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L A     R E S T A U R A T I O N

Avec le concours de Didier GESLAIN

Imaginez une histoire de France reconstituée par Clio et Uranie ! Vaste composition… Les grandes ambitions ne naissent pas forcément d’une haute intention d’en imposer. Songeons plutôt à la source silencieuse qui se gonfle jusqu’à devenir fleuve, une modeste enquête suivie d’une seconde devenant le départ d’une série. C’est ce qui est arrivé avec le commencement des deux études sur « La Révolution Française » et « La IIIe République », rejointes par « La IVe République ». Ces études ne doivent pas tracasser beaucoup de monde … A la rigueur, Marianne IV, aux souvenirs encore frais. Mais, qui peut bien s’intéresser, aujourd’hui, à la Restauration ? Et pourtant – ce n’en est pas moins là une certitude – notre pouvoir de prévision est strictement fonction de notre savoir du passé. C’est parce que nous avons enregistré l’enseignement de maintes et maintes situations historiques, qu’un reçu de données comparatives nous permet de déchiffrer les configurations de demain. Si bien que même ces » rogatons » de l’histoire que peuvent vous sembler être Louis XVIII et Charles X ont à vous apprendre bien des choses. Et puis, se pencher sur leur époque, c’est aussi tenter de revivre une tranche d’humanité à travers l’évocation de centaines de grands personnages aux noms remémorés par l’écho d’une plaque d’avenue, de place ou de square de sa cité. Et pourtant, ces gens-là ont fait notre histoire il n’y a guère que deux siècles et ils sont aussi intéressants (parfois tellement plus) que ceux qui font actuellement la nôtre. Voilà pourquoi derrière cette « Restauration » s’annoncent « La Monarchie de Juillet », « La Seconde République » et « Le Second Empire ». Qui sait ? Peut-être aussi « Le Premier Empire » », pour boucler le parcours avec la Révolution française. Le seul regret que nous ayons est qu’au fur et à mesure que l’on recule dans le passé, les heures de naissance font défaut sur les pièces de l’état civil, mais, outre qu’il est permis de s’aventurer à la reconstitution horaire de quelques-uns d’entre eux (des cas typiques comme Danton, Talleyrand, Fouché) - ainsi que s’était entraîné à le faire avec succès Choisnard il y a un siècle -  il n’en est pas moins précieux de prendre connaissance de « toiles de fond » astrales des humains qui illustrent notre histoire moderne. Didier Geslain a passé beaucoup, beaucoup de temps, encouragé souvent par ma présence, à Vincennes, aux archives de Paris, à Pompidou et ailleurs encore, pour dénicher, et avec quelle astucieuse obstination, des données natales impossibles ! Il  a accumulé un trésor. Enhardissons-nous ici à en faire valoir une meilleure part.

 

Invitation au thème spéculatif

Offrons-nous l’initiative de reconstitution de certains thèmes aux données horaires de naissance ignorées, du moins en nous contentant de certains personnages aux astralités qui s’y prêtent, notamment dans le cas où le baptême est du même jour, ce qui réduit la marge du choix du moment natal, survenu le plus souvent dans la première partie de la journée.

Cette opération n’est pas nouvelle puisque, déjà, Choisnard l’avait abordée expérimentalement. Ayant différencié dans son Langage astral (Chacornac, 1928) trois aspects de nos tendances : l’étoffe, l’intensité et l’harmonie, il considérait l’intensité comme la note la plus répandue chez ceux qui acquièrent un prestige dans un domaine donné, gens devenus célèbres du même coup, assimilant naturellement ce facteur à la valorisation de l’angularité. Ainsi énonce-t-il une « loi des maxima » qui vise le moment de la journée où telle disposition est à son intensité la plus haute pour se manifester, la nature ayant fait naître l’individu à l’instant même de cette journée afin que, justement, il puisse aller jusqu’au bout des possibilités de cette tendance. Ainsi expose-t-il, notamment, le cas de l’heure de naissance, découverte par lui, puis confirmée par l’état civil, du « tueur des bergers » Joseph Vacher, né à Beaufort dans l’Isère le 16 novembre 1869 à 1 heure, ayant préalablement constaté que cet horaire valorisait à l’extrême sa tragique conjonction Mars-Saturne (dans le contexte où elle figure), à la fois par son passage au méridien et par son carré à l’Ascendant. Des cas flagrants de ce genre – outre, notamment, des concentrations planétaires en secteurs - se prêtent à pareille opération qui est une recherche de cheminement à l’envers de la démarche habituelle de l’interprète.

En fait, l’exercice interprétatif fonctionne en circulant à double sens, dans le va et vient de l’astre à l’être et de l’être à l’astre, en » descendant » du thème à la personne et en « montant » de la personne au thème, circuit bouclé d’une identification recherchée, même si la seconde démarche n’est que sous-jacente ou virtuelle.

L’enchevêtrement de la carte du ciel ne permet pas de réussir cette opération à rebours dans l’ordinaire des cas où ne ressort rien d’exceptionnel, mais l’échappée d’un don ou d’un éclat existentiel qui prend valeur de fait historique présente une aspérité qui peut devenir décelable, du moins lorsque plusieurs indices accouplés dans un ensemble ont effet de convergence. Nul doute que tout praticien entraîné peut reconstituer à sa façon, sans connaître préalablement leurs heures natales, les thèmes de Robespierre, de Napoléon, d’Hitler ou de de Gaulle …

Usons modérément de cette possibilité dans les cas les plus probants, sans oublier néanmoins qu’il s’agit de thèmes spéculatifs . Ah ! si nous pouvions avoir, en toute certitude, les thèmes de l’ensemble des plus illustres personnages de l’humanité, vivier de tous les archétypes !

Donnons-nous une entrée en matière saisissante pour prendre pied sur le terrain de la Restauration monarchique. Après le séisme historique de la Révolution française et derrière un Premier Empire accoucheur de notre société moderne, cette sorte de retour-arrière intercale une tranche de passé à la manière d’une phase cyclique descendante où, tel un répit, se digère l’histoire d’une société qui a besoin de souffler. Sa souche n’est rien moins que le versant inverse, descendant, d’un creux de vague dont l’élan ascensionnel a propulsé la monumentale marée cyclique du temps napoléonien.

  Comme à tous les grands carrefours de l’humanité, ainsi qu’il en est d’ailleurs avec Alexandre le Grand, la tranche historique de celui-ci tombe sur un exceptionnel rassemblement de planètes où, en chapelet, se renouvellent six grandes conjonctions en huit ans de 1802 à 1809 ! Soit la plus grande concentration planétaire du siècle.

A travers ces renouvellements cycliques rassemblés, c’est le monde qui est en pleine mutation, l’humanité qui s’engendre fondamentalement. L’essentiel de ce phénomène astral en tant que cinétique historique est que les quatre grands cycles de Jupiter avec les trans-jupitériennes (Saturne, Uranus, Neptune et Pluton) sont en phase ascendante à partir de 1802 : puissance de réalisation expansive ; pour basculer ensuite successivement en phase descendante de 1810 à 1814 : puis de décroissance régressive. Evolution à laquelle concourt le cycle lent Saturne-Uranus qui entre dans sa phase de première crise de semi-carré (45°) en 1812. Les historiens s’entendent à situer l’apogée de l’Empire en 1810-1811 – un sommet d’indice cyclique, soit une distance inter-planétaire maximale – lorsque Napoléon épouse le 2 avril 1810 Marie-Louise d’Autriche et que naît leur fils, le roi de Rome, le 20 mars 1811. Peu après, avec la campagne de Russie commencée le 24 juin 1812, c’est le déclin, puis la chute libre. » (L’Astrologue n° 130 : « Astralités de Napoléon »).

C’est sur ce canevas que se profile la Restauration qui s’annonce.

Voici maintenant les deux configurations qui encadrent son parcours et qui caractérisent le contraste du retour de la monarchie des Bourbons, où Louis XVIII accède au trône le 6 avril 1814, et de la chute définitive de cette institution avec l’abdication de Charles X, son successeur, le 2 août 1830. C’est en comparant ces configurations de début et de fin de règne que nous en saisirons la texture cyclique.

Pour l’essentiel, cette Restauration s’inscrit dans le cadre « droitier » du cycle Saturne-Uranus. Au 18 mai 1804, lorsque Napoléon fonde son Empire, Uranus (13° Balance) est entouré de Jupiter (27° Balance) qui sort de sa conjonction, et de Saturne (24° Vierge) qui y applique. Et lorsque, le 19 octobre 1813, la « bataille des nations » de Leipzig signe son abdication, un semi-carré Saturne-Uranus (13° Capricorne-26° Scorpion) est triangulé par un sesqui-carré et un carré de Jupiter (3° Vierge). Maintenant, avec l’arrivée des successeurs, retour des Bourbons, un nouveau triangle se constitue entre le même trio astral. Cette fois, on est passé au sextil Saturne-Uranus et Jupiter s’y relie par quinconce au premier et par carré au second.

Il est fréquent qu’une aventure du pouvoir commencée à la conjonction d’un cycle trébuche au point de disparaître au semi-carré suivant (revoir « L’évolution du processus cyclique »), ce qui est le cas pour l’empire napoléonien. Il est non moins fréquent que le sextil évolutif, porteur de tout l’élan cyclique qu’il a devant lui, fasse office d’installation de pouvoir, un nouveau s’il y a lieu.

Ce qui accrédite ici cette interprétation, c’est que, précisément, ce retour des Bourbons va s’étaler tout le long de la phase ascendante du cycle Saturne-Uranus et rencontrer son terme au coup de bascule de l’opposition de ces deux planètes. Plus précisément, d’ailleurs, la révolution des « Trois glorieuses » (le soulèvement de Paris des 29-30-31 juillet 1830), avec l’abdication de Charles X le 2 août, où disparaît définitivement la monarchie, tombe sur le passage du Soleil et de Mercure sur cette opposition.

