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LE SECOND EMPIRE

avec le concours de Didier GESLAIN

Après avoir traité initialement « La Révolution Française », « Napoléon » et « La IIIe République », puis, en succession derrière « La IVe République » : « La Restauration », « La Monarchie de Juillet » et « La Seconde République », j’en viens au « Second Empire ».

Ainsi qu’il en est pour les entrées en matière des tranches historiques précédentes, voyons pour commencer ce qui ressort du rapport des configurations du début avec celles de la fin de ce Second Empire.

 

Sans doute y-a-t-il, ici, une possibilité de choix à fixer un commencement au parcours historique du pouvoir de Louis NAPOLEON BONAPARTE, car si l’on sait bel et bien que la déchéance foudroyante du Second Empire eut lieu le 4 septembre 1870 avec aussitôt la proclamation de la IIIe République, trois étapes successives marquent son accès au pouvoir. La première, lorsqu’il fut élu Président de la IIe République, le 10 décembre 1848 ; elle compte parce que ce fut une surprise et comme un miracle. Ce prince qui n’était rien la veille, qui n’avait qu’une poignée de partisans, tenu pour quantité négligeable ( Thiers le traite alors de « crétin »), devenait chef de l’Etat. La seconde, où il est déjà mis en selle, est son effroyable coup d’Etat du 2 décembre 1851 ; puis la troisième,  qui est son auto-proclamation d’ empereur du 2 décembre 1852..

 

Or, il y a matière à s’interroger. Jugeons-en à travers un transit capital. Le 4 septembre 1870, Saturne est à 22° du Sagittaire, chargé par l’opposition de Jupiter à 24° des Gémeaux. Et, tour à tour, ces trois dates sont concernées : le 10 décembre 1848, le Soleil est à 18/19° du Sagittaire ; le 2 décembre 1851, outre qu’il s’y trouve non loin, Mercure et Vénus sont à 23-25° du Sagittaire ; et le 2 décembre 1852, devant une conjonction Soleil-Jupiter voisine, Mars se loge à 24° du Sagittaire, le nœud lunaire sud étant à 29° du signe. Répétition de positions voisines qui confère une valeur de  continuité du même, un pouvoir s’enracinant par étapes successives, l’une derrière l’autre.

 

Maurice Druon (L’astrologue n° 131) et avec lui les historiens retiennent une tranche de Second Empire de dix-huit ans. Et si Jupiter est à 5° du Sagittaire lorsqu’il se fait empereur, à sa chute du 4 septembre 1870, on le trouve à 24° des Gémeaux, l’opposition passée d’une vingtaine de degrés étant toute fraîche.

 

Toutefois, le découpage cyclique le plus parlant est l’intervalle qui sépare de la chute finale le coup d’Etat du 2 décembre 1851. Cela peut se comprendre : c’est là que le personnage a joué son va-tout et s’est véritablement emparé des pleins pouvoirs en dictateur, le nouveau régime s’installant dans son style autoritaire, derrière lequel le plébiscite de novembre 1852 n’est plus qu’une consécration impériale officielle. De ce point de départ au point d’arrivée se répète une opposition Jupiter-Saturne, la différence de l’une à l’autre caractérisant le passage d’une extrême-droite à une gauche nouvelle. En effet, au premier temps, l’opposition jovi-saturnienne se double d’une conjonction Saturne-Uranus – le Second Empire répète la configuration du Premier Empire, survenu à la même conjonction précédente – et d’une opposition Jupiter-Uranus, experte en l’art du forcing, de l’excessif, de l’autoritarisme, de l’aventure. Tandis qu’au second temps, l’opposition se ramifie en triangulation harmonique avec Neptune, le trigone Jupiter-Neptune du temps premier ayant été neutralisé par un carré Soleil-Neptune.

 

Maintenant que le décor est planté, voyons l’homme, venu au monde au Palais des Tuileries à Paris, le 20 avril 1808 à 1 heure du matin, source officielle, qui devient ici NAPOLEON III.

Ses astralités font ressortir le frappant contraste d’un Saturne souverain et d’un Mars terrible, cocktail détonant de Terre et de Feu, de glacé et de brûlant, d’introversion et d’extraversion, de secondarité et de primarité, de retenu et d’excessif, d’obscur et d’éclatant … On ne s’étonne pas que les historiens aient perçu en lui un tissu de contradictions : timide ambitieux, rêveur fiévreux, tenace et patient jusqu’à l’entêtement d’un impulsif risque-tout, etc … Le Saturne du Scorpion signe une nature obscure, secrète, dissimulée, fermée, plus ou moins tortueuse, parfois inquiétante, généralement ténébreuse et enténébrée, et l’on ne peut que s’interroger sur son compte.

Saturne en Scorpion au MC (peut-être encore valorisé par sa présence sur l’axe des nœuds lunaires), en sortie de carré lunaire du Verseau, s’apprête à la réception du sextil de l’AS en Capricorne. C’est là tout un monde saturnien, dans le sombre du huitième signe, qui prend possession de son personnage, à travers sa source familiale.

Il est né de la vaine tentative de réconciliation d’un couple parental désuni – le père étant Louis Bonaparte, frère de Napoléon, et la mère, Hortense de Beauharnais, fille de Joséphine, l’impératrice – couple qui se disloque deux ans plus tard, après avoir été sur le trône de Hollande, le père quittant le domicile conjugal à tout jamais – et, en outre,  surtout même, ce fils étant le neveu du grand Napoléon et en portant le nom. Epreuve et grandeur d’un pesant fardeau saturnien. L’astre a aussi le poids que lui attribue un maître d’AS posé au MC, une manière de se sentir habité par un puissant devenir.

 

                                   Il est écrit que je serai bientôt empereur des Français.

 

Tel est ce que répétait à Londres le prince Louis Napoléon, les yeux pleins de songes, du temps qu’il y faisait figure d’évadé romantique ; certainement visité par la conviction profonde qu’il était porteur d’un tel destin, en une lourde prédestination. Avec en plus l’amplification de l’aura de Neptune en X : la légende napoléonienne incarnée par son nom propre attend son heure pour se dévoiler. Et c’est une telle foi visionnaire qui motive les folies invraisemblables de cet aventurier, lesquelles nous rabattent sur ce quadruple Bélier, pourvu d’une conjonction exacte Soleil-Mars en opposition d’Uranus, presque à la verticale du méridien, outre son semi-carré à Pluton !

 

Noirceur d’un Saturne en Scorpion qui a en plus une maîtrise sur le secteur XII. Avant d’être assis sur son trône aux Tuileries, son épreuve familiale initiale se poursuit à l’âge de huit ans où, l’Empire effondré, il quitte la France et est élevé en exil. Et le destin s’acharne sur lui : prisonnier, il le sera à trois reprises. A vingt-six ans d’abord, en 1836 (transit Saturne/Uranus), il échoue dans une tentative chimérique de conspiration à Strasbourg, est mis au secret puis expédié comme un proscrit en Amérique. Le 5 août 1840 (transit Jupiter/MC sous carré de Neptune), avec quelques conjurés, il récidive en débarquant à Wimereux, pitoyable conspiration tournée en ridicule qui lui vaut, cette fois, d’être condamné à un emprisonnement à vie. Interné au Fort du Ham, dans la Somme, il s’en évade en 1846 d’une façon rocambolesque – ce n’en sont pas moins six années de forteresse – alors que douze ans après son forfait, en retour de culmination jupitérienne et sous transit de Neptune/Jupiter il est proclamé empereur, récompensé d’une tenace persévérance. Mais, pour finir par remettre son épée au roi de Prusse à la capitulation de Sedan du 2 septembre 1870 (Pluton passe à l’opposition de Saturne et Uranus au carré de la conjonction Soleil-Mars), le souverain déchu vivant sept mois de captivité en étant libéré le 20 mars 1871, et achevant sa vie en exil en Angleterre où il mourra le 9 janvier 1873. « Une bouffée de panache et d’aventure remue les cœurs et fouette les imaginations endormies par la tisane de Louis-Philippe. » (Pierre Miquel).

 

Une autre manifestation du secteur XII : la santé. Ce saturnien est un arthritique qui souffre de divers troubles : rhumatismes, goutte, hémorroïdes, coliques néphrétiques, et il n’est plus que l’ombre de lui-même lorsque éclate la guerre franco-allemande. Il mourra des suites d’une intervention de calcul de la vessie.

 

Mais l’homme n’avait pas manqué de ressources. Celles de l’escorte solaire en III rappellent qu’il parlait et écrivait fort bien l’anglais, l’allemand et l’italien, et son Mercure du Bélier, conjoint à Vénus et au trigone de Neptune du Sagittaire en X, lui ouvre un bel univers de l’esprit. Il faut aussi faire la part d’un Jupiter des Poissons au trigone du MC et au sextil de l’AS qui lui donne du souffle, d’autant qu’il est conjoint à Pluton maître du MC. La violence qui est en lui ne l’empêche pas d’être humain et généreux, avec des idées progressistes, l’homme d’Etat étant sensible à la cause ouvrière et allant se faire le champion de la cause des nationalités, des congrès internationaux, jusqu’à aspirer à des Etats-Unis d’Europe. On ne peut non plus s’empêcher de lier la présence en II de ce Jupiter harmonique, en conjonction de Pluton, en compagnie de deux autres planètes, à ce qui a le plus marqué son règne : sa prodigieuse prospérité économique, l’essor industriel dans tout son éclat, l’expansion du capitalisme faisant basculer la France dans le monde moderne. Un véritable temps du veau d’or  sous le signe de la production, de la consommation, du crédit et des établissements bancaires !

 

Le régime bénéficie, en effet, en même temps qu’il la sert, d’ une conjoncture économique de premier ordre (l’entrée en phase ascendante du cycle Saturne-Uranus), donnant un extraordinaire essor à la société du Second Empire, le pays entrant dans une économie moderne en pleine prospérité. Le phénomène novateur autour duquel s’effectue cette révolution industrielle est – réussite la plus incontestable du règne - la venue des chemins de fer que symbolise si bien la conjonction Soleil-Mars du Bélier en III face à Uranus. Outre que, parallèlement, avec Uranus en IX, des ingénieurs français construisent avec des capitaux français les voies ferrées autrichiennes, suisses, espagnoles, italiennes et russes. En France, les premières lignes avaient été tracées du temps de la Monarchie de Juillet, mais c’est la décennie 1850-1860 qui fait le triomphe du rail. En 1855, la locomotive parcourt déjà les grands axes du pays et cinq ans plus tard, la vie française se place sous le signe du chemin de fer, lequel est devenu la locomotive de toute l’économie, le tonnage total de matières premières transporté par les voies ferrées dominant et s’accroissant (la consommation de la houille double dans la décennie) en rapprochant le lieu de production du lieu de consommation. En dix ans également, l’énergie des machines à vapeur passe de 70 000 à 172 000 chevaux. Outre que – nous ne sortons pas de l’espace du secteur III – le télégraphe électrique a étendu ses fils au long des voies ferrées (en 1855, chaque préfecture est reliée avec Paris), début d’une grande consommation des télégrammes. On peut aussi élargir ce courant au déblocage des chemins vicinaux et ruraux, ouverts à l’attelage de la campagne, la France entière montant en voiture. Bref, c’est toute la vie moderne qui s’installe.

 

L’autre fait capital accompagnateur de cette modernisation est la révolution de l’urbanisme, d’ énormes chantiers de travaux publics engendrant un grand Paris moderne (le Louvre, les Tuileries, l’Hôtel-de-Ville étaient encore cernés de masures sordides et insalubres …), l’exemple étant donné aux autres grandes villes du pays. Nous sommes au temps où les lentes traversent le Taureau : la construction de bâtiments à coup de mètres cubes de pierre de taille bat son plein, avec ses massifs édifices bancaires, ses grands magasins, et tout pour vivre confortablement dans les fêtes d’une conjonction Mercure-Vénus du Bélier.

Mais revenons à l’ incandescente conjonction Soleil-Mars du Bélier en opposition d’Uranus du Scorpion. Quelle violence ! Il faut convenir qu’il fallait d’inattendus coups de boutoir pour que ce personnage en arrive à se faire empereur. En lui se coalisent le rouge et le noir. Noir de ce Saturne du Scorpion : homme impénétrable, d’une froide et silencieuse ambition, obstinément poursuivie, tramant dans le secret ses desseins avec la dissimulation du conspirateur. Et rouge de ce Mars-Uranus-Bélier : se dévoilant brusquement pour faire éclater ses déterminations audacieuses dans la témérité de l’aventurier jusqu’au-boutiste.

 

A la suite de deux conspirations ratées et d’une évasion de prison de condamné à l’internement perpétuel, la monarchie disparue, l’homme se refait soudain une fortune inattendue en se faisant élire à la députation de la Chambre de la Seconde République (le 17 septembre 1848). Ce pied à l’étrier décisif au temps où Neptune transite sa Lune révèle à la fois son Neptune en X et sa Lune en I  : son nom suffit à le rendre populaire, il est le « neveu de l’Empereur » ! Et, dépassant de loin la popularité du poète national Lamartine, c’est haut la main qu’il devient Président de la nouvelle république le 10 décembre suivant, Neptune à 0° des Poissons étant toujours en transit lunaire et au sextil du Soleil. Autant dire qu’il s’agit d’une irruption soudaine dans ce trimestre, d’un coup de théâtre inattendu : du jour au lendemain, de rien qu’il était, il devient le personnage dominant du pays ! Et, bien vite aussi, le même homme, sachant qu’il a le peuple derrière lui, va étrangler la République ! Déjà est-ce là un véritable crime politique.

 

Arrivera donc le coup d’Etat du 2 décembre 1851, où le prince joue tout son destin. C’est là, d’ailleurs, que se concentre la plus énorme configuration de toute sa vie. Qu’on en juge : sa conjonction Soleil-Mars étant à 29° du Bélier, c’est sur elle que converge une  triple conjonction Saturne-Uranus-Pluton de 28° du Bélier à 1° du Taureau : 6 transits majeurs de conjonction (outre Jupiter au MC) !

