Astrologie Mondiale
(Théorie)

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Les noeuds en astrologie individuelle et mondiale

 

La nouvelle rencontre zodiacale de Saturne et du nœud descendant de la Lune, qui aura lieu le 13 septembre 1973 à 3° 43’ du Cancer – qui restera en orbe de conjonction jusqu’au printemps 1974 – offre l’occasion d’aborder le sujet des nœuds lunaires.

 

Quelle connaissance possède-t-on réellement de ce facteur astronomique dans la sphère de la pratique astrologique ? Si je disais laconiquement « rien », je vexerais sûrement ceux de mes estimables confrères qui travaillent sur ou avec cette donnée, et une telle intention aussi bien que toute réaction consécutive sont hors de propos. Il n’en est pas moins vrai que nous ne savons pas grand-chose, de bien établi surtout, en cette matière. Pour ma part, je pèche par complète ignorance et qu’on ne croie pas que ce soit par parti pris : ce n’est que par insuffisance. On a beau consacrer sa vie, même depuis un quart de siècle, à l’astrologie ; il y a tellement à faire qu’on ne saurait valablement se former à tout ; de sorte que s’instaurent des préférences marquées pour tel ou tel sujet, au détriment d’autres. Et ce n’est pas parce que je n’ai pas pu me former en matière de nœuds lunaires que j’en éprouve en soi quelque réticence ; disons que j’ai été moins inspiré par eux que par les autres domaines auxquels j’ai donné de mon temps et de ma peine. Les planètes par exemple. Cela entendu, il n’est pas inutile de commencer par préciser ce que nous transmet la tradition à ce sujet.

 

La Tradition.

 

Ptolémée n’est pas loquace. La mention des nœuds lunaires ne figure même pas parmi les pièces constitutives de l’astrologie exposées au livre premier de sa  Tétrabible. Elle n’apparaît qu’à deux reprises, juste ce qu’il faut pour pouvoir sen faire une certaine idée. Livrons maintenant ces deux citations :

 

« De plus, si les Luminaires succèdent aux Maléfiques tenant les angles ou que les Maléfiques soient opposés aux Luminaires, surtout si la Lune est dans les nœuds et dans les signes difformes comme le Bélier, le Taureau, l’Ecrevisse, le Scorpion et le Capricorne, cela fait des bossus, mutilés, boiteux ou paralytiques. (Livre III, 17e chap.) »

 

« Dans les nœuds, elle (la Lune) aiguise l’esprit et aide à la promptitude de l’invention, à l’industrie et fait les hommes plus adroits. (Livre III, 18e chap.) »

 

Cela revient à dire qu’il n’y a là que deux notes occasionnelles minoratives, le phénomène étant d’ailleurs considéré uniquement par rapport à la Lune et seulement dans le phénomène de conjonction. En outre, du fait que dans la première note, il y a, de son fait, aggravation d’un mal (« surtout « ) en dissonance lunaire ; et, dans la seconde, accentuation de qualités en configuration lunaire neutre, son apport a valeur d’intensification de la donnée lunaire qui s’en trouve seulement comme soulignée, outre qu’il n’est nulle question de différenciation des deux pôles de l’axe des nœuds.

 

C’est tout. Mais il n’est pas interdit d’y regarder de plus près. Ainsi, au chapitre III du livre II, Ptolémée déclare :

 

« La première et la plus puissante cause de tels événements (mondiaux) est la conjonction du Soleil et de la Lune dans les Eclipses, avec les passages des planètes en ce même temps. »

 

Or, n’est-ce pas sous la conjonction des nœuds qu’arrive « le défaut du luminaire » ? Dans la circonstance particulière de l’éclipse, phénomène hautement considéré, ce facteur astronomique revêt donc une exceptionnelle importance, seulement ici toutefois.