Jupiter se mêle aussi de la partie. Comme avec le départ de Napoléon, il venait de former une nouvelle triangulation entièrement dissonante, en passant au sesqui-carré de Saturne et au semi-carré d’Uranus. Mais aussi et surtout, ce Jupiter arrivait à la conjonction de Neptune, que traversait la Lune ce 2 août avec l’abdication de Charles X. Ouverture « à gauche » d’une nouvelle page d’histoire, à approche démocratique.

Cette évolution générale étant bien clairement dégagée, entrons donc à l’intérieur de la configuration inaugurale de la Restauration.

Nul doute que celle-ci devait avoir du fil à retordre. Un semi-carré Soleil-Mars, lâche mais que ses aspects encadrent, est la pièce maîtresse d’une dissonance générale qui charge agressivement le carré Jupiter-Uranus, par aspects majeurs de Mars et mineurs du Soleil. Deux moments historiques en témoignent particulièrement. Saturne passera à 20° du Bélier en décembre 1821, transitant le Soleil, lorsque la droite dangereuse l’emporte avec l’arrivée au pouvoir du comte de Villèle, lequel a d’ailleurs son propre Soleil à 24° du Bélier. Et lorsque, Louis XVIII décédé, l’excessif Charles X prend la suite, le 16 septembre 1824, Saturne passant alors à 7° des Gémeaux, venant de transiter Mars.

Revenons à la configuration de base : le sextil Saturne-Uranus ;  le premier est avantagé du quinconce apaisant de Jupiter et le second affligé du carré de celui-ci. Ce duo polarise le jeu des deux puissances qui s’affrontent : d’une part, un pouvoir qui se veut modéré, qui entend faire respecter – concession à la société nouvelle (Jupiter-Vierge) – les principes d’une Charte constitutionnelle fondant les valeurs de l’autorité royale et les acquis de la Révolution française et de l’Empire ; et, d’autre part, la pression autoritariste des ultra-royalistes, coiffés par le comte d’Artois, frère et successeur du roi.

Ce sont ces derniers qui donnent le ton en dominant dans une Chambre, jugée « introuvable » par le roi, et qu’exaspère le drame des « Cent Jours » avec l’appel à la vengeance au lendemain de Waterloo : ce sera l’épisode de la « Terreur blanche » dont seront notamment victimes seize généraux exécutés : Ney, Labédoyère, Mouton-Duvernet…

La fièvre tombée, Louis XVIII dissout la Chambre des ultras le 5 septembre 1816. La nouvelle assemblée va accompagner la politique modérée du roi, disposé à appliquer loyalement la Charte, et que soutient un parti constitutionnel avec le duc de Richelieu, Molé, Royer-Collard, Decazes, Guizot …

Mais, penchons-nous un instant sur le thème du roi LOUIS XVIII (Versailles, 17 novembre 1755, 3 h, Gazette de France).

En tant qu’il est le frère cadet de Louis XVI, le trône de France n’était pas pour lui une destination obligée, comme devant aller de soi. Il a fallu le double deuil de cet aîné et de son fils pour qu’il en ait opportunément hérité . Ce pouvoir en héritage émane d’ une Lune maîtresse du MC logée en exaltation en VIII, que renforce la présence à l’AS du second maître du MC (par exaltation), en l’occurrence Jupiter, les deux astres se joignant par aspect pour se dresser au MC. Au surplus, maîtresse de la Lune, ainsi que de l’AS et de Jupiter, Vénus est conjointe au Soleil. Il se savait appelé au trône.

Quant à dire que tout va bien se passer… Son destin n’est assurément pas drôle avec une opposition de Mars en X à Saturne en IV. Au décès de l’héritier du trône, Louis XVII, le 8 juin 1795, le voici roi, mais sans trône. Avec le négatif  Mercure rétrograde et en exil, en Sagittaire, conjoint à Pluton en III, pendant vingt-trois ans, il est un roi en exil, errant sur les routes d’Europe, allant d’une destination à une autre, plus en vagabond qu’en personnage royal et dans une précarité pénible. Mais soutenu par son puissant Jupiter, il garde la foi profonde qu’il régnera un jour. Et devenu roi, son pays vaincu est occupé par des armées étrangères (Mars du Cancer en X).

Cet homme, quant à lui, tranche sur la flamme de Bonaparte et le vol d’aigle de Napoléon. C’est un « humide » jovi-luni-vénusien, encore amolli par la convergence des deux premiers astres sur le MC du Cancer et sur Neptune. Les caricaturistes ont rendu légendaire ce petit bonhomme obèse  qui finit cloué sur son fauteuil de podagre. Mais cet humide, par ailleurs intelligent (sextil de l’AS-Jupiter à Mercure en III), est  souple,  liant,  large,  accommodant, outre qu’il est aussi humain, sensible, affectif.

Jupiter en Balance à l’AS convient à ce roi plein de bonhomie, ouvert, conciliant, libéral, tenant le juste milieu entre les ultras et le peuple, faisant de son mieux afin que la Restauration soit une œuvre d’apaisement, assurant la transition entre la monarchie absolue et la monarchie constitutionnelle. Avant tout, pour régner sur la France, il fallait la prendre telle qu’elle était, en se faisant respecter des uns et des autres. Tâche assurément la plus difficile, avec cet état intérieur de mollesse. Sa vulnérabilité. Cette faiblesse s’observera avec son égérie, Madame du Cayla, habile à lui faire désirer ce qu’elle voulait, le poussant doucement vers l’absolutisme. Outre son penchant pour un favori. Ainsi l’a-t-on observé avec le jeune duc Elie Decazes, qu’il fait accéder au pouvoir. Un jour que celui-ci sollicita sa grâce pour sauver un ami qui le méritait, le roi lui avait ouvert les bras en s’écriant : « Vous êtes un brave garçon ! Embrassez-moi ! ». Decazes devint plus que son ami, son fils (le roi n’avait pas été père). Il travaillait avec lui chaque matin, le tenant au courant des histoires du jour. Peu à peu, le roi prit l’habitude de le tutoyer, et, au Conseil des ministres, ne pouvant lui parler de seul à seul, il lui faisait tenir des billets affectueux. C’était un échange quotidien de petits soins, d’adulations qui illuminait quelque peu l’existence du vieux monarque, et que Decazes agrémentait de démonstrations d’attachement. Tel était ce roi de conjonction Soleil-Vénus, si personnellement sympathique.

Au cours de son règne, Louis XVIII eut recours à trois «Ministres d’Etat».

Ce fut d’abord le duc Armand de RICHELIEU, né à Paris le 25 septembre 1766. L’ heure ne figure pas sur l’acte de naissance (Web. Généalogie FREE : les dynasties célèbres), mais la convergence d’un ensemble d’indices permet de la reconstituer, encore que la version de thème proposée ici n’en soit pas moins spéculative.

Cette conviction repose sur un amas planétaire en IX, une conjonction luni-saturnienne en VII et Uranus du Bélier en IV. Cette dernière position va particulièrement à un noble magnifiquement installé dans son pays et qui, sans nécessité, émigre en 1790, s’installe à l’étranger pour y prospérer. Rien en cela des émigrés par sécurité, rentrés dans « les fourgons de l’étranger », n’ayant rien appris ni rien oublié. D’autant qu’après le service rendu à la France, il y retournera. Tout autant que la seconde s’accorde on ne peut mieux à un mariage de famille par procuration à seize ans avec une naine difforme qu’il fuit et relègue à la campagne, outre qu’il reste à l’écart du monde féminin, vivant plus ou moins célibataire. Et surtout, la IX mérite la présence de l’amas planétaire de la Vierge, d’autant qu’avec un AS en Sagittaire, Jupiter s’y signale. C’est que ce noble parcourt l’Europe, s’y fait plein de relations, et se fixe en Russie où sa réussite supérieure lui vaut même les honneurs du tsar Alexandre 1er.. Il finira ainsi par devenir une grande figure de la diplomatie européenne.

On en arrive à une présence du Soleil près du MC, ce duo se superposant au duo AS-Jupiter de Louis XVIII. C’est à lui que le roi fait appel le 25 septembre 1815 (Jupiter repasse sur ces positions communes de la Balance) pour engager des négociations avec nos adversaires. Plus d’un million de soldats étrangers campent dans soixante départements et à Paris, bâfrant, buvant, pillant et saccageant. Or, ayant l’oreille d’Alexandre, c’est lui qui va devenir le libérateur du territoire, en signant une convention d’évacuation le 9 octobre 1818, les troupes étrangères déguerpissant, la France étant ensuite intégrée, le 4 novembre 1818, au concours des puissances alliées. Et l’homme, quant à lui, peut justifier une culmination solaire par son élégance apollinienne, sa distinction, sa tenue ; tout en étant – double note saturnienne et virginienne – un être simple, vivant sobrement et d’une façon désintéressée.

Elie DECAZES  est né à Saint-Martin de Laye/Libourne, en Gironde, le 28 septembre 1780. L’heure fait défaut à l’acte natal, mais avec lui aussi, une chance s’offre de reconstituer son thème. Voici un homme, simple avocat au départ, qui fait une fulgurante carrière (Ministre d’Etat à 38 ans !) grâce à la seule faveur de Louis XVIII et il devra toute son influence à une affection exceptionnelle du roi qui en arrive à le tutoyer, à le traiter comme son fils, le comblant de cadeaux, finissant par le faire duc et pair de France !  Il faut bougrement avoir un singulier pouvoir de l’amitié, dont seule peu répondre une présente soutenue du Soleil ou de Jupiter en XI. Avec l’AS en Sagittaire, Jupiter du Scorpion pointe en XI, assisté au surplus d’ une quadruple culmination, dont celle des luminaires. Nous avons vu le duo MC-Soleil de Richelieu se « brancher » sur le duo AS-Jupiter du roi ; ici, la même connexion s’élargit à la Lune et Neptune (outre une superposition Mercure/AS). On peut comprendre à quel point le souverain ait pu être sous le charme de son agréable séducteur (Balance). Ils étaient un vrai couple dont la formule (Balance) du ministre était : Il faut royaliser la nation en nationalisant la royauté. Louis XVIII dût se séparer de son cher Decazes (l’assassinat du duc de Berry, le 14 février 1820, fit rebondir la cause des ultras), en se plaignant auprès de lui de subir une telle contrainte. Le roi s’en consolera en se laissant bercer (et berner) par la voix de Mme du Cayla, complice des ultras. N’empêche : le roi et son ministre s’entendirent fort bien à la pratique d’une politique modérée du « juste milieu » (Balance).

