Astrologie Mondiale
(Théorie)

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Une recherche décevante

 

Dans le précédent numéro, j’ai entrepris une recherche sur la localisation géographique des phénomènes historiques en explorant un groupe de 250 conjonctions solaires.

 

Voici maintenant une nouvelle enquête destinée à la même recherche, qui porte cette fois sur les lunaisons et les ingrès.

 

Tout d’abord, j’ai rassemblé ma documentation en une liste de 93 dates correspondant aux déclarations de guerre ou ouvertures d’hostilités que j’ai pu retrouver entre 1850 et nos jours, de la guerre de Crimée à l’affrontement El Salvador-Honduras de juillet 1969. Il y manque les nombreux épisodes militaires qui émaillent l’histoire de l’Amérique latine, faute d’avoir pu obtenir une documentation appropriée, mais toutes les guerres importantes y figurent : c’est « qualitativement » un tableau entier. Cette liste n’a d’ailleurs pas été facile à dresser ; elle procède d’un rassemblement obtenu d’ouvrages historiques les plus divers et de la confrontation de leurs indications parfois contradictoires. Il n’est pas, d’ailleurs, toujours facile de fixer exactement le point de départ de certaines guerres qui ne prennent que graduellement tournure, certaines dates restant approximatives. J’ai tenu à y inclure même les guerres courtes de quelques jours, y-compris les affrontements frontaliers importants, ceci pour avoir le maximum de cas. Cette liste peut donc être améliorée et enrichie ; néanmoins, telle qu’elle est, on est sûr qu’elle a toute sa valeur.

 

Pour chacune de ces dates, j’ai établi le thème de la lunaison puis le thème de l’ingrès précédant l’événement, ainsi que le thème de l’ingrès du Bélier comme thème d’année, lorsqu’il s’agissait d’une guerre d’une autre saison que celle du printemps. Je remercie Henri Gouchon de m’avoir procuré les heures précises des lunaisons et ingrès qui manquaient à ma documentation personnelle (données horaires fournies par les éphémérides Raphaël et confrontées à celles de  l’Almanach Chacornac) et de m’avoir calculé les données non fournies par ces sources.

 

Les thèmes ont été dressés pour la capitale du pays ravagé par la guerre civile ou s’engageant dans une guerre générale, pour les deux capitales des pays lancés l’un contre l’autre et pour le lieu même du déclenchement des hostilités lorsque celles-ci s’étaient situées loin de ces capitales. C’est ainsi que j’ai abouti à 404 thèmes que Louis-Henry Le Corre à traités à l’ordinateur.

 

La vérification première qui s’imposait revêtait un caractère statistique élémentaire consistant à relever l’angularité planétaire. N’oublions pas que nous étudions un sujet de localisation qui met directement en cause la domification, la « présence » du corps céleste en position de pointe au lieu en question. Voici donc les cas d’angularité obtenus pour ces 404 thèmes :

 

Lune     94  - Mercure  92  -  Vénus    90  -  Mars     80  - Jupiter  100

 

Saturne 88  - Uranus 92    -   Neptune 87 -  Pluton  87.

 

Etant donné que pour l’angularité nous comptons 10° de part et d’autre de chaque point de l’horizon et du méridien, ce phénomène est censé se présenter dans un rapport de 80°/360°, soit 1 / 4,5. Ce qui pour 404 positions correspond à une moyenne de 91 présences. Or, force est de constater que les résultats obtenus sont nuls, c’est-à-dire sans signification. Il y a même une ironie du hasard qui veut que ce soit Jupiter qui ait le plus de points ( + 9 ) et Mars qui en ait le moins ( - 11 ), ces faibles écarts n’ayant aucune valeur.

 

J’ai pris à part les lunaisons pour voir s’il surgirait des résultats particuliers. En vain … Pour les 159 thèmes de lunaison, les deux positions de pointe, de Mars et de Jupiter, ne font que 3 unités de plus (39) que la moyenne (36). Et il n’y a pas de différences sensibles entre les résultats des ingrès annuels du Bélier et ceux des ingrès saisonniers.

