Astrologie Mondiale
(Théorie)

 

APERCU  SUR  LES  PANDEMIES

Depuis tant d’années, et même bien des décennies, je traîne des dossiers en suspens qui témoignent d’une plongée dans telle et telle recherches, en saisie d’un quelque chose qui gagne à être poursuivi, état justifiant la publication malgré un non aboutissement de résultat. Mais, ne vaut-il pas mieux, plutôt que rien,  déjà une approche de connaissance, tel un acquis provisoire ?

Depuis longtemps déjà, en marge du milieu astrologique, le sujet a d’ailleurs été traité par quelques astronomes et astrophysiciens qui se sont risqués à comparer certaines perturbations de la santé publique avec les courbes de l’activité solaire, comme en témoignent divers textes de la revue « Cosmobiologie » précédant la Seconde guerre mondiale (voir « 75 ans d’astrologie »). De même que, depuis celle-ci, d’autres savants du monde médical. Dans la « Revue de Pathologie » de novembre 1958, le Professeur L. C. Vincent a présenté les grandes pandémies en accompagnement d’intervention cosmo-telluriques. Ainsi qu’en 1959, 1960 et 1962, où les Professeurs Poumailloux et Mironovitch, dans le « Bulletin de l’Académie de Médecine » et dans « La Presse médicale », ont fait intervenir l’intrusion dans les phénomènes biologiques des radiations extra-terrestres de l’activité solaire. Sans doute existe-t-il d’autres témoignages de ce genre, ma recherche ne s’étant pas étendue en ce domaine. En d’autres circonstances et sur une piste différente, dans « Les Hommes et la Peste en France et dans les pays européens et méditerranéens » (Mouton, Paris, 1975), Jean-Noël Biramen a tenté une vérification du phénomène des éclipses et des comètes, auxquelles les anciens imputaient ces calamités. Sans résultat, ce qui n’était pas pour me surprendre. Mais en estimant aussi, ce qui étonne cette fois, un bilan nul des taches solaires …

Ceci dit, ce n’est pas la voie la plus simple que d’aborder directement la corrélation des astralités et des pandémies, de la peste antique du IIIe siècle avant J.C. à la dernière en date, dans la diversité de leurs gravités et en y incluant nécessairement d’autres espèces de pandémies. En revanche, une entrée en matière s’impose ici en considération du cas suprême : à savoir qu’en s’adressant à la pandémie la plus gigantesque de l’histoire, c’est à une configuration astrale non moins monumentale sur laquelle l’on devrait obligatoirement tomber. N’est-ce pas la meilleure ouverture qui soit ? Certes, l’unicité du cas ne fait nullement preuve. Du moins leur impressionnante rencontre ne pourrait que nous encourager à poursuivre sa piste ainsi engagée.

C’est précisément un sommet historique qui a été atteint avec – devenue même légendaire - la  terrifiante « peste noire » de 1347-1348 qui décima en moins de deux ans un tiers de la population de l’Europe (outre que commença la guerre de Cent ans entre Anglais et Français). Emmanuel Le Roy Ladurie a magistralement campé l’amplitude de la tragédie. :  » Dès 1348, la catastrophe est épouvantable : elle tient du génocide. Elle équivaut à ce que donnerait, de nos jours, une guerre atomique de calibre moyen. En Italie, en France, dans les pays germaniques et anglo-saxons, 30 à 50 % de la population, parfois, sont exterminés, pendant l’année 1348 ou à peu près (…). Imaginons aujourd’hui une hécatombe de 20 millions de Français. Nous aurons bonne idée (proportionnellement) du cataclysme qu’affrontèrent nos prédécesseurs en 1348 » (Nouvel Observateur du 12 avril 1976).

 Cette épidémie expéditive – on en meurt en moins de quelques jours – venue du pourtour méditerranéen en 1347, contamina toute l’Europe, son hécatombe engendrant une panique infernale, avec ses processions d’auto flagellation punitive et ses massacres de Juifs et de lépreux rendus responsables du fléau !

Et face à cette apocalyptique tragédie historique, nous tombons sur l’une des trois plus extrêmes concentrations planétaires de tout le millénaire ! Les cinq planètes lentes où Jupiter, Uranus et Pluton sont en triple conjonction, n’occupent qu’un arc de 73° dans l’encadrement de Neptune et Uranus ! Sans doute peut-il s’agir ici d’un pur hasard. Néanmoins, avons-nous là, dorénavant, une piste à explorer. D’autant qu’un phénomène astrophysique lui donne la réplique dans le cadre des variations du dixième mouvement de la Terre.

