Astrologie Individuelle
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LES  OPPOSITIONS  CELEBRES


Extrait de « L’Homme et le Temps » de J. B. PRIESTLEY, Pont Royal.

 

C’est une place royale que s’octroient les aspects au sein du cosmos astrologique. Initialement – cinétique du ballet astral autour de notre globe -  y règne le  mobile  qui donne vie à l’espace céleste au cours du temps, et du défilé de ses configurations planétaires se lit l’animation du vécu humain.

 

Hormis l’astre sans aspect, tel l’électron libre, un temps privé de lien relationnel de ses confrères, comme sur le champ replié sur lui-même et réduit à sa fonction de maîtrise, tout se tient dans le thème en une configuration globale dont l’aspect est le tissu principal,  le cycle planétaire étant la partition de ce milieu d’échanges interplanétaires.

 

Rappel élémentaire : sa nature est la succession des aspects de  corps céleste à corps céleste, alignés sur le registre des phases du cycle planétaire. De l’initial point central de la conjonction génératrice s’échelonne sa série. En abrégeant, au sextil (surtout évolutif), un rayon harmonique compose un mixte créatif. La perpendiculaire du carré introduit le conflictuel des composantes en diversité de désordres. Ainsi, un carré Soleil-Mars chargé d’agressivité peut déboucher aussi bien sur la soumission d’un renoncement à sa force par peur que sur l’échec d’une domination ou une convoitise ratée (l’empire de cet aspect est plus largement celui du triptyque perversion-névrose-sublimation). Tandis qu’avec un trigone des mêmes, la force unifiée se met virilement au service d’une conquête, d’une réalisation.

 

Au tournant ultime du phénomène cyclique arrive l’opposition, à cheval entre les deux conjonctions qui l’encadrent, extrémité d’un face-à-face – pile et face d’une même pièce - distance circulaire au sommet (180°) et virage en  retour arrière. Alors que la conjonction est fusion, côte-à-côte ou corps-à-corps, l’opposition est un dos-à-dos à finalité de division. Nous passons ainsi à l’engendrement des contraires, dédoublement à l’état de choc frontal, sinon de complémentarité à la manière de Janus. Ou encore autrement perçu en mode alternatif, ainsi que la succession du Ying-Yang. C’est le règne de la dialectique, de l’antinomie, dc l’ambivalence. Alternance ou cohabitation des contraires de diverses sortes : l’arroseur arrosé, le pompier pyromane, le garde-chasse braconnier ou le larron devenu gendarme ; voire  carnaval et carême, la dragée au poivre … Outre la  solution radicale du conflit en un tout ou rien, le face-à-face faisant basculer le mode de vie aux extrêmes, une fois pour toutes : brûler ce qu’on avait adoré comme passer du noir au blanc ou inversement. Kyrielle de toutes sortes de situations suivant le menu planétaire : passage de la santé à la maladie, de l’union à la désunion, du succès à l’échec, de la fortune à la pauvreté, des honneurs à la déconsidération … Sinon inversement. Sur un autre plan, l’effet du conflit qui résulte de l’opposition engendre affrontement de soi au monde en manifestations de toutes sortes, sinon véritable confrontation à soi-même. D’où, dans ce dernier cas, un penchant accusé à l’introversion, état qui prédomine souvent lorsque s’additionnent les oppositions, ainsi que sont plongés en eux-mêmes, aux expressions  diversifiées, des êtres de quatre à six oppositions comme Maine de Biran, Senancour, Nerval, Kierkegaard, Amiel, Nietzsche, Proust … 

 

C’est au sein d’une telle alchimie psychologique que nous introduit l’opposition et l’on mesure l’immense intérêt qu’on peut lui porter. D’autant que si celle-ci s’encadre d’aspects harmoniques, en un simple triangle, notamment  avec l’AS  comme chez– Victor Hugo, et plus encore en partition rectangulaire comme chez Wagner, l’opposition est transcendée, telle l’enjambée ultra-valorisante d’un dépassement des contraires : rien de mieux qu’un tel capital pour aller jusqu’au bout de soi-même !

 

N’ayant plus l’âge de me lancer dans une exploration générale de tout l’éventail des aspects, somme immense, je crois toutefois pouvoir offrir ici une moisson honorable en me consacrant seulement à quelques grandes oppositions et en embrassant ses manifestations parmi les célébrités de l’histoire. Présentation  d’oppositions coiffant le thème par leur nombre, mais parfois moins et même  avec une seule si elle implique le Soleil ou qu’elle soit angulaire. Puis je passerai à l’exposition comparative de résultats en alignant les cas d’une  opposition à une autre pour un ensemble couvrant les planètes lentes. Restons à l’école de la leçon à recueillir, rien ne valant l’observation comparative des faits.

 

A n d r é    L E    NOTRE

 

Une conjonction Soleil-Saturne des Poissons s’oppose à une conjonction Jupiter-Neptune de la Vierge à la naissance de André Le Nôtre, survenue à Paris le  12 mars 1613.  Fut-il ou non cyclothymique ou autrement dualisé ? N’est retenu de ce jardinier et contrôleur des bâtiments royaux de Louis XIV que l’essentiel de son œuvre dont la pièce maîtresse fut la création du parc du château de Versailles, modèle exemplaire du style du « jardin à la française ». Sans doute l’AS ou le MC devait-il relier harmoniquement les deux pôles de son opposition, car on en retrouve la double signature géante dans ses parcs où s’allient l’ordre et le faste, une stricte discipline de plans rectilignes, géométriques et symétriques s’incorporant au grandiose d’une symphonie où participent allées, terrasses, parterres, bassins, bouquets, statues, vases, en perspectives illimitées. Comme si cet art avait intégré à la perfection les deux composantes de sa configuration.

 

 

F r a n ç o i s    d e    L A  R O C H E F O U C A U L D

 

Ce duc est parisien du 15 septembre 1613, à 14 h 30 m d’après ses œuvres. Son ciel s’ordonne autour d’un axe Jupiter-Saturne, les cinq astres rapides étant en conjonction du premier et en opposition du second, l’un et l’autre au carré de l’AS en Capricorne. C’est un sur-jupitérien doublé d’un saturnien. En quoi l’on reconnaît un grand seigneur hautain qui ne se dépeint pas moins : « Premièrement, pour parler de mon humeur, je suis mélancolique ». Dualité totale qui en arrive à découper sa vie en deux tranches diamétralement opposées.

 

La première est tumultueuse : c’est celle d’un aventurier ambitieux, intriguant, mondain et amoureux de faits d’armes, qui va comploter avec la duchesse de Chevreuse contre Richelieu dès son arrivée à la Cour. Vaine ambition du pouvoir, son inflation jupitérienne tournant court. Ce qui va lui valoir – finalité de Saturne-Poissons - d’être embastillé puis exilé sur ses terres du Poitou. Ce qui ne l’empêche pas ensuite, avec la duchesse de Longueville dont il est amoureux,  d’entrer dans la Fronde des princes contre Mazarin. Mais, blessé, il doit abandonner ses entreprises guerrières et finir par se rallier au roi, sa rentrée en grâce étant suivie d’une carrière mondaine dans les salons littéraires, refuge d’un échec de ses ambitions.

 

Mais il en est une autre sorte qui allait davantage servir, cette fois, son tempérament saturnien. La seconde tranche de sa vie constitue le passage de l’aventurier ambitieux à la méditation dans la retraite, en un isolement dans l’écriture. Après les quatre-cents coups, auto-flagellation projetée sur autrui, c’est alors que l’homme s’adonne à son tempérament mélancolique  à travers la composition de plusieurs centaines de maximes. Du fond de sa prison, cette fois intérieure, en sentences saturniennes lapidaires aussi sèches qu’impitoyables et avec une lucidité féroce, son esprit austère se livre à une dénonciation des illusions de l’égocentrisme, des misères de la condition humaine : stigmatisation amère de la fausseté de l’amour-propre et des vertus sur un fond de morale de désespoir. De « Si nous résistons à nos passions, c’est plus par leur faiblesse que par notre force » à « Nos vertus ne sont le plus souvent  que des vices déguisés », en passant par : «Quand les vices nous quittent, nous nous flattons de la créance que c’est nous qui les quittons » …

 

C a r d i n a l    d e    R E T Z

 

Paul  de Gondi, cardinal de Retz, est natif de Montmirail en brie, Champagne - 4 jours après La Rochefoucauld avec lequel il n’est pas sans vivre une existence parallèle - le 19 septembre 1613, à 14 heures et quelques minutes selon l’astronome-astrologue Ismaël Bouilliau, ami de la famille, Saturne à 28° des Poissons recevant l’opposition d’un trio Soleil-Neptune (26° Vierge)-Jupiter (3° Balance).

 

Tonsuré à dix ans et confié aux jésuites, puis bachelier, il quitte le collège  « avec l’âme la moins ecclésiastique de l’univers ».  Il est déjà, en somme, avec une grande culture théologique, un religieux malgré lui, contraint d’épouser le pôle saturnien-Poissons de son thème, rejeté par le trio planétaire d’en face. Pour échapper à la soutane, l’adolescent – dont le Neptune corrompt ici le duo égocentrique soli-jovien - se livre carrément à la débauche : « Je ne pouvais me passer de galanterie ». Et évoquant plus tard avec cynisme la liste de ses maîtresses : « On n’était pas fâché de voir la pourpre soumise, toute armée et éclatante qu’elle était. ».

 

A la jeunesse dissipée de ce mécréant ensoutané suit sa participation active à la Fronde comme chef de parti contre Richelieu. Conflictuel par essence oppositionnelle, il va même se trouver au premier rang des protagonistes de cette Fronde. Devenu ensuite un intriguant rival de Mazarin – Saturne des Poissons reprenant le dessus – il finit par s’enfuit, menant « une vie errante et cachée », partout poursuivi par l’hostilité de Louis XIV. Au pardon accordé du roi, Retz renonce à l’archevêché de Paris auquel il eut dû accéder et se retire à l’abbaye de Saint-Denis qui lui est attribuée. Dès lors – synthèse de conjonction soli-jovienne sur une note saturnienne finale – il vit de sa plume en rédigeant ses Mémoires où, par-delà  une apologie personnelle qui le venge de ses échecs, il peint son temps, œuvre approfondie en véritable traité de science politique.

 

 

J e a n     M  E  S  L  I  E  R

 

Un cas d’inversion systématique de l’existence est celui du curé de campagne  Jean Meslier né le 15 juin 1664 à Mazernis (Ardennes), habité par l’antagonisme de cinq oppositions, à la double d’une conjonction Soleil-Pluton à Saturne du Sagittaire se joignant celles de Mercure à une conjonction Jupiter-Neptune, et de la Lune des Poissons à Mars de la Vierge.

 

Cet homme de foi fort convenable et généreux était devenu prêtre de la petite localité d’Etrépigny, ignorant assurément qu’il portait au fond de lui, avec son duo Soleil-Pluton, une conjonction de Dieu et du diable. Il apparaît dans sa paroisse de 1689 à 1729 comme un brave curé officiant de son mieux auprès de ses paroissiens. Tout bascule lorsqu’en 1716, en chaire, il fustige le seigneur local pour avoir maltraité de braves paysans du coin. Eclat qui lui vaut aussitôt une sévère remontrance de l’archevêque de Reims.

 

C’est alors qu’au fil des jours, ce prêtre écœuré se met à écrire secrètement un mémoire qui va devenir son testament. Exécrant maintenant  sa charge « avec beaucoup de répugnance et avec assez de négligence », jusqu’à ce que, dans la hargne où il en viendra, il finira par se livrer à une haine de la monarchie et de l’Eglise ! Il conseille aux curés du voisinage de « demeurer maintenant dans le silence, comme lui, mais de dire la vérité à l’heure de leur mort. Et d’ajouter : « Foin de la prétendue rédemption spirituelle des âmes. Le vrai péché originel pour les pauvres peuples est de naître dans la pauvreté, dans la misère, dans la désespérance et sous la tyrannie des grands ; il faudrait les délivrer de ce détestable et maudit péché. Tout le reste est imposture. »

 

Pour Voltaire et Diderot, ce Mémoire incendiaire devenait un précieux instrument de l’athéisme afin d’achever « l’Infâme » (l’Eglise), mais c’est surtout au bicentenaire de la naissance de ce curé avec sa terrible volte-face et devenu révolutionnaire – en 1860, année de la fondation de la 1e Internationale (où Uranus transitait sa conjonction solaire) – que son message Gémeaux allait être récupéré par le communisme naissant : « Unissez-vous donc peuples … ». Le nom de Meslier, devenu « prêtre satanique » pour l’Eglise, fut même gravé à Moscou en 1919 sur l’obélisque, honorant les précurseurs du marxisme-léninisme

 

F R E D E R I C    I I    L E    G R A N D

 

Selon le sérieux confrère allemand E. H. Troinski (Mensch im All. octobre 1937), c’est à 11 h 15 m, le 24 janvier 1712 à Berlin que Frédéric II le grand a vu le jour, alors que Jupiter du Capricorne passait au MC et au trigone de l’AS, justifiant l’épithète de son nom. L’essentiel de son thème qui accompagne cette configuration est l’alignement de quatre oppositions avec une conjonction Soleil-Mars du Verseau face  à une conjonction Lune-Saturne du Lion en IV.

 

C’est un plein désaccord père-mère (Soleil X – Lune IV) – le couple parental ne s’entendant plus - qui frappe le jeune Frédéric, auquel il s’identifie au plus profond de lui. Il penche d’abord du côté maternel : dès son plus jeune âge se dessine en lui un goût pour les lettres et les arts. Ce qui provoque l’hostilité d’un père tyran qui lui impose un dressage militaire spartiate jusqu’à l’emprisonner. Ecarté de la vie politique, il s’accommode des deux penchants en se formant malgré tout à l’administration et à l’art militaire, tout en fréquentant les philosophes, dont Voltaire, pour en arriver plus tard à rejeter le droit divin du pouvoir en souverain « des Lumières », tenant non moins en mains son trône pendant vingt-six années de règne.

Sa double nature n’en est pas moins évidente, surtout dans le contraste entre ses attitudes personnelles et sa position de monarque. D’un côté se perçoit l’homme privé, intellectuel d’aspirations spirituelles, artiste, savant, philosophe, à l’affectivité refoulée. De l’autre, comme s’il avait introjecté un père pourtant non aimé, un personnage dur, rigide, réaliste et cynique contre son gré, guerrier impitoyable. Cohabitation qu’il avait définie avec fierté : « J’œuvre des deux mains : de l’une pour l’armée, de l’autre pour le peuple et pour les arts. ». D’un côté la conjonction Soleil-Mars du Verseau : l’intense despote éclairé, amoureux des coups de tonnerre de l’histoire, le génie enflammé qui fait retentir l’Europe des exploits audacieux et précipités de la meilleure armée du monde, le militarisme de l’autocratie prussienne. Quoique également le libre penseur (Verseau) passionné de philosophie, gagnant l’amitié de génies européens. De l’autre, la conjonction Lune-Saturne du Lion : le poète, le musicien, l’homme de l’écriture. Mais aussi le « vieux Fritz » solitaire, sans femme, sans enfant, subissant l’inimitié des dames (Marie-Thérèse d’Autriche, Elisabeth de Russie, la Pompadour qui faillirent le renverser), jouissant froidement et avaricieusement de sa belle résidence de Sans -Souci que l’on a comparée à un couvent …

 

D e n i s    D I D E R O T

 

C’est « né d’hier » que, le 6 octobre 1713, le registre paroissial de Langres déclare la venue au monde de Denis Diderot, sa famille ultra-catholique, empressée de le baptiser, n’ayant pu le faire le jour même, ce qui permet de le supposer né le 5 au soir (voir mon Univers astrologique des quatre éléments).De sorte que ce ne devrait pas être loin de l’horizon que s’aligne un Jupiter des Poissons au lever, en triple opposition Saturne-Uranus-Pluton en Vierge au coucher (probablement en VI avec Vénus ; outre que Mercure aussi en Vierge serait en VII avec le très collaborateur Soleil de la Balance). L’axe oppositionnel est triangulé harmoniquement par Neptune en Taureau.

 

On ne saurait mieux camper un tel dualisme qu’en valeurs de dilatation, d’amplitude, d’essor, de grandiose  du premier, et pour les seconds, de puissance de concentration créatrice d’ouvrages jusqu’au minutieux. Or, rappelons le bilan de cet auteur : les trente-trois volumes (le mot convient justement) de L’Encyclopédie : œuvre colossale et formidablement illustrée de cent cinquante collaborateurs et d’un millier d’ouvriers : « Tableau général des efforts de l’esprit humain dans tous genres », en particulier arts mécaniques et description des métiers de l’artisanat, et somme des certitudes critiques laborieusement mises au point par le siècle des lumières. Instruments de la révolution industrielle qui allait suivre.