 

Avec le troisième Ministre d’Etat, le comte Joseph de VILLELE, on peut aussi espérer remonter à son heure natale, absente sur la pièce officielle qui le déclare né le 14 avril 1773 à Toulouse ( voir acte dans le « Villèle » de Jean Fourcassié, Arthène Fayard, 1954 ). Et avec lui, c’est essentiellement le personnage bien particulier qui le dévoile. Villèle a Saturne en Vierge : nul doute qu’il soit angulaire. Et, de préférence, à l’AS : non seulement il est typiquement saturnien physiquement, mais cela va avec un mariage fortuné (Jupiter en VII) et le grand financier qu’il est (Soleil en VIII).

Les mots par lesquels on le définit sont : petit, chétif, humble, timide, modeste, ne payant pas de mine, ni tenté par l’argent, ni séduit par les femmes. On connaît dans les plus menus détails ses comptes durant toute sa vie : bilan de ses recettes et dépenses à un centième près. Petit train de vie, épargne, prudence, scrupules. Pas un sou ne vient de la spéculation. Ministre sans portefeuille dans le ministère Richelieu, il refuse son traitement, ses fonctions ne l’entraînant à aucune représentation et c’est sur ses fonds qu’il paie l’habit de ministre. Il épluche le budget des dépenses attentivement et résiste à toutes les pressions d’augmentation, rabrouant même Mme du Cayla. Il vaut de lire ce portrait qu’en fait Lamartine : « Petit de taille, étroit de forme, maigre de corps, courbe et vacillant d’attitude, inaperçu au premier aspect dans les foules, s’insinuant plutôt que se posant aux tribunes, c’était une de ces figures qu’on ne regarde pas avant de savoir qu’elles ont un nom. (…). Tout, jusqu’au timbre nasal et guttural  de la voix, semblait  contrarier en lui la puissance oratoire nécessaire à un premier ministre de gouvernement, mais l’intelligence se révélait en lui sans autre organe qu’elle-même. Sa pensée créait sa physionomie, sa conviction illuminait son geste, sa lucidité intérieure s’insinuait entre toutes les parties de son discours et contraignait les auditeurs à suivre malgré eux un esprit qui voyait si juste, qui marchait si droit, et qui, sans éblouir jamais, éclairait toujours. On s’étonnait de tant de lueur dans une nature en apparence si terne. » Ce qui est reconnaître la force cérébrale de ce saturnien mercurisé, dans sa droiture intellectuelle et morale, son désintéressement et sa capacité de travail, son obstination à poursuivre ses desseins de grand administrateur. Venu derrière Decazes, son conservatisme servit malheureusement la cause des ultras, car il finit par se laisser imposer nombre de mesures qui desservirent sa réputation.

 

LE  REGNE  DE  CHARLES  X


Versailles, 9 octobre 1757, 19 h ; Gazette de France

Louis XVIII aura  régné presque un cycle jupitérien, l’astre étant à 5° du Lion lorsque son frère Charles X reprend le flambeau à sa mort, le 16 septembre 1824 (le couple Uranus-Neptune passant sur son FC).

Alignons d’abord les ressemblances : Louis XVI a Saturne et Pluton en IV ; son fils Louis XVII, Mars, Saturne et Pluton en IV ; Louis XVIII, Saturne en IV opposé à Mars en X ; et Charles X, Saturne en X opposé à Neptune en IV. Voilà bien là une constellation de tragédie familiale, historique, qui, avant d’aboutir à une exécution capitale sur la place publique, commence pour tous par un double orphelinat de père et de mère, Louis XVIII s’en tirant de son mieux avec son duo Jupiter-Vénus. Et si son Mars du Cancer (« chute ») qui est en X peut symboliser l’héritage d’un pays occupé par des armées ennemies, le Saturne en X de son cadet est en « trône » et soutenu par un trigone solaire : il peut donc recevoir la couronne en succédant à son tour à son frère. Mais avec les trois dissonances de cet astre culminant, cela donne un prince qui passe le gros de sa vie à caracoler impatiemment à la quête de ce trône, qu’il n’aura finalement qu’à soixante-sept  ans (six années seulement et avant de mourir six ans plus tard), et – tel un but lointainement atteint dans l’épuisement –  dont le sceptre entre ses mains n’est plus qu’accablement.

C’est que l’homme est habité par le dualisme prononcé de deux composantes antinomiques. En effet, une « jouisseuse » conjonction Vénus-Jupiter en Scorpion, qu’amplifie le Soleil en Balance et qu’altère un carré de Neptune, chargée également d’un Mars du Cancer angulaire, est au carré de ce Saturne en signe saturnien et en X. Sa vie se découpe en deux tranches très contrastées.

Il y a d’abord le comte d’Artois qui, longtemps, s’adonne à une dissipation frivole. C’est un prince libertin, coureur d’aventures et menant une vie licencieuse. Ses amours avec une danseuse puis une courtisane nourrissent la chronique. Bref, pour son rang, c’est un dévoyé, ce qui est pour lui une manière de vivre une condition d’infériorité de secteur VI où se trouve la conjonction. S’il en jouit, il s’y sent diminué. Outre qu’avec son Mars familial du Cancer en III, ses rapports d’agressivité avec ses frères n’ont pas cessé de faire désordre.

Et puis, comme si tout avait basculé, le secteur X l’emportant, devenu roi, Saturne fait régner en lui la loi du refoulement : de libertin, notre homme devient dévot, rendu à une besogneuse pratique religieuse, d’une dévotion toute bigote, nouvelle médiocrité du secteur VI. En même temps qu’il se moule dans le carcan d’un souverain raide, guindé, compassé, son sacre à l’ancienne tournant le dos à la marche de l’histoire. Il ira jusqu’à s’enfermer dans un auguste aveuglement, finalement fatal.

L’ordre naturel, pour lui, c’est l’Ancien régime de la monarchie absolue. La Charte constitutionnelle acceptée par son prédécesseur devient une concession criminelle, au point d’en arriver à déclarer « préférer scier du bois plutôt que de régner à la façon du roi d’Angleterre ». Et en prétendant que « la première reculade de mon malheureux frère Louis XVI a tout perdu ». Mais cette raideur saturnienne est aussi le rhumatisme d’une inhibition qui  immobilise le pouvoir et annihile sa volonté personnelle, la messe et la chasse finissant par l’accaparer complètement.

Cela devait finir par les ordonnances de Saint-Cloud entraînant l’insurrection parisienne de juillet 1830, le chef d’œuvre négatif de sa culmination saturnienne étant son abdication du 2 août : sur son opposition Saturne-Neptune venait alors se superposer l’opposition Uranus-Saturne caractéristique de la fin de cette Restauration.

A la suite d’une prolongation du ministère de Villèle, poussé à un extrémisme jusqu’à une dissolution de la Chambre qui fait rebondir la cause de l’opposition, Charles X ne met à l’épreuve que deux Premiers ministres.

Sous la pression de l’adversaire, il fait d’abord appel au comte Jean-Baptiste de MARTIGNAC (Bordeaux, 20 juin 1778, heure non mentionnée et peu facile à découvrir), de toute façon au pouvoir seulement de janvier 1828 à avril 1829. On ne peut retenir avec lui qu’une quadruple conjonction en Gémeaux, dont un Soleil au carré de Neptune. Cet avocat bordelais, de droite modérée, se sent à l’étroit entre le roi et la chambre, ne pouvant guère faire qu’une politique équivoque : concilier les frères ennemis qui s’affrontent (Mars en Gémeaux). En cette vaine tentative se résume son court passage au pouvoir.

Son successeur, aux Tuileries le 6 août 1828, dont le  ministère s’ ouvre aussitôt sur une crise dont la fin allait être la révolution de 1830, est le prince Jules de POLIGNAC. Il naît au château de Versailles (sa mère Yolande est la dame de compagnie et grande amie de la reine Marie-Antoinette) le 14 mai 1780. Pas d’heure mentionnée, mais le croisement d’une forte dissonance et d’une tragédie est une aubaine donnant une chance de  la retrouver.

En effet, redoutable est le Mars des Gémeaux (encore les frères ennemis) opposé à Saturne et conjoint à Uranus, et il serait étonnant que cet alignement – le tumulte d’une chute ou le fracas d’une grande cassure – ne soit pas proche du méridien, compte-tenu du double désastre pour le trône et sa vie propre. La version horaire proposée condense tout à la fois le petit enfant qui grandit proche du comte d’Artois, le prince le plus familier du salon de sa mère, que plus tard il accompagnera en émigré en Angleterre (Soleil au MC), l’adolescent orphelin d’une mère aimée en 1793 (Saturne en IV), et l’homme politique qui compose un vrai ministère de combat (Mars en X), aussitôt en conflit avec la Chambre qu’il va dissoudre. Outre  la conquête militaire de l’Algérie.

Pour revenir au Soleil culminant, porteur d’une forte identification, l’attachement de Polignac au prince devenu roi est absolu. Son admiration et son dévouement sont sans borne, jusqu’à l’idolâtrie : « Le roi a commandé et j’ai obéi. » « Il est heureux de souffrir pour son roi. » … Ce qui se double d’une intransigeance légitimiste idéalisée qui le campe en croisé – style Saturne-Soleil, avec la fixité statique de la nature entière du Taureau -  au service total de la royauté et des Congrégations religieuses.