Une fois de plus – mais il y a tant d’esprits qui ne veulent ni voir ni entendre - voici cette figure de physique du globe que, dans son « Astronomie populaire » Camille Flammarion a donnée de ce mouvement dit « des perturbations », où l’on voit, pour l’ensemble des années entre 1911 à 1958, le circulaire déplacement linéaire qu’effectue le centre de gravité des orbites planétaires par rapport au noyau du Soleil, leurs plus grands écartements distançant l’un de l’autre se présentant au long des années des deux grandes guerres mondiales de 1914-1918 et de 1940-1945. Ici, je renvoie mon lecteur au texte : « Pour une réhabilitation de l’astrologie » qui précise cette relation avec le phénomène de  centration et de décentration du système planétaire par rapport au Soleil.  Passage d’un équilibre à un déséquilibre cosmique, en fonction, précisément, d’une répartition astrale rassemblée en amas autour du luminaire central ; phénomène se répercutant, naturellement, en diversité d’activité solaire avec ses perturbations, le Soleil s’agitant plus quand il est décentré de l’ensemble planétaire. Même si le lien de l’un à l’autre demeure encore à préciser (on évoque aussi et de plus en plus un effet sur la vitesse de rotation du globe), faut-il, dès lors, s’étonner que nous puissions avoir davantage de pandémies lorsque les planètes se rapprochent le plus près les unes des autres et forment des agglomérations planétaires, en concomitance avec l’indice cyclique à ses cotations les plus basses ? Je renvoie ici au récent texte d’exploration  sur le siècle dernier: « Les Doriphories ».

Mais l’historisation chronologique du phénomène que nous traitons n’est pas simple. Il n’y a pas plus fuyante fluidité temporelle et géographique que ce fléau, quelque peu insaisissable. Si, après l’avalanche des décès, l’épidémie se calme à partir de l’automne 1348, ce n’est qu’un répit, car, désormais, elle se met à sévir sur le continent sans sauter un seul maillon annuel, en une longue chaîne avec des saillies diverses pour décliner et disparaître sur le second versant du XVIIe siècle.

On retiendra surtout l’illustre « grande peste de Londres » de 1665, où disparaissent environ 70 000 personnes, soit 15 à 16 % de la population. Ce qui tombe une fois de plus sur une concentration planétaire où, cette fois, Jupiter, Saturne, Uranus et Neptune sont rassemblés sur une 40e de degrés. Une dernière grande épidémie de peste frappera l’Europe occidentale en 1720-1721 (Marseille perdra 50 000 habitants), alors qu’à l’intérieur d’un arc d’une 60e de degrés, avec Saturne se concentre un trio Jupiter-Uranus-Pluton.

Il n’est pas commode de comptabiliser le rapport des deux phénomènes, car, en plus de son insaisissable fluidité évoquée à l’instant, la peste n’est nullement la seule épidémie qui frappe la population mondiale, et c’est un tout épidémiologique qu’il faut naturellement prendre en considération, outre que le jugement doit s’étendre et porter sur la totalité de la vie humaine sur terre. Voilà bien pourquoi  le présent exposé n’a qu’une valeur d’aperçu.

Il est bon aussi de ne pas oublier l’effet d’alignement planétaire de l’opposition elle-même. Ainsi, c’est sous deux oppositions de Jupiter-Uranus et de Saturne-Neptune, presque côte à côte, que la peste de 1576-1577 décima 17 à 18 % de la population de Milan. De même, c’est alors que Jupiter passe à l’opposition de Saturne-Uranus-Neptune en Capricorne-Verseau que – en temps de  traversée de Pluton en Scorpion - à leur retour d’Amérique en 1493, les marins de Christophe Colomb introduisent la syphilis en Europe.

Il faut aussi revenir au phénomène de la cyclicité où la conjonction planétaire est un Janus qui a charge d’une double  contribution : Chaos et Genèse. La fin d’un cycle a valeur d’aboutissement d’un passé, terminus de quelque chose assimilable à la mort ; et d’avènement d’avenir comme naissance d’un cycle nouveau, recommencement  vital. Autant le versant premier plonge dans l’épreuve d’un deuil, autant le second est élan de conquête d’un futur. Ainsi, cette version dernière  prévaut-elle surtout lors de la plus grande concentration planétaire de tout le millénaire écoulé, 1485 présentant un rassemblement extrême des 5 planètes lentes sur 73°, groupant Jupiter-Saturne-Uranus-Neptune en Sagittaire.

