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LA  MONARCHIE  DE  JUILLET

Avec le concours de Didier GESLAIN

De la même manière qu’en entrée en matière, il avait fallu d’abord saisir la Restauration de son point de départ à son point d’arrivée, voyons maintenant comment se présente la configuration de la monarchie de juillet dans la comparaison de son début, lorsque Louis-Philippe est, devant les Chambres réunies à Paris, consacré roi des Français le 9 août 1830, et de sa fin, lorsqu’il abdique aux Tuileries le 24 février 1848.

Dans son texte : « Sur la durée du mandat présidentiel » (L’astrologue n° 131, 3e trimestre 2000), Maurice Druon, astrologue à ses heures, énumère une série importante de règnes rythmés par la révolution jupitérienne et signale notamment : « Le règne de Louis-Philippe et celui de Napoléon III se terminent l’un et l’autre au bout de dix-huit ans. »  Durée qu’accompagne un tour nodal.

 On remarque, en effet, sur les deux figures qui suivent que Jupiter est à 8° du Capricorne quand le nouveau roi s’installe aux Tuileries, et qu’il est en face du Jupiter à 10° du Cancer quand il en est délogé. Ce qui s’interprète historiquement. Dans son Histoire de France, Jacques Bainville déclare : « Louis-Philippe, ne pouvant se réclamer de la légitimité, comme Louis XVIII, ne s’appuyant pas non plus sur le plébiscite comme Napoléon (…) c’est sur la question du droit de suffrage que la monarchie de juillet, au bout de dix-huit ans, est tombée. » Le pouvoir concentré et désincarné du Jupiter du Capricorne était, en effet, celui d’un « pays légal » de seulement deux-cents milliers d’électeurs censitaires, système n’accordant le droit de suffrage qu’aux riches. Alors qu’avec le populaire et lunaire Jupiter du Cancer allait être  inauguré le suffrage universel de la Seconde République. Premier cas mondial.

Naturellement, ces antipodes joviens ne sont qu’un indice de ce changement de régime. Outre que se recompose d’une figure à l’autre une  conjonction Soleil-Saturne, partant du Lion royal pour déboucher sur les Poissons communautaires, ce qui prime dans ce recommencement historique, c’est que la monarchie de juillet s’engage sous une conjonction Jupiter-Neptune et aboutit à une conjonction Saturne-Neptune. Après la prédominance droitière du cycle Saturne-Uranus sur toute sa phase ascendante, depuis Napoléon (conjonction) jusqu’à la disparition des rois de France (opposition), l’histoire de la France bascule maintenant vers la « gauche » neptunienne, modérément à la manière jupitérienne avec la venue du « roi des Français », puis à la manière saturnienne dure avec l’aventure de la révolution prolétarienne de février 1848. On remarquera d’ailleurs que, dans la figure première, Neptune accueille Jupiter en conjonction et reçoit un quinconce de Saturne. La monarchie de juillet est une transition appréciable sur le chemin de la démocratie française, avec la prise du pouvoir par la bourgeoisie, jusqu’à ce que le cycle Saturne-Uranus reprenne le dessus à la conjonction accompagnatrice du coup d’Etat bonapartiste du 2 décembre 1851, engendrant le Second Empire.

Mais voyons d’abord le thème du nouveau roi, LOUIS-PHILIPPE, né au Palais-Royal à Paris, le 6 octobre 1773, à 9 h 40 min ; acte officiel.

Sa configuration maîtresse est la conjonction Saturne-Neptune de la Vierge en X, alors qu’elle applique au MC tout en étant au  sextil de l’AS, en parallèle de déclinaison du Soleil et en aspect de la Lune. Cette position-clé est frappante :  voici un monarque qui s’installe sur son trône sous le passage de la conjonction Jupiter-Neptune de 1830 au trigone de cette conjonction, et il en sera dépossédé à celui de la conjonction Saturne-Neptune de 1848 sur son FC (opposition au MC), Saturne arrivant même à l’opposition de sa propre conjonction Saturne-Neptune .

Le secteur X étant le lieu de la carrière, c’est cette grande conjonction qui signe le style de son règne : une singulière configuration pour un monarque, le cycle de ces deux planètes étant celui des révolutions. Outre que le signe double de la Vierge a valeur de passation d’un état à un autre, d’ambiguïté, de bâtardise et d’ambivalence.

Le parcours de Louis-Philippe en est chargé. Il est le fils du duc d’Orléans, branche cadette de la dynastie, surnommé Philippe-Egalité, lequel compose avec les révolutionnaires de la Révolution française, au point d’avoir voté pour la mort du roi Louis XVI, son cousin, n’échappant pas lui-même à la guillotine en 1793. Devenu à son tour duc d’Orléans, il combat pour défendre la patrie à Jemmapes, sous le drapeau tricolore des révolutionnaires. Le voici bien parti pour réconcilier en sa personne l’ancien régime et la révolution. Tout en étant, en 1793, proscrit et tenu en suspicion par les émigrés. Plus encore, avec cette conjonction en X, c’est une révolution qui le hisse au pouvoir, un pouvoir né des barricades, surgi d’une émeute populaire. Et cette accession au trône vient d’une bourgeoisie libérale qui réussit à faufiler, entre républicains et bonapartistes, un roi en quelque sorte en demi-solde, en porte-à-faux sur son trône, ne tenant sa couronne ni de sa qualité de Bourbon, de prince de sang, au point d’être même « l’usurpateur » pour les légitimistes, ni d’un plein consentement populaire, d’un vrai suffrage électoral. Et c’est aussi une révolution qui le chassera de son fauteuil royal. Saturne en X …

Dans une telle précarité se dégagent les valeurs virginiennes d’ infériorité, en diminution, en restriction saturnienne. Ce n’est plus le roi de France, mais le roi des Français, le roi-citoyen de cette monarchie bourgeoise, descendue de sa hauteur. Aux Tuileries, Louis-Philippe mène une vie simple et bonhomme. Vêtu en bourgeois, on le rencontre à pied dans Paris, coiffé d’un chapeau gris, son parapluie à la main ou sous le bras, s’arrêtant parfois pour causer avec des gens de toute sorte. Et, sans précepteurs,  ses fils font leurs classes au collège Henri-IV avec les enfants des bourgeois. Au château, le cérémonial disparu, la modestie règne. Toutefois dans la note  d’un Jupiter en IV et en signe de Ve, c’est-à-dire dans une vie familiale épanouie, avec la reine Marie-Amélie, faisant sa tapisserie ou son crochet, et tenant le cercle avec ses huit enfants, dont cinq fils. La famille d’Orléans devient même le modèle des maisons princières d’Europe, menant une heureuse existence aux Tuileries. Le Soleil n’en était pas moins « en chute » en Balance.

Mais la politique elle-même est aussi soumise à l’économie virginienne. Chateaubriand parlera du « pot-au-feu d’une monarchie domestique ». Vibrant déjà d’ une fièvre révolutionnaire européenne, les adversaires républicains rêvent de croisades pour la liberté, de secourir les pays en aspiration nationaliste : Belgique, Pologne, Italie … Quitte à passer pour médiocre, pusillanime ou poltronne, et à se voir reprocher de s’incliner devant l’Angleterre, la Monarchie de Juillet entend vivre tranquillement en paix, réalisant même  un début d’ »Entente cordiale » avec les voisins britanniques. « Humilier la nation », c’est le reproche masochiste constant que fera l’opposition tout au long du règne. Faut-il s’en plaindre ? Qu’apportent les guerres, même justes ? L’aventure est-elle gagnante ? Mais, pressentait Lamartine peu avant l’explosion de 1848, comme si le pays était assoupi dans quelque médiocrité : « la France s’ennuie » …

Venons-en maintenant au personnage lui-même. Il y entre, naturellement, la part de la conjonction déjà observée, faisant valoir surtout Saturne en Vierge ; mais cette donnée est en duo avec la triple conjonction AS-Vénus-Mars en Scorpion. Le tout compose un caractère « anal » caractérisé, dans son duo retenu-relâché, où prévaut néanmoins le « constipé » : l’homme rangé, ordonné, bien calé dans ses petites habitudes, méticuleux, économe, parcimonieux, temporisateur, ergoteur, sinueux, enclin à louvoyer, tortueux même. Une spontanéité martienne débordant dans l’imprudence compense parfois cette retenue chargée d’arrière-pensées et de duplicité. Ce n’est assurément pas un homme qui se donne d’emblée, en toute clarté, et l’on ne peut être sûr d’adhérer vraiment à sa personne ; ce qui n’a pas manqué de lui nuire. En plus, non sans quelque obstination, l’homme est intéressé à son avoir, qu’il n’a pas manqué d’arrondir, sa fortune immobilière répondant à son Jupiter en IV. En bon propriétaire, il lui plaisait de planter, de maçonner, d’administrer les biens royaux, reconstruisant et remeublant Rambouillet, sauvant Versailles de la ruine. « Je déteste la guerre, je n’aime ni le jeu ni la chasse, je n’ai point de maîtresse ; et vous savez, Guizot, si j’enrichis mes favorisés ! Au moins, je veux faire travailler les ouvriers, encourager les arts, laisser de beaux monuments à la France. Ce sont là mes folies ! Celles de mes prédécesseurs ont été parfois moins innocentes »  . Tout cela n’empêche nullement sa composante vénusienne (l’astre à l’AS avec le Soleil en Balance) de s’exprimer en homme affable, courtois, paisible, en époux affectueux, en père aimant et aimé. Quoique son tranquille bonheur de vivre puisse être vite sujet à l’irritabilité, derrière Vénus étant Mars en Scorpion. Il est vrai que ce Mars en XII s’est trouvé investi principalement par la haine occulte répandue sur sa personne – la monarchie est traînée dans la boue -  à travers des brochures et caricatures de toutes sortes (la tête en poire …), allant jusqu’aux attentats – celui de Fieschi du 28 juillet 1835, où moururent dix-huit personnes, et d’Alibaud du 25 juin 1836, entre autres – auxquels il a échappé, comme si Vénus conjoint à Mars l’avait protégé.

