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La révolution française

On ne saurait laisser passer le bicentenaire de la Révolution française sans se donner la leçon de tout ce qu’elle peut nous apprendre. Le caractère exceptionnel de l’événement qui en fait un tournant historique universel nous oblige d’ailleurs à accorder un intérêt particulier à un phénomène de la réalité cosmique marginal au monde de nos configurations, sans lequel la spécificité de cette étape de l’humanité nous échapperait.

 

Depuis que l’homme explorait l’univers, son espace planétaire se bornait à la frontière orbitale de Saturne. Et voilà que le 13 mars 1781 à Londres, William Herschel découvrait Uranus. C’est la dimension du système solaire qui éclatait, cette première rencontre allant être suivie des découvertes de Neptune en 1846 et de Pluton en 1930. Ainsi, en un siècle et demi, le champ planétaire s’étendait au point que se multipliait par quatre le rayon de notre système solaire.

 

Or, jamais le monde d’ici-bas ne devait tant changer, également, qu’au cours des 200 années qui ont vu le triomphe de l’homme prométhéen. Un processus général d’accélération de l’histoire – spécificité uranienne par excellence – y devient tel que les courbes statistiques enregistrées en maints domaines se mettent à grimper comme un serpent qui dresse la tête. Depuis la nuit des temps, c’est à une trentaine d’années qu’est estimée la moyenne d’âge des humains ; et encore, à l’époque de Balzac, un quadragénaire fait presque figure de vieillard. Maintenant, l’espérance de vie en France touche les quatre-vingt ans. Le Français moyen, avec son 1 m 74, a grandi de 10 cm en un siècle. En cent soixante-dix ans, on estime que la production de chaque Français actif a été multipliée par 13, et le niveau de la consommation, pratiquement stable depuis des siècles, a décuplé. Sans oublier ce fait démographique sensationnel que la population mondiale, relativement stable depuis des millénaires, est passée de moins de 1 à plus de 4 milliards d’individus !

 

Cet expansionnisme vital général ne peut recevoir d’explication satisfaisante par le seul recours à nos astralités, le propre de celles-ci étant de nous faire vivre cycliquement dans le cadre répétitif de la « mini-Grande Année » qui fait revenir tous les cinq siècles les mêmes séries de configurations, quelles que soient leurs différenciations. Pourquoi ce qui est arrivé là, dans la nôtre, ne s’est-il pas produit antérieurement dans une précédente ? La particularité de ce cas, qui tranche sur les autres, paraît être qu’il tombe sur ce passage à une dimension nouvelle du système solaire avec la naissance à la conscience des hommes des nouvelles planètes.

 

Certes, ce n’est pas parce que Uranus est découvert qu’il fait entrer en jeu son propre pouvoir, comme s’il avait attendu, pour se manifester, d’être consacré par notre esprit du fait de la révélation de son existence. Concevons plutôt qu’à une étape particulière de croissance du génie humain, l’apparition de nouvelles conditions de vie dans le monde va de pair avec la révolution astronomique de la venue d’une nouvelle planète. Si l’astre n’attend pas d’être découvert pour devenir « opérateur » - on va le voir avec les temps de Neptune scandant si bien la rythmique de la Révolution française, alors qu’il n’est pas encore connu, du moins comme membre de la famille du système solaire par les astronomes – quelque chose de particulier paraît se passer néanmoins avec sa découverte, comme si son registre, passé d’une nuit à un jour, déployait enfin toute la mesure de son contenu. Nouveauté : le phénomène uranien passe ici par une dimension nouvelle, en ce sens que la part de l’avancée se met à prédominer sur la part du retour. Le nouveau prime l’ancien comme une courbe en spirale s’écarte de plus en plus du plan du circuit plat  de la circulaire révolution astrale. Ainsi se conçoit l’accélération de la vie de l’histoire évoquée tout à l’heure, échappée d’un temps uranien effervescent, convulsif, conduisant à une fureur de vivre.

 

 

Les années mêmes de la découverte d’Uranus donnent le ton d’un départ où la science, vecteur essentiel de changement et de progrès en une formidable montée en puissance, va bouleverser le monde, la croyance en Dieu faisant place au culte de la science et les usines supplantant les cathédrales. Prolongeant la traction animale et le muscle humain, l’homme invente une première source d’énergie en créant la machine à vapeur (certains, tel Oswald Wirth, se sont risqués à rapprocher l’idéogramme de l’astre avec un piston dans son cylindre), par où va s’engouffrer la révolution technique de notre ère industrielle. C’est en 1781, année même de la découverte de l’astre, que James Watt dépose le brevet de sa machine à vapeur, acte de baptême du capitalisme moderne. Deux ans plus tard, le 5 juin 1783, la première montgolfière s’envole dans les airs, et le 21 novembre suivant a lieu la première aérostation humaine (revoir notre n° 64). C’est la naissance de la conquête de l’espace, de l’essor vertical. Mais aussi, depuis qu’en 1752 Benjamin Franklin a inventé le paratonnerre, l’électricité devient un objet nouveau de laboratoire, point de départ de la conquête d’une nouvelle et prestigieuse source d’énergie qui va s’emparer du monde : la fée électricité.

 

On a tendance à s’égarer quelque peu en mettant « dans le même panier » le trio des transaturniennes. Si Neptune et Pluton se prêtent à une définition commune comme valeurs d’inconscient individuel et collectif, Uranus contraste comme un sur-Saturne (il en est d’ailleurs l’octave supérieure) conduisant à l’hypertrophie d’un moi superconscient, surrationnel, en aventure plus ou moins maîtrisée de jusqu’auboutisme. Et si Neptune est le monde plus ou moins mou du « nous » et du « on », Uranus est celui, dur, du « Je » qui souligne sa différence, affirme sa singularité, règne triomphant du particularisme individuel. La souveraineté de sa personne va être à l’ordre du jour.

 

La Révolution française a été un grand choc universel. A la fois comme abolition d’un ordre traditionnel par la remise en question des principes d’une société qui semblait immuable, et comme libération d’énergie créatrice de valeurs nouvelles. Avec elle, nous entrons dans l’aventure du monde moderne, caractérisé précisément par le dégagement de l’individualisme et alors que s’ouvre la boite de Pandore des inventions au pouvoir humain démultiplicateur. Historiquement, c’est l’apparition du principe révolutionnaire de liberté, d’abord avec le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes (la Révolution américaine de 1776), et ensuite avec l’émergence du « citoyen » dans la plénitude de ses droits. Auto-indépendance qui ne pouvait mieux être représentée que par un Uranus en Lion, triomphe de l’individu dont le moi se veut roi. De cette émancipation émane le libéralisme économique avec la suppression des corporations, permettant à chacun de pouvoir s’établir à son compte, premiers pas du capitalisme moderne. Tout Uranus est là !

