétaires intermédiaires, emboîtées d'orbite en orbite : Mercure-Vénus-Mars-Jupiter, assimilant du même coup, entre la conjonction des luminaires et l'opposition de Saturne, Mercure étant indifférencié, un rapport ou une vertu de sextil à Vénus (Cancer-Taureau et Lion-Balance), de carré à Mars (Cancer-Bélier et Lion-Scorpion) et de trigone à Jupiter (Cancer-Poissons et Lion-Sagittaire).

 

C'est cette spatialisation du système solaire dans le cercle zodiacal qui fournit la matrice des rapports entre les trois facteurs essentiels du cosmos astrologique que sont les planètes, les signes et les aspects. Un chef d'œuvre de synthèse.

 

ERRANCE DE PART ET D'AUTRE

 

II est non moins évident que ce noyau central a fait l'objet d'une surcharge qui prête le flan à la critique, sans pour autant justifier qu'une fois de plus, comme avec les quatre éléments, l'on jette " le bébé avec l'eau du bain ".

 

Ayant à établir un difficile rapport de sept à douze, contraignant à différencier deux domiciliations planétaires, nos devanciers ont eu recours aux valeurs de signes diurnes - hémisphère Soleil-Lion/Saturne-Capricorne - et nocturnes - Lune-Cancer/Saturne-Verseau - (excepté pour Mars) ainsi que de signes masculins et féminins. Démarche peu reluisante. D'un côté, se rassemblent les signes diurnes - Mars-Bélier se joignant à Mercure-Vierge, Vénus-Balance, Jupiter-Sagittaire, Saturne-Capricorne - qui font régner le même élément dans la convergence de la planète rectrice et de la triplicité (encore que Jupiter soit humide...). Alors que leur divergence est le propre des signes nocturnes.

 

La maîtrise - délégation de planète à signe - passe nécessairement par un transfert de la nature élémentale de la première au second : ce n'est qu'à cette condition que peut fonctionner cette maîtrise. En second lieu intervient l'élément triplicitaire. Si bien qu'il convient de doubler la notation du signe : Bélier Feu-feu, Taureau Air-terre, Gémeaux Terre-air... Reprenons R.P. discréditant l'assimilation de la Lune au Cancer et du Soleil au Lion, pour la raison que le premier signe est féminin et le second masculin. Les enquêtes du prof. Eysenck en 1978 sur 2 324 cas et du Prof. J. Van Rooij en 1988 sur 992 cas cautionnent le penchant des signes impairs vers le centrifuge, l'extraversion, le masculin, et des signes pairs vers le centripète, l'introversion, le féminin. Preuve que c'était la moindre des choses qu'un signe féminin aille à la Lune et un masculin au Soleil ! Quant à la nocturne Lune froide et humide devant être non au solstice d'été mais au solstice d'hiver, il n'y a qu'un logicien analytique pour l'isoler là où il faut saisir un tout conjonctionnel soli-lunaire : le foyer central des luminaires expressif de l'élan vital, telle une souche sur laquelle se dresse l'arbre planétaire.

 

Arrive l'éclatement du système avec le passage de sept à dix du fait des venues d'Uranus, Neptune et Pluton, s'il n'y a pas même une transplutonienne, ce que personne ne sait définitivement. La logique astronomique impliquait de graduer le prolongement des orbites de signe à signe ; en direction de l'hémisphère solaire ; Uranus au Verseau, Neptune aux Poissons et Pluton au Bélier ; de l'hémisphère lunaire : Uranus au Capricorne, Neptune au Sagittaire, Pluton au Scorpion. Ce qui, entre parenthèses, établit le véritable registre des octaves supérieures : Saturne/Uranus, Jupiter/Neptune, Mars/Pluton. Sommes-nous vraiment dans un chaos ? J'entends le concert de tous ceux qui pensent le contraire, Uranus allant si bien avec le Verseau, Neptune si idéalement avec les Poissons et Pluton si spécifiquement avec le Scorpion, comme si ces planètes nouvelles avaient toujours manqué à ces trois signes. Il ne faut pas pour autant négliger l'affinité d'Uranus avec le dur et essentiel Capricorne, de Neptune avec le large et ample Sagittaire, de Pluton avec le " primitif ", le " sauvage " Bélier, car il s'agit de mondes dualisés, l'un des pôles prolongeant et complétant l'autre.

 


L’arbre alchimique
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L'UNITÉ DU SYSTÈME

 

Puisque s'accouplent l'astre et le signe, évidente du même coup devient la contre-affinité lorsque l'astre se trouve en opposition de son lieu zodiacal, le " trône " appelant " l’exil ". Viennent ensuite " l'exaltation " et la " chute ". " Vu que le Soleil en entrant au Bélier opère sa transition vers le médi-cercle le plus haut et septentrional, et que, dans la Balance, il passe le plus bas et austral, on lui a fort à propos attribué son exaltation au Bélier puisque, quand il y passe, les jours croissent et qu'il commence à échauffer davantage les corps. Au contraire, la dépression du Soleil a lieu dans la Balance pour les raisons opposées " (Ptolémée). C'est si évident que cela se passe de commentaire. Réciproquement pour Saturne qui, dans un chemin inverse par opposition au Soleil, a son exil en Lion, son exaltation en Balance et sa chute en Bélier. Ainsi s'observent quatre rapports privilégiés de la relation planète-signe.


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La cohérence de ce système s'illustre par la présente figure extraite de mon Traité pratique : la répartition générale des maîtrises du trio fondateur Soleil-Lune-Mercure établit la parfaite analogie de ces quatre valeurs instituées avec les quatre saisons de l'année, l'exaltation étant une valeur de printemps, le trône une valeur d'été, l'automne une valeur de chute et l'hiver une valeur d'exil. Ici, le planétarisme n'est-il pas pleinement assimilé au zodiaque et leur fusion parfaitement dialectisée ?