 

Faut-il rappeler la brûlure historique du 2 décembre, prise du pouvoir au prix d’un crime d’Etat ? Arrestation sur le champ de 78 chefs politiques et militaires et occupation militaire de la Chambre des députés, avec 4000 Parisiens sous les verrous, que suivent,  32 départements étant en état de siège, plus de 22 000 arrestations, près de 10.000 déportés (Algérie, Guyenne), 2500 internés et 1500 exilés ! Bref, c’est une France dans les fers, un régime de terreur. Suivra, après un plébiscite, le 2 décembre 1852, sous transit Neptune/Jupiter, la consécration de Napoléon III.

 

Autre signature martienne au fer rouge : après une quarantaine d’années de paix, cet Empire replonge la France dans quatre guerres. Les deux premières (Crimée, Italie), laborieusement victorieuses, apportent le bénéfice du retour de la Savoie et de Nice, outre une expédition positive au Sénégal. Vien ensuite la défaite militaire, financière et psychologique, de la stupide expédition du Mexique. Enfin arrive le bouquet des six semaines catastrophiques de la guerre franco-allemande de 1870, qui ampute – opération chirurgicale - le pays de l’Alsace et de la Lorraine. Quelques mois plus tôt, un plébiscite du 8 mai avait donné 7 millions de oui à l’empereur, contre 1 million de non. Il est vrai que si les campagnes avaient continué de voter docilement pour les candidats officiels des précédentes élections, Paris et toutes les villes du pays avaient rejeté le régime. Peu importe : tout arrive soudainement en quelques semaines ; l’Empire s’effondre d’un coup, s’écroule dans un effroyable fracas des armes, comme foudroyé ! Il n’y avait pas mieux pour exprimer une telle fin que la verticale opposition d’Uranus au sommet du thème en face de la conjonction soli-martienne. Et aussitôt personne ne songeant plus à défendre sa cause, comme une page d’histoire subitement tournée.

 

Si l’on s’enquiert maintenant de l’évolution du régime, le cycle Saturne-Uranus apporte une information précise avec le tournant de 1860-1861 qu’on situe comme l’apogée-déclin du Second Empire. Une date précise est le décret du 24 novembre 1860 où, suite au traité de commerce du libre-échange avec l’Angleterre du 23 janvier précédent, Napoléon III entend sortir de sa dictature, considérant que la liberté commerciale qu’il a  instituée doit conduire à la liberté politique. Or, ce jour-là, le Soleil, revenu à l’entrée du Sagittaire, comme aux dates premières du régime, est en dissonance d’un carré de Saturne (9° Vierge) à Uranus (10° Gémeaux). C’est ce pari que l’empereur, proche des réformateurs sociaux saint-simoniens dont il est entouré, va perdre en voulant quitter l’empire autoritaire pour engager le jeu parlementaire. Dès les premières mesures, il se heurte aux résistances de la France réactionnaire sans  conquérir la France républicaine, les notables entendant réduire son pouvoir à un empire louis-philippard, fondé de pouvoirs de la bourgeoisie dirigeante conservatrice. Avec Rouher au Corps législatif (octobre 1863), c’est un régime parlementaire qui s’instaure dans le paradoxe d’un Ministre d’Etat défendant pied à pied l’Empire autoritaire face aux demandes de réformes et de liberté de tout une assemblée de plus en plus dominante. A ce même tournant de la nouvelle décennie, la diplomatie européenne qui avait si bien réussi à l’empereur, commence à se dérober à son influence. Mais surtout, sa santé (maladie de vessie) s’altère et l’affaiblit dans l’exercice de ses fonctions. Elle s’aggravera au point qu’à la déclaration de guerre de 1870, l’homme sera devenu pitoyable, miné par la  maladie avec d’atroces souffrances.  

 

Le 30 janvier 1853, Napoléon III avait épousé  EUGENIE DE MONTIJO, née à Grenade le 5 mai 1826, l’acte baptismal ne mentionnant pas d’heure (elle est née pendant un tremblement de terre, en plein air). La plus pure configuration de ses astralités incomplètes est une opposition Soleil-Mars exacte, relayée par la Lune du Bélier au carré d’Uranus en Capricorne, opposition à laquelle Napoléon III répond par sa conjonction Soleil-Mars posée sur cette Lune. Illustration d’un rapport de forces dans le couple. L’empereur en était follement épris ; elle se laissa marier, inspirée plutôt par son bonapartisme. Avec un carré Vénus-Jupiter, l’amour et la réussite ou les intérêts ne font pas souvent bon ménage. Et elle aime en femme de tête, frigide, tout en étant jalouse, mais l’empereur se consola largement, satisfaisant ailleurs la fringale de son incandescente conjonction vénusienne du Bélier. Il reste que l’impératrice, prenant de plus en plus d’importance sur la fin du règne, ne fut pas une heureuse inspiratrice du pouvoir, sa fracassante opposition Soleil-Mars l’ayant plaçée en tête du parti de la guerre qui conduisit au désastre.

 

Prenons le risque d’une reconstitution de son heure natale. La version la plus probable – qui n’en reste pas moins spéculative – tomberait autour de 14 heures, car elle condense un bel ensemble convergent.

 

Cela commence par la mort de son père, le comte de Montigo, en 1839, à ses 13 ans : venu de la X, Saturne transite son FC ; deuil d’où émane, peut-être, son âpreté, sa froideur. De même que c’est au transit d’Uranus, maître de V en V, au Soleil que naît son fils unique, le prince impérial, le 16 mars 1856. Il n’y a pas plus fort que le Soleil en IX, accompagné de Vénus, maîtresse de ce secteur, pour signaler l’ impact de l’étranger dans sa vie. Cela commence très tôt avec la valse des voyages d’accompagnement de sa mère dans les capitales européennes, se poursuit avec son mariage français, et s’achève dans son attachement à l’Angleterre et à ses habitudes, au point de donner l’impression finale d’une vieille dame de l’aristocratie britannique. Tout son destin est lié à l’étranger. Encore et surtout, similaire à celle de Joséphine est cette Vénus dans son trône, sur l’axe des nœuds et à la culmination, véritable diadème astral pour une impératrice. Pouvoir élévateur de l’amour qu’accompagne, par ailleurs, la personnalité d’un lever de Jupiter. Mais aussi, outre que la Lune en VIII convient à un veuvage prolongé, de l’autre côté du MC en X figure Saturne, qui fait la paire avec celui de l’empereur : après le tourbillon des fêtes de ses dix-sept années de Second Empire, allait succéder avec sa chute cinquante années d’exil. C’est en 1850 – Uranus et Pluton transitent sa Lune en même temps que le Soleil de l’empereur – que la noble et belle Espagnole avait rencontré chez la princesse Mathilde celui qui était alors le président de la République. Première entrevue suivie d’invitations qui allaient aboutir au mariage le 30 janvier 1853, Saturne étant passé à son tour sur leur point commun. Ses deux plus cruels transits allaient être ceux de Pluton, venu de la VIII, sur son Soleil, quand s’effondra le Second Empire et sur sa Vénus lorsque disparut le prince impérial le 1er juin 1879. Elle devait elle-même mourir à quatre-vingt-quinze ans, le 11 juillet 1920, une opposition Saturne-Uranus transitant son horizon.

 

Faisons maintenant le tour d’horizon des principaux compagnons de route de la vie aventureuse de Napoléon III.

 

Le premier qui s’impose est le duc Charles Auguste de MORNY que l’acte de naissance, sous un nom d’emprunt, déclare né à Paris le 21 octobre 1811 à 10 heures (et non à 2 h comme le répètent divers auteurs qui se copient, dont Claude Dufresne dans son Morny, Librairie académique Perrin, 1983, lequel doute d’ailleurs (exagérément) de la valeur de cette pièce (documentation Guy Fradin dans Astrologie moderne n° 11, avril 1954).

Avec un FC à la fin des Poissons, la présence de son maître, Neptune, à l’AS et en conjonction de la Lune souligne la nébulosité de sa venue au monde. Dans son cas, c’est le fait qu’il est le fils naturel de la reine Hortense, étant du même coup le demi-frère du futur Napoléon III, le Soleil en III de celui-ci jouant son rôle dans l’importance de leurs liens. S’ajoute à cette aubaine une heureuse nature de bon vivant luni-mercuro-jupitérien, bénéficiant au surplus d’une conjonction Soleil-Vénus en Balance en X.

 

Agrément de sa personne, aisance et savoir-faire, la mondanité par excellence d’un charmeur, cet arbitre de la mode, qui fait Deauville, est l’homme de toutes les fêtes du Second Empire. En politique, Mercure de la Balance en X, il est bien calé sur son siège de président du Corps législatif qu’il va occuper de 1854 à sa mort en 1863. Ce qui se profile derrière cette belle façade émane de son Mars en II sous le joug de son maître Saturne posé en I, outre que ce Mars se triangule à un affairiste carré de Mercure culminant à Jupiter en pointe de VIII. Son démon intérieur est la terrible avidité d’avoir d’un consommateur passant sa vie en une course effrénée à l’argent, ne cessant de s’emplir les poches, vidées par ailleurs par le jeu, les courses, la bourse. Ce glouton avait commencé par dilapider l’héritage de sa grand-mère. Il finira ainsi en surprenant affairiste sans scrupules de grande carrière : chemins de fer, betterave à sucre, zinc, tout y passe … C’est lui qui, par spéculation sans frein, a incité l’impératrice à lancer le régime dans la malheureuse expédition du Mexique.

 

Voici le thème du baron Georges HAUSSMANN, né à Paris le 27 mars 1809 à 6 heures, é.c. Quel grand triangle ! A la faconde de ce géant aux airs de grand seigneur, fonceur que rien n’arrête et qui va droit devant lui, on imagine le personnage. Il suffit de rappeler le sobriquet qu’il s’était vu s’attribuer par sa vanité, sa suffisance et sa toute puissance : Osman Pacha. Mais son personnage n’était pas que de l’esbroufe.

 

Ce préfet de la Seine, de 1853 à 1869 – le plus long règne de ce Second Empire -  en faisant de la capitale un énorme chantier, en l’élargissant de huit nouveaux arrondissements et en la transformant de fond en comble, est l’auteur d’une véritable révolution de l’urbanisme. Malgré la décoration déjà monumentale de Napoléon, Paris avait gardé ses moyenâgeuses ruelles étroites et insalubres qui gênaient l’horizon. Coup de balai magistral pour le règne de la ligne droite des larges avenues rectilignes en perçant les grands boulevards ombragés d’arbres qui font finalement de Paris une ville moderne exemplaire ! Le « grand baron », ainsi qu’on l’appelait, prenait ses aises, ne regardait pas aux dépenses et se livrait à des opérations douteuses (sa conjonction de la VIII). A la suite d’un pamphlet de Jules Ferry : « Les Comptes fantastiques d’Haussmann »), il fut congédié par le Ministre Ollivier. Mais il avait refait Paris.

 

De lui nous passons à Eugène ROUHER, né à Riom (63) le 30 novembre 1814 à 5 heures, e.c.

Cet avocat venu en politique à la révolution de 1848 où il est déjà ministre de la Justice entre 1849 et 1851, porte une double signature uranienne et sagittarienne en secteur I aisément identifiable. L’uranienne se reconnaît en cet homme, rempart autoritaire de l’Empire autoritaire, qui ne cessa pas de s’opposer à toutes les tentatives de libéralisation du régime. La sagittarienne, quant à elle, se signale par son passage comme ministre du Commerce, de l’Agriculture et des Travaux publics de 1855 à 1863, où domina sa contribution au développement des chemins de fer et de la navigation, ainsi qu’à la signature du traité de libre-échange avec l’Angleterre, qui, petite révolution intérieure, renouvela l’économie nationale. Ministre d’Etat en 1963, ce « dur » - il a au surplus l’AS et Mars au lever en Scorpion – devenu « vice-empereur », poussa au risque politique, notamment à la malheureuse expédition du Mexique. Après la chute de l’Empire, il se réfugie à Londres et en reviendra pour devenir l’un des chefs bonapartistes les plus résolus de l’Assemblée nationale de la IIIe République, de 1872 à 1879.

 

Les élections de 1869, qui assurèrent la victoire d’une majorité hostile au pouvoir personnel (conjonction Jupiter-Neptune), contraignirent Rouher à démissionner, Emile OLLIVIER devenant le chef du gouvernement impérial le 2 janvier 1870.

 

Celui-ci est né à Marseille (13) le 2 juillet 1825 à 2 h. e.c. (Ch). On comprend aussitôt que la politique ait été l’affaire de cet avocat avec les présences au méridien de la Lune et de Jupiter. Il y entra en 1857 comme député républicain au Corps législatif où il allait briller par son éloquence. On remarquera la barre des oppositions de son thème. Son Janus, c’est la mutation qui le fait passer de l’opposition au pouvoir à l’accès à celui-ci. Ses compagnons de route le virent, avec surprise puis indignation - mais il avait l’échine luni-jupitérienne souple - évoluer peu à peu jusqu’à devenir, en face d’eux, le ministre d’Etat de Napoléon III, du moins pour sa conscience au service de l’Empire libéral.

 

Chétif et éphémère pouvoir à climat de conjonction soli-martienne (intensifiant celle de son maître) et d’oppositions : sept mois après son arrivée, il fait voter la déclaration de guerre à Bismarck, selon sa propre expression « d’un cœur léger ». Et comme son ministre de la guerre, le maréchal Le Bœuf, déclare à l’Assemblée : « L’armée prussienne n’existe pas, je le nie », Ollivier d’enchaîner : « Nous soufflerons dessus ! ». Et l’on parie allégrement que le 15 août, Napoléon III paradera à Berlin … Ainsi nage-t-on en plein délire d’ oppositions neptuniennes au trio du Cancer !