 

Abordons maintenant les astralités de cette Révolution française en en reconstituant le film par clichés successifs : séquences des épisodes majeurs qui en ont jalonné l’histoire.

 

CHRONOLOGIE REVOLUTIONNAIRE

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1789 est l’année d’une première grande conjonction d’Uranus depuis sa découverte : une conjonction Jupiter-Uranus le 28 juin à 3° du Lion, l’astre sortant d’un carré de Neptune. Depuis quelques années, la tension n’a pas cessé de monter entre une aristocratie opprimante et une population écrasée de charges et maintenant affamée. Devant une menace de banqueroute, le roi Louis XVI se résout à convoquer des Etats Généraux qui se réunissent à partir du 5 mai. Un malaise se cristallise dans cette assemblée le 17 juin lorsque les membres du Tiers Etat, inspirés par l’abbé Sieyès, se constituent en assemblée du peuple, autoproclamée nationale et constituante. Cette première atteinte à l’autorité royale est suivie le 23 par le « serment du Jeu de paume », avec l’apostrophe de Mirabeau au porte-parole du roi venu demander le retrait de cette assemblée : « Allez dire à votre maître que nous sommes ici par la volonté du peuple et que nous n’en sortirons que par la force des baïonnettes. » Le 27, le roi cède, ordonnant à la Noblesse et au Clergé de rejoindre le Tiers. Mercure entre en conjonction de la conjonction Jupiter-Uranus. Le climat révolutionnaire est déjà dans les esprits et s’exprime verbalement.

 

 

 

1 – 14 Juillet 1789. La nouvelle du renvoi par le roi du ministre Necker, partisan des réformes, provoque la prise de la Bastille. Cette fois, à l’appel de Camille Desmoulins, le peuple de Paris passe aux actes en s’emparant de cette vieille forteresse, symbolique de l’iniquité du régime, de la prison par lettre de cachet. L’événement est en soi extraordinaire, sidérant et fulgurant comme la foudre. L’assaut de ce lugubre mastodonte commence à 13 heures, et à 16 heures cette Bastille est prise, aux moindres frais. C’est un coup d’éclat uranien par excellente qui fait basculer l’aventure révolutionnaire en préfigurant l’effondrement de l’ancien régime. Dans les provinces, le feu est mis aux châteaux. Autour d’Uranus sont réunis le Soleil, Mercure, Vénus et Jupiter en une quintuple conjonction, l’astre recevant au surplus un sextil de Mars et un trigone de la Lune. C’est donc un grand moment uranien.

 

2– Nuit du 4 au 5 août 1789. L’Assemblée Nationale est le théâtre d’un événement non moins inouï et aussi considérable, en proclamant à l’unanimité l’abolition du régime seigneurial des privilèges. La féodalité est comme un chêne qui s’effondre et s’abat d’un coup, mettant fin à mil ans de moyen-âge. Ainsi pointe l’aube de la liberté individuelle. Fini le règne du sujet assujetti de l’ancien régime : c’est la naissance du citoyen. Cette nuit-là règne une conjonction Soleil-Jupiter du Lion, adossée à Uranus.

 

Dans la foulée s’engage un grand débat qui engendre le credo des temps nouveaux. En un enthousiasme délirant, l’Assemblée déclare l’égalité de tous les Français devant la loi. Ce qui conduira, le 26 août, à l’illustre Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, établissant définitivement que « les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits … ». Cet événement soli-jupitérien est naturellement porté par un trigone Neptune-Pluton de la Balance au Verseau, triangulé par Mars.

 

3 – Les 5-6 octobre 1789. Voici l’émeute de la faim avec la marche des femmes sur Versailles. Un copieux banquet royal, au cours duquel est foulée aux pieds la cocarde tricolore, provoque la foule parisienne affamée qui, femmes en tête, se dirige le 5 octobre sur Versailles pour réclamer du pain. Le lendemain, des émeutiers prennent d’assaut le château, massacrent les gardes du corps et assiègent les appartements royaux, le chef de la Garde nationale, La Fayette, sauvant la situation. Mais le peuple en rébellion impose à la famille royale captive un retour parisien aux Tuileries. C’est un choc considérable, à la manière agressive de Mars qui entre en conjonction d’Uranus, exposé au double carré d’une opposition Lune-Mercure, tandis que le Soleil entre en conjonction de Neptune.

 

  

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4 - 14 Juillet 1790. Le triomphe de la Nation. Immense mouvement d’enthousiasme à la Fête de la Fédération du 14 juillet 1990 qui rassemble – fait inédit – une foule d’un demi-million de spectateurs sur le Champ de Mars à Paris. La fraternisation de village en village, de ville en ville et de région en région, aboutit à un mouvement de toutes les communes de France, effaçant les provinces, unies comme jamais dans le sentiment de la nation française. La révolution paraît achevée dans une régénération nationale. 14 000 gardes nationaux, venus de tous les départements, jurent d’être à jamais « fidèles à la Nation, à la Loi et au Roi ». Le trigone qu’Uranus reçoit de Saturne, sous le coup d’une harmonique vénusienne, outre l’encadrement d’Uranus par les luminaires est expressif d’une fixation historique, car, dorénavant se perpétuera la célébration de cette fête du 14 juillet, devenue nationale.

 

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La révolution repart avec le passage du cycle Jupiter-Uranus à son semi-carré, et surtout l’arrivée de deux grandes oppositions majeures, Saturne-Neptune et Uranus-Pluton..                                                             

 

5– 22 juin 1791 : le coup de théâtre de Varennes. Dans la nuit du 21 au 22 juin 1791, la famille royale quitte furtivement les Tuileries afin de rejoindre les émigrés, en vue de reconquérir Paris par la force. Sa berline est interceptée à Varennes, et Drouet, qui reconnaît le roi déguisé en laquais, fait bloquer les fugitifs. C’est une mise en état d’arrestation, suivie d’un retour aux Tuileries en condition de détention relative, avec suspension des pouvoirs royaux par l’Assemblée. La France s’aperçoit qu’un roi ne lui est pas indispensable. Cette fois, c’est Vénus (la famille royale impliquée) qui passe en conjonction d’Uranus sous le semi-carré de Jupiter, dissonance dont sort le Soleil. Peut-être entre-t-il en jeu également un quintile Uranus-Neptune.