 

SCHIZOPHRÉNIE ZODIACALE

 

" II m'a déjà été donné, au terme d'une longue réflexion, de tenir la thèse, il me semble entièrement nouvelle, selon laquelle ce que l'on appelle le "déterminisme astral" repose entièrement sur l'uranographie de notre globe, l'astrologie étant entièrement fondée sur les mouvements de la Terre, et, par suite, sur les phénomènes célestes d'expression terrestre, l'astre du Ciel étant mis en cause par rapport à nous Terriens. " (L'Astrologie mondiale, Fayard, 1979, p. 316).

 

Je me réjouis donc que R.P. convienne que le zodiaque est " d'essence terrestre ". Mais étrange devient la suite lorsqu'il ajoute aussitôt " et non solaire ", en insistant : " Le zodiaque n'est donc nullement d'essence solaire. " Fichtre ! Est-ce toute seule que l'inclinaison de la Terre sur son orbite fait le zodiaque ? Notre globe ne doit-il qu'à lui-même les variations des durées diurnes et nocturnes ? Si c'est par la vertu des déclinaisons, d'où viennent celles-ci si ce n'est d'un rapport angulaire à l’écliptique ? Sans le Soleil, il n'y a rien : ni zodiaque, ni lumière, ni chaleur... C'est à une véritable décomposition schizophrénique du zodiaque que mène cette analyse. Je faisais déjà le reproche à l'école conditionaliste de tenir le Soleil au rang d'une simple planète : voici maintenant qu'il s'évanouit tout à fait : singulier " point de vue astronomique "...

 

A bien lire R.P. on a vraiment l'impression qu'il ne s'y prendrait pas mieux s'il voulait nous pousser dans la tombe... Mais n'est-ce pas lui-même en même temps que nous qu'il y précipite lorsqu'il déclare que, du même coup, le zodiaque " n'est pas non plus saisonnier, les saisons terrestres étant déterminées par la croissance et la décroissance annuelles des durées d'ensoleillement. La conception saisonnière, et donc solaire du zodiaque, produit d'ailleurs des résultats absurdes... ".

 

Trêve de plaisanterie : qu'on interprète à partir de l'axe équinoxial des variations de durée diurnes-nocturnes ou des fluctuations du chaud et du froid -comme si, là aussi, l'on pouvait dichotomiser lumière et chaleur - c'est à la même enseigne d'un même rapport Terre-Soleil que nous sommes logés. Et puisque R.P. invoque Kepler, que soit rappelée la connexion essentielle faite par le Mathématicien Impérial " entre l'âme, la lumière, le feu, la chaleur et la vie " (G. Simon, p. 203, Kepler astronome astrologue). Et à propos de résultats absurdes, si R.P. reconnaît qu'au Capricorne " on reste froid, de marbre, de glace ", libre à lui de ne pas reconnaître une Lune du Capricorne neigeuse, à quelques mois de l’année où elle y passe...

 

Alors qu'il faut justement solariser le zodiaque en privilégiant l'écliptique, voie centrale et artère vitale qui nous relie au système solaire tout entier, - il est notre cordon ombilical céleste - R.P., se voit entraîné dans une dangereuse marginalisation qui le conduit à la version d'un zodiaque latitudinal, en arrivant même à déménager les signes ! On verra s'il faut le suivre avec son calendrier de Pluton en Scorpion...

 

L'ULTIME FAUTE :

L'ANALOGIE CONTRE LA LOGIQUE

 

Nous avons à nous défendre aussi bien de l'errance de l'irrationnel que de l'égarement de l'analyse logique quand le raisonnement tourne à vide. Savoureux est R.P. quand il estime que la pensée analogique est incapable de percevoir que " les étoiles ne sont pas de poétiques lucioles mais des masses de gaz en fusion thermonucléaire ". Car, bien sûr, " la pensée analogique est le savoir de l'enfance en même temps que l'enfance du savoir. " Cependant, astrologue, il se doit de faire fonctionner la pensée analogique en prenant la pleine mesure de l'épistémè de la similitude au sein des sciences humaines d'aujourd'hui. Or, comme il n'y entre pas ou en évacue l'essentiel, il se condamne à nous livrer un message un tantinet castrateur ; et que reste-t-il du contenu sémantique de son discours astrologique ?

 

Retour à la confusion du sujet et de l'objet. Tant qu'il ne voit pas ou refuse de voir fonctionner l'analogie en l'être humain, de la base de ses pulsions au sommet de sa spiritualité, c'est ce qu'il y a à la fois de plus vivant et de plus profond en l'astrologie qui lui échappe. Lui qui, dans son Traité claironne l'inconscient, l'inconscient, l'inconscient... dit-il des mots en l'air, cet inconscient étant considéré comme " la loi des structures symboliques " (Lévy-Strauss), tout ce qui émane de lui obéissant au processus symbolisant ? J'invite le lecteur à revenir, sur ce point au chapitre : " La symbolique psychique " de mon livre De la Psychanalyse à l'Astrologie.

 

Quand Freud interprète un rêve, ânonne-t-il le balbutiement d'un homme des cavernes ou dévoile-t-il un secret profond de l'être ? C'est justement parce qu'il repasse par " l'enfance du savoir " qu'il perce ce secret car celui-ci est fait du " savoir de l'enfance ". Autrement, ce serait avec de bien longues pincettes que nous devrions recevoir, par exemple, l'information symbolique de Mars avec son feu, sa passion et sa violence, vu le primitif analogique de ce produit : la couleur rougeoyante de l'astre. Et pourtant... et toute l'astrologie repose sur cette pensée analogique. Et c'est ce qui fait à la fois son originalité et sa grandeur ! Afin qu'elle puisse avoir bonne tenue devant la science et sans craindre de la dessaisir de ses habits de noblesse, l'offensive actuelle visant à " désymboliser " l'astrologie est une démarche contre-nature qui ne peut que conduire à une dégénérescence de ses structures opératives. Aussitôt d'ailleurs que l'on croît avoir éradiqué le symbole, il revient au galop. Prenez Mars, fort à la fois chez les sportifs, les militaires et les médecins ; vous êtes tenus de leur trouver un facteur commun : allez donc le chercher si vous entendez échapper au raisonnement analogique... C'est le lieu de se rappeler que l'astrologie est surtout une connaissance du psychisme humain, une révélation de la nuit de l'être, et c'est la nature de l'objet à connaître qui détermine la manière spécifique de connaître.