Le 9 août suivant, sous la défaite militaire d’un Mars du Cancer au carré de Pluton, Ollivier est remplacé par Guillaume COUSIN-MONTAUBAN, l’état civil  faisant naître celui-ci à Paris le 24 juin 1796 à 8 heures. Apparemment, rien de bien martien chez ce militaire – général, une victoire en Chine avec entrée dans Pékin, fait de lui, en 1860, le comte de Paliko – chez qui la présence d’un axe luni-vénusien prévaut sur les aspects de l’astre martial aux angles. Mais l’homme politique a plus d’importance et s’il accède au poste suprême de chef de gouvernement, c’est au choix de l’impératrice régente qu’il le doit. En vain, d’ailleurs, puisque son plan naturel de regrouper les forces de Mac-Mahon et de Bazaine devant l’ennemi n’aboutit pas. Ici, son opposition Mars-Saturne 22° Sagittaire/20° Gémeaux est un échec militaire  personnel à l’ordre du jour : c’est alors que s’y superpose la configuration de la fin du règne, c’est-à-dire l’opposition Jupiter-Saturne. Laquelle frappe aussi le Saturne de l’impératrice au même degré que le sien, ainsi, d’ailleurs, à quelques degrés près, le Saturne en I de son prédécesseur : une lourde triple concentration saturnienne  bien significative de la défaite finale.

 

Finissons sur les deux chefs militaires qui ont joué un rôle décisif dans cette affaire : le maréchal Edmond LE BOEUF, né à Paris le 5 décembre 1809 à 23 h 30 mn (e.c.) et le maréchal Achille BAZAINE, né à Versailles (78) le 13 février 1811 à 12 h, e.c (L).

Le maréchal Edmond Le Boeuf est ministre de la guerre et major général de l’armée à la déclaration de guerre de 1970, au sommet des plus hauts dignitaires de l’armée. A cette déclaration de guerre, il insiste : « Nous sommes prêts, archi-prêts ; quand même la guerre durerait un an, il ne nous manquerait pas un bouton de guêtre. » On lui demande si nos officiers sont pourvus de cartes militaires : « Certainement répond-il ; nos officiers ont les meilleures qui existent ; tenez, j’ai la mienne sur moi », et portant la main sur son épée, il précise : « La voilà ! ». Et il ajoutera, pour finir : « L’armée prussienne n’existe pas, je le nie. » Jamais un grand responsable militaire ne s’est aussi manifestement fourvoyé ! Cette fabuleuse et délirante illusion porte la parfaite signature d’une conjonction Mercure-Neptune. Mais en plus, au-delà de son trigone Soleil-Jupiter qui peut rendre compte d’une préalable brillante carrière, sa conjonction Soleil-Saturne au FC – que charge encore la dissonance Soleil-Mars-Pluton - porte la marque souveraine d’un échec final retentissant. Après les premières défaites militaires, Le Boeuf est relevé de ses fonctions pour imprévoyance, et, devenu commandant du 3e corps d’armée, il est fait prisonnier peu après à Metz.

 

Quant à Achille Bazaine, il bat le record historique du chambardement dans les extrêmes en passant du « glorieux Bazaine » maréchal de France et Grand Croix de la Légion d’honneur au condamné à mort ! Cet ambitieux extrême (triangle du Soleil culminant à une opposition Jupiter-Uranus, qui rappelle Napoléon, le génie en moins) avait déjà tenté de se tailler un empire à l’expédition du Mexique, et, à la chute de Napoléon III, il entendait conserver son armée intacte jusqu’à la fin de la guerre, au profit de ses ambitions politiques personnelles ; ce qui explique qu’il se soit enfermé dans Metz sans combattre. Lors de son procès devant le Conseil de guerre, qui eut lieu du 6 octobre au 10 décembre 1873, il fut jugé coupable d’avoir capitulé en rase campagne, sans s’être battu, et d’avoir traité avec l’ennemi, flétrissant le devoir et l’honneur. Condamné à la dégradation et à la peine de mort, il fut gracié, avec 20 ans d’internement. Détenu à l’île Sainte-Marguerite, il s’en évadera dans la nuit du 9 au 10 août 1874. De tous les chefs militaires connus que j’ai étudiés, Bazaine bat le recours de 4 dissonances martiennes majeures.

Il vaut la peine de présenter le thème de la reine VICTORIA (Londres, 24 mai 1819, 4 h, Modern Astrology, biographie) comparativement aux positions respectives de l’empereur et de l’impératrice, car l’un des événements majeurs de leur règne a été le rapprochement franco-anglais inédit de « l’Entente cordiale », amorcée en 1843 sous Louis-Philippe. L’Angleterre et la France n’avaient pas cessé de se quereller au long des siècles, et voici que Londres et Paris se tendaient la main. C’est un événement historique que la venue en France de la reine d’Angleterre qui, avec le prince Albert, est reçue à Boulogne-sur-Mer par Napoléon III le 6 août 1840 et accueillie en apothéose sur tout le parcours parisien conduisant au palais de Saint-Cloud. Depuis Jacques II, roi proscrit accueilli par Louis XIV, aucun souverain d’Angleterre n’était venu en France. Grand tralala, bal à l’Hôtel de ville, revues, jusqu’à l’agenouillement (ordre de sa mère) du jeune prince de Galles (qui a le coup de cœur pour Paris) devant le tombeau du grand Napoléon aux Invalides ! De tout cet émerveillement allait naître cette « Entente cordiale », complétée d’une visite des souverains français à Londres. Ainsi adossé à cette entente , Napoléon III délivrera définitivement la France du carcan de l’œuvre du Congrès de Vienne en abaissant la puissance russe et celle des Habsbourg. Or, l’élément « humain » de ce rapprochement qui allait avoir des suites, ce fut surtout qu’une grande et profonde amitié se noua entre les deux femmes, Eugénie et Victoria, entraînant l’adhésion de Napoléon III. Et leurs affinités astrales sont un beau bouquet d’artifice : autour de leurs trois Soleils rapprochés d’une quinzaine de degrés – le Soleil intermédiaire de l’impératrice servant de lien entre les deux autres - se rassemblent une dizaine de conjonctions touchant avec un AS, les luminaires, Mercure et Vénus !

 

La famille impériale

 

La princesse MATHILDE : Trieste, 27 mai 1820, 19 h, selon ses biographes. Fille de Jérôme Bonaparte, son Soleil des Gémeaux au DS la fit pencher vers un projet de mariage avec son cousin germain, le prince Louis-Napoléon, que brisa l’emprisonnement de celui-ci, ce luminaire diurne étant de toute façon opposé à sa Lune-AS. Ce cousin devenu Napoléon III, Mathilde est promue Altesse impériale, égérie du nouveau régime jusqu’à ce que la venue d’Eugénie l’en écarte, manière nouvelle de revivre son opposition lunaire. Mais cette Lune du Sagittaire à l’AS, que maîtrise un Jupiter des Poissons au FC, ne campe-t-elle pas cette majestueuse princesse Gémeaux recevant dans son salon de la rue de Courcelles l’élite intellectuelle de son temps, celui-ci étant le rendez-vous des personnalités les plus brillantes, voire le foyer d’opposition à la cour des Tuileries, jusqu’à ce que soient justifiés, par sa générosité, ses surnoms de « ministère des grâces » et « Notre-Dame des arts » ?

 

Le PRINCE IMPERIAL : Palais des Tuileries, 16 mars 1856, trois heures un quart du matin ; le Moniteur universel, Journal officiel du même jour, et redit dans Le Moniteur de l’Armée du 21 mars. Il a quatorze ans quand s’effondre le Second Empire de son père et il est écartelé par la contradiction du carré de Mars sortant de culmination – il croit appartenir à une race de soldats – avec la Lune du Cancer au DS, ce jeune garçon étant resté « Loulou », le « petit prince » que sa mère l’impératrice se résigne mal à voir s’émanciper, sentant peut-être le danger au devant duquel il va (Mars-Balance en IX au carré de l’AS) en allant se battre en Afrique du Sud où il trouve la mort le 1er juin 1879.

 

Jérôme BONAPARTE : Ajaccio, 15 novembre 1784, 14 h ; livre de raison de son père Charles Buonaparte. Sur la toile de fond d’un trio Soleil-Mercure-Mars en Scorpion et en VIII culmine une conjonction Lune-Vénus du Sagittaire, tandis que Jupiter sort de son lever. Avec cette signature, la tendance première qu’on aurait pu croire militaire est purement érotique. Jérôme est un gai luron et même un trublion avide de plaisirs, qui passe son temps en joyeux fêtard, toujours endetté, harcelé de créanciers,  ses conquêtes féminines remplissant sa vie et laissant derrière lui bon nombre d’enfants naturels. L’enfant gâté de la famille, Napoléon voulut en faire un soldat et le bombarde de grades militaires : il laisse prendre les villes, distribue des légions d’honneur et mène galante vie avec son défilé de maîtresses. Le mariant à une princesse, il le fait roi de Westphalie : après la guerre en cotillon, le voici souverain d’opérette, en attendant de devenir maréchal  Jean-foutre le 1er janvier 1850, son neveu ne lui refusant rien parmi d’autres décorations et moult subsides.

 

Prince Pierre Napoléon BONAPARTE : Rome, 11 octobre 1815.  Personnage rejeté par la famille en raison de ses méfaits, ce joueur de la gâchette ayant déjà à son actif plusieurs victimes, décédées et blessées. Son fait historique est d’avoir abattu, toujours au pistolet et à bout portant, un journaliste de la tribune de Rochefort, La Marseillaise,  Yvan Salmon  ( pseudonyme de Victor Noir) à Versailles le 10 janvier 1870, dont l’enterrement, entraînant une foule énorme, faillit dégénérer en insurrection populaire. On comprend, sans avoir à insister et sans nul besoin de domification, cette tête brûlée avec son Mars du Bélier en triple opposition de Soleil-Vénus-Jupiter et sous carré de la Lune.

 

Prince Victor NAPOLEON : Meudon (92), 18 juillet 1862, , 6 h 25 mn, e.c.  Le prince impérial, fils de l’impératrice et de l’empereur, ayant été tué en Afrique par les Zoulous le 1er juin 1879 et étant mort sans postérité, le droit de la succession au trône devait revenir à ce prince, petit-fils de Jérôme Bonaparte et fils d’une fille de Victor-Emmanuel, roi d’Italie. Héritage funèbre et sans suite qui eut lieu au transit de Neptune, maître de VIII et entrant en VIII, sur Pluton maître de IV, conjoint au MC.

 

 Les conjurés du coup d’Etat du Deux Décembre.

 

Achille Leroy de SAINT-ARNAUD : Paris, 20 août 1798, 15 h, e.c. Avec le duc de Morny à l’Uranus du Scorpion en pointe de XII, celui-ci est l’un des principaux conjurés de ce coup d’Etat. En aventurier qui s’éclate dans le va-tout : une opposition Soleil-Pluton au carré de Jupiter côtoie une opposition Mars-Uranu au carré de la Lune à l’AS. Ce qui lui vaudra le bâton de maréchal  (voir plus loin : Les Maréchaux).

 

Victor Fialin duc de PERSIGNY : Saint-Germain l’Espinasse (42), 11 janvier 1808, 7 h, e.c. Un MC encadré  par Uranus et Saturne en Scorpion, comme chez l’empereur, et son Saturne en X étant au carré d’une puissante conjonction Mars-Jupiter en Verseau ainsi qu’au sextil du Soleil du Capricorne en I. Voilà bien, lui aussi, un homme de l’ombre, au point qu’il est le premier bonapartiste à s’approcher du prince dans son exil helvétique où celui-ci vit avec sa mère, pour animer sa foi, l’exhorter à accomplir sa mission et galvaniser ses énergies à la restauration du trône impérial. Ainsi devient-il ce « mameluk » d’un dévouement fanatique, instigateur de ses tentatives de soulèvement, homme de main complice des complots de Strasbourg (1836) de Boulogne (1840) et de celui-ci où il figure même en tête derrière l’intéressé. Il sera récompensé de cette persévérance en devenant Ministre de l’Intérieur (1852-1854 et 1860-1863) et Ambassadeur à Londres. Avec une conjonction Vénus-Neptune dissonée et la Lune des Gémeaux maîtresse de VII, il épousera à quarante-quatre ans une petite fille du maréchal Ney de dix-huit ans dont la conduite inconséquente brisera sa carrière.

 

Emile de MAUPAS : Bar-sur-Aube (10), 8 décembre 1818, 1 h, e.c. Une triple conjonction Soleil-Mars-Uranus – réunion astrale commune avec le président aventurier -  au carré de Saturne et Pluton en Poissons, outre une Lune en Bélier. Cet insurrectionnel, rapidement à la discrétion du prince, fut précisément nommé Préfet de police en 1851, pour  prendre une part active à la préparation du coup d’Etat et à son impitoyable exécution. C’est ce terrible qui s’est chargé de faire les arrestations nocturnes des personnes politiques. Ministre de la Police (1852-1853), il adopte des mesures expéditives contre la presse (sa conjonction solaire est en III) et les républicains. Il sera ensuite sénateur et préfet de Marseille.

 

Bernard Pierre MAGNAN : Paris, 7 décembre 1791., e.c. Sans heure natale mentionnée, le thème de celui-ci est moins violent que ceux des précédents, le Soleil étant seulement au carré de Mars, formant, il est vrai aussi, un grand trigone avec un trigone Saturne-Uranus, bien propre à le faire pencher politiquement vers l’autoritarisme . Ce général avait d’ailleurs réprimé l’insurrection ouvrière du 15 juin 1848 ; il était donc bon pour concourir à l’exécution du coup d’Etat – il y participa, dit-on, avec ardeur – d’autant qu’à cette intention, il avait été nommé en 1851 commandant de l’armée de Paris. Cela allait lui valoir le maréchalat.