 

Visiblement, Ptolémée refuse de donner dans la cosmogonie-cosmologie chaldéenne dont un Démiurge place, parmi les signes et les planètes, un grand Dragon orienté la tête au nœud ascendant et la queue au nœud descendant. Avec lui, rien ne subsiste de cette vision chaldéenne qu’évoque ainsi A. Bouché-Leclercq dans son Astrologie grecque : « Pour les Gnostiques (…) le Dragon était un monstre qui surveillait de là-haut l’univers entier, et au levant et au couchant. De là l’idée d’allonger sa tête jusqu’à l’Orient, sa queue jusqu’à l’Occident. Ce furent probablement les fabricants d’oracles chaldéens – des contemporains de Ptolémée – qui se chargèrent de mettre dans cette posture le grand Dragon que le démiurge créa même avant les signes du Zodiaque et les planètes. Comment et pourquoi la tête du Dragon fut-elle assimilée au nœud ascendant de l’orbite lunaire, supposé à l’Orient, et la queue au nœud descendant, nous ne sommes pas obligés de le savoir. Une raison qui se présente d’elle-même, c’est que tous les peuples primitifs croient la lune avalée par un dragon quand elle s’éclipse … ».

 

Peu après Ptolémée, Tertullien parle déjà de l’influence que les astrologues attribuent  à cet axe dragonnique ; les Grecs du Bas-Empire puis les Arabes en feront grand état, à titre de lieux d’abord, influant sur les planètes, puis à titres d’entités planétaires, ayant aussi leurs spécificités propres. Le Caput Draconis sera rangé dans une catégorie masculine puis assimilé à une planète féminine, la Cauda Draconis de type féminin étant traitée comme planète féminine.

 

 

Mais venons-en à la tradition posée et parvenue à son état de complet développement dont témoigne L’Usage des Ephémérides (Paris, 1624) d’Antoine de Villon, professeur à l’Université de Paris (« …ce que j’en ay escrit dans ce livre, & enseigné publiquement de vive voix dans cette célèbre université … »). Or, cet auteur, qui s’offre le luxe de donner le nœud Nord exalté en Gémeaux et en chute au Sagittaire, ne consacre que deux pages seulement de sa copieuse œuvre à la question, tout en fournissant un excellent résumé du bagage traditionnel.

 

Le chemin donc ou la section par laquelle les planètes couppant  et traversant l’éclyptique passent du costé du septentrion, s’appelle neud ascendant ou teste du dragon, et se descrit en cette sorte    : le chemin au contraire ou la section par laquelle traversant l’eclyptique passent du costé du Midy, s’appelle neud descendant ou queue du dragon, et se forme en cette manière    . Les demy-cercles qui depuis l’un et l’autre des neuds panchent de costé et d’autre au respect de l’eclyptique, sont appelez bornes, extremitez, ou ventres du dragon : à sçavoir celuy qui panche du costé du Midy, austral. Ces neuds font leur mouvement souz le Zodiaque dans un certain temps déterminé, car ceux de la Lune s’advancent tous les iours contre l’ordre des signes de 3 minutes et quelques secondes, et sont d’une très notable force au respect de ceux des autres planettes, à cause de la grande vertu que ces lieux reçoivent de la Lune, sur toutes les autres parties du Zodiaque. D’où vient que la teste du dragon est de mesme nature que les deux fortunes Jupiter et Vénus, et augmente la force des planettes avec lesquels elle se conjoinct ; tellement qu’avec les bons elle est bonne et fortunée, et avec les mauvais très pernicieuse. La queue du dragon au contraire est de la nature des infortunes Saturne et Mars, car elle préjudicie grandement et diminue la force des planettes avec lesquels elle se conjoinct, puisque avec les bons il est mauvais et avec les mauvais salutaire.

 

En fin de compte, n’est guère retenu que l’aspect du phénomène dans sa bipolarité : la valeur « bénéfique » du nœud Nord parce qu’ascendant (la Lune y monte dans notre hémisphère) et la valeur « maléfique » du nœud Sud puisque descendant  (la Lune y descend). Et il n’y est question que d’effet de conjonction.

 

 

Et les modernes :

 

De nos jours, il y a une génération d’anciens qui ont adopté les nœuds en confiance, dans la foulée de tout ce que la tradition a fait passer, ne craignant pas d’aller jusqu’à marquer leurs aspects ( !) avec tous les autres points du thème, quitte à ne pas en tirer grand-chose.