 

LA PRATIQUE

 

Foin de la croyance en la certitude de sa pensée ! Ce que je raisonne, mon passage sur le divan de ma psychanalyste me le fait suspecter d'être seulement ce que je crois, parce que je désire. Mais je fais autant bon marché de la critique gratuite qu'aucune vérification ne sanctionne. Trop facile... Peu importe ce qu'on pense de cet empirisme : rien ne vaut pour moi un bon contrôle, en laissant chacun libre de me suivre.

 

 

LE MIRONTON LATITUDINAL DE PLUTON

 

Avec son Pluton qui (en valeurs) serait encore en Balance et n'entrerait en Scorpion qu'en l'an 2000, R.P. se moquerait-il carrément du monde ou se fourrait-il le doigt dans l'œil jusqu'au coude ? Excusez ce rappel d'observations d'astrologie mondiale.

 

Après la déstabilisation de la relation amoureuse issue du Mouvement de libération de la femme, s'accordant si bien à la traversée d'Uranus en Balance (1969-1975), rien ne correspond mieux à la crise moderne du mariage que la traversée de Pluton en Balance (1972-1984). C'est en 1972 même que s'accentue la diminution continue du nombre des mariages dans toute l'Europe occidentale. En France, par exemple, l'on est passé de 400 000 mariages en 1972 à 285 000 en 1984. L'effondrement est de 36 % de 1975 à 1984 ! Et, parallèlement à cette chute vertigineuse sans précédant des unions légales, les divorces ont été dans le même temps multipliés par 3 ! En 1985, où la tendance commence à se tasser, on enregistre en France 1 million de couples vivant en " cohabitation hors mariage " et 5 millions de " ménages d'une personne ". Et tout l'Occident est concerné.

 

Puis la traversée de Pluton en Scorpion nous gratifie d'un parallèle historique impressionnant qui -spécificité commune à l'astre et au signe- accouple tragiquement le sexe et la mort. Lorsqu'il y était passé il y a cinq siècles (1491-1501), c'est la syphilis qui faisait son apparition (1494) et ravageait toute l'Europe (1502). Bien qu'il n'y eut pas de répétition du genre au passage précédent de 1737-1748 -mais l'indice cyclique était alors élevé - c'est le Sida qui frappe le monde sur toute la retraversée de 1984 à 1995. Certes, l'apparition de cette "peste sexuelle " du XXe siècle remonte à 1979 et, sans doute, Pluton-Scorpion n'est-il pas seul en cause : le cap annoncé si critique des années quatre-vingt n'était-il pas celui d'une exceptionnelle concentration planétaire que, dès L'Astrologue n° 28, j'avais mise en parallèle avec celle de 1347 qui avait vu l'invasion de la fameuse " peste noire " qui décima l'Europe ? Ce qui était aussi le cas avec l'invasion syphilitique de la fin du XVe siècle. Peu importe le facteur accompagnateur, typique n'en est pas moins la nature de l'épreuve vécue, d'autant qu'elle s'insère dans la série des successifs passages de Neptune et Uranus dans le signe.

 

La première traversée, celle de Neptune (1956-1971), est parallèle au développement constant des maladies vénériennes (syphilis, blennorragie, herpès) survenu depuis 1958 dans 76 pays contrôlés par l'Organisation mondiale de la santé. Pour la France métropolitaine, par exemple, l'augmentation des cas recensés s'est multipliée par 3, de 1959 à 1964 et les chiffres se sont stabilisés depuis 1968 à un taux quatre fois supérieur à celui de 1954. En 1971, 2 millions de personnes avaient été victimes de cette " épidémie " aux États-Unis, soit plus que toutes les autres maladies infectieuses réunies. Quant à la seconde, celle d'Uranus (1975-1981), elle tombe sur les années charnières d'un record de mortalité mondiale par cancer du col de l'utérus (multiplication par trois de cas entre 1965 et 1985). Avec Pluton, le Sida prend le relais, dans un climat général noir où il est tant parlé de la prostitution de pré-adolescents, et où le suicide, de jeunes surtout, bat un record (12 000 par an en France). Alors qu'il quitte le Scorpion, la guérison de la maladie pointe à l'horizon, tandis que commence à baisser le flot de ses victimes en Occident.

 

La vérité se faisant jour par accumulation de résultats semblables successifs, devant cette somme d'observations, quel astrologue peut oser nier cette évidente corrélation ? Sinon de se ridiculiser comme un Clavius accusant les verres de la lunette de Galilée de voir des lunes autour de Jupiter ou son confrère astronome renonçant carrément de mettre l'œil à l'oculaire... En tout cas, si R.P. avait cru découvrir dans son zodiaque latitudinal son Eldorado, son Mandala ou son Temps des cerises, l'opération est plutôt loupée...

 

Dans l'état actuel de nos connaissances, nous n'avons pas les moyens de juger la place qui revient à la latitude zodiacale. Lors d'une étude parue aux Cahiers astrologiques n° 92, M. Gauquelin avait, après vérification, constaté que celle-ci ne jouait aucun rôle dans ses résultats d'angularité. J'ai abordé différemment le sujet dans L'Astrologue n° 20 (" Les occultations en astrologie mondiale ") et L'Astrologue n° 23 (" Les nœuds en astrologie individuelle et mondiale "). Il semble finalement que la latitude ne soit que platitude : tout passe par l'écliptique. Retour au Soleil !

 

LA LÉGITIMITÉ DU DOUTE

 

Si R.P. a un manifeste parti pris négatif, je n'ai pas, pour ma part, de parti pris positif. En témoigne mon article du n° 19 de L'Astrologue consacré au " Rôle des signes dans la conjoncture mondiale ".