 

J o h a n n   W o l f g a n g   v o n   G O E T H E

 

« Je vîns au monde à Francfort-sur-le-Main le 28 août 1749 au douzième coup de midi … » déclare Goethe, interprétant son thème au début de « Poésie et Vérité ». Certes, une seule opposition occupe son thème, mais elle est royale, puisqu’il s’agit du Soleil en Vierge au MC, culmination escortée de Mercure en Lion et Vénus en Vierge, en opposition de la Lune en Poissons au FC, duo  dominant des luminaires sur le fond d’un Saturne du Scorpion à l’AS.

 

Cette grande dualité, Goethe lui-même en perçoit la nature dès son enfance à travers ses identifications parentales. Son père est un homme strict, exact, net, rigide, sérieux et grave, un homme de devoir et de responsabilité. « J’ai de mon père la stature, la gravité, l’esprit de conduite » ainsi que la précision et le désir de vérité. Tout à l’opposé, sa mère est femme d’imagination, rieuse, joueuse, vivante : « Ma mère m’a donné la sérénité de son âme et le goût des inventions poétiques ».

 

Potentiellement règne ainsi en lui un être partagé entre la science et l’art. « Deux âmes, hélas ! habitent ma poitrine ». Par la voix de Faust, Goethe exprime ainsi la dualité de sa nature profonde. Ce même dualisme se recompose chez l’artiste. D’une part avec le Lunarien des Poissons au FC : aux obscurités profondes de l’inconscient, la pulsion et le tumulte des passions. De l’autre avec le Solarien virginisé su MC, l’homme de l’esprit, de la volonté rectrice, de la maîtrise de soi, de la lumière, de la pureté, de la perfection. Dualité ultime de l’inquiétude et de la sérénité.

 

Toute la première partie de son existence baigne en milieu lunaire. Tel est le Sturm und Drang de sa jeunesse qui le soumet à tous les élans de son cœur et de ses pulsions, dans l’idéal du romantisme germanique : Götz von Berlichingen et les Souffrances du jeune Werther (le suicide de l’amant infortuné).

 

Mais le solarien finit par l’emporter, dont témoigne Iphigénie en Tauride. A la fougue de ses premiers écrits succède un enthousiasme inattendu dans le calme et la majesté de l’écriture où règnent la clarté, l’ordre, la beauté pure et la sérénité. Au romantisme fait place le classicisme et le voyage en Italie le fera définitivement basculer vers ce pôle solaire.

 

Faust  est la synthèse des deux pôles antinomiques de la nature goethéenne. Cette œuvre contient l’image entière du poète : Goethe à vingt ans, passionné romantique inspiré par Shakespeare, jouet de ses instincts ; puis Goethe adulte gagné par l’appartenance à soi, en volonté de conquête de sa liberté créatrice sur la fatalité des passions. Image de l’olympien qui lui a été donnée.

 

Ce dépassement des contradictions en une unité supérieure acquis, Goethe en arrive, dans son Wilheim Meister, à l’exaltation lumineuse du poète  au-dessus de tout, comme s’il était un dieu, la belle fleur de la sagesse au fond du cœur. Langage d’homme solarisé ayant maîtrisé le démonisme du créateur, en une individuation réussie.

 

F é l i c i t é    d e    L A M E N N A I S

 

Natif de Saint-Malo le 19 juin 1782 à 15 h, e.c. Félicité de Lamennais porte la bipolarité d’un alignement de quatre oppositions rassemblées par une conjonction Soleil-Uranus en face d’une conjonction Jupiter-Saturne.

 

Perturbé par les désordres de la Révolution française et de l’Empire napoléonien, ce tourmenté (AS en Scorpion au carré de Pluton au FC) cherche refuge dans la foi. Son engagement dans la vie le conduit à la prêtrise et à la publication de son Essai sur l’indifférence en matière de religion qui le mobilise dans le combat contre-révolutionnaire, le situant dans le camp (Jupiter-Saturne) des conservateurs et des ultras, sur la lancée des de Bonald et de Maistre … La passion apologétique de sa foi satellise autour de sa personne un cercle qui le conduit à fonder avec ses disciples Lacordaire et Montalembert un organe : L’Avenir « Dieu et Liberté », qui s’ouvre toutefois sur une ère nouvelle de liberté religieuse. Encourageant derrière Chateaubriand à un retour du religieux, sa voix puissante ébranle le milieu intellectuel dans son désir de concilier la foi avec la raison. Son nouveau livre : De la religion considérée dans ses rapports avec l’ordre politique fait éclater le grand écart qu’il était en train de creuser par son avancée libérale, tout en tenant à rester dans l’obédience envers Rome. Car son plaidoyer pour la démocratie politique, prônant l’alliance des libéraux et des catholiques pour moraliser le pouvoir – en quoi il se trouve au milieu du gué – et pour la séparation de l’Eglise et de l’Etat, réclamée par lui dans L’Avenir, amène sa condamnation par le Vatican. Ses disciples se soumettent, mais non pas lui qui réagit avec Paroles d’un croyant qui le fait, cette fois, basculer du côté de sa conjonction Soleil-Uranus. Le succès considérable de son auto-défense n’empêche pas une décisive désapprobation papale. Non sans craindre d’émettre cette fois de terribles critiques justifiées d’une église qui a « divorcé avec le Christ sauveur du genre humain pour forniquer avec tous les bourreaux », dans une  exaltation prophétique, il bouleverse ses contemporains sensibles au lyrisme d’un apôtre stigmatisant l’injustice. Exclu de la communauté catholique, c’est un passage par les extrêmes qui s’impose à lui en s’engageant cette fois dans les rangs républicains, sans nullement renier sa foi profonde, y devenant le symbole des vaines tentatives de conciliation entre tradition catholique et progrès social. Si bien que son parcours aura été du prêtre contre-révolutionnaire au chrétien inspiré de socialisme religieux. En 1848, il est élu à l’Assemblée nationale et y siège aux bancs de l’extrême-gauche. Après le coup d’Etat du 2 Décembre, il se retire de la vie politique et mourra en 1854, ayant choisi d’être enterré civilement « au milieu des pauvres ». Ainsi, ce prêtre parti comme « catholique absolutiste » était  devenu héraut de révolution. L’ultramontain absolu qui avait voulu régénérer le monde sous l’égide du pape, finissait à l’extrême opposé en anti-romain, anti-papiste. Rome ne fut plus même, à ses yeux, qu’un grand tombeau rempli de vers et d’ossements (conjonction solaire en VIII) : « le plus infâme cloaque qui ait jamais souillé les regards humains » !.

 

V i c t o r     H U G O

 

C’est à 22 heures, le 26 février 1802, que l’état-civil de Besançon mentionne la naissance de Victor Hugo. Cinq astres s’alignent en faisceau de six oppositions, une conjonction Soleil-Vénus-Pluton en entrée des Poissons en IV faisant face à une conjonction Jupiter-Saturne à l’entrée de la Vierge en X. Configuration maîtresse élargie en  triangle harmonique avec l’AS à l’entrée du Scorpion, la Lune du Sagittaire y contribuant aussi par son trigone à Jupiter. Ainsi, l’encadrement triangulaire sert-il de tremplin permettant de transcender l’énorme potentiel de la tension de ces alignements astraux dans l’accomplissement d’une œuvre monumentale.

 

Au départ de sa vie, l’affrontement de IV à X est déjà là : Victor enfant subit aussitôt l’épreuve d’une mésentente familiale, jusqu’au divorce parental. Division entre (secteur X) le père, le général Hugo, symbole de la Révolution et de l’Empire (avant, aussi, de passer de soldait vainqueur à soldat vaincu) et de sa mère (secteur IV), vendéenne ultra-catholique. Parents ennemis dont il vit la déchirure sans pouvoir embrasser les contraires, mais dont l’affrontement le mobilise au dépassement en vue d’une plénitude allant faire de lui un géant.

 

Dans l’ouvrage qu’il lui a consacré, le psychanalyste suisse Charles Baudouin a perçu en lui deux composantes de personnalité qui s’opposent : le système « mère-jardin-nature-poésie » et le système « père-empereur-aigle », en un combat interne de la nuit et du jour, du nadir et du zénith ; se prolongeant sur amour-haine, lumière-ombre, joie-souffrance, création-destruction, naissance-mort … D’où, dans son œuvre, une prédilection pour les formules antithétiques.

 

Et son existence bascule d’un extrême à l’autre. Le Hugo d’avant la trentaine est un conservateur qui se dit « né d’un sang monarchiste et catholique ». Orléaniste enthousiaste, ultra-royaliste, légitimiste libéral sous Charles X, il s’éloigne ensuite de la monarchie de Juillet pour se rallier carrément à la radicale Révolution de 1848 et devenir même député de gauche républicaine. Et à la chute de « Napoléon III le petit », retour d’exil des îles britanniques et chargé de sagesse, il devient un porte-parole humanitaire défendant la cause des communards, patriarche de la IIIe République, héros national. 

 

Ayant finalement réussi en rédempteur l’unification magistrale de son dualisme devenu une pleine unité de sa personne, il devait disparaître grandiose, comme son œuvre monumentale – elle-même bibliothèque entière - jusqu’au visionnaire, au prophète (sa  conjonction jovi-saturnienne en X portée cette fois par la souche de sa conjonction solaire en IV), justifiant son entrée au Panthéon. 

 

 

A l f r e d     d e     M U S S E T

 

Un faisceau de trois oppositions aligne la Lune en Gémeaux à une étroite conjonction Soleil-Mercure-Saturne du Sagittaire, ce dernier maître d’ AS, à la naissance d’Alfred de Musset survenue à Paris le 11 décembre 1810 à 11 h (e.c.). Et par sa position en Capricorne, Vénus se range du côté saturnien.

 

Ainsi se campe l’antagonisme d’une nature luni-mercurienne : papillon d’enfance-adolescence, toute de légèreté et de fraîcheur d’âme printanière, poésie de la jeunesse ; confrontée à un Saturne quasi-hivernal en lequel s’appesantissent les froids ravages d’une précoce vieillesse, devançant déjà bien un décès qui  surviendra à quarante-sept ans, lui-même s’étant dit « venu trop tard dans un monde trop vieux » Contraste même du spontané surémotif plein de verve, naïf au cœur tendre et pur, léger, vulnérable et abandonné au plaisir ; et d’un sinistre rabat-joie punitif laissant finalement sombrer l’être dans la décrépitude. Un tel dualisme, qui se convertit du brillant et spirituel, au désespéré et  tragique, est si éclatant que Musset lui-même en éprouve intensément le déchirement intérieur et ne cesse de l’évoquer en maintes circonstances : 

 

« Il y avait presque constamment en moi un homme qui riait et un homme qui pleurait. Mes propres railleries me faisaient quelquefois une peine extrême, et mes chagrins profonds me donnaient envie d’éclater de rire » fait-il dire à Octave, le narrateur de la Confession d’un enfant du siècle.

 

Dans sa vie, on le voit passer du brio d’un romantisme échevelé à une désinvolture qui, sous le masque de la dérision et non sans l ‘amertume de la dérobade, tourne au cynisme ravageur d’une vie de plaisirs et d’abus d’un dandy bien vite miné par l’alcool et gagné par le vide glacial de la débauche.

 

Son œuvre est pleine d’évocations de sa dualité. Dans le conte Namouna, sous les traits du jeune Hassan, il se définit à loisir :

 

Extrêmement futile, et pourtant très posé ;

Indignement naïf, et pourtant très blasé ;

Horriblement sincère, et pourtant très rusé

 

Dans Lorenzaccio, Lorenzo, vertueux et droit, s’oppose au fourbe et débauché Lorenzaccio. Plus éclatant encore se dualisent dans Les Caprices de Marianne .Octave, un débauché, un cynique, et Celio un sensible, un rêveur. Le 22 août 1833, quand cet amoureux se déclare à George Sand, il y revient : « Il y a en moi Celio et Octave ; Octave est un viveur, Celio, un amoureux transit ». De même qu’il s’était mis en scène en lunaire dans Fortunio, ainsi que Valentin dans « Les deux maîtresses » ;  comme dans Rolla, cette fois en saturnien négatif : débauché, dilapidateur, jouisseur, insouciant, cynique  …

 

Naturellement, l’ambivalence accompagne ce jeu des contraires :

 

Rien ne nous rend si grands qu’une grande douleur.(…)

Les plus désespérés sont les chants les plus beaux

Et j’en sais d’immortels qui sont de purs sanglots.

 

A force de s’épancher sur son cas, les signes doubles qui sont le terrain de l’opposition avec notamment les Gémeaux y contribuant – outre les conversations de lui-même avec sa Muse, ses confessions, etc - Musset en arrivera à l’obsession fondamentale du double. Ainsi se dépeint-il dans son poème : Le Poète qui commence ainsi :

 

Du temps que j’étais écolier,

Je restais un soir à veiller

Dans notre salle solitaire.

Devant ma table vînt s’asseoir

Un pauvre enfant vêtu de noir

Qui me ressemblait comme un frère.

 

Poème qui se poursuit en évoquant successivement,  un jeune homme, un étranger, un convive, puis un orphelin, tous « vêtus de noir ».

 

 

P a u l    V E R L A I N E

 

Natif de  Metz, le 30 mars 1844 à 21h e.c., Paul Verlaine n’a qu’une opposition, mais elle est angulaire et du même tissu aquatique. Il s’agit d’une Lune du Lion au MC face à Neptune du Verseau au FC, le sombre Saturne, au carré de l’AS, lui faisant compagnie dans son signe. Et cette opposition se triangule par carrés à une conjonction Vénus-Mars du Taureau près du DS, la livrant, avec l’AS-Scorpion, aux désordres de la passion.

 

Ce qui prime est déjà la convergence du tissu aquatique d’un être infantile essentiellement « mou », faible, sans défense vis-à-vis de lui-même, entraîné indistinctement vers le meilleur et le pire, la verticale du méridien haut-bas étant dans son cas spectaculaire. Tandis que l’astre des nuits culmine aux tonalités léoniennes d’un scintillant Soleil du Bélier, c’est aux bas-fonds hivernaux du FC qu’œuvre l’océan neptunien en ténébreuse tonalité saturnienne.

 

Parfaite dialectique que ce face-à-face accablant chez cet affectif abandonné à lui-même, comme livré à ses tempêtes intérieures, dans une nostalgie de tendresse ressentie en impressionnisme de sensations, aux nuances insaisissables de l’âme ;  fluidité psychique évasive ; également en errance, inquiétude vague ; bref, tourment le livrant au « vent mauvais qui l’emporte …Deçà, delà, Pareil à la feuille morte ». Puis descente infernale aux heures noires de la veulerie :  ivrognerie, débauche, jusqu’à la débandade, errance pitoyable du clochard sur son fumier, non sans le passage par la maltraitance d’une mère et le coup de pistolet sur Rimbaud …. Tel l’ange tombé dans la fange.

 

Ainsi a-t-on, avec son opposition, un être double passant de l’extrême à l’autre. D’un côté, l’enfant de l’Evangile naïf et pur, en aspiration mystique, l’envol du poète inspiré, à la grâce touchante, l’auteur du Bon Disciple, le poète de Sagesse. Et de l’autre, au plus profond de sa détresse, le dépravé aux vers les plus licencieux. Puis, comme une fleur poussée sur un fumier, Romances sans parole … Du répugnant personnage on passe à ces au-delà troublants d’âme, avec cette communion musicale poignante en abandon spirituel, en évasion céleste. Justifiant bien qu’on aime tant ce « poète maudit ».

 

F r i e d r i c h     N I E T Z S C H E

 

Le thème de Friedrich Nietzsche, né à Rôcken, Thuringe, le 15 octobre 1844 à 9 h 30 selon l’acte de baptême rédigé par son père le pasteur, est frappé du sceau de l’opposition. Cinq s’y distinguent qui ne sont pas quelconques. Ce sont d’abord deux conjonctions, Mercure-Mars et Jupiter-Uranus, qui sont en face-à-face à l’approche du méridien et au voisinage desquelles figure une opposition du Soleil à Pluton maître d’AS, laquelle se croise en perpendiculaire d’un carré Lune-Vénus de I à X.