 

En marge, certains (dont je suis) ne marquent ces nœuds qu’en cas d’éclipse solaire ou lunaire, et lorsqu’ils sont en conjonction d’une planète, y voyant un indice de valorisation de l’astre, du fait de se trouver au carrefour des orbites des luminaires ; ce qui n’en demande pas moins une vérification.

 

D’autres se font d’eux une idée personnelle qui va parfois jusqu’à l’aberration du « dada ». Enfin, depuis une décennie, il y a, derrière la paternité de Jean Carteret, une génération de jeunes pour qui cet axe du Dragon arrive à devenir un facteur fondamental du thème. Facteur assimilé à une situation donnée de type psychanalytique ou spirituelle, celle d’un seuil à franchir, la tête étant la barrière à laquelle on se bute, un mur infranchi, un blocage, un arrêt, et la queue, une porte entrouverte, une facilité à exploiter …

 

Qui a raison ? Qui a tort ? Que sait-on, en fin de compte ? Là est la véritable question, et aborder un tel sujet comme étude ne peut qu’aboutir à un appel au travail.

 

 

Repartir à zéro.

 

J’imagine que l’on sait à peu près ce qu’est le phénomène astronomique. Soit grosso modo un cercle qui représente le mouvement fait par le Soleil par rapport à la Terre et un second cercle représentant celui de la Lune. L’orbite lunaire est inclinée par rapport à l’écliptique, si bien que le plan de cette orbite lunaire coupe celui de l’écliptique, formant avec ce dernier aux point de rencontre deux intersections : les nœuds.

 

 

Quand la Lune traverse l’écliptique pour passer au-dessus (elle prend de la latitude Nord), elle occupe alors le nœud Nord ou ascendant (tête du dragon) ; en face, elle le traverse pour passer au-dessous, lieu du nœud Sud ou descendant (queue du dragon). Cet axe d’intersection se déplace à raison de 3’ par jour, à reculons dans le zodiaque, et est à la base d’un cycle de 18 ans, 11 jours, 8 heures (le Saros, l’année de Méton) qui fait revenir lunaisons et éclipses aux mêmes jours de l’année, après 223 lunaisons,

 

A priori, il est logique d’admettre que l’influence ou le facteur lunaire soit plus sensible ou plus fort lors du passage de la Lune à la ligne des nœuds, allant de la latitude australe à la latitude boréale, ou inversement, car sa latitude est alors nulle ou faible ; surtout comparativement au temps où elle se trouve à sa latitude extrême (+ - ) 5°. Car, en une vision synthétique du phénomène astrologique qui est l’expression du système solaire, tout passe par le Soleil, donc par la voie solaire qu’est l’écliptique.

 

Mais il n’y a pas lieu de faire exception avec la Lune : les planètes sont logées à la même enseigne. On sait que le mouvement de leurs nœuds est insignifiant : moins d’un degré par siècle. Voici le tableau du nœud nord de chaque planète pour notre siècle :

 

Mercure         17°      Taureau

Vénus            16°      Gémeaux

Mars               19°      Taureau

Jupiter            09°      Cancer

Saturne          23°      Cancer

Uranus           13°      Gémeaux

Neptune         11°      Lion

Pluton            19°      Cancer

 

Ce qui se conçoit théoriquement pour notre satellite doit s’admettre pour chaque planète. A savoir, par exemple, que la tendance marsienne devrait être, en soi, plus prononcée lorsque Mars est autour de 19° du Taureau et de 19° du Scorpion. Il est vrai que si les écarts de latitude de la Lune vont jusqu’à 5° 17’ et ceux de Mars peuvent atteindre 6° ½, les variations de latitude de Saturne ne dépassent pas un angle de 2° 30’, et celles de Jupiter ne sont seulement que de 1° 18’ ; ce qui doit en atténuer l’importance. Mais encore, tout cela demande-t-il à être vérifié.

 

 

Programme de recherche.

