Astrologie Mondiale (Pratique)

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" MAI68 "

 

Décidément, « mai 68 » fait beaucoup parler de lui en son quarantième anniversaire, comme un moment historique de notre vie nationale. Un tel écho nous revenant, il est bon que, depuis lors, nous en rappelions le témoignage , fut-ce pour que la génération actuelle des confrères en prenne connaissance, car nous étions présents astrologiquement à l’événement.

Si le choc de l’agression du World Trade Center du 11 septembre 2001 a surpris le monde entier, astrologues compris, on ne saurait en dire autant des événements de mai 68, pourtant inattendus eux aussi, et il vaut de rappeler les informations prévisionnelles dont cette crise a fait l’objet.

Le premier texte informateur relevait de La Crise mondiale de 1965 que j’avais publié en 1963 aux Editions Albin Michel (voir « Une mascarade astrologique »). La raison de cet ouvrage était de rendre compte de la venue de la grande conjonction Uranus-Pluton de 1965, suivie de la triple conjonction Jupiter-Uranus-Pluton de 1968-1969 (il fallait remonter à 1940-1942 pour retrouver une triple conjonction de planètes lentes et c’était seulement la seconde fois du siècle avant la venue du trio Saturne-Uranus-Neptune de 1989-1993), ce qui était annonciateur d’un tournant nouveau de l’histoire mondiale, et notamment de la venue d’une « nouvelle ère révolutionnaire », véritable bouleversement de société. Or, après le développement de ce titre de chapitre, un autre y était consacré à notre pays : « France : la fin du gaullisme », où figurait le présent tableau de l’évolution du cycle Jupiter-Neptune de notre Ve République. On y notera la mention de « 5.1968 » accolée au carré involutif de celui-ci. J’ai déjà reconnu l’erreur d’interprétation – par excès de zèle - que j’avais commise, d’avoir cru au départ politique du général de Gaulle « au cours de l’année 1965 (à peu de chose près ) », à l’opposition du cycle. Nuance de la tendance, il avait seulement été mis en ballottage aux élections présidentielles par François Mitterrand, ce qui avait été un choc, le basculant sur le déclin de son pouvoir avant son départ. Du moins – rattrapage qui n’est pas dénué d’un encens de prophétisme, parole de vérité au surplus prononcée cinq-six ans à l’avance - ce chapitre se terminait-il par cette phrase sibylline, mais si frappante : « Mais le train Ve République ne risque-t-il pas de dérailler avant la fin du cycle, sous le coup de l’intrusion dans son circuit des facteurs groupés Uranus-Pluton de 1968-1969 ? ». Rappelons qu’à la suite de « mai 68 », de Gaulle abandonna le pouvoir le 28 avril 1969. La fin de l’ère gaulliste de la France allait être une grande coupure historique.

Après cet ouvrage (vilipendé par un hargneux « confrère » qui n’a jamais rien prévu, non plus que son colporteur ultérieur) allait venir le texte accompagnateur de la crise figurant dans le n° 3 de L’Astrologue , 3e trimestre 1968, traitant des « glorieuses estudiantines », où je me consacrais à une explication des événements. Le mieux est de le reproduire quasi intégralement :

« J’en arrive à notre pays qui vit en ce mois de mai des heures historiques.

Il est encore trop tôt pour cerner la véritable portée de la révolution estudiantine qui, depuis le début de l’année, déferle sur divers pays : Pologne, Tchécoslovaquie, Allemagne, Italie, France, Espagne, Etats-Unis … et qui, si distinctes en soient les motivations, répond à une évidente internationalité (c’est ce qui caractérise le fait révolutionnaire) : nul doute que nous soyons en présence d’une véritable révolution au sens historique du mot. Peut-être, avec elle, est-on déjà entré dans cette nouvelle conjoncture critique de 1968-1970 …

En tout cas, ce qu’on peut déjà dire, c’est que la conjoncture astrale de cette révolution en France est d’une lumineuse clarté. Il me semble avoir accumulé suffisamment d’observations établissant un rapport précis entre le cycle Jupiter-Neptune actuel et la Ve République (suite au précédent cycle Jupiter-Neptune lié non moins précisément à la IVe République). Une fois de plus, nous sommes au temps du carré Jupiter-Neptune. Formé déjà en septembre 1967, cet aspect de retour n’est exact qu’à 4 minutes près, puisque le 23 avril Jupiter ne stationne qu'à 25°50 du Lion alors que Neptune est alors à 25°46 du Scorpion. Une fois de plus, on constate qu’il ne faut pas se laisser hypnotiser par l’exactitude du chiffre, l’astrologie étant affaire de rythme et de proportion et non de top chronométrique. Ce qui compte essentiellement, c’est qu’avec le stationnement de Jupiter à ces quelques minutes du carré, nous ayons là une dissonance qui dure un trimestre avec seulement quelques degrés d’orbe de mars à juin. Et ce qui prouve que cet aspect est bien en cause, c’est que les événements se sont déroulés dans les trois temps précis des interférences des rapides avec ce carré.

Du 2 au 4 mai, Mercure et Mars en conjonction passaient à l’opposition de Neptune et au carré de Jupiter. La révolte éclate le 3 mai, se développe en chaîne et bat son plein du 6 au 11 pour finir sur une grève générale le 13 mai : un quartier latin en état de siège qui se couvre d’une soixantaine de barricades, la riposte à la grenade lacrymogène par le pavé, deux cents blessés, le défilé à l’Arc de triomphe drapeaux rouges et noirs en tête et au chant de l’Internationale, l’occupation des édifices universitaires, la proclamation d’une université autonome…

Le Soleil fait à son tour la même configuration les 16-17 mai. Dans ces mêmes journées, les ouvriers prennent la relève ; en quelques jours, le pays se couvre de grèves avec occupation d’usines et est vite paralysé. C’est une grève générale d’une dizaine de millions de travailleurs qui s’installe, s’étalant sur toute la semaine du 20 au 26, le monde paysan entrant lui-même dans la danse.