Au cours de son règne, Louis-Philippe s’est adjoint la participation de plusieurs présidents du Conseil. Après quelques mois de tâtonnement à composer une équipe gouvernementale où La Fayette tenait le rang de vedette, le roi se donna comme premier chef d’Etat,  le 3 novembre 1830, le banquier Jacques LAFFITTE. Né à Bayonne le 24 octobre 1767, celui-ci était parti de peu, ayant commencé comme clerc de notaire, et, banquier lui-même, il avait fini par devenir régent puis gouverneur de la Banque de France. Député libéral, financier du National, journal de l’opposition, et son hôtel étant devenu l’un des principaux foyers de l’insurrection de juillet 1830, le roi pouvait lui renvoyer la balle. Belle figure d’aventurier en son genre, qu’on peut imaginer né au lever d’Uranus-Taureau, avec encore l’AS-Bélier renvoyant à une conjonction Mars-Jupiter : sans bagage moral, intellectuel ni politique, mais sûr de lui, ayant réponse à tout et d’un robuste optimisme, professant le culte de l’argent avec arrogance, prônant une politique démagogique à l’intérieur et aventureuse à l’extérieur, il n’allait pas tarder à découvrir que le char de l’Etat ne lui obéissait pas. Il fut congédié le 12 mars 1831.

Son successeur fut Casimir PERIER , né à Grenoble le 11 octobre 1777, sans heure connue (acte dans le « C. P. » de Madeleine Bourset, Publication de la Sorbonne, 1994). Toutefois, au relief de son caractère tranché – c’est un  homme à poigne, un « dur » - on risque peu de conférer une angularité à son opposition Mars-Uranus, et la meilleure qui soit est d’accompagner Uranus, maître du MC à l’AS, avec Jupiter du Lion au FC, ayant été initialement porté par une souche familiale fortunée.

Ce fils de banquier est un homme d’affaires autoritaire, cassant, despotique, mais habité d’une conviction forte ; et, avec lui, pas de palabres, ni de déclarations et autres demi-mesures : un homme d’Etat allait conduire la France. Il avait déjà fait ses preuves à la présidence de la Chambre où il menait ses hommes à la baguette. Avant sa nomination, il commence par poser ses conditions au roi, ayant acquis la promesse d’agir à sa guise et tenant même celui-ci, ainsi que le duc d’Orléans, à l’écart du Conseil des ministres ! Un jour qu’il est fraîchement reçu à la cour, il pose un ultimatum et aussitôt tout rentre dans l’ordre. Ses ministres, ainsi que les fonctionnaires, sont tenus de marcher droit. Il brave l’impopularité pour asseoir le régime avec l’appui de la police et de l’armée, brisant toutes les oppositions. Une anticipation de dictateur, mais le pays se redresse.

Il représente le pouvoir d’un Soleil puissamment aspecté. Tenant, dans une ténacité inhumaine, à stabiliser la monarchie dans le cadre de la Charte. Il était craint de tous, fixé dans son but d’affermir l’Etat. Somme de travail énorme (sa conjonction saturnienne en VI) jusqu’au délabrement de sa santé ; il n’y avait nul besoin qu’il s’exposât à des visites d’hôpitaux alors que sévissait une épidémie de choléra. Peu de jours avant de s’aliter, il avait reçu l’ambassadeur de Russie qui l’avait indisposé par un : « L’Empereur mon maître ne veut pas … ». Phrase interrompue par cette réplique : « Dites à votre maître que la France n’a pas d’ordre à recevoir … ». Avec son décès, le 16 mai 1832 disparaissait le plus ferme soutien de la Monarchie de Juillet. Bien que très court, son ministère fut déterminant, en instaurant l’autorité du régime. Résultat manifeste de la superposition du Soleil fort du ministre sur celui du souverain.

Le vœu secret de Louis-Philippe, qui avait supporté Casimir Périer pour le bien du pays, était de gouverner personnellement, et il prit son temps à former un nouveau ministère. Il savait ne pas pouvoir diriger seul le pays, la France restant frémissante d’un républicanisme plus ou moins insurrectionnel. Et il était habité par un Janus du pouvoir représenté par son opposition Soleil-Jupiter, sa formule étant : «Le roi règne mais ne gouverne pas. ». Sinon, gouverner en partageant le pouvoir dans une formule de cohabitation, plus ou moins heureuse (qui nous rappelle les cas de Mitterrand et Jospin).

En octobre 1832, il fait appel au duc de BROGLIE, plus raide qu’il ne pense, et qui, assisté de Guizot, Thiers et Soult, poursuit dans la voie tracée par son prédécesseur. Mais la tutelle de ce cabinet l’énerve et il lui arrive de contrecarrer la politique de ses ministres. Il lui fallait un premier ministre souple, malléable, accommodant, sans convictions prononcées, s’adaptant aux contingences. Il profita d’un vote de la Chambre renversant le ministère, pour confier la présidence du Conseil à l’oscillant Adolphe THIERS (Marseille, 15 avril 1797, 14 h, e.c. Ch. ; voir son thème dans « Le Second Empire » à venir). Il s’en débarrassa vite pour faire appel hors des partis à un de ses amis personnels, le comte Mathieu MOLLE né à Paris le 24 janvier 1781, Verseau par les luminaires et dont une conjonction Mars-Jupiter à 24-25° du Scorpion se superpose à l’AS du roi. Sous le couvert de cette amitié, le roi dirigera de fait les affaires de 1836 à 1839, à la manière de son Soleil en XI. Le « Ministère de Cour » de ce « favori » finit par soulever une coalition des parlementaires. Après le court épisode d’un second ministère Thiers le 1er mars 1840, le 29 octobre suivant, ce fut, enfin, le tour de François GUIZOT, né à Nîmes le 4 octobre 1787.

Avec lui s’ouvre une page nouvelle du jeu de bascule du Janus de l’opposition Soleil-Jupiter du roi, car le Soleil de celui-ci se juxtapose (à 2°près) au Soleil de son nouveau président du Conseil, et plus encore à une quadruplice  planétaire, comme si le nouveau venu investissait tout le poids de sa personne sur l’autorité royale : alignement promettant un couple solide et de longue durée. 

On est frappé du contraste des thèmes de Thiers et de Guizot qui cumulent les oppositions :  quatre astres du Bélier du premier faisant face aux quatre astres de la Balance du second . Flagrante est la rivalité doublée de l’antipathie respective des deux hommes. Entre le roi et Thiers, l’ambivalence est entière : leurs deux Jupiter sont à 1° l’un de l’autre, ce qui peut expliquer qu’à deux courtes reprises le premier ait confié le pouvoir au second, mais le Soleil royal reçoit, tout autant que celui de Guizot, la charge des oppositions des autres astres du Bélier du jeune Thiers, turbulent personnage enclin à l’imprudence, peu goûté de l’homme des Tuileries, d’autant que c’est à lui que revient la formule exécrée : « Le roi trône mais ne gouverne pas. »

A quoi, justement, Guizot, en face, réplique par une formule confortant le Soleil du roi : « Le trône n’est pas un fauteuil vide. ». Et entre l’un et l’autre, en commun milieu Balance, c’est une véritable collaboration qui s’installe, la direction du gouvernement étant aux mains de chacun d’eux, dans une confiance respective non dénuée d’intimité. Et c’est ainsi que le ministère Guizot durera sept années et demie.

Venons-en au thème de ce ministre. Son heure natale inconnue impliquant une version spéculative, on ne peut que tomber dans son cas sur une signature Saturne-Jupiter. Le Saturne culminant va aussitôt à l‘enfant de six ans dont le père, avocat, est guillotiné à la Terreur (on lui trouvera, adulte, un regard comme voilé de tristesse), puis à ce protestant quelque peu raide, froid et hautain, ainsi qu’à l’universitaire à l’esprit abstrait, systématique, doctrinaire, couronné comme historien de la Sorbonne. Cela eut pu lui suffire sans l’appel d’un Jupiter-AS lui donnant le goût de descendre sur le terrain de ses études, vivant alors, cette fois, en faisant lui-même l’histoire à son tour. Assurément pas comme meneur de foules, mais, précisément, sous l’aspect Jupiter-Gémeaux d’un attelage en duo au pouvoir.

