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La SECONDE république française

avec le concours de Didier GESLAIN

Depuis trois jours, Paris est en révolution. Le jeudi 24 février 1848, vers midi, Louis-Philippe abdique.  Dès 15 heures, à la Chambre des députés, Dupont de l’Eure, Lamartine, Arago et quelques-autres forment un gouvernement provisoire, tandis qu’à 17 heures en est composé un autre  à l’Hôtel de Ville par une équipe de républicains venus des combats de la rue : Louis Blanc, Ledru-Rollin… C’est finalement vers 20 heures que leur accord se fait pour la constitution d’un gouvernement provisoire, présidé par Dupont de l’Eure, ce qui tient lieu de naissance de la IIe République française, Lamartine faisant acclamer le drapeau tricolore sur les marches de l’Hôtel de Ville.

La célébration astrale de l’événement a valeur de carillonnement. En effet, nous sommes au temps d’une conjonction Saturne-Neptune depuis la fin de 1846 (encore à 9° d’orbe à la fin de 1847), configuration la plus spécifique des révolutions populaires. En été 1847 s’est constituée à Londres une « Ligue des communistes » et le « Manifeste » de  Marx et Engels est sous presse. Outre que l’Europe entière est embrasée par une grande tourmente révolutionnaire. Or, l’élan en est donné, très précisément, au passage (10 février/10 mars) de Mercure et du Soleil, que charge agressivement un carré de Mars, dans le champ de la conjonction, de Neptune (0° Poissons) à Saturne (14° Poissons), la tendance neptunienne se trouvant amplifiée par leur présence dans ce signe.

D’une manière plus spécifique, cette Seconde République française se présente sous la signature d’une conjonction Soleil-Neptune en Poissons ; laquelle compose un grand triangle équilatéral avec les trigones de la Lune du Scorpion et de Jupiter du Cancer, Saturne y participant. Une bénédiction céleste, sorte de magnifique messe politique, toute d’humanité et de solidarité universelle !

C’est un moment d’histoire unanimiste exceptionnel que vit alors la France en un court laps de temps. Enthousiasme général : tout le pays baigne dans la religiosité d’ une communion républicaine. La noblesse et le clergé familiarisés avec les idées démocratiques se rallient aussitôt. Un gouvernement du peuple de Paris acclimate son espérance par des manifestations, défilés dans les rues, pétitions. Tout cela au milieu d’une atmosphère d’idylles, dans une explosion de joie, de chants, de réunions publiques, de dons patriotiques. La province elle-même suit, où l’on voit les curés se mettre à la tête  des cortèges, pour planter et bénir sur les places publiques  des « arbres de la liberté »,  ce qui reflète  si bien un moment magique d’unanimité. On a parlé d’un « idéal quarante-huitard » : révolution romantique, fièvre évangélisatrice, espoir messianique, fraternelle illusion lyrique,  fusion des classes , socialisme utopique, et même « révolution à l’eau de rose » (Marx) … Sans doute fallait-il l’ondée d’un  climat neptunien aussi porteur pour que  cet enfantement républicain prolétarien puisse être vécu dans une telle communion , une si émouvante ferveur spirituelle. C’est d’ailleurs un « printemps des peuples » qui éclate partout en Europe, en une chaîne d’insurrections aux raisons différentes, cette tempête ayant eu son épicentre à Paris.  Crise de légitimité soudainement vécue par les souverains du continent, ébranlés par les idées de liberté, d’égalité, de progrès, dans la passion de la démocratie française pour l’émancipation des peuples, Blanqui, Raspail, Barbès appelant du même coup le pays à délivrer généreusement les nations enchaînées de ce qui reste de la « Sainte-Alliance » …

Mais aussi, sous la pression de la fièvre révolutionnaire du peuple de Paris, c’est quasi dans la grâce d’une improvisation que le gouvernement provisoire accouche d’une heureuse révolution sociale : retour des libertés, proclamation du droit au travail, réduction de la durée de la journée de travail de 1 heure (de 11 à 10 à Paris, de 12 à 11 en province), création de coopératives ouvrières, d’ateliers nationaux, institution du suffrage universel , abolition de l’esclavage dans les colonies françaises ainsi que de la peine de mort politique… On reconnaîtra ici un registre de valeurs des Poissons autant que celles du secteur VI, l’un et l’autre centralisant le thème.

Pour la première fois de l’histoire du monde, le suffrage universel est institué par cette république ! « On imagine mal aujourd’hui – écrit René Rémond – ce que signifiait le passage sans transition aucune d’une vie politique feutrée, amortie, tamisée, aux grondements des passions populaires et d’un corps électoral de quelque deux cent mille votants à une masse de neuf millions d’électeurs : le pays légal, brusquement multiplié par cinquante, est dilaté aux dimensions de la nation. »

Michelet venait (1846) de publier Le Peuple, qui, justement, était la figure de proue du nouveau régime. Pour cet inspiré du Collège de France, le sentiment national vient des profondeurs populaires, de la population des gens simples, source de toute vie, racine de toute histoire, plasma de toute nation. Patrie-matrie animée d’un mouvement ascensionnel : 1848 est une immense clameur montée des abysses et s’efforçant vers les hauteurs, comme un peuple qui sort de terre pour vivre son espérance.

Mais cette fièvre collective ne pouvait durer, papillon de bonheur éphémère. Le coup mortel à ce rêve quarante-huitard ne tardera pas avec les barricades de juin. L’ère des bons sentiments s’effrite déjà avec la dispersion violente par les autorités d’une manifestation ouvrière le 16 avril : cette fois, le Soleil  est uni à Uranus qui est au semi-carré de Neptune, conjoncture spécifique d’affluence de la lutte des classes qui prend position dans l’enceinte de cette république. Finie la révolution pacifique.

