Astrologie Mondiale
(Théorie)

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Les occultations en Astrologie Mondiale


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L’occultation de Jupiter  par le Soleil le 10 janvier 1973 me fournit l’occasion d’aborder le sujet particulier des occultations qui n’a guère été traité jusqu’ici, à ma connaissance, que par Léon Lasson (voir son Astrologie mondiale) dans le mouvement de renaissance de notre siècle.. C’est dire que le sujet est pratiquement tout neuf mais il n’en est que plus une réalité astronomique à traiter.

 

On connaît le phénomène d’occultation des deux luminaires, du Soleil dans l’éclipse solaire et de la Lune dans l’éclipse lunaire : dans le premier cas, la Lune sans latitude passe entre nous Terriens et le Soleil, nous cachant la vue du disque solaire ; dans le second, c’est la Terre qui s’interpose entre le Soleil et la Lune sans latitude, de sorte que l’ombre de notre globe empêche l’astre du jour d’éclairer notre satellite. Mais il y a aussi des occultations de planètes par le Soleil et la Lune quand ces planètes passent derrière l’un de ces luminaires, disparaissant de notre vue.

 

Un autre phénomène se produit avec le Soleil pour Mercure et Vénus qui tournent sur une orbite plus petite que celle de notre Terre : se mouvant entre l’astre central et nous, ces deux planètes peuvent donc passer devant le disque solaire et l’on peut les voir à la lunette dans le corps du Soleil.

 

Si Mercure tournait autour du Soleil sur le même plan que la Terre, la planète passerait à chacune de ses conjonctions inférieures, c’est-à-dire trois fois par an, devant le disque de l’astre du jour. Mais cet astre se meut dans un plan incliné de 7° sur l’écliptique, et pour qu’il passe juste devant le disque solaire, il faut que sa conjonction arrive dans la ligne d’intersection de ces deux plans, ou ligne des nœuds, comme dans le cas des éclipses des luminaires où se croisent l’orbite lunaire et l’écliptique. Ces passages de Mercure devant le Soleil ont lieu en mai et en novembre. En voici la liste au cours de ce siècle (mais ils ne sont pas tous visibles en Europe) :

 

14 novembre             1907

7 novembre               1914

7 mai                        1924

9 novembre               1927

10 mai                      1937

12 novembre             1940

13 novembre             1953

6 novembre               1960

9 mai                        1970

10 novembre             1973

12 novembre             1986

15 novembre             1999

 

Quant aux passages de Vénus sur le Soleil, ils sont beaucoup plus rares ; les derniers se sont produits le 8 décembre 1874 et le 6 décembre 1882, et le prochain n’aura lieu que le 8 juin 2004, suivi d’un autre le 6 juin 2012.

 

L’étude des passages de Mercure sur le Soleil est à elle seule un sujet d’histoire de l’astronomie : en cette circonstance, la planète n’obéissait pas tout à fait aux lois de Kepler et échappait à l’exactitude des prévisions du phénomène. Le Verrier s’y est cassé les dents après un travail colossal pour accoucher d’une infra-mercurienne qui ne s’est jamais pointée au bout d’aucun télescope, et Einstein y trouva l’occasion de lancer sa théorie de la Relativité. Quant à l’étude des passages de Vénus sur le disque solaire, elle a permis notamment de déterminer, selon la méthode d’Halley, l’échelle du système solaire en mesurant la distance Terre-Soleil.

 

 

 

Pour nous autres, astrologues, il est loin d’être sûr que ces phénomènes aient une grande ou même une réelle importance. On est tenté de penser, a priori (que peut-on faire autrement pour l’instant  où nous ne savons rien sur la question ?) qu’il s’agit de conjonctions solaires parfaites, plus puissantes que les autres, le Soleil valorisant d’autant plus pleinement la planète qui vient s’unir corporellement à lui sous nos yeux de Terriens. A moins d’admettre la théorie traditionnelle de la « combustion », qui n’a jamais été démontrée dans les faits, la conjonction solaire étant toujours visiblement dans tous les cas une condition remarquable de valorisation planétaire. Nous tenterons d’étudier le problème à l’occasion de la prochaine traversée mercurienne du 10 novembre prochain.