 

Intervenant en réaction à Volguine qui quantifiait les dignités planétaires en mondiale, j'apportais un témoignage de négation sur la base des corrélations des conjonctions Soleil-Jupiter et des faits pacifiques (une centaine de cas) : 3 armistices survenus avec la Roumanie, la Finlande et la Bulgarie entre le 9 et le 19 septembre 1944 (demandes ayant eu lieu entre le 30 août et le 6 septembre : à l'époque, déjà j'attendais ferme une venue de paix) sous la conjonction virginienne (exil) du 31 août ; également 3 paix du Cachemire, de la Chine et d'Israël, sous la conjonction capricornienne (chute) du 1er janvier 1949... C'est d'ailleurs sous une conjonction semblable du 10 janvier 1973 que j'avais formulé (L'Astrologue n° 18) huit mois à l'avance une chance de paix au Vietnam, survenue 13 jours plus tard avec le cessez-le-feu américano-vietnamien.

 

Des manifestations pacifiques de Jupiter, comme de Vénus, insensibles aux dignités et débilités de ces astres, je suis passé à la distribution zodiacale de Mars chez 568 sportifs français de la collection Gauquelin, testés par Jacques Reverchon dans L'Almanach Chacornac 1966, compte tenu de la répartition très inégale de l'astre (révolution bisanuelle, cycle de 32 ans). Résultat : 34 positions en Bélier au lieu de 45 prévues, 44 au lieu de 46 en Scorpion, contre 52 en Taureau au lieu de 44 et 65 en Cancer au lieu de 49... Derrière lui, en 1972 à Astroflash, nous avons, Henri Le Corre et moi, testé 2 000 thèmes de sportifs de la même collection. Toujours Mars : entre les extrêmes de 223 positions en Lion et de 132 en Poissons, le Bélier n'en a que 139 contre 164 en Balance et le Scorpion 148 contre 168 en Taureau...

 

Je finissais cet article en mettant dos à dos les Jupiter-Sagittaire (Armand Fallières, Edouard VII et George V d'Angleterre, Salandra, Warren G. Harding, James Monroe) et les Jupiter-Scorpion (Louis XIV, Guillaume d'Orange, Napoléon, Joffre, Adenauer, Spaak, Pompidou)..., aboutissant à la conclusion qu'avec les domiciliations des planètes en signes, nous avions affaire à un " registre de valeurs purement qualitatives " !

 

Est-ce à dire, pour autant, que la maîtrise soit une sorte de pauvre vieille, bonne pour la retraite ?

 

Cela se passait en 1972... Un quart de siècle plus tard, la subtilité de la chose m'échappe moins, car les choses ne peuvent pas en rester là, le quantitatif et le qualitatif - tel l'entrecroisement d'une verticale et d'une horizontale - retentissant inévitablement l'un sur l'autre.

 

 

UNE SUBTILITÉ INDISPENSABLE

 

Finalement, le doute aboutit à un déficit de savoir forcément préjudiciable. Qu'importe la voie oblique qu'emprunte la maîtrise pour se manifester, du moment qu'elle se rend nécessaire.

 

C'est ainsi que l’on peut revenir à ma " Pratique de la Maîtrise " exposée au n° 3 de L'Astrologue, comme aux études d'André Boudineau des n° 22 et 28. Également à mon étude sur " Ce qu'il faut penser des réceptions mutuelles " (n° 106). La planète dans le signe n'est nullement un en-soi isolé, mais la trame d'une continuité intérieure procédant d'une lignée où les astres s'enchaînent : passage de la dépendance d'un maître à l'astre lui-même, puis à sa propre maîtrise sur un autre. Le diagramme de cette " chaîne des maîtrises " livre le fil intérieur d'un collier passant de planète à planète à travers le jeu des maîtrises, puis des maîtrises de maîtrises, remontant ainsi de la base au sommet de la chaîne. Il constitue la topologie d'une structure fonctionnelle ouvrant la piste d'une certaine circulation des courants planétaires et de leurs interférences. Et au niveau le plus élémentaire, chaque position planétaire se doit d'être jugée dans son amont et son aval, en fonction de son précédant et de son suivant.

 

Tant ils sont proches l’un de l'autre, comment pouvez-vous faire fi du jumelage de Mars et du Bélier, de Vénus et du Taureau, de Mercure et des Gémeaux, de la Lune et du Cancer... ? Ne sont-ce pas là des points de convergence, des faisceaux, noyaux magnétiques focalisateurs ?

 

L'on en perçoit l'évidente efficacité avec la dominante qui requiert le concours du trio présence-maîtrise-aspects. Sans la participation de la seconde, téméraire devient l'aventure qui, trop souvent, aboutit à des résultats " désastreux ".

 

R.P. en est la première victime. Déjà, dans son Manuel, il nous avait livré un Van Gogh dont " la fonction lunaire n'est pas dominante " (en 5e position). Tiens donc : faut-il compter pour rien que, toute sa vie, ce sur-marsien - non actif mais contemplatif passionné - demeure un assisté économique, son frère Théo étant son pourvoyeur alimentaire (Lune maîtresse d'AS en VI) ?

 

L'EXEMPLARITÉ SATURNIENNE DE JOHANNES KEPLER

 

R.P. remet cela de plus belle ici avec Kepler qui " refuse (...) de se définir comme saturnien au prétexte, fallacieux selon lui, que Saturne serait le maître du Capricorne ", occupé que ce signe est par Soleil, Mercure, Vénus, outre Uranus. Ajoutant : "Et d'ailleurs, Saturne n'est pas angulaire dans son thème. C'est dire ! ".

 

C'est dire quoi ? Que Kepler n'est pas saturnien ? R.P. aurait-il à ce point la berlue ? Que Kepler se trompe sur son compte est une autre affaire. Ce que je constate, c'est que tous les mots-clé que, comme ses biographes, Gérard Simon lui attribue dans son " Kepler astronome astrologue " sont exactement ceux qui répondent à l'angularité de Saturne testée par les Gauquelin : concentré, méditatif, profond, patient, persévérant, studieux, laborieux, lent (maturation), prudent, réservé... bref, le tempérament nerveux : CQFD ! R.P. le résume en deux mots : " un savant rigoureux " : si ce n'est pas du Saturne, qu'est-ce donc ?