 

N’a-t-il pas dit là l’essentiel d’un être écartelé ? : « L’homme est une corde tendue entre la bête et le surhomme, une corde sur l’abîme. »  De ce tiraillement, multiples sont les expressions de sa grandiose bipolarité  En lui, tout est tension, irruption de manifestations les plus intenses de la passion et de l’esprit, comme si l’homme était au bord de l’explosion.   Tension gigantesque et éclatement par passage aux extrêmes :  apollinien et dionysiaque, ultra-wagnérien (culte et disciple du musicien, grand ami de la maison) et anti-wagnérien, antéchrist et crucifié, misérable et surhomme (Zarathoustra) , génie et fou … On le perçoit comme un prophète lançant des paroles enflammées qui remettent en cause des valeurs établies et ouvrent les voies aux pleines ressources de la condition humaine. Mais lui-même y a laissé sa peau.

 

 

 

A r t h u r    R  I  M  B  A  U  D

 

Il a été donné à Arthur Rimbaud (Charleville, 20/10/1854, 6 h ; e.c.) de vivre aux extrêmes avec trois oppositions : la dualité d’un lever du Soleil face à Pluton au DS, l’un et l’autre au double carré du MC ; le contraste d’une opposition Mars-Saturne, ainsi qu’un Mercure du Scorpion d’esprit faustien illuminé d’éclairs d’Uranus du Taureau.

 

Couplage du feu du ciel qui embrase et du feu de l’enfer qui dévore.  C’est bien là l’essence d’un adolescent génial  terrible qui, du sacré au maudit, brûlant les étapes de sa conquête du monde, dévore un orageux et fulgurant destin qui sera déjà consumé avant ses vingt ans.

 

C’est un enfant prodige, ivre de poésie, puis un adolescent intrépide, à la passion endiablée. A seize ans, sans moyens mais dans une frénésie d’inspiration, il s’évade du giron familial pour mener sa vie à Paris où il rejoint Verlaine et ses amis poètes. Si le caractère est difficile et bientôt insupportable, le souffle qui l’habite se traduit en intuitions fulgurantes, puis en illuminations. Bien vite, véritable incarnation solaire, il se veut mage – « Le poète se fait voyant » - ivre de défi, d’absolu, c’est-à-dire devenant soleil lui-même aux dons surnaturels : « Je finis par trouver sacré le désordre de mon esprit. ». Bref, dérobant le feu du ciel, il se croit investi de tous les pouvoirs en une parfaite identification a son idéal du moi. Mais bien vite va s’opérer en lui un basculement du Soleil à Pluton : «  s’il n’est pas ange, il ne saurait être que démon ».  Après s’être offert au Soleil en pure illusion, en vain, le voici qu’en vers scatologiques ou obscènes  -  Claudel dira de lui qu’il est «  un mystique à l’état sauvage qui fait ses besoins dans ses draps » -    il clame cette fois en « poète maudit » son dégoût à la face du Christ et il écrit sur la porte des églises : « M… à Dieu ! ». dans un appétit satanique de malheureux désillusionné : adieu le « fils du soleil » !  « Je est un autre. ».    De poète inspiré par l’évangile des correspondances et traitant l’alchimie du verbe du haut de son identification solaire, au point de s’être voulu Dieu en allant au bout de soi-même, voici finalement qu’il est victime de sa féerie imaginaire, « rendu au sol » où, cette fois – substitution de haut en bas comme du rêve à la réalité -- un mirage de la fortune remplace celui de la gloire : devenu simple aventurier au pays solaire du métallique or pour s’enrichir.

 

La substitution est totale, digne de nos oppositions : l’adolescent tourne le dos à son idéal de jeunesse en tuant le génial poète, véritable chute d’un ange ! Comme une page définitivement tournée de sa vie, cette fois, ce sont ses poèmes qu’il brûle, dont seulement une partie sera récupérée et éditée par les soins de Verlaine. Il jette au feu purificateur la quasi-totalité des exemplaires imprimés de son œuvre, à l’exception de quelques volumes échappés malgré lui à l’autodafé. Et ce sera le silence complet : plus un seul vers écrit de sa vie. Un soir de novembre 1873, dans la cheminée de la ferme maternelle où il est revenu, il a jeté ses manuscrits, brouillons, lettres et jusqu’aux exemplaires imprimés de sa Saison en enfer. Outre que l’homme a entièrement changé : adieu les soûleries d’absinthe ou de gin, la fumée de hachich : Rimbaud l’Africain, commerçant de café, d’ivoire et d’armes, ne boit que de l’eau, se nourrit d’une poignée de riz et mène une vie monacale. Et, sans nostalgie, comme de l’extase au dégoût, ç’en est fini à tout jamais de l’intérêt porté à ses œuvres dont il reçoit les échos sur la fin de sa vie, sans réponse aux sollicitations d’admirateurs. Le seul regret qu’il exprime sur le tard est de ne pas s’être marié. Le poète, génie aveuglé dans ses visions, a sombré dans le silence, disparu .depuis longtemps dans un mutisme ultime, jusqu’à son décès survenu à trente-sept ans des suites d’une amputation d’une jambe (Saturne en VIII  recevant l’opposition de Mars du Sagittaire).

 

 

Charles   de   G A U L L E

 

On ne peut omettre le Général (Lille, 22 novembre 1890, 4 h. e.c.) avec ses quatre oppositions rassemblées en un seul alignement qui tronçonne son thème : il n’est pas plus pure configuration d’affrontement qui soit d’un tel face-à-face. Avec, d’un côté, un Soleil-Scorpion, assisté de Mercure, maître de la conjonction Neptune-Pluton des Gémeaux, laquelle est à l’autre bout. C’est la configuration collective de la génération de la Seconde Guerre mondiale (c’est sous les transits de Jupiter-Saturne-Uranus de 1941-1942 sur sa position qu’elle eut lieu, voir « Le champ de Mars »). Outre qu’elle est en lieu mortifère du secteur VIII, comme on la trouve aussi chez Hitler, ainsi que chez George VI. C’est elle que le Soleil de ce Scorpion, maître du MC, reçoit en quelque sorte en pleine figure. Ainsi peut-on comprendre (l’astre étant à l’AS, chargé d’une conjonction Mars-Jupiter du Verseau au FC) l’uranien « homme de Londres » de 1940,  seul Français à remettre la France en guerre … Ainsi que la réussite de son engagement historique, son alignement planétaire s’intégrant à une figure ultra-positive de cerf-volant, campant un triangle équilatéral MC-Soleil-Lune !

 

Le Janus prend un caractère d’intégralité lorsque cinq astres d’un côté se positionnent en face des cinq autres du côté opposé, à la manière des six oppositions de Georges FEYDEAU (Paris, 8/12/1862, 6 h, e.c.), prodigieux amuseur de la scène théâtrale française, aux pièces jouées sans relâche : feu d’artifice scénique du vaudeville d’un homme qui en jouit le premier, jusqu’à ce que son existence gâchée par le succès (plaisirs, ruine, syphilis …) bascule au point de finir en maison de santé, en misérable atteint de démence, folie infernale aux horribles scènes sataniques similaire au Horla de Maupassant.

 

AU  GRE  D’OPPOSITIONS  DIVERSES

 

Du tour d’horizon de personnages chargés d’oppositions, passons à la pièce unique d’un ensemble d’oppositions particulières.

 

A commencer par celle du couple des luminaires, la soli-lunaire manière sexuée d’être au monde : masculin et  féminin. Avec le Soleil, l’être homme et la masculinité de la femme ; avec la Lune, l’être femme et la féminité de l’homme. La mensuelle opposition de ces luminaires campe une tension des principes masculin et féminin prenant généralement racine sur le vécu de la relation parentale père-mère ou de leurs substituts. Outre que l’on tend dans les deux cas à se sentir masculinisé là (position en secteur) où est le Soleil et féminisé au lieu lunaire. Un aperçu nous en a été donné avec Frédéric le grand, Goethe et Musset. Outre d’autres cas significatifs : Pierre-le-Grand, Byron, etc … Et l’on peut penser que le processus séparateur des deux entités du phénomène puisse agir de différentes façons, comme, par exemple, avec la fission du noyau atomique de l’uranium dans le cas du physicien Otto Hahan dont le  Mercure est posé sur l’axe d’une pleine-lune. Pourquoi pas ?

 

L’OPPOSITION  SOLEIL-JUPITER

 

L’opposition Soleil-Jupiter peut être vécue – double négativité -  en inflation du moi : boursoufflure, exhibition, débordement  spectaculaire, excès de confiance en soi … sinon en un « l’un ou l’autre »  divisant les intérêts de la personne, laquelle devant par exemple choisir entre l’être et l’avoir, les honneurs ou la fortune, etc … Dans le monde de l’exercice du pouvoir, les deux astres qui en font office sont condamnés soit à passer d’un pouvoir à un autre contraire, soit à partager le même dans une cohabitation.

 

Personnage exemplaire du premier genre : Charles-Maurice de TALLERAND, déclaré né à Paris le 2 février 1754, l’heure manquant ; mais comme il est précisé qu’il fut baptisé « le jour même », c’est donc plutôt du matin qu’il est, et le plus probable pourrait être à la sortie du FC de son Soleil à 13° du Verseau, en pleine opposition à Jupiter à 12° du Lion, sortant de culmination ; donnée qui, au surplus, octroie un AS en Scorpion qui va si bien à ce tortueux personnage diabolisé, expert au cynique jeu de bascule d’un monde à un autre.

 

Le dualisme est là déjà en tant qu’ « exil » solaire du fond du ciel face au redondant Jupiter léonisé du sommet, avec ce contraste initial d’un petit abbé au pied-bot allant devenir « diable boîteux » tout en s’imposant en prince de Bénévent, bien vite grand seigneur des fêtes fastueuses de la diplomatie européenne. Dualisme, au surplus, « scorpionisé », de l’impiété d’un prélat de mœurs libres, ami des femmes et du jeu. Outre que l’Evêque d’Autun, bientôt député du clergé, va commémorer solennellement l’anniversaire de la prise de la Bastille le 14 juillet 1790, et plus encore, devenir consécrateur des nouveaux évêques soumis à l’Eglise constitutionnelle des révolutionnaires, au bord d’être excommunié ! Turpitudes qui n’empêcheront pas le retournement d’une réconciliation en bonne règle avec l’Eglise sur ses vieux jours !

 

Quant au manœuvrier de la politique, sa jonglerie bat tous les records historiques de la volte-face, le faisant passer cyniquement des intérêts d’un Etat à un autre. Ayant sauvé sa tête sous Robespierre, il entre au service du Directoire pour devenir le grand diplomate de Bonaparte-Napoléon. A la rencontre de celui-ci  avec Alexandre 1er,commence  à Erfurt sa trahison secrète avec le tsar, suivie de tractations de traîtrise avec Metternich. L’empereur renversé, chute à laquelle il a largement œuvré, Talleyrand devient l’homme des Bourbons,  grand meneur de jeu à Vienne de la diplomatie européenne, pour ensuite finir au service de la maison d’Orléans ! Bref, sur le fond des valeurs positives de son Soleil du Verseau et de son diplomatique Mercure du Capricorne aux visions profondes et lointaines, il aura été un virtuose de la trahison que, néanmoins, l’histoire ne peut accabler.

 

Vivre seulement un grand affrontement qui ait de l’éclat dans sa vie suffit d’ailleurs à une telle dissonance. De même qu’avec Victor Hugo, notre opposition avait campé un duel entre géants face à Napoléon III « le petit », au prix d’un exil tout au long du Second Empire, semblablement se présente, grandiose lui aussi, l’affrontement, contre Napoléon 1er  du duc Arthur de WELLINGTON (Dublin, au minuit du 1er au 2 mai 1769, Raphaël’s Manual, 1848) avec son opposition encadrée d’un grand trigone, le présentant historiquement comme l’artisan de la victoire de Waterloo et le vainqueur de Napoléon. Peu importe l’objet : pour le poète Herman MELVILLE (New York,1er août 1819, 23 h 55, selon Hans Ritter) dont le Soleil du Lion au FC est opposé à Jupiter au MC, avec Mars à l’AS qui les relie, « Moby Dick » n’est-ce pas aussi le combat géant d’un capitaine avec une baleine, érigé en lutte magistrale de grandeur métaphysique ?

 

L’opposition Soleil-Jupiter du roi Louis PHILIPPE (Paris, 6 octobre 1773, 9 h 40 m, acte officiel) est celle d’un souverain en porte-à-faux avec son trône, en roi bourgeois, en « roi des Français ». De là une évidente contradiction : « Le roi règne mais ne gouverne pas » lui fait-on savoir. Comment échapper à cette formule de l’opposition parlementaire ? Le roi tente de résoudre la contradiction en comptant partager le pouvoir avec un Premier ministre de sa complaisance, le principal et dernier, Guizot, ayant eu d’ailleurs, son Soleil superposé au sien. Jusqu’au renversement de la révolution de février 1848.

 

Sur la conjonction Soleil-Jupiter à l’entrée du Bélier de Guillaume 1er, se superpose le Soleil d’Otto von BISMARCK (Schönhausen, Brandebourg, 1er avril I815, 13 h 30), en opposition de Jupiter, laquelle est assistée en losange d’un remarquable sextil Mars-Uranus. Plutôt que de passer par la main tendue d’une réunification allemande pacifique suggérée par un Napoléon III vacillant, c’est à la manière forte du recours à la guerre que le Chancelier de fer prussien forgea l’histoire. Homme d’une rude conjonction Mars-Saturne, signant une politique autoritaire lui faisant vivre son pouvoir en conflit permanent (son opposition) : avec les socialistes, l’Eglise, les minorités annexées contre leur gré, et jusqu’à s’affronter, après Guillaume Ier lui-même, puis avec Guillaume II dont il supportera mal le congédiement. Non sans avoir – avec sa « Triple alliance » … - ouvert la voie conduisant aux tragédies militaires du XXe siècle.

 

Né à Naples le 11 novembre 1869 à 22 h 20 m (pièce officielle), le roi d’Italie  VICTOR-EMMANUEL III a son Soleil de 19° Scorpion en IV opposé à Jupiter-Pluton de 15-16° Taureau en X. Au triple carré de son AS en Lion. Nul doute que ce roi ne put supporter le complexe de sa très petite taille qui dévalorisait l’homme public dans l’exercice de sa fonction. Incompatibilité soli-jovienne plutonisée au point que son fils Umberto II a jugé que son père «n’aimait pas son métier de roi », en une sorte d’impuissance à le bien exercer, surcompensée en rigueur pointilleuse de Scorpion refoulé. Ce qui contribuera au refoulement du trône lui-même : basculement de l’opposition avec les élections italiennes le contraignant à abdiquer le 9 mai 1945, mettant fin à un règne occupé néanmoins depuis le 29 juillet 1900 ; abdication signant par contre l’extinction de la monarchie italienne.

 

Deux cas parallèles : Chez le grand fondateur de la « Banque Rothschild », Meyer Anselme ROTHSCHILD (Francfort-sur-le-Main, 23 février 1743), la même opposition s’élargit à une conjonction Jupiter-Saturne de la Vierge et une conjonction Soleil-Vénus des Poissons, triangulées à Neptune du Cancer. Les intérêts comptables de l’avoir bancaire face à la vocation du don de soi, la richesse du gain acquis  étant moralement « dédommagée » par la philanthropie, notamment  par établissements hospitaliers. De même, chez Alfred NOBEL (Stockholm, 21 octobre 1833), le Soleil 27° Balance, conjoint à Mars 0° Scorpion est opposé à Jupiter 0° Taureau. N’est-il pas significatif que  cet industriel chimiste qui découvre la dynamite, à l’utilisation si désastreuse qui en a été faite militairement, ait « compensé » ce culpabilisant usage en instaurant la récompense de ses prestigieux Prix Nobel  de la culture ?

 

Récemment se sont présentés deux cas similaires d’un autre genre en France. D’abord avec François MITTERRAND (Jarnac, 28 octobre 1916, 4 h, e.c.), son opposition se ramifiant par trigones-sextils au MC et à Pluton. Non sans démarche équivoque, sa carrière politique a oscillé de droite à gauche, et c’est en se plantant face au géant de Gaulle que sa vocation a pris tournure. Devenu à son tour Président de la République, une situation inédite lui arrive à deux reprises avec la cohabitation, la majorité parlementaire étant passée à droite. Une première fois, sa présidence est démunie de l’exercice du pouvoir du fait de l’élection d’un Premier ministre de droite, Jacques Chirac, rival implacable, lequel détricote allègrement une bonne partie de son œuvre socialiste d’homme d’Etat. Et il lui arrivera même, au cours de son second mandat présidentiel, où s’exercera même une rivalité de gauche avec Michel Rocard Premier ministre, de se voir démuni une nouvelle fois d’une partie de son pouvoir par le nouveau gouvernement d’Edouard Balladur.

