Astrologie Mondiale
(Théorie)

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Recherche de la localisation géographique


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Le résumé sur les dernières conjonctions Soleil-Jupiter du numéro précédent a convaincu, j’espère, que nous détenons des indices réels concernant la répartition dans le calendrier de certains processus historiques. Reste une grande inconnue : si nous savons que telle conjonction Soleil-Jupiter a des chances d’apporter à telle époque tel climat de détente, d’entente ou de réalisation positive, nous ne savons pas pour autant à quel endroit de la mappemonde pourra se présenter la manifestation de cette tendance. Si donc nous possédons la coordonnée temps du phénomène historique, il nous manque la coordonnée espace.

 

Or, la tradition astrologique offre en quelque sorte la possibilité d’une recherche relative à cette localisation géographique. Celle-ci consiste à entrer, pour ainsi dire, à l’intérieur du phénomène astronomique impliqué, afin de le situer non plus seulement du centre de la Terre considérée universellement, mais par rapport à n’importe quel point de la surface du globe. Ainsi, si telle configuration est en soi un fait astronomique signifiant à l’échelle de notre humanité d’ici-bas, en dressant le thème de ce phénomène pour le moment où il se produit et pour un lieu donné, il est permis de savoir l’impact qu’il est censé avoir sur cette contrée terrestre.

 

Divers ouvrages d’astrologie mondiale ont présenté quelques thèmes d’éclipse ou de grande conjonction, mais, du moins à ma connaissance, jamais une enquête systématique n’a été entreprise  dans ce domaine pour vérifier le bien-fondé de la démarche, tant il va de soi qu’un thème d’ingrès ou de lunaison doit nous livrer une figure de l’avenir. Et pourtant, c’est surtout de mettre la charrue devant les bœufs que souffre la pratique banalisée de l’astrologie mondiale.

 

Pour un tel contrôle, il convient surtout de sélectionner des pièces d’excellente qualité. J’entends par là une catégorie de phénomènes astronomiques pouvant particulièrement bien « correspondre » avec un chapelet d’événements précis de même nature. Or, peut-on trouver mieux que les deux séries de conjonctions Soleil-Jupiter  et Soleil-Vénus mises en synchronisme avec les armistices et faits historiques de détente formant la chronologie des pages 228/234 des Astres et l’Histoire ?

 

Exemples : la conjonction Soleil-Vénus du 26 juin 1940 à 21 h 07 (T.U) et l’armistice de Rethonde  du  22 juin 1940 ; la conjonction Soleil-Jupiter du 8 février 1962 à 18 h 04 (T.U.) et les Accords d’Evian signés le 19 février suivant et mettant fin à la guerre d’Algérie. Sur ce point, il ne paraît guère possible de faire meilleure expérience, surtout avec des matériaux qui ont été éprouvés par le « pronostic expérimental » (notamment ces deux cas).

 

C’est ce travail que j’ai entrepris avec mon ami Louis-Henry Le Corre qui a recalculé les diverses conjonctions Soleil-Jupiter et Soleil-Vénus dont j’avais besoin (depuis 1850) en comparant les heures obtenues avec les résultats de calcul des éphémérides de Raphaël et de l’Almanach Chacornac. Il en est résulté (sauf pour les conjonctions Soleil-Vénus supérieures seulement contrôlées approximativement et dont nous avons adopté les heures de Raphaël) des écarts qui n’excèdent pas une douzaine de minutes de temps, ce qui ne porte pas à conséquence pour une analyse globale.

 

Nous avons ainsi sorti à l’ordinateur un total de 248 thèmes : 147 conjonctions Soleil-Jupiter et 101 conjonctions Soleil-Vénus. Il ne fallait pas seulement s’occuper des thèmes dressés pour les lieux où s’étaient produits les événements. Il convenait aussi de comparer ces thèmes avec les mêmes thèmes dressés pour des pays où il ne s’était rien passé. Dans les périodes des deux guerres mondiales, par exemple, les thèmes des deux séries entières de conjonction ont été dressés pour toutes les capitales des grands pays en guerre, afin de pouvoir débrouiller le fil d’une histoire.