Avec leur noyau Balance, le roi et lui ne pouvaient qu’aboutir à une communauté de vues politiques. Se destinant l’un et l’autre à atteindre un mieux-être à l’intérieur et à maintenir la paix à l’extérieur.

Au dedans, Guizot travaille de son mieux à la prospérité du pays. Alors que Thiers ne voit dans les chemins de fer rien qui vaille – est-ce  son Uranus en III ? – la modernité de ce nouveau Premier ministre est de s’engager dans l’industrie ferroviaire pour l’avenir du rail. En 1837, la reine Marie-Amélie avait inauguré la première ligne Paris-Saint-Germain ; en 1848, près de 2000 kilomètres de voies ferrées sont déjà en piste, contribuant sur le champ à l’essor économique. Et sans doute aussi, avec cet Uranus du Cancer en III, en écho de son Jupiter-Gémeaux, engendre-t-il un départ de l’alphabétisation des enfants en créant l’enseignement primaire (loi de 1833) qui développe l’instruction publique. En 1848, bien des jeunes savaient lire, et cette loi Guizot fonctionna jusqu’à sa reprise par la IIIe République.

Au dehors, c’est la détente et la paix qu’apporte le régime : visite en France d’une reine d’Angleterre et réception britannique du roi ! Un événement diplomatique. Une « entente cordiale » prend forme, outre qu’on se rapproche de l’Autriche et de la Prusse. Et l’on prend pied d’abord sans trop de manifestations de violence en Afrique avec la conquête de l’Algérie. De même, discrètement s’efface la pesante Sainte-Alliance des souverains contre la France, instaurée par le Traité de Paris du 20 novembre 1815, où toutefois Jupiter au trigone et sextil du sextil Saturne-Uranus avait mis fin aux guerres impériales.

Là où le bât blesse, c’est l’installation d’un conservatisme social dans ce régime qui est celui de bourgeois nantis – « enrichissez-vous ! » (Guizot) – la révolution de 1848 allant être la sanction d’une misère ouvrière qui s’était accrue alors que la prospérité de leurs affaires s’amplifiait. On jugera du triste état où en était la population laborieuse : le nombre des femmes et des enfants travaillant dans les fabriques augmentait parce qu’on les payait moins cher et il fallut une loi en 1841 pour interdire d’employer des enfants de moins de huit ans et de les faire travailler de nuit quand ils avaient moins de douze ans ! Et notamment de les faire tout simplement crever dans les mines. On en était encore là ! Et c’est ce qui discrédite tant de nos jours le régime « Louis-philippard ».

Lamartine avait annoncé la « révolution du mépris ». Elle survint en février 1848. « Les Parisiens ne feront pas de révolution en hiver », avait déclaré le roi. Le lendemain 23 février, la pluie qui tombait à flots n’empêcha pas le peuple oublié du pouvoir de descendre dans la rue. Si le Saturne culminant de Guizot avait  fait sa grandeur universitaire, il devait ternir sa fin politique, en accompagnant le Saturne en X du roi, lequel abdiqua aux Tuileries, en faveur de son petit-fils le comte de Paris, peu après-midi du 24 février. Il devait mourir à Claremont en Angleterre le 26 août 1850

La reine Marie-Amélie de BOURBON  est née au palais de Caserte, Italie, le 26 avril 1782 à 9 heures (Archives nationales de Naples, selon Oliver Spranger). Ne participant pas aux affaires de l’Etat, elle eut surtout un destin vénusien bénéfique d’épouse et de mère. Elle meurt au château de Claremont le 24 mars 1866. La version de son thème que j’ai donnée page 222 de mes Astres royaux appelle cette réserve émise par Oliver dans une de ses lettres : « Si un texte italien du XVIIIe siècle dit « alle ore 9 », sans spécifier si c’est « orologio italiano » ou « francese », il s’agit de l’usage italien, c’est-à-dire 9 heures à partir du coucher du soleil (ou d’une demi-heure plus tard) du jour antérieur. En supposant que le soleil se couche, au mois d’avril, vers 20 h ou 20 h 30 (du 25-IV) et en ajoutant une demi-heure, nous concluons à une naissance du 26 avril à 5h30 ou 6h du matin).

 

Les fils de Louis-Philippe et de Marie-Amélie :

Ferdinand-Philippe DUC D’ORLEANS. Né à Palerme le 3 septembre 1810, pas d’heure connue. Marié le 30 mai 1837 à une femme de Mecklembourg-Schwerin qui lui donne deux fils, dont Louis-Philippe-Albert, comte de Paris, qui sera Philippe VII. Il meurt d’un accident de la route le 13 juillet 1842, peut-être, une manière de vie abrégée par une opposition Soleil-Pluton ( ?). On vantait son esprit, sa noblesse, son libéralisme (trigone Mercure-Balance/Jupiter-Gémeaux).

Louis-Charles DUC DE NEMOURS. Né à Paris le 25 octobre 1814 à 17 h (La Science astrale, novembre 1906, publication Chacornac de F.-Ch. Barlet, ne pouvant s’adresser qu’aux sources officielles). Saturne est en Capricorne au MC, qu’affecte un carré du Soleil au DS. Au décès de son frère aîné, Louis-Philippe a 70 ans et son petit-fils successeur 4 ans seulement ; une régence est envisagée. La mère de l’enfant, la duchesse d’Orléans, jugée libérale et hostile à Guizot, est écartée, la régence revenant au «  prince le plus rapproché du trône dans l’ordre fixé par la Charte », c’est-à-dire au duc de Nemours, connu, lui, pour ses idées conservatrices. Vaine tentative, il est vrai : le 24 février 1848, la mère présenta l’enfant devant la Chambre qui était partie pour l’adopter, mais les républicains eurent le dernier mot.

François-Ferdinand PRINCE DE JOINVILLE. Né à Neuilly le 14 août 1818 à 13 h 40 mn (même source). Le fait historique retenu de lui est qu’il fut chargé de ramener du rocher de Sainte-Hélène la dépouille de Napoléon. Ses cendres furent ramenées dans la capitale, des Champs Elysées à l’esplanade des Invalides. Or, son Soleil en IX se superpose au Soleil de l’Empereur (à 1° près), outre la superposition (à 1° près) de leurs Lunes du Capricorne. Toujours la IX : à la conquête de l’Algérie, il participa au siège de Constantine (son Mars en X est conjoint au MC).

Henri-Eugène DUC D’AUMALE. Né à Paris le 16 janvier 1822 à 21 h 15 mn (Moniteur universel du lendemain). Un beau lever de Mars en Vierge et l’on retient son glorieux fait d’arme à la conquête de l’Algérie. Le 16 mai 1843 – il a 23 ans – quand, avec 500 cavaliers, il fait une charge sur plusieurs milliers d’hommes de la smala : en moins d’une heure, tout fut bousculé, renversé, capturé ! Le 23 décembre 1847, Abd-el-Kader se livre à lui à Sidi-Brahim.

Antoine Marie Philippe DUC DE MONTPENSIER. Né à Neuilly sur Seine le 31 juillet 1824 à 17 h 40 mn (La Science astrale, nov.1906). Le plus jeune fils de Louis-Philippe que son père marie en 1846 à l’infante Marie-Louise, sœur de la reine d’Espagne Isabelle II, dans une intention de succession au trône (conjonction Soleil-Vénus du Lion en VII). S’il devient un général espagnol (Mars culminant), son agitation libérale le fait bannir du pays en 1868 (son Mars en IX est en Balance et au carré de Jupiter). Il fera une vaine tentative de candidature au trône en 1870 (sa conjonction solaire est au carré du MC), son gendre allant devenir en 1873 Alphonse XII.

Le COMTE DE PARIS. Paris, 24 août 1838, 14 h 50 , e.c.. A la mort du comte de Chambord – Henri V – le 24 août 1883, le droit de la couronne passa à la branche cadette, le comte de Paris, fils du duc d’Orléans, lequel prendra le titre de Philippe VII. Mais ce sera un roi fictif qui ne régnera pas. Sans doute avait-il reçu cet héritage d’un Soleil en VIII, mais celui-ci était en dissonance d’une opposition Lune-MC/Pluton-FC, au surplus en double carré de Mars. Pas plus que ne régnera son fils (York-House près de Twickenham, Angleterre, le 6 février 1869 à 13 h 50, version donnée par A.J. Pearce dans Text Book of Astrology), pseudo Philippe VIII, ni son MC, ni son Soleil n’étant dignifiés.

 

LE MONDE SOUS LA MONARCHIE DE JUILLET

 

Personnages politiques :

Emeutes, insurrections, conspirations, attentats, longtemps la menace pèse sur cette Monarchie de Juillet, où le roi-Balance – tant sa position n’est pas assurée – donne l’impression de n’être qu’un arbitre des divers courants des absolutistes, constitutionnels, républicains et révolutionnaires. Voici un éventail des personnages les plus en vue.