Mais c’est une bombe explosive qu’illustre cette conjonction Mars-Uranus en X ! Elle allait éclater avec les ordonnances du 25 juillet 1830, en violation flagrante de la Charte, soulevant aussitôt le peuple de Paris. Or, non seulement l’abdication de Charles X à Rambouillet le 2 août consacrait l’enterrement de la dynastie des Bourbons, mais aussi, le prince de Polignac, battu politiquement à plate couture, allait revivre son Mars en X dans un procès où il sera condamné à la prison perpétuelle et à la mort civile. Enfermé au fort du Ham, il sera gracié en 1836. Il devait mourir le 30 mars 1847.

Quant à Charles X, la visite que Chateaubriand lui avait faite trois ans avant sa disparition l’avait effrayé par l’air (saturno-neptunien) de vétusté, de muséum et d’antiquailles qui caractérisait en exil cette royauté tombée. Il devait mourir du choléra à Görz le 6 novembre 1836 (carré Saturne-Neptune superposé à son carré Mercure-MC).

 

LE MONDE SOUS LA RESTAURATION

 

Enfants royaux :

Louis XVIII n’eut pas d’enfant pour lui succéder. Charles X, avec une fille morte dans l’enfance, eut deux fils.

Louis-Antoine DUC D’ANGOULEME, né à Versailles le 6 août 1775 à 15 h 45 mn (Almanach Mathieu Laensberg, 1777, & La Science astrale, novembre 1906, rapportant la chronique du temps). Double signature de la Lune à l’AS et de Saturne au MC : être simple, modeste, effacé, qui râle à peine en consentant à ce que, le 2 août 1830 à Rambouillet, son père Charles X abdique la couronne en l’effaçant purement et simplement de la succession, n’ayant pas de descendance, en faveur de son petit fils, le duc de Bordeaux, futur comte de Chambord. Il avait épousé la fille de Louis XVI et Marie Antoinette, rescapée de la tragédie familiale, « Madame Royale », née à Versailles le 19 décembre 1778 à 11 h 35 mn, chronique du temps rapportée par les biographes.

Charles-Ferdinand DUC DE BERRI, né à Versailles le 24 janvier 1778, à 11 h 15 mn (Science astrale, novembre 1906). Au coucher de Saturne en Scorpion, maître d’une conjonction Soleil-Pluton en X. C’est sa mort que l’on retient, ayant été assassiné par l’anarchiste Louvel (voir « Les régicides »), en sortant de l’Opéra le 13 février 1820. Motif du crime : en le supprimant, l’assassin avait voulu éteindre la dynastie, la conjonction Soleil-Pluton en X ne pouvant être mieux mise en cause. Lui-même était un ultra tueur : « On va faire la chasse aux maréchaux (de l’Empire). Il faut en tuer huit ! », avait-il dit pendant la terreur blanche. L’anarchiste ignorait que la femme de la victime était enceinte du futur comte de Chambord.

La veuve-mère, Marie-Caroline DUCHESSE DE BERRI est née à Caserte, Italie, le 5 novembre 1798 à 21 h (Gazeta de Madrid, Oliver Spranger) Ce que révèle son thème, avec sa conjonction centrale Soleil-Mercure-Neptune (maître du MC) du Scorpion en V, outre une Lune maîtresse d’AS en IV, c’est l’importance de la venue au monde du fruit de ses entrailles, « l’enfant du miracle » héritier de la couronne de France. Il lui fallait des témoins visuels pour qu’on ne conteste pas cette naissance et elle convoqua tout son monde dans sa chambre d’accouchée : « Je veux qu’on voie mon fils tenant de moi », dévoilant ainsi sa nudité devant chaque personne. « Monsieur le maréchal – dit-elle à Suchet – vous voyez que l’enfant tient encore à moi ! », le témoignage de cette naissance royale n’ayant pu être mieux acquis. Et sa vie se passera entièrement à vouloir, en vain, hisser son fils sur le trône, allant jusqu’à allumer une guerre civile à la Monarchie de Juillet. Anecdote pittoresque du personnage : avec sa conjonction Soleil-Neptune en V, elle est aussi la première baigneuse qui inaugure la mode des bains de mer. Avant elle, ceux-ci n’étaient ordonnés qu’aux hydropiques et aux enragés que l’on immergeait au bout d’une corde. Le 12 août 1824, dans un accoutrement qui fait aujourd’hui sourire, la duchesse avance sur les galets de la plage de Dieppe et entre pour la première fois dans la mer, suivie par toute sa compagnie. Ainsi allait-on prendre des bains de mer …

L’ « enfant du miracle », qui allait devenir le COMTE DE CHAMBORD est né à Paris, au pavillon de Marsan,  le vendredi 29 septembre 1820 à 2 h 30mn du matin, e.c. Il allait être héritier du trône sous le nom de Henri V le 2 août 1830, Charles X ayant abdiqué en sa faveur, à la place de son propre fils, le duc d’Angoulême, parce que sans descendance. C’est comme si la Fortune était venue à lui, ce que ne peut mieux rendre compte la réception à l’AS de Vénus du Lion maîtresse du MC et du Soleil. Mais cette chance, l’homme la refuse, comme s’il était habité par une négation profonde. Son Soleil (maître d’AS) est ultra-dissoné : en chute, à la fois en opposition de Saturne et de Pluton en VIII,  au carré de la Lune et  de Neptune (une croix où participent également Mercure et Uranus !) et au semi-carré de Vénus elle-même. Il fut sollicité à plusieurs reprises de monter sur le trône, mais son intransigeance s’y opposait. Partisan de la monarchie traditionnelle : le trône et l’autel, le lis d’or et le droit divin, c’est pour avoir refusé le drapeau tricolore – il entendait imposer le drapeau blanc « reçu comme un dépôt sacré » - qu’il laissa Thiers le monarchiste installer la IIIe République : « On ne peut plus nier que le fondateur de la République est M. le comte de Chambord » (Adolphe Thiers). Un prétendant au trône royal rejeté par son propre Soleil, tel fut son cas. N’ayant pas eu d’enfant (Ve secteur très dissoné), la branche aînée des Bourbons devait s’éteindre avec son propre décès, survenu le 24 août 1883. J’ai donné une interprétation de son thème au n° 106, 1994, de l’astrologue.

 

Egérie royale

Madame DU CAYLA , née à Boullay-Thierry (Nogent-le-Roi) le 25 août 1785 (enquête de Léon Deutsch dans Histoire pour Tous, n° 154). La caractéristique d’une conjonction Vénus-Uranus à 17-19° du Cancer sur le Mars à 18° du même signe de Louis XVIII, en plus leurs Lunes étant superposées en Taureau. Sur le tard, le roi s’est attaché la compagnie  amoureuse de cette femme, devenue son égérie, adoucissant ses vieux jours, peut-être jusqu’à des jeux libertins. Il est vrai que cette conjonction vénusienne est aussi entachée d’un carré de Neptune trompeur, les sentiments n’étant pas seuls en cause. Cette tricheuse  éhontée avait été choisie dans le milieu du prince de Condé pour faire virevolter le débonnaire Louis XVIII, étant devenue un instrument dans les mains des ultras, jusqu’à être intervenue elle-même dans les affaires de l’Etat..

 

Les ultra-royalistes.

Trois doctrinaires : Joseph de MAISTRE (Chambéry, 1er avril 1753) ; Louis de BONALD (château de Monna près de Millau, 2 octobre 1754) et, ultérieurement, Louis VEUILLOT (Boynes, Loiret, 11 octobre 1813, 16 h, e.c. Choisnard). Ils ont en commun un Saturne du Capricorne (en X chez ce dernier), position ultra-saturnienne  puriste recevant ensemble un carré du Soleil ; comme portant en eux le sommet de pyramide d’une tradition figée, en rupture avec le cours de l’histoire.  Ce sont les piliers doctrinaux de la position contre-révolutionnaire. Pour de Maistre dont le Soleil est perpendiculaire à une opposition Jupiter-Saturne, la Révolution française, cette rupture, est l’envers diabolique du respect dû par le chrétien au mystère de la Création, une chute de la France dans le mal ; ainsi ressent-il son Soleil abîmé. Avec sa conjonction Soleil-Mars en Balance, la débilité de cette position fait vivre à de Bonald, ministre d’Etat de Louis XVIII, la pensée contre-révolutionnaire comme un rejet de l’individualisme de 1789 : l’homme n’a d’existence que par la société et la société que par Dieu ; d’où la nécessaire soumission de l’homme-individu au monarque, médiateur de Dieu dans l’alliance du trône et de l’autel, les droits de l’homme devant se plier face au sacré ; il sera le conseiller du parti ultra sous la Restauration. Le Saturne en X de Veuillot, carré au Soleil en Balance, charge sa chute solaire : c’est l’ homme qui s’incline fanatiquement devant le pouvoir temporel du pape, ne comptant pour lui que les Droits de Dieu. Ainsi se réclame-t-il d’une théocratie médiévale : « Jésus-Christ est le roi du monde, il parle au monde par son Prêtre et les décrets de ce Prêtre … ».

 

Les politiques (derrière le comte d’Artois, puis Charles X) :

François Régis de LA BOURDONNAIS (château de …à Drain, M.-et-L., 19 mars 1767). Un triangle dissonant Jupiter-Saturne-Uranus que charge une Lune du Scorpion en opposition de Mars : chef forcené du parti ultra-royaliste, responsable des pires horreurs de 1815, en première loge aux exactions de la Terreur blanche.