 

Un même phénomène de cohabitation s’inversera lorsque Jacques Chirac deviendra à son tour Président de la République et, avec ses propres carrés de X à VII, subissant le même sort que son prédécesseur. Mal élu, ayant échoué dans son initiative d’élections anticipées, il se verra dans l’obligation de subir un gouvernement du Premier ministre socialiste Lionel JOSPIN (Meudon, H.S., 12 juillet 1937, 23 h 10, e.c.). Contraint lui-même, avec son opposition soli-jovienne, à la demi-portion de l’exercice du pouvoir.

 

L’ OPPOSITION    SOLEIL -  SATURNE

 

Si la dissonance Soleil-Jupiter risque de diviser des intérêts  voisins ou parallèles : incompatibilité entre la réputation et le profit, les honneurs et la fortune par exemple, réussite incomplète en quelque sorte, avec l’alignement de l’opposition Soleil-Saturne se radicalise la confrontation. Comme, zodiacalement, Jupiter s’assimile au trigone, par essence est saturnienne l’opposition (Lion face au Verseau) et les deux astres contrastent comme l’intrinsèque opposé du Chaud et du Froid. Il n’est donc pas étonnant que cette configuration découpe des situations tranchées. taillées à même l’essentiel des choses : contraires cohabitant – on est satisfait là (présence ou maîtrise) où est le premier, comme en échec ou déficitaire là où est le second -  ou pouvant basculer d’un extrême à l’autre.

 

On peut  mieux cerner leur nature en rapprochant les exemples de cas voisins. Ainsi, voici, par exemple, une brochette de configurations quasi-familières -  où les deux astres sont en débilité puis en dignité de signes - .avec ce qui s’observe parallèlement chez les  personnages en question.

 

Avec son Soleil  du Capricorne opposé à Saturne du Cancer, remarquablement encadrés dans un triangle de conjonction Mars-Uranus, le maréchal Michel NEY (Sarrelouis Moselle, 10/01/1769) est une sommité des campagnes militaires de la Grande-armée, héros de la retraite de Russie, épopée bien capricornienne, et couvert de gloire par Napoléon qui le fait ministre, duc, prince et richissime. A l’abdication de l’empereur en 1814, le grand soldat s’est naturellement rallié à Louis XVIII. Au retour de l’Ile d’Elbe du détrôné, le roi le charge de l’arrêter : Ney lui promet de ramener « l’usurpateur dans une cage de fer ». Hélas, reconquis par le prestige encore magique de Napoléon, il se rallie à ses troupes, s’engageant avec lui jusqu’à la défaite de Waterloo. Renversement du destin : de s’être ainsi renié en trahissant les Bourbons qui lui vaut une comparution devant la Chambre des pairs, lesquels le condamnent à mort. Ainsi, après une gloire tant méritée, l’un des plus vaillants soldats honorant la France allait tomber sous les balles aux ordres d’autorités ineptes.

 

Nous avons une opposition semblable avec Woodrow WILSON (Staunton/Virginie, 29/12/1856, 0 h 45, bible familiale), sortant du méridien. Voici un grand président des Etats-Unis, aux importantes réformes démocratiques, qui a engagé son pays dans la Première guerre mondiale et participé activement à la conférence de la paix du Traité de Versailles. Or, non seulement son idéalisme démocratique se brisa devant les exigences des intérêts à courte vue des vainqueurs, fourbissant un inique traité de paix, mais encore, le Sénat américain refusa de ratifier l’institution de la Société des Nations. Ecroulement final de l’œuvre de ce Prix Nobel de la Paix, au surplus frappé de paralysie jusqu’à son décès en 1924.

 

Mieux encore devait-il en être avec les débilités du Soleil  du Verseau et de Saturne du Lion. Ainsi en est-il avec l’empereur GUILLAUME II d’Allemagne (Berlin, 27 janvier 1859, 15 h., source officielle), opposition triangulée avec Jupiter, mais frappée d’un carré de Pluton et de dissonances mineures avec le MC, Neptune et Vénus. Basculement aux extrêmes : le passage d’un empereur empanaché, lancé ambitieusement dans l’immense  aventure de son règne avec l’éclatement de la Première Guerre mondiale en 1914 (sous transit de l’explosive conjonction Jupiter-Uranus sur son Soleil), et s’effondrant dans la défaite militaire en 1918, abdication le conduisant à l’exil (transit de Neptune sur Saturne).

 

Un cas voisin est Nicolae CEAUCESCUE (Scornicesti, Roumanie, 23/1-5/02/1918, midi, e.c.) avec le Soleil au MC et Saturne au FC, Président de la République en Roumanie en 1974, qui exerça un pouvoir dictatorial jusqu’à ce qu’il soit renversé brutalement et fusillé avec son épouse par les révolutionnaires,  suite à la chute du mur de Berlin, le 25 décembre 1989.

 

Autre débilité de type chute : c’est un Soleil en Balance, maître d’AS en opposition de Saturne-Bélier et au carré de la Lune, qui signe l’histoire du Comte de CHAMBORD (Les Tuileries à Paris, le 29 septembre 1820, 2 h, acte officiel). Préféré au fils aîné de Charles X, le duc d’Angoulême, Dauphin d’un jour, il avait été promu roi en instance à Rambouillet à la chute de Charles X en 1830. A celle de Napoléon III, une provisoire république s’établit en 187I, tenue avec Thiers par une majorité de conservateurs et surtout de légitimistes, ecclésiastiques compris, voulant « sauver Rome et la France du Sacré-Cœur »  qui tentèrent d’installer le comte de Chambord sur le trône de France. Les négociations avaient abouti lorsqu’au dernier moment le puritain absolutiste – en tout ou rien  - y renonça faute d’avoir pu imposer le traditionnel drapeau blanc, substitué au national tricolore. Un tel refus, jugé comme une peccadille, est expressif d’un manifeste acte auto-destructif, d’autant que ce prince auto-punitif allait se condamner à un exil (Saturne en IX) jusqu’à sa mort.

 

Cette fois, entre dignité et débilité se présente de fin-Taureau à entrée Sagittaire, en alignement au méridien, l’opposition soli-saturnienne du Tsar NICOLAS II de Russie (Tsarskoïe Selo, Saint-Pétersbourg, 18/05/1868, midi ou minuit …). « Tsar martyr » entré au Kremlin en 1894 et, dans le gouffre de la révolution russe de 1917, éliminé tragiquement avec toute sa famille en une fin de dynastie. Et c’est une opposition de Saturne à conjonction Jupiter-Uranus, en sortie du méridien, que présentait la tsarine son épouse, Alexandra Fedorovna (Darmstadt, All., 6/06/1872, 3 h 45, e.c.), déjà porteuse d’une éclipse de soleil sur son AS.

 

Inversion par passage aux dignités des deux astres dans leurs « trônes », sans que, pourtant -  que peut le signe devant l’astre ? - l’opposition ne perde de sa nocivité, avec la configuration du Président américain Herbert  C.  HOOWER (West Branch, Iowo, 10/08/1874, 23 h 15 selon sa propre déclaration). Son Soleil et quatre planètes en Lion sont en opposition de Saturne en X. Bombant le torse, ce 31e Président des Etats-Unis fut élu, tambour battant, ayant promis une montagne de prospérité ! Or, entré à la Maison-Blanche en 1929 même pour y rester jusqu’en 1933, il devait justement essuyer tout au long d’une telle tragédie, la plus grande crise économique de l’histoire de son pays.

 

Habib  BOURGUIBA (Monastir, Tunisie, 9/8/1903, 5 h, e.c.) est le négociateur de l’indépendance de la Tunisie en 1955,  grand homme d’Etat dirigeant avec noblesse son pays, jusqu’à devenir son Président à vie. Hommages auxquels peut répondre un Soleil du Lion harmonique qui se lève … L’homme s’est tenu remarquablement longtemps au pouvoir, et de l’opposition saturnienne ne se retient – atténuation du mal relevant de la   dignité de l’astre en Verseau ? Ou encore, du seul fait de Saturne en VII, infortune conjugale comme dans le cas semblable survenu au physiologiste Claude Bernard ? - que de s’être vu dessaisi du pouvoir en vieil homme usé, ne pouvant plus remplir sa mission au sommet de l’Etat.

 

L’artiste a plus de ressources que toute autre personne pour se tirer du dualisme en question en raison de la disponibilité à laquelle se prête la tendance, dès lors qu’elle peut s’exprimer sur le terrain de l’imaginaire. Un cas réussi d’opposition soli-saturnienne est celui de Pablo PICASSO (Malaga, 25/10/1881, 23 h ¼, e.c.), magicien de la création artistique, qui l’a au méridien. Avec lui, c’est d’abord son Soleil du Scorpion maître d’AS (que Mars vient au surplus de franchir) au FC qui fait gicler un complexe sado-anal à base de violence, en puissance de  brulantes pulsions d’Eros et de Thanatos. Son pinceau sauvage fait subir au motif, portraits surtout, les pires tortures, atrocités et monstruosités, en  esthétique de la laideur d’un génie expressionniste fascinant. Mais aussi surgit en face Saturne du Taureau au MC avec, à la tête de laquelle il est, la révolution cubiste au séjour d’Uranus en Capricorne (1907-1913). Art cérébral visant une représentation dépouillée du réel, froidement ramené à la pure structure de volumes primordiaux : sphère, cylindre, cône, cube … Jeux d’angles, de plans, de courbes, réduisant l’objet à sa quintessence. En une prédilection pour la « nature morte » d’objets sommaires, et en un chromatisme austère dans une gamme de tons terreux évoquant la matière cérébrale. On est ainsi aux antipodes du singulier individualiste Scorpion cracheur de feu, outre que cet Homo duplex reviendra à Saturne avec un retour à l’art archaïque primitif de la préhistoire, son trésor de mythes et symboles immémoriaux.

 

L’ OPPOSITION  SOLEIL – URANUS

 

Ici, le Feu est le tissu commun de la configuration, en ce que cet élément a effet d’activation et d’intensification vitale manifestées sous divers aspects : tension, excès, risque, aventure, inédit, extrémisme.

 

Un parfait cerf-volant est centralisé par l’opposition du Soleil avec trois planètes en Scorpion à Uranus du Taureau chez Xavier BICHAT (Thoirette, Jura, 11/11/1771). Audacieux anatomiste et physiologiste réalisateur d’autopsies par milliers à l’Hôtel-Dieu où il mourra d’empoisonnement cadavérique après une dissection.

 

C’est un Soleil conjoint à Mercure en Sagittaire qui s’oppose à Uranus des Gémeaux chez Louis Joseph GAY-LUSSAC (St. Léonard, Limousin, 6/12/1778) : premier savant explorateur de l’atmosphère en ballon, à 4000 puis 7000 mètres en 1804, renouvelant la chimie (prélèvements de l’air, réactions du pouls, de la respiration …).

 

Avec son Soleil opposé à Uranus des Poissons se distingue l’aventureux marquis de LA FAYETTE (Chavagnac, H-L, 6/09/1757) d’avoir bravé les obstacles : passant par-dessus les ordres de Louis XVI, équipant à ses frais une frégate et traversant l’Atlantique pour débarquer à ses vingt ans et aller se battre au côté des insurgés américains en lutte pour leur indépendance. Personnage de héros par excellence.

 

Pas étonnant qu’avec son opposition Soleil-Verseau/Uranus-Lion de IX à III, triangulée harmoniquement à une conjonction Mars-Jupiter du Sagittaire en VI, Louis RENAULT (Paris, 12/02/1877, 13 h 15, e.c.) ait à vingt-deux ans en 1899 sorti une voiturette, lancée par milliers d’exemplaires à l’entrée du XXe siècle, et soit devenu un géant de l’automobile française. Cohabitant non moins chez lui, l’homme de Billancourt solitaire, froid, rude et sombre avec son Saturne des Poissons au MC, voué finalement à l’effondrement de son œuvre : destruction par l’aviation alliée de ses usines et comptes à rendre de collaboration avec l’ennemi.

 

L’ OPPOSITION  SOLEIL – NEPTUNE

 

Ici, l’opposition se compose d’une antinomie Feu-Eau, source de problématique, de flou, évoquant quelque évaporation, comme si l’on ne se possédait pas bien, étant sujet à des  métamorphoses de soi ou entraîné par les circonstances. Certes, l’évasion susceptible d’en résulter peut aussi avoir sa part d’intérêt. Néanmoins, le danger est de s’évader de l’ordinaire, de s’égarer, de se dissiper en effusion imaginaire : escapade en eau trouble,  confusion,  désordre ; voire dérive du chimérique, tromperie, fourberie,  fraude, en perte de soi.

 

Un cas en direct, où sujet et objet ne font qu’un, se présente avec l’astronome Jean Godefroid GALLE (Pabsthaus, Prusse, 9/06/1812), dont le Neptune en face de son Soleil pouvait constituer son principal objectif de conquête : c’est d’ailleurs ainsi qu’il y travailla, indépendamment des parallèles recherches de Le Verrier. Mais n’allait-il pas buter à un obstacle ? Son mémoire, remis à l’astronome royal Airy qui fit quelques objections, resta immobilisé au fond d’un tiroir, de sorte que – à son détriment - ce fut l’astronome français qui recueillit les honneurs de la découverte de la planète.

 

Le chirurgien et anthropologue Pierre Paul BROCA (Ste-Foy-la-Grande, Gironde, 28/06/1824, 20 h, e.c.) qui a cette opposition alignée à l’horizon, n’a pas craint – grande évasion à son époque d’une telle hétérodoxie - de recourir à l’hypnotisme comme anesthésie.

 

C’est dans un contexte négatif – avec un carré de Mercure à l’avide Saturne que renforce une consommatrice Lune du Taureau plutonisée - que s’est exercée l’opposition en question, du franc Bélier à la souple Balance, le «  roi de l’escroquerie » Anthelme COLLET (Belley, Ain, 10/04/1785). Du général de brigade à Turin au comte de Borromeo et officier de la Légion d’honneur à Montpellier, en passant par le ruban rouge à la boutonnière à Rome, Monseigneur Pascalini à Nice et au comte de Gôle en Dordogne, … se plaisant à se déguiser pour se faire passer pour ce qu’il n’est pas et duper son monde, partout il écume des fortunes, remplissant ses poches avec un appétit d’ogre. Ce qui lui vaudra la route du bagne à Brest en 1821 jusqu’à sa mort dix-neuf ans plus tard.

 

L’ OPPOSITION  SOLEIL – PLUTON

 

Avec l’astre central et celui qui  borne la frontière de notre système solaire, peut-on avoir contrastes plus éclatants que lumière et ténèbres, vision et mystère, ordre et chaos, plénitude vitale et néant ? Comme si l’on s’affrontait à un démon intérieur.

 

En introduction aux personnages de cette configuration s’illustre Nicolas COPERNIC (Torum, 19/02/1473, 16 h ¾, selon lui-même), l’ayant à l’horizon avec un Soleil en valeur d’objet par sa position au DS, d’autant plus qu’il est dans l’univers infini des Poissons, signe allant mieux que tout à l’immensité sidérale.  L’astre devient ainsi pour notre astronome le « personnage » du cosmos qu’il sacralise en lui restituant sa position centrale au sein de la ronde planétaire. Au prix fort avec, à l’AS (lieu du « moi pour soi »), un Pluton virginisé : moi mortifié d’homme détrôné, déchu de sa centralité universelle. Suprême écartèlement entre la révélation de l’éclat du corps glorieux de Phébus et la condition d’une créature humaine minée par le mal d’une telle destitution. Non, par ailleurs, sans que le petit chanoine visionnaire n’ait ressenti quelque culpabilité d’une prévisible condamnation par l’Eglise de son hérétique révélation. Au point d’avoir, en silencieux refoulé, mis sa découverte en veilleuse pendant une trentaine d’années, que son disciple Rhéticus dût pousser à l’édition, outre que son ouvrage : De Revolutionibus …lui parvînt dans les mains alors qu’il quitta ce monde !

 

De lui, on peut sauter à un nouveau suprême écartèlement avec l’astrophysicien Edwin HUBBLE (Marshfield MO, 20/11/1889), habité par la dialectique du contraste entre la lumière et les ténèbres. Plus encore ici où le système solaire est parcouru de bout en bout du Soleil fin-Scorpion à, en face,   une conjonction Neptune-Pluton entrée des Gémeaux,  l’infini s’adjoignant à la profondeur des ténèbres jusqu’à l’insondable. Ainsi est-il, en un tel grand écart, l’homme qui, au plus lointain des cieux, a pu jeter le premier regard aux confins des milliards de galaxies jusqu’à découvrir l’expansion de l’univers et remonter au big-bang.