 

Divers Ministres

 

Achille FOULD : Les dictionnaires le font naître à Paris le 17 novembre 1800, mais son acte ne figure pas aux archives. Ce banquier et député, devenu ministre d’Etat (1852-1860) et des Finances (1861-1867), porte une conjonction Soleil-Neptune qui n’en fait pas pour autant un homme de gauche, certes, mais qui, en tant qu’homme des finances, lui inspire  l’ouverture d’esprit du libéralisme économique, lequel institue le  crédit bancaire qui va faire l’essor de la grande consommation financière du Second Empire (Mars en Taureau), ceci dans le champ du traité commercial conclu par ses soins avec l’Angleterre (conjonction Mercure-Vénus en Sagittaire).

 

Amiral  Ferdinand-Alphonse HAMELIN (Pont-L’Evêque (14), 2 septembre 1796, acte sans heure).  Embarqué comme mousse à dix ans sous l’aile d’un parent et allant vivre trente-et-un ans à la mer jusqu’à devenir amiral, il reçoit le porte feuille de la Marine et des Colonies de 1855 à 1860 et son passage se caractérise notamment par la suspension définitive de la construction des bâtiments à voile et la mise en chantier d’une frégate cuirassée qui allait renouveler la marine de guerre.  L’homme est porté par un remarquable triangle : celui d’une conjonction Soleil-Uranus de la Vierge reliée à un trigone de Neptune du Scorpion à Jupiter des Poissons.

 

Prosper CHASSELOUP-LAUBAT (Alexandrie, Piémont, 29 mas 1805). Lui aussi ministre de la Marine puis des Colonies, de 1851 à 1867, l’ambition de son programme naval ayant contribué à l’annexion de la Cochinchine et au protectorat français sur le Cambodge, répond à un grand triangle reliant une conjonction Soleil-Mercure du Bélier à Mars du Lion et à Jupiter du Sagittaire. Belle figure de réussite que l’on retrouve chez Eugène Schneider (voir plus loin) né le même jour.

 

Victor DURUY (Paris, 10 septembre 1811, 7 h, e.c.). Ministre de l’Instruction publique (1863-1869), c’est en bon père de famille (Jupiter en Cancer au MC et en conjonction de la Lune des Gémeaux) que ce virginien devient l’apôtre laïque de l’enseignement primaire gratuit et obligatoire. Et, au secondaire, de l’enseignement pratique qu’il préconise,  préparant les élèves au commerce et à l’industrie, leur apprenant les techniques de gestion, les sciences, les langues vivantes, ainsi que l’histoire contemporaine ; ce qui, à ses yeux, était la meilleur éducation physique. Il se heurta à l’hostilité du clergé à propos de l’éducation des filles, déjà moins scolarisées que les garçons, car elles devaient être « élevées sur les genoux de l’Eglise »  (Lune recevant l’ opposition d’une conjonction Mars-Saturne du Sagittaire en III).

 

Duc Agénor de GRAMONT (Paris, 14 août 1819, 18 h ½, e.c.). Un court épisode de Ministre des Affaires étrangères, mais terriblement marquant, car, appelé à cette fonction en mai 1870 par l’impératrice, ce belliciste forcené eut, par ses interventions, une part de responsabilité importante dans la désastreuse déclaration de guerre faite à la Prusse. Son Uranus en X fait une croix de dissonances, dont une opposition à une conjonction Lune-Mars, où l’on retrouve l’alignement Mars-Uranus de l’empereur..

 

Clément DUVERNOIS (Paris, 6 avril 1836, 11 h). Episode éclair d’un Ministre du Commerce, appartenant au clan Eugénie, et qui ne le fut qu’à peine, du 10 août au 3 septembre 1870. La simple fugacité d’un Soleil du Bélier en X, soutenu par un trigone lunaire.

 

Les opposants au régime

 

Victor HUGO (Besançon (25), 26 février 1802, 22 h 30 mn, e.c. Ch. & G.) Si cet admirateur de Napoléon n’a pas initialement été hostile à son neveu, il l’est devenu bien vite : « Je ne perdrai pas mon temps à l’offenser, mais ce n’est pas l’offenser que de dire qu’il n’est pas un grand homme » (…) « ce que nous avons à attendre de lui,, ce n’est pas qu’il tienne le pouvoir en grand homme, c’est qu’il le quitte en honnête homme ». Au coup d’Etat du Deux-Décembre, le député Hugo tente en vain d’organiser une résistance, devant se contenter d’un appel au peuple où l’homme au pouvoir est traité de traître. Ce sera ensuite l’exil à Jersey et Guernesey qui durera tout le Second Empire, où il se fait alors le grand accusateur fustigeant « Napoléon le Petit » : Histoire d’un crime et Les Châtiments. Que Hugo ait vécu cette histoire est significatif du faisceau des six oppositions réunies barrant son thème, sa triple conjonction solaire des Poissons en IV face à Jupirer-Saturne en X représentant le pouvoir ; outre que l’opposition de la conjonction Soleil-Mars à Uranus de l’empereur s’alignait sur l’horizon (et en plus au carré de Mars) du prophète de la République universelle.

 

Henri ROCHEFORT ( Paris, 30 janvier 1831, 2 h, e.c. Ch. & L.). Le Soleil et trois planètes en III où est valorisée une conjonction Jupiter-Uranus : on comprend ce besoin d’exercer par la plume un pouvoir en faisant entendre ses vues, Rochefort s’étant destiné au journalisme en pamphlétaire, d’autant que sa conjonction Mercure-Jupiter y est au carré de Mars. Et son Mars à 2° du Taureau est sur la conjonction Soleil-Mars de Napoléon III, sa bête noire. Violemment hostile à l’Empire, chacun des articles de sa Lanterne porte des coups au régime. Du genre : « Grattez un Bonaparte, vous verrez apparaître la bête féroce » … Il faillit le faire basculer en engendrant une émeute populaire aux obsèques de Victor Noir, dont le décès lui avait fait dire : « J’ai eu la faiblesse de croire qu’un Bonaparte pouvait être autre chose qu’un assassin … ». Cela lui vaudra le bagne à la Nouvelle Calédonie (Saturne en IX conjonction à la Lune au MC). On le retrouvera plus tard membre du gouvernement de la Défense nationale en 1870, puis recondamné au bagne pour avoir adhéré à la Commune. Ce révolutionnaire basculera curieusement dans le boulangisme., le cléricalisme et compagnie.

 

Yvan Salmon dit Victor NOIR (Attigny, 88, 30 juillet 1848, 11 h, e.c. Gérard Laffont). La tragédie d’une conjonction Uranus-Pluton du Bélier en pointe de VII et au carré de Mercure au MC, en partie maître de VIII, surtout si l’on est journaliste en se frottant à l’inimitié de la polémique. Il lui advint d’être demandé par un ami (Mars en XI) comme témoin pour une affaire d’honneur, l’adversaire étant le prince Pierre Bonaparte (examiné plus haut). Homme dangereux pour avoir déjà tué plusieurs personnes, néanmoins député de la Corse. Le 10 janvier 1870, Victor Noir accompagne son ami pour remettre une lettre de leur avocat au « prince », scène où l’excité l’abat à bout portant. Précision particulière : le Mars ultra-dissonant à 25° du Bélier de cette tête brûlée tombe sur Uranus et Pluton de la victime, à 22° et 27° du même signe.

 

Comte Félice ORSINI (Meldola près de Forli, Italie, 10 décembre 1819, e.c. Enzo Barilla). La passion impérieuse d’un Soleil réuni à une conjonction Uranus-Neptune qui se trouve au carré d’une conjonction Saturne-Pluton en Poissons, laquelle reçoit une opposition de la Lune. Le parfait conspirateur politique dans toute sa noblesse, dont le feu sacré est au service de la cause de l’unité italienne (conjonction solaire). Lorsque Napoléon III lâche ce projet, ce condamné à mort évadé prépare clandestinement à Londres un attentat contre lui. Le soir du 14 janvier 1858, trois bombes éclateront devant l’Opéra de Paris, lancées sur le cortège impérial. Elles feront six morts et cent-cinquante blessés, mais le couple impérial sera indemne. D’ailleurs, il n’y avait pas de dissonance spécifique entre les deux hommes, le drame s’étant déroulé comme au-dessus de leurs personnes, Orsini s’en étant expliqué lui-même par sa correspondance avec l’empereur. Il sera guillotiné le 13 mars 1858 (voir « Les régicides).

 

Louis Adolphe THIERS (Marseille (13), 15 avril 1797, 14 h e.c. Ch.). Avec un Uranus à l’AS et un Mars au MC porté par Soleil-Mercure-Vénus-Jupiter en Bélier, outre Saturne en X, ce petit homme au visage ingrat de chouette est plein de puissance. Souffle de l’esprit comme grand historien et force d’autorité politique. D’abord difficile à maîtriser dans le feu d’une passion de gouverner, quelque peu aventuriste. En retenant l’essentiel d’une longue carrière, il est l’homme qui, après avoir été dans l’opposition sous la Restauration, a le plus contribué à l’instauration de la monarchie de Juillet, en relation contradictoire avec Louis-Philippe, puis à l’avènement de la IIIe République dont il fut le premier président. Ceci après être devenu le principal adversaire de Napoléon III, dénonçant les dangers de sa politique et finissant par s’opposer, sous les clameurs bellicistes du Corps législatif, au vote des crédits militaires du 15 juillet 1870. Ayant eu raison contre tous, il allait hériter – terrible duo de Mars et de Saturne (opposé Lune) en X – du plus lourd fardeau du pouvoir qui soit de notre histoire : l’effondrement national  dans la pire  défaite militaire avec l’amputation du territoire et l’épreuve de la Commune de Paris dont l’atroce répression entache lourdement sa réputation.

 

Léon GAMBETTA (Cahors (46), 2 avril 1838, 20 h, e.c. Ch.). Cet avocat de brûlante conjonction Soleil-Mercure-Mars-Pluton du Bélier devient soudainement célèbre en 1860 en prononçant un virulent réquisitoire contre le Second Empire. Elu député en 1869, sur le programme radical dont il est l’auteur, ce tribun s’impose aussitôt comme le chef de l’opposition républicaine. Radicalement hostile à la déclaration de guerre à la Prusse, il n’en vote pas moins, par patriotisme, les crédits militaires. Il est là, en tête, au 4 septembre, pour proclamer avec la déchéance de l’empire la naissance de la IIIe République. Ministre de l’Intérieur du Gouvernement de la Défense nationale, il adopte l’attitude héroïque du refus de capituler, quittant Paris encerclée en ballon pour organiser la résistance en province, imbu du mythe de l’invincibilité du peuple en armes. Il allait échouer dans sa tentative. Indigné par l’armistice du 28 janvier 1871, il s’associe le 1er mars à la protestation des députés alsaciens-lorrains contre le traité de paix et  quitte l’Assemblée. Il allait, plus tard, contribuer au départ démocratique de la IIIe République.

 

Les Maréchaux de France

Documentation des Archives de Vincennes.

 

Armand Jacques Leroy de SAINT-ARNAUD (voir les conjurés) : Jugé comme l’enfant terrible des maréchaux de Napoléon III. Son thème n’a, effectivement, rien d’un militaire, car c’est une Lune du Sagittaire qui est à l’AS, au trigone du Soleil du Lion en VIII (on peut croire à un certain pouvoir sexuel), lui-même au carré de Jupiter du Taureau en V. Ce qui répond à la vie de bohême d’un garçon gagné par des goûts de luxe, oisif, désoeuvré , criblé de dettes, se faisant entretenir par les femmes fortunées, en France, en Angleterre, en Espagne, en Italie, en Belgique… Officier d’ordonnance de Bugeaud (qui a son amas de la Balance sur son MC) , il se fixe à l’armée comme capitaine de la Légion étrangère (conjonction Mercure-Uranus en IX). Pour préparer son coup d’Etat – les deux hommes ont en commun une opposition Mars-Uranus, avec le Mars du militaire à 11° des Poissons posé sur le Jupiter du politique – le prince président le nomme ministre de la guerre ; ainsi pourra-t-il mener, de main de maître, cette monstrueuse journée du 2 décembre 1851, le maréchalat lui étant remis à la même date de l’année suivante.

 

Bernard Pierre MAGNAN (voir les conjurés). Un Soleil centralement aspecté (six positions) contribue sûrement à ce que cet homme de modeste origine, engagé volontaire à dix-huit ans, finisse, en vétéran de Waterloo, par devenir maréchal de France le 2 décembre 1852, jour de la proclamation du Second Empire, récompense de sa participation au Deux-Décembre précédent. Sans oublier d’autres décorations solaires de sagittarien : grand veneur, grand-maître de l’ordre maçonnique …

 

Comte Boniface DE CASTELLANE (Paris, 21 mars 1788). Autant que pour les deux cas précédents, le maréchalat de celui-ci, du même 2 décembre 1852, est la récompense, cette fois, d’avoir maintenu l’ordre à Lyon au moment du coup d’Etat. Son thème non domifié ne présente aucun relief. Note particulière : ce maréchal ne se séparait jamais de son bâton, alors que les autres dignitaires ne l’arboraient que lorsqu’il s’agissait de poser devant un peintre. Partout il le tenait en main et même, a-t-on dit, lorsqu’il se baignait ! Exigence de grand seigneur relevant de l’honneur militaire, y compris dans sa vie intime ? Bien plutôt, maniaquerie de style obsessionnel pouvant surcompenser quelque sentiment d’infériorité de Lune en Vierge, en opposition de son Soleil du Bélier.

 

Comte Achille de BARAGUEY-D’HILLIERS (Paris le 6 septembre 1795, 10 h). Conjonction Soleil-Mercure-Vénus-Uranus en X, avec Mars du Lion conjoint au MC Identification au père : c’est la vocation militaire d’un fils de général d’empire, qui s’engage à onze ans, comme celui-ci, dans les Dragons. A dix-huit ans, à Leipzig, un boulet de canon lui emporte le poignet gauche : l’amas solaire est au carré d’une  conjonction Lune-Saturne des Gémeaux en VIII. Cette dissonance rend compte également d’un caractère sec, raide, maladroit, sévère, ce qui lui vaut une « décoration » de son Jupiter dissonant en III. Commandant de l’Ecole militaire de Saint-Cyr, il y a été tellement détesté que sa mémoire y est honorée. Chaque année, les élèves remettent le classement du «Baraguey », « diplôme » donné aux cadres les plus sévères et les moins aimés. En 1870, en pleine débandade militaire, l’homme se démet de ses fonctions du commandement de Paris, étant aussi faible de caractère que rude militaire. Ce célibataire sans enfant se suicidera le 6 juin 1878, sous un transit solaire sur sa conjonction luni-saturnienne de la VIII.