  

  

Naturellement, ce calcul d’angularité n’est qu’un aspect du problème. Il est bon de pouvoir porter une vue d’ensemble sur la répartition générale de l’astre en mouvement diurne. Hélas, cette vue globale est aussi tristement décevante. Jugez-en avec la présente figure qui concerne la répartition du « seigneur de la guerre » Mars, qui ne peut être ici le « régent planétaire » de nos thèmes d’entrée en guerre ! Un étalement presque parfait … Ce n’est pas la petite « bosse » d’ailleurs hors du champ du Descendant (et nous avons ici des pièces minutées) qui saurait être prise  en considération, et le plus affligeant est que les deux endroits les moins occupés tombent autour du Descendant (au début de la VII) et après la culmination …

 

Je ne vous ferai pas l’injure de vous donner une comptabilité des positions zodiacales de Mars qui, outre la difficulté particulière d’évaluer cette répartition planétaire en moyenne astronomique, ne signifie rien quant à la valeur recherchée.

 

Pour ma part, je ne puis m’empêcher de penser que ces premiers résultats d’enquête, avec ceux de l’étude précédente sur les conjonctions solaires, bloquent la recherche de la localisation géographique, et je tremble pour ceux de mes confrères qui se livrent encore à des prévisions mondiales sur la base des lunaisons et ingrès considérés en soi, en valeur intrinsèque. Cette recherche est tout au moins gelée en ce qui concerne l’usage de ces procédés préconisés par la tradition astrologique. Pour ma part, j’en reste là, m’abstenant d’y recourir..

 

 Il est vrai que cette recherche n’en est qu’à son tout début, que je ne suis pas entièrement découragé par cet éprouvant départ et que cette masse de thèmes demande à être retraitée pour une exploration plus minutieuse. A d’autres de prendre la relève...

  

L’ASTROLOGUE n° 11, 3e trimestre 1970.

 

SOMMAIRE  TRADITIONNEL

 

 

 

Sur ces questions générales de la guerre et de la paix, il faut savoir que la tradition nous a transmis un enseignement fort vague.. Le meilleur résumé en a été présenté dans le livre d’Antoine de Villon : L’Usage des Ephémérides (1624), au chapitre X : « Des guerres, incendies, tremblements de terre et inondations » :

 

Cardan au 7 de ses Aphorismes, Aphorisme 120, dit que la science que nous avons des guerres par le moyen des Astres, n’est presque d’aucune considération au respect de celle que nous pouvons avoir des génitures ou nativités des personnes, et de la considération des temps. Cela n’empêche point pourtant que luy-mesme en plusieurs lieux de ses livres d’Astrologie, et avec lui beaucoup d’autres qui ont escrit de cette science, n’ayent faict quantité de remarques pour cest effect.

C’est un commun axiome receu entre les Astrologues que les ecclypses, principalement dans les signes ignées, et les comettes, signifient des guerres : mais pour ce qui est du temps, et du lieu où elles doivent arriver, ils ne sont pas d’accord entre eux.

(…) La plupart se fondent sur la révolution de l’année, et au seigneur d’icelle pour cest effect : disant que si Mars se trouve seul seigneur de l’année, ou avec les autres, sans estre tout à faict exclu de ce gouvernement, il signifie guerre et séditions : car il excite un humeur bilieux dans le corps des hommes, qui faict que pour la moindre occasion ils se laissent emporter par la colère et par mesme moyen aux noises et débats. Haly en la première Part de ses Jugements Astronomiques, Chap. 4, dit ces paroles. Quand Mars se trouve logé dans les angles ou aux maisons qui leurs succèdent, ou bien qu’il est receu de quelque planette qui est aux angles dans la figure des révolutions des années du monde, cela signifie des guerres cette année …

 

Le programme est cohérent. Il repose même sur une raison psychosociologique de type humoral. Mais je n’ai pas trouvé Mars aux angles des constitutions universelles, et je laisse de côté les éclipses et comètes où la tradition s’est perdue.

 

Il est vrai que Haly fournit une interprétation nouvelle qui a sa logique (je ne sais pas ce qu’elle vaut, faute de contrôle) mais qui ôte toute ressource en matière de localisation prévisionnelle. En effet, cet auteur estime que Mars peut signifier la guerre dans toutes les maisons de la figure céleste : en I, c’est l’effusion de sang ; en II, le saccage des biens ; en III, les noyses et contestations entre proches ; en IV, le siège des villes … Bref, on tombe dans la particularisation des manifestations guerrières, le signe annonciateur de la guerre disparaissant avec les affectations spéciales de son déroulement.

 

 

L’ASTROLOGUE n° 17, 1er trimestre 1972.

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