 

En ce qui concerne la phase cyclique opposée, le phénomène d’alignement parfait Terre-Soleil-planète conduit au résultat inverse, à l’occultation de la planète : au lieu de passer devant le disque solaire, elle passe derrière lui, ce qui, pour nous, est une disparition.

 

Voici quelques occultations pour les trois supérieures visibles :

 

MARS a été occulté le 4 novembre 1912, le 9 mai 1919, puis le 14 novembre 1944, le 22 mai 1951 et le 29 avril 1966.

JUPITER a été occulté le 16 juillet 1907, le 18 décembre 1912, le 23 décembre 1924, le 20 juin 1930, le 27 décembre 1936, le 25 juin 1942, le 1er janvier 1949, le 30 juin 1954, le 5 janvier 1961 et le 5 juillet 1966.

SATURNE a été occulté le 8 janvier 1902, le 12 juillet 1916, le 16 janvier 1932, le 21 juillet 1946 …

 

Dans son Astrologie mondiale (Demain , 1938), Léon Lasson s’était attaché à étudier les occultations (avec les éclipses) dans une optique traditionnelle qui admet pour principe que les manifestations des phénomènes célestes se produisent dans certains délais plus ou moins éloignés. Il s’agit de corrélations de type relais dont le mode d’action dépend du thème de référence (comme avec les éclipses selon Ptolémée), le phénomène astral livrant son potentiel d’effet à retardement sur une plus ou moins longue portée. Dans l’application de ce principe, Lasson n’y est pas allé de main morte. Pour lui, par exemple, la Révolution de 1848 était due à l’occultation de Mars par le Soleil le 4 mai 1840, 8 ans plus tôt. Pire : il va chercher  les causes astrales de la Grande Guerre de 1914 dans l’occultation de Saturne par le Soleil du 13 janvier 1873, 41 ans plus tôt ! …

 

Il va sans dire que je ne le suivrai pas sur ce terrain où il s’est fourvoyé. Au lieu de rapporter l’événement, de manière étrange et plutôt suspecte, à un phénomène astral survenu plus ou moins lointainement en arrière, je ne veux nullement me départir du principe de la corrélation de type synchronique qui admet une « action » parallèle ou presque, dans le voisinage du phénomène : la corrélation doit associer événement terrestre et configuration céleste dans le temps, l’un et l’autre survenant ensemble ou dans une étroite succession.

 

A partir de là, il convient donc de regarder ce qui se passe aux époques de ces occultations (compte-tenu des orbes), en comparant ce qui s’observe lors de celles-ci et ce qu’il advient dans le cas des ordinaires conjonctions solaires.

 

Auparavant, je dois rappeler que des observations portant sur ces phénomènes ont été faites en matière physico-chimique par la Doctoresse Kolisko, au laboratoire anthroposophique de Dornach, dans le cadre de recherches sur des solutions aqueuses de sels métalliques. Le Professeur André Faussurier a perfectionné cette technique qu’il appelle la « Morphochromatographie ». Il déclare : « Parmi les quelques 50.000 essais que nous avons effectués depuis sept ans, nous pourrions citer de nombreuses (autres) illustrations  montrant des correspondances entre des perturbations de morphochromatogrammes et des événements astronomiques, occultations ou conjonctions planétaires par exemple, surtout si elles se produisent au méridien du lieu de l’expérience. » Il sera intéressant de savoir à quels résultats précis et définitifs aboutiront les travaux d’André Faussurier ; si, par exemple, les précipitations de nitrate de plomb sont altérées ou particulièrement changées sous les occultations de Saturne.