 

6– 17 juillet 1791 : la fusillade du Champ de Mars. L’Assemblée ayant innocenté Louis XVI le 15 juillet, le Club des Cordeliers dirigé par Danton rédige une pétition exigeant sa déposition et invite les Parisiens à venir la signer au Champ-de-Mars le 17 juillet. Après proclamation de la loi martiale, la Garde nationale tire sur les manifestants, faisant de ombreuses victimes. Cette agitation populaire suivie de fusillades achève de scinder les Patriotes entre bourgeois modérés (La Fayette, Barnave …) et républicains démocrates (Robespierre, Brissot, Vergniaud …). Nous vivons là un premier temps de division interne du mouvement révolutionnaire : l’opposition Saturne-Neptune entre en piste, recevant les aspects de Mars, de Vénus et du Soleil en double carré.

 

7– 23 septembre 1791 : un répit. Avant de mettre fin à sa mission pour céder la place à une Assemblée législative, l’Assemblée constituante rétablit Louis XVI dans ses pouvoirs de roi constitutionnel. C’est le temps de détente du sextil Jupiter-Uranus qui commence, alors que Jupiter est rejoint par le Soleil.

 

 

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Année décisive du second tournant révolutionnaire avec le passage de Jupiter sur l’opposition Saturne-Neptune.

 

8- 20 avril 1792 : la guerre. Le climat d’insécurité pour les révolutionnaires et d’espérance pour le roi, créé par les émigrés groupés autour des comtes d’Artois et de Provence, ainsi que du prince de Condé fomentant des troubles et sollicitant l’intervention d’armées étrangères, conduit Louis XVI, avec l’assentiment de l’Assemblée, en particulier des Girondins (Madame Roland, Vergniaud, Brissot …) à déclarer la guerre à l’Autriche, qu’accompagnera aussitôt la Prusse. Ce 20 avril, les deux luminaires passent sur Saturne et à l’opposition de Jupiter-Neptune, Mars se joignant à cette dissonance. Nous sommes au temps d’un retour à de grands conflits européens, en conformité avec l’opposition Jupiter-Saturne. Cette déclaration d’hostilités est une date capitale de l’histoire de la Révolution, car cette guerre va entraîner la chute de la royauté et avilir le républicanisme en contraignant les dirigeants à des mesures d’exception tournant le dos aux principes de 1789. C’est ce qui conduira au bonapartisme.

 

 

9– 10 août 1792 : le roi détrôné. Une visite du peuple aux Tuileries (20 juin) où le roi arbore le bonnet phrygien, une proclamation de la patrie en danger (11 juillet) et la montée du chant de la Marseillaise, la menace du complot aristocratique, l’obsession des étrangers et la crainte d’une défaite militaire, la tension éclate déjà quand est connu à Paris, le 1er juillet, le Manifeste de Brunswick, général en chef des armées austro-prussiennes, entendant délivrer le roi et sa famille, et promettant au peuple parisien une vengeance exemplaire. La réponse, à l’appel de Danton en tête et de Robespierre, est l’insurrection du 10 août. A l’Hôtel de Ville se constitue une Commune insurrectionnelle et le peuple prend d’assaut les Tuileries. C’est la seconde révolution. La monarchie est détrônée. Démis de ses fonctions et dignités, le roi, devenu Louis Capet, est, avec sa famille, incarcéré dans la prison du Temple (la Maison XII de Louis XVI). Cet événement historique de premier ordre est accompagné de la configuration la plus considérable qui soit : Uranus est le foyer d’une double conjonction du Soleil et de Vénus, en même temps que Neptune l’est d’une double conjonction de Mars et de Jupiter, outre que la première triple conjonction est à l’opposition de Pluton et la seconde à celle de Saturne. Cet éclatement de la monarchie tombe ainsi sur un record de 6 oppositions (9 même en y joignant le passage lunaire de l’avant-veille). A ce ciel de suprême fracture et de tension extrême répond encore l’entrée des troupes austro-prussiennes en France, l’ennemi se trouvant à la fin du mois à 200 kilomètres de Paris. La patrie est en danger, les prisons se remplissent et un Tribunal criminel extraordinaire est institué le 17 août.

 

 

10– 21 septembre 1792 : la Première République. Les victoires de Valmy et de Jemmapes détendent cette atmosphère dramatique. Elue au lendemain du 10 août pour doter le pays d’une nouvelle constitution, la Convention girondine (dominée par Danton et Mme Roland) proclame la République le 21 septembre, dont le premier acte est d’intenter un procès au roi, déclaré traître à la patrie. Nous sommes au temps de la conjonction Jupiter-Neptune – la IVe et la Ve Républiques naîtront, elles aussi, sous cette même configuration – malheureusement durcie par l’opposition de Saturne. C’est le moment du plus bas indice cyclique de l’année, cette grande conjonction étant entourée de tous les astres rapides

 

 

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Ce qui fait le plus basculer le cours de la tendance révolutionnaire de 1789 à 1793 est le déplacement qui fait succéder à un trigone Uranus-Neptune une opposition Uranus-Pluton. Certes, on ne peut non plus négliger ici le mythe de Saturne qui dévore ses propres enfants et symbolise, hélas, tant de sorts révolutionnaires. L’opposition de cet astre à la conjonction Jupiter-Neptune en est l’expression la plus achevée. Il n’y a pas meilleure figure que ce barrage saturnien pour durcir un régime dans ses excès, le faire régresser à des comportements sauvages et le condamner à l’échec. Cela commencera par la guerre d’extermination entre les Girondins, parti modéré de Madame Roland, Brissot, Vergniaud …, et les Jacobins, parti plus radical de Danton, Marat et Robespierre. Mais le renversement des valeurs aussi total que celui qui se déroule sous nos yeux est plus clairement exprimé par le déplacement des trois super-lentes. C’est sur la toile de fond du trigone entre Neptune-Balance et Pluton-Verseau – l’esprit de justice et de fraternité, l’institution d’une conscience humaniste nouvelle – qu’en 1789 Uranus en Lion a dégagé l’individuel et ouvert l’ère du citoyen libre de sa personne et égal aux autres. Or, voilà que Uranus subit l’opposition de Pluton ! Comment ne pas y percevoir le contre-courant d’une annulation de cet acquis en faisant prédominer l’inverse de ce progrès ? Cette ombre plutonienne a nom : c’est la Terreur qui pose ses griffes sur la France, victime d’un engrenage infernal dont la guillotine est le plus pur et sinistre symbole. La révolution en péril s’autodétruit