 

Puisque le Laboratoire de recherches du C.I.A. a projeté une étude sur les nœuds, voici le plan d’études que je lui suggère.

 

Tout d’abord, il faut mener parallèlement l’étude des nœuds lunaires et celle des nœuds des planètes. Il convient, pour commencer, de procéder à la vérification des passages de la Lune à ses nœuds, puis de chaque planète à ses propres nœuds. Ensuite, il y a lieu de vérifier le passage des planètes aux nœuds lunaires, afin de savoir si la planète peut être valorisée du fait de se trouver dans le champ du croisement des circuits solaire et lunaire, bénéficiant alors d’une résonance particulière.

 

La meilleure façon de procéder consiste à travailler sur certaines catégories professionnelles, en jouant sur plusieurs claviers à la fois. Sur la lancée des Gauquelin, il convient, par exemple, d’entreprendre le groupe des écrivains en étudiant la Lune, comme le Mars des sportifs, le Jupiter des acteurs, le Saturne des savants … ; pointage des passages aux nœuds et comparaison des résultats entre eux.

 

La réalisation de ce programme représente un gros travail, mais l’on n’aura rien fait si l’on ne passe pas par ce genre de recherche. Il ne convient pas, d’ailleurs, de dramatiser. La vérification du passage de Saturne à ses nœuds, par exemple, est simple et rapide. Il serait intéressant de savoir s’il n’existerait pas des « années à savants » tombant sur les passages de Saturne autour des 23° Cancer et 23° Capricorne. L’idée semble trop simple et trop belle pour être vraie, mais peut-être détient-elle une part de vérité, si le thème traité a vraiment de la valeur, et il faut le savoir. La réalité est toujours plus complexe qu’on ne se la représente. Peut-être faut-il travailler sur les différenciations des Saturne angulaires et des Saturne non angulaires. Ici, abandonnons l’enquête aux propres lois de sa recherche.

 

En tout cas, c’est d’un tel genre de travail que l’on peut enfin être fixé sur l’impact des nœuds lunaires et planétaires comme facteurs de valorisation quantitative. Ce qui serait une première étape de connaissance, en attendant d’œuvrer pour la détection d’une spécificité qualitative du phénomène.

 

 

L’occultation de Saturne du 15 juillet 1975.

 

En attendant la réalisation de ce beau programme, rien ne nous empêche de travailler au niveau des observations supérieures ou générales de l’astrologie mondiale.

 

Cette question des nœuds nous ramène à l’étude des occultations entreprise dans cette chronique au n° 20 (voir « Les occultations en astrologie mondiale »)..

 

Portons attention aux actuelles conjonctions Soleil-Saturne. A celle du 15 juin 1973 à 24° des Gémeaux, Saturne a 1° 06’ de latitude Sud. A la suivante du 30 juin 1974 à 8° du Cancer, il a 0° 35’ Sud. Puis, à la prochaine conjonction du 15 juillet 1975 qui aura lieu à 22° du Cancer, il arrive à 0° 02’ de latitude Sud ! A la suivante du 29 juillet 1976, à 6° du Lion, il passera à 0°30’ de latitude  Nord.

 

Pour se prêter aux observations de ces phénomènes à répétition cyclique, il faut savoir au préalable que leur tendance va dans la ligne d’un engagement, d’une prise de position, d’une détermination qui enracine une situation politique de l’époque (revoir le rôle de cette étape dans chaque film des diverses crises internationales étudiées dans Les Astres et l’Histoire ; voir, ici, « Le Pacte de Munich »).

 

Dans nos temps actuels, cette conjonction Soleil-Saturne scande des moments diplomatiques forts. Ainsi, le président américain Nixon a fait son voyage à Moscou dans les journées de celle du 31 mai 1972, et Léonid Brejnev doit faire sa visite à Washington à partir du 18 juin 1973, sous la suivante (il serait intéressant d’étudier en détail l’histoire des relations Moscou-Washington en fonction du cycle du 31 mai 1972 au 15 juin 1973). Que se produira-t-il sous la suivante du 30 juin 1974 ?