Viennent ensuite les premières élections françaises au suffrage universel. Que sait-on des réactions de cette masse populaire jusqu’alors silencieuse, à qui sont maintenant remises les destinées du pays ? A ce régime encore sans crédo, sans symbole, sans chant national …Ce saut dans l’inconnu survient le 23 avril, alors que le Soleil est en conjonction de Pluton (et à l’opposition de la Lune du thème). C’est le deuil : la France rurale de la province  condamne Paris. Avec la victoire des notables soutenus par le clergé, c’est, pour le peuple qui s’est soulevé et a renversé la monarchie, la révolution confisquée. Finie la peur qui laissait faire : avec, derrière elle la morale religieuse, la bourgeoisie reprend le pouvoir en main et n’entend plus s’en laisser imposer.

Cette attitude s’affirme déjà pleinement lors d’une émeute à l’Assemblée qui survient le 15 mai  : dès le lendemain, le mouvement populaire est décapité avec les arrestations de Blanqui, Barbès, Raspail, que l’on va condamner à la prison perpétuelle ! Jupiter est passé du trigone au sesqui-carré de Neptune. Mais le tournant décisif arrive avec les journées des 22/26 juin. Journées des barricades (insurrection du désespoir et de la misère des ouvriers parisiens) où le général Cavaignac fait tirer sur le peuple  de Paris. Episode de guerre civile : avec un millier de morts du côté des forces de l’ordre, on compte plusieurs milliers d’insurgés tués au combat, plus de 1500 fusillés sans jugement et 15 000 arrestations, dont 4000 condamnés à la déportation. On n’y est pas allé de main morte : le communisme naissant a de beaux jours devant lui… En Angleterre, Louis-Philippe, qui s’était retiré en refusant de suivre l’avis de l’impitoyable maréchal Bugeaud, s’écria : « La République a de la chance : elle peut tirer sur le peuple »…

Le 28 juin, après avoir dans une proclamation flétri « le plus grand crime », celui de s’insurger contre la souveraineté du peuple, l’Assemblée vote que Cavaignac a « bien mérité de la patrie » et le nomme Président du Conseil, gouvernement qui va durer jusqu’au 20 décembre 1848.  A ce premier tournant, l’ordre revient avec le trigone de Jupiter à Saturne, mais sur la brisure de l’espérance suscitée par cette république, ses décombres résultant du matraquage du double carré de Jupiter à Uranus et Pluton.

Vient le second tournant avec, cette fois, l’opposition de Jupiter à Neptune et c’est elle que nous atteignons (à 8° d’orbe) au cap où tout bascule. Le 10 décembre 1848 a lieu l’élection du président de la République. Contre toute attente, devant Cavaignac avec un million et demi de voix , Ledru-Rollin, Raspail et Lamartine aux maigres recettes, Louis Napoléon Bonaparte – un nom - l’emportait haut la main avec cinq millions et demi de voix, candidat le plus à même d’étrangler cette république pour lui substituer son pouvoir personnel. A l’élection, non seulement Neptune recevait au surplus le double carré d’une conjonction Mercure-Mars, mais encore, le Soleil bouclait un grand trigone avec Jupiter et Uranus. Et en attendant l’étranglement de cette Marianne, toujours sous le contre-courant de l’opposition jupitérienne à Neptune, le parti de l’ordre (Barrot-Falloux-Baroche) allait faire voter la loi Falloux du 15 mars 1850 faisant de l’Eglise la maîtresse de l’enseignement, ainsi que celle du 31 mai 1850 supprimant de fait le suffrage universel.

L’accaparement dictatorial du pouvoir devait se faire sous trois oppositions jupitériennes majeures, avec le coup d’Etat du prince-président du 2 décembre 1851, journée où le Soleil passait au carré de Neptune. Le peuple qui avait pris le pouvoir et qui en avait été écarté, jusqu’à la brimade, n’était plus là pour descendre dans la rue et sauver l’institution républicaine, la révolution ayant été flétrie dans le sang des ouvriers, loués d’abord comme des héros, puis traités comme des scélérats.

C’est sous le signe sacrificiel de la conjonction Soleil-Saturne des Poissons que cette république s’achevait, avec les martyrs du 2 décembre. On ne peut oublier la terrible répression de la dictature bonapartiste : les soldats et gendarmes qui sillonnent la campagne, traquant les insurgés fugitifs à travers toute la France et emplissant les prisons bientôt surpeuplées. Comment se débarrasser des quelque 25 à 30 000 opposants qui les encombrent ? Une soixantaine de députés républicains (dont Hugo, Schoelcher …) sont expulsés, dix-huit autres (royalistes comme Thiers et Rémusat) momentanément éloignés. Avec des châtiments divers : une dizaine de milliers déportés en Guyane et en Algérie, 1500 expulsés du territoire, 2800 internés, plus de 5000 sous surveillance de la police ! La IIe République avait commencé sous le rêve mystique de fraternité universelle de Neptune des Poissons, dans une euphorie romantique : temps des désillusions, elle finissait dans le cauchemar carcéral de Saturne des Poissons.

Voici les trois personnages qui – avec Louis Napoléon Bonaparte dont le thème  figure dans « Le Second Empire » - ont le plus marqué l’histoire de cette Seconde République.

Jacques Charles DUPONT DE L’EURE, né à Le Neubourg, Eure, le 27 février 1767, sans heure mentionnée sur l’acte.

Il pourrait bien avoir sa conjonction solaire en secteur IV, avec, du même coup, un ascensionnel Jupiter en X, car c’est à son 81e anniversaire qu’il  voit sa carrière couronnée. Cet avocat a déjà fait partie du Conseil des Cinq-Cents et il sera un des personnages de l’opposition libérale à la Restauration. Il finit par incarner l’idée républicaine, ce qui va si bien, comme homme d’opposition, à son trio solaire des Poissons face au couple Jupiter-Neptune de la Vierge.

Parce qu’il est le patriarche, estimé de tous comme un symbole, c’est à lui que revient la présidence du gouvernement provisoire de la République le 24 février 1848 : la quadruple conjonction Neptune-Soleil-Saturne-Mercure de ce jour, de 0° à 23° des Poissons, se superpose à son trio Mercure-Soleil-Vénus.