 

 

12–21 janvier 1793 : la France régicide. Condamné à la peine de mort, Louis XVI monte à l’échafaud et est décapité place de la Concorde le 21 janvier à 10 h 22 mn. Une exécution finale lourde de conséquences. La lutte devient inexpiable entre les Montagnards régicides et les Girondins qui avaient voulu sauver « le tyran », « le traître », comme entre la Révolution briseuse des statues des rois et les royalistes, la France et l’Europe. Nous sommes passés au temps du carré Jupiter-Uranus. C’est un cosmos véritablement éclaté qui préside à cette décapitation de Capet. En passant au carré d’Uranus, Jupiter est du même coup à celui de Pluton. L’opposition Uranus-Pluton est en même temps franchie par Mars au pôle du second, tandis que la Lune fait une croix avec le trio. A quoi s’ajoute encore le double carré que le Soleil envoie à l’opposition Saturne-Neptune. Dans les journées qui suivent (1er février), la guerre est déclarée à l’Angleterre : c’est la « première coalition » qui se forme et s’étend au continent, tandis qu’à l’intérieur la Vendée royaliste se soulève (10-15 mars). De libérateurs des peuples, les soldats de la République sont en passe de devenir oppresseurs, la volonté du « peuple souverain » des « sans-culottes » se muant en tyrannie.

 

13– 22 août 1793 : la Grande terreur. Après la constitution du Comité de Salut public le 6 avril  et la proscription des Girondins aux insurrections des 31 mai et 2 juin (conjonction Soleil-Mars opposition Jupiter) où commence la Convention montagnarde qu’interrompra Thermidor, l’étau de la Terreur se resserre. Danton est mis en minorité en juillet et c’est le 22 juillet que Robespierre devient président de la Convention et tout puissant au Comité de Salut public qui s’érige en véritable dictature révolutionnaire. Dès le lendemain est promulgué le décret sur la levée en masse et la guerre totale, et bientôt suivra la loi des suspects. Ce cap ultime est celui d’une conjonction Soleil-Uranus à l’opposition de Pluton et au carré de Jupiter.

 

 

14– 17 octobre 1793 : l’exécution de la reine. Le procès de Marie-Antoinette, transférée à la Conciergerie, se clôt sur une sentence de mort le 16 octobre, la « veuve Capet » étant exécutée le lendemain. La guillotine accélère son débit dans une grande vague de terreur : 21 Girondins (Bailly, Barnave, Brissot, duc d’Orléans, Mme Roland, Vergniaud …). Tandis que Mars franchit l’opposition Uranus-Pluton, le Soleil et Mercure appliquent à Neptune.

 

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La conjoncture se transforme profondément au cours de 1794. Un faisceau d’aspects harmoniques se constitue soudain au milieu de l’année. Jupiter forme tout à la fois un trigone à Uranus, un sextil à Neptune et Pluton, ainsi qu’un quinconce à Saturne ; le tout sur le fond d’un sextil Uranus-Neptune commençant. Il n’est donc pas étonnant que s’éteigne le brasier révolutionnaire.

 

 

15–9 Thermidor an II. Le 27 juillet 1794, Robespierre est renversé, arrêté avec les principaux Jacobins, puis guillotiné le lendemain. Cet événement majeur met fin à la tragédie de la Terreur. En même temps, la République abandonne son rêve de politique démocratique et égalitaire pour devenir celle de politiciens, de parvenus, de spéculateurs. Ainsi débute la Convention thermidorienne, alors que Mercure et Vénus passent en conjonction d’Uranus, les luminaires s’en approchant (fin de cycle), avec un retour de Mars sur Neptune. On aura remarqué qu’à son tour Saturne passe au double carré de l’opposition Uranus-Pluton. A cette nouvelle dissonance peut se rattacher la réaction thermidorienne que fut la « Terreur blanche » qui fit rage au printemps 1795, au plus fort de cette configuration (tendance extrême-droite, typique de dissonance Saturne-Uranus)

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Le 5 Brumaire an IV (26 octobre 1795), le Directoire installe un régime de transition entre la Convention thermidorienne et l’époque napoléonienne. Une fois de plus, le Soleil (en compagnie de Vénus) entre en conjonction de Neptune. Nous sommes au temps du carré Jupiter-Neptune : la République tourne une page.

 

 

16– On retrouvera une nouvelle conjonction Soleil-Neptune – et cette fois, Neptune sera entouré de Mercure et Mars – au 18 Brumaire an VIII (9 novembre 1799), quand Bonaparte fera son coup d’Etat, remplaçant le Directoire par le Consulat. De Premier consul, il passera à Consul à vie le 4 août 1802, avant de se faire proclamer Empereur le 18 mai 1804. Sur cette figure de dissonances respectives Jupiter-Saturne-Uranus-Neptune se lit la crise de la Seconde coalition commencée l’année précédente. Mais on voit que Jupiter approche de Saturne qui approche lui-même d’Uranus.

 

Officiellement, comme l’entendent les historiens, la 1e République française aura duré 12 ans, du 21 septembre 1792 au 18 mai 1804 : une année jupitérienne. Derrière la Révolution française, sous la triple rencontre Jupiter-Saturne-Uranus de 1802-1804, allait s’engager la grande aventure de Napoléon et du 1er Empire (cycle Jupiter-Uranus 1789-1803  renouvelé).

 

L’étude des épisodes successifs de cette Révolution française montre clairement que les cycles mineurs des rapides scandent le rythme de son histoire. Ainsi, les successives conjonctions Soleil-Uranus correspondent  en  1789 à la prise de la Bastille, en 1790 à la fête de la Fédération, en 1791 au Congrès et à la déclaration de Pilnitz (réaction de l’ennemi), en 1792 à la destitution du roi et en 1793 au règne de Robespierre. De même que l’on est tombé sur des conjonctions Vénus-Uranus en 1789, 1791, 1792 et 1794. Et que le règne de la Commune insurrectionnelle jusqu’à Thermidor dure un cycle Mars-Neptune (conjonction sous laquelle sont nés Danton, Saint-Just et Robespierre),, cycle se répétant trois fois de suite jusqu’au 18 Brumaire ; tout comme se sont reproduits quatre cycles Soleil-Neptune du Directoire au Consulat. Un découpage cyclique de l’histoire significatif.