 

Si la lumière a sa pureté, transposable il est vrai en maintes manifestations ou sur l’échelle de son registre analogique, les ténèbres, dans leur profondeur, n’ont rien qui en arrête la diversité. Ainsi, la conjonction Neptune-Pluton de la fin du XIXe siècle est, à la fois, pour la génération qui l’a vécue, source de l’enfer de la Seconde Guerre mondiale, le trio Jupiter-Saturne-Uranus l’ayant d’ailleurs actualisée en transitant sa position en 1941-1942. Ainsi que pouvoir de résurrection, avec l’émergence à la lumière d’anciennes civilisations depuis longtemps endormies sous les sables, antiquités révélées en cette fin du XIXe siècle. Temps commun où fleurit aussi en littérature le mouvement symboliste qu’accompagna également un éclatement de la pensée, dégagée elle aussi, cette fois, de l’épistémologie cartésienne, s’ouvrant au surrationnel, avec notamment la renaissance de l’ésotérisme. Les ténèbres ont aussi leur montée vers le haut. Etc. …

 

Pour revenir à l’individuel se présentent deux cas opposés : le premier dont la vie bascule de Pluton au Soleil, et le second, du Soleil à Pluton.  François VIDOCQ (Arras, 24/07/1775, 2 h, e.c), dont le Pluton du Capricorne en VIII s’oppose au Soleil du Lion encadré de quatre sextiles, est le cas du délinquant devenu flic. Aventurier commençant à quinze ans comme terreur de son quartier, ce sont vite les travaux forcés agrémentés de huit évasions. Puis, sur le tard, s’étant proposé à la police de renseignement, ce mystérieux personnage devient agent secret et débarrasse Paris des voleurs. L’ancien bagnard crée ensuite sa police de sureté, appréciée en haut lieu, et finit sa vie considéré, en homme de goût, en châtelain.  Dans le sens opposé, rappelons ici  Arthur Rimbaud,  lequel, à l’inverse aussi de Copernic, a son Soleil à l’AS en opposition de Pluton au DS. Poète inspiré, aux ailes élancées d’un idéal du moi qui le divinise (du moins le croit-il), habité par le génie  puis vite dégrisé ; passé ainsi du sacré au maudit, chutant de ses Illuminations à sa Saison en enfer, comme d’un plein à un vide.

 

Il n’est pas étonnant d’avoir le morbide amour de la captivité, qui est annulation de vie, avec une opposition soli-plutonienne en climat de conjonction Mercure-Vénus-Mars-Jupiter en Poissons et au carré de Neptune, comme c’est le cas pour Jean Henri de LATUDE  (Montagnac, Hérault, 23/03/1725). Déjà enfermé à la Bastille en 1749 pour avoir faussement avisé Mme de Pompadour d’un complot fomenté contre elle dans l’espoir d’une protection de sa part, ce « seigneur du trou noir » se fait coffrer dans plusieurs prisons successives pour évasions, accroissant la durée de sa détention. Au point de n’être libéré qu’en 1784, non sans réclamer des dommages et intérêts aux héritiers de Mme de Pompadour.

 

L’infernal ne manque pas de ressources. Avec Marie CURIE (Varsovie, 7/11/1867, 12 h, bapt.), l’alignement Soleil-Scorpion-MC/Pluton-FC symbolise sa découverte du radium avec son pouvoir thérapeutique mystérieux ; lequel se convertit chez elle en irradiation maléfique, n’ayant su se préserver à temps du danger.  Elle en sera rongée jusqu’à mourir d’anémie pernicieuse à soixante-six ans.

 

L’opposition du Soleil du Scorpion à la conjonction Neptune-Pluton, c’est aussi bien Charles de GAULLE Siegfried combattant le dragon en se jetant exemplairement seul dans l’enfer de la Seconde Guerre mondiale, que GEORGES VI (Sandringham, 14/12/1895, 3 h 05, biog.)  portant pour son règne la signature britannique de cette atrocité. Ainsi, mais différemment,  que Alex STAVINSKY (Sobodka, 20/11/1886, 16 h, r.p.), avec – inversion cette fois -Neptune-Pluton à l’AS opposés au Soleil du Scorpion au DS : à l’œuvre étant ici – pulsions de mort à l’état de décomposition - la tourbe d’un escroc de haut vol poussé au suicide et dont le scandale a éclaboussé la IIIe République.

 

 

L’opposition de l’amiral Jean LABORDE (Chantilly, Oise, 29/11/1878, 19 h 40, e.c.), déjà chargée d’un double carré d’Uranus, est accompagnée par Saturne des Poissons au MC, avec Neptune en X frappé d’une opposition de Mars du Scorpion en IV ! Tragédie historique : sous une menace d’intervention allemande pour s’emparer de la flotte française, le 27 novembre 1942, c’est lui qui, sourd aux appels de Darlan qu’il détestait à rallier l’Afrique du Nord pour reprendre le combat, donna en solitaire l’ordre de saborder la flotte de Toulon : 61 navires de combat coulés, au total, plus de 100 unités navales, soit le plus grand désastre maritime français ! Sa condamnation à mort sera commuée en détention perpétuelle.

 

 

L’ OPPOSITION  JUPITER – SATURNE

 

Avec le couple Jupiter-Saturne se compose une configuration diamétralement  opposite par l’aspect en soi et la dualité Air-Terre des deux astres ; antinomie de dilatation et de rétraction. Bipolarité de composantes tempéramentales où l’être est épanoui dans le secteur qu’occupe le premier, et morose ou terne dans celui d’en face où se présente le second. Cette cohabitation opposite des deux contraires fait ainsi prévaloir un contraste à la manière  (si la mobile Lune s’en mêle) d’un « Jean qui rit - Jean qui pleure », sinon fait se succéder des tranches de vie radicalement opposées, voisines de la cyclothymie, sinon comme un passage de richesse à  pauvreté ou inversement. Mais large n’en est pas moins l’éventail, chaque cas étant particulier ; il est vrai aussi d’une opposition à une autre …

 

Dans le cas de celle de Jupier du Verseau à Saturne du Lion de Jean-Jacques ROUSSEAU (Genève, 28 juin 1712)  cohabitent en Janus : du second l’homme solitaire et misérable père, calfeutré dans son coin, qu’anime un vague sentiment de culpabilité et d’insécurité, quasi-pitoyable. C’est lui qui inspire Les Rêveries du promeneur solitaire, ses Confessions, ses Dialogues. Alors que du premier nous vient l’homme d’esprit de l’Emile et du Contrat social, la morale politique des droits de l’humanité, l’idéaliste apôtre du socialisme, messager d’espoir pour l’espèce humaine.

 

Avec Léon BLUM (Paris, 9/04/1872, 11 h, e.c.), nous avons la grande embardée où, de 1936 à 1941, il est passé d’un prestigieux Président du Conseil de la IIIe République, illuminée de son Front populaire, à la prison du fort de Portalet, traduit devant la cour de justice de Rion, puis livré par Vichy et transféré en Allemagne où il sera libéré par les Américains.

 

Avec Jupiter au MC opposé à Saturne au FC, Erich HONECKER (Neunkirchen, Sarre, 25/08/1912, 18 h e.c.) est passé de haut en bas de 1976 à 1989, depuis sa Présidence à la République Démocratique Allemande jusqu’à l’effondrement du régime avec la chute du mur de Berlin, ainsi que ses comptes à rendre...

 

Ici, passons au cas féminin d’un renversement de destinée du tout au tout, sous le coup de Jupiter-Scorpion au lever face à Saturne-Taureau en conjonction de la Lune au coucher, avec l’actrice Mireille BALIN (Monte-Carlo, 20/07/1911, 13 h. e.c.), aux films gentillets du cinéma d’avant-guerre. Superstar des années trente, belle, riche et célèbre, elle forme avec le chanteur Tino Rossi le couple le plus en vue de l’avant-guerre. Au box-office de l’époque, elle est cotée au plus haut : un million par film avec Jean Gabin (« Pépé le Moko », « Gueule d’amour »), et « Naples aux baisers de feu » avec Tino. La guerre venue, un bel officier autrichien entre dans sa vie et elle tourne huit films ; un record. Ce qui lui vaut, la guerre finie, une véritable mise à l’index. Tout s’effondre. Et ce sera pour cette encore si jeune et éblouissante star, le début d’une  descente aux enfers. Finie la vedette fêtée : plus de film, devenant seule, délaissée de tous. Et n’ayant jamais payé ses impôts, ses biens sont saisis : adieu bijoux, bracelets, diamants et visons. Elle sombre dans la misère en vieillissant à vive allure, jusqu’à  mourir dans une salle commune d’hôpital.

 

L’ OPPOSITION  JUPITER – URANUS

 

Quant au duo Jupiter-Uranus – que rapprochent  les valeurs chaudes de culmination du MC en cycle diurne - l’opposition elle-même lui apporte une intensité maximale, source d’ambition, voire de tension extrémiste, monde de l’excessif, de l’outrance. D’un côté, les deux astres inclinent à l’essor : excitation, exaspération, aventurisme de leur combiné Air-Feu. De l’autre se présente l’effet amplificateur d’une pleine mesure cyclique atteinte par l’aspect lui-même qui est une manière de jusqu’auboutisme. (180°). Cet état ultime peut se maîtriser dans un bon encadrement et mener loin, jusqu’à l’exceptionnel. Sinon, l’excessif tourne au  danger plus ou moins explosif, qui rappellent les années de conjonction des deux planètes : 1914, 1941, 1968 …, jusqu’à la dernière de 1997 où, cette fois, éclate prodigieusement comme un feu d’artifice Internet, sans oublier le génie créatif transformateur de société qui l’accompagne, passage à la mondialisation. L’ambition dans l’aventure, avec ses réussites et ses échecs, est donc l’aboutissement le plus courant d’une telle configuration. Bref, entre le suprême et la catastrophe, signature de génies comme de cracheurs de feu, impérialistes, intégristes et ultras en tous genres,   exploit inédit sinon  pleine débâcle.

 

Le personnage qui en est la plus belle illustration universelle est naturellement NAPOLEON Ier (Ajaccio, 15/08/1769, vers 11 h 30, documents d’archives), chez qui le Jupiter du Scorpion se lève en opposition d’Uranus du Taureau qui se couche. Et axe au double carré d’un MC en Lion, au surplus entouré du Soleil et de Mercure dans le signe ; opposition également ramifié par trigones et sextils à Vénus-Mars-Neptune-Pluton ! « Je suis né d’une famille pauvre et j’occupe le premier trône du monde. J’ai fait la loi à l’Europe. J’ai distribué des couronnes. J’ai donné des millions … » .Personnage hors du commun, étincelant, fulgurant, éblouissant, génie d’une épopée historique, dont le nom universel est synonyme de liberté, malgré le despotisme impérial, et de grandeur en dépit de Waterloo ….

 

Face opposée : voici un cas voisin d’ambition forcenée mais complètement ratée avec la grimace du maréchal François – Achille BAZAINE (Versailles, 13/02/1811, 12 h e.c.). Avec, lui aussi, un Soleil au MC et au double carré de Jupiter au lever et d’Uranus au coucher, que côtoie Mars. Commandant des troupes françaises à la guerre du Mexique, il s’était déjà livré à des intrigues pour  évincer l’empereur Maximilien afin de s’installer lui-même au pouvoir. A la défaite franco-allemande du 4 septembre 1870, chef des armées, il refuse, Napoléon III évincé, de reconnaître la République dans l’arrière-pensée de devenir un recours : «Je n’avais plus de gouvernement ; j’étais pour ainsi dire mon propre gouvernement à moi ; je n’étais plus dirigé par personne, je n’étais plus dirigé que par ma conscience. ». Sa conscience lui fait renoncer à l’exécution de ses devoirs militaires envers la France. Enfermé dans Metz avec son armée, ayant tenté en vain de négocier avec Bismarck, il   capitule sans combat, se rend à l’ennemi avec 150 000 hommes, 4000 officiers, 3 maréchaux, et un matériel militaire immense. Condamné à mort pour trahison par le Conseil de guerre, sa peine sera commuée en 20 ans de prison. Evadé de prison en 1874, il se réfugie en Espagne pour y mourir en 1888.

 

Troisième version : c’est comme si l’on avait déposé une bombe entre ses mains en transmettant l’héritage du trône de France à celui qui allait être LOUIS XVI (Versailles, 23/08/1754, 6 h 25, Gazette de France et Mercure de France). Lui aussi a un alignement Jupiter-AS/Uranus-DS, au carré du MC, avec même participation de Soleil et Mercure conjoints au premier et opposés au second ! On sait d’ailleurs qu’il reçut en catastrophe ce cadeau empoisonné qu’allait être son règne assaisonné de la Révolution française dans tous ses états. Lever de conjonction Soleil-Jupiter (au surplus de Mercure compris, maître d’AS et du MC !) : ce Bourbon n’avait aucune chance d’accéder au trône. Il y fut hissé par le concours exceptionnel d’une succession de deuils familiaux de la famille royale ! Une chance pour le pire, jusqu’à la guillotine. …

 

Plasticité de la tendance dont le point focal se diffuse en toutes directions : il n’est nul besoin d’extravagance réussie ou ratée, d’abîme ni de panthéon, pour qu’elle se satisfasse économiquement, comme ici par le moyen de son propre tempérament au service de son art. Certes, c’est une conjonction Jupiter-Uranus qu’a Louis de FUNES ( Courbevoie, 31/07/1914, 1 h, e.c.)  au MC, mais elle reçoit l’opposition du Soleil en Lion, ce qui le classe dans la même famille. Or, ce savoureux acteur est typique d’une inflation psychique de sa personne à effet de bombe sur l’écran.  Son effet scénique est celui d’un hypernerveux survolté, à l’expression hypertrophiée et à la manifestation fulgurante. Ce survoltage alimente un moi aussi naïvement enfantin que prodigieux. Chez ce petit bonhomme, tout, de la mimique au geste en passant par l’œil et la voix, concourt à la réalisation comique d’un personnage impossible, autoritaire et dominateur, despote assuré de sa naturelle supériorité, imposant sur le champ ses quatre volontés, quitte à assener une volée de coups plus persuasifs qu’efficaces, et autres contraintes physiques pour mieux réduire à merci illico son interlocuteur. Bref, une satire cocasse et enlevée du tyranneau,  l’éblouissant égocentrisme fait roi. Bien que différemment, n’est-ce pas quelque chose de semblable que nous avons avec la luni-vénusienne Brigitte BARDOT (Paris, 28/09/1934, 13 h 20, e. c.)  à même opposition de X à IV. Et Dieu créa la femme … Dans son genre féminin, elle est la bombe du sex-symbol de sa génération qui fait éclater une effervescence de liberté, une fascination du naturel féminin, frisant pour les uns le scandale et pour elle – surabondance de succès, débordement populaire -  une condition de vie insupportable au point d’avoir abrégé sa carrière. Mais avant elle, avec cette fois en direct un alignement Jupiter-Uranus à l’horizon comme son frère Bonaparte, Caroline MURAT (Ajaccio, 24/03/1782, 2 h, aide-mémoire du père Charles de Buonaparte) n’a pas non plus manqué de défrayer la chronique par, cette fois, son ambition féroce de grandeur et de fortune, en une vie infernale, jusqu’à trahir l’empereur à qui elle devait tout en devenant la maîtresse de l’ambassadeur d’Autriche pour conserver le trône de Naples, d’ailleurs en vain ! Et puis, on peut mieux faire d’un capital de tant de ressources. Avec l’opposition qu’a de X à IV Marie-Louise COGNACQ-JAY (Samoëns, H-S, 4/07/1838, 3 h, e.c.), on a affaire, au départ, à une petite vendeuse qui, avec son mari et autant que lui, va arriver à la tête d’une entreprise de sept mille employés de leur grand magasin de La Samaritaine, tandis que, d’un autre côté avec l’opposition de I à VII, Kate MILLETT (Saint-Paul, Minnesota, U.S., 14/09/1934, 19 h 40 e.c.) élève la voix d’un sentiment collectif d’infériorité (conjonction Soleil-Neptune en Vierge et en VI) : « Chaque petit garçon est élevé dans l’idée qu’il peut, s’il a du mérite et de la chance, devenir président des Etats-Unis. Pour les petites filles, le but proposé, c’est d’être élue Miss América. ». Combat engagé du mouvement de libération de la femme des années 70 aux Etats-Unis.