Son opposition Mercure-Neptune n’est pas sans évoquer quelque rêve républicain charitable et utopique. Quant à ses dissonances solaires, elles ne sont que trop bien accordées à un passage au pouvoir éphémère qui finit dans un naufrage.

 

Autre est la figure d’Alphonse de LAMARTINE , qui incarne pleinement le rêve de cette Seconde République.

Il est natif du 21 octobre 1790 à Mâcon. L’heure est inconnue, son acte de baptême du 22 le déclarant « né d’hier », mais il serait étonnant qu’il ne soit pas né vers 11 heures. Je lui ai consacré une étude substantielle dans L’Univers astrologique des quatre Eléments  parce qu’il est un auteur des plus typiques  à signature d’Eau. L’âme lamartinienne y baigne pleinement : poésie de l’âme, chant lyrique des plus intimes et subtiles nuances du sentiment, communion quasi-mystique avec la nature … Certes, la triple conjonction Soleil-Mercure-Neptune compose  déjà une forte note aquatique, mais il faut plus encore et rien ne lui va mieux qu’un alignement luni-neptunien à l’horizon. Du coup émerge l’ensemble AS-Sagittaire / Jupiter en IX, en compagnie de Vénus en Balance. Ce Bourguignon est d’abord un voyageur. Il découvre l’Italie en 1811, épouse une Anglaise, effectue un long périple en Orient, puis, faisant carrière diplomatique, devient une grande figure d’ambassadeur par la noblesse de son esprit ; il sera ministre des Affaires Etrangères du gouvernement provisoire de février 1848. Et, le secteur X pouvant ici s’exprimer, son œuvre n’est pas que littéraire. Avec sa conjonction neptunienne culminante, il est l’apôtre d’un idéal spirituel, d’un « christianisme libéral et social », pénétré d’esprit évangélique, « ouvert aux plaintes de la foule » qu’il incarne à la Chambre des députés de 1833 à 1851. Son Histoire des Girondins, parue en 1847, a contribué à ébranler le conservatisme de la politique de Guizot. Que Victor Hugo saluera ainsi : « Son éloquente et vivante « Histoire des Girondins » vient pour la première fois d’enseigner la Révolution à la France. » Et d’ajouter : « République, c’est bien. Tâchons que le mot n’empêche pas la chose. »  Sa popularité au charme magique est alors à son sommet (Neptune est au trigone de sa conjonction solaire).

C’est lui, avec Ledru-Rollin, qui, au milieu du tumulte d’un palais Bourbon en fièvre, demande la proclamation d’un gouvernement provisoire de la république, des noms étant aussitôt lancés : Arago, Dupont de l’Eure, Marie, ainsi que les deux orateurs. Et quand on force pour imposer le drapeau rouge, la nature Balance élégante et modérée de Lamartine proclame notre drapeau national qui prévaut : «Le drapeau rouge n’a jamais fait que le tour du Champ-de-Mars. Traîné dans le sang du peuple, le drapeau tricolore a fait le tour du monde avec la gloire et la liberté de la patrie. »

Lorsque les élections à la présidence de la République ont lieu le 10 décembre 1848, Lamartine pose sa candidature, mais il n’est plus l’homme de la situation. Typique est l’opposition des Soleils entre le rival principal, le prince Napoléon (29° Bélier) et le sien (28° Balance), alors que Uranus et Pluton sont en conjonction du premier et en opposition du second : il n’obtient que 17 000 médiocres voix contre les 5 454 000 (75 %) du bientôt futur empereur. Son temps est passé et il devra courber l’échine sous le Second Empire, avant de disparaître le 28 février 1869.

O nuits, déroulez en silence,

Les pages du livre des cieux !

Si Lamartine fut l’âme de la Seconde République, tout autre est le troisième personnage, Eugène CAVAIGNAC, qui, avant Napoléon III, est déjà en rupture de ban avec la fête révolutionnaire de février 48. Il en est, en quelque sorte, le premier fossoyeur.

On le sait natif de Paris, « du 24e jour du mois de Vendémiaire de l’an 11, né d’hier à 8 heures du matin », soit le 15 octobre 1809. Fils d’un député de la Convention, il deviendra général et  député, puis ministre de la Guerre dans le gouvernement provisoire. Et c’est lui qui est chargé de faire face à l’insurrection populaire de juin 1848, qu’il réprime impitoyablement. Le 28 juin 1848, l’Assemblée, après avoir dans une proclamation flétri « le plus grand des crimes », celui de s’insurger contre la souveraineté du peuple, a voté que « Cavaignac a bien mérité de la patrie » et le nomme Président du Conseil.

Le temps des Poissons est fini. Une bien conservatrice conjonction Jupiter-Saturne de la Vierge en X ne pouvait pas mieux symboliser le respect de l’ordre et des valeurs établies. De la part d’un homme moralement musclé par un triangle reliant à l’AS en Scorpion, Mars et Pluton, ne craignant pas même le plein usage de la violence pour faire prévaloir les droits de l’Etat, le MC se joignant à un carré Mars-Uranus. Mais bien douloureuse épreuve du pouvoir d’un Soleil maître du MC en XII et en chute.

 

Candidat à la présidence de la République, il ne fit pas le poids devant Badinguet-Bonaparte et sa carrière devait s’interrompre avec la venue du Second Empire.

 

LE MONDE DE LA SECONDE REPUBLIQUE

 

Personnages politiques.

François ARAGO (Estagel, P.O., 26 février 1786, sans heure, e.c.). Ce savant astronome à conjonction Soleil-Vénus en Poissons (8° et 2°) est en première loge  des astralités de la naissance de la Seconde République, avec Dupont de l’Eure ; l’un et l’autre à deux doigts de son anniversaire. Outre qu’il a quatre positions planétaires en Verseau. Député d’extrême-gauche depuis 1830, il lui revient d’être membre de son gouvernement provisoire, y devenant même ministre de la Marine ! Il sera surtout heureux de signer l’acte d’abolition de l’esclavage dans les colonies, ce qui suffit à sa gloire, et il quittera la vie politique au 2 Décembre.