 

 

L E S      P E R S O N N A G E S

 

Nous venons de planter le décor de la Révolution française. Nous allons maintenant faire entrer en scène les personnages qui en composent l’histoire aux titres les plus divers. J’ai sûrement fait des omissions mais il fallait savoir s’arrêter et cette liste dépasse déjà la centaine de cas. Les indications de naissance proviennent de sources diverses : extrait baptistère (bapt.) ou acte d’état civil (e.c.), ouvrage biographique (b.), les cas sans mention relevant d’une consultation croisée (pour vérification) des diverses pièces que voici :

 

  • Biographie universelle ancienne et moderne,
  • Nouvelle Biographie générale  Dr Hoefer.
  • Dictionnaire de biographie française,
  • Biographie universelle Michaud,
  • Der Grosse Brockhaus,
  • Neue Deutsche Biographie,
  • Collier’s Encyclopedia,
  • Dictionnaire des Conventionnels, A. Kuscinski , 1973,
  • Dictionnaire biographique des généraux et amiraux de la Révolution et de l’Empire, Georges Six, 1934.

 

           

L’erreur n’en est pas moins possible.

 

-          Aiguillon (Armand d’) : Paris, 31/10/1761.

-          Alexandre 1er de Russie : Pétrograd, 12-23/12/1777, 11 h, officiel.

-          Duc d’Angoulême : Versailles, 06/08/1775, 15 h ¾, Almanach Lensbergh,1777.

-          Antraigues Emmanuel d’ : Montpellier, 26/12/1753 (b).

-          Comte d’Artois (futur Charles X) : Versailles, 09/10/1757, 19 h, off.

-          Babeuf Gracchus : Saint-Quentin, 23/11/176O, b.

-          Bailly ‘Jean-Sylvain : Paris, 15/09/1736.

-          Barère de Vieuzac Bertrand : Tarbes, 10/09/1755.

-          Barnave Antoine : Grenoble, 21/09/1761, bapt.

-          Barras Paul : Fox-Amphoux, Provence, 30/06/1755, b.

-          Du Barry Marie-Jeanne : Vaucouleurs, 19/08/1743, baptisée le jour même.

-          Bernier Etienne : Daon, Anjou, 31/10/1762, b.

-          Berthier Louis : Versailles, 20/11/1753, b.

-          Bertin Rose : Abbeville, 02/07/1744.

-          Billaud-Varenne Jacques : La Rochelle, 23/04/1756.

-          Boissy-d’Anglas François : Saint-Jean-Chambre, Ardèche, 08/12/1756.

-          Bonald Louis de : Millau, Aveyron, 02/10/1754.

-          Bonaparte : Ajaccio, 15/08/1769, vers 11 h ½, mémoires.

-          Brissot Jacques : Chartres, 15/01/1754 ; baptisé le même jour.

-          Brunswick Duc de : Wolfenbüttel, 09/10/1735.

-          Burke Edmund : Dublin, 01/01/1728.

-          Buzot  François : Evreux, 01/03/1760.

-          Cadoudal Georges : Kerléano/Auray, 01/01/1771, e.c..

-          Cagliostro : Palerme, 02/06/1743.

-          Calonne Charles de : Douai, 21/01/1734, b.

-          Cambacérès Jean-Jacques de : Montpellier, 18/10/1753.

-          Cambon Joseph : Montpellier, 10/06/1756, b.

-          Carnot Lazare : Nolay, Bourgogne, 13/05/1753, « sur les 16 h », déclaration du père sur le livre de famille.

-          Carrier Jean-Baptiste : Yolai/Aurillac, 16/03/1756.

-          Cathelineau Jacques : Le Pin-en-Mauges, Anjou, 05/01/1759, b.

-          Catherine II de Russie : Stettin, 02/05/1729, 2 h 30, off.

-          Chabot François : Saint-Géniez, Aveyron, 22/10/1759.

-          Chaumette Pierre Gaspard : Nevers, 24/05/1763.

-          Charette : Couffé, L.A., 02/05/1763.

-          Chénier André : Galata/Constantinople, 28/10/1762.

-          Clermont-Tonnerre Stanislas : Pont-à-Mousson, 08/11/1757,b.

-          Collot d’Herbois Jean-Marie : Paris, 19/06/1749.

-          Condé Prince de : Chantilly, 09/08/1736.

-          Condorcet Marie Jean de : Ribemont, 17/09/1743, bapt.

-          Corday Charlotte : Le Mesnil-Imbert, Orne, 27/07/1768 (« née hier » sur l’acte de baptème du 28 ; un biographe la fait naître le matin).

-          Couthon Georges : Orcet, P. de C., 22/12/1755.

-          Danton Georges-Jacques : Arcis-sur-Aube, 26/10/1759, baptisé le même jour.

-          Daunou Pierre : Boulogne-sur-Mer, 18/08/1761, bapt.

-          David Jacques Louis : Paris, 30/08/1748, baptisé le même jour.

-          Desmoulins Camille : Guise, Aisne, 02/03/1760, e.c.

-          Drouet Jean-François : Sainte-Menehould, 08/01/1763.

-          Ducos Jean-François : Bordeaux, 10/03/1765.

-          Dugommier Jacques : Basse-Terre, Guadeloupe, O1/08/1738, b.

-          Dumouriez Charles : Cambrai, 25/ 01/1739, b.

-          Duport Adrien : Paris, 24/02/1759.

-          Elisabeth (Madame, sœur de Louis XVI) : Versailles, 03/05/1764, 2 h, b.

-          Enghien, duc d’ : Chantilly, 02, 08, 1772, 20 h 45 m, b.

-          Fabre d’Eglantine : Carcassonne, 28/12/1755.

-          Fauchet Claude : Dornes, 22/09/1744, baptisé le même jour.

-          Favras Thomas de : Orléans, 26/03/1744.

-          Fersen Axel de : Stockholm, 04/09/1755, b.

-          Fouché Joseph : Le Pellerin/Nantes, 21/05/1759, bapt.

-          Fouquier-Tinville Antoine : Hérouël, Aisne, 10/06/1746, bapt.

-          François II d’Autriche : Florence, 12/02/1768, 4 h 30 m, chronique.

-          Frédéric-Guillaume II de Prusse : Berlin, 25/09/1744, 10 h, chronique.

-          Fréron Stanislas : Paris, 17/08/1754.

-          Gensonné Armand : Bordeaux : 10/08/1758.

