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Le pacte germano-soviétique

S’il est un choc historique vécu comme un séisme par le monde entier, c’est bien la nouvelle de l’accord, conclu au Kremlin par Staline et Molotov avec le ministre des Affaires étrangères du IIIe Reich, von Ribbentrop, dans la nuit du 23 au 24 août 1939. « A 01 h 30 du matin, une dépêche de Berlin transmise par l’Agence Havas annonce que le pacte est signé » rapporte Le Figaro du  24. «  … venait d’être signé » confirme Le Petit Journal du même jour.

 

En ces minutes convergent trois angularités : Neptune franchit le méridien moscovite et Mars se couche à l’horizon de la capitale soviétique, tandis que Pluton approche de l’Ascendant.

 

Relevons d’abord la signalétique de l’événement. Celui-ci s’inscrit dans le triangle équilatéral – doublement angularisé au DS et au FC, ainsi que ramifié par sextils à l’AS et au MC – au sein duquel le trigone Uranus-Neptune (accord des contraires polaires de la vie politique) reçoit l’appoint d’un double trigone de Mars qui positive en force ce rapprochement, d’autant plus que ce Mars stationne au même degré du 20 au 27 août.

 

Ce n’est point là justification d’interprète à la traîne de l’histoire, expliquant savamment ce qu’il n’aurait pu prévoir. Pour ceux des lecteurs qui ne le sauraient pas, l’anticipation prévisionnelle de l’événement mérite le rappel. Dans un numéro de L’Avenir du monde du printemps 1938, où il évoque un rapprochement des deux protagonistes qu’il nomme fascisme et communisme, Armand Barbault se risque à dire : « Malgré un antagonisme évident, nous pouvons placer cet accord entre 1940 et 1942. » Et dans le dernier numéro de l’année 1938 du Journal de la femme, C. Kerneiz, parlant du cycle Uranus-Neptune, évoque son sesqui-carré « qui a déclenché ce qu’on appelle la guerre des idéologies : idéologie fasciste d’un côté, idéologie bolchevique de l’autre. Or, cette dissonance effacée, Uranus et Neptune se rapprochent à présent d’un aspect mutuel harmonieux, un trigone qui sera exact pour la première fois le 7 juillet 1939 (…). On peut en déduire qu’après des péripéties diverses et maintes convulsions, la guerre des idéologies va tendre à se transformer en une fusion de ces mêmes idéologies … ». Ce texte était illustré d’un montage impressionnant accouplant deux parades militaires de la Wehrmacht et de l’Armée rouge !

 

 

Prévision sensationnelle s’il en fut, car la seule idée d’un accord ou pacte germano-soviétique était alors tout bonnement risible, sinon absurde ! D’ailleurs, informé aux premières heures par le ministres des Affaires étrangères, Georges Bonnet, le président Daladier lui aurait répliqué : « Quand tu n’auras que des c… à m’apprendre, il est inutile de me réveiller. » Qui pouvait y croire ? Cette alliance contre-nature était tellement invraisemblable, car il n’y avait pire guerre idéologique que celle que se livraient Berlin et Moscou sur les ondes et dans la presse. L’annonce de ce pacte unissant ces ennemis mortels – surgi, il est vrai, de négociations secrètes engagées depuis la conjonction Soleil-Pluton du 24 juillet, la même planète étant à l’AS du pacte – éclata comme un coup de tonnerre en désorientant la vie politique internationale, outre qu’il apparaissait comme une hideuse verrue sur le visage de l’histoire.

 

Revenons en arrière pour rappeler qu’avait été signé à Berlin, le 25 novembre 1936 à midi, un Pacte Antikomintern réunissant l’Allemagne, le Japon, puis l’Italie, dans un combat commun contre le communisme international.

 

Nous sommes alors au temps du sesqui-carré Uranus-Neptune et au cœur d’une opposition Saturne-Neptune, qui se loge de I à VII, Neptune y étant ciblé comme valeur de l’ennemi déclaré. Le cycle de ces deux astres parle de lui-même : si à la conjonction de 1917 le bolchévisme s’installe en Russie, à leur opposition le communisme soviétique voit poindre l’adversaire appelé à le combattre.

 

Au surplus, sur la toile de fond d’un ensemble de cycles descendants, l’histoire se défaisant, Jupiter sort du double carré fait à cette opposition. Tout se déglingue en cette année 1936. En mars, Hitler provoque la Société des Nations avec sa première annexion en occupant la zone démilitarisée de la Rhénanie. Les sanctions de la S.D.N. contre l’Italie qui a agressé l’Ethiopie brisent le front de la sécurité collective et aboutissent à l’axe Rome-Berlin du 1er novembre, Tokyo, en guerre contre la Chine, se joignant donc à ce duo. Au cœur de tout cela, le 18 juillet 1936 a éclaté la guerre d’Espagne – un contre-feu anticommuniste – qui devient le banc d’essai d’interventions militaires pour une force germano-italienne du côté de l’insurrection de Franco (la légion Condor …), et du côté des Républicains, des « brigades internationales » du Komintern.