Adolphe THIERS (Marseille, 15 avril 1797 , 14 h, e.c. Ch.). Né alors qu’Uranus entre en conjonction de l’AS-Lion et que Mars applique au MC – un Mars vitalisé par les présences de Soleil-Mercure-Vénus-Jupiter en Bélier – outre une Lune du Sagittaire opposée à Saturne en X, ce Rastignac dévoré d’ambition fait déjà de courtes apparitions au long de ce règne, en Bélier turbulent et mobile (Mars en Gémeaux) : Premier ministre éphémère en 1838, puis en 1840, basculant du service à la monarchie à l’opposition, tantôt avec Guizot, tantôt contre, réactionnaire et homme de gauche à l’occasion … On le retrouvera au Second Empire.

Pierre-Antoine BERRYER (Paris, 4 janvier 1790, e.c. sans heure). Grand avocat des procès en vue (Ney, Cambronne, Lamennais, Chateaubriand, prince Napoléon), ce ténor répond à une Lune du Lion réunie à une conjonction Mars-Jupiter, laquelle, à l’entrée de la Vierge, aspecte une conjonction Soleil-Mercure en Capricorne. Ce qui convient à sa condition de catholique et légitimiste, à la fois amoureux de l’ordre et ouvert aux réformes, passant de la branche aînée des Bourbons à l’orléanisme, et même préconisant le suffrage universel pour mieux asseoir le régime de la Seconde république, finissant hostile au coup d’Etat bonapartiste.

Le comte Charles de REMUSAT (Paris, 14 mars 1797, 20 h, e.c.). Une longue carrière de député orléaniste libéral (1830-1847), devenant Ministre de l’Intérieur dans le cabinet Thiers (1840) dont il devient un proche. Ralliement à la Seconde République, puis fait partie des proscrits après le 2 Décembre (jusqu’en 1859). Sous la Troisième République, fait un bon Ministre des Affaires Etrangères (1871-1873) et contribuera à l’élaboration des lois constitutionnelles de 1875. Ouvrages d’histoire et de philosophie. Avec une Lune maîtresse du MC à l’AS, il a l’humanisme d’une conjonction Soleil-Jupiter des Poissons.

Odilon BARROT (Villefort, Lozère, 19 juillet 1791). Avocat des conspirateurs du régime, député libéral, est l’un des plus notoires adversaires de Molé (opposition des Soleils), au point de devenir le chef de l’opposition dynastique. Il est de ceux qui engagent la « campagne des banquets » à l’origine de la chute du régime. Devenu ministre de la Justice en 1848, il se rallie au prince Louis Napoléon, lequel, devenu président, le nomme Premier ministre en 1849. Il n’en sera pas moins arrêté au 2 Décembre. Fin d’une carrière politique vacillante, à l’image des carrés du Soleil et de Mercure à une opposition Saturne-Neptune. »Il pensait profondément à rien », a dit de lui une mauvaise langue.

Armand CARREL (Rouen, 10 mai 1800, 23 h, e.c. L.). Sous la monarchie de Juillet, ce rédacteur en chef du National est posé comme chef de l’opposition républicaine. Sa pensée était ancrée sur la revanche de 1815 : qu’il n’y ait plus un seul soldat prussien sur la rive gauche du Rhin. Entendant opposer à la Sainte-Alliance des rois celle des peuples, la mission républicaine de la France, largement partagée à l’époque par la gauche, étant de secourir les nations opprimées par l’absolutisme : Pologne, Italie, Belgique … Une belle impossibilité Il mourra le 24 juillet 1836 d’un duel au Bois de Boulogne contre Emile de Girardin. A propos de celui-ci, le dictionnaire Vapereau déclare : « Né en Suisse, de parents légalement inconnus. Son état civil qui lui donne pour famille des personnages imaginaires, le fait naître le 22 juin 1806 ; mais l’acte de notoriété qu’il a dû substituer plus tard à cette fausse déclaration, reporte l’époque de sa naissance à 1802. » On ne sait donc pas la naissance de ce possible « Gémeaux » fondateur de la presse moderne. Pour revenir à Armand Carrel, son républicanisme messianique s’inscrit dans le grand triangle de son MC avec son Jupiter du Cancer au DS au trigone de Mars-Pluton en Poissons, Neptune étant en X.

Armand MARRAST (Saint-Gaudens, H. G., 5 juin 1801). Le persifleur et railleur (Gémeaux) « marquis de la Révolution » avec sa Tribune, laquelle aura, grâce à lui, le courage de soutenir 114 procès de 1830 à 1834 (91 acquittements et 23 condamnations) ! Il méritera de devenir maire de Paris, puis président de l’Assemblée nationale en 1848, étant aussi l’un des auteurs de la constitution de la Seconde République.

Jules BAROCHE (Paris, 19 novembre 1802, 11 h, e.c.). Porté par un trigone de Mercure du Scorpion au MC à Mars au DS, cet avocat a défendu des conspirateurs républicains, et la politique de Guizot fut sa principale cible. L’homme n’en est pas moins contradictoire avec une conjonction Soleil-Neptune du Scorpion en X qui le fait rêver et une restrictive conjonction Lune-Saturne de la Vierge en VIII (il fut orphelin de très bonne heure ) quand il est au pouvoir. En 1848, à l’Assemblée et ministre de l’Intérieur, il ne cesse de voter avec les conservateurs. Puis, ministre de l’Intérieur, il contribue à faire adopter la loi du 31 mai 1850 qui supprime de fait le suffrage universel.

Victor COUSIN (Paris, 28 novembre 1792, sans heure, e.c.). A la tête des représentants de l’Université à la Sorbonne, ce « pape philosophique « est le maître à penser du libéralisme de 1830. Il détient presque la magistrature intellectuelle du philosophe officiel de la Monarchie de Juillet. Incarnation idéale de l’intellectuel libéral et maître de l’éclectisme, il y accumule les charges et les honneurs. On n’aurait pas été étonné qu’il eut son Uranus du Lion au MC et son Jupiter du Scorpion à l’AS. Contentons-nous d’observer qu’il est homme de trois oppositions, dont celle des luminaires du Sagittaire aux Gémeaux, cet esprit ouvrant les bras au tout venant de son temps.

Alexis de TOCQUEVILLE (Paris, 29 juillet 1805, 3 h, e.c.). Historien-juriste auteur « De la démocratie en Amérique » où il expose ses idées libérales, son nom évoque la démocratie elle-même, que symbolise parfaitement sa conjonction Jupiter-Neptune triangulée à l’AS et au MC où ces astres sont au surplus dignifiés. Député depuis 1839, à l’opposition, il réclame des réformes et formule des avertissement prophétiques : « N’aperçoit-on pas le sol qui tremble de nouveau ? Un vent de révolution souffle : la tempête est à l’horizon ». (à la Chambre en janvier 1848). Il sera ministre des Affaires étrangères dans le cabinet de Barrot et arrêté au 2 Décembre.

Alexandre LEDRU-ROLLIN (Paris, 2 février 1807, sans heure, e.c.). Un Verseau en rejet du conservatisme (carré solaire à Saturne) et à fortes motivations de pensées avec une conjonction Mercure-Jupiter du Capricorne au trigone de Mars. Cet avocat, journaliste et orateur populaire, devenu député en 1841, au centre d’une poignée de «radicaux » à la Chambre, est un grand adversaire de Guizot, prônant déjà le suffrage universel. Leader de la « campagne des banquets » qui fait basculer l’histoire, il est en première loge également à la révolution de février 48, naturelle étant sa présence au gouvernement provisoire, comme ministre de l’Intérieur. Mais il est déjà exclu du pouvoir par Cavaignac aux Journées de juin. Réélu en mai 1849 à l’extrême-gauche, un appel à l’insurrection le contraint à s’enfuir à l’étranger. Il s’était présenté à la candidature pour la présidence de la Seconde République.

Armand BARBES (Pointe-à-Pitre, Guadeloupe, 18 septembre 1809, sans heure, e.c.). On comprend aisément qu’avec une triple conjonction serrée Mars-Saturne-Neptune, et sous aspect solaire, que ce bourgeois fortuné ait été un républicain passionné, au point d’être devenu un chef radical de l’opposition de gauche sous Louis-Philippe. En s’exposant jusqu’à écoper plusieurs condamnations à la prison et en arriver même à un jugement de peine capitale après l’insurrection de 1839. Il sera gracié à la suite d’une intervention de Victor Hugo, et emprisonné au Mont Saint-Michel. Libéré de sa détention perpétuelle en février 1848, il devient député de l’extrême-gauche. Il prendra part à la journée du 15 mai, qui lui vaut une nouvelle détention perpétuelle. Il ira jusqu’à refuser la grâce de Napoléon III et les amnisties. Il finira par s’exiler volontairement en 1854. On peut se demander si sa triple conjonction martienne n’est pas en XII, un Soleil en X s’accordant, du même coup, avec une telle passion de la vie publique.

