Astrologie Mondiale
(Pratique)

Présentation Articles Publications Imagerie Liens

 

Le pacte de Munich

Il y a soixante ans étaient signés, entre Hitler, Mussolini, Chamberlain et Daladier, les Accords de Munich, le 30 septembre 1938 à 1 h 35 du matin. Paris-Soir confirme cette  heure tout en présentant une photo ainsi commentée : « A 1 h 40 ce matin, M. Edouard Daladier apposa sa signature au bas du protocole de la Conférence de Munich. »

 

On est loin de savoir bien déchiffrer les thèmes des événements historiques. Ici, néanmoins, une porte s’entrouvre si l’on s’inspire de la dynamique de l’histoire en en suivant le fil chronologique au regard du processus des cycles planétaires. En effet, nous pouvons comprendre l’opposition Soleil-Saturne qui vient de franchir le méridien en fonction de ce qui s’était passé au commencement et de ce qui se passera à la fin du cycle de ces deux astres.

 

Le 29 mars 1938 avait lieu la conjonction inaugurale à 7° du Bélier, passage d’un Soleil au moment d’un semi-carré Jupiter-Saturne, expressif de crise européenne, et avec l’accompagnement d’une conjonction Mars-Uranus. Nous sortons de l’Anschluss : le 12, Hitler avait fait main basse sur l’Autriche. Sans tarder, les nazis tchécoslovaques de souche allemande (3 millions de Sudètes, issus de l’ancienne Autriche-Hongrie, génialement dépecée au « sublime » Traité de Versailles) donnaient de la voix. Au point que – ainsi commence avec cette entrée de cycle solaire la crise de Tchécoslovaquie – le Premier ministre de ce pays s’estime tenu de déclarer le 28 mars : « Tout règlement de la question minoritaire doit être fondé sur l’existence de notre Etat. » Dès le lendemain, à la Chambre des députés, un représentant des Sudètes s’empressait de réclamer l’autonomie, revendication qui deviendra le thème de leur congrès du 24 avril.

 

La tension de la crise va ainsi monter jusqu’à l’éclatement de l’opposition du cycle solaire, qu’aggravent les présences d’une conjonction Mars-Neptune et d’une opposition Vénus-Uranus.

 

Ici, le plein sens de l’événement de cette fin-septembre, nous le devons aux valeurs de débilité qui sont en cause dans l’opposition : le Soleil est en chute en Balance et Saturne en chute en Bélier, ce que renforce l’exil de Vénus, maîtresse du Soleil, dans son opposition à Uranus sur l’axe des nœuds. Ce cas historique est exemplaire et mérite d’être versé au dossier du n°116, consacré aux Maîtrises.

 

En effet, devant  les vitupérations sauvages de Hitler, qui a décrété la mobilisation générale de l’Allemagne le 28 septembre, en vue d’une invasion militaire imminente du territoire tchécoslovaque, les démocraties occidentales – coupant l’herbe sous les pieds des généraux allemands conspirateurs, complotant de renverser le Führer, Londres et Paris étant informés par eux de leur projet – reculent au mépris de leurs engagements les plus solennels, en consentant même l’incorporation au Reich du territoire des Sudètes, et en plus, une amputation du reste de la Tchécoslovaquie, Polonais et Hongrois, poussés par Hitler, réclamant leur part du butin en s’abattant comme des vautours sur ce pays.

 

Après cela, que pouvait valoir la parole de Londres ou de Paris ? Plus grand-chose pour Athènes, Belgrade, Bucarest ou Varsovie. Et surtout pour Moscou, évincé de la négociation, alors qu’il était l’allié le plus pressant de Prague ! Staline en tire bien vite la leçon : mieux vaut pactiser avec l’adversaire pour reculer la menace de la guerre, qu’avec des alliés qui se défilent dans la traîtresse intention de détourner l’agresseur contre l’Union Soviétique.

 

 

On comprend aussitôt la présence de la conjonction Mars-Neptune qui inaugure une nouvelle tranche d’histoire dans la série de sa propre cyclicité. C’est à la conjonction de 1933 que remontait l’engagement actif de l’Union soviétique parmi les tenants de la Sécurité collective à la Société des Nations. Un engagement qui se renforce à la conjonction suivante de novembre 1934 avec le protocole Laval-Litvinov signé à Genève. Devenant ensuite activisme de pointe à celle d’octobre 1936 où elle intervient dans la guerre d’Espagne : arrivée de tanks russes et de la « brigade internationale » du  Komintern sur le front de Madrid. Or, ici, un terme est mis à cet engagement : ainsi rejetée diplomatiquement non sans la suspicion de devenir une cible éventuelle, l’U.R.S.S. en est à interrompre son attitude de championne du camp antifasciste. Déjà, trois jours avant l’opposition (aspect de renversement d’attitude) Soleil-Neptune du 13 mars 1939, au XVIIIe congrès du parti, Staline accuse les Occidentaux de vouloir détourner le danger allemand vers l’Est ; premier signe annonciateur d’un retournement diplomatique. Bientôt, ce sera le pacte germano-soviétique, illustration première du trigone Uranus-Neptune que commence à activer ici la présence de Mars.