-          Gossec François-Joseph : Vergnies, Hainaut, 17/01/1734, baptisé le même jour.

-          Gouges Olympe de : Montauban, 07/05/1748, bapt.

-          Grégoire abbé Henri : Vého, M.M., 04/12/1750.

-          Guadet Marguerite Elie : Saint-Emilion, 20/07/1758.

-          Guillotin Joseph : Saintes, 28/05/1738.

-          Hébert Jacques, Père Duchesne : Alençon, 07/01/1757.

-          Hanriot François : Nanterre, 03/12/1761.

-          Hérault de Séchelles Marie-Jean : Paris, 20/10/1759, bapt.

-          Hoche Lazare : Versailles, 24/06/1768, b.

-          Isnard Maximin : Grasse, 24/02/1758.

-          Joseph II d’Autriche : Vienne, 13/03/1741, 2 h, chronique.

-          Joséphine : Trois-Ilets de la Martinique, 23/06/1763, b.

-          Joubert Barthélemy : Pont de Vaux, Ain, 14/04/1769.

-          Jourdan Jean-Baptiste : Limoges, 29/04/1762.

-          Kellermann Jean Christophe : Strasbourg, 23/04/1735, bapt.

-          Kléber Jean-Baptiste : Strasbourg, 09/03 /1753, bapt.

-          Lacombe Rose : Pamiers, 04/03/1765, baptisée le même jour.

-          La Fayette Marie Joseph de : Chavaniac, Auvergne, 06/09/1757, bapt.

-          Lakanal Joseph : Serres, Ariège, 14/07/1762.

-          Lamballe Marie Thérèse de : Turin, 08/09/1749, b.

-          Lameth Alexandre de : Paris, 28/10/1760.

-          Lameth Charles de : Paris, 05/10/1757.

-          Lameth Théodore de : Paris, 24/06/1756.

-          La Motte Jeanne de : Fontenette, Languedoc, 22/07/1756.

-          Launey Bernard de : Paris-Bastille, 09/04/1740.

-          Lavoisier Antoine de : Paris, 26/08/1743, b.

-          Lebrun Charles : St-Sauveur-Lendelin, Manche, 19/03/1739.

-          Lindet Robert : Bernay, 02/05/1746.

-          Loménie de Brienne Etienne : Paris, 09/10/1727.

-          Louis XVI : Versailles, 23/08/1754, 6 h 24 m, chronique.

-          Louis XVII : Versailles, 27/03/1785, 18 h 45 m, chronique.

-          Malet Claude-François de : Dôle, 28/06/1754, bapt.

-          Malesherbes Chrétien Guillaume de : Paris, 06 :12 :1721.

-          Marat Jean-Paul : Boudry-Neuchâtel, 24/05/1743, b.

-          Marceau François-Séverin : Chartres, 01/03/1769.

-          Marie-Antoinette : Vienne, 02/11/1755, 19 h 30 m , chronique.

-          Maury Jean : Valréas, 26/06/1746.

-          Méhul Etienne : Givet, 22/06/1763, baptisé le jour même.

-          Méricourt Théroigne de : Marcourt, Lux., 13/08/1762, bapt.

-          Metternich Klemens de : Coblence, 15/05/1773, 17 h, Journal de la mère.

-          Mirabeau Gabriel-Honoré de : Le Bignon, Loiret, 09/03/1749, b.

-          Mounier Jean-Joseph : Grenoble, 12/11/1758.

-          Necker Jacques : Genève, 30/09/1732, b.

-          Nelson Horatio : Burnham Thorpe, Norfolk, 29/09/1758.

-          Noailles Louis-Marie de : Paris, 17/04/1756.

-          Orléans, « Philippe Egalité » : Saint-Cloud, 13/04/1747, b.

-          Paine Thomas : Thetford , Norfolk, 29/01/1737.

-          Paul 1er de Russie : Pétrograd, 01/10/1754, 12 h 30, b.

-          Pétion Jérôme : Chartres, 02/01/1756.

-          Pichegru Charles : Arbois, Jura, 16/02/1761.

-          Pitt William : Hayes, Kent, 28/05/1759.

-          Prieur de la Côte d’Or : Auxonne, 22/12/1763.

-          Prieur de la Marne : Sommesous, 01/08/1756.

-          Provence, futur Louis XVIII : Versailles, 17/11/1755, 3 h, chronique.

-          Rewbell Jean-François : Colmar, 08/10/1747, bapt.

-          Robespierre Maximilien : Arras, 06/05/1758, 2 h bapt.

-          Rochambeau Jean-Baptiste de : Vendôme, 01/07/1725.

-          Rochejaquelein Henri de : La Durbellière, Vendée, 03/08/1772.

-          Rohan Cardinal de : Paris, 25/09/1734, b.

-          Roland Jean-Marie : Thizy, Rhône, 18/02/1734, bapt.

-          Roland Manon (Madame » : Paris, 16/03/1754, bapt.

-          Rouget de l’Isle Claude : Lons-le-Saulnier, 10/05/1760.

-          Royale Madame, fille de Louis XVI : Versailles, 19/12/1778, 11h 35m, chr.

-          Saint-Just Louis Antoine de : Decize, 25/08/1767, baptisé le jour même.

-          Sieyès abbé : Fréjus, 03/05/1748, baptisé le jour même.

-          Talleyrand Charles Maurice de : Paris, 02/02/1754, baptisé le jour même.

-          Tallien Jean-Lambert : Paris, 23/01/1767.

-          Tallien Madame : Carabanchel/Madrid, 31/07/1773.

-          Turgot Jacques : Paris, 10/05/1727, b.

-          Vergennes Charles de : Dijon, 28 ou 29/12/1719, b.

-          Vergniaud Pierre : Limoges, 31/05/1753, baptisé le jour même.

-          Wordsworth William : Cockermouth, 07/04/1770, 22 h, b. selon sa mere.

 

 

On regrettera naturellement que ces naissances ne soient que pour un dixième seulement pourvues d’indications horaires. Ne faisons quand même pas trop les difficiles. J’ai, pour ma part, fait une copieuse pitance d’une quantité de données du jour, parce que ce sont les positions universelles qui font la toile de fond d’un thème.

 

Rien ne vous empêche d’ailleurs de rechercher certaines heures natales en vous livrant à des enquêtes biographiques. J’ai, en outre, précisé que pour certains (Danton, Saint-Just, Sieyès, Tallerand …), le baptème avait eu lieu le même jour que la naissance, ce qui fait supposer que celle-ci est plutôt des premières heures de la journée, dans la matinée ou guère au-delà. Certes, un exemple comme celui d’une Louise Michel, baptisée à 18 heures et née seulement une heure plus tôt, doit nous inciter à la prudence, chaque cas devant être étudié de près.