Auguste BLANQUI (Puget-Théniers, A.M., du « 19 pluviose de l’an 13 », soit le 1er février 1805 à 1 h, e.c. Symours). L’humanité d’une conjonction Jupiter-Neptune en I, en  extrémisme d’esprit d’un Mercure du Capricorne au carré d’une conjonction Saturne-Uranus, et traitée dans le style igné d’une opposition du Soleil à Mars en Lion en sortie de culmination et au double carré de l’AS en Scorpion. Une torche ! « Ni Dieu, ni maître ! ». Ce petit homme barbu à l’œil noir et au regard de feu est une graine de révolte. Carbonaro sous les Bourbons, meneur de conspiration sous Louis-Philippe, son communisme égalitaire est anarchisant. A lui revient la palme du martyr : il passera la plus grande partie de sa vie en prison (sa conjonction Saturne-Uranus entre probablement en XII). Condamnation à mort en conseil de guerre, commuée en détention perpétuelle. Délivré de ses chaînes en février 48, il ne tarde pas à récidiver, sa manifestation du 15 mai (il trouble – seulement - l’ordre public à la Chambre) lui valant 10 années nouvelles qu’il passe à Belle-île ! En 1878, L’Egalité propose sa candidature à Bordeaux. Le 30 avril, l’emmuré de Clairvaux est élu et libéré le 11 juin, par obligation. Cet insurgé-type mourra en 1881.

 

Personnages religieux

Un réveil de l’Eglise catholique dans ce renouveau général de société est animé par trois notabilités écartelées entre la foi et la raison par de puissantes oppositions planétaires.

Félicité de LAMENNAIS (Saint-Malo, 19 juin 1782, 15 h, selon sa propre déclaration assurée). Dans un climat d’esprit de conjonction Mercure-Mars du Cancer (famille) en IX s’affronte une conjonction Soleil-Uranus à une conjonction Jupiter-Saturne en Sagittaire qui, dans une grande déchirure, fait prévoir un gigantesque saut vers des extrêmes. Ce jeune prêtre au génie orageux est d’abord un ultramontain théocrate qui veut régénérer le monde sous l’égide du pape, et qui, de catholique absolutiste, devient héraut de révolution, son conflit dans l’obédience envers Rome jusqu’à sa condamnation et son rejet par l’Eglise (1834) en faisant un anti-romain, un anti-papiste. Avec son combat à L’Avenir, qui porte comme devise : « Dieu et liberté », sa religion devenant un Dieu unique souverain, il devient le symbole des tentatives obligées de conciliation entre la tradition et le progrès social, le prophète réprouvé finissant dans les rangs républicains. Echec fécond.

Jean-Baptiste LACORDAIRE (Recey-sur-Ourse, Côte d’or, 12 mai 1802, 7 h, e.c. Ch.). Chez lui s’oppose Pluton au MC avec une conjonction Jupiter-Saturne au FC. Ce jeune prêtre rejoint son aîné à L’Avenir et combat à ses côtés pour un catholicisme social et libéral. Avec toutefois une Lune maîtresse de l’AS en IV dans la Vierge, son attache à la mère l’Eglise a le dernier mot. En 1834, il rompt avec Lamennais qui s’est séparé d’elle dans un sentiment d’exil avec sa propre Lune en XII conjointe à Neptune ; du moins, lui n’en continue pas moins de réconcilier cette sainte mère avec la société moderne issue de la Révolution. Député de Marseille en 1848, il siégera à l’extrême-gauche de l’Assemblée constituante.

Charles de MONTALEMBERT (Londres, 15 avril 1810). Avec lui se dresse  l’ opposition d‘une conjonction Mars-Jupiter à Uranus, tandis que les luminaires sont en dissonance d’une conjonction Saturne-Neptune du Sagittaire. Il lie d’abord son destin à celui de Lacordaire, condisciple de collège, et de Lamennais, étant collaborateur de L’Avenir en 1830-1831. Puis il ne cesse d’osciller : soumission à Rome suivie d’ hostilité à l’infaillibilité du pape ; apôtre d’un catholicisme libéral, tout en collaborant à L’Univers de Veuillot et en dirigeant Le Correspondant ; député passant de droite (approbation du 2 Décembre) à gauche, avec un retour à l’opposition. Son catholicisme tend à rapprocher les « fils des croisés » des « fils de Voltaire », dans la revendication finale d’une liberté de presse, d’association et d’enseignement.

Pape GREGOIRE XVI : Bellune, 18 septembre 1765. Pape depuis 1831, il condamne en 1832 les doctrines de L’Avenir en rejetant le catholicisme libéral, Lacordaire et Montalembert se soumettent ; condamné l’année suivante par une nouvelle encyclique, Lamennais est rejeté par l’Eglise. Plates astralités.

 

Les maréchaux de la monarchie de Juillet
(données archives de Vincennes)

Comte Etienne GERARD : Davilliers, Meuse, 4 avril 1773, baptisé le même jour. Probabilité d’un lever de Soleil du Bélier, avec un Mars formant un losange de sextils avec Uranus, Jupiter et Pluton. Ce fils de petite bourgeoisie rurale, engagé volontaire en 1791, peut donc faire une brillante carrière militaire, au point d’être nommé pair de France par Napoléon. Député dans les rangs de l’opposition à la Chambre depuis 1822, il se dévoue à la révolution de juillet et Louis-Philippe le fait maréchal de France le 17 avril 1830, puis ministre de la Guerre en 1834, finissant même sénateur en 1852. A Waterloo, ce bouillant Bélier avait supplié, en vain, l’immobilisé Grouchy de marcher au canon pour rejoindre Napoléon.

Comte Bertrand CLAUSEL : Mirepoix, Ariège, 12 décembre 1772. Volontaire de 1791, lui aussi, pour satisfaire un Mars du Lion, avec un Soleil du Sagittaire entre sextil de Jupiter et carré à Saturne-Neptune, s’illustre dans une remarquable retraite espagnole et portugaise. Rallié à Napoléon aux Cents Jours, il doit se réfugier aux Etats-Unis, attendant l’amnistie de 1820. Membre de l’opposition libérale, Louis-Philippe le fait maréchal de France le 27 juillet 1831, pour vivre ensuite douloureusement à son poste de Gouverneur de l’Algérie (1831-1835).

Georges MOUTON , comte de Lobau : Phalsbourg, Meurthe, 21 février 1770, baptisé le même jour. Alsacien volontaire de 1792, ce fils de famille de commerçants au Mars en Capricorne pourrait avoir été inspiré par un idéal révolutionnaire, plus que par l’armée, avec sa conjonction Soleil-Mercure des Poissons en opposition de Neptune. Il n’en fera pas moins une brillante campagne napoléonienne où il s’illustre à l’île de Lobau. Exil et amnistie, lui aussi . Député de la Meurthe en 1828, il prend une part active à la révolution de 1830, ce qui lui vaut le bâton de maréchal le 30 juillet 1831, Louis-Philippe le faisant ensuite pair de France. Note de sa configuration aquatique : commandant la Garde nationale de Paris aux émeutes de 1832 et 1834, ce soldat humain épargne aux manifestants la violence des charges de cavalerie en les dispersant par le jet d’eau de pompes à incendie.

Marquis Emmanuel DE GROUCHY : Paris, 23 octobre 1766. Un homme frappé par l’opposition d’une conjonction Soleil-Mercure à Uranus. Ce duel intérieur prend déjà corps avec le noble qui embrasse la cause de la révolution, secondant d’abord Hoche pour combattre les royalistes vendéens, puis faisant toute la campagne de l’Empire. Au retour de l’île d’Elbe, pour avoir arrêté le duc d’Angoulême, fils du futur Charles X, Napoléon le fait maréchal de l’Empire le 17 avril 1815. Nouvelle fracture : le refuge aux Etats-Unis jusqu’à l’amnistie de 1821, avec un maréchalat du proscrit suspendu par la Restauration, lequel ne sera rétabli qu’en 1831. Perpendiculaire à un carré Jupiter-Saturne, son opposition situe aussi ce militaire coincé, qui s’immobilise alors qu’il entend la canonnade de la bataille de Waterloo, une intervention de son armée ayant pu empêcher Blücher de faire sa jonction avec Wellington. Son Soleil devant être entré en Scorpion, il ne cessera, en obsessionnel, de reconstituer par la plume cette ultime bataille napoléonienne, comme pour conjurer son sentiment de culpabilité de la défaite.

Comte Sylvain Charles VALEE : Brienne le château, Aube, 17 décembre 1773. Une conjonction Mercure-Mars du Capricorne se réunit à un Soleil écartelé par une opposition de Jupiter à Saturne-Neptune. L’artilleur de l’école militaire fait son chemin, mais la politique le dessert : si Charles X l’élève, Louis-Philippe le renvoie à son agriculture, avant de lui donner finalement le bâton de maréchal le 11 novembre 1837.

Comte Horace SEBASTIANI : La Porta, Corse, baptisé le 10 novembre 1772 et né de ce jour. Probablement tôt, alors que le Soleil se lève et que culmine Mars du Lion, Jupiter étant au surplus près du FC. Tout pour que ce fils d’un modeste tailleur s’élève à travers la campagne de l’Empire, se taillant les postures d’ambassadeur, de ministre et de maréchal de France le  21 octobre 1840.