Nous avons ici la tranche d’un segment de « micro grande année » semi-millénaire qui trace le plus fortement (derrière l’élan de renaissance de l’avènement de l’imprimerie de Gutenberg en 1437), la frontière principale entre le Moyen-âge et les temps modernes. Coupure historique du tournant du franchissement du cap de Bonne-Espérance (1488) et de la découverte de l’Amérique (1492) : décennie  au cours de laquelle, par la grande aventure de la conquête des mers avec Diaz, Vasco de Gama et Christophe Colomb, l’Européen étreint enfin le globe terrestre dans la révélation de sa sphéricité. Micro grande année de la commençante « civilisation de la chrétienté occidentale » qui s’est   clôturée astronomiquement à la nouvelle extrême concentration planétaire  de 1982 : temps de naissance d’une nouvelle micro grande année qu’accompagne l’historique avènement universel de l’ordinateur personnel, lequel allant rapidement permettre à chacun, avec Internet, de « naviguer » à son tour individuellement sur sa « toile » autour du monde !

Au cœur de cette exploration, force est de se rendre à l’évidence d’une problématique prévisionnelle de configurations ouvertes en éventail sur une diversité de manifestations, malgré la spécificité propre à chacune d’elles.  Nous y échouons sur le même principe de « l’équivalence symbolique » observé dans le champ individuel : phénomène de  « glissement » analogique substitutif du même verbe d’un objet à un autre semblable. Ainsi n’y a - t’il pas de différence astrale foncière entre les venues de telle pandémie et de telle autre d’espèce différente, pas plus qu’il n’en existe même entre une épreuve collective donnée et une autre d’espèce étrangère, comme si leurs natures s’égalisaient « économiquement » en commune crise existentielle foncière.

Il se trouve même qu’aux carrefours des grandes concentrations, les deux versions du tournant cyclique de type conjonction en viennent à coexister. Ainsi, au rassemblement planétaire extrême de 1485, l’élan de la Renaissance  est-il également accompagné d’un grand fléau pandémique, appelé la « suette anglaise » qui ravagea l’Europe ; de même qu’à la suivante de 1982, c’est le Sida qui fit son apparition.

Dans la recherche, on ne cesse d’étendre son champ d’observation, élargissement de vue qui, du même coup, remodèle sa vision des choses. Au cœur du chantier que l’on traite ici, cela nous conduit à une vision globale qui embrasse des situations diverses comme logées à la même enseigne, de sorte que si ce n’est pas l’une, c’est l’autre qui advient à sa place. Si bien que l’on voit se présenter, participant d’un tout, un commun état de crise en une diversification de manifestations.

Dans le cadre des indices cycliques du XIXe et du XXe siècles ici-présents sont sommairement réparties quatre catégories de perturbations de société : en carré les épidémies, en rond les guerres, en croix les crises économiques et en étoile les révolutions.

Pour revenir aux pandémies et en remontant le siècle écoulé, les quatre crises de 1918, 1954, 1968 et 1982 sautent aux yeux, les deux considérables ayant été la première, la fameuse « grippe espagnole »  qui a fait, dit-on, 25 millions de morts, et la dernière où s’est installé le Sida, lequel est encore plus dévastateur et continue d’être meurtrier. Depuis, il y eut aussi une faible poussée grippale en 2009, tout contre le dernier indice cyclique le plus bas  (2010). Il se pourrait  bien que nous soyons sérieusement menacés d’une nouvelle pandémie  au cap de 2020-2021, à  la pointe la plus basse de l’indice cyclique de tout ce XXIe siècle, avec le quintette des lentes rassemblées sur une centaine de degrés, une conjonction Jupiter-Saturne-Pluton pouvant plus particulièrement, et même spécifiquement, se prêter au « tissu » de ce déséquilibre. Il n’en demeure pas moins que cette configuration puisse aussi transférer son noyau de dissonances au terrain des catastrophes géophysiques, sans épargner en dernier lieu la scène des affaires internationales, Nature et Société étant indistinctement touchées.      

L’impression d’ensemble que l’on retient de l’examen de ces tableaux approximativement traités est que la majorité des maux qui accablent la planète se localisent surtout autour de la pointe inférieure de l’indice cyclique, temps de conjonctions, quand justement se produit le grand écart entre le centre de gravité des orbites du système planétaire et le noyau du Soleil ; et de même, mais moindrement, autour de la pointe supérieure du même indice, alors que priment les oppositions, autre catégorie d’alignement planétaire.