 

C’est à l’église Saint-Etienne d’Arcis-sur-Aube que le nouveau-né Danton fut porté sur les fonds baptismaux ; de même que Saint-Just à la paroisse Saint-Aré de Decise. Ils devaient au moins avoir eu déjà quelques heures de vie pour être bourlingués hors du nid natal. Avec Danton, la Lune quitte le Sagittaire pour le Capricorne sur les 6 h ½ du matin : la seconde position lui est aussi incongrue que lui convient la première (revoir ma « Lune dans les signes », Cahiers astrologiques n° 104). Sur les 5 heures, Jupiter passe au FC et au carré de l’AS ; orientation qui lui place, au surplus, une conjonction Mars-Neptune en X et en I une conjonction Soleil-Mercure-Vénus (avec Soleil et Vénus en Scorpion et Mercure-Vénus maîtres de VIII). Ensemble rendant bien compte du tumultueux athlète de la Révolution qui salua sa montée à l’échafaud comme son ultime grandeur : « Tu montreras ma tête au peuple. » De même que Saint-Just s’ajusterait bien pour une naissance sur les 8 heures avec un Saturne au MC, lui qui monte si jeune et si vite au sommet du pouvoir pour être si rapidement précipité aux abîmes. Et que Talleyrand s’accorde si parfaitement avec le Janus d’une opposition Soleil-Jupiter au méridien et un AS au milieu du Scorpion …

 

Mais, même sans les heures, quelle provision de renseignements l’on peut faire ! Je trouve pour ma part éloquent que :

 

Babeuf avec une conjonction Mercure-Pluton et Cadoudal avec une conjonction Soleil-Mercure-Pluton soient des conspirateurs-nés. Rose Bertin, avec une conjonction Mercure-Vénus en Gémeaux et une conjonction Soleil-Neptune en Cancer, ministre de la mode baroque de Marie-Antoinette, soit une reine de la haute couture. Cagliostro, avec un Soleil des Gémeaux au carré de Mars-Jupiter et Mercure du Cancer conjoint à Neptune, soit l’aventurier d’envergure que nous connaissons. Camille Desmoulins, avec une conjonction Lune-Mars (colère populaire) à l’opposition d’une conjonction Soleil-Saturne en Poissons (prison royale) – opposition au surplus superposée à une opposition Lune-Mars de Bernard de Launey – ait été le héros de la prise de la Bastille. Alex Fersen, avec la Lune et Vénus en Lion, ait été amoureux d’une reine. Louis-Philippe d’Orléans (« Philippe Egalité »), avec un Soleil en croix, face à Saturne et de part et d’autre de Jupiter et Neptune, ait condamné (en se condamnant) la monarchie par son vote de la mort de son cousin Louis XVI. Fouquier-Tinville, avec une conjonction Soleil-Mars en Gémeaux face à Jupiter, ait été le redoutable accusateur public du Tribunal révolutionnaire que l’on sait. L’abbé Grégoire, avec 5 astres en Sagittaire, ait été le centaure évêque-montagnard expressif au plus haut point du véritable soulèvement spirituel que fût août 1789 ; dans une alliance de la République et de la Religion, ce révolutionnaire d’esprit évangélique ayant été un infatigable plaideur des droits de l’homme, défenseur des juifs et « ami des hommes de toutes couleurs ». Mirabeau, avec sa conjonction Soleil-Jupiter en Poissons, ait été à la fois le tribun du peuple et le conseiller secret des souverains, jouant le double jeu, en révolution presque malgré lui. Le cardinal de Rohan, avec un carré Vénus-Jupiter doublé d’un carré Mercure-Neptune, se soit déplorablement compromis avec « l’affaire du collier ». Saint-Just, avec Neptune conjoint à Soleil-Lune-Mercure-Mars, ait été la figure exemplaire de la Révolution de 1792. L’abbé Sieyès, avec Mercure en Bélier, ait été le premier esprit qui se soit révélé en 1789, accompagné du Mercure-Bélier Mirabeau. Madame Tallien, avec un Soleil du Lion au trigone de Jupiter-Bélier, soit consacrée « Notre-Dame de Thermidor » …

On peut aussi ne pas être indifférent au fait que le Mars de Danton se superpose au Mars de Robespierre ; comme le Mars de Danton se superpose au Soleil de Louis XVI, celui de Fouché (« l’âme du 9 Termidor ») au Soleil de Robespierre, celui de Metternich au Soleil de Napoléon … Aussi bien qu’à ce cas de « jumeaux devant les astres » nés à 4 jours de distance : Sieyès, au premier rang des inspirateurs et rédacteurs de la Déclaration des Droits de l »homme et du citoyen ; et Olympe de Gouges, qui lance à Paris en 1791 sa « Déclaration des Droits de la Femme » : la femme naît libre et demeure égale à l’homme en droits.  

           

La Révolution française est aussi l’affaire d’une configuration vécue par une génération.

 

Regardez d’abord la figure de la répartition d’Uranus dans les signes de nos personnages. Certes, l ‘astre se dissémine sur dix signes, mais les positions de queue en Balance concernent des personnages qui n’ont joué qu’un rôle indirect et lointain (Vergennes et Malhéserbe), de même que celles de tête (Cancer et Gémeaux) en sont les fruits tombés (les enfants du roi et de la reine). Ce qui frappe, c’est la grande concentration d’Uranus en Poissons (1752-1759) qui s’adresse à plus d’un tiers de nos personnages. Il est symbolique qu’on y rencontre la famille royale : Louis XVI (l’astre est au DS), Marie-Antoinette (l’astre culmine), le comte d’Artois, le comte de Provence ; et que, pour la majorité y figurent les conventionnels les plus représentatifs : Barère, Barras, Brissot, Cambacérès, Cambon, Carrier, Couthon, Danton, Hébert, Hérault de Séchelles, Pétion, Robespierre, Madame Roland, Vergniaud …

 

 

 

Cette génération ne va-t-elle pas vivre au plus intense les valeurs Poissons de l’extrême resserrement : « Prisonnier d’un petit espace, il risque d’échouer sur les rives d’un monde de l’épreuve qui est celui d’une prison, d’une captivité ou d’un exil » (Traité pratique) ; « représentant le monde de l’épreuve, de l’expiation, de l’obscur enlisement et de la délivrance, celui qui peuple les hôpitaux, les prisons, les couvents, les asiles et autres lieux de captivité » (Poissons, le Seuil).