Comte Jean-Baptiste DROUET : Reims, 29 juillet 1765 « né et baptisé le même jour à l’église ». On peut tout autant supposer une naissance au lever du Soleil, lequel est en triple conjonction de Mercure-Mars-Jupiter en Lion, avec au surplus un Uranus du Bélier culminant ! Engagé volontaire comme simple soldat à dix-sept ans, les faits d’armes de ce héros intentionnel lui valent de devenir pair de France en juin 1815. Après la coupure de la Restauration, il gagne l’estime de Louis-Philippe qui le fait maréchal de France le 9 avril 1843.

Marquis Thomas Robert BUGEAUD : Limoges, 15 octobre 1784, « baptisé du jour ». Non, cet homme de conjonction Soleil-Mercure-Mars-Neptune n’est pas un révolutionnaire à la Saint-Just ou à la Lénine , celle-ci étant barrée par le carré d’une raide, ultra-inhumaine opposition Saturne-Uranus, mais, à sa manière, il est un mystique de l’armée, la caserne étant son église. Avec lui, on n’est soldat que « quand on n’a plus la maladie du pays, quand le drapeau du régiment est considéré comme le clocher du village, quand on aime son drapeau, quand on est prêt à mettre le sabre à la main toutes les fois que l’honneur du numéro est attaqué, quand on a confiance dans ses chefs, dans son voisin de droite ou de gauche ; et quand on les aime et qu’on a longtemps mangé la soupe ensemble. » Une grand-messe, en somme. Mais jusqu’à un extrémisme dangereux : « Quand on veut la fin, il faut vouloir les moyens. » Ce soldat droit dans ses bottes qui, en France, a réprimé cruellement les insurrections républicaines, son nom restant attaché à l’horrible massacre de la rue Transnonain, pratique, à la campagne de conquête de l’Algérie, une politique de terre brûlée, empêchant les indigènes de semer et de cultiver, détruisant sans pitié les récoltes, abattant les animaux, coupant les arbres fruitiers … C’est une colonisation militaire par le fer et la charrue qu’entend faire ce gouverneur général de l’Algérie (1841-1847), aux villages de soldats laboureurs dévoués au drapeau.. . ce maréchal de France, consacré en février 1843.

Comte Joseph REILLE : Antibes, 1er septembre 1775. Une bravoure de Mars en Scorpion au sextil de Soleil en Vierge et Mercure en Lion, le premier pouvant culminer et les seconds se lever, qui mène un engagé volontaire de 91 jusqu’au maréchalat le 17 septembre 1847. Son Jupiter des Gémeaux pourrait rendre compte de la flexibilité de son échine, l’homme s’étant rallié à tous les régimes, du premier Empire au second.

Vicomte Guillaume DODE de la BRUNERIE : Saint-Geoire, Isère, 30 avril 1775. Maréchal de France le 17 septembre 1847, cet officier du génie, le plus grand spécialiste français de la guerre de siège durant les campagnes de la Révolution et de l’Empire, devenu ensuite le directeur des fortifications, de Dunkerque à la Somme et celles de Paris, s’est vu recevoir le surnom de « Vauban des temps modernes ». Or, son Soleil à 9° du Taureau se superpose au Soleil de Vauban à 11° du même signe. La valeur foncière toute en puissance statique et résistance de masse de ce signe fixe est soulignée par les présences, au surplus, de Mercure et Pluton chez l’aîné, et de Lune et Jupiter chez son continuateur.

 

Les marins

Cyrille Pierre Théodore LAPLACE : Né en mer au large de Saint-Domingue le 7 novembre 1793 (Etienne Taillemite : Dictionnaire des marins français, Tallandier et Hubert Granier : Marins de France, Ed. Ouest-France). Un Soleil à 13° de Neptune avec une conjonction Mercure-Jupiter à l’entrée du Sagittaire que quitte la Lune, voilà ce qui accompagne ce mousse qui deviendra capitaine de frégate : mission scientifique et commerciale de la Favorite autour du monde (1830-1832) et voyage de l’Artémise (465 hommes) en missions diplomatique, politique et scientifique (1837-1840).

Auguste VAILLANT : Paris, 2 juillet 1793, 16 h, e.c. archives de la marine. La grande navigation d’un fils de modeste origine finissant vice-amiral en 1854 après avoir été Gouverneur des Antilles, Ministre de la Marine, capitaine de vaisseau ayant commandé la corvette la Bonite dans sa longue croisière (1835-1837). Un Jupiter du Scorpion à l’AS, puissamment aspecté, notamment d’Uranus du Lion en IX.

Abel Aubert DUPETIT-TH0UARS : Jusquant/Saumur, 49, 3 août 1793, 14 h, e.c. archives de la marine. Mousse embarqué à onze ans qui se sent avoir de la personnalité tout autant, avec le même Jupiter du Scorpion à l’AS, son Mercure de la Vierge au MC lui donnant aussi le goût de l’étude ; l’appel du voyage, quant à lui, devant lui venir surtout de son Soleil du Lion en IX, entrant en conjonction d’Uranus. Déjà lieutenant de vaisseau à vingt-six ans, il se distinguera au commandement de la frégate la Vénus (la sienne est en Gémeaux) en un vaste tour du monde (1836-1839), fréquentant des populations nouvelles. Promu en 1841 contre-amiral et Commandant de la station navale du Pacifique.

Louis Edouard BOUET-WILLAUMEZ : Brest, 24 avril 1808, 3 h, e.c., archives municipales de Brest. Un troisième Jupiter à l’AS, cette fois en Poissons, et qui fait une réception mutuelle avec Neptune du Sagittaire en IX. Ce qui ne saurait mieux aller à cet élève de l’école navale de Brest passionné par la navigation à vapeur et allant commander l’un des premiers avisos à vapeur, l’Africaine, et qui finira sénateur et amiral en 1865. Particularité de sa conjonction solaire du Taureau en II : il aura exploré la côte africaine pour y développer le commerce et y fonder des comptoirs.

 

Cas divers

Henri Beyle dit STENDHAL : Grenoble, 23 janvier 1783, pièce sans heure. Un rassemblement Soleil-Mercure-Vénus sur Pluton en Verseau. La source centrale de la personnalité de Stendhal remonte au souvenir d’une odieuse « tyrannie » exercée par son père et son précepteur, adjointe à la mort d’une mère aimée à ses sept ans, un grand-père l’initiant à l’esprit de liberté. Dans « le désert d’égoïsme qu’on appelle la vie », d’auto-analyse en exploration psychologique se dégage en lui la silhouette d’un Julien Sorel « héros ». Stendhal tel qu’en lui-même, détestant la Restauration et la Monarchie de Juillet. Dénonciateur du légitimisme, des privilèges de la noblesse et du clergé, ce révolté fait dans Le Rouge et le Noir (1830) le procès d’une société mesquine ; s’il rend odieuse la toute puissance de l’Eglise et de la Congrégation, c’est aussi le parti « ultra » du monde des salons qu’il brocarde. Dans La Chartreuse de Parme (1839), la satire politique dénonce les abus du pouvoir, le mépris des libertés individuelles d’un régime qui doit disparaître.

Eugène SUE : Paris, 26 janvier 1804, 19 h, e.c. Ch. Faut-il s’étonner que, avec le Verseau, Neptune en Scorpion soit au FC, en aspect de Vénus-Poissons, conjointe à Mercure-Verseau et Pluton-Poissons, chez ce chirurgien de la marine allant se consacrer à la littérature et commençant par des romans maritimes et par une histoire de la marine française ? Mais le terroir neptunien de l’astre du FC prend toute son envolée imaginaire avec un lever de pleine-lune, en puisant dans son humanité Verseau. Ce grand bourgeois qui découvre la misère du peuple parisien devient le roi du feuilleton avec Les Mystères de Paris (1842-43), Le Juif errant (1844), Les Mystères du peuple (1849-57). Sa peinture des bas-fonds urbains et des milieux ouvriers éveille la société du régime de Juillet, qui s’enrichit égoïstement, à la situation dramatique des petites gens et ces fresques épiques de la misère font comprendre que cette population en viendra à la révolution de 1848.

Eugène DELACROIX : Saint-Maurice (75) 26 avril 1798, pièce sans heure. Témoin des émeutes de juillet 1830, Delacroix commémore les « Trois Glorieuses » avec sa grande toile exposée au Louvre : La liberté guidant le peuple sur les barricades » (1830), véritable emblème de l’esprit insurrectionnel. L’auteur qui a déjà participé au début de l’année à la « bataille d’Hernani » aux côtés de Hugo, réalise ici une étincelante composition romantique, le tableau étant, au-delà du sujet intensément dramatique, un manifeste pictural de la liberté d’expression du créateur, dont la devise était : « Il faut combattre ou crever honteusement ». Ce qui va à une conjonction Soleil-Jupiter du Taureau en opposition de Neptune en Scorpion que tend un double carré de Mars, évocation de sa tauromachie intérieure..