François René de  CHATEAUBRIAND  (Saint-Malo, 4 septembre 1768, 0 h 30 mn selon les archives familiales, Christophe de Cène). Naturellement, c’est l’homme de lettres d’une triple conjonction solaire en III que retient l’histoire, mais sa carrière  politique a compté. Sous le signe de son conservateur Saturne du Cancer à l’AS que tend une opposition plutonienne : carrière de fidélité à la monarchie légitime, très engagée dans le parti des ultras, ce ministre de Louis XVIII aux déclarations outrancières  ayant poussé en 1821 à la guerre  en Espagne pour briser la révolte libérale des Cortès contre l’absolutisme de Ferdinand VII. Il se verra rejeté par les ultras, disgrâce qui lui permettra de passer dans l’opposition sans conviction et dans l’équivoque, allant se compromettre dans l’agitation légitimiste romanesque de la duchesse de Berry. C’est hors de la politique qu’il vivra sa grandeur dans la dimension prophétique de sa conjonction Soleil-Neptune. Ici, l’on reconnaît notamment le « fils de la mer » (Thibaudet) (avec lui, la mer entre dans la littérature) et le chantre du Génie du Christianisme, une fois dissipées les brumes et vapeurs neptuniennes  du  jeune  René saturnien, victime romantique tentée par le suicide, sous la «coupable mélancolie qui s’engendre au milieu des passions lorsque les passions sans objet se consument d’elles-mêmes dans un cœur solitaire. » 

 

Les opposants.

Un drapeau : le marquis de LA FAYETTE (château de Chavagnac, Hte-Loire, 6 septembre 1757, biographies). Ce « héros des deux mondes » est l’homme d’une opposition Soleil/Uranus-Poissons, triangulée harmoniquement par Jupiter du Scorpion, qui lui fit vivre une grande aventure. Malgré l’interdiction du roi, grâce à sa fortune, il achète un navire et s’embarque en avril 1777 pour rejoindre les « insurgens » de l’autre continent. Sa gloire lui vient d’avoir traversé l’Atlantique et combattu pour l’indépendance américaine (Uranus-Poissons), qui le couvre d’une popularité étonnante , tel une vedette, ce que devrait lui valoir une angularité de sa Lune des Gémeaux, sinon de Neptune. Mais avec cette épopée, il est une légende plus qu’une réalité, sinon un simple figurant. Il jouera de sa modeste présence personnelle (Soleil-Vierge) à la Révolution de 1830, et on le verra embrasser  Louis-Philippe  au balcon de l’Hôtel de ville, sous les plis du drapeau tricolore, consacrant le règne nouveau.

Un maître à penser du libéralisme : Benjamin CONSTANT (Lausanne, 25 octobre 1767, biog.). Homme également d’une opposition Soleil-Uranus, mais ramifiée harmoniquement à un sextil Saturne-Neptune. Théoricien et tacticien de la doctrine libérale, il contribue directement à la fondation de la Charte de la Restauration et devient l’un des chefs les plus écoutés du parti libéral face aux ultras. C’est autour de ses publications : Le Mercure et La Minerve, que se réunissent les libéraux, dont il est le foyer avec son attractive triple conjonction Soleil-Mercure-Vénus. Le « mal du siècle » de son Adolphe tient, lui,  de l’ opposition Saturne-Pluton de ce Scorpion tourmenté, pseudo-suicidaire à répétition quant il entre en mal d’amour. 

 

Constitutionnel :

Pierre Paul ROYER-COLLARD (Sompuis, 51, 21 juin 1763, dict.). Conjonction Soleil-Mars à l’opposition de Pluton, au sextil de Saturne et Neptune. Il est un des fondateurs du régime constitutionnel. A la Chambre des députés depuis 1816, il combat les idées des ultras. Et, président de cette Chambre, en 1830 il donne le branle à l’assemblée pour s’opposer aux mesures du roi : « Il faut frapper fort et vite ! », à cet appel, celle-ci se dressant contre le monarque. Bref, malgré les formes, il contribue le plus à renverser le trône avec l’impact de sa configuration solaire. Et avec son Jupiter en Gémeaux, il laisse le souvenir d’une lutte constante pour évincer l’Eglise et ses congrégations de l’éducation, afin d’imposer l’instruction publique de l’instituteur enseignant librement le savoir au peuple. Une position qui va se répéter avec Guizot et qui signera la IIIe République.

 

Réformateurs :

Cas particulier : Paul-Louis COURIER, né à Paris, rue du Mail le 4 janvier 1772 (acte dans »Les Aventures d’un écricain » de Robert Gaschet, Payot, 1928) sous le grand triangle Uranus-Neptune-Pluton, le Soleil s’unissant à ce dernier, comme la Lune à Mars dans le même signe. Un caractère détestable, à la verve impitoyable. Pour cet érudit helléniste, qui est contre tous les pouvoirs, l’ennemi solaire est surtout l’Eglise, objet de pamphlets où la pureté capricornienne du langage s’allie à la virulence de la pensée. Tandis que sa conjonction Mercure-Vénus-Jupiter du Verseau se consacre à la défense des paysans miséreux soumis aux abus féodaux.

Le comte Claude-Henri de SAINT-SIMON (Paris, 17 octobre 1760). Sur son axe central, corde tendue d’une opposition Jupiter-Verseau/Neptune-Lion, s’arc-boute le parallèle d’un sextil de conjonction Soleil-Mercure à Pluton, avec trigone Neptune-Pluton et  entrée d’Uranus en Bélier. Géométrie convenant à ce visionnaire confectionnant une société nouvelle. Ce grand seigneur qui s’est battu dans la guerre d’indépendance américaine (Mars-Sagittaire) et s’est rallié à la Révolution française, élabore l’utopie d’une société des lumières, la pensée saint-simonienne unissant le progrès de la science à un chant humanitaire en un prolongement du savoir et de la foi : ensemble d’aspects harmoniques reliant son Jupiter du Verseau à Neptune du Lion.

Charles FOURIER (Besançon, 7 avril  1772, « né et baptisé le même jour »). Il est de la génération du grand triangle Uranus-Neptune-Pluton, avec, lui aussi, Jupiter en Verseau,  qui se triangule à une conjonction Soleil-Mercure du Bélier et à Vénus-Uranus du Taureau. Avec lui se dresse l’utopie grandiose d’un ordre social magnifiant l’individu, où toutes les passions humaines trouvent leur place légitime, leur satisfaction absolue devant tourner au bien général. Son rêve est la transformation du monde par la liberté individuelle pour la satisfaction intégrale de la personne. Sa panacée : le phalanstère (1822). La Phalange répand les doctrines fouriéristes dans le monde, ses expériences s’étant toutefois soldées par des échecs (Jupiter-Verseau en  opposition de  Saturne en Lion). Etant né en première partie de journée, on peut croire que sa naissance soit située au lever du Soleil-Bélier, Mars des Poissons étant la base du cerf-volant le reliant au grand trigone Uranus-Neptune-Pluton, sinon au lever de la conjonction Vénus-Uranus du Taureau. Au choix …

Derrière eux vient Etienne CABET (Dijon, 2 janvier 1788,  « baptisé le même jour » à la paroisse Saint-Michel (e.c.), lequel, sous les ailes d’un grand triangle en signes d’Air de Jupiter-Gémeaux,  Saturne-Verseau et Neptune-Balance, que vient de transiter la Lune, propose son Voyage en Icarie (1840), l’épreuve vécue de sa colonie d’Icariens aux Etats-Unis – « Aime ton prochain comme toi-même » - brisant son rêve : la foi éprouvée de Neptune au carré d’une brutale conjontion Mars-Uranus en Cancer.

 

Economistes

Adam SMITH (Kirkcaldy, bapt. le 5 juin 1723 (Encyclopaedia Britannica). Bien que contemporain de Voltaire, l’ auteur de Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations (1776), premier grand traité du capitalisme libéral qui va devenir la bible des économistes, mérite ici sa place. Son thème présente un grand rectangle où règne un sextil d’Uranus à une conjonction Jupiter-Saturne, assise porteuse d’une configuration sociétale à succès dont il exprime la théorie, où se reconnaît sa nature Gémeaux. Il s’agit, en effet, du dogme individualiste du « libre-échange », le libre jeu du marché, l’économiste prêchant le « laisser faire » de la concurrence, en une toute confiance dans les mouvements spontanés du commerce, le libéralisme en ayant fait son profit. On ne s’étonne pas de voir l’économie mondiale relever essentiellement des cycles Jupiter-Uranus et Saturne-Uranus.

A l’époque se présente Jean-Baptiste SAY (Lyon, bapt. le 5 janvier 1767), économiste et industriel, influencé par ses théories, son économie politique intégrant le rôle de l’industrie et du machinisme dans une apologie de l’entrepreneur et du libéralisme : trigone Mercure-Uranus-Bélier sur fond de trigone Soleil-Capricorne/Jupiter-Vierge.

Les maréchaux nommés par le gouvernement de la Restauration (données recueillies aux dossiers  personnels des archives de Vincennes) :

Comte Henri-Jacques-Guillaume CLARKE : Laudrecies, 59, 17 octobre 1765 « onze heures du soir ». Homme de  belle épine dorsale d’un trigone de Jupiter du Lion en I à Uranus du Bélier en X, avec le face-à-face d’une opposition de cet Uranus au Soleil maître d’AS. Dualité majeure qui lui vaut de basculer radicalement de ministre de la guerre de l’Empire jusqu’en 1814 à ministre de la guerre de la Restauration en 1815, son maréchalat du 3 juillet 1816 étant la récompense d’une volte-face aussi spontanée. Homme plus administrateur que soldat, au point d’avoir été surnommé le « maréchal d’encre » (conjonction Mercure-Mars en III).  Particularité de ce rond-de-cuir militaire « qui n’avait jamais vu le feu » (O’Meara) ayant faire  rire Napoléon.

Marie-François-Louis de Franquetot, duc DE COIGNY : Paris, 28 mars 1737. Commençant par être écuyer de Louis XVI, cet homme de conjonction Lune-Mercure-Jupiter en Poissons a sans doute incarné une noble humanité qui lui vaut de finir gouverneur des Invalides où il meurt à quatre-vingt-quatre ans, après avoir reçu, à soixante-dix-neuf ans le 3 juillet 1816, le bâton de maréchal de France.