Louis-Antoine GARNIER-PAGES (Marseille, 10 juillet 1803, 18 h, e.c.). Un ancien courtier de commerce, élu député en 1842, fort actif à la « campagne des banquets », au point de figurer lui aussi parmi les membres de ce gouvernement provisoire de février 48, au ministère des Finances ; puis à l’Assemblée constituante suivante. Il sera, plus tard, un des fondateurs de la IIIe République. Il est né au passage au méridien d’une opposition Lune-Jupiter, renforcée par Uranus.

Adolphe CREMIEUX (Nîmes, 30 avril 1796, 6 h, e.c.). Ici, la Lune au Verseau culmine sur fond d’un rectangle valorisant un trigone Jupiter-Neptune. Député depuis 1842, il est aussi présent à ce même gouvernement provisoire, à la Justice. Il sera emprisonné au 2 Décembre. Réélu en 1869, il sera aussi l’un des fondateurs de la IIIe République, à la Justice au Gouvernement de Défense nationale de 1870. Il y fera adopter le « décret Crémieux » attribuant la citoyenneté française aux Juifs d’Algérie, véritable délivrance de leurs chaînes (la Lune en Verseau culminante accompagnée de Soleil et Mercure en XII).

Alexandre Thomas MARIE (Auxerre, 15 février 1797). Député à la Monarchie de Juillet, il est ministre des Travaux publics au même Gouvernement provisoire. Soleil, Mercure et Vénus en Verseau, avec Jupiter en Poissons, entourant la conjonction solaire de la République.

Louis BLANC (Madrid, 29 octobre 1811, 22 h, e.c.). Culmination d’une Lune en Bélier avec Mars du Capricorne au coucher (en VI), sous un lever de Jupiter au trigone d’une conjonction Soleil-Vénus en Scorpion. Sociologue avant la lettre et auteur en 1847 d’une Histoire de ka Révolution française, Louis Blanc est travaillé par le problème de la condition ouvrière. Il préconise, dans le cadre d’un Etat-patron, un droit au travail que celui-ci doit assumer. Sous la pression de la population (Lune-Bélier en X), il entre au Gouvernement provisoire de février 48, et y est le plus profondément impliqué en créant des ateliers nationaux, tendant à secourir et occuper les ouvriers ; expérience qu’une situation économique critique fera échouer, la mauvaise volonté du pouvoir de l’argent aidant. Il n’en sera pas moins rendu responsable de l’insurrection de la misère et de la faim du printemps et il devra échapper à l’arrestation en s’exilant en Angleterre jusqu’en 1870.

Alexandre Martin dit ALBERT (Bury, Oise, 27 mars 1815, 20 h, e.c.). Il convenait que cette Seconde République, d’inclination prolétarienne, accueillît au pouvoir , dans ce Gouvernement provisoire, un représentant des travailleurs manuels. Sous l’aile de Louis Blanc, ce fut cet ouvrier mécanicien, venu politiquement d’une société secrète révolutionnaire dont il était le chef (conjonction Mercure-Pluton des Poissons). Il allait être, avec Barbès et Blanqui, l’instigateur de l’insurrection du 15 mai (l’Assemblée envahie par les émeutiers), ce qui lui valut la déportation. Il sera amnistié en 1859. Ce prolétaire ministre à casquette d’ouvrier a le Soleil exalté maître du MC en VI et très fortement aspecté ; il est vrai aussi en opposition de Jupiter en XII, ce qui fait comprendre son basculement de la dignité de ministre à l’exil.

Ferdinand FLOCON (Paris, 1er novembre 1800, pièce absente à l’état civil). Rédacteur en chef activiste de La Réforme  – face au modéré National – réunissant la gauche prolétarienne, avec L.B. Marrast et Albert, celui-ci clôt la liste des membres du Gouvernement provisoire où il est ministre de la Guerre. Il sera aussi de l’Assemblée constituante de 48-49, puis exilé à la suite du coup d’Etat du 2 Décembre. Il y avait apporté le souffle révolutionnaire d’une conjonction Soleil-Neptune en opposition de Mars.

Victor SCHOELCHER (Paris « Du Cinq Thermidor An 12 de la République à onze heures, Acte de naissance de Victor … né le 3 … », soit le 22 juillet 1804, 13 h, reproduction de l’acte de naissance dans  L’astrologue n° 122). Avec son Soleil et Mercure en IX, c’est un voyage de jeunesse à Cuba et dans le sud des Etats-Unis qui fit jaillir en lui «la passion pour la liberté, la sympathie pour tout ce qui souffre ». « La propriété de l’homme sur l’homme est un crime », dira-t-il, et il aura vécu comme un apostolat laïque (Neptune du Scorpion en I) son combat obstiné pour faire cesser la honte de l’esclavage. C’est ce qu’il imposera parmi les actes immédiats de cette Seconde République. On peut d’autant mieux le comprendre qu’il est né au  lever de Jupiter en Balance, en homme généreux épris de justice, avec au surplus une culmination de Vénus en Lion.