 

Voilà un chercheur livré " au bagne des calculs mathématiques ", obstinément penché sur ses chiffres et ses figures, vivant en pleine abstraction, œuvrant sur le fondamental dans une solitude intellectuelle totale, révélant le fonctionnement structural du système solaire : avec lui, Chronos, le dieu du temps, a trouvé son souverain maître horloger ! Si vous trouvez vous, que Kepler n'est pas saturnien, que vous faut-il ? Allez donc me trouver un saturnien plus saturnien que lui...

 

"J'ai mesuré les cieux... " (son épitaphe). Non seulement nous avons affaire au savant qui montre que le monde est gouverné par des relations mathématiques, mais encore, c'est la mathématique saturnienne qui règle souverainement sa vie. Né le 27 décembre 1571 et mort le 15 novembre 1630, son existence s'écoule sur deux années saturniennes précises et c'est à l'entrée de la seconde que tombe le grand tournant de son destin, lorsqu'en 1600 il devient le collaborateur de Tycho Brahé qui meurt peu après. Typique de sa quadruple conjonction capricornienne en VII et VIII, en novembre 1601 il hérite de son collaborateur : le trésor de notation des déplacements planétaires continus, accumulés par Tycho pendant, précisément, trente années (!), son patron ayant été de la génération antérieure, son Saturne-Sagittaire étant voisin du sien en Scorpion. Lequel est en VI : dans la boulimie d'un travail forcené et dans une lente et continuelle maturation, cet esprit systématique fixé à ses objectifs, scrute les causes cachées des chiffres patiemment consignés (de même -œuvre de longue haleine- qu'il crée les tables rudolphines de 1601 à 1624) pour en arriver aux trois grandes lois qui régissent les mouvements généraux des planètes de notre système solaire. Ajoutons encore que lorsqu'il conçoit sa troisième loi, le 8-3-1618, Saturne sort de son opposition à lui-même... Si vous en voulez davantage, relisez l'étude que je lui ai consacrée dans le cadre des savants introvertis" (L'Astrologue n° 83).

 

Pouvez-vous encore croire que l'on peut évaluer la dominante en se dispensant de l'apport de la maîtrise ? Si vous doutez toujours, poussez plus loin votre investigation. Ce n'est pas par hasard que le plus capricornien de ma collection - William James (11-1-1842) : Soleil, Lune, Mercure, Vénus, Jupiter, Saturne dans le signe - soit aussi un savant - philosophe : que le même amas capricornien de Kepler se retrouve chez un autre philosophe, L.C. de Saint-Martin, théosophe en quête, comme lui, de l'union de l'homme, de l'univers et de Dieu. J'invite le lecteur à pousser sa réflexion sur l'observation de la centaine des capricorniens les plus célèbres, présentés dans mon Capricorne (dernière édition).

 

De même que l'angularité ne suffit pas à fixer la dominante, la maîtrise n'est qu'une composante qui y contribue avec le concours de la présence et de l'aspect. Une utilité particulière de cette maîtrise est qu'elle emporte généralement la décision de la dominante lorsque plusieurs planètes sont concurremment angulaires. Ainsi, par exemple, de Van Gogh avec Mars/Soleil-Bélier ; de Rodenbach, Corot, Boudin, avec Lune/Soleil-Cancer...

 

Puisque nous nous ouvrons à la critique du conditionaliste, que celui-ci me permette de lui dire que son évaluation de la dominante est défaillante et source de trop d'erreurs : c'est le point le plus faible de sa pratique. Qu'il sache que c'est lui rendre service que de lui dire cette vérité. Et s'il la prend mal, pitié pour lui !

 

L'AMANDE DANS LA COQUILLE

 

Soit ! Il manque quelque chose d'essentiel à la facture du processus astrologique sans la maîtrise et il faut passer par elle pour vraiment obtenir la dominante. Mais, cela nous restitue-t-il les valeurs des dignités et débilités en tant que telles ?

 

Il semblerait bien que ce soit le cas, à condition toutefois de ne pas céder au simplisme. Au sein du cercle zodiacal ne peut régner que la dialectique, tout signe étant un Janus. Quand, dans notre hémisphère, le Soleil trône en Lion, il est au maximum de sa puissance physique, de même qu'à son " exil " en Verseau sa force vitale est au plus bas. Ce qui s'observe avec la répartition annuelle des décès : minimum en août et maximum en février, palme d'ailleurs remportée par les crises cardiaques. En accompagnement, on constate la naissance des plus fortes constitutions physiques sous le premier signe et des plus faibles sous le second. Toutefois, en contrepartie, la puissance extérieure léonienne s'accompagne d'une carence ou fragilité de vie intérieure, tandis qu'au Verseau une profondeur de l'être compense la faiblesse apparente. C'est en février que l'on trouve le plus de naissances de génies et de savants, autour du même mois - revers de la médaille - apparaissent aussi le plus de cas de schizophrènes... Il n'est donc pas si facile que cela de démontrer ce type de corrélations. Faisons pourtant un effort.

 

Le Soleil étant le symbole de l'autorité en général et de la monarchie en particulier, une étude sur les souverains se prêtait idéalement à un contrôle du genre. D'autant plus que j'ai déjà présenté dans les Astres royaux 198 personnages auxquels l'on peut se reporter. Dans la mesure où j'avais laissé de côté les monarques dont l'heure natale était inconnue, il importait d'élargir cette première liste pour y intégrer ces cas nouveaux, recensés à la fois dans les Nativitas de Martin Harvey et dans la collection des Cahiers de l'Histoire, sérieusement documentés. Personne à ma connaissance n'a été oublié : tous les souverains des grands États européens aux dates natales connues sont là.