2010 – particulièrement attendue comme tournant de crise mondiale - s’est présentée comme la première année de bas indice cyclique du nouveau siècle et l’on ne saurait dire que son alignement planétaire Jupiter-Saturne-Uranus soit passé inaperçu. Outre l’Europe en pleine crise dans un profond trouble économique mondial, la vedette a été tenue par les catastrophes naturelles. Témoin  cette dépêche de l’ « Associated Press »  : 20 séismes de magnitude 7 dans l’année (contre 15 habituellement) avec le terrible de Haïti, canicule sans précédant en Russie avec ses immenses incendies, inondation historique au Pakistan en un pays dévasté, éruption volcanique en Indonésie … soit 250 000 morts dans l’année, chiffre le plus élevé  de décès depuis au moins 1983 (année du plus bas indice du siècle précédant). Et « 2010 a été l’année la plus chaude jamais recensée dans 18 pays ». Sans oublier, derrière les cendres printanières du volcan irlandais Eyjafjöll et la marée noire océanique d’un puits de pétrole en Atlantique,  les intempéries hivernales exceptionnelles de décembre en Europe, particulièrement perturbatrices des transports, avec les tempêtes de neige aux USA et au Canada. A quoi s’ajoute ensuite le terrible choc mondial de la catastrophe de Fukushima au Japon, survenue du séisme (de 8,9 de Richter !) du 11 mars 2011 où la terre a tremblé comme jamais dans ce pays, avec son tsunami (plusieurs dizaines de milliers de morts, un pays saccagé, exposé aux retombées radioactives). Et 2011 n’est pas fini …

En fin de compte, ce résultat d’ensemble nous place devant une énorme complexité de la lecture prévisionnelle. Certes, nous n’avons nul lieu de nous départir de certaines corrélations historiques dont l’usage pratique mérite la poursuite : cycles Jupiter-Saturne en résonance avec le devenir européen, Jupiter-Uranus et Saturne-Uranus avec les U.S.A et l’économie mondiale, Jupiter-Neptune avec l’ONU, la France, cycle Uranus-Pluton avec le Japon.  Voire cycle Uranus-Neptune avec les mutations de la société mondiale, à l’image, notamment, du devenir de la cosmologie avec la révolution copernicienne de la conjonction de 1650,  la suivante de 1821 posant l’ordre de la mécanique céleste de Laplace ; puis avec la dernière de 1992, l’échappée vers les exoplanètes et systèmes extra solaires, dans une remise en question de notre propre système solaire. Outre les révolutions économiques, technologiques, etc. …

Néanmoins, c’est bien au-delà d’une telle linéarité cyclique dans laquelle nous sommes plongés : cet « Aperçu sur les pandémies » rejoint  finalement l’autre texte de « mondial-théorie » sur « Les catastrophes naturelles » avec le même constat d’un écueil prévisionnel de la destination historique de la plupart  de nos configurations. Par exemple, avec le rassemblement des dix corps célestes sur 115° les 6 et 9 août 1945, accompagnant les bombardements atomiques sur Hiroshima et Nagasaki, comme le stellium en Taureau de mai 1941 où Hitler se mobilise dans la guerre contre l’Union Soviétique. L’un et l’autre contrastant avec l’alignement de 7 astres sur 12° du 13 décembre 1970, jour d’un raz de marée au Pakistan faisant 250 000 victimes ; aussi bien que l’extrême concentration des 5 lentes avec 4 rapides du 9 novembre 1989, escortant la chute du mur de Berlin … Colère de la nature en ses multiples désordres ou mutation d’une humanité tantôt endeuillée, tantôt  renouvelée ? Rien n’est dit la plupart du temps de l’interrogation du spectacle astral, bal des grandes énigmes du futur …

 

Sommet de lecture : comment accéder au langage du continuum polycyclique de la circularité spiroïdale de la vie universelle, en une interdépendance de tous les facteurs constitutifs de l’étoffe du réel ? Avec tant de leurs interférences qui s’amalgament et s’entre-choquent dans les boucles d’un mouvement perpétuel... Faut-il ainsi s’étonner de demeurer trop souvent muet face au mystère d’une histoire portant dans ses flancs un tel jeu tourbillonnaire du cosmos ? Certes, au menu d’une filière cyclique enchaînant en continuité passé-présent-futur, quelques micro-configurations peuvent se laisser déchiffrer, et mieux vaut en profiter, mais, pour le gros du devenir universel, il faut attendre d’en savoir encore beaucoup plus pour recueillir une indispensable provision de lumière sur l’avenir.

 

Paris le 8 juin 2011.

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