Hippolyte CARNOT (Saint-Omer, P. de C., 7 avril 1801, 11 h, e.c.). Fils cadet de Lazare, avocat réputé et adepte du saint-simonisme, il devient ministre de l’Instruction publique sous cette Seconde République, où il fait œuvre utile. Opposé au coup d’Etat, il prend le large, mais combattra dans l’opposition de gauche sous l’Empire. Jupiter à l’AS se triangule harmoniquement à Mercure maître de III au MC et à Uranus en III

Comte Alfred Frédéric de FALLOUX (Angers, 8 mai 1811, 14 h, e.c.). Personnage connu en raison de la loi qui porte son nom. Ce royaliste catholique la fait voter le 15 mars 1850 qui institue un enseignement confessionnel au détriment de la laïcité. Il existe un air de famille Jupiter-Gémeaux (formation adolescente) entre Guizot avec sa première loi sur l’enseignement, Royer-Collard qui défend l’enseignement public, la IIIe République qui l’instituera et Falloux, mais avec celui-ci, nous avons l’opposition d’une conjonction Mercure-Jupiter-Gémeaux en IX à une révolutionnaire conjonction Mars-Neptune en III. Avec même six oppositions quasi-rassemblées, cet homme de division illustre les  conflits de l’enseignement qui reviennent périodiquement en France.

Victor BAUDIN (Nantua, Ain, 23 octobre 1811, 6 h, e.c., Ch.). Ce médecin, franc-maçon et député en 1849 laisse son nom pour s’être exposé sur une barricade le 3 décembre 1851 où il trouva la mort. Au coup d’Etat du prince président, les ouvriers trompés abandonnèrent un régime qui n’était plus le leur. D’où une accusation faite au député de lutter seulement pour défendre ses intérêts. Cette apostrophe aurait eu comme réplique : « Vous allez voir, citoyens, comme on meurt pour 25 francs par jour. » Certes, maîtresse de VIII, Vénus est en I, en Scorpion et en dissonance de Pluton ; ce qui est une note juste, mais d’un faible poids dramatique qui laisse dans l’interrogation.

François Vincent RASPAIL (Carpentras, 24  janvier 1794, 22 h, e.c.). Un Mars puissamment épaulé par les sextils d’un trigone Jupiter-Uranus et appliquant à Lune- Neptune-Scorpion en opposition de Saturne, fait comprendre que ce biologiste-chimiste ait pu sacrifier sa passion scientifique à la foi révolutionnaire qui a éprouvé sa vie, le Soleil du Verseau étant au double carré de cette opposition de Mars-Neptune à Saturne, comme s’il avait été une victime du destin révolutionnaire . Très jeune se manifestent ses aspirations politiques radicales et déjà il participe à la révolution de 1830 ; il est en vedette à la suivante de 1848, y jouant un rôle insurrectionnel aux manifestations populaires. Arrêté à celle du 15 mai, sans considération de sa valeur scientifique, cet homme plein d’humanité écope six ans de prison (1848-1853) puis un bannissement jusqu’en 1863 ! Député de l’opposition en 1869 et réélu en 1877 à l’extrême-gauche, sous la IIIe République. Et à quatre-vingt ans, sans nullement le mériter, il sera encore condamné à deux ans de prison …

Jules MICHELET (Paris, 21 août 1798, e. c.). L’heure fait malheureusement défaut ; néanmoins, la tentation est grande de retenir celle du passage de Neptune du Scorpion au FC, en résonance avec une conjonction Vénus-Saturne du Cancer, vu le pouvoir de résurrection du passé de cet historien, restitué sous l’aspect souterrain de sa légende, grâce au  gisement tellurique de ses racines ; ce qui lui fait soupçonner des trésors cachés au plus profond des couches populaires, fond vivifiant s’approchant de la « soupe originelle » ; frémissement vital chargé du souffle d’un Soleil du Lion en I au trigone de la Lune du Sagittaire et avec un Jupiter en X. Ce qui va si bien à ce « fils de la plèbe », comme il se nomme, qui accède au Collège de France pour y faire entendre sa voix magistrale et pour qui le monde est porté par la marée humaine, le peuple étant le grand auteur de l’histoire. L’ Histoire de la Révolution française est, à ses yeux, le plus glorieux épisode de l’épopée humanitaire et fraternelle dont il se veut le chantre. Entré au Collège de France en 1838, il sera suspendu en janvier 1848, rétabli sous la Seconde République et en arrêt dès mars 1851.

Edgar QUINET (Bourg, Ain, 17 février 1803, 18 h, e.c., Ch.). Avec Michelet, cet historien est au Collège de France un des plus ardents adversaires du cléricalisme, ce qui ira jusqu’à la suspension de sa fonction en 1846. En février 1848, il y inaugure la Seconde république. A l’extrême-gauche à l’Assemblée, il se prononce pour la séparation de l’Eglise et de l’Etat et contre l’expédition française au service de Rome en 1849. Il est proscrit après le coup d’Etat du 2 Décembre et il ne rentre en France qu’en 1870 pour y récupérer son poste universitaire, tout en étant député à l’Assemblée en 1870. Son Neptune du Scorpion est au FC, au sextil de Saturne de la Vierge entrant en conjonction de l’AS, en affinité avec le savant. Quant à son hostilité anticléricale, sans doute vient-elle de Pluton conjoint au Soleil et à Mercure en pointe de VII, outre que sa carrière de lutte s’inscrit aussi avec son Mars en X, auquel s’oppose la Lune.

Victor CONSIDERANT (Salins, Jura, 1er octobre 1808, 8 h, e.c. Ch.). Imbu d’une humanité profonde (conjonction Lune-Jupiter en Poissons), ce philosophe qui s’était d’abord consacré à l’enseignement de la pensée de Fourier, exprime un Uranus à l’AS en Scorpion, occupé également par Saturne en I, dans une œuvre critique du système capitaliste (Principes du socialisme (1847), concevant ensuite une Théorie du droit de propriété et du droit du travail (1848). Le juste milieu d’un trio Soleil-Mercure-Vénus en Balance, fondateur de journal Démocratie pacifique. Elu député en 1848, il vivra en exil sous Napoléon III (trio en XII).