 

Parmi les Soleil-Lion figure le plus brillantissime qui, au poids de l'histoire, est à lui seul un symbole : Napoléon. En matière de grandeur, François-Joseph d'Autriche-Hongrie cumule derrière Louis XIV le record de 68 années de règne, en compagnie de Haakon VII de Norvège, couronné par plébiscite, avec 52 années. Ce n'est plus la grandeur mais la force qui prévaut avec Frédéric-Guillaume 1er de Prusse, qui forge la puissante armée prussienne. Mais la grandeur et la force ne sont pas à la portée de tous, comme s'il était difficile d'accéder à la hauteur de la dignité solaire. Chacun fait ce qu'il peut. Ce souffle solaire paraît d'ailleurs se contenter de hisser aux marches du trône un Louis XVI (29°55' Lion !), qui y accède inopinément derrière une collection de deuils familiaux. De même avec Charles 1er d'Autriche qui enjambe le suicide de son cousin Rodolphe et l'assassinat de son oncle François-Ferdinand. Une conjonction Soleil-Saturne suffit à la médiocrité de Frédéric-Guillaume III de Prusse et rien d'évident avec Maximilien II, Rodolphe II et Joseph 1er de Habsbourg, ni avec Christian III de Danemark et Guillaume IV d'Angleterre (pas de luminaire angulaire). Pour achever le tableau, c'est une grandeur à l'envers - la déviation d'un super-égocentrisme de jouisseur - qui éclate avec le régent Philippe d'Orléans et George IV d'Angleterre.

 

Parmi les Soleil-Verseau, il y a loin de Frédéric II à Guillaume II, le premier, jupitérien, étant la volonté de puissance d'un corps chétif qui abrite une âme forte, et le second, au bras gauche atrophié, ratant le dépassement de son insuffisance organique dans une surcompensation qui tourne à la puérilité de la représentation. Il n'est donc pas étonnant que nous ayons d'un côté les " débiles " par faiblesse vitale, physique ou morale, et de l'autre, les " sages " hommes de lumière, de progrès, de réformes, de culture. Parmi les premiers se rangent Henri 1er du Portugal, couronné vieux et valétudinaire, absent sur son trône ; François II de France qui disparaît adolescent : Ulrique-Éléonore de Suède, qui abdique au bout d'un an ; Louis XV, le règne de la Pompadour ; Christian VII de Danemark et Norvège, aliéné délivré de son sceptre ; François II de Habsbourg, médiocre dépouillé par son gendre Napoléon et renonçant à la couronne du Saint-Empire, n'étant plus qu'empereur d'Autriche. Au nombre des seconds figurent Charles V de France, chétif et maladif mais fin politique et homme de culture ; Alphonse V du Portugal, grand lettré, fondateur de bibliothèques ; Henri VII d'Angleterre, un juste assisté d'un Conseil des sages ; Frédéric VI de Danemark et de Norvège, libéral, réformateur, émancipateur, qui abdique la couronne de Norvège : Bernadotte-Charles XIV de Suède et Norvège, monarque éclairé ; Oscar II son petit-fils, non moins éclairé, homme de lettres, qui perd la couronne de Norvège. Boris III de Bulgarie, le petit qui tient tête à Hitler et en meurt. Ne forçons pas l'alignement et tenons pour atypiques Henri VII d'Angleterre, Anne de Bretagne, Sébastien 1er du Portugal, Anne d'Angleterre, Béatrice des Pays-Bas.

 

De toute façon, nous ne pouvons rien conclure en faveur du jeu des dignités et débilités. En raison de la diversité de manifestation de l'état léonien comme de la complexité de la réaction compensatoire de l'état Verseau, la valeur comparative s'évanouit. Mais ce n'est plus le cas avec l’axe exaltation-chute où nous nous trouvons en présence d'un résultat tout à fait probant.

 

Puissance de l'irruption de l'instinct et de la force animale, le Soleil-Bélier s'observe en majorité chez les souverains conquérants, installateurs de règne, dominateurs et bâtisseurs. Derrière Charlemagne, Jean 1er du Portugal, dit " le grand ", fondateur de la dynastie d'Azid, établissant l'indépendance de son pays dont il fait une des plus grandes puissances de l'époque, son règne étant celui des grandes découvertes, expéditions et conquêtes (Henri le navigateur, Diaz) ; Henri IV d'Angleterre, usurpateur devenant premier roi de la dynastie de Lancastre ; Maximilien 1er de Habsbourg, le " dernier chevalier ", laissant en héritage quatre maisons princières, empire dominant la moitié de l'Europe, vrai fondateur de la puissance des Habsbourg ; Philippe IV d'Espagne, 44 années de règne de la grande Espagne des arts ; Frédéric III de Danemark, instituant la monarchie héréditaire au pouvoir souverain ; George 1er d'Angleterre, qui inaugure la dynastie de Hanovre (1714-1901) ; Frédéric V de Danemark, grand réformateur propulsant un important progrès civilisationnel ; Christian IX de Danemark, désigné par une conférence internationale, premier souverain de la branche de Gliicksburg, avec 42 années de règne et devenu le " beau-père de l'Europe " ; Guillaume 1er d'Allemagne, premier empereur de ce pays ; Napoléon III, qui s'est fait président puis empereur ; Leopold II de Belgique, " conquistador colonialiste " ; Albert 1er de Belgique, soldat héros de son pays. Cas négatif : le raté Henri II qui enflamme les guerres de religion. Cas atypique : Jean II Casimir de Pologne, cardinal succédant à son frère mais abdiquant. Reste l'actuelle bien vivante Margrethe de Danemark, première Danoise couronnée.