George STEPHENSON : Wylam, Northumberland, 9 juin 1781, Encyclopaedia Britannica.  Nous quittons la France avec ce Britannique qui apporte au monde une révolution des transports, étant le pionnier du chemin de fer qui gagne notre pays en le transformant profondément. Cet homme invente la traction à vapeur sur voie ferrée et construit en 1814 une locomotive capable d’entraîner plusieurs wagons. En 1829, il apporte la locomotive grande vitesse et réalise ainsi de nombreuses lignes ferroviaires en Grande-Bretagne, la France emboîtant le pas. Or, non seulement Uranus en Gémeaux ne saurait mieux rendre compte de cette innovation de la locomotion, mais encore, c’est sur cet Uranus que s’unissent en conjonction le Soleil, Mercure et Vénus, quadruple alignement astral figurant linéairement la locomotive que suivent à la queue leu leu  ses wagons ! Le roi des chemins de fer américains, quant à lui – Cornélius VANDERBILT, né à  Stapleton, N.Y., le 27 mai 1794 (Collier’s Encyclopedia) – qui va couvrir du rail l’espace des Etats-Unis au temps du Second Empire, a aussi le Soleil en Gémeaux, ainsi que Vénus qui s’incorpore à un losange de cinq planètes.

Frédéric SAUVAGE : Boulogne-sur-Mer, 20 septembre 1786, 13 h, acte de baptême. Dans le cadre d’un AS en Sagittaire et d’un trio Soleil-Lune-Mercure en IX, prime une conjonction Mars-Neptune au MC, en Balance, mariage réussi du feu au service de l’eau. Telle est la signature de cet homme à barbe fleurie et chevelure foisonnante (statue d’un pont de la ville) qui, dans la décennie 1830-1840, invente et crée l’hélice du bateau, vis à spirale entière propulsant le navire à vapeur, un « Napoléon » l’inaugurant. Mais, avec sa conjonction Saturne-Pluton en II, il se ruinera à lancer son entreprise, au point qu’il en perdra la raison.

Louis BRAILLE : Coupvray, Seine et Marne, 4 janvier 1809, 4 h, e.c. , Jacques Berthon. Un carré Soleil-Mars au double semi-carré de Saturne conjoint à l’AS s’accorde avec cet être victime à trois ans d’un accident qui le prive de la vue. Qu’il ait surmonté son infirmité en construisant une lecture digitale pour aveugle – l’alphabet Braille – s’admet tout autant – récupération lumineuse intérieure – avec le correctif du même Soleil, cette fois en double sextil d’un trigone d’Uranus du Scorpion en XII à une conjonction Jupiter-Pluton des Poissons en III, Jupiter étant, en plus, maître de Saturne. Attelé dès quinze ans à cette œuvre, son système, publié en 1829, sera adopté mondialement en 1832.

Nicéphore NIEPCE : Châlons-sur-Saône, 7 mars 1765, pièce sans heure. On peut, assurément, admettre qu’avec un Uranus du Bélier au sextil d’une conjonction Mercure-Vénus en Verseau, laquelle est au surplus en opposition de Neptune que valorise le Soleil des Poissons, cet homme ait vécu toute sa vie à découvrir des choses nouvelles. Et il est devenu le véritable inventeur de la photographie en chambre obscure avec son premier négatif. Proposons seulement de lier spéculativement cette découverte au fait que son Soleil est en opposition de sa Lune, ce qui constitue un face à face à possibilité d’effet miroir. Double impliquant une possible réplique, la photo étant un soi-même détaché de sa personne ; ce qui va si bien, au surplus, au narcissisme d’un Jupiter du Cancer recevant le trigone du Soleil.  Jacques DAGUERRE (Corneilles-en-Parisis, Seine-et-Oise, 18 novembre 1787), peintre et décorateur, en travaillant avec lui, prolongea son œuvre avec ses daguerréotypes, instrument utilisé pour photographier jusque vers 1850. On retrouve chez lui un double avec le chassé-croisé d’une opposition de Mercure du Sagittaire à Jupiter des Gémeaux. Note qui peut ne pas être seulement humoristique : le Soleil de George EASTMAN (Waterville, New York, 12 juillet 1854), fondateur de la maison Kodak, a son Soleil du Cancer à quelques degrés du Jupiter de Niepce, en outre avec un retour d’Uranus (16° Bélier) et Neptune (15° Poissons) sur son Soleil. 

Fréderick LEMAITRE : Le Havre, 28 juillet 1800, midi, e.c. G. Autour du MC se concentrent Jupiter du Cancer et une conjonction Soleil-Vénus-Saturne du Lion chez le plus grand acteur de son temps qui s’impose comme un géant. De ses débuts (1823) dans le rôle de Robert Macaire (« l’Auberge des Adrets ») à ses adieux à la scène de 1864, il est devenu le roi des théâtres de boulevard, du mélodrame, du drame romantique et du théâtre shakespearien. Tant d’aisance florissant l’orgueil, non sans cabotinage, imposait sa présence sur scène en une indéfinissable qualité qui transfigure l’acteur en lui donnant le rayonnement qui l’identifie à la grandeur de son rôle.

Claude-Philibert Barthelot, comte de RAMBUTEAU : (Maçon, 9 novembre 1781, e. c.) : Un grand préfet de la Seine (1833-1848) qui a assaini et embelli Paris : percée de la rue qui porte son nom, création de trottoirs, plantation d’arbres, généralisation de l’éclairage au gaz,, achèvement de l’Arc de triomphe, restauration de monuments : Hôtel de ville, Sainte-Chapelle … Sans domification, on retient, avec une Lune en Lion, un rassemblement d’astres autour de son Jupiter du Sagittaire, sans doute en IV.

Giuseppe FIESCHI : Murato, Corse, 13 décembre 1790. Un soldat en mal de vivre et à la dérive, qui se laisse entraîner en véritable victime dans une conspiration régicide : conjonction Lune-Saturne en Poissons recevant un carré du Soleil, une opposition de Jupiter et un sesqui-carré d’Uranus.  Sa machine infernale qui éclate le 28 juillet 1835 au passage de la voiture royale fera dix-huit morts, en épargnant le couple royal.

Pierre François LACENAIRE : Impossible de mettre la main sur la pièce natale de celui-ci que l’on s’entend à faire naître à Lyon ou aux environs de cette ville, à Francheville sous le nom de Pierre-François Gaillard (Dictionnaire de Biographie française), aucune mairie ne le confirmant, sa date natale étant dite du 20 novembre 1803, mais sans assurance …

LEOPOLD Ier de Belgique : Coburg, Allemagne, 16 décembre 1790, 1 h 30 mn, e. c. Luc de Marré. Quand la Belgique se constitue en nation, elle se donne un roi le 4 juin 1831, et la couronne de ce nouvel Etat revient au huitième enfant du duc régnant de Saxe-Cobourg, après élimination d’autres prétendants dont un fils de Louis-Philippe, le duc de Nemours (Saturne en X au carré de Soleil en VI), candidature refusée par l’Angleterre. Pour qu’il en arrive à fonder une dynastie, ce premier roi devait avoir une configuration promotionnelle prodigieuse : on la conçoit chez lui en l’espèce d’ un lever de Jupiter richement porté par une triple conjonction Soleil-Mercure-Vénus en Sagittaire, la décision de cette nomination résultant d’ailleurs d’un accord diplomatique.

Lord William Lamb MELBOURNE : Londres,15 mars 1779, Ency. Britan. Premier Ministre britannique de 1834 à 1841. Avec le Soleil et Mercure en Poissons en opposition d’une conjonction Jupiter-Neptune en Vierge, on comprend que cet homme d’Etat ait fluctué entre les whigs et les tories  et ait eu à faire face, en tant que ministre de l’Intérieur, à l’agitation sociale et à des troubles irlandais. Mais surtout, avec sa grande conjonction, il ouvre le règne de la jeune reine Victoria, conseillée par ses soins, dans la voie d’ une démocratisation de la vie politique, nationale puis continentale.

NICOLAS Ier : Gatchina, Saint-Pétersbourg, 25 juin / 6 juillet 1796, « à 3 h 45 du matin » (biographie de Henri Troyat) . Au lendemain de la disparition d’Alexandre Ier qui n’eut pas de descendance, le 2 décembre 1825, son frère tsar dynastique, Constantin Ier (Gatchina, 8/19 mai 1779) refuse la succession, en parfaite harmonie de son Soleil recevant l’opposition d’une conjonction Mars-Saturne en Scorpion. Ce qui s’aligne non moins sur le lustre astral de son frère cadet, Nicolas Ier, pourvu d’un Jupiter des Poissons au MC et au trigone du Soleil à l’AS ! Faveur du destin qui n’en est pas moins un cadeau empoisonné, car ce Jupiter est écartelé en croix, face à Uranus et de part et d’autre d’une opposition Mars-Saturne, son règne s’étalant sur un cycle de Saturne, de ses 29 ans à ses 58 ans. Un Saturne en XII occupé également par le Soleil avec Mercure. Symbole d’un souverain qui se sent emprisonné dans une autocratie policière et qui s’enferme dans l’affirmation d’une Sainte-Alliance en désagrégation, au point de mourir désespéré des désastres de la guerre de Crimée.