 

La Tour du Temple, la Conciergerie, Sainte-Pélagie, le Luxembourg … jamais aucune tranche de notre histoire n’a autant que celle-ci évoqué un univers de prisons et lieux pleins de détenus, un sombre climat de suspicion et de complots, avec des gens qui se cachent pendant que d’autres sont exilés (les « émigrés »). Cela n’empêchant pas l’éclosion des valeurs Poissons de l’extrême dilatation, avec un éclat cosmopolite de la Révolution et l’aventure américaine de La Fayette, des Lameth.

 

La part seconde qui revient à Uranus en Bélier, où se conjuguent les deux de l’astre et du signe, fait penser à une génération qui libère et fait gicler du plus profond des entrailles une pulsion explosive qui trouve son climat favori dans l’aventure, le paroxysme, le jusqu’auboutisme avec tous ses périls. Ce qui signe aussi bien le climat de la Révolution française que celui du Premier Empire. Dans la mélothésie de l’Homme-zodiaque, le Bélier a partie liée avec la tête ; serait-ce le symbole de la décapitation par un engin uranien vertical faisant tomber du haut de ses montants le couperet de la guillotine ?

 

La figure de la répartition de Neptune est encore plus satisfaisante car la priorité revient nettement à un seul signe. : Neptune en Lion  y contient plus de la moitié de nos personnages (1752-1765). Si la position uranienne accompagnatrice reflète surtout le tragique de la seconde Révolution française, cette position neptunienne exprime surtout la grandeur de la première. Nous assistons, en effet, à l’épanouissement léonien des pouvoirs neptuniens d’intégration de l’homme au monde, avec un essor utopique mais généreux de l’humanité en plein soulèvement spirituel. Rêves collectifs, idéologiques et humanitaires, qui, au dernier passage de 1915-1928, nous a valu la création de la « Société des Nations », faisant vivre le monde dans l’espoir d’une paix éternelle (pendant quelques années) et la constitution de « l’Internationale communiste » incitant tout une population laborieuse à l’attente du « grand soir ». Eh bien ! au passage précédent, les hommes qui y étaient nés ont incarné le rêve d’une meilleure humanité, l’aube d’un monde sous la loi de la « Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen ».

 

Au surplus, c’est un transit Uranus/Neptune qu’il faut percevoir dans le fait que l’essentiel de cette Révolution française se soit accompli lors de la traversée dans le Lion de l’astre nouvellement découvert. Un symbole : c’est sous ce transit commun que Louis XVI perd son trône et que Robespierre accède au pouvoir.

 

 

Je voulais finir cette brève exploration historique par la présentation d’un cas et j’ai retenu Louis XVII.

 

Cet enfant de Marie-Antoinette et Louis XVI est marqué par le destin de la Révolution française d’une façon on ne peut plus symbolique : il naît alors qu’Uranus passe au MC (en cela, il répète une configuration maternelle, le père ayant l’astre au DS) et que Neptune est  à l’AS, en carré l’un de l’autre et tous deux en dissonance majeure du Soleil.

 

Ne dissertons pas sur un portrait psychologique invérifiable, cet être étant disparu encore sans visage, mais voyons si se lisent dans son thème les circonstances exceptionnelles dans lesquelles l’a plongé l’ouragan de la Révolution française.

 

Sous le signe dominant de Uranus-MC dissonant, en IVe signe et recteur d’une triple conjonction Mars-Saturne-Pluton en IV (il n’existe pas de plus grande concentration négative), s’inscrivent les épreuves majeures et conjuguées de l’habitat et de la famille.

 

Voilà un fils de roi promis au château et aux résidences princières, et qui, au lendemain du 10 août 1792 – il a sept ans – est enfermé au Temple avec sa famille, plongée dans l’ angoisse. De méchants hommes font mourir son papa – et de quelle façon ! – le 21 janvier 1793. Ils le séparent ensuite le 3 juillet suivant des siens, de sa maman qu’ils exécutent à son tour le 17 octobre. Comme ils exécuteront également, le 10 mai 1794, sa tante et éducatrice Elisabeth. Séparé de tous, il subit ensuite une effroyable séquestration solitaire dans un cachot, finissant par croupir dans la misère et la détresse. Voilà sa réalité vécue.

 

Que peut-il avoir compris et ressenti de s’être retrouvé dauphin à quatre ans (avec la disparition de son frère aîné le 4 juin 1789), puis qu’à sept ans les princes émigrés l’aient déclaré roi de France (le 21 janvier 1793) ? Une interprétation classique peut dire qu’une Lune maîtresse du MC et de X en I (sur le fond de Jupiter conjoint au Soleil maître second de X) fait venir à lui le pouvoir, même s’il est glacé par la condition de pupille royale : Lune carré à Saturne maître de IV en IV et conjoint à Pluton ; outre que la maîtresse de ce luminaire est elle-même en VIII.

 

Officiellement, il est mort au Temple le 8 juin 1795 vers 15 heures, et enterré le 10 dans le cimetière voisin de l’église  Sainte-Marguerite, faubourg Saint-Honoré. Mais il est dans l’ordre d’un Neptune à l’AS, amplifié par son opposition au Soleil ainsi que par Jupiter en Poissons, qu’il ait fait l’objet d’une fabuleuse spéculation faisant se prolonger sa personne au-delà de soi dans l’inflation de l’énigme. C’est sans fin que l’on a brodé sur l’hypothèse d’un enlèvement avec substitution de prisonnier, l’enfant inhumé au cimetière Sainte-Marguerite n’ayant pas été ce fils royal. Ce qui lui a conféré une existence fantomatique à travers divers personnages (mystificateurs, escrocs, aliénés) qui se sont ultérieurement fait passer pour sa personne comme prétendants au trône de France.

 

L’ASTROLOGUE  n° 87, 3e trimestre 1989.

                       

En 2002, l’ADN a révélé que l’enfant mort du 8 juin 1795 était bien le fils royal. Cette conclusion est venue confirmer l’interprétation du thème de celui-ci faite par Edouard Symours, fondateur du « Centre International d’Astrologie », dans une étude « l’affaire Louis XVII » parue dans « Occulta » N° 3 de novembre/décembre 1946. Conclusion de cet auteur : « …Louis XVII a bien dû mourir vers l’époque généralement indiquée… »

 

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