Pierre-Joseph PROUDHON (Besançon, 15 janvier 1809, 18 h, e.c. Ch.). Si, comme on va le voir, pour le Taureau du secteur II qu’est Marx, c’est l’avoir, le capital, qui est au centre de ses pensées, avec ce modeste fils de tonnelier, ouvrier typographe, dominé par une triple conjonction Soleil-Lune-Mercure du Capricorne en VI, c’est le travail qui tient cette place. « La propriété, c’est le vol » avait-il dit, avec provocation, pour la situer en position seconde et en la relativisant. Dès 1843, il fait du travail le seul capital réel, et il finira par croire en la liberté humaine, inscrite dans le monde par la force qui est l’essence de l’humanité : le travail. Son socialisme se propose d’en traiter l’organisation, faisant de lui – avec l’ assistance du Jupiter des Poissons en VIII, maître de la conjonction Saturne-Neptune du Sagittaire – le père des coopératives ouvrières, du syndicalisme révolutionnaire, des sociétés de secours mutuel et des mouvements associatifs. Il ne fait pas parler de lui en février 48, mais, député en juin suivant, son tempérament polémique (Mars en III) lui vaut un emprisonnement (1849-1852) qui le contraint à se réfugier en Belgique pour achever son œuvre. Il sera de retour à Paris en 1862, où il mourra en 1865.

Karl MARX (Trèves, All., 5 mai 1818, 2 h, e.c. L.). En lecture immédiate, ce qui frappe aussitôt, c’est que Marx présente une conjonction des luminaires en Taureau et en secteur II, et que l’essentiel de son œuvre en trois volumes porte le titre : Le Capital. L’ entrée dans son thème par cette artère centrale débouche sur un trapèze dont la base est une opposition Mars-Jupiter et le sommet le sextil de la conjonction soli-lunaire à Saturne des Poissons en I, l’homme étant habité par la rapport conflictuel du pouvoir économique et de la misère humaine. Sous l’aspect de l’autre conjonction dominante Uranus-Neptune à la culmination, l’opposition Mars-Jupiter mobilise sa vie dans un grand combat, action militante sur le terrain du rapport capital-travail, dans l’affrontement d’une lutte des classes entre la bourgeoisie et le prolétariat. Le Manifeste du Parti communiste voit le jour en janvier 1848, traçant l’action révolutionnaire et il sera à la tête de la Première Internationale, créée en 1864.

Friedrich ENGELS (Barmen, Rhénanie, 28 novembre 1820, heure inconnue). Si le Jupiter en XI, trigone aux luminaires en II, de l’impécunieux Marx signifie le secours matériel venu de son ami Engels, fils de bourgeois aisé, où domicilier la concentration des cinq astres du Sagittaire de celui-ci si ce n’est là où se greffe l’essentiel de sa vie : sa collaboration historique avec Marx en un duo inséparable ? Sa naissance devant se localiser au coucher du Soleil avec l’amas en VII. Et si la conjonction Uranus-Neptune du premier culmine, chez le second, c’est une conjonction Mercure-Mars qui s’y joint, critique et militante. Ce foyer interfère avec une opposition de Jupiter des Poissons à une Lune de la Vierge. Janus d’un industriel nanti, profondément humanitaire, choqué par la condition ouvrière subordonnée et misérable, une motivation affective étant aussi un ressort de sa passion intellectuelle ( Marx étant dépourvu d’une telle note)). Outre que le Sagittaire est patent chez cet homme qui mène une vie européenne, placé qu’il est au cœur du mouvement révolutionnaire international.

Max STIRNER (Beyreuth, 25 octobre 1806, 6 h, e.c. Prof. Arno Müller). Un des thèmes les plus uraniens qui puissent exister, l’astre étant en conjonction de l’AS, du Soleil, de Mercure et de Vénus, la présence de Saturne y accentuant son radicalisme. Auteur en 1845 de L’Unique et sa propriété qui est le bréviaire de l’individualisme anarchiste, le droit de sa personne y étant érigé en idéal. Pour ce prophète de l’école libertaire, chaque être humain possède en soi une valeur éminente. Ce qui est sacré, c’est cette unicité ; chacun de nous est différent de tous les autres et cette singularité de notre personne est une valeur absolue. Chaque individu est donc le plus irremplaçable des êtres et il lui appartient de faire prévaloir le droit divin de son individualité – unicisme absolu -contre tous les empiètements d’autrui, y-compris de l’Etat et de Dieu ! S’il y avait eu un vœu à exhausser pour une parfaite corrélation uranienne, nulle autre que celle-ci n’eut mieux convenue.

 

Les maréchaux de la Seconde République.  Sources des archives de Vincennes.

Jérôme BONAPARTE : Ajaccio, 15 novembre 1784, « né à 2 heures après midi » (livre de raison de son père Charles Buonaparte). Lever de Jupiter au sextil d’une conjonction Lune-Vénus du Sagittaire au MC, et au carré du Soleil, en compagnie de Mercure et Mars, en Scorpion et en VIII. Le règne d’Eros : les femmes et l’amour ont compté par dessus tout dans la vie du dernier des frères de Napoléon, qui n’avait rien d’un foudre de guerre… Ainsi astralisé, ce receveur de cadeaux ne pouvait qu’avoir les faveurs de son neveu, devenu Président de la Seconde République : gouverneur des Invalides (23 décembre 1848), maréchal de France (1er janvier 1850), le nouvel empereur allant lui accorder au surplus la présidence du Sénat (28 décembre 1852), etc …

Isidore EXELMANS : Bar-sur-Ornain, Meuse, 13 novembre 1775, baptisé le même jour. Le bel indice d’un sextil Soleil-Pluton perpendiculaire à la corde tendue d’une opposition Mars-Sagittaire/Jupiter-Gémeaux, convient à ce fils de négociant qui s’enrôle à seize ans pour devenir, compagnon de Murat, l’un des plus grands cavaliers sabreurs de l’épopée napoléonienne. Après la proscription de la Restauration, c’est le neveu de l’empereur, prince président, qui devait lui remettre son bâton de maréchal le 10 mars 1851. Il devait n’en profiter que quelques saisons, puisque, victime cette fois de son opposition, il allait mourir le 22 juillet 1852, le crâne fracassé par une chute de cheval.