 

En tout cas, il n’est pas possible  que ne se produise pas un fait important de la conjoncture mondiale dans les journées qui précéderont ou qui suivront l’occultation de Saturne du 15 juillet 1975. Au moment où se produira la conjonction Soleil-Saturne à 22° du Cancer avec un Saturne à 2 minutes de l’écliptique, cette conjonction se fera en double carré d’une opposition Jupiter-Uranus, respectivement à 23° du Bélier et 28° de la Balance. C’est dire que cette configuration de la mi-juillet 1975 s’annonce critique, indicatrice qu’elle est du passage à l’état aigu d’un déséquilibre nouveau du jeu politique ou économique de la conjoncture mondiale. Et c’est suivant l’importance ou le degré de gravité de ce tournant qu’il sera possible d’évaluer, sur ce cas particulier, la résonance spéciale du Saturne à son propre nœud. Ce n’en sera pas moins qu’une hirondelle …

 

 

Les rencontres planètes-nœuds lunaires.

 

Aborder le domaine de la conjonction planète-nœud lunaire, c’est situer un moment du parcours de l’astre tombant au lieu zodiacal où se joignent les pistes solaire et lunaire, cet astre pouvant éventuellement avoir à ce croisement des circuits de nos luminaires une résonance accrue qui le met à l’honneur.

 

En astrologie mondiale, aucun travail n’a été fait pour vérifier cette idée. Personnellement, ce n’est qu’à l’occasion de rencontres que je me suis contenté de remarquer une intéressante série concernant Neptune :

 

Conjonction Neptune-nœud Sud en janvier 1933 : arrivée de Hitler au pouvoir.

Conjonction Neptune-nœud Nord en juillet 1941 : la guerre germano-soviétique.

Conjonction Neptune-nœud Sud en octobre 1949 : naissance de la République Populaire Chinoise et création de la République Démocratique Allemande.

Conjonction Neptune-nœud Nord en septembre 1966 : période de la scission définitive entre l’U.R.S.S. et la Chine communiste.

 

Il faut reconnaître que ces quatre passages successifs scandent des épisodes forts du destin du communisme mondial. Mais ces observations demandent à être étayées par d’autres résultats significatifs pour que l’on puisse parler de corrélation probante.

 

J’aimerais que l’on s’attache aux conjonctions de Saturne avec les nœuds. En voici la liste depuis le début de ce siècle, la première et la dernière ayant trait à la conjonction avec le nœud Sud :

 

Novembre      1905                26° Verseau

Mai                 1911                10° Taureau

Septembre     1916                26° Cancer

Juillet              1922                20° Balance

Janvier           1928                16° Sagittaire

Février           1934                19° Verseau

Janvier           1940                24° Bélier

Juin                1945                10° Cancer

Octobre         1950                26° Vierge

Octobre         1956                00° Sagittaire

Octobre         1962                04° Verseau

Avril                1968                18° Bélier

Septembre     1973                03° Cancer

 

L’embarras pour l’interprétation du phénomène est que l’on ne possède pas de direction de tendance, comme c’est le cas avec Neptune assimilé au devenir du communisme. On ne peut retenir, a priori, qu’une idée d’amplification d’un état saturnien, souvent exprimé par une détermination fixant une situation qui engage l’avenir, qui enfonce l’histoire dans ses tendances lourdes

 

 

 

Dans la présente liste, le cas le plus significatif est la conjonction Saturne-nœud descendant de janvier 1940 qui a duré huit mois (à quelques degrés d’orbe) en raison de la rétrogradation de la planète de juillet 1939 à février 1940. Il se trouve que c’est le temps de déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, et l’on n’a pas de peine à ajouter cet indice supplémentaire à la configuration générale critique de l’époque, en tant que contexte saturnien de désagrégation et de destruction de la société mondiale, d’autant que l’astre était au carré de Pluton.