 

Comparez maintenant ces gaillards flamboyants avec ceux qui sont en face, ces faibles sous le coup de l'amenuisement vital du Soleil-Balance : Henri III d'Angleterre, roi piteux, un temps prisonnier et vaincu dans sa guerre contre la France ; Louis X de France, le Hutin, insignifiant qui disparaît avant deux années de règne ; Henri V d'Angleterre, vainqueur d'Azincourt, se faisant reconnaître héritier du trône de France ; Richard III d'Angleterre, dit le Bossu, de shakespearienne mémoire, assassin assassiné au bout de deux années de règne ; Edouard VI d'Angleterre, qui ne règne que quatre ans jusqu'à sa mort à seize ans ; Charles IX de Suède, fin politique partageant le pouvoir, rédacteur d'une chronique des lois de Suède, ne régnant que cinq ans ; Henri III de France et ses " mignons ", assassiné ; Louis XIII de France, déléguant son pouvoir à Richelieu ; Charles VI de Habsbourg, prince esthète sans héritier mâle ; Auguste III de Pologne, libertin désertant le pouvoir et livrant son pays à lui-même ; Ferdinand VI d'Espagne, au règne chancelant, sollicitant en vain son frère de régner à sa place et finissant dans une réclusion dépressive ; Frédéric-Guillaume II de Prusse, pleutre dominé par ses favoris, un pouvoir qui tombe en quenouille ; Charles XIII de Suède, avec lequel s'instaure une monarchie constitutionnelle, sans héritier ; Paul 1er de Russie, détraqué assassiné ; Charles X de France, détrôné ; Louis-Philippe de France, détrôné ; Ferdinand VII d'Espagne, l'écroulement de l'empire d'outre-mer espagnol ; Frédéric-Guillaume IV de Prusse, une vacance complète du pouvoir, par incapacité, remplacé par son frère ; Pierre IV (du Portugal/Pierre 1or du Brésil, deux abdications ; Isabelle II d'Espagne, détrônée ; Frédéric III d'Allemagne, malade mourant au bout de quatre-vingt-dix-huit jours de règne ; Charles 1er du Portugal, assassiné ; Christian VI de Danemark, monarque adoptant une constitution instituant un régime parlementaire ; Charles II de Roumanie, renonçant d'abord au trône et, après s'y être installé, subissant une abdication : Zog 1er d'Albanie, détrôné ; Charles de Belgique, régent sur ordre de l'occupant nazi... À l'exception de Henri V d'Angleterre qui tranche par rapport aux autres, l'on tient comme une formule de réussite de la configuration le partage ou la délégation du pouvoir, forme associative de règne (Charles IX et Charles XIII de Suède, Louis XIII de France, Christian VI de Danemark). Pour le reste, avec un règne court, c'est le pouvoir qui tombe en quenouille, consacrant un déclin monarchique et, couronnant le tout, une série d'abdications et d'assassinats ! Par contraste avec les personnages du Bélier, n'avons-nous pas là notre compte avec cette " chute " du Soleil en Balance ? Qu'un astrologue fasse la moue devant cette conclusion, n'est-ce pas comme s'il commettait un péché contre l'astrologie ?

 

 

DU MENU A LA CARTE

 

Si vous aviez à choisir votre configuration, hésiteriez-vous entre une opposition Soleil-Verseau/Saturne-Lion comme Guillaume II auteur de l'effondrement de l'empire allemand, une opposition Soleil-Balance/Saturne-Bélier comme le comte de Chambord refusant de devenir Henri V de France, une opposition Soleil-Bélier/Saturne-Balance comme Louis-Philippe d'Orléans, votant la mort de son cousin Louis XVI et s'exaltant à la Révolution Française jusqu'à la guillotine, où Christian Huygens établissant l'existence de l'anneau de Saturne après avoir découvert Titan, son premier satellite ; sinon une opposition Soleil-Lion/Saturne-Verseau comme Habib Bourguiba, créateur de la Tunisie moderne ?

 

Frédéric II avait aussi l'opposition de Guillaume II, mais quelles différences d'astralités générales de l'un à l'autre ! Et l'on sait le mal que s'est donné le vieux Fritz pour être devenu le grand souverain qu'il a été. Toute configuration en soi est relative, les dignités et débilités comme les autres. Ce n'est pas une raison pour les négliger, encore qu'il faille en user avec subtilité. Il y a lieu, en effet, d'être interpellé par elles. L'énormité de l'effondrement de Napoléon, sa déchéance avec son exil, n'est-elle pas toute dans l'opposition Lune-Capricorne/Saturne-Cancer sortant du méridien ? Quel contraste entre le catastrophique Hitler Saturne-Lion-MC et le réunificateur de l'Allemagne Helmut Kohi Saturne-Capricorne-MC ! Certes, cette donnée seconde compose avec tout le reste, mais ne négligeons pas pour autant la filière de ses réseaux informateurs. Voyons-en une esquisse à propos du Mars des militaires et autorités des deux guerres mondiales.

 

A la première, face au Mars-Lion de George V d'Angleterre et au Mars-Capricorne-AS de Raymond Poincaré, Guillaume II a un Mars-MC en dissonance de son opposition Soleil-Verseau/Saturne-Lion et affecté par Lune-Scorpion opposée à Uranus-Taureau. Empereur au surplus entouré d'abord des deux Mars-Cancer, feldmarshall von Schlieffen et général von Kluck, qui ne se relèvent pas de la défaite de la Marne en 1914. Puis du feldmarshall von Hindenburg Mars-Taureau et de son chef d'État-major von Lundendorf Mars-Cancer. Au passage se signalant le Mars-Balance Luigi Cardona avec illustrissisme défaite de Caporetto en 1917. Liste à laquelle se joint le Mars-Cancer-MC de Charles 1er d'Autriche-Hongrie qui sombre dans la défaite militaire de 1918.