Marquis Charles-Joseph-Hyacinthe de Houx de VIOMENIL : Ruppes, 88, 22 août 1734, baptisé le même jour. A la même promotion du 3 juillet 1816 figure ce vieux monsieur de quatre-vingt-deux ans, qui disparaîtra huit mois plus tard, aux services militaires inexistants, honoré sans doute comme un noble léonien, voisin solaire de Louis XVI, au parcours sans faute de l’émigré qui s’est battu contre la France révolutionnaire dans l’armée de Condé.

Marquis Jacques-Alexis-Bernard Law de LAURISTON : Pondichéry, 1er février 1768. Voisinage de communes ambitieuses oppositions Jupiter-Uranus, ce co-disciple de Bonaparte à Brienne, devenu son aide de camp en 1800, embrasse le parcours entier des campagnes  européennes de l’Empire jusqu’à Leipzig (Mars-Sagittaire en triangle harmonique avec son opposition). Pendant les Cent-Jours, il se tient toutefois à l’écart du faux-pas de Napoléon. Ainsi, une proximité des Jupiter en Balance aidant, sera-t-il honoré par le nouveau roi : marquis, ministre de la maison royale et maréchal de France en 1823.

Comte Gabriel-Jean-Joseph MOLITOR : Dayaugel, 57, 7 mars 1770. Donnée non lisible sans son heure de naissance inconnue pour ce grand soldat qui se couvre de gloire sous l’Empire jusqu’à l’abdication de l’Empereur à Fontainebleau. Mais, ce qui ne surprend pas, avec son Soleil en Poissons opposé à Neptune en Vierge et au carré de Jupiter en Sagittaire, ce personnage de signes doubles, largement disponible pour l’un aussi bien que pour l’autre, sera un ami de tous les régimes, Louis XVIII le nommant maréchal de France le 9 octobre 1823, puis pair de France. Ce qui ne l’empêchera pas de se rallier, avec non moins d’aisance, au gouvernement de Louis-Philippe pour devenir gouverneur des Invalides.

Prince Louis-Aloyse de HOHENLOHE : Bastenstein, Wurtemberg, 18 août 1765, 8 heures du soir. Une belle conjonction léonienne Soleil-Mars sur le Soleil de Napoléon, son ennemi juré qu’il combat chez les émigrés et jusqu’à Leipzig. Sans doute est-ce la raison de la faveur accordée par la Restauration à ce prince allemand naturalisé qui recevra son bâton de maréchal le 8 mars 1827, avant de devenir pair de France : un MC du Sagittaire recevant le double trigone de la conjonction du Lion et d’Uranus du Bélier en I.

Marquis Nicolas-Joseph de MAISON : Epinay-sur-Seine, 93, 19 décembre 1771, baptisé le même jour. Sous le feu d’une conjonction Soleil-Mars en Sagittaire, qui pourrait se situer au lever, ce fils de paysan s’enflamme comme volontaire en 1792 à Jemmapes et Fleurus. Appelé ensuite à s’illustrer d’Austerlitz à la Bérésina. Voulant même se brûler la cervelle à une embuscade où sa division a été battue ! Il aura été aussi blessé grièvement à la bataille de Würtzburg où un cheval est tué sur lui, sans parler d’autres blessures dont il se sent décoré. « Comme vous avez été fidèle à l’Empereur, vous serez fidèle au roi de France » lui déclare Louis XVIII en le prenant à son service, jusqu’à son couronnement – un sommet  vu d’où il vient – de maréchal de France le 27 février 1829, après avoir été fait marquis. Il finira ambassadeur de France à Vienne puis à Saint-Pétersbourg sous Charles X et  ensuite Louis-Philippe.

Comte Louis-Auguste-Victor de Chaisne DE BOURMONT : château de Bourmont, 49, baptisé le 2 septembre 1773, « né la nuit dernière ». Il est difficile d’avoir une configuration plus expressive de la tortueuse carrière de traître de ce personnage à la sulfureuse réputation, que ce Soleil adossé à une conjonction Mercure-Saturne-Neptune de la Vierge et à l’opposition de la Lune en Poissons. Ce noble émigre d’abord dans les rangs de l’armée de Condé, puis rejoint l’insurrection des chouans en Vendée. Il se met ensuite au service de l’armée impériale pour, finalement, se couvrir de  honte en passant à l’ennemi le 15 juin 1815. Pis : en communiquant aux Alliés les renseignements qu’il avait sur l’offensive que préparait Napoléon, alertant la veille de la bataille l’armée prussienne que l’Empereur allait la surprendre dans ses cantonnements ! Après s’être rallié à celui-ci aux Cent-Jours, cet infâme abandonne son corps d’armée et se rend à Gand auprès de Louis XVIII : un bilan de Mars en Balance au carré de Pluton. On a considéré que sa désertion à Waterloo, qui a contribué à la défaite française, était une trahison qui valait bien une récompense du successeur au pouvoir. Charles X attendra toutefois le 14 juillet 1830 pour lui donner le titre de maréchal de France. Quelques semaines plus tard, son impopularité rendra ce fourbe impuissant à rétablir l’ordre quand éclatera la révolution, exaspérant la population en révolte au point de  le contraindre à laisser sa charge de ministre de la guerre à un successeur.

 

Les marins.

L’aventure maritime de cette époque en est encore au temps où, grâce aux progrès d’une jeune navigation à vapeur qui s’équipe, s’imposent des voyages d’études scientifiques autour du monde pour en faire pleinement la conquête : contrôles  géomagnétiques, hydrographie des côtes, ports et rivières, moissons en matière de botanique, d’entomologie, etc … La maîtrise de la mer par la marine moderne commence.

Louis Claude de Saulses de FREYCINET : Montélimar, 26, 8 août 1779. L’originalité d’ une conjonction Lune-Uranus en Gémeaux : en quittant Toulon le 17 septembre 1817, ce commandant de l’Uranie embarque clandestinement  (ce qui était interdit) sa femme déguisée en homme  pour son voyage scientifique autour du monde. Et, avec son Soleil au carré d’une conjonction Mars-Saturne en Scorpion, on ne s’étonne pas que son périple se soit mal terminé : en février 1820, aux Malouines, le navire heurte un rocher inconnu et s’échoue sur une plage pour ne pas couler, le bâtiment étant perdu.

Louis DUPERREY : Paris, 21 octobre 1786. L’intérêt particulier de son thème est que Neptune est en conjonction de Lune-Mercure-Soleil, et que, sur l’Uranie, ce marin se soit chargé des observations sur le magnétisme, si bien qu’il deviendra l’auteur de nombreux travaux sur ce sujet. Mais aussi, le Soleil et Mercure valorisent le couple luni-neptunien de la nature : commandant de la corvette La Coquille (1821-1825), il sera reçu à l’Académie des sciences : « Cette expédition est scientifiquement exemplaire » (Cuvier), en raison, notamment, de sa moisson de milliers d’espèces végétales. Le marin fera le récit de son voyage en sept volumes.

Baron Hyacinthe de BOUGAINVILLE : Brest, 29, 26 décembre 1781. Il est naturel, étant le fils du célèbre navigateur et sorti de Polytechnique, de reprendre l’aventure des mers avec une conjonction Mercure-Jupiter-Saturne en Sagittaire, à quoi s’ajoute le carré de ce dernier à Mars en Poissons : commandant la frégate Cérès en 1812, celle-ci sera capturée en 1814 et lui fait prisonnier. Avant de devenir contre-amiral (1838), il aura, à bord de La Thétis (44 canons, 320 marins) et de L’Espérance (1824-1826) fait un voyage autour du monde, mais – Sagittaire-Capricorne – à mission diplomatique et politique.

César DUMONT D’URVILLE : Condé-sur-Noireau, 14, 23 mai 1790. On peut croire à la réputation que s’est faite ce marin à conjonction Mars-Jupiter en Lion, à côté d’Uranus dans le signe et opposée à Pluton : arrogant, prétentieux, sûr de lui, avide de gloire … Avec son Soleil et Mercure en Gémeaux, on retient les vingt-deux volumes de son brillant Voyage de l’Astrolabe (1826-1829).

 

Cas divers.

Joseph Marie JACQUARD : Lyon, 69, 7 juillet 1752. L’enveloppe de nos vêtements prend sa source de substitution à la membrane placentaire du fœtus , ce qui dégage une certaine affinité cancérienne des objets couvrant le corps humain. Cela peut rejoindre le cas de ce cancérien qui a perfectionné le métier à tisser, « métier Jacquard » qui en a industrialisé la fabrication, son créateur ayant vu son œuvre consacrée à l’exposition de 1819.  Près du Soleil est une conjonction Mercure-Vénus à 2°-4° du Cancer, unie à l’amplificateur Jupiter à 29° des Gémeaux, trio que pousse à la modernisation et à la diffusion un trigone d’Uranus à 3° des Poissons.

François RICHARD-LENOIR : Epinay-sur-Odon, 14, 16 avril 1765. Cet aventurier à carrure de conjonction Soleil-Uranus du Bélier doit peut-être à son Jupiter du Cancer, trigone Lune-Poissons, la destination d’avoir fondé en France la manufacture du filage et du tissage du coton dans les deux premières décennies du XIXe siècle (Mémoires de l’auteur en 1837).

Pierre Jean de BERANGER : Paris, 19 août 1780, e.c. Il serait étonnant que cet homme devenu poète national, voix populaire de la chanson patriotique, n’ait pas sa Lune, maîtresse d’AS, à l’approche de la culmination, pendant que le troisième secteur reçoit Mercure en son signe, ainsi qu’une conjonction Soleil-Vénus du Lion, laquelle est juxtaposée au Soleil de Napoléon. Répertoire épicurien (Lisette, la Bacchante, la Gaudriole …), la chanson des humbles, l’anticléricalisme, l’hostilité des monarques, des Bourbons ainsi que des émigrés, et surtout, nous avons avec lui le barde inspiré de l’empereur, le chantre de l’épopée impériale, devenu le grand artisan de la légende napoléonienne.