Baron Jean Isidore HARISPE : Mauléon, Basses-Pyrénées, 7 décembre1768, baptisé le même jour. Un Mars du Bélier adossé à un Uranus à la pointe d’un losange : une brillante carrière de simple soldat au départ, que couronne le maréchalat à quatre-vingt-trois ans le 11 décembre 1851. Sa conjonction martienne est aussi au sesqui-carré du Soleil, et ses blessures ne se comptent pas, en particulier une jambe traversée d’une balle à Iéna.

Jean-Baptiste VAILLANT : Dijon, 6 décembre 1790. Un Uranus du Lion au trigone des quatre rapides en Sagittaire livre ce polytechnicien, officier du génie, admirateur tout feu tout flamme du prince président, donnant son adhésion complète au coup d’Etat du 2 décembre 1851, et illico récompensé maréchal de France le 11 décembre suivant. Un homme de brillante carrière, à qui aucune décoration n’allait être refusée.

 

Cas divers.

Giuseppe GARIBALDI : Nice, 4 juillet 1807, 6 h ; e.c. Ch. Ce fils de marin, baroudeur aventurier, se reflète à travers un lever de Mercure du Lion, derrière une Lune des Gémeaux et un Soleil du Cancer, et en aspect de Mars et de Jupiter, le premier en sortie du méridien et le second en entrée de coucher à l’horizon. « Cœur de lion et tête de buffle » a-t-on dit de cet indépendant entraîneur de combattants, prêt à se battre pour la liberté et qui, au cœur du climat révolutionnaire de 1848, a incarné l’Italie du Risorgimento s’affranchissant du joug étranger : Tant qu’il y a en Italie des chaînes à briser, j’y suivrai ma vie ou j’y laisserai mes os. Ce chef des chemises rouges, qui a aidé bien des pays, mettra même en 1970 son épée au service de la France, laquelle, à travers quatre départements, l’élira député, exemple parmi d’autres d’une vie finissant en prestigieux personnage.

Urbain LE VERRIER : Saint-Lô, Manche, 11 mars 1811, 10 h, e.c. L.  Les astronomes ayant constaté que la nouvelle planète découverte par William Herschel, Uranus, suivait un parcours imprévu que pourrait expliquer l’intervention d’un corps céleste inconnu au-delà d’elle, François Arago, directeur de l’observatoire de Paris, engagea Le Verrier à résoudre ce problème, ignorant l’un et l’autre qu’en Angleterre John Adams traitait déjà la question et parvenait à la résoudre, mais allait être victime d’un bureaucrate enterrant le dossier de son œuvre dans un placard. Si bien que Neptune, découvert à l’approche de la révolution européenne de février 1848 où il allait se manifester, fut visuellement identifié à l’observatoire de Berlin le 23 septembre 1846 à 22 heures, temps universel. Chez le Français, Neptune a précisément la position la plus éminente pour être à la fois en conjonction du DS, au sextil du MC et maître du Soleil  dans son signe et en X. L’infortuné britannique, dont l’heure natale est ignorée, avait son Neptune en ligne du mire face au Soleil, affecté d’un effet d’opposition. 

 

Panorama féminin.

Flora TRISTAN : Paris, 7 avril 1803, e.c. L’heure faisant défaut, on est tenté de poser de I à VII son opposition du Soleil du Bélier à sa conjonction Lune-Uranus en Balance, chez cette saint-simonienne criant sa liberté féminine et revendiquant dans une campagne véhémente le divorce et l’amour libre. Elle a été mariée par nécessité à dix-sept ans, contrainte de quitter quatre ans plus tard son mari – un scandale ! – bien qu’enceinte d’un troisième enfant, n’en pouvant plus des scènes d’un alcoolique, d’ailleurs condamné plus tard à vingt ans de bagne pour avoir tiré sur elle un coup de pistolet. Cette pionnière française du féminisme – avec Mercure et Vénus en Poissons, elle se sent tenue de défendre une cause collective – découvre, d’un passage au Pérou, que les droits de la femme sont inséparables de ceux des autres sortes d’esclavage, anticipant l’esprit du socialisme naissant. Descendant sur le terrain pour incarner ses idées, elle fait, seule, en 1844, un tour de France, parcourant à pied les rues boueuses, bottines trouées et la police aux trousses, bousculant les patrons aux portes des ateliers et tenant des discours enflammés dans un véritable messianisme Poissons, jusqu’à sa mort en fin d’année.

George SAND : Paris, 1er juillet 1804, 15 h, e.c. De la même génération d’Uranus en Balance, l’opposition de celui-ci à sa Lune du Bélier a tôt fait de faire aussi de ce grand écrivain une femme libre vivant l’amour à sa guise, outre que cette fille spirituelle de Jean-Jacques Rousseau (anniversaires cancériens voisins) a aussi un don d’humanité – un Neptune du Scorpion en I triangulé au Soleil – qui l’a rendue sensible à la communion révolutionnaire de février 1848. Son féminisme libérateur ne pouvait que la conduire à un engagement politique inspiré de communisme évangélique, la quarante-huitarde engagée allant être naturellement déçue politiquement, au point que, l’âge venu, la « bonne dame de Nohant » finira dans la tiédeur d’un radical-socialisme de IIIe République, mais sans perdre son fond mystique de religiosité panthéiste.

Princesse Cristina de BELGIOJOSO : Milan, 28 juin 1808 « alle ore 10e tre quarti » selon l’acte de baptême reçu par Rosanna Zerilli. Lever de Lune du Lion, culmination de Mars et coucher de Jupiter-Pluton avec trio Soleil-Vénus-Mars en X ! Cette ardente patriote, qui a l’âme d’une conspiratrice en exil (conjonction jovi-plutonienne des Poissons faisant écho à la Lune en XII) (depuis 1831) participe activement au Risorgimento et à la révolution de 1848, écrivant des brûlots, organisant des ambassades, levant dans un Milan insurgé un bataillon de volontaires, soignant les blessés et défilant à la tête de ses troupes. Cette grande dame à conjonction Vénus-Mars des Gémeaux culminante fut aussi une amoureuse aux conquêtes prestigieuses et parmi ses adorateurs se sont présentés La Fayette, Augustin Thierry, Thiers, Victor Cousin, Musset, Chopin, Liszt … Bref, en tous sens, un feu d’artifice !