 

Jacques PELISSIER (Maromme (76), 6 novembre 1794, 1 h 30mn, Ch). Certes, un sextil Soleil-Mars forme un triangle harmonique avec l’AS, mais ce qui prime chez ce maréchal de France du 22 mai 1864, c’est un carré de Saturne culminant à Uranus au lever, dont l’intraitable raideur est d’autant plus brutale que le Soleil est  en Scorpion et la Lune en Bélier, le personnage se faisant notamment traiter de « vautour » par Niel. A un maréchal qui lui demande d’abandonner son cigare alors qu’il entre à une réunion d’étude, son collègue s’entend répliquer : « Je savais que vous aviez peur du feu, monsieur, mais j’ignorais totalement que vous craigniez même la fumée. » Ce chef militaire exigeant de tous une obéissance aveugle est quasi un précurseur des fours crématoires, auteur d’un fait d’armes atroce : en Algérie, couvert par Bugeaud, c’est lui qui eut l’idée d’enfumer dans les grottes de Dahra plusieurs centaines d’insoumis où s’étaient réfugiés hommes, femmes et enfants ! Quand on a une si inhumaine insensibilité, il est naturellement plus aisé de briller à la guerre et la prise d’assaut de Sébastopol par ses soldats lui vaut d’avoir été décoré duc de Malakoff. On relève, avec sa conjonction Vénus-Jupiter en IV,  qu’il attendit cinquante-et-un an pour être général et qu’il épousa à soixante-trois ans une jeune femme. Qui sait ? Ce terrible personnage fut peut-être un bon époux ...

 

Comte Alexandre RANDON (Grenoble (38), 25 mars 1795). Avec un Soleil en Bélier et un Mars en Taureau, fortement aspecté, voici encore un précoce, engagé à seize ans et s’offrant au combat : campagnes de France et des Cent-Jours, puis expéditions en Algérie, son maréchalat du 18 mars 1856 étant suivi du poste de gouverneur général d’Algérie. S’il ferme les yeux sur les atrocités commises dans la conquête de la Kabylie, d’un autre côté – sextil Soleil-Jupiter/Verseau – il n’en fait pas moins œuvre constructive en organisant le régime civil : collège arabe, création d’écoles, installation de puits artésiens, de ponts, de routes …

 

François-Certain de CANROBERT (Saint-Céré (46), 27 juin 1809, 14 h, Ch. & G.). Celui-ci porte la signature classique du militaire galonné, étant né au lever de Mars et au coucher de Jupiter. Ce qui devait d’autant mieux convenir à ce fils d’ancien officier de l’armée de Condé, pour finir maréchal de France le 18 mars 1856. Mais son opposition Mars-Jupiter se double d’une opposition Soleil-Lune : brave au feu, modèle de soldat héroïque à l’entrain irrésistible au combat, ce rougeaud à moustache en croc et chevelure en crinière est défaillant dans le civil autant qu’incertain au commandement, ayant plusieurs fois plié bagage à son poste. En 70, il refuse de prendre le commandement de l’armée du Rhin, l’abandonnant à Bazaine en subordonné obéissant. Il finira prisonnier des Prussiens le 28 octobre 1870 : son Mars de la Balance en XII.

 

Pierre Joseph François BOSQUET (Mont-de-Marsan (40), 8 novembres 1810, 10 h. L. ). Si Mars se lève chez Canrobert, c’est Saturne qui se lève avec une fin de culmination martienne chez ce fils de petit fonctionnaire boursier, reçu à l’école polytechnique et qui prend part à dix-neuf ans à la révolution de 1830, en attaquant avec ses camarades d’école une caserne (conjonction Soleil-Uranus du Scorpion en XI). A ses connaissances techniques s’allient une belle prestance et une forte personnalité. Son Mars en IX au trigone de Jupiter évoque son sauvetage de l’armée anglaise en péril à la guerre de Crimée, ce qui lui vaudra les hommages du parlement britannique et de la reine avec le grand Cordon de l’ordre du Bain. Si ce républicain s’était mis en disponibilité au lendemain du 2 Décembre 51, son Soleil sur le MC de l’empereur devait avoir le dernier mot,  tombant littéralement sous le charme de celui-ci. Quand à quarante-cinq ans il devient maréchal de France, le 18 mars 1856, ce célibataire télégraphie à sa « bonne mère » la nouvelle en ajoutant : « Ma mère, priez Dieu pour l’Empereur ». Il avait aussi une Lune au FC. Le coin d’âme tendre d’un dur…

 

Comte Maurice de MAC-MAHON (Château de Sully (71), 13 juin 1808, 12 h. L. & non en 1805 selon G.). Un Soleil au MC (assisté de son maître, Mercure, maître d’AS en X), s’adresse parfaitement à cet être qui suit, en se formant lui-même à Saint-Cyr,  la trace d’un père maréchal de camp de son ami Charles X. D’autant que Mars sort de la culmination et que Jupiter se couche. Sa bravoure va faire merveille en Crimée, où il enlève d’assaut la tour de Malakoff – le « J’y suis, j’y reste » de nos manuels d’histoire – et à l’armée d’Italie à Magenta où il dégage Napoléon III encerclé avec sa garde, ce qui vaut bien le bâton de maréchal de France accordé aussitôt le 5 juin 1859. Mais sa participation à la guerre franco-allemande de 70 est désastreuse et sa responsabilité de la défaite y est grande : grâce à une blessure opportune d’éclat d’obus à la cuisse, le contraignant à abandonner son poste, il échappe à une des plus honteuses capitulations de notre histoire, la trahison de Bazaine le détournant d’un tel opprobre. Certes, il rétablira l’ordre à l’armée de Versailles, mais en fermant les yeux sur la semaine sanglante de la Commune de Paris. Une double angularité soli-jovienne comme la sienne pouvait aussi le distinguer hors du champ militaire, bien qu’il ait été sans ambition. De fait, il fut poussé sur la scène politique par les monarchistes qui le hissèrent président de la République, mais - carré Soleil-Jupiter en signes doubles - un conflit entre la Présidence et l’Assemblée allait le conduire à « se soumettre ou se démettre » et à abandonner l’Elysée prématurément. Avec son trio angulaire Soleil-Mars-Jupiter, il n’en aura pas moins été – un record – maréchal de France durant trente-quatre années.

 

Adolphe NIEL (Muret (31) ,4 octobre 1802, 4 h. L.). Certes, Mars en X approche de la culmination chez ce maréchal de France décoré le 25 juin 1859, mais son élévation est due surtout au mérite d’une conjonction Jupiter-Saturne en Vierge à l’AS, que renforce une ambitieuse conjonction Soleil-Uranus en I. Ce soldat est un polytechnicien fait pour le génie ; homme d’étude et de cabinet, se donnant en militaire savant à fortifier les défenses du pays. Travailleur infatigable et exigeant, au surplus homme solide, il n’en sera pas moins un tacticien qui fera ses preuves sur le terrain à la bataille de Solférino. Voici pourtant un homme qui présente cinq débilités, dont Mars en Cancer. Il semble toutefois avoir vécu cet état en tant que ministre de la Guerre hautement qualifié, préconisant de judicieuses réformes militaires, lesquelles lui seront refusées. Battu sur ce terrain parlementaire et complètement découragé, il confiera à un officier d’ordonnance : « Vous verrez ! Les Prussiens feront sur nous le bond de la panthère. » Il n’eut pas le temps de voir sa prévision se réaliser car, atteint de la maladie de la pierre, il disparut au cours d’une intervention chirurgicale le 13 août 1869, faisant craindre le même risque à l’empereur,  lui qui était dans le même état de santé que le sien.

 

Comte Auguste-Michel-Etienne REGNAULT (Paris, 30 juillet 1794, 10 h). Un cas nouveau de Soleil en X, cette fois en Lion, de fils d’un personnage important du Premier Empire, qui prend la relève de l’ambition paternelle ; au point, d’ailleurs, de s’attacher à la cause de la famille Bonaparte à partir de son engagement dans la campagne de Russie et comme officier d’ordonnance de l’Empereur aux Cent-Jours (superposition de positions soli-léoniennes entre eux). La Restauration le renvoie a ses foyers et il prendra sa  part à la Révolution de Juillet. Mais surtout, il assiste à la venue du Second Empire et Louis Napoléon lui confie le portefeuille de la guerre en 1851, ainsi qu’un poste de vice-président au Sénat. C’est de s’être brillamment distingué à la bataille de Magenta qu’il est élevé à la dignité de maréchal de France le  5 juin 1859. Jupiter du Sagittaire en III : ce cavalier prit la commande de la Garde impériale quand Napoléon III créa celle-ci en 1854.

 

Comte Philippe-Antoine D’ORNANO (Ajaccio (20), 17 janvier 1784). Peut-être pourrait-il avoir une naissance au coucher de Mars, sous forte présence de quatre astres en IV (dont le Soleil et Jupiter), compte-tenu de son lien de parenté (cousinage) avec l’empereur, sa mère ayant été une Bonaparte. Toujours est-il que ce grand soldat, engagé à quinze ans et général à vingt-sept ans, s’est battu glorieusement pour l’Empire, d’Austerlitz à la Moskowa (avec blessures graves : carré Soleil-Mars), et remettant cela aux Cent-Jours, prison et exil compris. Il allait encore récidiver avec le prince-président au Second Empire, la dignité de maréchal de France lui étant décernée le 2 avril 1861, jour de la translation des cendres de Napoléon de la chapelle Saint-Jérôme à la crypte du dôme des Invalides. Et si son Soleil est bien en IV, cela conviendrait à un couronnement de fin de vie, puisqu’il mourut dix-huit mois plus tard.

 

Elie Frédéric FOREY (Paris, 10 janvier 1804, 13 heures). Une rude conjonction Soleil-Mars du Capricorne en sortie de culmination et au carré d’Uranus peut justifier un goût précoce pour l’armée. Mais dans le cadre de ce choix, avec un Mercure du Verseau au MC, s’y dégagent des facultés d’instructeur autant que des dispositions pour la topographie. Avec son Soleil en IX, sa carrière se joue sur d’autres continents, de l’Algérie au Mexique,, outre son morceau de gloire à Montebello, ce qui lui vaut de devenir maréchal de France le 2 juillet 1863, un mois après son entrée à Mexico. Affinités de conjonction Soleil-Mars : il avait donné au prince-président son adhésion au coup d’Etat du Deux-Décembre.

 

François-Achille BAZAINE (Versailles (78), 13 février 1811, 12 h, L. & G. revoir figure). Le destin hors du commun d’une éclatante grandeur finissant en abominable déchéance humaine renvoyait à une configuration tragique non moins géante : on est servi avec un Soleil au MC, au triple carré d’une opposition dressant face à Jupiter une conjonction Mars-Uranus, soit dix dissonances ! Cet hyper-ambitieux fils de famille modeste s’engage comme simple soldat et grimpe jusqu’à s’élever au suprême du maréchalat le 5 septembre 1864, porté qu’il est d’abord par le sextil de ce Soleil-MC à Saturne-DS, l’un et l’autre formant un triangle harmonique avec  la Lune, les deux luminaires se triangulant en grand trigone avec l’AS ! Il devient le militaire le plus populaire de son temps : « glorieux Bazaine » au courage exceptionnel, aux six blessures et aux brillantes citations. Mais, avec cette sur-expansionniste opposition Jupiter-Uranus chauffée à blanc par l’excessif carré Soleil-Mars, ce personnage n’en veut-il pas trop ? Devenu tout puissant au cœur de la guerre du Mexique, ne trafique-t-il pas sur le dos de Maximilien pour se faire couronner à sa place ? Et en 1870, encerclé avec son armée à Metz, ne reconnaissant pas le gouvernement instauré le 4 septembre, ne traite-t-il pas avec l’ennemi comme s’il était déjà au pouvoir ? Le fait établi, en tout cas, est que, s’étant laissé lui-même encercler avec son armée, il capitule sans combattre en rase campagne le 27 octobre 1870. Reddition pure et simple de toute son armée : 173 000 hommes dont 3 maréchaux, plus de 50 généraux et 6000 officiers, avec 1407 pièces de canon, 200 000 fusils, 3 millions de projectiles, 23 millions de cartouches et un immense matériel livré à l’ennemi, ainsi que 53 drapeaux ! Un immense désastre … Son procès de 1873 le condamnera le 10 décembre à la peine de mort avec dégradation militaire par le Conseil de guerre. Peine commuée en captivité à l’île de Sainte-Marguerite dont il s’évadera en août 1874 pour s’exiler en Espagne (double exil du Soleil et de Jupiter en XII) où il mourra le 23 septembre 1888. Avec son Mars en dissonances majeures du MC, du Soleil, de Jupiter et d’Uranus, il pouvait être la victime expiatoire de cette immense défaite française.

 

Edmond LE BŒUF (Paris, 5 décembre 1809, 23 h 30 mn ; revoir figure). S’il n’avait pas été un fils de famille, peut-être Leboeuf eut-il eu un destin de révolutionnaire avec sa conjonction Soleil-Mercure-Saturne-Neptune, et il est vrai que, jeune polytechnicien, il prit une part active à l’insurrection des Trois glorieuses de 1830. Néanmoins, son trigone Soleil-Sagittaire/Jupiter-Bélier triangulé à l’AS l’accordait au goût des honneurs de son milieu et ce maître de l’artillerie décrochera son bâton de maréchal de France le 24 mars 1870 pour son rôle capital pris à la bataille de Solférino. Mais à la guerre de 70, l’homme s’effondre : au tour de sa conjonction Soleil-Saturne du FC de se manifester. Aveuglé à la manière d’auto-illusion chimérique de sa conjonction Mercure-Neptune, il laisse le souvenir d’un jupitérien fanfaron, présomptueux, à l’optimisme extravagant et aux déclarations stupides sinon débiles : « L’armée prussienne n’existe pas, je le nie ! » … Quelques semaines plus tard, avec les revers essuyés par l’armée, le ministre de la Guerre est relevé de ses fonctions. Puis, à la tête d’un corps d’armée, on le voit se battre en s’exposant dangereusement, comme pour y chercher la mort. Il sera lui aussi dans Metz encerclé et fait prisonnier. Son propre Mars  est au double semi-carré de son carré angulaire Soleil-Pluton.