 

On comprend la caractéristique analogique du phénomène : au moment où Saturne est éclipsé, en quelque sorte disparu de notre univers céleste, le nitrate de plomb ne réagit pas ou est perturbé dans ses réactions, à l’éprouvette du laboratoire ; comme les sels d’or à l’éclipse de Soleil et les sels d’argent à l’éclipse de Lune.

 

Si nous transposons ce processus spécifique sur la scène des événements du monde, nous devrions nous attendre à voir s’éclipser la violence en occultation de Mars, comme la vertu pacifiante de Jupiter, livré au même passage. Or, l’observation révèle qu’il n’en est rien.

 

Prenons quelques occultations de Mars. Celle du 4 novembre 1912 a constitué le cas d’une conjonction Soleil-Mars accompagnant une ouverture d’hostilités : la guerre balkanique, engagée le 17 octobre 1912. Celle du 14 novembre 1944 tombe à un temps fort de la Seconde Guerre mondiale : la bataille du Rhin avec le choc de celle des Ardennes. Avec l’occultation du 22 mai 1951, un grave incident de frontière israélo-syrien faillit dégénérer en guerre. Et c’est un temps fort de l’escalade au Vietnam qui accompagne celle du 29 avril 1966.

 

Avec Jupiter, c’est le même scénario qu’avec les habituelles conjonctions soli-joviennes. Celle de 1912 tombe sur l’armistice d’une guerre balkanique. Celles de 1924 et de 1930 accompagnent des étapes déterminantes du règlement de l’occupation de la Ruhr par les troupes françaises. C’est un accord anglo-italien pour la Méditerranée que nous vaut celle de 1936, comme celle de 1942, un accord prêt-bail anglo-soviétique. On note 3 armistices à la conjonction du 1er janvier 1949 : du Cachemire le 1er, d’Israël le 7 et de Chine le 19 janvier ! Le jour même du 30 juin 1954 est signé un armistice au Guatémala et les journées qui suivent sont décisives pour l’armistice d’Indochine. Sous la conjonction de 1961 s’engage le grand dialogue entre la France et le F.L.N. pour l’Algérie, et sous celle de 1966, de Gaulle ouvre la porte à la grande négociation entre les deux Europe …

 

On est donc enclin à conclure d’une façon catégorique : il n’y a pas, dans l’occultation, d’élimination, du genre éclipse d’influence, de la planète occultée. Il faut plutôt juger le phénomène de l’occultation comme une conjonction parfaite, qui devrait donc être, théoriquement, plus porteuse d’effet que la conjonction ordinaire. Comme avec la conjonction Soleil-Jupiter (occultation) du 1er janvier 1949, escortée de trois armistices : Jupiter n’avait que 0°01’ de latitude Sud au moment où les deux astres se trouvaient à la même longitude. Le 10 janvier 1973, Jupiter aura 0°11’ de latitude Sud ; il sera donc très uni au corps du Soleil, l’occultation ayant lieu à la limite de 16’, le diamètre apparent (moyen) du Soleil étant de 32’. Le courant jupitérien n’en devrait donc être que plus fort … compte-tenu de la conjoncture dissonante dans laquelle il devra s’intégrer.

 

 

L’Astrologue n°20, 4e trimestre 1972.

 

NOTA.

Cette dernière conjonction a accompagné la fin (misérable pour les U.S.A.) de la guerre du Viêt-Nam. C’est le 8 janvier 1973 que les représentants américain et vietnamien, Kissinger et Le Duc Tho, engageaient un accord, qui devait être confirmé par les quatre parties le 23, signé le 27, et suivi du cessez-le-feu le 28.

 

A propos du passage de Mercure devant le Soleil le 10 novembre 1973, il vaut de signaler un événement mercurien historique qui eut lieu le lendemain : une première rencontre entre Egyptiens et Israéliens signant un cessez-le-feu.

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