 

S’il y a un répit en 1937 (trigones de Jupiter à Uranus et Neptune), l’affrontement revient en charge en 1938 avec les annexions par Hitler de l’Autriche et d’une partie de la Tchécoslovaquie, plus le choc du pacte démissionniste de Munich qui déstabilise la situation, en exposant d’autres pays au même sort.

 

Ce pacte germano-soviétique s’inscrit précisément comme une parenthèse historique entre le Pacte de Munich qui en engendre les prémisses, et le Pacte Tripartite de Berlin, du 27 septembre 1940 à 11 h 15, qui en préfigure la liquidation. De l’un à l’autre se déroule un ballet diplomatique qui est scandé par un cycle de Mars-Neptune. Unité cyclique d’autant plus significative que l’opposition Mars-Neptune qui fait suite à la conjonction du Pacte Tripartite tombe sur l’entrée en guerre du Reich contre l’U.R.S.S. le 22 juin 1941 ; et cela d’autant plus qu’à la conjonction Mars-Neptune suivante de septembre 1942 commencera la bataille décisive de Stalingrad qui renversera la situation militaire au profit de l’Armée rouge.

 

Dans l’étude du Pacte de Munich (voir numéro précédent), j’avais rappelé l’enchaînement des précédentes conjonctions Mars-Neptune ponctuant les engagements de l’Union Soviétique dans la croisade antifasciste. Depuis qu’elle s’était jointe à la S.D.N., à la conjonction Jupiter-Neptune de 1932, celle-ci s’était acquise un prestige moral qui faisait d’elle, en tant que principal adversaire de l’agression fasciste au côté des molles démocraties occidentales, la championne de la paix. Or, d’un coup, avec ce pacte plutonien diabolique, tout ce superbe s’évanouit.

 

Ce pacte germano-soviétique – retour au primitif de Pluton-AS – est un coup de rasoir de l’histoire qui abolit toute valeur civilisationnelle au seul profit d’un sauve-qui-peut d’intérêt d’Etat. Si le vent a tourné lors du désastre de « Munich », Moscou ne pouvant plus avoir confiance en ses lamentables interlocuteurs de Londres et Paris, bien plus, c’est d’une volte-face qu’il s’agit ici, l’U.R.S.S. virant de bord en acceptant de devenir complice de l’adversaire, afin d’empocher le bénéfice immédiat de la conjonction Soleil-Vénus accompagnatrice..

 

C’est, en effet, la paix pour son pays que veut Staline : la seule façon d’écarter la menace, de différer ou retarder l’attaque, c’est de conclure ce pacte de non-agression qui tiendra sa promesse à peine deux ans. Mais, en épargnant provisoirement son pays, il sait que d’autres seront victimes, ce pacte devenant une préface à la guerre (opposition de Pluton à Mars au DS). Car, plus que jamais, c’est la guerre que veut Hitler, entraîné par ce Mars en sortie d’opposition périhélique. Il ne pouvait s’y engager sur deux fronts ; le voici libéré de toute menace sur ses arrières. Il a donc maintenant les mains libres pour foncer sur une Pologne qui s’est comportée d’une façon suicidaire. En outre, après répartition des zones d’influence respectives, le pacte est assorti d’une clause secrète qui scelle le sort de la Pologne, marquée elle-même par une opposition Mars-Pluton lors de sa déclaration d’indépendance et de la proclamation de sa république en novembre 1918. : envahie à l’Ouest par la Wehrmacht le 1er septembre et à l’Est par l’Armée rouge le 17 suivant (conjonction Soleil-Neptune), elle sera dépecée par nos deux larrons le 28 septembre  1940.

 

Un pacte polono-soviétique de non-agression avait été signé à Moscou le 25 juillet 1932 à 15 h 30 (Dépêche Sud-Est, Le Petit Parisien du 26). On en était alors à la conjonction Jupiter-Neptune qui relançait la sécurité collective avec, justement, le renfort d’une Union Soviétique convertie à la cause des démocraties occidentales. Mais, en cet été 1939, c’est à l’opposition de ces astres que l’on basculait, renversement signifiant précisément la déconfiture de cette politique de détente. Outre que Pluton transitait le Soleil à 1° du Lion de ce pacte. La Pologne s’était faite son propre ennemi en étant de connivence avec l’Allemagne nazie, surtout à Munich, et en empêchant la constitution d’une défense commune anglo-franco-soviétique à son profit. De même, un pacte germano-polonais de non-agression avait été signé à Berlin le 26 janvier 1934, d’ailleurs en rupture avec la diplomatie genevoise, l’intention hitlérienne ayant été de détacher la Pologne de la France. Or, le Mars stationnaire de cet été 1939, à 4° du Verseau, frappait le Soleil de cet accord.