 

Les marins

 

Eugène MAGE (Paris, 30 juillet 1837, 12 h, e.c., archives de Paris). Un Neptune au FC face au Soleil du Lion au MC, avec une Lune du Cancer en IX, cela suffit pour comprendre ce parisien aux parents tapissiers entrant à treize ans à l’école navale. Son histoire est celle d’un lieutenant de vaisseau engageant une exploration des régions inconnues du Sénégal et du Niger (1863-1866), surtout en recherche ethnographique (trigone de sa Lune à Saturne au lever). Et sa disparition le 19 décembre 1869 avec son équipage dans une effroyable tempête peut-elle relever de Mercure maître de VIII posé sur cette opposition,  sous double carré de Saturne du Scorpion en I.

 

Louis Adolphe BONARD (Cherbourg (50), 27 mars 1805, 13 h, archives municipales). Ce fils d’ingénieur de la marine, polytechnicien devenu vice-amiral, avait-il besoin d’un tel support familial pour s’affirmer, ayant un grand trigone réunissant Mars du Lion à l’AS, le Soleil-Mercure du Bélier et Jupiter du Sagittaire ? (figure que l’on retrouvera chez Eugène Schneider, né deux jours plus tard). Et dans une carrière itinérante avec Soleil, Mercure, ainsi que Vénus des Poissons en IX ? Avec cette puissance et cette autorité, on conçoit qu’il soit devenu gouverneur tour à tour de la Guyane (1853-1855) et de la Cochinchine (1861-1863), finissant préfet maritîme et membre du Conseil d’Amirauté.

 

Pierre-Paul de LA GRANDIERE (Redon (35), 28 juin 1807, 7 h, archives municipales). Le Soleil maître de l’AS et Mercure au lever en Cancer, avec une Lune du Bélier en IX : on conçoit que cet homme, dont la famille a fourni plusieurs officiers à la marine, ait donné suite à cette vocation. Armé d’une double angularité de Jupiter et d’Uranus, cela lui vaut de devenir capitaine de vaisseau, gouverneur de la Cochinchine, vice-amiral, Conseil d’Amirauté …

 

Ernest DOUDART DE LAGREE (Saint-Vincent-de-Mercure (38), 31 mars 1823, 22 h, rchives municipales). La signature maritime procède d’une Lune du Sagittaire en I au carré de Mercure des Poissons au trigone de l’AS, , la Lune étant elle-même au trigone d’une conjonction Soleil-Mars du Bélier en aspect de Neptune, lequel est au surplus au trigone du MC. Sous l’empire, il est promu capitaine de frégate, affecté à la défense des intérêts nationaux au Cambodge (1863-1865) et il mourra en 1868 au cours d’une expédition au Mékong.

 

Marie-Jules DUPRE (Albi (81), 5 novembre 1813, 17 h, archives municipales). Nulle destination maritime n’est évidente ici, chez ce futur vice-amiral du Conseil de l’Amirauté, qui manifesta sa présence de Madagascar à l’Extrême-Orient et négocia le traité plaçant le Cambodge sous le protectorat de la France. On note seulement la présence du maître du MC, Saturne, dans son signe capricornien en IX, que le Soleil en VI valorise par sextil. Le négociateur, quant à lui, fait bonne figure avec la conjonction du maître de X, Uranus, avec Mercure en pointe de VII, secteur où se trouve d’ailleurs Neptune du Sagittaire.

 

Francis GARNIER (Saint-Etienne (42), 25 juillet 1839, 7 h, archives municipales). Seul son Mercure à quelques degrés de l’AS est propre à donner l’idée d’une vocation itinérante, dont on retient l’exploration du Mékong (1866-1868). Ce qui frappe davantage, c’est une avide Lune ambitieuse du Capricorne qui vient en renfort des aspirations de Soleil-Mercure-AS en Lion, et probablement comme surcompensation d’un sentiment d’infériorité (il est petit, maigre, ses camarades de classe l’ayant appelé « Tom Pouce »), cette Lune étant au double carré d’une opposition de conjonction Mars-Jupiter aux impérieuses aspirations à Pluton du Bélier en VIII : au cours d’une aventure au Tonkin, en agissant contrairement aux instructions reçues, l’ennemi s’en empare et le décapite le 21 décembre 1873.

 

Cas divers

 

Auguste MARIETTE : (Boulogne-sur-Mer (62), 11 février 1821, 2 h 30 h, e.c.). Au milieu du XIXe siècle où Saturne, Uranus et Pluton se réunissaient en Taureau et derrière Champollion ayant fait parler Ramsès, le sol devient l’objet de fouilles pour ressusciter les civilisations anciennes enfouies dans l’oubli du temps. Or, une importante moisson archéologique est due à cet  égyptologue dont, précisément, le FC est entouré à la fois par une conjonction Jupiter-Pluton des Poissons et par Saturne du Bélier, maître d’une conjonction Uranus-Neptune du Capricorne en I : découverte en 1851 du sérapeum de Menphis, déblayage du Sphinx, des temples d’Edfou, de Dendérah, etc …, l’homme finissant par fonder le Musée égyptien du Caire, celui de sa ville natale ayant hérité d’une belle moisson de ses découvertes qui mérite la visite . Son FC est décidément à l’honneur …

 

Claude BERNARD : (Saint-Julien, 69, 12 juillet 1813, 3 h 30 m, e.c. Ch). Le tournant historique de la médecine avec son Introduction à l’Etude de la Médecine expérimentale. A la définition des maladies par l’observation directe des lésions organiques succède l’étude des troubles fonctionnels par voie d’analyse biologique (urine, sang, biopsie du tissu), la physiologie émergeant de l’anatomie. Grâce à la percée  quasi-chirurgicale d’une pensée forte de conjonction Mercure-Jupiter du Lion face à Mars en VIII, le savant fait la lumière à l’intérieur du corps humain : Soleil du Cancer en I triangulé à Pluton-Poissons en X et Uranus du Scorpion.

 

Emile LITTRE : (Paris, 1er février 1801, 10 h, G). Du moment qu’on le sait déjà être l’homme du célèbre Dictionnaire de la langue française : Déception de rencontrer un secteur III vide. Toutefois, son maître est Mercure du Verseau en X, conjoint au Soleil et en aspect de l’AS. Un Mercure maître d’une Lune en Vierge : son œuvre minutieuse de lexicographe épluche la terminologie des mots, détaille par le menu la formulation de leur sens en élevant chacun de ces milliers d’êtres peuplant son dictionnaire à la pureté de sa spécificité. Oeuvre dont la somme renvoie au tout de Jupiter du Cancer en IV (et en aspect de Mercure) : dépôt du patrimoine littéraire de la langue nationale.

 

Aristide BOUCICAUT : (Bellème, 61, 14 juillet 1810, 3 h, e.c.). Le même trigone de Claude  Bernard : Pluton-Poissons en X à Uranus-Scorpion en V, se triangule également à un Soleil du Cancer en I, mais le savoir n’est pas son domaine (il n’a pas Saturne au DS), l’action physique réalisatrice étant davantage de son ressort (Mars à l’AS). Mais c’est aussi Mercure qui s’y trouve et au trigone du MC. Ce fils de modeste chapelier démarre sur les marchés où se dévoile son génie commercial qui va le conduire à acheter en 1852, rue du Bac à Paris, une petite boutique d’une trentaine de mètres carrés (son Mercure est maître de IV) : Au bon Marché, qui va devenir le plus grand magasin parisien. La conjonction en VI du maître de l’AS et du maître du DS rappelle que l’homme œuvre de concert avec son épouse, Marguerite Guérin (voir plus loin), et leur réunion en triple conjonction Lune-Saturne-Neptune dans le même secteur justifie leur profonde humanité : Caisse de prévoyance pour leurs employés, bien traités, distribution de vivres aux familles pauvres du quartier, soulagement des misères autour d’eux. Outre l’œuvre philanthropique de la création de l’hôpital Boucicaut (Jupiter, maître de la triple conjonction, en pointe de XII).

 

Jules JALUZOT : (Corvol l’orgueuilleux, 58, 5 mai 1834, 7 h , e.c.). Avec un Uranus du Verseau au MC et au trigone de l’AS-Gémeaux, Mercure étant en Bélier avec la Lune, ce commis de magasin excelle bien vite comme chef de rayon au « Bon Marché ». Sa chance lui vient d’une conjonction Soleil-Jupiter par la maîtrise de celui-ci au DS : la dote confortable d’un mariage qui lui met le pied à l’étrier, suivi de la création en 1865 au Boulevard Haussmann du magasin Le Printemps, où il met ses idées nouvelles à l’œuvre : publicité, service de presse, slogans, modernisation avec ascenseurs, vente par correspondance … Ses idées politiques le conduisent à fonder plusieurs journaux (La Presse, au service du général Boulanger, La Patrie, au profit des conservateurs …), mais le passage à la vie publique, néfaste avec une Lune sur une opposition Mars-Saturne, se solde par maints déboires, sa fin de vie étant surtout éprouvée par le décès de son fils unique à la bataille de la Marne en 1914 (Saturne dissonant en V).

 

Ernest COGNACQ : (Saint-Martin de Ré, 17, 2 octobre 1839, « sur les dix heures du matin », e.c). Il n’est pas étonnant de rencontrer un Soleil de la Balance en X, en conjonction de Vénus-Balance et Mercure-Vierge en X, tous deux maîtres de VII, chez cet homme, par ailleurs bosseur et opiniâtre avec son Mars du Scorpion à l’AS, lequel, parti de rien avec son épouse, partenaire à part égale, Marie-Louise Cognacq-Jay (voir plus loin), au Mars également au lever, laisse avec elle à la postérité le grand magasin parisien devant la Seine : A la Samaritaine (1871). Au surplus, si Pluton est à l’opposition de la Lune en V de son épouse, c’est son Soleil ( superposé avec Vénus à cette Lune) qui, chez lui, subit l’opposition de Pluton en V. Frustrés l’un et l’autre de ne pas avoir eu d’enfant, ils laissent leur nom avec leur institution philanthropique du « Prix Cognacq-Jay » qui récompense les familles nombreuses..

 

Etienne LENOIR : (Mussy-la-Ville, Belgique, 12 janvier 1822, 3 h, e.c.). Un Mars en Vierge va bien à la mécanique. Si le suivant, Baltard, a le sien en IV et traite son métier en mécanicien de la construction, c’est au MC en X qu’il se présente ici, avec la Lune, et au trigone d’une conjonction Mercure-Uranus-Neptune. Derrière Joseph Cugnot, constructeur de la première voiture automobile à vapeur (1770), Lenoir est le précurseur de l’automobile moderne, à combustion interne. La sienne, construite en 1862, fit en trois heures le trajet de dix kilomètres de Paris à Joinville-le-Pont. Sa conjonction Jupiter-Saturne à 20-21° du Bélier aura des résonances avec la conjonction soli-lunaire à 19° Bélier (Mars étant en Verseau) de Alphonse BEAU DE ROCHAS (Digne, 9 avril 1815, 18 h, e.c.), inventeur la même année du moteur à quatre temps.

 

Victor BALTARD : (Paris, 19 juin 1805, 4 h, e.c.). On ne pouvait le savoir architecte, bien que le sextil de Vénus-Cancer à l’AS à Mars-Vierge au FC en IV  l’eut sensibilisé à l’habitat. Mais on comprend que le créateur des Halles centrales à Paris (1854-1870)   ait eu recours au fer, à l’armature métallique apparente de ses oeuvres, avec son Mars ainsi placé, et ait aimé substituer à l’opacité des murs des surfaces vitrées, dans le goût de  son aérien Soleil des Gémeaux conjoint à l’AS.

 

Charles GARNIER : (Paris, 6 novembre 1825, 10 h, e.c.). Puissance créatrice d’une conjonction Soleil-Mercure du Scorpion triangulée par sextils à un trigone de conjonction Lune-Mars-Jupiter à conjonction Uranus-Neptune. S’agissant d’un architecte, l’œuvre qui le consacre : l’Opéra de Paris (1862/1875) porte la signature d’une Vénus de la Balance au MC.

 

Alexandre CABANEL (Montpellier (34), 28 septembre 1823, 24 h ; e.c.). Le Soleil de la Balance au FC, en compagnie de Vénus dans son signe, aspectant la Lune du Cancer à l’AS, convient élégamment à ce peintre du « joli », dont La naissance de Vénus, entourée d’angelots, exposée au Salon de 1863, achetée par Napoléon III, valut à son auteur, avec commandes officielles, d’être comblé d’honneurs : légion d’honneur, Institut …

 

Franz Xavier WINTERHALTER : (Menzenschroard, Forêt Noire, 20 avril 1806, Benezit : Dictionnaire des Peintres, Sculpteurs, Dessinateurs et graveurs, Gründ). Le savoir-faire d’un trigone Mercure-Jupiter dans la tonalité d’un sextil de Lune-Taureau à Vénus-Poissons, en une prédilection à répandre élégance, séduction, grâce, charme. Telle est l’agréable palette de ce peintre de cour, devenu à Paris le peintre attitré du Second Empire et de ses fêtes. Son Soleil  ne s’unit-il pas aussi au duo soli-lunaire du couple impérial ?