 

Revenons à la débilité de l’axe Soleil-Saturne, sous toutes ses formes. Désolation pour les bâillements du pitoyable Chamberlain, signant le document, naïf mouton voulant croire au dictateur sans parole, qui répète à chaque fois que c’est sa dernière revendication territoriale (… nous ne voulons pas de tchèques chez nous …), espérant même pactiser avec le diable. Misère de l’accablement de Daladier, moins indigne, écrasé par un sentiment de culpabilité : « … je me sentais un Judas .. », confiera-t-il plus tard en homme meurtri. Détresse du soulagement de l’ambassadeur Alexis Léger : « Ah oui, un soulagement. Comme lorsqu’on a fait dans sa culotte… ». Il n’est pas étonnant que « Munich » soit devenu synonyme d’abandon, de dérobade, de lâcheté, de honte, de capitulation, d’abdication, de déchéance ! On voulait la paix à tout prix. Elle est sauvée sur le champ, résultat d’un triangle dissonant Soleil-Vénus-Jupiter ; mais seulement pour onze mois. Et il s’agit d’une paix déshonorante, assimilable à une défaite sans guerre. Bref, un moindre mal, qui laisse dépecer la Tchécoslovaquie, outre que les conspirateurs opposants à Hitler renoncent à leur complot, se rendant avec rancœur à l’aventurier qui raflait tout à l’œil, en une guerre sans combat. Churchill aura une formule historique à l’adresse de son gouvernement : « Le gouvernement avait à choisir entre la honte et la guerre. Il a choisi la honte. Et il aura la guerre. »

 

Quelques jours seulement  après la signature de ce pacte, le famélique dictateur s’estime avoir été joué par Chamberlain : « cet animal m’a frustré de mon entrée à Prague. » ! Dès le 21 octobre, il rédige un plan militaire ultra-secret programmant la liquidation de la Tchécoslovaquie. Plan qu’il réalisera le 15 mars 1939 à 6 h, occupant la capitale tchécoslovaque le soir même. Mais aussi, trois semaines après Munich, il ordonne l’occupation de la ville lithuanienne de Memel, laquelle sera effective le 23 mars 1939.

 

Nous arrivons à la conjonction terminale Soleil-Saturne du 11 avril 1939 à 21° du Bélier, cette fois au semi-sextil et quinconce d’une opposition Jupiter-Neptune ; triangle de reconstitution dans une déroute. Le cycle est bouclé : à la suite de l’invasion du 15 mars, c’est le 15 avril qu’est transférée l’administration tchécoslovaque à l’autorité civile allemande : il n’y a plus de Tchécoslovaquie.

 

Mais la page qui se tourne avec le cycle nouveau, où le Soleil retrouve sa dignité d’exaltation, révèle aussi cette reconstitution, car, finalement, trop c’est trop. Les mollusques du gouvernement britannique ne peuvent plus jouer les dupes attendries et consternées. Une nouvelle capitulation est décidément impossible. Cette fois, il faut donner des garanties et respecter ses engagements. Devant la venue effective de nouvelles revendications d’insatiable dictateur, notamment sur Dantzig, un avertissement formel s’impose pour éviter une erreur historique fatale : qu’il sache qu’on ne reculera plus ! Tel est le message de la déclaration du 31 mars 1939 à la Chambre des Communes, engageant la Grande-Bretagne et la France, d’assistance formelle à la Pologne en cas d’agression. Ce que confirme le traité d’alliance du 6 avril, complété le 13 avril, par les garanties franco-britanniques à la Roumanie et à la Grèce. Ce sont, précisément , ces engagements qui seront tenus le 3 septembre 1939.

 

Le Président tchécoslovaque Edouard Benés (Kozlany, Bohème, 28 mai 1884), démissionné le 5 octobre 1938 mais revenu au pouvoir en 1945, avait une conjonction Soleil-Saturne. Son successeur, Emil Hàcha (Trhové Sviny, Bohème, 12 juillet 1872), ravalé le 15 mars 1939 à une figuration pitoyable, avait quant à lui une opposition Soleil-Saturne.

 

 

L’ASTROLOGUE  n° 121, 1er trimestre 1998.

haut de page