Astrologie Mondiale
(Théorie)

 

" L a  B R E C H E "

LE MONDE à l'envers ?

La possibilité croissante d'un voyage interplanétaire paraît entraîner, aux yeux du plus grand nombre, la possibilité d'appliquer aux “ mondes ” extra-terrestres le système de références, forcément anthropocentrique, qui fonctionne tant bien que mal ici. Cette conclusion vous semble-t-elle “ aller de soi ” ? Permet-elle notamment de spéculer sur les réactions mentales et les appréciations intellectuelles qui seraient celles des futurs “ cosmonautes ” ? Au cas où un tel voyage (aller et retour) aurait effectivement lieu, serait-il ou non de nature à provoquer une crise incontrôlable de l'entendement, où la notion même de culture deviendrait dérisoire ?

LE MONDE A L'ENVERS ?

suite des réponses à notre enquête *

Voir La Brèche n° 2

André Barbault

 

 

Au regard d'une certaine version astrologique, la question posée appelle la considération de deux aspects bien distincts du problème.

Il y a, tout d'abord, le fait même de se trouver en situation extra-terrestre, sous condition d'un nouveau régime planétaire.

Le champ de la détermination astrale, dont s'efforce de rendre compte l'observation astrologique, est celui de la structure intime de l'âme humaine dans toute sa subjectivité : le microcosme psychique répond au macrocosme géocentrique dans un système de références anthropocentrique.

Du moment où l'on quitterait la Terre pour aller vivre sur une autre planète, on passerait sous le régime d'un autre macrocosme ; celui, par exemple, du système chronocentrique si l'on devenait “ saturnien ”. C'est alors aux rythmes particuliers de ce nouveau monde auxquels tendrait à obéir notre horloge psycho-physiologique : cinq heures de jour et cinq heures de nuit, saisons de sept années, pulsations de huit lunes tournant en huit périodes différentes, etc. Notre condition anthropocentrique devrait se trouver soumise à un véritable “ déracinement ” terrestre, accompagné de dépaysement, d'inadaptation, de crise... en attendant un nouvel “ enracinement ” sur l'autre planète. On peut aisément admettre que cette transplantation soit sans effet sur un cosmonaute qui ne fait qu'un aller-retour ; mais, à partir d'une tentative d'acclimatation, on peut envisager un “ déconditionnement ” à plus ou moins long terme, aussi grave qu'un saut périlleux et allant de pair avec une refonte fondamentale de la Weltanschauung du “ terrien ”. À cet égard, la science officielle pourrait bien avoir quelques surprises, encore que les conditions de ce transfert dépassent les limites de l'induction intellectuelle.

Mais il convient de prendre tout autant en considération l'état qui conduit au fait, la cause qui permet l'effet, c'est-à-dire la signification que revêt cette étape de l'humanité au cours de laquelle s'effectue cette immense révolution qui consiste à pouvoir et à réaliser effectivement ce saut sur une autre planète.

Ce n'est pas un hasard si l'humanité était, à maints égards, demeurée stable aussi longtemps que les frontières de notre univers solaire s'arrêtaient à Saturne, et si, découvrant coup sur coup trois planètes nouvelles, cette même humanité ait alors, en guère plus d'un siècle et demi, effectué une révolution générale qui a complètement changé la face du monde. Tout se passe comme si toute conquête ou découverte d'un corps céleste élargissant notre champ planétaire allait de pair avec un élargissement parallèle de l'expérience humaine, avec une libération d'énergies nouvelles, comme une gamme qui s'étendrait pas ses infras et ses ultras. C'est sur les découvertes du ciel que se règle la croissance de l'homme, les progrès de l'astronomie en constituant le meilleur test, comme un tableau des arts est le reflet d'une civilisation.

Or, si l'homme a pu s'octroyer le pouvoir qui lui permet de rompre le cordon ombilical qui ne l'avait jamais séparé de la Terre-mère, et de “ sauter le pas ” jusqu'à un nouvel astre, on a quelque raison d'admettre que l'aventure cosmonautique commençante, loin d'être un accident fortuit, se tisse dans une étoffe particulière de notre évolution, se greffe sur une poussée de croissance prodigieuse de l'espèce humaine. Qu'une telle révolution s'accompagne d'une recrudescence de cette crise de l'entendement, ouverte avec la grande rencontre planétaire de Neptune et Pluton de la fin du siècle dernier, cela est des plus probables. Il n'y a pas d'éclatement des cadres existants sans angoisse ni désorientation, pas d'ouverture vers un nouvel horizon sans crise des sensibilités et des consciences. Le désarroi de la vie spirituelle actuelle ne peut donc que s'intensifier sous la prochaine rencontre Uranus-Pluton de 1965-1966 qui pourrait bien marquer le début de l'ère planétaire. Et, sans pour autant jouer au prophète, ce n'est qu'une mesure parmi une série qui tend vers l'accouchement d'un nouveau monde.

 

Septembre 1962.

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