 

A la Seconde Guerre mondiale, la défaite française de 1940 fait écho à la conjonction Soleil-Mars-Balance de Paul Reynaud et au Mars-Cancer du généralissime Weygand, un autre Mars-Cancer, le général Dentz, étant chargé d'accueillir l'ennemi à Paris en juin 1940. Ce n'est pas " gratuitement " qu'avec une conjonction Soleil-Pluton-Taureau et un Mars-Balance-MC en opposition de Vénus-Bélier-FC, le maréchal Pétain abandonne le combat en 1940 et - à 84 ans : réception mutuelle du maître de X en IV et du maître de IV en X - " accepte le désastre militaire comme pavois de son élévation " (de Gaulle) ; qu'il est au surplus le chef d'État d'une France de un million et demi de prisonniers de guerre, " en captivité ", que grossit ensuite un million de civils, eux aussi exilés sous l'étiquette du Service du travail obligatoire ; outre qu'il finit lui-même exilé à Sigmaringen puis à l'île d'Yeu ! Son Mars-Balance -qui fait la paire avec Mars-Taureau de Laval - renvoie aussi à celui du général Bridoux, son ministre de la guerre, qui ordonne à l'armée française de se démobiliser à l'invasion de la zone libre par les nazis en novembre 1942 (subtilité : ce n'en est pas moins un Mars-Scorpion que détient l'amiral de Laborde qui ordonne alors le sabordage de la flotte française à Toulon ; mais un Mars à l'opposition de Neptune que charge Saturne en Poissons).

 

Du côté allemand, la fortune des armes pouvait-elle indéfiniment sourire à un Hitler détenteur d'un carré antice Mars-Taureau/Saturne-Lion prolongé par Lune-Jupiter en Capricorne ? Confiant d'abord ses armées au Mars-Cancer von Brauchitsch, qui marque l'arrêt de la Wehrmacht devant Moscou, puis fondant son espoir dans la victoire du Mars-Balance Rommel, un autre Mars-Balance Keitel signera la capitulation de l'Allemagne à Reims le 9 mai 1945. Alors que Staline a Mars en Scorpion et que culmine un Mars-Capricorne chez Eisenhower, tandis que le Mars-Balance de Churchill est conjoint à Jupiter.

 

L'enquête doit se poursuivre dans l'élaboration subtile de ce qui émane de plus spécifique du rapport astre-signe. Il m'a déjà été donné de lier " l'exil " de Saturne du Cancer au départ de sa famille : " Tu quitteras ton père et ta mère ", et celui de Saturne du Lion à l'abandon des siens : " tu seras quitté par tes enfants " : épreuves spécifiquement saturniennes. D'autres formules éclairantes sont souhaitées.

 

Pascal, qui a un Saturne-Lion probablement en première position, nous en livre une non moins pure : " Le moi est haïssable ". Douloureux désinvestissement vital, il est vrai, qui le plonge dans l'angoisse d'une condition humaine comme étranger en exil sur cette terre : " En voyant l'aveuglement et la misère de l'homme, en regardant tout l'univers muet, et l'homme sans lumière, abandonné à lui-même et comme égaré dans ce recoin de l'univers, sans savoir qui l'y a mis, ce qu'il y est venu faire, ce qu'il deviendra en mourant, incapable de toute connaissance, j'entre en effroi, comme un homme qu'on aurait porté endormi dans une île déserte et effroyable et qui s'éveillerait sans connaître où il est et sans moyen d'en sortir. Et, sur cela, j'admire comment on n'entre pas en désespoir d'un si misérable état. "

 

Toujours Saturne du Lion : avec un carré de la Lune, c'est comme en exclu et chargé de culpabilité que Jean-Jacques Rousseau ressent sa détresse initiale : " Je naquis infirme et malade : je coûtai la vie à ma mère. " Avec une opposition lunaire angulaire, c'est une même déficience vitale qui mine l'archiduc Rodolphe jusqu'au suicide. Et quand ce n'est plus fragilité, cela devient monstruosité, qu'on en soit l'auteur (Hitler, la déportation de 12 millions de personnes en Allemagne : Saturne en MC) ou la victime (l'exilé de l'île du Diable, Alfred Dreyfus : Saturne en VII). A moins que le problème trouve refuge dans la philosophie en échappée vers une transcendance : Hegel et Fourier, Bergson et Husserl, Heidegger et Wittgenstein...

En refermant ce dossier, il devrait apparaître que le problème des maîtrises, au vocable quelque peu folklorique incitant dangereusement à la dépréciation, ne se traite pas à la hâte en théorisant à tous crins jusqu'au dérapage du raisonnement dans le vide, car le sujet est subtil et il faut garder le contact en permanence sur le terrain, puis juger des résultats obtenus.

 

Ici, comme ailleurs, la petite république des astrologues ne doit point ressembler à un far-west où chacun joue du pistolet comme au western, les balles, en l'occurrence, purement verbales, ne réglant rien : erreurs, contresens, illogismes, absurdité, délire... Alors qu'en réalité là où l'on décrète de l'impossible, place est faite non seulement à du possible, mais même à du nécessaire. Aurai-je convaincu mes estimés confrères conditionalistes ? Cela devrait mais j'en doute, car il faut se confronter à son erreur et la reconnaître, ce qui n'est pas facile quand on est sûr de soi comme l'est R.P. N'empêche, à tout le moins, cette exploration devrait les inviter sérieusement à la réflexion, tout en encourageant la grande majorité de ceux qui utilisent les maîtrises à continuer.

Nota. - A propos du thème de Peynet, attention à la simplification rappelant Michel Gauquelin nous balançant le cas de Himmler " né sous le doux signe de la Balance "... Ne connaissant pas le personnage, j'ignore ce qu'il faut penser de son Scorpion. Ce qui est sûr, c'est que sa Vénus-Balance en X va parfaitement à un dessinateur qui s'est illustré à répéter indéfiniment son fameux couple d'amoureux : peut-être bien même d'une façon obsessionnelle (Scorpion).

 

On peut résumer chiffres en main : les 15 souverains Bélier réunissent 421 années de règne, presque autant que les 27 souverains Balance qui en rassemblent 443, la moyenne étant de 16 ans ½ pour la Balance et de 28 ans pour le Bélier. Et avec la Danoise Margrethe qui est déjà sur le trône depuis un quart de siècle, les Béliers dépassent les Balances qui sont pourtant presque deux fois plus nombreux, outre un détrôné et un démissionnaire d’un côté, et de l’autre, six détrônés et quatre assassinats (plus d’un tiers !)…

 

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