 

Jacques OFFENBACH (Cologne, 20 juin 1819, 3 h, biog. allemande). Impossible d’évoquer le Second Empire des plaisirs sans rappeler la présence du grand amuseur à l’étourdissante musique endiablée – le « cancan » - que fut ce compositeur-chef d’orchestre des « Bouffes-Parisiens », né au lever de Mercure en Gémeaux, qu’accompagne un Soleil dans le signe en I, et au trigone de Jupiter culminant, signature accompagnée d’une conjonction Lune-Vénus et de Mars en Taureau. Effervescence joyeuse, bouffonnerie débridée, rythme galopant, c’est toute l’exubérance de la gaîté parisienne. Voir plus loin sa grande interprète Hortense Schneider. 

 

Félix NADAR : (Paris, 6 avril 1820, acte d’e.c. reconstitué sans heure). On en est réduit au Bélier, avec Mercure dans le signe, au trigone d’Uranus-Neptune. Un pionnier inventif et aventureux. C’est l’aéronaute qui, le 18 octobre 1863 au Champ de Mars à Paris, élance un ballon géant de huit occupants dont sa femme et lui, qui traversera la Belgique et la Hollande pour atterrir tant bien que mal à Hanovre. Et surtout, le premier grand photographe nous livrant , parmi des milliers, les visages des gens célèbres de son temps : George Sand, Franz Liszt, Alfred de Vigny, Alphonse Daudet, Jules Verne, … et, précisément, son voisin du signe Napoléon III, portrait exposé en introduction au présent texte.

 

Emile PEREIRE : (Bordeaux (33), 27 juin 1800, 5 h, e.c) et Isaac PEREIRE (Bordeaux, 25 novembre 1806, 8 h e.c.). Les deux frères fondateurs en 1852 du Crédit mobilier, institut bancaire devenant le principal moteur de l’expansion industrielle du Second Empire. L’aîné répond à une telle création avec sa triple conjonction Soleil-Mercure-Jupiter à l’AS, outre un Mars du Bélier en X et un Uranus au FC. C’est en III que se trouve la Lune maîtresse de l’amas à l’AS chez l’aîné, et, chez le cadet, le maître de III est conjoint au Soleil, lequel est en Sagittaire avec l’AS et Mercure : ils sont les financiers créateurs des chemins de fer du Nord, puis de ceux du Midi, ainsi que de  compagnies de transports : omnibus et transatlantiques.

 

Charles de WENDEL (Metz, 13 décembre 1809, 22 h. e.c.). Un Soleil avec quatre planètes en IV sous trigone jupitérien convient à ce descendant (5e génération) des maîtres de forges,          qui succède à son père pour moderniser l’entreprise sidérurgique familiale en mariant le coke allemand au minerai lorrain (Sagittaire), jusqu’à en faire la principale du pays avec ses 7000 ouvriers. Au surplus, avec la Lune en Poissons et Mercure-Vénus joints à sa conjonction Saturne-Neptune en IV, ce grand patron des aciéries de l’Est est un généreux paternaliste secourant de toutes sortes de façons ses employés : coopératives, secours gratuits, retraites, ayant même fondé une cité modèle inaugurée par Napoléon III en 1857 …

 

Eugène SCHNEIDER : (Bidestroff, 57, 29 mars 1805, 22 h.e.c.). L’inventeur de „l’acier Schneider“ se devait d’avoir un beau Mars : on le trouve à 1° du Lion et remarquablement triangulé à un trigone de Soleil-Mercure à 6-8° Bélier en IV (sa fonderie familiale)) à Jupiter à 6° du Sagittaire qui entre en conjonction de l’AS, ce qui sied au créateur du rail français ! Ayant repris en 1836 avec un frère l’ancienne fonderie royale du Creusot, il en fait le grand centre métallurgique français : première locomotive à vapeur en 1838, mais aussi  fabrication du matériel de guerre, son canon étant toutefois « doublé » par le Krupp en 70 … Son industrie, avec celle de de Wendel, est en première loge à la contribution de l’essor économique du Second Empire.

 

Alfred KRUPP : Essen, 26 avril 1812,, 18 h, e.c. Ritter. Ce garçon qui, à quatorze ans, hérite de son père une fonderie de quelques employés, et va en faire avec ses 21.000 ouvriers une industrie d’institution nationale, est logé à l’enseigne d’un beau rectangle réunissant par sextils un solide et travailleur trigone Soleil-Taureau/Saturne-Capricorne à un prospère trigone Lune/Jupiter-Cancer. C’est à son canon d’acier qu’on le résume, mais avec son Mars des Gémeaux conjoint à Mercure, toute sa prospérité est due au rail de chemin de fer et aux roues de locomotive dont il a pourvu le continent. Avec sa Lune du Scorpion en I opposée au Soleil et trois positions en VIII, l’homme, quant à lui, vivait en pleine névrose obsessionnelle, et il allait finir, dans son château aux trois cent pièces avec portes dérobées et passages secrets, errant dans le noir comme un fantôme vivant.

 

Henri DUNANT (Genève, 8 mai 1828, 20 h 30 mn, e.c.). L’une des plus belles figures astrales qui soient, au maximum d’harmoniques et au minimum de dissonances, où se croisent deux grands trigones en une composition hexagonale de six astres se relayant de sextil en sextil pour aboutir au MC, la Lune des Poissons au FC en étant la base. Cette Lune humanitaire renvoie à une conjonction Mars-Neptune (du Capricorne) qui spécifie ce prix Nobel de la paix 1901, cet homme ayant en quelque sorte humanisé la guerre. Conjonction généreuse par son trigone reçu du Soleil et encadrée par sextils au trigone Lune-Jupiter ! Dunant avait été très douloureusement traumatisé par le spectacle infernal de soldats blessés non secourus, jonchant le sol de la bataille de Solférino en juin 1859. Décidé à créer un organisme pour le secours aux blessés de guerre, il se battit pour faire aboutir une conférence à Genève et créa la Croix Rouge en 1863, laquelle fit adopter l’année suivante une première convention internationale visant ce but, à défaut de pouvoir supprimer la monstruosité de la guerre elle-même que se livrent les hommes entre eux.

 

Paulin TALABOT (Limoges (87), 18 août 1799, 6 h, e.c.). Si le pionnier anglais des chemins de fer, Stephenson, a un alignement Soleil-Mercure-Vénus-Uranus en Gémeaux (voir « La Monarchie de Juillet ») et le roi du rail américain, Vanderbilt, le Soleil et Vénus dans le signe, à son tour, c’est Jupiter qui se trouve dans le troisième signe chez Talabot ; un Jupiter dominant en X, sextil au Soleil du Lion à son lever et carré à une conjonction Mercure-Uranus ; outre encore un Mars maître de IX à l’AS. Cet ingénieur est le constructeur des premières lignes de chemin de fer en France, y installant le réseau du Sud-Est et devenant le directeur du P-L-M de 1862 à 1882.  Il installa aussi de nombreuses voies ferrées en Italie, au Portugal et en Algérie.

 

Prosper MERIMEE : (Paris, 27 septembre 1803, 22 h, e.c.  ). Cet ami de longue date de l’impératrice, devenu familier des Tuileries, a joué un rôle important d’inspecteur des monuments historiques ; historien versé en archéologie à qui l’on doit, en d’interminables inspections et en confiant les travaux de restauration à son ami Viollet-le-Duc, d’avoir sauvé de la ruine une bonne partie de l’héritage roman et gothique du pays. On n’est pas étonné de rencontrer son Soleil entouré d’une  conjonction Vénus-Saturne de la Vierge en IV et d’une conjonction Jupiter-Uranus de la Balance en V. Quant à l’oeuvre littéraire de cet auteur caustique sec et froid, la postérité retient la populaire Carmen, qui traite le thème mélodramatique de la déchéance dans une fatale passion amoureuse : envoûtement du brigadier déserteur par la bohémienne, don José comparé à un Satan, proie facile pour la « bête fauve » qu’est Carmen, « démon », « diable de fille » à la beauté étrange et sauvage, « chien et loup ne (faisant) pas longtemps bon ménage » …  Quoi de mieux, de plus pur, d’idéal si l’on peut dire, qu’une conjonction Lune-Pluton des Poissons au MC pour en rendre compte ?

 

 Eugène Emmanuel VIOLLET-LE-DUC (Paris, 27 janvier 1814, 21 h, e.c.). Comme chez Mérimée, on attendait, à priori, la venue d’une présence en secteur IV et sur fond saturnien, pour cet architecte, théoricien et restaurateur de monuments anciens civils et religieux :basilique de Vézelay, Notre-Dame de Paris, outre la reconstitution du château de Pierrefonds … Avec en plus des ouvrages faisant encore autorité : Dictionnaire raisonné de l’architecture française du Xie au XVIe siècle (1854/1868) … Or, son thème livre une conjonction Mercure-Saturne du Capricorne en IV au trigone de l’AS, avec lever de Jupiter-Vierge et  coucher de Vénus-Poissons.

 

Henri Louis TOLAIN : (Paris, 18 juin 1828, 15 h, e.c.) . Cet ouvrier ciseleur est devenu le principal dirigeant du mouvement ouvrier français sous le Second Empire, inspiré par les théories de Proudhon vers des positions réformistes. Il prit notamment une grande part à la fondation de la 1e Internationale en 1864. En refus de participation révolutionnaire à la Commune de Paris, il fut exclu de celle-ci en 1871. Sans renier pour autant ses idées, il devint sénateur en 1875. Outre la belle personnalité d’un Jupiter du Scorpion à l’AS, au sextil de la Lune de la Vierge en X, ainsi qu’au trigone du Soleil, on apprécie la venue de ce combattant défendant la classe ouvrière dans la famille de la conjonction Mars-Neptune, sans s’étonner non plus qu’avec son opposition Saturne-Neptune soit venue sa séparation du milieu révolutionnaire international.

 

Ferdinand de LESSEPS : ( Versailles (78), 19 novembre 1805, 15 h 30 mn, e.c. Berthon). Un diplomate qui s’intéresse au projet saint-simonien de percement d’un canal entre la Méditerranée et la mer Rouge. Projet qui devient la grande affaire de sa vie, mettant toute son énergie à créer, en dépit du refus des Anglais, une Compagnie universelle du canal de Suez, dont l’inauguration aura lieu en 1869 (conjonction Jupiter-Neptune en Bélier) en présence de l’impératrice Eugénie. Il allait fonder en 1880 une société pour percer l’isthme de Panama, mais il fut victime de malhonnêtetés qui conduisirent la compagnie à la faillite et à sa condamnation à la prison, épreuve dont il devait ne pas se relever. Bien sûr, on cherche aussitôt Neptune dans son thème : on n’est pas déçu de le voir en conjonction exacte du Soleil, outre que la Lune se couche au DS. Mais aussi, près de la conjonction Soleil-Neptune se présente une conjonction Mars-Jupiter en Sagittaire, au voisinage de Mercure-Sagittaire, expressive de grandioses réalisations, le signe symbolisant en particulier les ponts  joignant deux mondes, notamment d’une rive à une autre.

 

Pape PIE IX : Senigaglia, 13 mai 1792, 6 h, e.c. Capone ; Choisnard a donné une version du 12 à la même heure, selon une biographie, mais le 13 est généralement admis). Son ciel présente une figure de cerf-volant dont l’axe central oppose une conjonction Vénus-Saturne (soutenue par le Soleil-Taureau) à une conjonction Jupiter-Neptune, dualité renforcée par un carré du Soleil à une conjonction  Lune-Pluton à la culmination. Sous une face, nous avons, au cours de son long pontificat (1846-1878), un religieux installé dans une condamnation radicale de l’évolution libérale de la société et proclamant, comme par réaction, l’infaillibilité du Souverain Pontife. Et sous l’autre face se présente l’essor sans précédent jusqu’à devenir quasi-universel du catholicisme, propagé par la modernité de la révolution des transports, avec l’extension des conquêtes coloniales qu’escortent des légions de missionnaires.

 

Camillo Benzo di CAVOUR : (Turin, 10 août 1810, 17 h ¾, e.c.). Ce triple léonien par le Soleil, Mercure et Mars, les deux premiers au trigone d’une Lune en Sagittaire et le troisième au trigone d’une conjonction révolutionnaire Saturne-Neptune, est né à cheval entre une sortie de culmination d’Uranus et une entrée de Jupiter du Taureau au FC, évocation d’un puissant patriotisme national. Des astralités géantes en mesure de rendre compte de ce fondateur de la nation italienne.

 

VICTOR-EMMANUEL II : (Turin, 14 mars 1820, 1 h, e.c.).  Il n’est pas étonnant que  le co-fondateur de l’Etat italien, le roi de Sardaigne, rassembleur des diverses provinces  parvenues à leur unité géographique et devenu premier roi d’Italie , ait lui-même une conjoncture unificatrice : un stellium de cinq astres et plus particulièrement une conjonction des luminaires encadrée par Jupiter et Saturne. Et il n’est pas étonnant qu’au couronnement du roi en mars 1861, ces mêmes planètes revenaient en conjonction, étape cyclique d’une Europe en édification.

 

GUILLAUME Ier : (Berlin, 22  mars 1797, 13 h 45 mn, source officielle). Rien de mieux pour s’élever qu’une conjonction Soleil-Jupiter, surtout si le Soleil, exalté en Bélier, est maître d’AS et Jupiter lui-même en second trône des Poissons. Même s’il faut passer par un Mars en X, c’est-à-dire par le sort des armes : ce roi de Prusse est devenu le premier empereur d’ Allemagne.