 

En première impression, il est difficile d’obtenir une confirmation du supposé traditionnel qui associe une positivité au nœud nord et une négativité au nœud sud. Ainsi, la conjonction au nœud nord d’avril 1968, qui pourrait avoir servi de caisse de résonance au carré Jupiter-Neptune dans la crise française de « mai 68 », en tant que processus de destruction de l’ordre établi, va dans le même sens que la conjonction inverse de 1939, et je pourrais citer d’autres exemples, comme celui de la conjonction au nœud nord d’octobre 1956 qui tombe avec la révolution hongroise et l’intervention franco-anglaise de Suez ; tournant franchement noir.

 

Il est vrai qu’il existe un courant de la tradition (notamment avec Guido Bonat que rapporte Rantzau) selon lequel le nœud nord est bon avec les planètes « bénéfiques » et mauvais avec les « maléfiques », augmentant la bénéficité des premières ainsi que la maléficité des secondes ; l’effet du nœud sud étant inverse, devenant néfaste avec les bénéfiques et propice avec les maléfiques. Mais ce n’est pas en inversant ces données qu’on obtient pour autant de meilleurs résultats. Ce qu’il faut – et c’est un minimum – c’est travailler sur l’ensemble de ces douze conjonctions saturniennes qui se sont produites depuis le début de ce siècle, afin de pouvoir en dégager quelques lignes directrices.

 

Pour l’instant, il est imprudent de s’engager dans l’interprétation de ce phénomène, et l’on s’en rend compte aussitôt que l’on a sous les yeux une brochette d’exemples. Ainsi, que faut-il penser des conjonctions suivantes : Lune-nœud descendant à la naissance de la IIIe République et Lune-nœud ascendant à l’éclatement de la guerre d’Algérie ; Pluton-nœud descendant à la naissance de la Révolution russe ; Uranus-nœud ascendant  à la naissance de la République espagnole de 1931 ; Pluton-nœud descendant à la conclusion du pacte franco-russe de 1935 ; Jupiter-nœud ascendant  à la conclusion du pacte antikomintern de 1936 ; Vénus-nœud descendant  à la signature du pacte d’acier de 1939 ? Que penser encore de la juxtaposition de l’axe des nœuds à une opposition Vénus-Uranus à la signature du pacte à quatre de Munich en 1938, comme d’une même juxtaposition à une opposition Mars-Uranus en janvier 1939, alors que se termine la guerre d’Espagne et que se produit à Paris un attentat contre un ministre du  IIIe Reich ? …J’arrête la série car il y a déjà largement de quoi donner sa langue au chat !

 

Mais il y a un commencement en tout et la difficulté ne doit pas nous décourager. Raison de plus pour observer le prochain passage de la conjonction Saturne-nœud descendant de septembre prochain à 3° du Cancer, à faible latitude. Il y a vingt-huit ans, en juin 1945, Saturne et le nœud nord s’étaient rencontrés à 10° du Cancer, Le Soleil allait s’y joindre (et même la Lune passer en face) quand, le 26 juin, l’O.N.U. vit le jour, fait déterminateur bien enraciné de la vie internationale.

 

J’invite chacun de vous à penser la question et à me transmettre ses impressions sur le nouveau phénomène du 13 septembre 1973, au regard de la conjoncture mondiale accompagnatrice.

 

 

L’Astrologue n° 23, 3e trimestre 1973.

 

 

NOTA : Le Laboratoire de recherches du C.I.A. n’a rien fait en la matière et mon appel n’a pas été entendu. Quant à l’interrogation, formulée ici, sur ce qui devait se produire à la suivante conjonction Soleil-Saturne du 30 juin 1974 – précédée des venues de Nixon à Moscou à la conjonction de 1972 et de Brejnev à Washington à celle de 1973 – ce fut le retour de Nixon à Moscou le 27 juin 1974, avec un séjour de près d’une semaine en U.R.S.S. ! Et au temps saturnien fort de la conjonction suivante du 15 juillet 1975, ce fut la rencontre Ford-Nixon d’Helsinki, un temps diplomatique qui réunit 35 chefs d’Etat, sur la Sécurité et la Coopération en Europe, au résultat discutable..

Aujourd’hui, les nœuds lunaires eux-mêmes sont devenus la proie calamiteuse de la fantomatique astrologie karmique.

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