Enfin, c’est le passage de Vénus du 23 au 25 mai. En tant que renouvellement de l’état de conflit, c’est la relance de la crise les 24-25 avec d’imposantes manifestations publiques des étudiants, ouvriers et paysans avec deux nuits de combats dans Paris et plusieurs grandes villes (un millier de blessés et plusieurs morts). Mais en tant que Vénus, c’est aussi, les 25- 26, la négociation rue de Grenelle entre le gouvernement et les syndicats qui amorce un accord.

On ne saurait m’accuser de vouloir « faire coller » après coup les faits avec les astralités, car cette tranche dramatique de notre histoire avait été prévue. Je prends aussi à témoin cette remarquable interprétation faite par Jean-Pierre Nicola, sous le pseudonyme de Jean David, dans Horoscope de mai, n° paru le 20 avril: «A l’heure d’une dissonance Jupiter-Neptune, la question du Marché commun tombe mal et la vie économique risque de connaître une période de désordre bien préjudiciable à la stabilité du franc et au désir des Français. Notre pays est donc à la veille de grands remous qui pourraient renforcer le germe d’une VIe République. Il y aura tout au moins des réformes telles que la Ve République entrera en partie dans le passé … ». (…) Le carré évolutif : c’est l’entrée du gaullisme dans son hiver … ».

Plutôt que de se contenter de discours aussi ennuyeux que vains dont nous sommes maintenant abreuvés (alors qu’il y aurait à débattre sérieusement), il faut réellement vivre la pratique astrologique pour faire acte de présence à l’histoire, et il convient de poursuivre ce même effort de conquête du savoir qui s’inscrit dans une démarche d’approche de dévoilement du futur.

Grain à moudre

Aujourd’hui, si l’on veut prolonger cet enseignement, nous sommes interpellés par le fait qu’à la conjonction Jupiter-Uranus de 1968-1969, à 0°-3° de la Balance (non loin de Pluton) va faire face la prochaine conjonction Jupiter-Uranus de 2010-2011 à 27° des Poissons – 0° du Bélier (en orbe de carré de Pluton). Peut-il exister, 42 ans plus tard, un processus historique de nature oppositionnelle à la manifestation vitale du cap de 1968 ? Que pourrions-nous déceler ?

Il vient à l’esprit que certains chefs d’Etat qui se sont installés à cette époque et qui, depuis lors, sont toujours en place, puissent subir le sort d’un renversement radical. Destin qui pourrait, dans un tel cas, arriver au colonel Kadhafi – on ignore sa date de naissance - qui s’est emparé du pouvoir en Libye le 8 septembre 1969, alors que Pluton, Uranus et Jupiter étaient à 24° de la Vierge, 3°et 9° de la Balance. D’autant plus que Saturne va passer sur l’emplacement de la conjonction de 68-69. Il y a là, pour ce pays, le passage probable par une nouvelle tranche d’histoire.

Donnons-nous la peine de rechercher la mutation antithétique susceptible de s’opérer de l’esprit général qui régnait en ces années 68 à celui qui tend à s’engendrer dans les prochaines années. Pareille confrontation a sa raison d’être. Ainsi est-il significatif que deux sommets opposés aient caractérisé la grande rivalité impérialiste franco-anglaise des siècles précédents : le Traité de Paris de 1763, consacrant la domination britannique, alors que le trio Uranus-Saturne-Jupiter est groupé de 10° du Bélier à 4° du Taureau, et le retour de flamme français du Premier Empire (1804) où le même trio s’est positionné en face, de 24° de la Vierge à 27° de la Balance.

On peut déjà noter quelques manifestations de contre-courant. Ainsi, le Nouvel Observateur du 3 janvier 08 a présenté un article (Notre époque : Génération blasée) de Isabelle Curtet- Poulner, intitulé : « Ces femmes anti-pilule », commençant ainsi : « Elles ont lutté pour l’émancipation sexuelle, revendiqué le droit de jouir sans entraves et défendu la libéralisation de la contraception. Pour ces pionnières, les premières à avoir adopté la pilule, la loi Neuwirth était plus qu’une conquête : une révolution. Elles font aujourd’hui figure d’anciennes combattantes. Quarante ans après l’irruption de la fameuse plaquette dans les chambres à coucher, les jeunes générations, elles, sont blasées. Quand elles ne nourrissent pas des réticences à son encontre … ». Et de trouver la pilule « ringard », de lui chercher des poux dans la tête, les trentenaires la délaissant, les jeunes générations se comportant vis-à-vis d’elle en enfants gâtés etc …

Chemin faisant, rien n’empêche même de tenter aussi d’établir, cette fois, un lien de retour de cyclicité 84 ans plus tôt, en reliant cette conjonction Jupiter-Uranus qui va arriver à celle de 1927-1928 qui se produisit fin-Poissons/entrée-Bélier. N’ai-je pas déjà, par exemple, établi un pont, dans : « Quand Uranus parcourt le Sagittaire » entre sa traversée antérieure de 1898-1904 et la dernière de 1982-1988 ? De même qu’avec celle d’Uranus en Capricorne, de 1905-1912 à 1988-1995, nous sommes passés de la découverte de l’atome au décryptage du génome, essence et quintessence, cristallisation, noyau, structure, relevant du signe. C’est précisément en tissant l’interconnexion de tels liens entre le passé et le présent que le savoir astrologique devient réalité vivante.

 

Paris, 8 avril 2008.

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