Jeanne JUGAN : Cancale, Ille-et-Vilaine, baptisée le 25 octobre 1792, née du jour ou de la veille. Un Neptune qui reçoit ensemble une conjonction Soleil-Mercure-Jupiter et qu’accompagne une Lune des Poissons. Voici une fille de marin, bientôt orpheline et petite domestique, mais riche d’une immense miséricorde. Cela lui vient d’abord inopinément alors qu’un jour elle recueille dans son logis une vielle malade abandonnée à qui elle donne sa chambre et son lit. Puis, plus tard, un soir d’hiver, elle amène chez elle une affamée grelottante sans abri. Ainsi commence une prodigieuse aventure de charité : bientôt, elle se met à rechercher dans les rues les femmes abandonnées ; puis ensuite, par un élan de contagion, elle entraîne à sa suite d’autres secouristes. C’est de la sorte que va s’organiser, à partir de 1842, l’institution des Petites Sœurs des pauvres, ces mendiantes de Dieu ayant fini par donner leur « soupe populaire » dans le monde entier. Une grande dame humanitaire.

Marie-Juliette Grimailh dite Elisa LEMONNIER : Sorrèze, Tarn, 24 mars 1805, 1 h, e.c. selon une biographie. La présence en III d’une conjonction Mercure-Vénus des Poissons et d’un Soleil en grand trigone de Mars-Lion et Jupiter-Sagittaire est un beau miroir de cette pédagogue saint-simonienne qui consacra tous ses efforts à la condition féminine. A la révolution de 1848, on la voit fonder à Paris un atelier de couture pour aider deux cents mères de famille. Ensuite, sa Lune du Capricorne en I donne toute sa mesure lorsqu’elle crée une société de protection maternelle prenant en charge des orphelines ; voie l’amenant à la fondation d’un enseignement professionnel à l’origine des écoles parisiennes Elisa Lemonnier, tâche où elle se dévouera jusqu’à sa mort en 1865.

Marie PAPE-CARPENTIER : La Flèche, Sarthe, 10 septembre 1815, 20 h. e.c.. Dès son plus jeune âge, elle s’occupe d’une salle d’asile pour les enfants. Lorsque est fondée en 1848 l’Ecole Normale Maternelle de Paris, c’est elle qui en devient la directrice. Elle sera nommée plus tard inspectrice générale des salles d’asile, puis elle organisera pour les classes élémentaires la méthode d’enseignement par les yeux à l’aide d’images instructives. Cette pédagogue est aussi l’auteur d’histoires et de leçons de choses pour les enfants. Vertu ouvrière d’une virginienne de conjonction Soleil-Mercure en VI, qu’occupe également une conjonction Vénus-Jupiter,  au service de la cause maternelle d’une conjonction Lune-Neptune du Sagittaire.

Lola MONTES : Limerick, Irlande, 23 juin 1818, selon ses biographes. L’errance sans fin d’une cancérienne femme-enfant narcissique, dont le carré Lune-Poissons/Mercure-Gémeaux s’aggrave d’oppositions de Mercure et du Soleil à Jupiter, Uranus et Neptune. Cette aventurière en quête de sensations fortes pour se sentir vivre, à la vie débridée d’une hystérique en mal de rôle sensationnel à jouer, allait faire tomber dans ses filets le non moins lunaire (bien que différemment) Louis 1er de Bavière, roi baroque à conjonction Vénus-Neptune, sexagénaire s’enchaînant aux pieds de sa danseuse, le Saturne de celle-ci étant sur le MC du monarque. Et c’est la surenchère de scandale de cette provocatrice qui engendrera l’insurrection de février 1848 où le roi perdra sa couronne.

Elisabeth-Ann Harriet dite Miss HOWARD : Brighton, baptisée le 13 août 1823, biog. Simone André-Maurois. A la vue de son Soleil (avec Mercure) à 19°-20° du Lion - à deux pas de celui de Napoléon dont elle partage aussi une opposition Jupiter-Uranus, et peut-être également une Lune sur son AS, on comprend que cette Anglaise ait été une grande admiratrice de l’empereur. Ce qui peut expliquer qu’à sa première rencontre londonienne de juin 1846 – vertu du déplacement d’un transfert – elle soit aussitôt tombée amoureuse du neveu portant le même nom. Evadé romantique en exil, de surcroît impressionnant de proclamer sa conviction prophétique de devenir empereur à son tour et confirmant à la chute de Louis-Philippe : « Je lui succéderai ! ». Ce sera le grand amour de sa vie et elle lui consacrera sa fortune pour le hisser au pouvoir. Mais quand, surtout grâce à elle, il y sera parvenu, la belle n’en sera pas récompensée. Sa conjonction solaire se ramifie par semi-carrés à un carré Vénus-Jupiter, spécifique d’un désaccord amour-fortune, amour-réussite, amour-pouvoir … Cette femme qui aura fait d’abord le prince-président et ensuite l’empereur, sera discrètement évincée. Basculement radical d’une opposition Vénus-Pluton de l’amour à sa mort : le volage empereur, à la barbiche de faune et aux moustaches effilées de fin chasseur, lui substituera Eugénie de Montijo. Laquelle,  d’abord écartelée entre son faible penchant du cœur et sa tentation de la grandeur - sa manière à elle de vivre son propre carré Vénus-Jupiter -  inclinera vers le trône avec sa Vénus du Taureau. Impératrice néanmoins outrageusement trompée, cette Vénus subissant la corruption d’un sexqui-carré neptunien.

 

Paris le 1er octobre 2007.

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