Anthelme COLLET : Belley, 1, 10 avril 1785 (Histoire pour tous, n° 77 et Aux carrefours de l’Histoire, avril-mai 1960). Un roi de l’escroquerie. Du général de brigade à Turin au comte de Borromeo et officier de la Légion d’honneur à Montpellier, en passant par Tholozan le ruban rouge à la boutonnière à Rome, Monseigneur Pascalini à Nice et au comte de Gôle en Dordogne, qu’il soit militaire, religieux ou autre, se plaisant à se déguiser pour se faire passer pour ce qu’il n’est pas et duper son monde, partout il écume des fortunes, remplissant ses poches avec un appétit d’ogre. Ce qui vaudra à ce Vautrin la route du bagne à Brest en juillet 1821 jusqu’à sa mort dix-neuf ans plus tard. Sans domification, nous avons tout de même la toile de fond d’un aventurier Soleil du Bélier en opposition du mystificateur Neptune, dissonance chargée par l’ avidité rapace d’un Saturne (au côté de Pluton) recevant lui-même les dissonances du Soleil, de la Lune du Taureau et de Mercure du Bélier.

François VIDOCQ : Arras, 62, rue des Trois-Visages, 24 juillet 1775, vers 2 heures du matin (Au Calendrier de l’histoire, « La Voix du Nord », Tome IV). La trogne d’aventurier populaire d’un lever de Lune-Jupiter-Uranus en Gémeaux, préalablement chahuté par le carré à l’AS-Cancer d’une conjonction Mars-Saturne. Le « Vautrin d’Arras » commence comme garnement de quinze ans qui fait la terreur dans son quartier. Ce qui lui vaut les travaux forcés d’un bagnard à huit tentatives d’évasion de 1795 à 1809. Il en revient dans un basculement de sa vie si bien exprimé du noir au blanc par son opposition de Pluton au Soleil : de mauvais garçon, il passe dans le camp des gendarmes. L’ancien bagnard qui connaît son milieu offre ses services d’agent secret à la police, mettant autant de brio à sa nouvelle tâche qu’il avait préparé ses évasions. C’est ainsi que, ayant créé  son service policier, en 1811 il débarrasse Paris des voleurs et se fait une réputation de grand détective, finissant sa vie en bourgeois distingué. En 1829 allaient paraître ses Mémoires, témoignage en langue argotique du pittoresque monde criminel de son temps. Un best-seller européen signé de son Mercure du Lion en III.

Joseph FOUCHE : Pellerin, 44, 21 mai 1759, biographies. Une excellente analyse de Enzo Barilla dans le n° 67, Luglio 2006,   de Ricerco 90, conduit à une reconstitution de son thème en posant une culmination de Pluton assortie d’un lever de Lune-Saturne des Poissons en XII : comment ne pas partager cette hypothèse si parlante, tant la répugnance de l’ homme est typique de cette double signature ? Cet exécrable personnage de l’ombre, taupe aux coups fourrés,  est de ceux à qui convient le mieux la noire attribution de traître : espion dans l’âme, expert en intrigues cachées, fourberies, machinations et conspirations, la seule fonction qui lui soit dévolue au pouvoir étant le ministère de la Police, exercé d’ailleurs tantôt au service de ses maîtres, tantôt contre eux, Robespierre et Napoléon en ayant été victimes. S’il est devenu à la chute de celui-ci, ministre de la Police  à la Restauration – bénéfice du coup de grâce donné à l’empereur – Louis XVIII va en profiter, afin de ne pas souiller ses mains royales, pour le charger d’une dernière basse besogne en condamnant de proscription ses anciens collèges régicides. Mais ce transfuge au passé encore plus chargé suivra cette charrette, le roi y étant poussé par sa famille avec la complicité du vieux renard Talleyrand. Si bien qu’il sera banni de France, avant de mourir  exilé à Trieste le 26 décembre 1820.

Charles Maurice de TALLEYRAND-PERIGORD : Paris 2 février 1754, baptisé le jour même (né sans doute vers 1 heure du matin). Lui aussi se prête à la reconstitution de son thème. Il n’y a pas mieux que le Janus de son opposition Soleil-Jupiter pour rendre compte du jeu de volte-face auquel il s’est livré, bipolarité du pouvoir qui l’a fait basculer d’un régime à un autre, de Napoléon aux Bourbons et de la Restauration à la monarchie de Juillet. Et son angularité va à merveille – avec Jupiter du Lion culminant - à cet homme de  haute allure en société, servant son monde avec la condescendance distante d’un grand seigneur, tout en étant intimement de fort basse  humanité (cet axe étant au double carré de l’AS-Scorpion). Après avoir, aux Affaires étrangères, largement servi le Premier Empire, puis trahi effrontément l’empereur (félonie qui lui permet cyniquement de soutirer quatre-cents mille francs à Metternich ! ), voici ce quémandeur de grand chemin au plein service de la Restauration qu’il a contribué à installer, donnant même l’impression de faire la loi au Congrès de Vienne. Tout comme il lui sera naturel de devenir un parfait ambassadeur à Londres  au service, cette fois, de Louis-Philippe… La « m… dans un bas de soie », dixit l’empereur. Néanmoins, sa conjonction Mercure-Saturne du Capricorne en III donnait à ce « diable boiteux » (signe d’infortune physique de l’exil solaire), dans sa lassitude distinguée, une vision politique profonde sur la longue durée.

ALEXANDRE Ier : Saint-Pétersbourg, 23 décembre 1777, 11 h, sinon 10 h 45 mn selon deux versions transmises venant de sa grand-mère Catherine (inf. Oliver Spranger). Un Soleil entré en X au trigone de Jupiter en VII – à 25° du Lion, sur le Soleil de Napoléon – symbolise la victoire du tsar sur son grand ennemi. Mais, qu’a donc fait de ce triomphe militaire ce Hamlet du Kremlin (derrière le Soleil est Saturne du Scorpion en VIII au carré de l’AS), devenu chef de la coalition victorieuse au Congrès de Vienne  (toujours ce Jupiter du Lion en VII) ? Si Uranus maître d’AS est au trigone de Mars-AS et s’est mis au service de sa cause militaire, étant par contre à l’opposition de Vénus près du MC, la paix ne l’inspire pas et lui tourne le dos. Ce souverain mystique de la « Sainte Alliance », fermé à l’émancipation des peuples, est mort trop tôt – en 1825 – pour assister à la déconfiture de la paix de Vienne.

Klemens METTERNICH : Coblence, 15 mai 1773, 17 h, Journal intime de la mère, W. Knappich. Bien sûr, avec son Mars en X à 14° du Lion, sur le MC et le Soleil de Napoléon (outre un groupe du Taureau en face de son Jupiter), cet ambassadeur d’Autriche auprès de celui-ci de 1806 à 1808 et devenu alors chancelier, ne pouvait être que son adversaire, allant contribuer à sa défaire finale. Il avouera regretter les nuits d’insomnie, les alertes fiévreuses auxquelles, si souvent, les plans de l’empereur l’avaient réduit, son départ l’ayant plongé dans la déprime. Il sera au sommet de sa carrière au Congrès de Vienne, en inspirateur de la réaction absolutiste au côté du tsar. Mais lui, du moins, assistera-t-il à sa défaite diplomatique, car le vieux chancelier sera chassé tambour battant du pouvoir à la révolution viennoise de 1848.

Duc Arthur de WELLINGTON : Dublin, « at midnight between ist and 2nd May (NS) 1769” selon Raphael’s Manual 1828, version rappelée par Maurice Wemyss dans More Notable nativities. Une figure de cerf-volant où le Soleil est conjoint à Uranus en grand trigone avec Neptune et Pluton. Depuis Waterloo, le Iron Duke est le héros national de l’Angleterre, qui fait entendre une voix d’harmonie. Ce pays n’entendait pas supporter une hégémonie française en Europe, pas plus qu’une autre ; avec lui, au temps du Congrès de Vienne, il importe que la France ne soit pas trop défaite, trop faible, surtout face à une Russie trop forte, à la suprématie inquiétante. Son passage au pouvoir en 1828/1830 fera, malgré lui, avancer l’esprit libéral, notamment avec un acte d’émancipation proclamant l’égalité des protestants et des catholiques devant la loi.

 

Panorama féminin.

Marie-Thérèse Charlotte de France, duchesse D’ANGOULEME : Versailles, 19 décembre 1778, 11 h 35 mn, chronique du temps rapportée par ses biographes, notamment par André Castelot dans son Almanach de l’histoire. Si son père Louis XVI a Uranus au DS, et sa mère Marie-Antoinette, ainsi que son frère Louis XVII, le même Uranus au MC, c’est au FC qu’elle a le sien, sur le nœud Nord et en opposition du Soleil en X. Ainsi, toute la famille est frappée par la révolution qu’elle subit, depuis la fuite à Varennes avec l’incarcération au Temple, jusqu’à ce que son père et sa mère finissent sur l’échafaud. Ici, s’ajoutant à cette angularité un mortuaire Saturne du Scorpion en VIII, fortement souligné par la Lune, Mercure et Vénus en Capricorne, cette dernière en conjonction de Pluton. Peut-être doit-elle à Jupiter en VII, maître du Soleil culminant et au sextil de Saturne, d’avoir été sauvée par une transaction diplomatique. Son frère, le futur Louis XVIII, la convainquit d’épouser son cousin le duc d’Angoulême en 1800. Elle ne rentrera en France qu’aux Cent-Jours où « Madame Royale » organisera une résistance remarquée à « l’usurpateur », mais elle connaîtra une nouvelle épreuve avec la chute des Bourbons, accompagnant Charles X dans son exil, sa mort survenant en 1851.