 

Descente, cette fois, de la même opposition sur un rendement hors de soi, extériorisé en création de  puissance physique. Ceci au temps où la machine à vapeur fonctionnait encore empiriquement. Or, avec sa configuration qu’il a au surplus au méridien, il n’est pas étonnant que le concept d’énergie, issu de recherches sur le rendement des machines à feu, ait émané de Léonard SADI CARNOT (Paris, 1/06/1796, 18 h e c.),   fondateur de la thermodynamique : conquête capitale, tournant crucial au cœur de la révolution industrielle.

 

Et il ne faut pas non plus s’étonner qu’à la pointe ultime du savoir concernant l’univers, avec la découverte de la théorie de la Relativité générale, l’on trouve une opposition Jupiter-Poissons/Uranus-Vierge alignée près du méridien, non loin du Soleil en arrivée de culmination, chez Albert EINSTEIN (48°23 N, 8° 39 E, 14/03/1879, 11  h 30, e.c.).

 

La configuration est fertile en génies qui ont apporté leur pierre au savoir scientifique en installant ou renouvelant la connaissance de leur domaine. Comme Antoine de JUSSIEU (Lyon, 6/07/1686) au Soleil du Cancer auquel se joint harmoniquement son opposition, géant des sciences naturelles, surtout en botanique. Comme, avec son lever de Saturne du Cancer que porte une opposition du Taureau au Scorpion, de IV à X Georges CUVIER (Montbéliard, 23/08/1769, 4 h, e.c.)  fondateur de la paléontologie et de la géologie. Urbain LE VERRIER (Saint-Lô, 11/3/1811, 10 h. e.c.), qui, du  seul plongeon dans ses volumineux calculs effectués au bout de sa plume, déniche l’infiniment lointaine position de Neptune dans le ciel. Outre que se présentent des pionniers, à l’avant-garde du progrès. Le fougueux pangermaniste (Boulogne ne lui suffisant pas, c’est Brest qu’il voulait annexer à la France) Comte Ferdinand ZEPPELIN (Constance, 8/07/1838, 10 h 30, « Sterne und Mensch »), avec son opposition alignée sur l’horizon au carré de Mars des Gémeaux au MC et portée par le Soleil. Créateur du ballon dirigeable, orgueil de l’Allemagne impérialiste (119 appareils), jusqu’à la chute du Hindenburg incendié en plein ciel en 1937. Et du côté français, Gabriel VOISIN (Belleville-sur-Saône, Rhône, 5/02/1880, 19 h 45, e.c.) avec également l’opposition sur l’horizon, son Uranus à l’AS étant maître d’une conjonction Soleil-Mercure en Verseau en VI. Brevet n°2 d’aviateur, créant  la première usine d’aviation au monde, ayant construit 182 modèles d’avion, depuis les planeurs de 17 kg jusqu’au triplan 1915 poussé par ses mille chevaux, outre le premier hydro-aéroplane.

 

Du côté de la politique se pointent forcément des « durs », personnages à poigne entendant donner du relief à l’histoire. C’est aussi bien Léon GAMBETTA (Cahors, 2/04/1838, 20 h, e.c.), audacieux instaurateur de la IIIe République, que Léonide BREJNEV (Ukraine, 19/12/1906) pointure supérieure des hommes d’Etat au Kremlin. Tout comme, de l’autre bord, Léon TROTSKY (prov. de Kherson, 7/11/1879)  extrémiste de la IVe Internationale. Et sans doute fallait-il – cette fois à la manière du coup de pousse des circonstances de la vie – cette flambante opposition Jupiter-Uranus à son méridien pour qu’une femme accède enfin à Matignon, devenue encore seule Premier ministre français, en la personne d’Edith CRESSON (Boulogne-Billancourt, 27/01/1934, 17 h 10, e.c.). Ici, cette fois, l’entreprise est au-dessus de ses moyens, comme un destin qui en fait trop.

 

Mais ce qui vaut pour la politique avec cette opposition vaut tout autant pour l’armée, et il suffit de citer celles de deux rivaux de la Première Guerre mondiale. Le maréchal Ferdinand FOCH (Tarbes, 2/10/1851, 22 h, e.c.) qui, en entrée en guerre en 1914, fut un forcené de l’offensive à outrance, très coûteuse en perte d’hommes ; et en plus, nationaliste dur ayant en vain défendu, au Traité de paix, la thèse d’une frontière française repoussée sur le Rhin. Puis le non moins outrancier nationaliste Erich LUDENDORFF (Kruszewnia, Posen, 9/04/1865, 11 h, e.c.= ), général chef d’Etat-major de Hindenburg. Partisan de la guerre à outrance et celle-ci perdue, le revanchard se compromit en nationaliste exacerbé, jusqu’à participer au putsch de Munich en 1923 au côté d’Hitler. A la Seconde Guerre mondiale se distingue aussi le général Douglas MAC ARTHUR (Little Rock, Ark, 26/1/1880, 10 h 13 (Rodden), super-soldat vainqueur de la guerre du Pacifique, enclin à en faire un peu trop et à forcer la main à ses supérieurs qui le congédieront à la guerre de Corée où il demanda que soit proclamé l’état de guerre avec la Chine communiste.

 

L’OPPOSITION  JUPITER-NEPTUNE

 

L’opposition Jupiter-Neptune se livre malaisément compte-tenu de la plasticité de ses tendances. A l’inverse du duo Saturne-Uranus qui opère à sec en effet brut, nos deux astres sont de l’ordre de l’humide, ainsi que du « large », en diffusion, voire en évasion. La dilatation d’être euphorisante qui y est ressentie peut incliner à une sorte d’évaporation de soi enrichissante, encore qu’au seuil de l’illusoire. Le danger réside dans une manière de ne plus bien s’appartenir, d’aller au-delà de ses ressources, de se perdre. Risque de fuite vers un meilleur plus ou moins chimérique au goût amer de déception, comme l’éclatement d’une bulle d’illusion. On en sort souvent désabusé, victime de désordre, de situation malsaine, de tromperie, de fraude, la sienne ou celle d’autrui … Poudre de perlimpinpin et autres, s’abstenir !

 

 Nous avons déjà fait connaissance avec ce monde trouble en compagnie du Cardinal de Retz et de La Rochefoucault, tous deux égarés dans la faute et l’illégalité. Le premier homme d’Eglise souillant sa soutane, livré à une vie dissolue, finissant par se ranger en noblesse de la pensée, apportant sa lumière à la connaissance de la société. Le second, quant à lui, perdu dans une fronde contre les autorités royales, et qui, les reins cassés dans cette aventure, se grandit en censeur moraliste pour stigmatiser les vices d’autrui, peut-être aussi pour se purger soi-même.

 

 Parmi les cas exemplaires se prête en particulier John LAW (Edimbourg, 16/04/1671), ce financier écossais qui mit  ses idées en application sous la Régence en France, où, devenu surintendant des finances, ses opérations spéculatives le conduisirent, jusqu’à sa fuite à l’étranger, à la banqueroute en 1720, ce qui fut le plus grand  krach de l’histoire. Belle figure : son opposition Jupiter-Neptune du Lion au Verseau était au carré de son Soleil du Taureau.

 

L’opposition de Marie-Caroline de Naples, duchesse de BERRY (Caserte, Italie, 5/11/1798, 21 h, La Gazeta de Madrid, Oliver Spranger) est renforcée par la conjonction du Soleil en Scorpion avec Neptune face à Jupiter. Veuve du duc d’Orléans, elle s’était fait nommer régente par Charles X, afin, à tout prix, de récupérer pour son fils le trône de France, contre son oncle « l’usurpateur » Louis-Philippe. Elle ne cessa d’intriguer contre l’autorité royale au point d’en arriver à comploter d’Angleterre, à travailler pour soulever le Midi et la Vendée à renverser le roi ; jusqu’à échouer dans une insurrection, laquelle sera suivie de son arrestation. Du moins, avec sa conjonction Soleil-Neptune s’était-elle présentée comme la première baigneuse, ayant inauguré la mode féminine des bains de mer sur les galets de la plage de Dieppe en 1824, suivie de toute sa compagnie.

 

 Il advient aussi que les choses se passent bien dans une démarche d’oblation, en seconde composante de personnalité accompagnatrice et complémentaire de la principale. Ainsi du « roi de l’acier » américain John PIERPONT MORGAN  (Hartford, Conn., 17/04/1837), avec son athlétique et conquérante conjonction Mars-Jupiter du Lion face à Neptune du Verseau, dont la fortune généreuse a nourri une bienfaitrice philanthropie, pour le moins décorative.

 

L’OPPOSITION  JUPITER -  PLUTON

 

Cette opposition fait penser au duel des puissances du haut et des puissances du bas, à l’affrontement d’un pouvoir établi et de ce qui, dans l’ombre, le menace. Sinon au danger d’aller trop loin dans l’ordre des ambitions, en s’aventurant sur un terrain dont on n’a pas la maîtrise. Le démoniaque n’est pas exclu, sous quelque forme aveuglée que ce soit. On peut aussi se renier soi-même, ce qui est une autre manière d’annulation de sa personne.

 

Avec son extravagant destin, on n’est pas surpris d’observer une opposition de Jupiter du Scorpion conjoint à l’AS en I à Pluton en VII que triangule par carrés une conjonction Soleil-Mercure-Mars-Uranus en Lion en IX non loin du MC, chez MATA-HARI (Leeuwarden, Frise, Pays-Bas, 7/08/1876, 13 h e.c.). Peut-on trouver plus éclatant complexe spectaculaire mâtiné de parano ? Notre aventurière se fait d’abord danseuse, se donnant un blason exotique, ses danses sacrées hindoues frisant même d’ailleurs le strip-tease avant la lettre. Mais son démon intérieur en réclame davantage pour se rendre encore plus intéressante : la prêtresse de danses sacrées ne trouve rien de mieux que de devenir pendant la grande guerre un agent secret H 21 en intelligence avec l’ennemi. Peu importe le rôle d’une telle « espionne ». N’empêche, n’allait-elle pas finir, théâtrale et arrogante, défilant tête haute, refusant de se laisser bander les yeux, au poteau d’exécution, fusillée dans les fossés de Vincennes le 15 octobre 1917 ?

 

C’est à une telle opposition, au relent suicidaire d’une autre sorte, que l’on peut imputer la volte-face survenue à Giorgio de CHIRICO (Volo, Grèce, 10/07/1898), son Jupiter étant au surplus en opposition de conjonction Neptune-Pluton. Voici un peintre qui, au départ, se laisse aller à improviser des tableaux étranges, en une singularité interrogative. Et qui, baignant ensuite dans le milieu de l’art classique, volte-face à ce point inexpliquée, renie son œuvre, enrageant même de ne pouvoir faire oublier ce qu’il avait composé, malgré l’appréciation de son public. Comme s’il lui avait été impossible de faire coexister les deux personnages en lui.

 

L’OPPOSITION  SATURNE – URANUS

 

Le sec et l’étroit entrent en scène avec ce duo planétaire, expression de tension intérieure, source du dur, du raide, de l’excessif, du cruel, d’un jusqu’auboutisme inhumain. En l’être peuvent s’affronter des valeurs établies et des forces subversives, duel entre tradition et révolution, un passé qui s’épuise et un avenir qui se désire. Comme encore entre entraves paralysantes et libération incontrôlée. Les deux forces peuvent aussi se liguer en crise interne d’espèce plus ou moins dramatique, destructive.

 

Maréchal Thomas Robert BUGEAUD (Limoges, 15/10/1784, »baptisé du jour »). Non, cet homme de conjonction Soleil-Mercure-Mars-Neptune n’est pas un révolutionnaire à la Saint-Just, à la Raspail, celle-ci étant barrée par le carré d’une raide et inhumaine opposition Saturne-Uranus. Mais, à sa manière, il est un mystique de l’armée, la caserne étant son église. Avec lui, on n’est soldat que « quand on n’a plus la maladie du pays, quand le drapeau du régiment est considéré comme le clocher du village, quand on aime son drapeau, quand on est prêt à mettre le sabre à la main toutes les fois que l’honneur du numéro est attaqué, quand on a confiance dans ses chefs, dans son voisin de droite ou de gauche ; et quand on les aime et qu’on a longtemps mangé la soupe ensemble. ». Une grand-messe en somme, mais jusqu’à un extrémisme dangereux : « Quand on veut la fin, il faut vouloir les moyens ». Ce militaire droit dans ses bottes qui, en France, a réprimé cruellement les insurrections républicaines, a pratiqué à la campagne d’Algérie une politique de terre brûlée, empêchant les indigènes de semer et de cultiver, détruisant sans pitié les récoltes, abattant les animaux, coupant les arbres fruitiers ! Un monstre …

 

Saturne du Lion au MC est opposé à Uranus du Verseau en IV, l’un et l’autre au carré de l’AS-Scorpion chez Louise MICHEL (Vroncourt, H.M., 29/05/1830, 17 h, e.c.). Fille de châtelain et d’une servante, frappée par l’humiliation de cette condition (en plus, carré de Lune-Vierge en X au Soleil en VIII), campée dans un profond besoin de purification et de rédemption, la voici se drapant dans un idéalisme austère, sacrificiel, conduisant la « vierge rouge » à combattre sur les barricades de la Commune de Paris, à probable finalité punitive. Déportation à vie en Nouvelle Calédonie. Amnistiée après six années de bagne, la pauvresse décharnée en sabots refait six ans de prison à Saint-Lazare pour avoir seulement pris la tête d’un cortège de chômeurs à Paris. Et encore pour une bagatelle, re-condamnation à l’exil … Citation stoïcienne de son Soleil en VIII : « La proclamation de la Commune fut splendide ; ce n’était pas la fête du pouvoir, mais la pompe du sacrifice : on sentait les élus prêts pour la mort.

 

Celle qui se passe de I à VII, au carré de Mars du Scorpion culminant et sous conjonction Soleil-Pluton d’Henri BARBUSSE (Asnières, Seine, 17/05/1873, 23 h) rappelle l’auteur d’un Prix Goncourt (son œuvre principale) : Le Feu, Journal d’une escouade : la tragédie atroce, épouvantable, du fantassin dans les tranchées de la Première Guerre mondiale, peinte à bouts portants dans toute son horreur.

 

A la naissance de Manuel de FALLA (Cadix, 23/11/1876, 6 h e.c.), au méridien passe une opposition d’Uranus du Lion (MC) à Saturne du Verseau (FC), croisée par une autre de Mercure du Scorpion à l’AS à Pluton du Taureau au DS, suivie d’une conjonction Soleil-Jupiter du Sagittaire en I. En lui règne surtout une tension dramatique de la passion et d’un refus de vivre, conflit intérieur du désir et de l’austérité jusqu’à un ascétisme total. Si, douloureusement, l’homme se fait moine, son exutoire musical éclate. Par obsession de pureté formelle, la condensation de toute l’œuvre de ce plus grand compositeur espagnol tient seulement en quatre heures d’audition ! Mais quelle vitalité que son art haut en couleurs, que sa sonorité flamboyante !

 

 

L’OPPOSITION  SATURNE – NEPTUNE

 

Par elle-même, cette opposition, dont la tonalité commune s’assimile aux valeurs nocturnes du FC en mouvement diurne, risque d’être une source d’affaissement vital, organique ou psychologique. Dans ce dernier cas, avec ou sans mélancolie, un climat moral masochiste ou quelque situation de victime peuvent être un foyer de troubles. Le malaise de vivre prime.

 

Il n’est pas indifférent que le nom de Nicolas MACHIAVEL (Florence, 3/05/1469) inaugure ici la série de cette opposition, surtout du Taureau (avec conjonction Soleil-Saturne) au Scorpion. C’est nourri dans le sérail de l’exercice politique florentin, jusqu’à finir par être victime impliquée dans une conspiration, puis jeté en prison et soumis à la torture, qu’il en viendra à la composition de son ouvrage célèbre : Le Prince,  mis à l’index, où il expose les tortueux et impitoyables moyens « machiavéliques » d’acquérir et de conserver le pouvoir. Connaissant surtout la malignité des puissants, l’égoïsme de tous les petits despotes qui fleurissent au milieu des misères humaines. Avec la violence victorieuse, la perfidie triomphante en est la principale ressource. Soit l’abomination des vices : ruse, mensonges, trahisons, traquenards, jusqu’à l’assassinat …

 

 

La comtesse Jeanne de la MOTTE (Fontette, Languedoc, 22 juillet 1756) a son Soleil aligné sur une opposition Saturne-Neptune, au surplus  en triangle  dissonant d’une opposition Mars-Uranus. Avec elle se présente le scandale d’une illustre escroquerie. En femme légère (Lune-Gémeaux/Mercure-Cancer) adonnée au jeu, jusqu’à la ruse et l’intrigue, au point d’être devenue l’auteur de la fameuse  « affaire du collier de la reine ». Exploitant la niaiserie du cardinal de Rohan amoureux de Marie-Antoinette, elle s’empare de la richissime parure, payée par ce niais, que celui-ci voulait destiner à la reine. Prison à perpétuité, évasion, etc.