 

Une déception 

 

Ma première recherche a consisté à isoler la série des conjonctions Soleil-Jupiter et à procéder sur elle à un contrôle global. Je pouvais grouper autour du Soleil le trio des « pacifiques » Mercure-Vénus-Jupiter (le premier ayant valeur de négociation). Je décidai donc de considérer ces trois positions en une seule étendue zodiacale, considérée comme privilégiée, et de voir comment cet arc se présentait par rapport à l’horizon et au méridien : il pouvait « couper » l’un des quatre angles en s’étendant de part et d’autre de sa position (arc allant de quelques degrés à un peu plus de deux signes). Il pouvait aussi être seulement en orbe de conjonction (à 10°) avec l’un de ces angles par l’un ou l’autre de ses points extrêmes, comme il pouvait encore se présenter carrément en marge des deux axes du mouvement diurne. Ce premier contrôle a fourni les résultats suivants :

 

Lieux historiques  (112)                     Lieux non concernés  (35)

49 rencontres                                    12 rencontres

28 orbes                                               9 orbes

35 marginaux                                     14 marginaux

 

 

De ces résultats, je tire immédiatement deux conclusions essentielles :

 

·         Théorique : la « rencontre » dans les « lieux historiques » donne le seul écart qui puisse mériter d’être pris en considération, cela étant un encouragement pour la recherche (encore que la proportion soit la même pour les lieux non concernés).

 

·         Pratique : Le principe de l’angularité ne résout malheureusement pas le problème posé. En effet, pour les lieux historiques, il est environ un tiers de cas qui sont non significatifs, et parmi les lieux où il ne se passe rien, plus sinon près de la moitié des cas pourraient être significatifs.

 

Au second stade de la recherche, il s’agissait de s’enquérir des positions angulaires, toujours du groupe Mercure-Vénus-Jupiter, mais aussi de la Lune et de Mars pour la comparaison. En fixant 10° d’orbe, nous avons obtenu les résultats suivants :

 

Lieux historiques :       Vénus 35 – Mercure 31 – Lune 29 – Jupiter 26 – Mars 20.

Lieux non concernés : Vénus 14 – Lune 11 – Mercure 4 – Mars 4 – Jupiter 3.

 

 

Si l’on considère que la zone générale d’angularité (80°) sur le zodiaque donne environ 1 chance sur 4 ½ de trouver une position angulaire du même astre, cela ferait une moyenne de 26 points pour les lieux historiques et de 8 pour les lieux non concernés. Or, il faut avouer que les résultats sont franchement décevants !

 

Pour les contrées non concernées, le groupe Lune-Mercure-Vénus-Jupiter (32) tombe à pieds joints sur le chiffre attendu, tandis que pour les capitales ou les lieux consacrés par l’histoire, le même groupe s’enfle un petit peu (17) alors que Mars est en recul. Mais que cela signifie-t-il ?

 

Et quelle importance faut-il donner au tableau suivant de la répartition de Mercure, si bien placé au Descendant et dans la fameuse Maison VII ? Voire de celle de Vénus qui détient une petite concentration peu après le lever, la culmination et le coucher ?

 

 

 

 

L’ennui majeur, c’est que les conjonctions Soleil-Jupiter elles-mêmes se répartissent au hasard avec un déconcertant étalement. L’autre ennui, c’est que le groupe des conjonctions Soleil-Vénus donne des résultats encore moins probants : même nivellement des positions pour la série des lieux non concernés comme pour les lieux historiques.

 

Je n’ai pas la compétence du statisticien pour pousser plus loin l’analyse de ces résultats, mais ma position de prévisionniste me suffit pour conclure sur un bilan négatif : je ne puis, pas plus qu’avant « régionaliser » les courants historiques que j’observe des configurations en question.

 

Le dossier de cette enquête est à la disposition des confrères intéressés. Bien entendu, ce ne sont là que de premiers résultats. Il n’est pas dit que l’enquête ne puisse pas se présenter sous un éclairage nouveau au regard d’une prospection d’un autre ordre. Il nous reste encore à explorer ces temps astronomiques-historiques sous le double aspect des ingrès (entrée du Soleil en signe cardinal inaugurant une saison) et des lunaisons, et c’est ce que nous allons entreprendre maintenant. Pour l’heure, en tout cas, mieux vaut reconnaître que nous rentrons bredouilles : ne pas se l’avouer nous ferait tomber dans l’illusion de la fausse corrélation. Or, en astrologie, ce genre d’erreur se paye tôt ou tard : qu’il est sage d’étrangler ce monstre dans l’œuf !

 

 

L’Astrologue n° 10, 2e trimestre 1970.

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