Germaine de STAEL (Paris, 22 avril 1766, 18 h, biog. de Ghislain de Diesbach, auteur documenté mais qui ne fournit pas sa source, l’acte de baptême ne mentionnant pas l’heure). Ce qui lui colle un carré exact Mars-Uranus du FC au DS, le Soleil se joignant à ce dernier à l’entrée de VII, sa configuration essentielle. Est-ce la déception de cette baronne égocentrique et ambitieuse d’avoir été éconduite dans ses avances faites au Premier Consul, qui mobilisa sa haine entière à l’égard de Napoléon, jusqu’à le poursuivre de sa malignité dans toutes les cours d’Europe ? Avec son Jupiter du Lion en X renvoyant à ce Soleil couchant, elle qui toute jeune faisait l’ornement du salon de sa mère, Suzanne Necker, se serait si bien vue impératrice, et n’est-ce pas, faute de n’y être parvenue, ce qui aurait pu avoir été la grande frustration de sa vie ? L’invasion finale de la France par les troupes étrangères semble avoir enfin provoqué en elle un réveil de patriotisme. Elle survécut de peu au Premier Empire.

Hortense Eugénie de Beauharnais dite la REINE HORTENSE  (Paris, rue Neuve-Saint-Charles 10 avril 1783). Elle a treize ans lorsque sa mère, Joséphine, épouse le général Bonaparte. A sa suite, le 4 janvier 1802, c’est elle qui épouse le frère de son nouveau beau-père, Louis Bonaparte (Ajaccio, 4 septembre 1778). Mariés par raison d’Etat contre leurs propres volontés. Couple aussitôt mal assorti qui allait être muté roi et reine de Hollande (1806-1810), sans goût ni l’un ni l’autre d’une telle consécration, mais duquel naîtra le futur Napoléon III. Auquel encore elle devait donner, cette fois du comte de Flahaut, un demi-frère : le duc de Morny .Femme magnifique, au demeurant, d’abord ornement de la Cour impériale ; ensuite, brillant salon parisien de son temps, et qui laisse des Mémoires (1822-1827). Sans heure, on ne peut retenir que des valeurs de dignité : exaltation solaire en Bélier, Lune trônant en Cancer, comme, ainsi qu’avec sa mère Joséphine, Vénus en Taureau .

Juliette RECAMIER : Lyon, baptisée le 4 décembre 1777, selon l’acte baptismal, sa naissance étant supposée de la veille. Avec un Uranus en opposition du Soleil, et Mercure en plus,  elle s’est piquée d’être une frondeuse face à Napoléon, jusqu’à rapprocher Bernadotte et le général Moreau dans l’espoir de renverser le tyran … Sans doute son Jupiter du Lion maître de sa conjonction du Sagittaire a-t-il un pouvoir pour que cette madone lunaire vêtue de blanc et parée de perles, au visage laiteux que David étend nonchalante sur sa chaise Directoire, ait satellisé autour de sa personne, telle une reine, un régiment incroyable de galants : défilé véritable de notables, de Lucien Bonaparte à Benjamin Constant en passant par Auguste de Prusse, etc ... Amoureux damnés ! Alors qu’à travers les sombres conjonctions de Vénus avec Saturne en Scorpion et de la Lune avec Mars et Pluton en Capricorne, on imagine la coquette narcissique   attirant cette nuée de désirs masculins et vivant avec ses soupirants, sous des habits de noblesse, un sketch amoureux livide, lugubre, de style sado-masochiste, la femelle se dérobant in extremis au mâle en  vaine espérance d’une étreinte refusée. Peut être excepté en finale avec Châteaubriant, mais pour quel vain feu d’artifice ?

Duchesse Laure D’ABRANTES : Montpellier, 6 novembre 1784, « avant minuit » selon elle-même. Il y a d’abord la vertu d’un Jupiter sur le nœud Nord en pointe de VII. Cette petite brune aux yeux de braise, triplement Scorpion, d’obscure naissance, bâcle à seize ans un mariage avec Junot qui, bien vite, propulse cette jeunette dans l’entourage du Premier Consul, qui fera d’elle une duchesse à vingt-quatre ans, ainsi partie pour vivre un grand train de vie où, notamment, défilent de brillants amants : Duroc, Metternich, Balincourt, Balzac, Custine … Avec Junot-Othello (Lune en Bélier en opposition de Mars) qui lui plante des coups de ciseaux dans un sein avant de se suicider. Mais ce qui intéresse le plus chez ce personnage, c’est le beau numéro d’une conjonction Mercure-Mars en Scorpion en III, non loin du Soleil : une véritable langue de feu ! Ruinée par ses prodigalités à la chute de l’Empire, elle se met à écrire les dix-huit volumes de ses Mémoires, sortis de 1831 à 1835, qui abondent en détails croustillants pour la petite histoire du Consulat, de l’Empire et de la Restauration. Dans un esprit indépendant, c’est son instinct qu’elle fait parler : elle aime comme elle hait ; mordante et sans frein, peu de gens trouvant grâce à ses yeux. Le vrai et le faux y brillent du même éclat, en gardant encore aujourd’hui la chaleur de la vie.

Félicité Stéphanie de Saint-Aubin, comtesse de GENLIS : Château de Champcéri, Bourgogne, 25 janvier 1746 selon elle-même. Une naissance signée d’une conjonction exacte Soleil-Uranus du Verseau, avec Lune et Mars en Poissons, outre une conjonction Mercure-Vénus du Capricorne aspectée par Saturne et Neptune. Qu’on ne s’étonne pas que cette noble ait eu l’esprit des lumières, au point d’avoir applaudi à la prise de la Bastille. Et, non seulement, elle s’intéresse à un sujet nouveau qu’elle traite d’une façon originale : l’enseignement, mais encore, elle est l’objet d’une nomination inédite : une femme gouverneur d’un prince de sang. Le duc de Chartes, Philippe-Egalité, la charge de la formation de son fils, le futur Louis-Philippe. Elle va, notamment, jusqu’à fourrer du plomb dans ses semelles pour développer ses jambes et lui faire porter des cruches d’eau pour fortifier ses bras ! « Elle a fait de moi un homme », reconnaîtra-t-il. Auteur prolifique, elles sortira notamment ses Mémoires inédites sur le XVIIIe siècle et la Révolution (1825) dont les révélations feront scandale.

Laure de BERNY : Château de Livry, Seine et Oise, 23 mai 1777, acte de baptême. Deux Soleil côte à côte à 3° d’orbe et une même Lune au milieu du Sagittaire. Le premier amour d’Honoré de Balzac (1822-1832). Celui d’une femme de quarante-cinq ans et d’un jeune homme de vingt ans, pleinement épris l’un de l’autre et vivant une belle et grande histoire qui finit bien, après avoir été très féconde pour le romancier qui lui a rendu hommage sous les traits de Madame de Mortsauf du Lys de la vallée.

Alice OZY :  Paris, 6 août 1820, selon G. Lenotre et son enquête sur « Alicette » dans Historia, l’acte manquant à l’état civil. Une conjonction Soleil-Vénus du Lion vécue à la manière narcissique d’une Lune du Cancer par cette Marie Justine Pilloy, fille de bijoutier de quartier, ravissante adolescente, bien vite promise actrice et courtisane. Alicette donnant naturellement dans la haute fréquentation : soupirants au nom desquels défilent un fils de roi, le jeune duc d’Aumale ; puis Théophile Gautier, Théodore Chassériau, Alexandre Dumas fils, Auguste Préault … On se retire fortunée à la quarantaine, meublée dans les beaux quartiers, non sans avoir laissé le charmant souvenir de sa personne des crayons et du pinceau de Chassériau (La Baigneuse endormie, 1850).

 

SUR LA DOCUMENTATION DES NAISSANCES

La publication de cette série de textes – véritable circuit touristique embrassant l’ensemble de notre histoire du XIXe siècle – est le fruit d’une convergence d’efforts pour identifier les sources des personnages qui ornent ce jardin public, offrant une belle randonnée astrologique..

André s’est chargé de consulter les dictionnaires biographiques concernant les naissances anciennes du XVIIIe siècle dont il est difficile, sinon impossible, d’avoir les « papiers » d’origine ; ce qui ne m ‘a pas empêché d’en recueillir pour un certain nombre de cas. Faute d’un tel résultat pour les autres, il a fallu s’en tenir aux œuvres connues. Pour la France, derrière les anciennes : Biographie Générale Dr Hoefer, Vapereau …, le Dictionnaire de Biographie Française (1950-2004) aux 19 tomes ne couvrant encore que les noms aux initiales de A à L. Ainsi que pour l’étranger : l’Encyclopaedia Britannica, Neue Deutsche Biographie et Schweizer Lexikon. A quoi s’est ajouté le recours aux ouvrages biographiques d’untel et untel, aux ingrédients de recherche personnalisée plus pointus, prenant à témoin ce qui est ; outre l’occasionnel provenant de son fond de bibliothèque.

Pour l’essentiel, surtout à partir du tournant  des naissances de l’entrée du XIXe siècle, ce sont toutefois les sources mêmes de l’état-civil que je me suis chargé de collecter et qui constituent l’ensemble de la documentation livrée ici. Comme je ne suis pas le premier à avoir entrepris ce genre de recherche, j’ai jugé bon de rendre hommage à mes prédécesseurs en les citant lorsque je les ai rencontrés à l’occasion de tel et tel personnages : Choisnard (Ch), Lasson (L), Gauquelin (G) et quelques-autres cités. Etre repassé derrière eux en ayant obtenu le même résultat est comme une confirmation de source.

Quant à se pavaner que nous détenons et transmettons pour autant La vérité, gardons-nous de le croire, tout étant relatif, sachant que ce qui est déclaré en la matière n’est pas obligatoirement certain. Les déclarations fausses, cela existe, on le sait, et l’on ne peut y échapper. Du moins présentons-nous un acquis par où il fallait passer pour livrer la souche de chaque cas enregistré. Mission accomplie.

Didier GESLAIN

 

Paris le 10 septembre 2007.

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