 

L’affaire polonaise réglée, la lune de miel des deux compères – Hitler et Staline ont leurs Mars en opposition l’un de l’autre, sous le transit d’Uranus – tourne court. Tous masques jetés, c’est à qui arrivera le premier dans la course contre la montre qu’ils se livrent, le Mars au DS l’emportant sur la conjonction Soleil-Vénus.

 

C’est pour s’assurer la maîtrise absolue de la mer Baltique, la négociation ayant échoué, que l’U.R.S.S. attaque la Finlande le 30 novembre 1939 (Soleil carré à Mars-Poissons), guerre où elle s’enlise à l’opposition Mars-Neptune de décembre, donnant alors l’illusion trompeuse d’une Armée rouge nulle, y mettant fin le 12 mars 1940 dans des conditions peu glorieuses (opposition Soleil-Neptune). Au tour de Hitler d’attaquer la Norvège le 9 avril 1940, sous conjonction Mars-Uranus ; puis, en pleine conjonction Soleil-Uranus, de lancer sa grande offensive à l’Ouest le 10 mai suivant à 05 h 35. A l’U.R.S.S. ensuite de s’aménager des tampons protecteurs, au Sud en occupant pacifiquement le 2 juillet les territoires roumains de la Bessarabie et de la Bukovine, et au Nord en annexant les Etats baltes du 3 au 6 août (conjonction Soleil-Pluton).

 

A cette allure, dès l’été 1940, les nouveaux alliés sont déjà devenus ouvertement des rivaux qui se tirent dans le dos. Le 30 août a lieu à Vienne un arbitrage de l’Axe où le vorace et insatiable Führer règle les affaires entre pays d’Europe orientale pour devancer l’Union Soviétique.  Le 20 septembre, il envoie une mission militaire à Bucarest pour préserver ses intérêts pétroliers, mais dès le lendemain, Moscou rappelle à Berlin sa chasse gardée roumaine (conjonction Soleil-Neptune).

 

C’est dans ce climat de sourde hostilité qu’est signé le Pacte Tripartite du 27 septembre, traité d’alliance militaire entre l’Allemagne, l’Italie et le Japon, initialement destiné à dissuader les Etats-Unis d’intervenir dans la guerre : ils rencontreraient ce front uni. Un front qui s’élargit deux mois plus tard aux satellites de l’Axe, avec les adhésions de la Hongrie, de la Roumanie, de la Bulgarie, de la Slovaquie, de l’Espagne.

 

L’unité cyclique Mars-Neptune qui va du Pacte de Munich au Pacte Tripartite s’insère entre le quinconce (avril 1939-janvier 1940) et le sesqui-carré (mai 1940 – mars 1941) du cycle Saturne-Neptune. D’où la modulation du positif au négatif des relations germano-soviétiques. Berlin va perfidement proposer à Moscou de s’intégrer au Pacte tripartite qui, potentiellement, le menace déjà. L’équivoque sera définitivement levée le 5 avril 1941 lorsque, au lendemain même de la signature d’un pacte d’amitié et de non-agression entre Belgrade et Moscou, la Wehrmacht foncera sur la Yougoslavie : Mars à 1° du Verseau, en retour d’opposition à Pluton, a bouclé son cycle commencé à la signature de ce pacte germano-soviétique. En retardant de plus d’un mois l’opération Barberousse (l’attaque contre l’U.R.S.S.) , la campagne des Balkans qui commence est, de l’avis de bien des historiens, le sauvetage de l’Union Soviétique du désastre miliaire.

 

Le 22 juin commence la grande offensive à l’Est – Neptune est agressé par une opposition de Mars et un carré du Soleil – ruée à laquelle participent, autour de l’Allemagne nazie, les pays européens du pacte tripartite (le Japon avait été neutralisé en avril par un accord qui indisposa fort Hitler). Mais, après l’opposition annonciatrice et le sesqui-carré déclencheur, c’est le trigone involutif Saturne-Neptune qui vient sur le tapis de l’histoire entre juillet 1941 et avril 1942 : l’Armée rouge résiste à l’assaut. Au surplus, l’U.R.S.S. redevient une puissance associative. A la conjonction Soleil-Neptune suivante,du 19 au 27 septembre 1941, a lieu à Moscou une conférence tripartite qui, cette fois, inaugure l’entente anglo-américano-soviétique, nouvelle version du trigone Uranus-Neptune – passé de Taureau-Vierge à Gémeaux-Balance et basculant de Vénus-Mercure à Mercure-Vénus – marquant pour le temps de cet aspect harmonique l’union du capitalisme et du communisme.

 

L’ASTROLOGUE  n° 122, 2e trimestre 1998.

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