 

Une opposition Soleil-Lune est alignée sur une opposition Saturne-Neptune, le tout au carré de Jupiter-Scorpion, chez le Comte de VOLNEY (Craon, Anjou, 3/02/1757). Marqué sans doute par le décès de sa mère enfant et l’abandon de son père : « Je vous salue ruines solitaires, tombeaux saints, murs silencieux. » Ainsi s’est exclamé ce sénateur sociologue et philosophe, auteur de son célèbre ouvrage : « Les Ruines ou Méditations sur les Révolutions des Empires. »

 

Frappante est la dualité de l’opposition de Neptune du Lion en IV à Saturne du Verseau en X qu’affecte leurs carrés d’une conjonction Vénus-Jupiter du Scorpion en VI du roi CHARLES X (Versailles, 9/10/1757, 19 h, Gazette de France). Elle découpe la vie du personnage en deux tranches bien contrastées. D’abord, le jeune comte d’Artois se consumant dans une dissipation frivole. En prince libertin, coureur d’aventures et menant une existence licencieuse : amours scandaleuses avec une danseuse puis une courtisane en vue, outre ses frictions fraternelles du Mars en III. Puis, du jour au lendemain, devenu roi, il devient dévot jusqu’à la bigoterie, avec des airs de souverain raide, guindé, compassé, tournant le dos à la marche de l’histoire jusqu’à l’abdication d’un roi congédié.

 

C’est une véritable configuration révolutionnaire qui anime le biologiste-chimiste précurseur de la théorie cellulaire François-Vincent RASPAIL (Carpentras, 24/01/1794, 22 h e.c.) dans la mesure où son opposition Saturne-Neptune du Taureau au Scorpion reçoit la charge  des conjonctions lunaire et martienne à ce dernier, frappée qu’elle est aussi d’un double carré du Soleil du Verseau. Il s’était déjà insurgé à la révolution de 1830 et c’est lui, le premier, qui proclama la République à l’Hôtel-de-ville de Paris en 1848. Son engagement dans les manifestations de mai lui attira six ans de prison et un bannissement d’une décennie. Il remit cela sous la IIIe République où il fut député d’extrême-gauche écopant encore deux années de condamnation à ses quatre-vingt ans.

 

Il n’est pas plus belle figure astrale, ornée d’une  quasi-étoile à six branches, que celle d’Henri DUNAN (Genève, 8/05/1828, 20 h 30 e.c.), qui, lui aussi, porte la même opposition, d’un mortifère Saturne du Cancer en VIII à conjonction Mars-Neptune du Capricorne. Mais, cette fois, cette configuration s’encadre en rectangle parallèle avec une opposition Soleil-Jupiter/Taureau-Scorpion, ainsi que par sextils le trigone Soleil-Neptune à l’oblative Lune des Poissons au FC. D’une autre espèce de don de soi que le révolutionnaire Raspail se présente l’humanisme de Dunan que lui révéla l’atroce spectacle des soldats blessés abandonnés et mourant sur le champ de bataille de l’épouvantable guerre de Solferino. D’un long combat solitaire, il finira par faire aboutir une première convention sur les blessés de guerre (conjonction Mars-Neptune). Ainsi naîtra, grâce à lui, la Croix Rouge le 29 octobre 1863, sous conjonction Soleil-Jupiter du Scorpion, transitant au surplus le propre Jupiter de ce philanthrope.

 

C’est en signes doubles (huit positions) qu’opère l’opposition d’Andréi VLASSOV (Nijni-Novgorod, 14/O9/1900), ce général qui, après avoir brillamment défendu Kiev et Moscou, puis contre-attaqué entre Moscou et Leningrad, fut fait prisonnier en juillet 1942 par les Allemands. Et qui – le traître – se convertit à une « collaboration » active avec l’ennemi. Non en mercenaire, au point que ‘l’armée Vlassov » combattra avec ses cent mille hommes l’Armée rouge jusqu’à, l’homme étant douteux, sa mise à l’écart …

 

C’est une parfaite signature de légère et voltigeuse mercurienne que Françoise SAGAN (Cajarc, Lot, 21/06/1935, 11 h, e.c.) a vécue, avec l’astre maître d’AS conjoint au Soleil en Gémeaux, s’y ajoutant l’effervescence d’un trigone d’une Lune au coucher. Pétillement de l’esprit aux feux follets d’une adolescence joueuse en perpétuel mouvement. Mais aussi, avec le passage à l’horizon d’une opposition Saturne-Neptune en silencieuse  grisaille: Bonjour tristesse … Désenchantement de son jeu, de sa comédie, de son errance ;  inconsistance du vécu jusqu’à une désinvolture du blasé, comme si la seule acuité de la pensée ne pouvait compenser  un cœur vide. Bref, l’esprit gai et l’âme triste de bien des Gémeaux.

 

 

 

L’ OPPOSITION  SATURNE – PLUTON

 

Ici, les puissances de Thanatos sont à l’ordre du jour, avec leur pouvoir de destruction, leur négation. Il s’agit forcément de l’axe de vulnérabilité de l’être ; à moins que celui-ci consacre sa personne en sublimation ou œuvre en conséquence, en tonalité dramatique. Ainsi peut-on échapper à ce qui s’assimile trop souvent à de l’infernal.

 

Elle a planté son couteau dans la poitrine de Marat et déclaré devant le Tribunal révolutionnaire : «Oui, c’est moi qui l’ai tué (…). Je n’avais pas besoin de la haine des autres. J’avais assez de la mienne (…) Je me réjouis pour le bonheur de la France de l’avoir délivrée d’un monstre … ». Ainsi parla royalement, en quasi-déesse justicière, la léonienne Charlotte CORDAY (Le Mesnil-Imbert, Orne, 27/07/1768, acte bapt.)  chez qui, sur l’axe des nœuds s’aligne une opposition de Saturne-Cancer à Pluton- Capricorne, celui-ci en conjonction de la Lune, le tout au carré de Jupiter. Encore qu’on puisse soupçonner derrière la soif guerrière de cette sacrificielle héroïne, un névrotique crime obscur contre sa propre féminité refoulée, sa  victime inconsciemment assimilée à une érotique bête féroce. Au point que, le monstre abattu, cette vierge épurée ne se soit jamais sentie autant en paix de l’âme, comme délivrée d’un démon intérieur.

 

CAS    DIVERS

 

Avec Lucrèce BORGIA (monastère de Subiaco, Rome, 18/04/1480), une opposition de Vénus des Poissons à une conjonction Saturne-Pluton fin-Vierge/entrée-Balance est la base d’un losange avec un carré des luminaires du Taureau au Lion. Ce qui reflète la sinistre légende attachée à son nom. Peut-on y inclure une complicité personnelle de perversité dans l’assassinat de ses maris ou plutôt, sans son consentement, en faire une infernale victime masochiste, instrument d’une criminelle politique pontificale imposée par le pape Alexandre Borgia son père et son frère le monstrueux César Borgia ? On reste sur une telle interrogation.

 

Il n’y a pas plus belle configuration que l’opposition Uranus-Neptune –  ici le face-à-face de l’esprit et de la foi à travers la science technicienne et la théologie – recevant le double carré du Soleil maître d’AS en VII et sur laquelle s’aligne Mars lui-même en X, pour rendre compte du fameux procès intenté à Galileo GALILEE (Pise, 15/02/1564, 15 h 30, lui-même) en 1633 par l’Inquisition et les autorités religieuses du Vatican, après la condamnation par le Saint-Siège de la doctrine de Copernic.

 

Il est exceptionnel que le Soleil subisse six dissonances, surtout recevant celles d’une opposition de Jupiter à une conjonction Mars-Uranus, ainsi qu’un carré d’une conjonction Saturne-Neptune. Tableau natal de la Marquise de BRINVILLIERS (Paris, 22/07/1630), à l’enfance éprouvée. Devenue la maîtresse d’un proche du marquis son époux, cela la conduira à de telles fréquentations qu’elle finira par composer de la « poudre de succession », dans le dessein d’empoisonner sa famille pour se venger de son père et s’emparer de son héritage. La marquise commence par essayer le poison sur ses domestiques, cobayes qui passent de vie à trépas ; puis s’érige en dame de charité dans les hôpitaux, portant confitures et biscuits à des malades qui rendent l’âme les uns après les autres. Arrive ensuite son père qui trépasse. Mais l’héritage est vite englouti et ses deux frères y passent à leur tour. Elle allait expédier sa sœur dans l’autre monde lorsque ses méfaits furent dévoilés. En finale, à quarante-six ans, place de Grève à Paris, elle sera décapitée puis jetée sur le bûcher.

 

Cher Louis XIV (château de Saint-Germain-en-Laye, 5/09/1638, 11 h 15 m, selon Morin de Villefranche à qui est communiqué l’horaire de l’accouchement sur le champ), une conjonction Lune-Vénus en Lion est frappée de l’opposition de Saturne en Verseau. L’homme est divisé entre ses désirs et sa conscience, les premiers l’emportant d’abord, le second ensuite. S’impose surtout l’éclat débordant d’une vie instinctive avec la Montespan à conjonction Soleil-Vénus : hédonisme, polygamie olympienne avec la légitimation des bâtards. Et arrive ensuite le temps de la morale, la résignation,  l’humiliation d’une conscience chrétienne. Sa vie bascule d’ailleurs d’une ère des fêtes royales : amours et somptuosités, constructions fastueuses et victoires éblouissantes … au repli saturnien avec la Maintenon qui partage avec lui une  opposition Lune-Saturne, cette  pénitence s’élargissant à la misère du pays, aux deuils familiaux, aux maux physiques et à la tristesse finale.

 

On ne saurait dire que la chaleur d’une conjonction Soleil-Mars du Cancer, semi-sextil à une conquérante conjonction de Vénus du Taureau (trône) avec Jupiter-Gémeaux –  recevant ensemble l’opposition d’une Lune jupitérisée du Sagittaire, non sans une évidente légèreté accompagnatrice - ne réponde pas au charme féminin de l’impératrice JOSEPHINE (Les Trois-Ilets, Martinique, 23/06/1763). C’est un tel pouvoir amoureux qui envoûta Bonaparte devenu Napoléon, sa conjonction solaire étant superposée à la Vénus de l’empereur.

 

On ne peut s’étonner de rencontrer un Mercure du Verseau en opposition d’une conjonction Jupiter/Cancer-Uranus/Lion chez ce manieur d’étincelles Benjamin FRANKLIN (Boston, 6/01/1706). Esprit d’avant-garde scientifique découvrant la nature électrique de la foudre et inventant le paratonnerre ; autant qu’homme d’Etat moderne, notamment  rédacteur de la Déclaration d’indépendance américaine de 1776.

 

LOUIS XV (Versailles, 15/02/1710, peu après 8 h, Mémoires de Saint-Simon). Son Jupiter qui sort de sa culmination fait un double carré à l’opposition du Soleil à une conjonction Uranus-Pluton fin-Lion. Cet arrière petit-fils de Louis XIV est de la génération de cette grande conjonction à l’entrée de la Vierge qui est celle des « philosophes des lumières », aux idées hostiles aux croyances traditionnelles et à l’absolutisme monarchique. Son Soleil en « exil » ainsi frappé révèle un monarque intérieurement miné par une telle force subversive qui paralyse son « vouloir être roi ». Défaillance qui l’entraîne à céder sa place (le règne de la Pompadour) dans le sentiment d’une vie gâchée : « Après moi, le déluge … ».

 

 A la mort du Tsar Alexandre 1er de Russie, son fils CONSTANTIN Ier (Gatchina, 8-19/5/1779) devient Tsar dynastique le 2/12/1825. Celui-ci fait savoir aussitôt qu’il abdique, renonçant au trône en faveur de son frère cadet. Peut-on être surpris d’une telle aversion du pouvoir quand on constate que son Soleil reçoit l’opposition d’une conjonction Mars-Saturne du Scorpion ? Ce qui allait bien tomber puisque ce frère – NICOLAS Ier (Gatchina, Saint-Pétersbourg, 25/06/1796, 3h 45, Henri Troyat) - qui n’attendait rien, présentait l’appel d’un Jupiter en Poissons (trône) au MC, au surplus au trigone du Soleil à l’AS !

 

N’est-elle pas parlante la belle opposition de la conjonction Lune-Mars de la Vierge (colère du menu peuple) à la conjonction Soleil-Saturne des Poissons (le cachot, la prison) que l’on trouve chez Camille DESMOULINS (Gurse, Aisne, 2/03/1760), le tribun qui enflamma la révolte des parisiens  pour s’emparer de la Bastille, prise le 14 juillet 1789 ?

 

Flora TRISTAN (Paris, 7/04/1803, e.c.). A défaut d’heure connue, on est tenté de poser de I à VII l’opposition de son Soleil-Bélier à sa conjonction Lune-Uranus de la Balance, chez cette saint-simonienne criant sa liberté féminine et revendiquant le divorce et l’amour libre. Mariée par nécessité à dix-sept ans, elle quitte quelques années plus tard son mari, n’en pouvant plus des scènes de ménage d’un alcoolique, condamné plus tard au bagne pour l’avoir blessée au pistolet. Avec en plus Mercure et Vénus en Poissons, cette pionnière du féminisme français découvre que les droits de la femme sont inséparables de ceux des autres sortes d’esclavage, anticipant l’esprit du socialisme naissant, dont elle va courageusement servir la cause.

 

Juliette DROUET (Fougères (35), 10/04/1806, 7 h e.c.). Convergence d’un ensemble : conjonction Vénus-Pluton en Poissons avec Neptune du Scorpion au DS, et un Soleil en XII opposé à une conjonction Saturne-Uranus, chez cette femme de digne conjonction Lune-Jupiter du Capricorne. Avec Juliette se présente l’ardeur de vivre douloureuse d’un amour romantique, la passion d’aimer comme une sainte dans l’épreuve mystique. C’est l’apostolat de la maîtresse de Victor Hugo vécu de 1835 à sa mort en 1883. Un apostolat  éprouvé comme un emprisonnement, une pénitence retranchée du monde en bénissant son calvaire. « Le miracle est qu’elle accepte cette vie de recluse et d’esclave, non seulement avec gaîté, mais avec reconnaissance. » (André Maurois). Par ivresse mystique de la rédemption amoureuse. « Elle a vécu enfermée dans son amour comme dans un couvent. » (Jean Guéhenno). On peut aussi évoquer dans son cas une sublimation masochiste, Juliette , en l’aimant jusqu’au bout, ayant subit avec son grand homme toutes sortes d’humiliations, ayant bu la coupe de l’amertume du cœur jusqu’à la lie.

 

N’est-elle pas archi-violente la conjonction serrée Soleil-Mars de fin-Bélier à l’opposition d’Uranus entrée-Scorpion près du méridien de NAPOLEON III (Paris, 20/04/1808, 1 h. pièce officielle) ? Quand on connait déjà l’horrible coup d’Etat du 2 décembre 1851 par le moyen brutal duquel il s’est emparé du pouvoir (78 chefs politiques et militaire arrêtés sur le champ ainsi que 4000 Parisiens sous les verrous, 32 départements en état de siège, et des dizaines de milliers d’internés, de déportés et d’exilés !), pour la violence d’une prise du pouvoir c’est un record historique en France. Puis son règne s’étale sur quatre guerres, pour finir  tragiquement avec la cuisante défaite franco-allemande de 1971.

 

Le meilleur et le pire se côtoient chez Robert SCHUMANN (Zwickau, 8/06/1810, 21 h 30, Geselleschaft Deutschland), pourvu du trigone d’une conjonction Mercure-Vénus du Cancer au DS au romantique Uranus du Scorpion au MC, tandis que s’aligne une terrible conjonction Soleil-Mars des Gémeaux à celle de Saturne-Neptune en Sagittaire. Déjà adolescent, le démon du romantisme l’habite qui contribue au génie de ce poète-musicien parti pour devenir un grand compositeur. Mais il subit la véritable opposition de ses doubles intérieurs, en Mars et Saturne, le faisant passer de l’exaltation – «  mourir à force de chanter ! » – à la prostration, à l’atonie épeurée d’un être égaré. Les hallucinations l’envahissent. Il se croit criminel et demande à Clara son épouse de s’éloigner de lui, craignant de lui faire du mal. Après s’être jeté dans le Rhin, il est traité en dément, finissant si tragiquement sa vie.