 

Panorama féminin

Princesse Dorothée de LIEVEN : Riga, 17/28 décembre 1785  selon  Montgomery Hyde, auteur documenté de La princesse de Lieven, Hachette, 1940. Cette femme de l’ambassadeur russe à Londres (1813/1834), avec un carré (sans doute dominant) Soleil-Capricorne/Jupiter-Bélier, et une conjonction de Mercure-Capricorne à Saturne-Verseau, n’allait pas manquer de se découvrir une passion de la politique dans la fréquentation des personnages du pouvoir britannique : George IV, Wellington, Palmerson, lord Grey … Au point que l’amour s’en mêle (Vénus-Sagittaire), d’abord avec sa liaison avec Metternich, et ensuite, de l’autre côté de la Manche, en achevant sa longue carrière dans les bras de Guizot.

Comtesse Louise de BOIGNE : Versailles, 19 février 1781. Avec une Lune du Capricorne complétée de Soleil-Mercure en Poissons et Vénus en Verseau, cette dame allait tenir un salon parisien sous la monarchie de Juillet, en y recevant les gens sérieux de la politique et des lettres : Molé, Chateaubriand, Lamartine, Sainte-Beuve, Thiers, Madame Récamier … Elle se mit aussi à écrire et ses Mémoires de l’époque, avec portraits de personnages, de Napoléon à Charles X, aujourd’hui rééditées, méritent la lecture.

Marguerite DESBORDES-VALMORE : Douai, 20 juin 1786, 5 h, e.c. Avec le Soleil et Mercure en Gémeaux en duo avec l’AS et Vénus en Cancer, Marceline chante, puis joue la comédie, et enfin prend la plume pour devenir la muse du romantisme. Le triangle droit de son AS-Cancer lié à son opposition Lune-Neptune trahit son élément : l’Eau, tant sa poésie, un peu molle d’ailleurs, est trempée de larmes. Elle écrit pour laisser échapper le trop plein d’un cœur tendre et d’une âme douloureuse, jusqu’à pousser des cris déchirants de Lune en Bélier. L’exquise poétesse de Fleurs possède un étrange dons des larmes qui lui vient, avoue-t-elle,  « de son organisation de saule pleureur ». Sa muse rêveuse soupire, se lamente, plaintive, gémissant ou sanglotant. Elégies et romances de Vénus du Cancer en I, qu’intensifie la conjonction d’Uranus, c’est une poésie à cœur ouvert.

Jeanne-Marie Rendu, Sœur ROSALIE : Confort, Ain, 8 septembre 1787. La puissance d’une conjonction Mars-Jupiter des Gémeaux au trigone de Saturne en Verseau, assistée de fortes convictions Lune-Mercure en Lion, paraît s’être convertie à la cause d’une conjonction Soleil-Vénus en Vierge, chez cette fille de famille aisée qui se sentit appelée, dès son plus jeune âge, au service des déshérités, entrant à quinze ans au séminaire des Filles de la Charité. Elle passera sa vie à créer un grand nombre d’œuvres sociales : crèche, garderie, patronage pour les filles, asile pour les vieillards, soupe populaire … On la verra aux insurrections de 1830 et de 1848 sur les barricades, exigeant que l’on arrête le feu, courant au-devant du peloton en disant, pour sauver un pauvre bougre : « Ici, on ne tue pas. Je vous ai consacré ma vie, à vos femmes, à vos enfants. Donnez-moi la vie de cet homme. » Elle est la grandeur consacrée au plus humble de la vie.

Delphine GAY : Aix-la-Chapelle, 26 janvier 1804, 11 h ; acte retrouvé par M. Manecy : Une famille de Savoie, Aix-les-Bains, 1904, et repris par Henri Malo : Une muse et sa mère : Delphine Gay de Girardin, Paris 1924 (doc. Guy Fradin, L’Astrologie moderne n° 9, 1953). Elle écrivait déjà si bien à seize ans qu’elle était récompensée de ses vers par l’Académie française et devenait ensuite l’une des belles du salon de Madame Récamier. De là son mariage en 1831 avec Emile de Girardin, premier patron de La Presse où elle va publier ses spirituelles « Lettres parisiennes » sur le Paris de Louis-Philippe. Mais surtout, avec son Soleil du Verseau en X et sa conjonction Mercure-Verseau/Vénus-Poissons en XI, ce qu’on retient d’elle, c’est qu’elle incarne à la divinité « la muse de l’amitié », cultivant avec art, à son salon des Champs Elysées où elle recevait notables et beaux esprits, celle des grands hommes de son temps : Hugo, Chateaubriand, Musset, Eugène Sue, Liszt …

Comtesse Marie D’AGOULT : Francfort-sur-le-Main, « minuit du 30 au 31 décembre 1805 », biographie de Claude Aragonnes, Hachette. En 1833, une comtesse parisienne tenant salon et reçue aux Tuileries, idéaliste au cœur vide qui s’ennuie, tombe amoureuse de Franz Liszt. Bravant le scandale, elle abandonne mari et enfants, brisant derrière elle tous les liens qui l’attachent au monde, pour suivre l’homme qu’elle aime, proclamant en femme libérée son droit à la vie. Sans doute fallait-il avoir le pouvoir d’arrachement d’une Lune en opposition d’une dure conjonction Saturne-Uranus en I, assistant un Mars maître de VII en IV, conjoint au Soleil et à Mercure, pour faire une telle révolution personnelle et repartir à zéro. Nouvelle existence pour satisfaire la foi de son amour dans une soif de martyre. Après s’être aimés une décennie, ce sera la séparation ; cette fois pour exister en toute autonomie capricornienne d’individu ne devant  rien aux autres, vivant pour soi-même par la vertu de son œuvre littéraire.

Virginie DEJAZET : Paris, 30 août 1798, 4 h, e.c. G. Dans une ambiance de sextil Mercure-Balance/Vénus-Lion et avec un Soleil de la Vierge maître d’AS en I, pimenté d’une Lune du Bélier sortant de culmination, se présente cette petite actrice enjouée, pimpante, futée, mutine, appréciée surtout dans les rôles de soubrette, délicieuse de sentiment et au brio particulier. Actrice la plus populaire de son temps, que Clarétie assimile à « une statuette de Saxe animée par l’esprit de Voltaire ». « Jouer les Déjazet » est devenu dans le langage théâtral l’expression d’un certain esprit léger luni-mercurien de la comédie. « Elle était une joie, une gaîté, un délire, une raillerie, une chanson, vingt ans éternels » (Théodore de Banville).

Marie DORVAL : Lorient, 7 janvier 1798, 20 h, e.c. selon E. Symours et le 6 à la même heure selon Gauquelin. Le tellurisme des entrailles d’une tempête de Mars et Neptune réunis en Scorpion au FC, en écho aux passions d’une conjonction Vénus-Pluton des Poissons au DS. Cette fille de comédiens ambulants était faite pour devenir, dans la spontanéité bouleversante du cri de l’âme, la reine du théâtre romantique en y donnant sa vie ; notamment en étant Marion Delorme dans le drame de Hugo et la Kitty de Chatterton de Vigny. C’est le même tissu astral qui fait comprendre les éclats de sa vie amoureuse. En particulier, après un mariage à seize ans suivi d’un veuvage quelques années plus tard, sa grande passion avec le tourmenté Alfred de Vigny, lequel savoure en elle un « sauvage bonheur » qu’il ressent comme un mal ou une faute, estimant relever un ange déchu … Une liaison douloureuse qui finit mal : « Pendant sept ans, tu as pris mon âme. Tu as bu mon sang comme un vampire » lui dira cet homme effrayé par les propres tourments de son attachement. Il  finira dans les invectives et imprécations de La Colère de Samson. Dumas père, avec la santé amoureuse que l’on sait, sera un heureux consolateur de cette femme au grand cœur.

Madame LAFARGE : Infortunée Marie-Fortunée Capelle, née à Paris le 15 janvier 1816 à 21 h 15  mn (e.c.), cas exemplaire de figure octogonale distribuant les positions successives de semi-carré en semi-carré, pour passer ensuite aux carrés et oppositions. Dans ce tissu de dissonances accumulées prévaut une conjonction Vénus-Uranus et à ses côtés un Neptune du FC au carré de Pluton des Poissons au DS. Il est difficile de faire plus ténébreux. Madame Lafarge est l’histoire d’un fait divers des assises ; celui d’une malheureuse quelque peu névrosée et perverse, flouée par un prétendant aux promesses trompeuses, qui rend aussitôt le couple impossible. Ce mari si décevant meurt bientôt et sa femme est accusée de l’avoir empoisonné. Son procès à Tulle est l’objet d’une guerre de l’arsenic entre experts et contre-experts qui n’en finit pas, laissant le doute planer. L’épouse sera finalement condamnée à la réclusion perpétuelle en proclamant son innocence, Napoléon III  finissant par la gracier en 1852, peu avant sa mort, non sans avoir préalablement publié ses Mémoires qui eurent un grand succès.

 

Paris le 26 septembre 2007.

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