 

Otto von BISMARCK : (Schoenhausen, 1er avril 1815, 13 h 30). Mêmes positions respectives du Soleil-Bélier et de l’AS-Lion, outre une commune Lune capicornienne. Mais on passe d’une conjonction à une opposition Soleil-Jupiter, axe d’autorité en losange avec un sextil Mars-Uranus. Ce rude Bélier au tempérament d’hercule à tête massive, géant aux sourcils broussailleux et aux yeux perçants, porte au surplus la signature d’une conjonction Mars-Saturne au DS. Ce Junker considère que « la vie du chasseur est vraiment la vie naturelle de l’homme », si bien que la guerre elle-même lui paraît être « la condition naturelle de l’homme ». Il scandalise les députés par un discours célèbre : « .les grandes questions du temps ne seraient pas décidées par des discours et des déclarations, mais par le fer et par le sang ». C’est ainsi qu’on l’appellera le « chancelier de fer ». Son ambition imposera à la Prusse trois guerres en six ans pour se faire le forgeron de l’unification de l’Allemagne, couronnant Guillaume 1er au château de Versailles le 18 janvier 1871.

 

 Temple PALMERSTON : (Broadlands Hampshire, 20 octobre 1784, Ency. Britan.) Ce Premier ministre britannique, de 1855 à 1865, est né le jour même d’un trigone Soleil-Jupiter et sous opposition Lune-Jupiter, celui-ci sûrement angulaire : lord à grande figure de jupitérien, colosse à l’air avantageux, puissant et plein d’audace, au point de traiter par dessus la jambe la reine et son mari le prince Albert. Agissant de sa propre initiative, il pousse les affaires au point que beaucoup d’Anglais jugent excessive sa politique de prestige national et de domination mondiale, ce téméraire trouvant excitantes les situations dangereuses. Il est voisin astral du maréchal Bugeaud, son Soleil conjoint à Mars et au carré d’une opposition Saturne-Uranus est, dans son cas, significatif d’une pratique d’ impérialisme sauvage.

 

ALEXANDRE II (Moscou, 29 avril 1818, 10 h, Urania 41, 1880, A. J. Pearce et biographie). Ce nouveau tsar consacré en 1855, au Soleil maître d’AS en X, au trigone de Jupiter du Capricorne en VI, allait réformer son pays et abolir l’esclavage de quarante millions de serfs. Mais à son Jupiter s’opposait Mars en XII avec un Pluton culminant. La récompense de son libéralisme allait être le cauchemar de menaces d’assassinat : après avoir échappé à cinq attentats, le sixième du 13 mars 1881 lui sera fatal.

 

Panorama féminin

 

Comtesse Virginia de CASTIGLIONE (Florence, 22 mars 1837, midi, e.c. Gouchon, Dictionnaire astrologique, ed. 1975). La somptuosité d’un puissant Soleil équinoxial du Bélier au MC, maître d’une conjonction Mars-Jupiter du Lion en I et en trigone l’un de l’autre, outre une Lune de la Balance au FC qui les aspecte. La plus entière ambition d’une femme qui a tout pour elle : charme et esprit, beauté et intelligence, autant que grand caractère. Cousine de Cavour, la divina contessa est envoyée en féminine mission diplomatique à Paris où elle fait sensation aux fêtes du Second Empire. Fasciné, Napoléon III (qui a Vénus sur son Soleil-MC) en fait sa maîtresse en 1857, la « politique de l’oreiller » faisant son œuvre. Sa manière à elle de dévouement à la cause nationale (conjonction vénusienne des Poissons en IX). Son salon parisien reçoit le tout Paris politique et brille de toute la splendeur d’une vie amoureuse qui fait se succéder monarque, princes, duc, baron, général, banquier … Elle est encore vivante puisqu’elle reçoit toujours des visites régulières au Père-Lachaise.

 

CHARLOTTE DU MEXIQUE (Bruxelles, 7 juin 1840, 1 h, e.c , Coming Events, 1897).  Il est difficile de rencontrer thème plus dissonant que celui-ci qui fait régner une croix quasi-angulaire ultra chargée, où une quadruple conjonction Soleil-Mercure-Vénus-Mars des Gémeaux s’oppose à Saturne proche du MC, opposition perpendiculaire à une opposition d’Uranus en XII à la Lune en VI. Il n’est pas croix plus lourde à porter. La vie de Charlotte commence dans l’enchantement d’un mariage à dix-sept ans avec le frère de l’empereur d’Autriche-Hongrie, Maximilien. C’est le temps de l’excitation martienne de la conjonction des Gémeaux, cette juvénile nature ne doutant de rien. Jusqu’à l’éclatement de son destin lorsqu’en 1864, Napoléon III propose au couple la couronne impériale du Mexique, cette épouse passionnée et ambitieuse forçant la décision. Peu après leur entrée à Mexico, l’aventure militaire chavire et Maximilien s’effondre. Ainsi bascule-t-elle de Mars à Saturne : c’est en vain que Charlotte tente de sauver son empire. Blessée par cet échec, son esprit vacille. Et quand Maximilien tombe sous les balles d’un peloton d’exécution, la folie s’empare d’elle, au point de devenir une démente atteinte d’un délire de persécution, suprématie de son carré angulaire Saturne-Uranus. Ainsi vivra –t-elle ce calvaire une soixantaine d’années en disparaissant à quatre-vingt-six ans.

 

Marguerite BOUCICAUT, née Guérin (Verjux (71) le 2 janvier 1816, 11 h, e.c., colonel Maillaud). Une conjonction Soleil-Mercure du Capricorne en X, au sextil de Jupiter du Scorpion en VII, dynamisé par une opposition de Mars en  I. Cette orpheline de mère à douze ans et fille de père inconnu (conjonction Lune-Saturne en XII), recueillie par un oncle qui la met en apprentissage dans une blanchisserie, épouse un petit employé de commerce. Tous les deux, dans un effort acharné, reprennent en 1852 une boutique à l’enseigne du Bon Marché ils vont faire un tel agrandissement qu’il en résultera le plus grand magasin de Paris. Avec une Lune en Verseau et un AS en Poissons, leur réussite n’est pas ingrate, le personnel bénéficiant d’avantages : repos dominical, cantines, logements, cours du soir … Et, plus encore, activités philanthropiques. Ayant perdu son mari et son fils unique (conjonction Lune-Saturne), à sa mort, elle laisse la majeure partie de ses biens à l’Assistance publique et à la fondation de l’hôpital parisien qui porte son nom (sa conjonction luni-saturnienne en XII).

 

Marie-Louise COGNACQ-JAY (Samoëns (74), 1er juillet 1838, 3 h, e.c.). Elle aussi débute au plus bas, comme simple vendeuse. Elle parvient à devenir première vendeuse au Bon Marché. Puis, avec son mari Ernest Cognacq, elle acquiert en 1870 le bail d’un magasin qui porte l’enseigne de La Samaritaine. Une affaire commerciale partie avec une dizaine d’employés et qui en comprendra sept mille un demi-siècle plus tard. On peut voir cet établissement à l’image de son Jupiter de la Vierge en IV, en aspect de son Mercure-AS et triangulé à son trigone Soleil en II – Uranus en X. Outre une politique sociale inédite en faveur du personnel, les employés devenant actionnaires et touchant une part des bénéfices, la grande œuvre de charité de cette dame fut la fondation du Prix Cognacq-Jay. On le comprend :Un Soleil du Cancer, maître de IV en I, que prolonge une Lune de la Balance en V, puissante par ses trigones à l’AS et au MC mais subissant l’opposition de Pluton, position lunaire relayée elle-même par Vénus en XII en opposition de Saturne (dissonance que renforce le Soleil). Ainsi se tisse la trame du destin d’une femme frustrée de maternité, qui crée son panthéon personnel (Soleil en I) en se faisant la philanthrope des familles nombreuses. D’autant que la présence en IV de Jupiter entouré de sa ribambelle de satellites (maintenant une soixantaine) peut illustrer, outre son grand magasin,  la progéniture d’une nichée d’enfants sous son toit.

Hortense SCHNEIDER (Bordeaux (33), 30 avril 1833, 5 h, e.c.). Née juste au lever du Soleil en Taureau, entouré d’une conjonction Mercure-Jupiter du Bélier et de Vénus des Gémeaux en I, avec Mars du Cancer sortant du FC, on comprend que cette fille de modeste tailleur, ne doutant de rien, ait pu dire à ses parents à douze ans : « Je veux devenir une actrice célèbre ; si vous vous opposez à mon projet, je me tue ! ». Cette rousse bien en chair, sensuelle et délurée, allait incarner toute la vie de plaisirs du Second Empire en se découvrant, telle une reine, la grande cantatrice des œuvres d’Offenbach : « La Belle Hélène » (avec l’invocation à Vénus), « La Périchole », « La Grande-Duchesse de Gérolstein » … Sur scène, elle lançait ses mots ou chantait « comme on donne un baiser » (Le Figaro) et d’ajouter qu’ »elle sentait le champagne » … Et sa vie privée fut un défilé d’amants : tant de têtes couronnées s’empressèrent dans sa loge et dans son lit que ses proches baptisèrent Hortense « Passage des princes ». Elle finit sa vie sur la note de son Neptune du Capricorne en X en se consacrant à de bonnes œuvres.

 

Juliette DROUET (Fougères (35), 10 avril 1806, 7 h, e.c. Symours). Ensemble convergent une conjonction Vénus-Pluton en Poissons, Neptune du Scorpion au DS et un Soleil en XII en opposition d’une dure conjonction Saturne-Uranus, tandis que se dresse une conjonction Lune-Jupiter du Capricorne en IX. Avec Juliette, c’est l’ardeur de vivre douloureuse d’un amour romantique, la passion d’aimer comme une sainte dans l’épreuve mystique. Il s’agit du grand amour de la maîtresse de Victor Hugo, depuis 1835 jusqu’à sa mort en 1883. Un apostolat vécu comme un emprisonnement, une pénitente retranchée du monde et bénissant son calvaire. « Le miracle est qu’elle accepte cette vie de recluse et d’esclave, non seulement avec gaîté, mais avec reconnaissance. » (André Maurois). Par ivresse mystique de la rédemption amoureuse. « Elle a vécu enfermée dans son amour comme dans un couvent. » (Jean Guéhenno). On peut aussi parler d’une sorte de sublimation masochiste, Juliette  ayant subit, avec son grand homme,  toutes sortes d’humiliations, ayant bu la coupe de l’amertume du coeur jusqu’à la lie. Il n’en reste pas moins ses dix-sept mille lettres de « Je t’aime » …, dont la dernière écrite aux heures de sa mort.

 

Louise COLET (Aix-en-Provence (13), 15 septembre 1810, 20 h, e.c. Symours). Une Lune du Bélier, trigone à Mars du Lion en V, vient de se lever, tandis que se couche une conjonction Vénus-Uranus en Scorpion. La célébrité de cette femme de lettres, qui tint un salon rue de Sèvres à Paris, devenu alors un véritable foyer littéraire, a depuis longtemps cessé d’être, du moins quant à ses œuvres. Mais les fervents des lettres n’ont pas oublié son tempérament amoureux qui a défrayé la chronique par ses liaisons tumultueuses assorties de fâcheries, réconciliations, ruptures et vengeances, avec quelques-uns des personnages dominants de son époque : Victor Cousin, Musset, Vigny, Champfleury, Flaubert … S’il fallait la résumer, on retiendrait de sa personne, surtout, un parfum d’emmerdeuse, et il y a là, avec elle, une occasion d’observer, de l’opposition de Pluton à son Soleil, la parfaite inversion de son complexe anal virginien !

 

Bernadette SOUBIROUS : (Lourdes, 64, 7 janvier 1844, 14 h, e.c.). Un cas superbe de condensation de l’eau, de la foi et du collectif au passage d’un axe luni-neptunien au méridien. Le 11 février 1858, en allant chercher du bois pour se chauffer, cette gamine inculte de quatorze ans voit dans une grotte une « dame » qui lui sourit ;  l’apparition se renouvelle et c’est Marie qui s’annonce. Bientôt, la foule la suit au rocher de Massabielle et s’amasse à la grotte. A la neuvième visite, Bernadette s’agenouille, fouille le gravier de sa main et fait sourdre un filet d’eau, puis en boit une gorgée. Les jours suivants, la faible source s’enfle au débit d’une fontaine, aussitôt considérée comme une eau miraculeuse. L’histoire des guérisons de Lourdes commence. Il n’y a rien de plus pur que sa Lune du Lion au FC pour évoquer l’enfant au pied de cette eau naissante, dont, à travers sa vision de la Reine du ciel, la foi élève un chant d’amour sublimé, par l’opposition lunaire à Vénus du Verseau culminante, jusqu’à en arriver au surnaturel d’un état visionnaire expressif de Neptune du Verseau culminant, entraînant une foi contagieuse qui deviendra un phénomène collectif. Quant à elle, sa Lune du Lion renvoie à une conjonction Soleil-Saturne du Capricorne en VIII, à la vie de souffrance d’une religieuse qui mourra à trente-cinq ans le 16 avril 1879.

 

Louise MICHEL : (Vroncourt, 52, 29 mai 1830, 17 h, e.c.). Un Saturne du Lion qui se dresse au MC, en opposition d’Uranus du Verseau au FC, avec en plus Mars des Poissons en IV en dissonance d’un carré du Soleil des Gémeaux à la Lune de la Vierge : comment cette fille de servante, engrossée par un châtelain qui les abandonne, n’aurait-elle pas vécu l’humiliation d’une telle bâtardise, campée dans un profond besoin de purification et de rédemption ? Sa misère originelle va se projeter en humanité sacrificielle, sur les pauvres, les démunis, les prolétaires, finissant, faute de mieux, par recueillir les chats et les chiens abandonnés (Vénus en VI). Son blason de « Vierge rouge » lui vient d’avoir été sur les barricades de la Commune de Paris, ce qui lui vaudra d’être déportée pendant six ans à la Nouvelle Calédonie. Elle refera six ans de prison à Saint-Lazare pour – pensez donc ! – avoir prix la tête d’un cortège de chômeurs à Paris, incarnant finalement la grandeur tragique de la cause révolutionnaire du XIXe siècle. On songe finalement à cette phrase éloquente d’elle qui rappelle que le Soleil, maître de son Saturne du MC est en VIII : « La proclamation de la Commune fut splendide ; ce n’était pas la fête du pouvoir, mais la pompe du sacrifice : on sentait les élus prêts pour la mort. »

 

Paris le 25 novembre 2007.

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