 

Impossible d’oublier parmi le monde des oppositions le monument de l’art musical Richard WAGNER (Leipzig, 22/05/1813, 4 h). D’autant que les trois siennes rassemblent un rectangle aux quatre angles du ciel : sa conjonction Soleil-Vénus de fin-Taureau/entrée-Gémeaux à l’AS est face à Uranus du Scorpion au DS ; lesquels se relient par trigones et sextils à l’opposition de Mars du Verseau au MC à Jupiter du Lion au FC ! On a affaire là à une prodigieuse constellation planétaire à laquelle répond pleinement  - travers de son égocentrisme gigantesque compris - le génie de ce géant.

 

Sans doute faut-il voir dans la puissante conjonction Mars-Jupiter du Lion en I, à l’opposition de Neptune en VII, le Soleil du Bélier au MC et Vénus culminante en plus, le pouvoir amoureux vertigineux de Virginia CASTIGNIONE (Florence, 22/03/1837, 12 h, e.c. Gouchon) qui permit à la divina contessa, notamment en féminines missions diplomatiques, de s’offrir un festival d’amants célèbres : Victor-Emmanuel II, Napoléon III, princes, ducs, barons …

 

Chez LOUIS II de Bavière (Nymphenburg, 25/08/1845, 1 h Knappich), un Soleil au FC fait face à une conjonction Mars-Neptune du Verseau sortant du MC, opposition au double carré d’une Lune des Gémeaux maîtresse d’AS. Telle est la signature de ce roi romantique quasi-légendaire. Avec le concours martien, les brumes neptuniennes tournent à l’ébullition : bizarreries, fantaisies extravagantes, aberrations romanesques. Au point d’en arriver aux hallucinations délirantes et de finir dans le flou neptunien d’une noyade.  

 

Elle est pittoresque l’opposition guerrière de Mars de la Vierge en VII (inimitiés), qu’aggrave Saturne du Lion au nœud sud en même secteur, à une conjonction Lune-Neptune des Poissons en I du capitaine Alfred DREYFUS (Mulhouse, 9/10/1859, 15 h, e.c.) Victime par antisémitisme d’erreur judiciaire avec déportation sur une lointaine Ile du Diable. A laquelle se substitue « l’Affaire » : monumental courant collectif de cette conjonction lunaire ultra-neptunisée devenu, par-dessus sa personne, le « symbole de la solidarité universelle d’un bout à l’autre de la terre » (Zola). Et l’homme qui a fait éclater la lumière sur cette ignoble conspiration, le colonel Georges PICQUART (Strasbourg, 6/09/1854, 19 h e.c.), couvre la victime de son Soleil posé sur son Mars avec également en opposition une conjonction luni-neptunienne superposée à la sienne !

 

Avec Marguerite AUDOUX (Sancoins, Cher, 7/07/1863, au soleil levant, selon elle-même) s’opère la métamorphose radicale d’un Saturne de la Vierge en IV opposé à une conjonction Lune-Neptune du Bélier en X, la première maîtresse du Soleil à l’AS et le second maître du MC. A l’origine, fille d’humbles ouvriers qui ne peuvent l’assumer, elle est élevée en orphelinat puis placée dans une ferme de Sologne. Bergère de fragile santé qui, pour subsister, travaille ensuite comme petite couturière jusqu’à ce que sa vue le lui interdise. Autodidacte, elle lit, écrivant ensuite en douce lumière … Puis la gloire vient soudain la dénicher dans sa mansarde pour avoir écrit un roman : autobiographique : ses souvenirs d’enfance abandonnée, de privation et de misère. Du jour au lendemain, de sa calme retraite, elle se réveille riche, célèbre, fêtée. Son nom câblé partout a fait en quelques heures le tour du monde, quand en 1910 le Prix Fémina lui a été décerné pour son livre Marie-Claire qui fut aussitôt diffusé d’un continent à l’autre.

 

A travers le personnage de Bazil ZAHAROFF (Constantinople, 6-18/10/1849, biog.), le « roi de la mitrailleuse », c’est une opposition du Soleil à une conjonction Uranus-Pluton qui a gavé de cette faucheuse de la mort les armées européennes de 1914-1918, cette grande conjonction ayant été d’ailleurs la configuration  collective de la génération de la Première Guerre mondiale (voir « Le champ de Mars »). .

 

« J’ai aimé par-dessus tout deux choses dans la vie : l’amour et l’Infanterie. ». Phrase du maréchal Philippe PETAIN (Cauchy-la-Tour, P. de C. 24/04/1856, 22 h 30, e.c.) au Mars de la Balance au MC opposé à Vénus du Bélier au FC en un chassé-croisé ramifié harmoniquement à l’AS. D’une part s’y retrouve le séducteur en conquête féminine au copieux tableau de chasse, ainsi que le militaire n’aimant pas la guerre,  la catastrophe militaire n’allant pas moins le porter au pouvoir. Il sauve le pays de la défaite à la Première Guerre mondiale, aux mutineries du printemps 1917.  Comprenant le calvaire du fantassin de Verdun, il remonte le moral de la troupe et s’en tient à une défensive résistance en s’accrochant au sol (Taureau). Non sans incliner au défaitisme, ce « général pacifique » devant céder la place au flambant Foch pour l’offensive finale. A la Seconde Guerre mondiale s’illustre autrement cette ambivalence Vénus-Mars. C’est le langage de la résignation qu’il tient lorsque le pouvoir lui échoit au printemps 1940 où il ordonne à une France défaite (conjonction Soleil-Pluton) de déposer les armes ; pays dont l’ensemble des soldats sont faits prisonniers de guerre (exil de Mars-Balance). Son programme étant de composer avec le pays vainqueur, autre forme, cette fois négative, de tactique défensive préconisée jadis face à la puissance du feu de l’ennemi.

 

Les régicides ont comme la phobie du Soleil, les dissonances y abondant sur le représentant du « père des peuples » (voir le texte qui leur est consacré). Ainsi, par exemple, est-ce le cas de l’anarchiste Gaetano BRESCHI (Prato, Toscane, 10/11/1869, 10 h, e.c.) qui, tout en révolte, assassina le 29 juillet 1900 le roi Humbert 1er d’Italie. Une conjonction Mars-Saturne est à l’AS-Sagittaire, et leur maître perturbé Jupiter prête main forte à Pluton par leur opposition commune à un Soleil du Scorpion maître de VIII.

 

Rappelons le singulier message d’Uranus à l’AS d’Adolf HITLER (Braunau im Inn, 20/04/1889, 18 h 30, e.c.) à l’opposition de Mercure du Bélier au DS, en précisant que, d’une part, le premier est au sesquicarré de la conjonction Neptune-Pluton des Gémeaux en lieu mortifère du secteur VIII (symbole de la Seconde Guerre mondiale), et que le second, conjoint au Soleil maître du MC, a la maîtrise de cette grande conjonction. Ainsi avons-nous là une  teinture du personnage, marionnette d’un implacable fatum. L’alignement astral livre un hypernerveux fonctionnant par intuitif,  traversé d’éclairs de pensée de haute tension, vertigineux expert en d’audacieuses surprises, allant un temps méduser son monde, et dont la croyance en soi devenue aveuglante ne pouvait que le perdre. Outre le « style » de langage éruptif unique d’un chef en transes, électrisant les foules de ses discours incendiaires, en éructation rauque et vociférations sauvages, hurlant même ses menaces comme un loup féroce. Et derrière cette façade de possédé, entrainé dans un gouffre de pulsions de mort, nous est imposée par lui cette « guerre éclair »  de cinq années, jusqu’à sa chute, bénédiction finale saturnienne.   

 

Une pure opposition se présente chez l’amiral Gabriel AUPHAN (Alès, Gard, 4/11/1894, 11 h e.c.) dont le Mars 29° Bélier au FC s’aligne face à Saturne 29° Balance au MC et l’un et l’autre au double carré de la Lune 29° Capricorne en I. Chef d’Etat-major général des forces navales et Secrétaire d’Etat à la marine au Cabinet Laval en 1942, il s’en tient à une neutralisation de la flotte de Toulon qui conduit à son sabordage. Tenu par la Haute Cour de justice en 1946 d’être en partie responsable de celui-ci, il est condamné aux travaux-forcés pour une peine réduite à cinq ans de prison avec sursis en juillet 1955.

 

En alignement sur l’axe des nœuds, Neptune du Cancer est bombardé par l’énorme opposition d’une conjonction Soleil-Mercure-Uranus du Capricorne, que prolonge une conjonction Lune-Saturne-Mars au FC chez Simone de BEAUVOIR (Paris, 9/01/1908, 4 h 30, e.c.). Belle symbolique de la puissante agrégée de philo du Café de Flore de Saint-Germain des Prés d’après-guerre, devenue avec Sartre une conscience morale d’intellectuelle, jusqu’à être l’inspiratrice du « féminisme radical » de « 68 ». Sans que ce soit vraiment la fête de la féminité, une tournure de pensée congédiant l’affectif allant jusqu’à dénoncer – Neptune du Cancer sabré - un soi-disant «préjugé naturaliste » : « On ne naît pas femme, on le devient ». « La plus grande ânerie du siècle » rétorquera Antoinette Fouque à « Castor » d’ailleurs flouée …

 

Chez Louis ALTHUSSER (Birmendreis, Algérie, 16/10/1918,   4 h 30, e.c.), une opposition de conjonction Lune-Uranus-Verseau à Saturne-Lion fait un triangle dissonant avec un carré de Vénus-Balance en I à Jupiter-Cancer en X. On ne pourrait avoir plus puissant indice de blocage affectif, de refoulement pulsionnel. Vierge à vingt-huit ans, il rencontre Hélène RYTMANN (Paris, 15/10/1910, 14 h e.c.). A 1 jour anniversaire près avec huit ans d’écart, le trio S-M-V du premier tombant sur un quintuple S-M-V-M-J en VIII de la seconde. Son initiation sexuelle déclenche une névrose d’angoisse nécessitant un internement, début de divers séjours en psychiatrie. Avec le carré Vénus-Jupiter de I à X, la politique s’en mêle qui complique leurs relations contrastées avec le parti communiste où il est une autorité, tandis que leurs rapports tournent au sadomasochisme. Désordre tel, que dans un état de démence, il étranglera sa femme le 16 novembre 1980.

 

Oppositions Jupiter-Uranus et Mars-Saturne font un rude accompagnement finissant dans la tragédie chez Ulrike MEINHOF (Oldenburg, 7/10/I934, 5 h 30 MET), journaliste co-fondatrice de la Fraction Armée rouge de la bande d’Andreas Baader, terroriste de 1968 à 1977.

 

 

E N     F I N A L E

 

Ce travail inachevé – mais peut-il  l’être ? - aurait gagné à une plus grande participation de la « Mondiale ». Il n’est pas anodin de signaler, par exemple, que le Soleil d’Hitler à 0° du Taureau – maître du MC et conjoint à Mercure au DS, maître de la conjonction Neptune-Pluton en VIII, liée à la génération de la Seconde Guerre mondiale – tombe sur le degré de la conjonction Uranus-Pluton de 1851, laquelle est liée à la génération de la Première Guerre mondiale. C’est en participant à celle-ci qu’Hitler s’est révélé à lui-même et, ainsi, a-t-il fait le pont de la Première à la Seconde Guerre mondiale qui est son œuvre. Cet exemple donné, il convient donc de davantage faire participer la « mondiale ». Notamment pour mieux dégager la différence entre l’effet de commencement qui est spécifique à la conjonction et celui d’éclatement qui s’attache à l’opposition elle-même, dans le cadre du cycle planétaire.

 

Qu’on me permette de rappeler la cyclicité qui se rapporte à l’histoire de l’astronomie depuis un demi-millénaire. La révolution copernicienne s’inscrit, sur le terrain des naissances de ceux qui y ont participé, dans le cycle Uranus-Neptune de 1478 à 1649 ; laquelle sera poursuivie au cours des suivants de 1821 et de 1993. Copernic l’initiateur naît en 1473, à 9° d’orbe de la première conjonction, tandis que celui qui en dépose la conclusion, fermant le banc de cette révolution copernicienne, Newton, est de 1642, à 16° d’orbe de la nouvelle conjonction de 1649. Les pleins feux de cette révolution tombent autour de l’opposition Uranus-Neptune (1561) et c’est près d’elle que naissent Galilée (1564, 3° d’orbe) et Kepler (1571, 10° d’orbe) qui ont fait le gros du travail. Si celui-ci, en introverti avec sa propre opposition, marie mathématiques et métaphysique, avec la sienne, le Pisan extraverti, scrutateur du ciel à la lunette, se fait astronome physicien, sa vue céleste état relayée par l’instrumentation de la physique dont l’origine remonte à la conjonction Uranus-Pluton du Bélier de l’entrée du XVIe siècle (Descartes y a vu le jour, marqué même par une quadruple conjonction Soleil-Jupiter-Uranus-Pluton, inaugurant en Bélier l’aire du Rationalisme). C’est en 1598 que Tycho Brahé, riche de son outillage, avait sorti son Astronomize instauratae mechanica, avènement de la démarche instrumentale en physique  Et à l’aboutissement de l’opposition se creusera en outre le divorce entre la science et la religion.

 

 Au nouveau cycle engagé en 1649, c’est à l’opposition de 1738 qu’arrivent les personnages d’une nouvelle dimension du savoir cosmologique. C’est l’année même de la naissance de Herschel qui, avec la découverte d’Uranus, fait craquer comme une ceinture trop étroite l’espace du système solaire traditionnel et inaugure le grand plongeon de l’astronomie stellaire avec ses myriades de galaxies. Ce temps plein du cycle accompagne d’ailleurs, en une décennie, la venue au monde d’une pléiade de savants : Watt, Coulomb, Lavoisier, Condorcet, Lamarck, Bayle, les Montgolfier … Et sur le champ même du phénomène, la puissance d’éclatement de l’opposition n’a pas failli dans la société. Si celle de 1562 a accompagné le paroxysme des guerres de religion en Europe, et la suivante de 1740 le gros des guerres impérialistes franco-anglaises, la dernière de 1910 escorte les guerres balkaniques  inaugurant la Première Guerre mondiale.

 

La conjonction Uranus-Neptune de 1821 a eu aussi sa fructueuse génération de savants, et si l’un d’entre eux pourrait le mieux les symboliser, c’est Pasteur qu’il faut citer avec le trio Soleil-Mercure-Vénus joint à elle : lui dont la révolution médicale a métamorphosé la vie sur terre. C’est aussi, avec Laplace et son Exposition du système du Monde, que la mécanique céleste est à son sommet. Géant qui a régné sur l’infiniment vaste des espaces sidéraux et l’infiniment petit des phénomènes moléculaires.

 

De la conjonction de 1821 à l’opposition de 1907, tout change une nouvelle fois. La perfection de l’ordre cosmique instituée par Laplace et Lagrange avec son univers uniquement mécanique, fait place au début du XXe siècle, avec Henri Poincaré (à conjonction Soleil-Pluton) à une manifestation de chaos ou va être détectée une géométrie fractale. De sorte qu’au-delà de quelques milliers d’années, il devient impossible de prévoir où seront les emplacements planétaires, la présence d’un chaos changeant la certitude en probabilité.

 

Nul doute qu’autour de la dernière conjonction de 1993 s’est refaçonné un savoir nouveau, surtout depuis la découverte en 1992 de la ceinture de Kuiper au-delà de l’orbite de Neptune où est apparue toute une population d’objets dispersés et détachés, recomposant l’idée générale du système solaire. Pendant que, par ailleurs, en 1992, une première exoplanète était découverte, plusieurs centaines d’autres étant déjà détectées, dont une vingtaine de super-Terres. Bref, nous sommes à un nouveau tournant de la connaissance du cosmos, au point d’en arriver à l’interrogation même d’un dépassement du savoir d’Albert Einstein. Et l’on ne sait plus très bien non plus, aujourd’hui, où s’arrête la frontière du système solaire depuis une classification laborieusement débattue de planètes naines où Eris est de même diamètre que Pluton, et pourvue également de son satellite. A orbite lointaine très allongée, de 6 à 16 milliards de kilomètres. Tandis que Pluton prend au moins pied, en partie, dans le champ orbital du système planétaire entre Uranus et Neptune, participation qui est étrangère à la nouvelle venue … Mais à quel critère se fier ? En tout cas, prudence …

 

Même si pour l’instant cette seule et sommaire historicité astronomique peut sembler une singularité clôturant ce texte, il n’en demeure pas moins qu’elle constitue, en indispensable faisceau de convergences, une voie d’approche vers laquelle doivent, par nécessité de plus en plus, coexister astrologie individuelle et astrologie mondiale.

 

Paris le 15° Sagittaire 2011.

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